Richard Ferrand : "La recomposition de la politique française se déroule sous nos yeux"
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Vous êtes prêt à travailler avec Edouard Philippe ?
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Richard Ferrand, vous ne vous sentez pas plus proche de Bernard Cazeneuve ?
- 2:09ComplaisanteÉludée
Le fond, Richard Ferrand, le fond, c'est le programme.
- 2:46OuverteRéponse directe
On peut se dire aussi que les compagnons de la première heure, ceux qui ont bâti le mouvement En Marche, n'auraient pas été mieux armés pour appliquer la feuille de route du président Emmanuel Macron ?
- 3:01FerméeRéponse partielle
Mieux armés pour quoi faire ?
- 3:11OuverteRéponse directe
Est-ce qu'Edouard Philippe va faire campagne pour les législatives ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:47Invité politiqueFait
« La nomination d'un homme de droite à Matignon n'est pas franchement une surprise pour ceux qui observent finement les choses. »
- 1:05Invité politiqueFait
« Le 6 avril, Emmanuel Macron a parlé de rassemblement et de renouvellement. Emmanuel Macron, sa famille, c'est la gauche. Il vient de la gauche. »
- 1:12Invité politiquePromesse
« Il était donc logique, considérant que nous avions la conviction que sur la base d'un projet partagé, on pouvait déplacer, dépasser les vieux clivages. »
- 2:00Invité politiquePromesse
« Eh bien il est normal que l'on soit en capacité, dans la dynamique présidentielle, d'agréger celles et ceux qui se reconnaissent dans le projet progressiste. »
- 3:02PrésentateurChiffre
« Mieux armés pour quoi faire ? »
- 3:53Invité politiqueChiffre
« Qu'ensuite, 77% d'entre eux n'ont aucun mandat à l'heure où nous parlons. »
- 6:49Invité politiqueFait
« C'est un pays fracturé, qui s'est exprimé un pays assez divisé, un pays à certains égards en colère, un pays qui, malgré la déconfiture de la candidate Le Pen lors du débat, c'est malgré tout plus d'un tiers de Françaises et de Français qui ont voté pour elle. »
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Bonjour Richard Ferrand, secrétaire général de la République En Marche, mais aussi député du Finistère avec au compteur 27 ans de militantisme au Parti Socialiste. Vous êtes prêt à travailler avec Edouard Philippe ?
Naturellement, puisque Edouard Philippe sera celui qui mettra en œuvre le projet présidentiel pour lequel Emmanuel Macron a été élu.
Alors on va parler de programme dans un instant. Vous avez vu forcément cette passation de pouvoir hier après-midi dans la cour de Matignon. Bernard Cazeneuve qui s'en va en rappelant qu'il est un homme de gauche. Edouard Philippe qui arrive en se revendiquant homme de droite. Richard Ferrand, vous ne vous sentez pas plus proche de Bernard Cazeneuve ?
Non, je me sens proche du projet que j'ai porté avec toutes les marcheuses et les marcheurs depuis le 6 avril dernier. J'ajoute que la nomination d'un homme de droite à Matignon n'est pas franchement une surprise pour ceux qui observent finement les choses. Le 6 avril, Emmanuel Macron a parlé de rassemblement et de renouvellement. Emmanuel Macron, sa famille, c'est la gauche. Il vient de la gauche. Il était donc logique, considérant que nous avions la conviction que sur la base d'un projet partagé, on pouvait déplacer, dépasser les vieux clivages. Il était assez logique qu'un homme qui vienne plutôt de la droite soit nommé Premier ministre.
Et aujourd'hui, c'est au-delà du rassemblement, c'est la recomposition, au fond, de notre vie politique française qui se déroule sous nos yeux et sous l'impulsion des choix du Président de la République qui ont été ratifiés par les Françaises et les Français. Donc c'est un choix tactique, c'est pour casser la droite ? Non, c'est un choix de fond. C'est un choix de fond. Même à ce micro, j'ai eu l'occasion de dire, nous voulons rassembler au-delà des clivages traditionnels qui n'ont plus de sens. Puisque j'ai même dit, à une époque, quel est le sens d'avoir au Parti Socialiste, Messieurs Filoche et Valls, sous le même toit, Mme Consusco-Morizet et Mme Morano ?
Ça n'a aucun sens, puisque ces gens-là ne sont d'accord sur rien. Donc, quand on a un programme comme le nôtre, libéré, protégé, réconcilié, eh bien il est normal que l'on soit en capacité, dans la dynamique présidentielle, d'agréger celles et ceux qui se reconnaissent dans le projet progressiste.
Le fond, Richard Ferrand, le fond, c'est le programme. Édouard Philippe va au gouvernement appliquer un programme, celui d'Emmanuel Macron, qu'il n'a pas soutenu lors de la campagne présidentielle.
Oui, non mais attendez, moi je l'ai soutenu, donc je suis parfaitement à l'aise.
Oui, je vous parle d'Édouard Philippe, le Premier ministre.
Je pense que le Premier ministre, si vous voulez, s'est reconnu dans ce qu'Emmanuel Macron a apporté pendant l'élection présidentielle, et qu'ensuite la mise en œuvre se fera avec des équipes de toute sensibilité, je l'imagine, et avec des nuances qui s'exprimeront au fur et à mesure du temps. Mais je suis très serein là-dessus, puisque précisément, la démarche du président de la République et son programme contenait tout pour pouvoir rassembler et recomposer.
On peut se dire aussi que les compagnons de la première heure, ceux qui ont bâti le mouvement En Marche, qui ont élaboré le programme, comme vous, n'auraient pas été, on peut se demander s'ils n'auraient pas été mieux armés pour appliquer la feuille de route du président Emmanuel Macron ? Mieux armés pour quoi faire ? Pour appliquer la feuille de route d'Emmanuel Macron.
Écoutez, la feuille de route d'Emmanuel Macron, c'était le rassemblement, la recomposition et la mise en œuvre du programme, donc nous sommes très bien armés.
Est-ce qu'Edouard Philippe va faire campagne pour les législatives ?
Écoutez, institutionnellement, le Premier ministre est le chef de la majorité. Moyen-en-en-quoi, vous savez bien que le jour venu, c'est lui qui sollicitera la confiance de l'Assemblée nationale. Moyen-en-en-quoi, il revient bien sûr de s'engager dans cette campagne législative, et nous serons évidemment à ses côtés, vous pensez bien. Au profit de candidats de La République En Marche. Absolument.
Et parfois contre les candidats, les républicains.
Certes, mais qui portent à nœud le pluralisme que nous avons toujours revendiqué. Puisque vous avez, parmi nos candidats et nos candidats, je vous rappelle d'abord que nous avons une majorité de candidats et de candidats qui n'ont jamais exercé de mandat. Qu'ensuite, 77% d'entre eux n'ont aucun mandat à l'heure où nous parlons. Donc c'est vraiment faire en sorte que l'Assemblée nationale enfin ressemble aux Françaises et aux Français. Donc c'est là que nous portons le renouvellement, les pratiques nouvelles, les nouveaux visages. Donc oui, le Premier ministre a vocation naturellement à s'engager. Nous serons à ses côtés pour l'aider à conquérir une majorité de sièges à l'Assemblée nationale.
Enfin, il a vocation, dites-vous, c'est quand même la situation politique la plus baroque qui soit. Il va faire campagne pour des candidats, ceux de La République En Marche, qu'il n'a pas choisi sur la base d'un programme qu'il n'a pas élaboré. C'est quand même particulier.
Non mais M. Cohen, c'est normal que cela vous paraisse baroque puisqu'on est dans quelque chose d'inédit, dans une recomposition qui se fait progressivement. Donc forcément, cela donne des formes nouvelles et des phénomènes nouveaux qui font que, j'ai envie de dire, nous découvrons toutes et tous en marchant, sans mauvais jeu de mots, comment les choses se reconstruisent pour le bien de notre pays.
Et c'est heureux. Édouard Philippe a abandonné ce qui faisait l'essence du programme Juppé qu'il avait soutenu lors de la primaire de droite. Par exemple, l'abandon des 35 heures ou le doublement de la suppression du poste de fonctionnaire sur le quinquennat.
Il ne vous a pas échappé que M. Juppé n'a pas été élu président de la République et que c'est Emmanuel Macron. Donc, par conséquent, c'est son programme qui a vocation à être mis en oeuvre, tout naturellement.
Emmanuel Macron a nommé, depuis son élection et depuis qu'il a pris la présidence de la République, des mains de François Hollande. Il a nommé un directeur de cabinet, un secrétaire général de l'Elysée, un conseiller diplomatique, un premier ministre. Il n'aurait pas oublié les femmes ?
Écoutez, cela va venir dans le gouvernement, puisque Emmanuel Macron s'est engagé, si vous vous en souvenez, à ce que le gouvernement soit paritaire, qu'il rassemble des compétences de personnalité qui viennent de la gauche, de la droite, mais aussi de la société civile. Donc, je pense que cette question trouvera sa réponse dès que le gouvernement aura été publié.
Alors, ce gouvernement, il aura quelle allure, Richard Ferrand ? Il viendra d'horizons divers, de, vous avez dit, société civile, droite et gauche, centre mêlé ?
Oui, si je m'en tiens à ce que le président de la République a dit plusieurs fois avant d'être élu, mais vous voyez bien qu'Emmanuel Macron fait ce qu'il a dit. Et donc, nommer Édouard Philippe, c'est faire ce qu'il a dit. Rassembler, renouveler. Donc, il a toujours dit que son gouvernement serait paritaire, composé de femmes et d'hommes qui viennent d'horizons politiques différents, mais aussi de femmes et d'hommes qui viennent de ce qu'on appelle la société civile, c'est-à-dire qui ne viennent pas du monde politique, qui n'ont pas de mandat, ou qui n'ont pas eu de mandat national.
Donc, il y aura un gouvernement au complet, dès ce soir ?
Il y aura un gouvernement aux couleurs de la France, enfin, un gouvernement qui va ressembler à ce qu'est notre pays, dans sa diversité, pour porter un projet. Parce que, voyez-vous, quand même, l'état de la situation, et on l'a bien vu pendant les élections, parce que les élections, on croit que c'est passé, mais enfin, il faut avoir un peu de mémoire.
C'est un pays fracturé, qui s'est exprimé un pays assez divisé, un pays à certains égards en colère, un pays qui, malgré la déconfiture de la candidate Le Pen lors du débat, c'est malgré tout plus d'un tiers de Françaises et de Français qui ont voté pour elle, alors même qu'elle a montré son incompétence et son sens de la haine et de la division. Donc tout cela, ça interroge. Ça signifie qu'il est temps, oui, que les choses se recomposent, qu'on se mette au travail, qu'on apporte des réponses aux Françaises et aux Français qui, sur leur territoire, se sentent parfois maltraités, déclassés ou autres.
Qu'est-ce qui pourrait faire que cette partie de la France, en colère, se sente représentée au gouvernement ce soir, Richard Ferrand ?
Eh bien, la diversité, précisément, et le fait que...
Il y aura des signes.
Le fait que le gouvernement, comme demain l'Assemblée nationale, ressemble aux Françaises et aux Français. Tout simplement.
Richard Ferrand, secrétaire général de La République En Marche, invité de France Inter, dans 30 secondes, la revue de presse. Merci.
Merci. Merci. Merci. Merci.