Christian Cambon : «Donnons à la défense les moyens qui conviennent»
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[Musique] bonjour nous accueillons aujourd'hui christian cambon sénateur du val-de-marne depuis 2004 et depuis cette année président de la commission des affaires étrangères de la défense et les forces armées du sénat monsieur le président bonjour bonjour allons parler de questions de défense l'actualité de la défense elle est d'une certaine façon marquée aujourd'hui par la sortie d'un livre celui de l'ancien chef d'état major des armées pierre de villiers démissionnaire en juillet dernier on se souvient de cet épisode il publie un livre qui s'appelle servir est-ce que toute cette affaire a servi les intérêts de la défense et que pouvez vous dire sur le général de villiers sur le général de villiers lui même je voudrais dire mon respect pour ce très grand soldat ce très grand serviteur de la france qui avec beaucoup de dignité sans emphase a souhaité dire sa part de vérité à un moment où la défense est confronté à des choix très important il met dans ce livre que j'ai pu rapidement parcourir puisqu'il vient de sortir il met face à face les menaces qui pèsent sur nous sur l'occident d'une manière générale est par ailleurs les difficultés qu'il a eu à se faire entendre pour mettre les moyens en concordance avec les menaces et les moyens des armées et bien c'est le chef d'état major des armées qui le porte et il l'a dit et cela a entraîné cette décision qui n'a pas dû prendre de manière facile mais c'est un grand serviteur loyal un très grand soldat et pour nous son message est fort et important de tout cela nous allons parler puisque mardi dernier vos collègues de l'assemblée nationale ont adopté le projet de loi de finances pour 2010 8 concernant la défense qui se traduit par une hausse des crédits des moyens accordés à la défense de 1,8 milliard ce qui est inédit c'est ce que même par lilas ministre des armées a souligné inédit mais réelle avérée est ce que est ce que c'est une véritable hausse ou est-ce qu'il ya du trompe-l'oeil derrière tout ça alors d'abord il ya une véritable hausse et il ya un un coup d'arrêt à la baisse car sous tous les gouvernements et depuis trop longtemps nous n'avons cessé de renier sur les moyens des armées qui nous place effectivement dans cette situation difficile aujourd'hui un milliard huit annoncé comme ça c'est formidable c'est effectivement un effort qu'il n'a jamais été consenti à ce niveau malheureusement cet effort cache une réalité financière et budgétaire qui est beaucoup plus inquiétante puisque d'une part on les armées vont avoir beaucoup de mal à finir leur budget 2010 est dans des conditions paisible et sereine est ce cette augmentation de 2018 est obérée par un certain nombre de choix antérieurs ou deux 2 dépenses qu'il convient d'assumer et qu'ils ne viennent pas contribuer véritablement à remettre les armes et au niveau d'opérabilité que nous souhaitons le général de villiers précisément dans ce livre dont nous parlions dit que sur ses 1,8 milliard il y en a 1,2 qui correspondent à des engagements antérieurs déjà pris à l'époque de françois hollande tout à fait il ya déjà près d'un milliard 990 millions je crois de dépenses qui avait été annoncé est décidé au lendemain des attentats ce qui était tout à fait naturel en 2016 et qui malheureusement n'avait pas été programmé dans les différents budgets et notamment dans la loi de programmation militaire un milliard c'est énorme c'est énorme alors il ya cela il ya le fait que les opérations extérieures c'est à dire l'engagement de nos troupes sur les différents champs du levant du sahel vieillissant et cetera pèse aussi et de plus en plus lourdement et s'y ajoutent aussi les opérations intérieures s'était notamment sentinelle la présence des militaires que l'on voit dans les aéroports dans nos villes et qui est absolument essentiel dans ces temps de menaces décuplée du terrorisme ceci représente 360 millions d'euros supplémentaires et puis il y à cette méthode invraisemblable que malheureusement utilisent tous les ministres du budget et qui consiste à geler des crédits ce qui fait hélas on parle de 700 millions pour terminer l'année 2010 est alors ces 700 millions c'est comme si on faisait ont procédé à des effets d'annoncé puis que finalement on joue avec de la monnaie de monopoly puisque on vous annonce un budget mais on vous en gel une somme tout à fait conséquente qui va évidemment gêner beaucoup notamment les l'équipement le renouvellement des équipements de nos forces armées le sénat s'apprête à son tour à examiner ce projet de loi de finance vous êtes bien sûr commencé à travailler à faire des auditions qu'elle va pouvoir à votre rôle pour infléchir si c'est possible ce budget avec les carences ou les bémols que vous que vous soulignez alors nous demandons déjà de la sincérité budgétaire moi j'ai eu l'occasion de dire à la ministre en commission et même en tête à tête que il vaut mieux dire la vérité à la représentation nationale nous comprenons qu'il ya eu des retards de paiement qui a eu des décisions d'économie et qui malheureusement ont pesé lourdement on prend la décision de remettre les choses à niveau on le fait et on va bien évidemment appuyé la ministre dans cet effort et j'allais presque dire appuyer la ministre des armées contre bercy qui à de redoutables instruments pour à la fois faire des effets d'annoncé récupéré par ailleurs les efforts qu'il a pu consentir donc nous pointons avec beaucoup de précision les points qui nous semblent poser problème il y à des reports de charges pour près de 400 millions qui nous interpelle il y à ses 700 millions de crédits qui ont été gelés nous demandons à la ministre d'obtenir le dégel et ne le dirons au gouvernement notamment au moment de la discussion budgétaire au début du mois de décembre et nous essayons de d'aidé à la prise de conscience de notre pays de l'opinion tout entière qu'il faut faire les efforts budgétaires qui sont nécessaires car la revue stratégique vient de le démontrer amplement les menaces ont changé les menaces elles sont présentes elles sont à notre porte elles sont dans le monde entier des états puissants se mobilisent eux aussi et agissent parfois bien au-delà du droit et du droit international et la france se doit d'avoir un véritable modèle complet d'armé avec sa composante nucléaire mais aussi ça qu'on paie de sa composante classique opérationnelle des trois armes et il faut absolument que notre pays qui est membre du conseil de sécurité qui a une des deux armées au monde qui partent l'importance de ces engagements est capable de dd à la paix est bien en ait les moyens et il faut aussi que la condition des soldats et de leurs familles puis s'est amélioré et c'est sur ces points que nous allons assister tout au long de la discussion christian cambon il ya l'exercice 2010 est celle immédiat avec les inquiétudes que vous évoquiez il y à 2018 avec les les réserves que vous soulignez et puis il ya le plus long terme il ya la loi de programmation militaire qui va de 2019 à 2025 et qui va comment dire déterminer la trajectoire les moyens et l'objectif fixé par le gouvernement d'atteindre les 2 % du pib à à l'issue du à l'issue du mandat comment est ce que vous voyez les choses de ceux de ce point de vue là est ce que tout simplement est ce que nous aurons les moyens de cette ambition alors nous en doutons un peu pour ne rien vous cacher le sénat avait travaillé longuement sur ce sujet et avait fixé à peu près à deux milliards par an l'augmentation des crédits jusqu'en 2025 là j'allais dire la fourchette si vous voulez supérieur de ce qui est nécessaire d'accomplir comme effort budgétaire de la même manière nous pensons qu'il faut procéder à l'engagement d'environ 2500 hommes chaque année pour revenir au niveau qui nous semble essentiel face aux menaces comme je l ai dit tout à l'heure l'analyse des menaces étaient très importants une loi de programmation budgétaire c'est pas simplement se faire plaisir en disant on a plus de matériel c'est déjà la prise de conscience de tout ce qui ne va pas la liste est longue vous le savez de tous les matériels qui ne fonctionnent plus 50% des hélicoptères les véhicules blindés dont 60% sont hors d'état de fonctionner nos ravitailleurs en vol temps 50 ans monteriez vous dans un avion qu'à 50 ans d'âge et je pourrais multiplier les exemples qui sont en fait une liste noire de ceux qui a dérapé tout au long de ces années donc nous nous pensons que d'ores et déjà le milliard 8 puis le milliard sept chaque année jusqu'en 2022 on est déjà un petit peu court encore faut-il que la bosse c'est à dire la marche qu'il convient de franchir ne se lève pas chaque année à la fois à travers les reports de charges à travers des gels de crédits parce que sans ça c'est un décalage formidable entre le langage du chef de l'état que nous comprenons que nous appuyons et la réalité que vivent les soldats et puis il ya dans ce projet de loi de finances un point qui inquiète les parlementaires notamment alors c'est un poids un petit peu technique mais avec des enjeux extrêmement important l'article 14 qui d'une certaine façon sans rentrer dans les détails limite les investissements notamment pour les programmes à long terme et les cadres dans les dépenses et les dépenses effectuées c'est pareil en 2017 alors c'est évidemment un article cet article 14 qui part d'une bonne intention budgétaire comme bercy en a toujours et qui consiste effectivement a limité l'écart entre les autorisations de programme c'est à dire les projets les programmes d'investissements et l'argent qu'on va effectivement dépensés en fait c'est un véritable missile contre le budget des armées en l'occurrence pour faire en sorte que les investissements ralentissent et donc j'ai déposé avec mes collègues de la commission des finances un amendement visant à faire en sorte que cet article 14 ne s'applique pas sur les dépenses d'investissement des militaires il a été adopté hier en commission des finances du sénat et nous le défendrons en séance j'espère que nos collègues de l'assemblée nationale comprendront le sens de ces démarches car on ne peut pas être schizophrène dans cette histoire et dire il faut que la france se renforce soit présente sur tous les théâtres d'opération et ne pas leur en donner les moyens je pense que la difficulté elle est là et donc nous allons combattre cette disposition dont je peux comprendre le sens pour d'autres budgets mais encore une fois l'urgence est là les menaces sont fortes et si nous ne nous non accomplis sont pas ses efforts budgétaires nécessaires et si nous ne permettons pas aux armes et de s'inscrire dans le long terme vous ne concevez pas un porte avions un véhicule blindé un sous marin en deux trois ans il faut savoir investir il faut savoir innover et de surcroît ceci représente sur le plan économique des challenges considérables ce sont deux cent mille personnes qui vivent de la défense nationale ces 15 milliards d'exportations ce sont 4000 petites et moyennes entreprises qui travaillent des centaines nous allons visiter prochainement le chantier de remise en état de rénovation du charles de gaulle ce sont 180 ou 200 pme qui travaillent nuit et jour donc on ne peut pas non plus négliger cela dans une situation où l'exportation d'armements et jouent un rôle considérable dans notre balance des paiements et d'andernos commercial il ya aussi une autre hypothèque qui pèse sur les moyens de la défense à plus long terme mais qui est bien réelle c'est ce grand projet présidentiel de service national universel sur lequel il ya encore beaucoup d'incertitudes mais qui doivent être levés nous dit-on à l'horizon de l'été prochain votre homologue jean jacques brie des présidents de la commission de la défense de l'assemblée ici même il ya quelques semaines s'est livré à un plaidoyer assez vibrant de ce projet qui va inévitablement comme on dit chez les militaires impacter la défense évidemment qu'en pensez vous nous sommes beaucoup plus réservé que notre collègue de l'assemblée nationale car dans un rapport que nous avions fait là aussi pour réfléchir sur ce thème on s'est aperçu que sur cinq ans c'était quand même la coquette somme de 35 milliards pour accueillir une classe d'âge de 700 mille jeunes donc ce n'est pas au moment où nous déplorons l'insuffisance des moyens qu'il convient de les grevé par dessus avec une mission dont la nature même mérite que l'on se pose des questions le service national universel c'est une très belle idée mais elle n'est pas demandée elle n'a pas été mise en avant par les armes et les armées elles demandent que les soldats professionnels qui sont actuellement exposées puisse avoir les équipements est nécessaire là c'est une démarche j'allais dire à caractère beaucoup plus social et il est absolument impossible que le budget de la défense supporter cet effort les militaires sont tout à fait prêts à y participer ils le font d'ores et déjà chaque année ce sont vingt-cinq mille jeunes qui sont pris en charge par les armées dans le service national adapté le service national volontaires en outre-mer ou même en france avec des effets tout à fait considérable dans les régions liaison avec les entreprises etc mais on ne peut pas demander on ne peut pas demander aux armées de supporter à elle seule un tel effort christian cambon merci [Musique]
Christian Cambon