Législatives : suspens à l'Assemblée #cdanslair Archives 2022
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonsoir à toutes et à tous. J-2 dimanche soir, on connaîtra la composition de l'Assemblée nationale. Une surprise est-elle possible ? Qui arrivera en tête ? Avec quelle majorité ? Quel sera le poids de la NUP, de la droite républicaine ? Avec quelle influence sur ce second quinquennat d'Emmanuel Macron ? Faudra-t-il comme en Allemagne un accord de coalition entre différents partis pour dégager une majorité et assurer un gouvernement stable ? Quel avenir politique pour Jean-Luc Mélenchon ? Quel avenir pour LR ? La droite pourrait-elle se scinder ? Et puis quel avenir pour les ambitions réformatrices d'Emmanuel Macron ?
C'est le sujet de cette émission de ce C dans l'air intitulé ce soir « Législative, suspense à l'Assemblée ». Pour répondre à vos questions, nous avons le plaisir d'accueillir Cécile Cornudet. Vous êtes éditorialiste politique aux Echos. À lire votre édito de ce matin, débat public. Y a-t-il quelqu'un pour baisser la température ? Aurélie Herbemont, vous êtes journaliste politique à RTL. Votre chronique, un air de campagne, tous les matins à 6h50. Guillaume Daré, vous êtes grand reporter au service politique de France Télévisions. Et Jean-Daniel Lévy, vous êtes directeur délégué de l'Institut de sondage à RIS Interactive. Merci de participer à cette émission en direct.
Aurélie Herbemont, dans deux jours, J-2, on sera fixé dans deux jours. Ce matin encore, sur RMC, Jean-Luc Mélenchon, nous pouvons gagner ce dimanche. Il le pense qu'il peut gagner dimanche ou c'est une stratégie pour galvaniser les troupes ?
C'est pour galvaniser les troupes. En tout cas, il fait très très bien semblant si au fond de lui, il n'y croit pas. Puisque ce matin, il a aussi dit que lundi matin, il attendrait le coup de fil d'Emmanuel Macron pour lui demander de former un gouvernement. Il y a de la stratégie pour mobiliser parce qu'après un premier tour très réussi pour la NUP, la vraie question, c'est où sont les réserves de voix de la gauche ? Donc, ils essayent de mobiliser, de faire venir les abstentionnistes du premier tour, les jeunes, parce que quand même 70% des moins de 25 ans ne sont pas allés voter. Donc, c'est énorme.
Donc, ils essayent de mobiliser en disant, si, si, c'est possible, parce que, évidemment, si les gens ne vont pas voter, ça ne peut pas. Avec les seuls électeurs qui se sont déplacés au premier tour, on ne voit pas bien comment est-ce qu'ils peuvent récupérer des voix, parce que ce qui risque de se produire, c'est que quand les candidats de Jean-Luc Mélenchon seront face au Rassemblement National, il y aura sans doute peut-être du Front Républicain un peu. Et puis, s'ils sont face à chaque fois, ils vont se retrouver à ce que le candidat, si c'est un candidat Macroniste, soit plus central et donc, potentiellement, attire plus de voix.
À moins qu'il y ait un petit effet tout sauf Macron, qui n'est pas totalement mesurable aujourd'hui. Donc, il dit qu'il y a un coup à jouer, donc il essaye et jusqu'au bout, il y va.
Jusqu'au bout, Cécile Candidé, est-ce qu'Emmanuel Macron avait sous-estimé Jean-Luc Mélenchon, qui va au bluff et même avec des coups bas en disant « Emmanuel Macron vous prépare une TVA sociale, il a un agenda caché, etc. »
Plus c'est gros, plus ça passe. Oui, je pense que dans un premier temps, il s'est dit « jamais il ne réussira à réunir la gauche ». Et de fait, personne n'y croyait et en quelques jours, il a réussi à le faire. S'il a tellement tardé avant de faire son gouvernement, Emmanuel Macron, c'est parce que justement, il voulait laisser le spectacle de cette gauche qui allait forcément se diviser et ça n'a pas marché. Donc, je pense qu'effectivement, il y a eu un retard à l'allumage. En réalité, Emmanuel Macron, il a fait la même stratégie qu'à la présidentielle.
Il s'est dit « je fais peu campagne parce que quand je ne suis pas là, les autres boxent dans le vide et il ne se passe rien, ils n'arrivent pas à animer le débat ». Il a fait la même chose là, sauf que Jean-Luc Mélenchon en a tellement fait lui, il a tellement occupé la scène avec son savoir-faire politique, c'est qu'il a boxé tout seul contre tout le monde. Enfin, il a occupé l'espace et ça, ça avait été sous-estimé. C'est pour ça que dans la toute dernière ligne droite, après les résultats du premier tour qui ont été décevants pour la majorité, Emmanuel Macron a complètement changé de pied. Il était dans une campagne un peu d'inertie, une non-campagne et là, il a fait campagne.
Il a sorti la grosse artillerie, si on peut dire, ce déplacement à l'étranger, à Kiev, parce qu'il fallait rentrer dans l'arène sans non plus se mettre… il a cherché quelque chose qui n'était pas de se mettre au niveau de Jean-Luc Mélenchon parce que c'était tellement des invectives, des coups bas, il a pensé que ça la baisserait un peu. Donc il a ressorti cette carte de l'international qui avait marché pendant la présidentielle. Je ne suis pas sûre que les Français, aujourd'hui, soient aussi préoccupés de la situation en Ukraine qu'il était au moment de la présidentielle, mais en tout cas, c'est la seule carte qu'il avait et il a essayé de la jouer un peu grosse ficelle, mais il l'a jouée.
Et c'est vrai que Guillaume Daré, sur le tarmac avant de s'envoler, le président a appelé un surson républicain, sous-entendu Jean-Luc Mélenchon n'est pas dans le champ républicain. Quelle est la relation entre ces deux hommes ? Ils se respectent ? Ils se parlent, Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron ? Il y a un respect des pauvres politiques, c'est ce que chacun nous disait à chaque fois. D'ailleurs, Jean-Luc Mélenchon, hier, a plutôt félicité peut-être un grand mot, mais a reconnu qu'Emmanuel Macron était dans son rôle d'aller à Kiev et que c'était important que la France dise une nouvelle fois, clairement et simplement, que la France et l'Europe soutenaient l'Ukraine.
Ce qu'on voit aussi, effectivement, c'est qu'il y a quand même eu une sorte, certes, de duel, mais de duel aussi, qui s'est joué pendant cette semaine, parce qu'une fois Jean-Luc Mélenchon tapait, une fois Emmanuel Macron, finalement, renvoyait la balle, Jean-Luc Mélenchon refaisait pareil, parce qu'il y a eu, certes, le tarmac d'Orly, Jean-Luc Mélenchon a répondu, et quelques heures plus tard... En disant, c'est un sketch à la Trump de parler ainsi devant son avion.
Quelques heures plus tard, en Roumanie, où Emmanuel Macron était en déplacement avant d'aller en Ukraine, on l'a interrogé, un confrère lui a posé la question, effectivement, en disant, parce qu'il n'y a pas un peu un mélange des genres, et vous savez, comme ça se fait traditionnellement, comme le faisaient d'autres chefs d'État, pendant 15 secondes, il a d'abord dit, écoutez, je suis en déplacement à l'étranger, je ne souhaite pas m'exprimer sur la politique française, je l'ai fait avant mon départ, mais, mais, et là, c'est parti pendant deux minutes, je pense que le rôle du chef de l'État, c'est d'aller voir les soldats, je ne vois pas en quoi ça pose problème à d'autres, donc même à distance, il a continué de faire de la politique, et il a continué de faire campagne pour ce deuxième tour d'élection législative.
– Alors, Jean-Daniel Lévy, il y a un petit trou de souris pour Jean-Luc Mélenchon, dimanche soir, c'est la Libération qui diterait quand même, au lendemain du premier tour, la gauche est de retour, il y a un côté quand même, alors, est-ce que c'est du Gérard Majax en tous les cas, ou est-ce qu'il y a une réalité derrière cette gauche ressuscitée ? – Alors déjà, est-ce que la gauche est de retour, si vous prenez objectivement le pourcentage de voix qui a été donnée à la gauche réunie au premier tour des élections législatives, c'est pas vrai.
C'est une vraie réussite d'être présent dans le cadre du deuxième tour, parce qu'en fait, ils ont été qualifiés dans la plupart des circonscriptions, mais si vous comparez, par exemple, aux élections législatives de 2017 à peu de choses près, le score est identique. Si vous comparez à l'élection présidentielle, le score est inférieur, et quand vous comparez aux élections législatives antérieures, c'est un score qui est inférieur. – Donc le cumul des voix de gauche n'a pas augmenté, ce qui en fait la force, c'est l'union.
– C'est l'union, et donc ce qui a fait qu'ils ont pu, dans un certain nombre de circonscriptions, atteindre la deuxième ou la première place, et donc être mécaniquement qualifiés, mais qu'il n'y a pas une poussée de gauche d'un point de vue d'opinion ou d'un point de vue électoral. Donc ça, c'est peut-être le premier registre, je pense, qui est important d'avoir. Le deuxième aspect, c'est d'essayer de voir, en fait, spatialement comment tout ceci se situe. Il y a clairement des zones où la formation politique NUP est forte, et d'autres zones où elle est complètement absente.
Et donc pour pouvoir, on le sait, au vu du scrutin majoritaire, c'est pas forcément le score global que l'on obtient au niveau de l'ensemble du territoire qui permet d'avoir des députés, mais c'est le fait de pouvoir être, en gros, bon partout, ce qui n'est pas le cas, en tout cas au premier tour des élections législatives pour la NUP, ce qui permettrait de faire en sorte que ce trou de souris s'agrandisse, c'est qu'une mobilisation, voire une sur-mobilisation, par rapport au premier tour, de deux catégories de population que vous avez évoquées tout à l'heure, à savoir les jeunes, évidemment, et les catégories populaires de l'autre, qui ont constitué le surplus, notamment, de l'électorat d'Emmanuel Macron au premier tour de l'élection présidentielle, avec une difficulté, c'est qu'en général, quand il y a une abstention assez importante, ce sont les deux franges de population qui, plus massivement que les autres, vont avoir tendance à s'abstenir.
Et puis, il y a peut-être un dernier aspect. Dans le cadre de l'élection présidentielle, au premier tour, une partie, justement, de cette jeunesse, ou de ces catégories populaires qui ont voté pour Emmanuel Macron, ont voté pour éviter la présence de Marine Le Pen au deuxième tour. Et que ça constituait une vraie motivation, ou l'idée de se dire que le débat d'entre deux tours n'aurait pas la même tonalité, si c'était Jean-Luc Mélenchon ou si c'était Marine Le Pen. Le simple fait qu'on parle très peu de Marine Le Pen montre bien que personne ne pense qu'elle va pouvoir jouer un rôle important.
Et donc, l'effet repoussoir dans la mobilisation, aujourd'hui, apparaît comme étant relativement manifeste et aubert, quelque peu, la participation de cette jeunesse. Alors, plus que quelques heures, donc, pour faire campagne, les candidats des 577 circonscriptions françaises jettent leur dernière force dans la bataille avec une obsession pour la coalition présidentielle, obtenir au moins 289 sièges dimanche soir, c'est-à-dire la majorité absolue, sujet de Barbara Steck et Christophe Roquet.
Emmanuel Macron s'était fixé une règle,
ne pas parler de politique française à l'étranger. Mais à 72 heures d'un scrutin capital difficile de résister.
Interrogé sur les élections législatives avant de quitter Kiev.
Je ne vais pas faire de commentaire politique ici, j'ai pris soin de le faire depuis le seul français, par principe. Mais oui ! Le président répond quand même et demande aux Français de lui donner une majorité. Nous devons être forts, nous devons être forts pour nous-mêmes et nous devons être forts pour porter nos valeurs, pour être crédibles à l'étranger et pouvoir prendre des décisions exceptionnelles, dans des temps exceptionnels. C'est ce que nous vivons.
Un déplacement en Ukraine, objet de vives critiques,
de la part de toute l'opposition, gauche-droite, extrême-droite. Tout ce qu'il fait, tout ce qu'il dit a un but électoraliste.
Donc il est évident que le choix de ce déplacement à deux jours du second tour de l'élection législative a évidemment un but électoraliste. Bon, espérons au moins que ceci fera avancer la paix, parce que c'est quand même le plus important.
La majorité présidentielle a chaud. Selon les derniers sondages, ensemble n'atteindraient pas les 289 sièges et donc la majorité absolue. L'ANUP, deuxième, est crédité de 160 sièges, mais son patron Jean-Luc Mélenchon ne s'avoue pas vaincu.
En campagne sur le terrain jusqu'à la dernière minute,
il se tient prêt plus que jamais à endosser le rôle de Premier ministre dès lundi.
Eh bien, je serai chez moi, voulez-vous que je sois ? J'attendrai le coup de téléphone du Président de la République pour me demander de former le gouvernement. La situation est extrêmement équilibrée, c'est ce qu'ils ont dit d'ailleurs le soir même. La situation est que nous pouvons gagner dimanche. Mais la seule riposte aujourd'hui qui reste, c'est de dire, mais non, mais non, c'est réglé, vous avez perdu, est-ce que vous allez faire du jardinage ? Il y a déjà au moins 10 personnes qui m'ont mis à la retraite. Tout ça n'est pas sérieux.
Hier soir, c'était l'heure des derniers débats et des premières tractations aussi. François Bayrou, vous êtes prêt à travailler ensemble avec Jean-François Copé ?
C'est une déclaration de candidature de la part d'LR à entrer au gouvernement.
C'est plus complexe que ça, parce que je ne parle pas au nom d'LR. On verra ce qu'il en sera la semaine prochaine. Ce moment-là sera venu, mais ce sera de toute façon sur la base une approche très critique.
En vous écoutant depuis plusieurs mois que c'était en effet la déclaration que vous portiez. LR veut entrer au gouvernement dans la base.
Les oppositions jettent leur dernière force et leur dernière promesse dans la bataille, pouvoir d'achat et retraite en tête.
Je pense que les Français ont le droit, les Français qui travaillent dur, les Français qui font des métiers manuels, les Français qui commencent très tôt, dans des conditions pénibles, ont le droit de partir à la retraite lorsqu'ils commencent à travailler entre 17 et 20 ans à 60 ans avec un départ à l'âge légal de 60 ans avec 40 annuités. Et là, il y a une progressivité qui se met en place jusqu'à 72 ans et un statu quo.
Nous, ce qu'on veut, c'est faire payer les profiteurs de crise, c'est-à-dire taxer à la source là où, justement, pendant la crise Covid, alors que nous avons la crise Covid, alors que nous avons la guerre en Ukraine, on a des opérateurs comme Total qui sont capables d'engranger des profits historiques jusqu'à reverser 8 milliards de dividendes tout récemment, pendant qu'à la pompe, vous avez des gens qui ont besoin de 100 euros pour faire le plein.
La campagne se termine ce soir. À deux jours du scrutin, tous les partis s'accordent et s'inquiètent. L'abstention pourrait atteindre un chiffre record. Ils appellent tous à la mobilisation.
Trop tard. Jean-Daniel Lévy, je cite Jean-Luc Mélenchon, les fâchés pas fâchaux, ces fameux fâchés pas fâchaux, c'est-à-dire les RN, comme il dit, mais les RN respectables, dit-il, c'est l'occasion de voter utile pour faire le ménage et dire à Macron de rester à l'Elysée. Est-ce que, quand il y a NUP contre un député macroniste, que vont faire les électeurs du RN ? Est-ce qu'on a une idée ? Est-ce qu'ils vont voter NUP ou est-ce qu'ils vont voter Macron ? On a une idée déjà de ce qu'ils nous disent. Après, on va voir si dimanche, ils sont en cohérence entre ce qu'ils nous racontent et ce qu'ils vont faire vraiment.
Aujourd'hui, déjà, un premier lieu, ils disent, on reste chez nous, pour près de 80% d'entre eux. Et après, les 20% se divisent en deux parts complètement égales. 10% qui votent en faveur du candidat soutenu par la présidence de la République et 10% pour la NUP. On s'est interrogé, on a essayé de regarder, vous savez, dans les Outre-mer, entre le premier tour et le deuxième tour, il y a eu une très forte évolution de l'électorat de Mélenchon vers Marine Le Pen. Et donc, on a essayé de regarder si ça se produisait également de cette manière-là. Ça a été visiblement un phénomène qui a été circonscrit uniquement aux Outre-mer.
Sur le reste du territoire national, ça ne s'est pas produit au deuxième tour de l'élection présidentielle. Et visiblement, cette porosité, dont certains parlent, c'est-à-dire d'opposition manifeste à l'égard du président de la République, quel que soit le bulletin de vote en face, ne semble pas en tout cas être le fait aujourd'hui, notamment de la part des sympathisantes du Rassemblement national. Aurélie Herbemont, à cet égard, il va y avoir un cas très intéressant, celui de Christophe Castaner.
Christophe Castaner, dans les Alpes d'Haute-Provence, il est à 30% premier tour, 29% pour le candidat insoumis, et le RN a fait 23%. Et ces derniers jours... Il va avoir un vrai rôle si jamais il décide d'aller, pour le dire trivialement, se payer Castaner. Ça peut être très compliqué pour l'ancien ministre de l'Intérieur, sachant que ces derniers jours, au RN, il disait, voilà, nous, notre consigne de vote, c'est ni-ni, donc ni majorité présidentielle, ni nupe, abstention ou vote blanc.
Mais Louis Alliot, qui est le maire de Perpignan, il y a quelques jours, a quasiment donné un permis de voter nupe dans la circonscription de Christophe Castaner, en disant que ça avait été le pire ministre de l'Intérieur. Donc, il y a potentiellement un danger pour Christophe Castaner, et un autre dirigeant du RN me disait, et puis peut-être que nos électeurs auront envie d'aller se payer des ministres aussi. Donc, ça peut être le côté anti-Macron, peut être plus fort que le côté anti-Mélenchon chez les électeurs du RN.
Guillaume Daré, on voit bien la stratégie de Jean-Luc Mélenchon, c'est de ramener à lui les électeurs, d'aller les chercher ailleurs. Donc, il va les chercher au RN, il va chercher les jeunes en leur tapant sur la tête. Je le cite, « ras-le-bol les jeunes, ils viennent en pleurs dans mon bureau sur Parcoursup, et au moment de voter, quick, il n'y a plus personne. » Est-ce que ça peut fonctionner, ça ? Est-ce que… En tout cas, non, mais ce qu'on voit clairement… Si vous voulez sauver la planète, votez pour moi.
C'est un petit peu comme il y a quelques mois et quelques semaines, Marine Le Pen qui dit à ses électeurs, écoutez, c'est bien de ne pas être content, mais quand on n'est pas loin, sinon de pouvoir gagner, ou en tout cas de pouvoir faire un gros coup politique, il faut venir. Parce que si vous ne venez pas, c'est bien de râler, mais on ne changera rien. On voit très clairement que c'est la position de Jean-Luc Mélenchon, effectivement, qui fait appel parfois aussi à certains électeurs, effectivement, du Rassemblement national.
Entre parenthèses, certes, on regarde ce que feront les électeurs du RN qui n'ont pas de candidat au second tour, mais n'oublions pas qu'il y a quand même beaucoup de circonscriptions où ils auront un candidat au second tour. Dans les projections, on voit entre 20 et 50 députés potentiels pour le Rassemblement national, élus au scrutin majoritaire, ce qui serait un excellent résultat pour le Rassemblement national, qui, je crois, sur le premier tour, a progressé, le seul parti à avoir progressé par rapport aux dernières législatives, de près de 3 millions de voix.
Mais ce qu'on voit aussi dans ce combat du second tour avec l'ANUP et la majorité, je ne sais pas si vous l'avez noté, c'est cette volonté de la part de l'exécutif, notamment, et encore d'Elisabeth Borne, ce matin sur RTL, c'est de créer une distinction au sein de l'ANUP. Il y aurait finalement les NUP fréquentables, si j'ose dire. Les bons NUPs. Les bons NUPs, les NUPs fréquentables aux yeux de la majorité, c'est-à-dire les socialistes, les communistes, les écologistes, dont elle dit ce matin sur RTL, on appelle dans ces endroits à voter pour eux. Et puis il y aurait les NUPs infréquentables, la France insoumise, aux yeux effectivement de la majorité.
Ceux qui vont mettre le bazar à l'Assemblée. Voilà. C'est un petit peu la volonté qui a de créer cette diversion. Je ne suis pas certain que ça ait vraiment pris parce que pour l'instant, dans la semaine, on voit que la dynamique politique, en tout cas de l'ANUP, elle est restée assez présente. Jean-Daniel Lévy, juste un mot sur les jeunes. Est-ce qu'il y a un vote générationnel ? Est-ce que oui, quand on est jeune, on vote plus volontiers NUPs et à l'inverse, quand on est plus âgé, les plus de 65 ans, on est plus volontiers macronistes ? Votre réponse est dans la question. Oui, clairement.
C'est quand vous regardez, aussi bien d'ailleurs, le décalque présidentiel d'un côté et législatif de l'autre. À peu de choses près, peut être transposées dans le vote NUP et la structuration du vote Emmanuel Macron peut être transposée dans le vote pour ensemble. C'est clairement un vote de la jeunesse. Il y a plus d'un tiers des jeunes qui a voté pour la NUP, en tout cas de ceux qui sont déplacés, qui ont voté pour la NUP au premier tour des élections législatives.
Tandis que quand vous regardez le vote en faveur des candidats qui sont soutenus par Emmanuel Macron, c'est clairement un vote qui est bien plus âgé, avec un vote qui, historiquement, était plutôt marqué à droite et qui a basculé du côté d'Emmanuel Macron. Si vous regardez, par exemple, si vous comparez à la structuration du vote pour François Fillon à la dernière élection présidentielle, c'est un vote qui est un vote très âgé et qui s'est, pour partie, reporté vers Emmanuel Macron lors de cette présidentielle et de ses législatives.
Cécile, quand on est face à ce danger NUP qui va être la première force d'opposition avec des députés LFI qui vont parler haut et fort à l'Assemblée, on a l'impression qu'on a une stratégie de défense d'Emmanuel Macron qu'on peine à comprendre. D'abord, pourquoi la stratégie consiste à dire pas une voix pour le rassemblement national ? Est-ce que l'ennemi, c'est qui ?
Ça a été toute la difficulté et c'est pour ça qu'il y a eu un peu un pas de deux parce que, historiquement, le principal ennemi de la Macronie, c'était le rassemblement national. Ils se sont construits là-dessus. Leur ADN politique, c'est le rempart au rassemblement national. Sauf que là, le principal adversaire dans cette élection, c'est la NUP. Donc, on a eu une sorte de pas de deux extrêmement compliquée qui explique d'ailleurs qu'on ait voulu dire qu'il y a des bons NUP pour lesquels on peut à la limite voter si c'est face au Front National ou ait des mauvais NUP. Mais bon, tout ça, c'est vrai que ça a participé de ce sentiment de flottement qu'on a eu vis-à-vis de...
Et c'est vrai que, contrairement à 2017, on n'a pas un Emmanuel Macron qui nous propose un projet de société, mais on a un Emmanuel Macron qui, avant de prendre son avion, dise le sursaut républicain, c'est moi ou le désordre.
Oui, c'est très défensif. Mais d'ailleurs, des deux côtés. On sent qu'il n'y a pas d'envie. Vous avez autant de gens qui ne veulent pas d'un Mélenchon Premier ministre, et du coup, Emmanuel Macron le sait et agit de ce chiffon rouge, que de gens qui ne veulent pas qu'Emmanuel Macron ait les pleins pouvoirs. Il y a vraiment l'idée qui s'est installée que certes, on avait voté pour lui parce que les alternatives ne nous plaisaient pas, mais qu'il ne faut pas qu'il ait la majorité absolue. Et ça, cette idée-là, elle est très difficile à combattre parce que normalement, tous les présidents font campagne sur le thème « Vous m'avez élu, soyez cohérents, donnez-moi une majorité pour agir ».
Sauf que là, ils ne veulent pas qu'il agisse au fond. Ils ne veulent pas qu'il agisse comme il agissait en 2007. Ils ont élu un Macron 2 et ils ne veulent pas que ce soit comme le Macron 1, dont toute la perplexité d'Emmanuel Macron, qui a très bien compris cette nouvelle situation politique et qui ne sait plus vraiment comment faire. D'où son tâtonnement sur « Je cherche une nouvelle méthode, je vais essayer d'associer des gens dans un conseil de la refondation ». Donc, c'est vrai qu'on a l'impression qu'il a réussi une victoire incroyable. C'est le seul qui a réussi à être réélu hors cohabitation. Il a eu un très bon score au premier tour, mieux qu'en 2017.
Et malgré tout, c'était une victoire exceptionnelle, sans joie, parce qu'un peu interloqué, qu'est-ce qu'on fait de cette victoire ? Et je pense que deux mois après, on n'a toujours pas la réponse.
Quel programme, quelle méthode avec Emmanuel Macron ? On n'a pas la réponse.
Pour l'instant, on va attendre de voir quelle est l'ampleur de sa majorité ou pas, parce que c'est vrai que si jamais il n'a pas de majorité absolue, ça va être beaucoup plus compliqué de mettre en œuvre son programme. qu'il veut consulter avec son Conseil national de la refondation. C'est fini Jupiter ?
Normalement,
Jupiter,
c'est fini.
On enterre Jupiter.
Donc Jupiter, au sabre clair, c'est-à-dire qu'on consulte ?
On consulte maintenant parce qu'il a bien vu que la verticalité qu'il avait théorisée pendant tout le premier quinquennat a laissé des traces. Et puis Emmanuel Macron voit bien qu'effectivement il n'est pas du tout dans la situation du président successful qui arrive la dernière fois. C'est vrai, il a été réélu. C'est vrai, c'est un exploit parce que les présidents avaient été réélus uniquement en cohabitation mais sauf que finalement ce qui leur avait permis d'être réélu, c'est qu'au bout de 5 ans ils avaient perdu la législative.
Là, on voit bien qu'il n'y a pas eu de respiration démocratique avec au bout de 5 ans une alternance en l'occurrence à ça se passait à l'Assemblée et ça faisait un nouveau gouvernement à la fois pour Chirac et Mitterrand. Là, il n'y a pas eu d'alternance du tout. Donc les Français n'ont pas très envie de lui donner un chèque en blanc et puis mine de rien Emmanuel Macron s'il n'en avait pas conscience jusque-là se rend bien compte qu'il a gagné face à Marine Le Pen et qu'une partie de ses électeurs du second tour n'ont pas voté pour lui mais ont voté contre Marine Le Pen et dimanche il va mesurer quelle est l'ampleur des gens qui n'ont pas voté pour lui mais pour la République.
Après là où il a ajouté
à la confusion Axel c'est que notamment c'est vrai que l'opposition l'a dit et elle n'a pas tort là-dessus c'est un peu curieux à quelques jours d'élections législatives où on va élire des députés parlementaires qui sont là pour contrôler le gouvernement et faire la loi d'annoncer la future mise en place d'un conseil national de la refondation où on va consulter très largement des personnalités autres que les parlementaires qui se sentent totalement dépossédés et disent finalement le Macron 2 n'est pas très différent du Macron 1 et ça n'incite pas forcément les gens à aller voter.
C'est-à-dire que les députés ne servent à rien et je vais créer un conseil national de la refondation où là on se prouve les décisions. Et d'ailleurs y compris dans son camp quelqu'un comme Edouard Philippe dans une interview au Figaro n'a pas manqué de noter que pour lui le plus important c'était les parlementaires qu'évidemment ce conseil national ne pouvait pas remplacer ces parlementaires et que d'ailleurs presque sur le temps de l'ironie il ne doutait pas un instant que ce n'était pas du tout ce qu'Emmanuel Macron souhaitait faire.
Alors Cécile Cordillé comment expliquer ce flottement à la fois sur le fond on ne sait pas très bien même les 65 ans la retraite on ne sait plus très bien ce que ça va devenir et sur la forme comme un Emmanuel Macron qui hésite maintenant à décider à trancher qui n'est plus du tout le disrupteur qu'il était en 2017.
Alors je pense qu'il est quand même traumatisé par les gilets jaunes en réalité il est arrivé en 2017 en disant la concertation je l'ai vécu au sein du gouvernement Hollande ça ne marche pas ça conduit à l'immobilisme donc ce qu'il faut c'est quelqu'un qui décide qui ait du courage sabre au clair comme il disait et tout le pays va être entraîné derrière moi et aujourd'hui il dit le sabre au clair qu'est-ce que ça crée ça crée des gilets jaunes au bout de deux ans et en fait une autre forme d'immobilisme parce que ça bloque le pays et on ne peut plus rien faire donc il revient à la case départ de sa réflexion en disant mais comment on agit dans ce pays si c'est ni dans la concertation traditionnelle avec les partenaires sociaux ni sabre au clair et bien c'est ça il tâtonne il cherche une troisième fois une troisième fois
donc il y a un problème de méthode
il y a un problème de méthode et il y a un problème de fond peut-être que s'il savait plus là où il faut emmener le pays la méthode passerait au second plan mais c'est vrai qu'il a fait une campagne présidentielle de premier tour disons à droite avec la retraite à 65 ans le RSA conditionné des choses comme ça et que ensuite comme il a voulu attirer les voix de gauche pour faire barrage à Marine Le Pen et bien il a fait une campagne à gauche planification écologique finalement ce ne sera peut-être pas les 65 ans mais les 64 ans donc en réalité on ne sait plus il y a beaucoup de choses dans ce qu'il a annoncé dans cette campagne présidentielle et claire elles ne sont pas hiérarchisées on ne sait pas quelles sont les priorités quand on le voit aujourd'hui Emmanuel Macron et quand on lui dit mais est-ce que la retraite c'est quelque chose de prioritaire il dit faudra le faire mais ce n'est pas la mère des réformes ce qui est important c'est la transformation écologique c'est l'école
alors il ne dit plus transformation il dit refondation c'est vous-même qui avez remarqué cette différence de mots pourquoi il ne parle plus de transformation mais de refondation
en fait il est un peu comme Jacques Chirac après les grèves de 95 il a le sentiment d'un pays d'une fragilité en vert et il dit la transformation quand le pays est en vert les gens sont si fragiles ils ont l'impression qu'on leur enlève leur fondation alors que refondation c'est comme si on reconstruisait quelque chose sur du solide sur du sop on ne dépossède pas les gens donc ces conseillers autour de lui ont beaucoup brainstormé autour des mots et le conseil national de la refondation en gros ce n'est plus la révolution c'est on va essayer de créer une unité du pays pour quand même dans un second temps l'amener à bouger à se réformer mais vraiment en douceur
Jean-Daniel Lé ce qui est intéressant c'est que quand vous interrogez les électeurs pour leur demander pourquoi avez-vous voté pour Emmanuel Macron au premier tour de l'élection présidentielle ils rencontrent des difficultés à pouvoir vraiment nous répondre c'est-à-dire qu'en fait ils apprécient Emmanuel Macron ils considèrent qu'il fait président et qu'en fait il a la structure pour pouvoir l'être peut-être plus que d'autres que globalement la crise ukrainienne a renforcé cette stature et d'ailleurs c'est la deuxième motivation de vote de cet électorat-là et que globalement il n'avait pas trahi ses engagements de campagne de ceux de 2017 contrairement à Nicolas Sarkozy François Hollande ou Jacques Chirac aux yeux des différents électeurs mais que la dimension de programme politique d'orientation politique ou de substrat de ce que pourrait être la motivation de vote à l'égard d'Emmanuel Macron est assez profondément absente c'était déjà pas tout à fait présent en 2017 et le contraste est assez saisissant si on compare aux électorats qui avaient voté pour François Hollande et qui avaient dit il y a la notion de changement d'égalité de justice de Nicolas Sarkozy par le passé avec la notion de travailler plus pour gagner plus Jacques Chirac en 1995 avec l'idée de la réduction de la fracture sociale François Mitterrand en 1981 avec la question de changer la vie etc.
on n'a pas ces petites phrases ces petites orientations qui permettent après de se dire comment peut se décliner le programme politique et autour de quoi on peut être amené à voter et ça se retrouve après justement d'un point de vue électoral et peut-être dans les difficultés de motivation de vote des électeurs dans le cadre de ces élections législatives Aurélie Herbemont donc un Emmanuel Macron réélu mais sans envie vous nous expliquez Jean-Daniel Lévy et du coup est-ce que cette envie de changement on la lit à travers ce sondage Odoxa pour le Figaro 70% des Français ne veulent pas d'une majorité absolue à l'Assemblée comme si on avait envie d'un renouveau ou d'une assemblée un peu qui challenge ou qui met en opposition ou qui oblige Emmanuel Macron à changer
à davantage composer tenir compte des éventuelles oppositions et ça c'est frappant parce que depuis sa réélection tous les sondages qu'il y a eu montraient que les Français ne voulaient pas lui donner de majorité absolue c'est quand même il y a une espèce de constance si tôt qu'il a été réélu on a eu ça à chaque fois dans tous les sondages alors à des niveaux plus ou moins élevés mais à chaque fois les gens disaient non on ne veut pas qu'il ait une majorité absolue ça c'est du jamais vu en général on élu un président on lui donne la majorité mais c'est par rapport à ce que je disais tout à l'heure c'est que c'est un président réélu donc c'est pas tout à fait pareil c'est pas on le découvre et on veut qu'il nous emmène là c'est ok on t'a réélu mais parce que tu fais président vraisemblablement mais doucement on ne te donne pas un blanc-seing pour tout faire donc c'est ça que va devoir gérer Emmanuel Macron pendant les 5 ans qui viennent
alors est-ce que c'est là Guillaume Daré que les républicains qui pourtant vont perdre énormément de députés mais paradoxalement ils ont un coup fantastique à jouer est-ce que c'est alors racontez-moi paradoxalement la gauche va sortir renforcée en nombre de députés de ces élections législatives mais ça va conduire peut-être la majorité à se droitiser parce qu'effectivement c'est pas sûr si il faut aller chercher quelques voies effectivement pour faire passer ces textes si la majorité n'est que relative quand bien même il n'y aurait que 40 ou 50 députés des républicains ils vont jouer un rôle stratégique alors ce que vous dites en crise parce que pour avoir s'il n'y a pas de majorité absolue vous pensez que le parti macroniste ira chercher le supplément de voix chez les LR en tout cas c'est vrai que là où il faut aussi être modéré c'est que pour qu'il soit mis en minorité il faut que toutes les oppositions se mettent d'accord ce qui n'est pas gagné non plus sur chaque texte il faut y avoir des insoumis des LR qui s'abstiennent sur certains textes ça sera peut-être compliqué mais des textes peuvent bien sûr quand même être votés à la majorité relative par les soutiens d'Emmanuel Macron après en coulisses ce que vous disent les républicains c'est que ça ne sera pas la même chose si Emmanuel Macron manque la majorité absolue à 2-3 députés parce qu'effectivement au cas par cas il pourra débaucher quelques parlementaires y compris peut-être effectivement au centre gauche chez des divers gauches en revanche s'il lui manque 15 ou 20 députés pour faire sa majorité dans ces cas-là c'est par exemple ce que souhaite Jean-François Copé il dit il faut faire un accord de gouvernement avec la majorité parce que lui par exemple estime que les républicains pourraient amener une caution sécuritaire et régalienne à la majorité dont il juge qu'elle ne l'a pas on négocie on est présent pendant 2 ans au gouvernement ça permet de rénover l'image des républicains parce que certains considèrent qu'après 10 ou 15 ans à ne pas gouverner on n'est plus un parti de gouvernement donc certains disent ça d'autres au contraire considèrent que ça va être tellement compliqué ça c'est ce qu'a dit Copé qui dit il faut gouverner d'autres considèrent au contraire par exemple on l'a vu Xavier Bertrand qui était sur le plateau de France 2 hier dans le 20h que ça va être tellement compliqué à gérer qu'il ne faut surtout pas mettre le petit doigt là-dedans et il faut laisser la majorité même relative d'Emmanuel Macron se débrouiller mais c'est vrai que les républicains finalement moins nombreux peuvent avoir un rôle particulièrement important dans cette assemblée Aurélie Herbe on entend quand même pas mal de républicains qui font des offres de services à Emmanuel Macron est-ce que le paradoxe du vote de dimanche c'est que plus la France va voter plus la gauche aura des voix et plus le pays sera gouverné à droite par cette espèce de jeu de vase communiquant
il y a ce paradoxe il peut y avoir ce paradoxe effectivement si Emmanuel Macron est obligé typiquement parler de la réforme des retraites imaginez la droite la réforme des retraites c'est un des sujets cardinaux de son projet si Emmanuel Macron dit à la droite votez avec moi mais la droite va dire par contre mais c'est la réforme que nous on veut
à 65
donc ça pourrait paradoxalement avoir une progression des idées de gauche et en même temps que ça finisse plus à droite mais effectivement Guillaume le disait tous les LR ne seraient pas d'accord parce qu'on parle de Xavier Bertrand mais il y a une autre personne qui sans doute ne voudra pas mettre le doigt dans cet engrenage il s'appelle Laurent Wauquiez Laurent Wauquiez vise clairement 2027 imaginez que les députés LR sauvent Emmanuel Macron d'une certaine façon comment derrière dans 5 ans il peut se présenter comme alternative c'est compliqué sauf que c'est souvent le problème chez LR c'est qu'ils ne sont pas du tout unis donc peut-être qu'on aura plusieurs franges
chez les républicains en fait LR doit choisir est-ce que nous sommes un parti d'opposition quitte à ne pas être au gouvernement pendant 15 ans comme vous le disiez ou est-ce qu'on est un parti comme le dit Christian Jacob l'autre jour nous serons utiles au pays avec une opposition constructive souvent on va flirter avec Emmanuel Macron
moi j'ai senti qu'il y avait des différences selon les générations chez les jeunes qui veulent reconstruire la droite leur donner vraiment une colonne vertébrale enfin repartir à zéro ils ne peuvent pas se permettre de flirter avec Emmanuel Macron peut-être que des personnalités comme Christian Jacob qui sont sur leur fin de leur parcours peuvent trouver un intérêt à le faire donc c'est vrai que c'est possible que LR se fracture vraiment sur ce sujet mais encore une fois ça dépend du scénario de la majorité ce n'est pas le scénario le plus probable ce serait vraiment le scénario où Emmanuel Macron n'a pas une majorité absolue du tout avec ses alliés et est obligé d'aller piocher à droite mais oui oui de ce côté là aussi il va y avoir quelque chose d'autant que LR pourrait avoir un nombre de députés certes limité par rapport à la dernière fois mais quand même conséquent autour de 50-60 c'est ça
Jean-Daniel Lévy l'électorat de droite l'électorat LR il est déboussolé il sort quand même de moins de 5% à la présidentielle qu'est-ce qu'on peut dire sur cet électorat de droite il est parti il peut revenir ce n'est pas un électorat c'est plusieurs électorats c'est que quand vous regardez dans les configurations électorales de deuxième tour il s'éparpille assez nettement comme on l'a vu d'ailleurs au cours de la dernière élection présidentielle où tous les électeurs évidemment de Valérie Pécresse n'ont pas voté de la même manière ils n'ont pas tous voté par exemple en faveur d'Emmanuel Macron on l'a vu par le passé même au moment du débat des européennes où globalement en fait au fur et à mesure que la campagne avançait l'électorat LR avait tendance à baisser pour aller pour moitié du côté d'Emmanuel Macron enfin en tout cas de la liste qui était soutenue par Emmanuel Macron et pour l'autre moitié pour la liste qui était soutenue par Marine Le Pen avec des formes de clarté de propos qui leur apparaissaient comme étant clairement ancrées sur la question européenne sur le regard à l'égard de l'immigration et qui globalement faisait que la position qui apparaissait comme étant un peu médiane des républicains était insatisfaisante pour la moitié et insatisfaisante pour l'autre moitié donc il y a eu cette problématique entre guillemets de positionnement des républicains qui n'a pas permis justement de répondre concrètement aux questions que se posait cette frange d'électorat là qui existe toujours dans l'opinion c'est à dire qu'on a encore aujourd'hui près de 10% des français qui déclarent ma formation politique de référence en dehors de mon comportement électoral c'est les républicains mais la traduction politique qui va en découler ça ne va pas forcément donner ma voix pour le ou la candidate des républicains on l'a vu par exemple au cours de la dernière élection présidentielle où vous avez moins de 50% des personnes qui se déclarent proches des républicains qui ont accordé leur voix à Valérie Pécresse au premier tour alors la vedette chez LR et je parle au passé c'était Nicolas Sarkozy Aurélie Herbemont le point titre quelle mouche a piqué Sarkozy j'ai été surpris aussi de la violence des propos de Jean-François Copé comme si maintenant alors venant de Jean-François Copé j'ai envie de vous dire c'est pas forcément que c'est dévenant
parce que leurs relations sont comme notoires
alors quelle mouche a piqué Nicolas Sarkozy à Paris il est allé défendre une députée
il a reçu une candidate de la République En Marche Astrid Panossianbouvet qui est candidate dans la en gros il défend les macronistes plutôt que son parti il a reçu donc la candidate à son bureau rue de Miro-Ménil sauf qu'elle affronte au second tour Brigitte Custer qui est une députée LR qui en l'occurrence était présidente du comité de soutien de Nicolas Sarkozy du comité de soutien parisien à la primaire de 2016 donc évidemment comme Brigitte Custer a découvert ça son sang n'a fait qu'un tour bien légitimement et puis surtout les réactions les réactions enfin c'est le maire du 17ème arrondissement qui a tweeté indigne, traître et puis alors là tout le monde s'est mis à tomber sur Sarko la statue du commandeur est tombée là elle était déjà un petit peu vacillante depuis qu'il n'avait pas soutenu Valérie Pécresse au premier tour de la présidentielle et puis que le lendemain du premier tour il avait appelé clairement à se rapprocher d'Emmanuel Macron donc là on voit bien qu'à droite il se lâche maintenant quand il parle de Nicolas Sarkozy des choses inimaginables il y a quelques années mais après le rapprochement de Nicolas Sarkozy avec Emmanuel Macron ça fait plusieurs mois qu'il est enclenché et puis ce qu'on voit c'est que de toute façon on arrive sans doute à la fin d'un cycle entre Nicolas Sarkozy qui était la figure tutélaire de la droite de toute façon Nicolas Sarkozy depuis la primaire de 2016 où il n'est pas qualifié pour le second tour je le rappelle mais je pense qu'il y a quelque chose de brisé parce que mine de rien pendant la campagne de Valérie Pécresse parfois il disait à ses amis ben oui on me dit de faire quelque chose mais ils étaient où tous ces gens en 2016 ils ne m'ont pas soutenu et je n'ai pas gagné la primaire donc il y a peut-être une fin d'histoire entre Nicolas Sarkozy et les LR qui sont très très violents Après Axel ce qui est intéressant
c'est qu'en coulisses Nicolas Sarkozy est convaincu à l'inverse que c'est les leaders des Républicains qui ne comprennent pas le nouveau comportement électoral que vient d'expliquer Jean-Daniel Lévy c'est-à-dire des électeurs de droite certes proches des Républicains mais qui votent pour les candidats d'Emmanuel Macron et ses proches prennent notamment l'exemple du 16ème arrondissement où Francis Spiner LR Purjus a dit faut cogner dans le 16ème on déteste Emmanuel Macron et en fait c'est dans un arrondissement où il a fait son meilleur score Emmanuel Macron présidentiel Alors elle est le symbole des difficultés de la majorité lors de cette campagne législative Amélie de Montchalin est en balotage défavorable dans sa circonscription de l'Essonne l'enjeu pour elle est double si elle n'est pas élue elle devra aussi quitter son poste de ministre de la transition écologique sujet de Laura Radeau et Emmanuel Bach
Pour les élections du 2ème tour pour le 2ème tour dimanche merci pour son
Aucun électeur ne doit lui échapper même les plus indifférents sur le terrain matin et soir Amélie de Montchalin ne ménage pas sa peine car la députée sortante est en mauvaise posture 7 points de retard au 1er tour sur son adversaire nupe Jérôme Gage qu'elle avait pourtant battu il y a 5 ans
alors la candidate macroniste
tape fort très fort sur la coalition de gauche depuis une semaine
il faut montrer aux français que c'est un accord pour non pas prendre le pouvoir c'est un accord pour mettre le désordre en France c'est le projet de Jean-Luc Mélenchon depuis des années aujourd'hui vous voyez le président de la République qui était à Kiev quand vous voyez ce que Jean-Luc Mélenchon ce que Marine Le Pen d'ailleurs aussi
vous les renvoyez d'autres gens quand même
ce sont des gens qui agitent les peurs ce sont des gens qui n'ont pas d'autre objectif que de diviser les français
lui aussi occupe le terrain le socialiste Jérôme Gage compte bien prendre sa place et retrouver les bancs de l'Assemblée
c'est symbolique mais ça motive
connu et souvent reconnu dans la rue
bonjour monsieur dimanche
l'ancien patron du département répond coup pour coup à son adversaire
vous votez ou vous votez pas vous vous rendez compte voir en moi un anarchiste d'extrême gauche soumis aux puissances étrangères et soumis à des influences antisémites franchement c'est triste voilà d'abord ça m'affecte personnellement et en plus je trouve ça triste pour une ministre de la République et puis surtout pendant qu'on fait ça on parle pas des vrais sujets
et dans ce duel à distance un même enjeu la chasse aux abstentionnistes
là ma femme vient de me dire que quatre de ses copines pareilles elles ont complètement oublié le scrutin tout avait été fait pour qu'il soit oublié le scrutin
avec une méthode bien rodée pour le candidat de gauche nationaliser le débat
je vais chercher tous les électeurs de la circonscription avec une question simple est-ce que vous voulez continuer avec la politique de Macron en 50 plus est-ce que vous voulez la retraite à 65 ans voilà puisque c'est la seule proposition claire qu'il a mise sur la table
après le marché les associations passage obligé d'une campagne de terrain et Jérôme Gage se projette déjà dans la suite notamment dans une coalition dirigée par Jean-Luc Mélenchon dont il a été l'assistant parlementaire plus jeune
il y a les avantages et les inconvénients du bonhomme l'avantage c'est qu'il a renoué il a permis à la gauche d'être à nouveau audible dans le pays voilà il faut dire les choses telles qu'elles sont parce que c'est le fruit d'un travail mené depuis des années de construction intellectuelle programmatique et ça c'est tant mieux après il y a le tempérament je le connais bien le style de Jean-Luc Mélenchon c'est ainsi on est différent mais complémentaire
en attendant rien n'est encore gagné et il est même encore temps de lancer quelques flèches comme se communiquait accusant Amélie de Montchalin de préparer une diffusion de tracts anti-gage à quelques heures de la fin de la campagne de quoi mettre en colère son équipe manifestement fébrile
non ça on y répondra on y répondra sur Twitter
je vais répondre par écrit puisqu'il m'a interpellé par écrit donc les choses vous savez je suis très sereine
non non mais ça ça non on a dit qu'on faisait on fait une réponse à vos dossiers
et quelques minutes plus tard l'équipe dégaine sa réponse sur Twitter d'accord avec vos principes Jérôme Gage pourquoi ne pas les respecter vous aussi vous multipliez les tracts anti-monchalin depuis des semaines faites ce que je dis pas ce que je fais voilà la nupe
dernier échange
tendu pour un affrontement à couteau tiré l'enjeu est énorme pour la députée qui risque de perdre sa place au gouvernement
bien sûr que c'est aussi prendre un risque de se présenter devant ces conciliens mais c'est le risque de la démocratie c'est le risque de la légitimité c'est ce qui fait qu'ensuite vous avez la capacité de faire c'est ça qui m'intéresse
moi je pense à mon pays le reste honnêtement c'est soit futile soit très insignifiant soit c'est fait pour détourner la tension
après Bruno Le Maire mardi au tour de Gabriel Attal de venir soutenir Amélie de Montchalin aujourd'hui deux ministres à la rescousse pour éviter une défaite de la Macronie
question téléspectateurs Cécile Cornudet Bernard dans le Rhône si LREM ne tient pas la majorité absolue Elisabeth Borne devra revoir la composition du gouvernement qu'elle pourrait être les entrants
alors de toute façon il y aura un changement gouvernemental peut-être parce que certaines figures du macronisme comme Amélie de Montchalin si elles sont battues Emmanuel Macron a très clairement fixé la règle celui qui ne gagne pas n'est pas reconduit donc peut-être il y aura des gens à remplacer de toute façon il y a des postes à pouvoir qui ne l'ont pas été la première fois ministre du logement ministre de la ville voilà il y a plusieurs comme ça secteurs qui manquent cruellement on parle de 8 à 10 personnes en plus en plus des 27 d'aujourd'hui je crois 27 ou 28 il y a aussi les partenaires les alliés d'Emmanuel Macron qui s'estiment ne pas avoir été assez servis François Bayrou et Édouard Philippe donc il y aura certainement des modems et des philippistes pour la paix des ménages de cette future majorité quoi qu'il arrive parce que comment il faudra elle aura besoin
des philippistes
et des modems ça c'est nouveau il y a un mois Emmanuel Macron on parlait de majorité absolue mais il voulait la majorité absolue tout seul tout seul en marche comme en 2017 là on n'en parle plus du tout parce que c'est impossible à avoir donc s'il a la majorité absolue ce sera déjà bien et ce sera avec ses partenaires ça veut dire que Édouard Philippe et François Bayrou vont devenir stratégiques il faudra vraiment les avoir avec eux et il pourra voilà et eux-mêmes on le voit bien ils sont de plus en plus dans les médias depuis quelques jours ils marquent leur territoire
avec des petits pics d'ailleurs Édouard Philippe dans le Figaro il va falloir maintenir l'élan réformateur sauf que là Emmanuel Macron ne pourra plus les envoyer balader parce qu'il a besoin
ils vont devenir indispensables ils vont casser les pieds d'Emmanuel Macron pour dire les choses on sait bien en plus qu'Édouard Philippe il a des ambitions pour 2027 on sait bien qu'Emmanuel Macron est très agacé de ça et donc lui a un jeu par exemple où il pousse un peu Bruno Le Maire qui lui aussi il ne faut pas le pousser beaucoup pour avoir des ambitions présidentielles à s'organiser donc comme ça ça peut-être ça contrebalancera un petit peu Édouard Philippe ça va être un jeu un peu compliqué parce qu'Emmanuel Macron n'a pas du tout envie que dès demain sa succession s'ouvre donc voilà le gouvernement quoi qu'il arrive va être remanié s'il n'y a pas la majorité absolue et s'il y a besoin d'un accord avec LR c'est sûr que là aujourd'hui le gouvernement il penche enfin en tout cas le Premier ministre est à gauche donc peut-être qu'il penche un petit peu à gauche et qu'il faudra rectifier ça certaines personnes plaident pour un changement de Premier ministre mais là c'est un petit peu compliqué parce que c'est une femme ça fait depuis Édith Cresson qu'on n'avait pas eu de femme à Matignon sanctionner au bout d'un mois ce serait vraiment très difficile mais bon c'est possible qu'il y ait des têtes de droite du coup qui rentrent au gouvernement
Guillaume Derray c'est vrai qu'on nous avait prévenu qu'Elisabeth Borne était une techno le discours le soir du premier tour des législatives nous avons vraiment montré que c'était une techno ce discours était lu comme une enfin qu'en avez-vous pensé ?
c'est pas évident de passer d'un statut de ministre où effectivement elle était une ministre assez technique sur des dossiers techniques où il fallait connaître parfaitement ce qu'elle faisait à une campagne pour la première fois de terrain et c'est vrai que les gens qui l'ont suivi déjà trouvent que au cours de cette campagne il y a eu une évolution positive que ça va mieux sur le terrain j'ai échangé aujourd'hui avec un autre confrère qui l'a suit depuis deux jours il dit franchement ça va mieux quoi de ce côté-là elle progresse ce qu'on voit aussi c'est qu'Elisabeth Borne elle-même essaye de s'imposer en chef de la majorité comme est censé l'être le premier ministre même si on sait que c'est Emmanuel Macron qui gère tout une nouvelle fois sur RTL ce matin elle disait mais Emmanuel Macron était dans son rôle il était à l'étranger moi en tant que chef de la majorité je suis en France pour faire campagne après c'est vrai qu'on voit que les malentendus qu'il y a eu au cours de cet entre-deux-tours ont été assez forts parce que finalement Emmanuel Macron et la République en marche demain renaissance ont quand même réussi l'extraordinaire exploit de créer une alliance de circonstances entre François Bayrou et Édouard Philippe qui se détestait absolument depuis des semaines et des mois et qui se retrouvent aujourd'hui c'est les grands fauves là qui vont à faire
ça va peut-être pas durer
qui se retrouvent aujourd'hui à faire des meetings communs ensemble donc ça dit quand même quelque chose effectivement comme le disait Cécile pardon de ce qui sera peut-être demain une forme de cohabitation au sein même de la majorité et puis le petit caillou dans la chaussure le gros caillou dans la chaussure d'Elisabeth Borne Aurélie Herbemont c'est l'affaire Abad qui rebondit avec de nouvelles accusations portées par Mediapart et puis alors manque de chance en plus lui pour le coup il est très bien placé pour le second tour il a de fortes chances d'être reconduit donc de rester ministre
et pourtant je peux vous dire que beaucoup de personnes dans la majorité ont un fol espoir qui au vu de son premier tour paraît assez compliqué ce serait qu'il soit battu dimanche comme ça ça simplifierait le problème pour appliquer la fameuse règle ministre battu ministre déchu sauf que si on se on fait des projections par rapport au premier tour Damien Abad a de grandes chances d'être réélu et donc d'être confirmé ça va être un moment un peu particulier pour le gouvernement de devoir confirmer Damien Abad même si voilà ils tiennent sur leur ligne on ne peut pas
c'est à la justice d'eux
c'est à la justice d'eux sauf que c'est une position très très compliquée à tenir sur la durée moi un socialiste me disait hier de toute façon tant qu'il sera ministre première séance de questions au gouvernement tous les groupes de gauche on va poser des questions sur ça et puis on continuera tant qu'il sera là donc ça va être incroyable Damien Abad elle a été très mal à l'aise Damien Abad Damien Abad est ministre des Solidarités pour l'instant il n'a fait aucune interview sur son dossier on s'interroge sur la façon dont il va pouvoir porter ses sujets parce qu'évidemment qu'il y aura cette ombre sur son action de ministre ça va être très très compliqué même si Emmanuel Macron pour l'instant tient à sa ligne tant que la justice ne se prononce pas on ne se prononce pas non plus mais politiquement c'est très très compliqué Elisabeth Borne effectivement a été interpellée dans le Calvado ce mercredi matin Emmanuel Macron quelques jours plus tôt par cette lycéenne qui aussi lui avait fait la remarque c'est compliqué politiquement à tenir quand même
Jean-Daniel Lévy sur Elisabeth Borne qui est très techno mais qui manque un peu de souffle politique est-ce que si les difficultés de la majorité lors de cette élection législative c'est qu'elle n'est pas incarnée on ne sait pas qui porte au fond qui est le chef de la majorité pour cette élection législative on est incapable de répondre oui on est incapable de répondre d'ailleurs en fait je crois que dans cet entre deux tours Elisabeth Borne n'a fait des déplacements en dehors de Paris que dans sa circonscription et qu'elle n'est pas allée soutenir en fait d'autres candidats comme on a pu le rappeler tout à l'heure avec monsieur Attal ou monsieur Le Maire qui avaient fait des déplacements pour les soutenir donc en fait elle a vraiment été amatinant d'un côté et également dans sa circonscription ce qui est assez intéressant c'est qu'Elisabeth Borne elle était identifiée en fait de la part des observateurs politiques avant qu'elle arrive à Matignon elle n'était pas très très connue en fait de la part des français il y a même un phénomène qui est un peu étonnant d'un point de vue d'opinion c'est que quand nous on a testé la confiance des français à son égard quand elle est arrivée à Matignon non seulement il n'y a pas cet élan qu'on a pu voir on l'a pas vu d'ailleurs pour Emmanuel Macron après sa réélection mais à peu de choses près sa structure de popularité est au même niveau que celle de Jean Castex donc en gros peut-être que dans l'esprit des français c'est comment je jugeais le premier ministre avant comment je juge le premier ministre après et globalement je vais accoler sensiblement les mêmes types en tout cas de structuration d'opinion à son égard après c'est une femme ça a été identifié clairement et c'est vu positivement et d'ailleurs très peu négativement à la part des français elle a un penchant qui est un penchant vers l'écologie et l'environnement ça a été identifié mais sur le reste en fait sur ce que peut être son histoire politique vous l'avez présenté tout à l'heure comme étant de gauche les français n'ont pas du tout identifié au regard l'histoire politique préalablement et pas plus qu'on a pu voir une forme de même de singularité en fait qui pourrait être amené à la marquer Jean Castex quand il est arrivé à Matignon on lui disait au moins il a un accent au moins c'est un maire au moins il est en contact avec des populations qui sont différentes de celles que peut connaître Emmanuel Macron Edouard Philippe il avait cet ancrage politique de droite en tout cas qui a vite été construit donc ça c'était présent chez les anciens premiers ministres ça a clairement manqué à Elisabeth Borne quand elle est arrivée au gouvernement et c'est vrai qu'aujourd'hui elle n'est pas vue à tort ou à raison comme étant la responsable de la majorité ou celle qui a conduit la campagne pour les législatives dans le premier tour ou dans le septembre de tour C'est-ce qu'il y a une idée ?
Son problème ça va être aussi un problème d'autorité parce que le numéro 2 et le numéro 3 du gouvernement c'est Bruno Le Maire et Gérald Darmanin qui sont confortés qui sortent de 5 ans de relations directes en fait avec Emmanuel Macron on les voit mal passer par Matignon et demander l'autorisation avant de faire quelque chose comment elle va les gérer ces poids lourds politiques ça ça va être une grosse question pour elle sans parler du ramdam qu'il va y avoir à l'Assemblée constamment parce que même si Mélenchon n'a pas la majorité absolue il va être une très forte opposition et quand on connaît leur méthode de happening ça va être dur à tenir
Alors on l'a tous remarqué dans le bureau de vote nous sommes face à une multitude de petits candidats et bien ce sont autant de micro-partis qui se présentent à la fois pour recueillir des voix mais aussi pour recueillir des fonds car aux législatives chaque voix chaque député rapporte de l'argent explication de Juliette Vallon et Arnaud Faura
Ce lapin n'aura pas permis au parti animaliste d'entrer à l'Assemblée mais il aura au moins rapporté de l'argent Pour ces militants parisiens c'est l'heure du bilan après le premier tour des législatives et il est plutôt bon avec 255 000 voix le parti a multiplié son score par 6 depuis 2017
Ça fait aussi un super maillage sur le territoire Exactement Plus de candidats qu'avant Voilà Maintenant il va falloir transformer et les garder puisque ça c'est un vrai gain de cette campagne Oui On est présent partout même à Tahiti c'est ça ?
Des centaines de milliers de voix qui vont faire gagner aux défenseurs des animaux environ 400 000 euros d'aides publiques tous les ans pendant 5 ans Lors des législatives chaque bulletin glissé dans l'urne rapporte 1,64 euro mais uniquement pour les partis qui obtiennent plus d'un pour cent des voix dans au moins 5 ans de circonscription Une condition remplie par le parti animaliste qui espère ainsi pouvoir continuer à grandir lui qui n'est financé
que par des dons
On avait grâce à nos économies réussi à salarier des personnes pendant la campagne présidentielle puis ensuite pendant la campagne législative et là le financement public va nous permettre de pérenniser ces équipes donc de continuer à travailler de façon plus en plus professionnelle pour pouvoir travailler pour faire avancer notre cause puisque c'est pour ça que les électeurs ont bossé pour nous Dans un souci de bonne démocratie de bon fonctionnement de la démocratie et du pluralisme politique c'est important que le financement public puisse aider des partis tels que le nôtre
L'argent nerf de la guerre pour les partis politiques d'autant que la présidentielle a déjà coûté très cher à certains Pour ceux qui n'ont pas
atteint le seuil des 5% de voix au soir du 24 avril il a même fallu lancer des appels aux dons comme chez Europe Ecologie des Verts ou les Républicains Je suis endetté personnellement à hauteur de 5 millions d'euros C'est pour cela que je lance ce matin un appel national aux dons à tous ceux qui m'ont apporté leur souffrage mais aussi à tous ceux qui ont préféré hier le vote utile
J'avais en fait pris les devants en préparant au cas où malheureusement nous décrochions en dessous des 5% Et vous savez comment vous ferez pour le reste ? Eh bien on continue sur soutenir l'écologie.fr on va faire appel à nos élus vous savez qui cotisent chaque mois on va leur demander un effort supplémentaire
Une campagne des législatives bienvenue pour renflouer les caisses donc d'autant qu'il existe une deuxième source de revenus lors de cette élection
Pour chaque parlementaire élu son parti touche 37 000 euros par an pendant 5 ans Si l'on prend les projections de sièges
les plus optimistes pour la NUP et Ensemble l'alliance de gauche pourrait récupérer 7 millions d'euros la majorité présidentielle 11 De leur côté les républicains pourraient perdre un tiers de leur siège dans deux jours Le parti déjà endetté à hauteur de 13 millions risque encore de voir son budget annuel se réduire Moi ce que je regrette c'est que ce financement public se joue uniquement sur les législatives On ne tient absolument pas compte des élections intermédiaires D'ailleurs on se trouve dans une situation un peu paradoxale où des partis de gouvernement comme le mien nous perdons les élections présidentielles et législatives on a absolument besoin du parti Or le parti se trouve souvent en difficulté à la suite d'élections présidentielles ou législatives perdues alors qu'il aurait besoin en contraire d'être aidé
Dimanche après les résultats
viendra l'heure des comptes pour tout le monde Des comptes d'apothicaires pour la NUP qui va devoir trouver un système de répartition entre les 4 formations politiques qui la composent
Question téléspectateur Guillaume Daré Alors que Reconquête n'aura aucun député le parti d'Éric Zemmour va quand même toucher de l'argent suite à ces élections Est-ce bien normal ?
C'est les règles du financement politique telles qu'elles existent dans notre pays c'est vrai que pour un parti qu'on disait comme Reconquête qui a fait pas tout à fait un million de voix un peu plus de 964 000 voix je regardais ce matin ça ferait 1,582,000 euros par an sous peine Chaque voix rapporte 1,60€ Absolument sous réserve sous réserve d'un certain nombre de pénalités comme on échangeait pendant le sujet avec Aurélie pour des raisons notamment de non-respect de la parité à hommes-femmes mais néanmoins ça fait quand même un financement important et pour un parti évidemment vous voyez le parti animaliste dans votre reportage ou pour un parti comme Reconquête qui veut s'implanter se structurer demain en France c'est absolument essentiel pour pouvoir avoir des locaux faire des tracts construire une stratégie des 5 années à venir et évidemment tous les partis comptent beaucoup sur ce premier tour des élections législatives pour construire la stratégie financière des 5 ans à venir Allez tout de suite on revient à vos questions Alors Stéphane dans le Haut-Rhin Cécile Cornudet la canicule peut-elle avoir une influence sur le vote ?
Alors elle a eu peu d'influence en tout cas sur la campagne on aurait pu penser que ça devienne un thème très important je rappelais tout à l'heure que Emmanuel Macron au second tour de la présidentielle avait fait une campagne sur la planification écologique là il y a eu très peu de sujets si cette semaine ils ont annoncé une enveloppe pour la végétalisation
Végétaliser les villes on en a à peine parlé
A peine parlé parce qu'il n'y a pas tellement de dispositifs de communication à l'Elysée en ce moment et ils n'ont pas du tout fait de services après-vente et les élus locaux qui sont censés être consultés n'étaient pas contents que ça ne passe pas par eux Bref c'est un peu tombé La seule question c'est est-ce que ça décourage notamment l'électorat âgé de sortir pour aller voter électorat âgé qui est plutôt l'électorat d'Emmanuel Macron donc peut-être en termes de participation mais non le spécialiste A priori pas
toutes les études qui ont été faites il y a très peu d'influence de la météo D'autant que dimanche elle est moins chaude C'est le climat le climat quand Jean-Luc Mélenchon ce matin dit moi je veux sauver la planète je veux sauver les hérissons est-ce que ça peut être entendu comme message ?
C'est ça on verra dimanche si ça mobilise mais il faut se souvenir qu'en 2009 quelques jours avant les européennes il y a le film Home de Yann Arthus Bertrand qui passe à la télévision qui cartonne à la télé et certains se sont dit peut-être que c'est ça qui explique que le dimanche Europe Écologie fait 16% à l'époque aux européennes donc voilà le climat c'est pas pareil que la météo
Alors question de France dans les Alpes Maritimes sans majorité absolue le gouvernement va-t-il se servir plus souvent du 49-3 le 49-3 alors je parle sous votre contrôle ça permet de faire passer un texte de force sans majorité
Alors le problème c'est que c'est comme ça qu'avait gouverné Michel Rocard en 88 parce qu'il n'avait pas la majorité absolue sauf que la constitution a changé depuis 2008 vous pouvez l'utiliser pour le budget et une autre fois par session parlementaire donc il ne faut pas avoir besoin de gouverner à coup de 49-3 ça n'est plus possible
Donc si vraiment cette Assemblée nationale est non satisfaisante est-ce qu'on peut imaginer un Emmanuel Macron qui nous refasse le coup qui dissout
Est-ce que va tenter peut-être Jean-Luc Mélenchon de jouer le pourrissement pour le forcer à dissous Et à revoter Il ne peut pas le faire
la première année
Non pas la première année
Même si ça n'avait pas réussi à Jacques Chirac la distribution de l'Assemblée nationale
Il s'est pris Jospin
pendant 5 ans ça va le faire réfléchir Gérard En Seine-Maritime Deuxième à la présidentielle L'ERN sera peu représentée à l'Assemblée N'est-ce pas un problème pour la démocratie ? On n'a absolument pas parlé du Rassemblement national Cécile Cornudé lors de cette émission Oui
C'est un tort parce que il y a eu tellement ce match Macron-Mélenchon qu'on n'a pas vu sous les radars que le seul parti qui avait vraiment progressé en 5 ans c'était celui de Marine Le Pen et elle pourrait avoir pour la première fois depuis très longtemps un groupe parlementaire conséquent je ne sais pas à combien sont vos projections mais on part entre 25 et 50 députés
Contre 8 aujourd'hui
Voilà Jusqu'à présent le scrutin majoritaire faisait que si elle avait un bon score à la présidentielle ça ne se traduisait pas dans les faits au Parlement mais cette fois ça va peut-être changer Ça change quoi d'avoir 50 députés ? Ça donne beaucoup de moyens ça donne du temps de parole ça donne une exposition que vous n'avez pas quand vous n'avez pas de groupe parlementaire donc ça veut dire qu'il y aura deux oppositions radicales à Emmanuel Macron et il ne faudra pas oublier Marine Le Pen elle jouera tout son rôle même si on va beaucoup entendre du pour n'entendre le Rassemblement National Surtout qu'elle sera dans l'hémicycle
alors que Jean-Luc Mélenchon ne le sera pas
Elle sera la présidente du groupe elle l'a dit
Ils pourront poser des questions ils pourront poser des questions au gouvernement toutes les semaines ils auront du temps de parole conséquent sur tous les textes ça change tout d'avoir un groupe vous avez une tribune et en plus même quand on n'est pas très nombreux regardez les insoumis jusqu'ici ils étaient 17 ils ont parfaitement rentabilisé le fait d'être un groupe à l'Assemblée Nationale même pas très nombreux
C'est vrai que vous nous rappelez que Jean-Luc Mélenchon comme il ne se présente pas il ne sera pas à l'Assemblée Nationale s'il n'est pas Premier Ministre ce qui est envisageable c'est quoi son statut dimanche soir et c'est quoi son avenir politique
futur ex-Premier Ministre
futur ex-Premier Ministre sans l'avoir été futur Premier Ministre prochain candidat non mais il va disparaître Sophie Lapix a posé la question il a dit non je serai toujours là
il a réussi quelque chose d'incroyable politiquement parce qu'effectivement on a dit que la gauche n'avait pas progressé mais il a donné le sentiment qu'elle avait gagné donc c'est incroyable il va faire prospérer ça et il va essayer de tenir unis sa nupe le plus longtemps possible parce que le principal risque dès le lendemain de l'élection ça va être que le PS et les Verts reprennent leur bille
Question de Sébastien dans le Calvados Jean-Daniel Lévy l'affaire Damien Abad peut-elle coûter cher à Ensemble comment l'opinion perçoit-elle ces affaires d'accusation de viol ?
Jusqu'à présent ça n'a pas du tout eu d'influence et même quand on interroge les Français sur ce qui les a marqués au cours de la semaine ou en tout cas leur jugement à l'égard de l'action politique il parle clairement de l'affaire Abad mais elle apparaît comme étant circonscrite à une personne et pas forcément comme étant un système d'un point de vue général qui serait institutionnalisé même les propos qui ont été tenus par Elisabeth Borne qui a incité par exemple les femmes à pouvoir porter plainte et en fait à avoir une forme d'attention à l'égard de cet aspect-là fait qu'à l'heure actuelle ce n'est pas un enjeu qui est un enjeu central il peut progresser clairement ça peut devenir en fait une forme de répétition de manière assez systématique dans le cadre de l'Assemblée nationale et prendre une importance un peu plus grande mais jusqu'à présent en fait il n'y a pas forcément le sentiment qu'il s'agirait d'un phénomène politique à proprement parler ou en fait d'une pratique généralisée au sein du gouvernement ou dans l'entourage par exemple d'Emmanuel Macron Aurélie Herbemont question de Jean-Pierre dans le Barin si la NUP ne devait pas avoir la majorité rien n'empêche les partis qui la composent de reprendre leur indépendance les socialistes ils ne sont pas
mélanchonistes mais déjà vous savez ce qui va se passer à partir de lundi chacun des quatre partis de la gauche de la NUP aura son propre groupe à l'Assemblée nationale on n'aura pas un gros groupe NUP à l'Assemblée ce ne sera pas un groupe alors je ne sais pas jusqu'où il va monter 160 180 ce sera quatre groupes si les communistes arrivent à transformer l'essai et passer la barre des 15 déjà ils auront chacun leur groupe peut-être qu'ils ne voteront pas toujours systématiquement ensemble ils vont essayer de cheminer après on voit quand même qu'il y a eu une envie et que l'opinion a validé le fait que la gauche soit unie mais bien malin qu'il peut dire si dans 5 ans il présente un seul candidat vous pouvez imaginer
un député socialiste élu sous l'étiquette NUP basculer ou répondre favorablement à un appel à un clin d'oeil d'Emmanuel Macron et voter pour la majorité la majorité présidentielle ou ce serait une trahison vis-à-vis des électeurs
ça serait une trahison tout de suite mais de toute façon déjà il y aura un stress test assez rapide puisque c'est l'opposition qui doit récupérer la commission des finances bon évidemment les insoumis se disent ce sera nous les plus nombreux donc c'est nous qui devons avoir la commission des finances mais la majorité présidentielle va essayer de jouer que ce soit quelqu'un d'autre de la NUP et pas forcément un insoumis pourquoi pas un socialiste donc si déjà il y a un socialiste qui accepte de se présenter pour la commission des finances contre un insoumis ça va être un stress test qui va montrer que peut-être ça peut ne pas durer mais l'idée c'est qu'il n'y ait qu'un seul candidat de gauche qui reste groupé jusqu'à ce qu'il puisse rester groupé le prochain scrutin c'est quand même les européennes je ne suis pas sûre que ce soit le sujet le plus pratique pour faire une liste commune entre ces 4 partis politiques
Guillaume Daré toutes les tendances réunies dans Ensemble sont-elles d'accord pour aller chercher les voix de LR ? Est-ce que chez les macronistes il y en a qui disent non mais oh la droite ça va bien 5 minutes ?
C'est exactement ça clairement ils ne sont pas tous d'accord on avait vu ça à l'époque rappelez-vous déjà du choix du premier ministre où Catherine Vautrin élue de Reims avait été citée comme probable première ministre ancienne ministre de Jacques Chirac de droite pendant tout le week-end des élus macronistes plutôt de gauche sont montés au créneau en disant jamais de la vie pas de vos crains ça sera le même cas pour l'Assemblée sauf qu'on le disait à l'instant avec le modem et les proches d'Edouard Philippe venus du centre droit et bien ça sera plus difficile de refuser c'est la fin de cette émission merci beaucoup d'y avoir participé vous restez sur France 5 tout de suite c'est à vous avec Anne-Elisabeth Lemoyne bonsoir Anne-Elisabeth au programme ce soir
bonsoir Axel hommage ce soir à Jean-Louis Trintignant qui occupait une place à part dans le cinéma français entre discrétion et succès une vie de cinéma avec plus de 130 films l'acteur qui voulait rester un comédien clandestin est mort ce matin dans le Gard entouré de ses proches à 91 ans on évoque sa mémoire avec nos invités
et bien sûr et c'est à suivre sur France 5 merci beaucoup Anne-Elisabeth Lemoyne on se retrouve demain pour un nouveau C'est dans l'air bonne soirée sur France 5 Sous-titrage Société Radio-Canada
Emmanuel Macron