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InterviewBFM TV (sur YouTube)· 11 mars 2026 10 minComplaisantActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesDéfense

Rapatriements depuis le Moyen-Orient: la prise de parole de Maud Bregeon et Roland Lescure

Source d'origine 2 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:45OuverteRéponse directe

    Ce qui se passe au Moyen-Orient est un choc géopolitique, militaire et économique. Pouvez-vous décrire ses effets ?

  • 4:21OuverteRéponse directe

    Quels sont les enjeux d'approvisionnement liés à la fermeture du détroit d'Hormuz ?

  • 5:10OuverteRéponse directe

    Quelles actions la France mène-t-elle pour remplacer les barils manquants ?

  • 6:50OuverteRéponse directe

    Quel est l'impact d'une libération des stocks stratégiques sur les prix ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:19Invité politiqueChiffre
    « La France a doublé son budget militaire en 10 ans, ce qui nous confère aujourd'hui une capacité de réaction et de décision. »
  • 0:53Invité politiqueChiffre
    « Le ministère des Affaires étrangères et de l'Europe, avec le ministère des Transports, a permis le rapatriement de 2 000 de nos concitoyens de par des vols affrétés par l'État. »
  • 1:12Invité politiqueChiffre
    « Vols commerciaux qui ont permis le retour à ce jour de 17 000 Français. »
  • 1:24Invité politiqueChiffre
    « C'est donc un peu moins de 20 000 personnes qui, à l'heure où on se parle, sont rentrées sur le sol national. »
  • 4:21PrésentateurChiffre
    « La fermeture du détroit d'Hormuz liée au conflit, c'est à peu près 20 millions de barils par jour de pétrole et à peu près 20% de l'approvisionnement en gaz naturel liquéfié du monde. »
  • 4:39PrésentateurChiffre
    « On a aujourd'hui à peu près 5 à 6% du gaz qui manque au monde. »
  • 4:44PrésentateurChiffre
    « Le Japon importe aujourd'hui 90% de son pétrole via le détroit d'Hormuz. »
  • 6:00PrésentateurChiffre
    « On a à peu près un milliard, un peu plus de barils qui sont disponibles dans les pays de l'OCDE, gérés dans le cadre de l'Association internationale de l'énergie. »
  • 7:27PrésentateurChiffre
    « On était à 120 dollars le baril lundi matin sur les marchés asiatiques. On est aujourd'hui revenu en dessous de 90 dollars le baril. »
  • 9:03Invité politiqueFait
    « Certes, le prix du gaz sur les marchés a doublé, ça ne veut pas dire que le prix de la facture doublera. »
  • 9:10Invité politiqueChiffre
    « Pour 4 millions notamment de Français, ils sont sur des contrats à prix fixe et donc le prix ne bougera pas d'ici au renouvellement de leurs contrats. »
  • 9:19Invité politiqueChiffre
    « En août 2022, le prix du gaz avait atteint 150 euros le mégawatt-heure, soit 2,5 fois plus que ce que nous vivons aujourd'hui. »

Temps de parole

  • Invité politique53 %
  • Présentateur47 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:00
Invité politique

Évidemment, on attend des annonces gouvernementales liées à ce conflit, notamment sur l'économie. Le détroit d'Hormuz et permettre la reprise du trafic. C'est le rôle, pardonnez-moi, que la France porte depuis une décennie à l'échelle de l'Union européenne avec l'Europe de la défense. Europe de la défense qui, pour nous, n'est pas un concept. La France a doublé son budget militaire en 10 ans, ce qui nous confère aujourd'hui une capacité de réaction et de décision. Ce sont, là encore, les mots du président de la République. Un point sur les ressortissants.

Vous savez que nous avons encore des ressortissants français qui sont bloqués au Moyen-Orient, mais également dans d'autres zones du monde. Je pense par exemple à l'Asie et qui attendent la reprise normale du trafic. Aujourd'hui, le ministère des Affaires étrangères et de l'Europe, avec le ministère des Transports, a permis le rapatriement de 2 000 de nos concitoyens de par des vols affrétés par l'État. Avec une priorité, là encore, vous le savez, donnée aux plus vulnérables, aux enfants, aux personnes sous traitement et aux femmes enceintes. Par ailleurs, à notre demande, il y a eu une reprise des vols commerciaux entre le Moyen-Orient et la France.

Vols commerciaux qui ont permis le retour à ce jour de 17 000 Français. C'est donc un peu moins de 20 000 personnes qui, à l'heure où on se parle, sont rentrées sur le sol national. J'ajoute par ailleurs que, toujours à notre demande, 30 000 sièges d'avion seront disponibles la semaine prochaine. Là encore, pour des vols entre le Moyen-Orient et la France, 30 000 sièges. Et donc, ça va permettre d'accélérer le retour des ressortissants qui seraient toujours bloqués là-bas et qui souhaiteraient rentrer. Donc, vous redire que nous sommes évidemment pleinement mobilisés.

Et je me permets de rappeler que, là encore, la France a été précurseur, puisque le Quai d'Orsay a été le premier ministère à mettre en place un rapatriement et à affrêter un vol dédié dès les premières heures qui ont suivi le conflit. Je vous propose maintenant qu'on fasse le point sur la situation relative à l'énergie, sujet que j'ai l'honneur de porter depuis deux semaines. En plus de cette casquette de porte-parole qui m'amène à venir devant vous chaque semaine, ce que je vous propose, c'est que je laisse d'abord Roland Lescure faire un point sur la situation globale, internationale, sur la question des stocks, sur la question des marchés.

Je reprendrai ensuite la main sur le volet plus national. Et Serge Papin embrayera avec les contrôles pour faire, comme nous l'avions dit devant vous, un bilan des trois derniers jours. Monsieur Lescure, je vous cède la parole.

2:45
Présentateur

Merci, merci, Madame la Ministre, chère Maud. Évidemment, ce qui se passe au Moyen-Orient est un choc géopolitique, un choc militaire, mais c'est aussi un choc économique et financier d'importance. Avant d'en décrire les effets, je voudrais quand même rappeler deux choses. D'abord, un, que l'incertitude économique va être otage de l'intensité et de la durée du conflit. Évidemment, c'est ces deux facteurs clés qui joueront sur l'importance de l'impact économique du conflit.

Deux, vous dire que nous ne sommes pas en 2022 et singulièrement en Europe et particulièrement en France, au sens où à l'époque, vous le savez, le choc géopolitique affectait les disponibilités, notamment de gaz, mais aussi de pétrole, en Europe directement. La guerre était aux portes de l'Europe. A l'époque, les défis logistiques étaient immenses, puisqu'on devait passer de gaz importés de l'Est, en Russie, à de gaz importés de l'Ouest, Norvège, États-Unis et d'autres, qui a conduit une très forte hausse des prix. Évidemment, c'était déjà le cas à l'époque en gaz et en pétrole, mais aussi un enjeu de volume. Je rappelle qu'à l'époque, on s'inquiétait de ne pas avoir assez de gaz.

On se demandait même si on allait devoir couper le gaz à des industries qui en consommaient beaucoup. On est évidemment dans une situation très différente aujourd'hui. L'inflation est réduite. Les enjeux de volume, nous l'avons dit, je le répète, ne sont en aucun cas un problème, ni pour l'Europe, ni d'ailleurs pour les États-Unis. Nous avons du pétrole, nous avons du gaz. Mais évidemment, l'impact de ce conflit, c'est une forte hausse des prix, qui, elle, affecte dans les marchés mondiaux l'ensemble des consommateurs.

Vous le savez, la fermeture du détroit d'Hormuz liée au conflit, c'est à peu près 20 millions de barils par jour de pétrole et à peu près 20% de l'approvisionnement en gaz naturel liquéfié du monde. Le gaz naturel liquéfié, c'est une partie du gaz consommé dans le monde, mais c'est quand même une partie importante. Donc on a aujourd'hui à peu près 5 à 6% du gaz qui manque au monde. Ces manques sont essentiellement en Asie. Le Japon importe aujourd'hui 90% de son pétrole via le détroit d'Hormuz. Donc les enjeux d'approvisionnement, c'est en Asie qu'ils sont.

Pour autant, le président de la République l'a dit ce matin, au-delà des efforts diplomatiques pour libérer le transport de marchandises et notamment de produits énergétiques au sein du détroit d'Hormuz, c'est la priorité, mais ça prendra forcément un peu de temps, l'objectif, il est d'essayer de remplacer ces barils manquants. C'est tout l'objet de l'action qu'a menée la France sous l'impulsion du président de la République depuis ce début de semaine.

Je vais commencer par dire quand même que l'Arabie Saoudite a fait sa part du travail, puisqu'ils ont annoncé dans la nuit que le pipeline qui était très peu utilisé, qui permet de transporter du pétrole d'Arabie Saoudite dans la mer Rouge, va permettre de disposer de 7 à 8 millions de barils par jour. Et donc sur les 20 millions, on en a à peu près un tiers qui sera remplacé par ce pétrole saoudien. Et ça, c'est une bonne nouvelle. Il en manque encore. Et pour ce faire, à la demande du président de la République, j'ai convoqué un G7 des ministres des Finances lundi.

Nous avons présidé un G7 des ministres de l'Énergie avec la ministre de l'Énergie hier pour explorer la possibilité de libérer des stocks stratégiques. Vous savez qu'aujourd'hui, on a à peu près un milliard, un peu plus de barils qui sont disponibles dans les pays de l'OCDE, gérés dans le cadre de l'Association internationale de l'énergie, l'AIE, qui peuvent éventuellement être mobilisés en cas de crise. C'est pour ça que l'AIE a été créée dans les années 70. C'est pour ça qu'elle est utile aujourd'hui. Les ministres des Finances se sont accordés sur le principe et ont demandé à leurs collègues de l'énergie d'explorer les modalités de manière à ce qu'on puisse être prêts.

Ce que nous avons fait hier avec nos collègues de l'énergie, un communiqué a été publié ce matin qui montre que nous souhaitons que l'AIE continue son travail. C'est ce qu'elle a fait hier dans le cadre d'un Conseil des gouverneurs pour qu'on soit prêts. Qu'on soit prêts, si décision doit être prise, à libérer une partie de ces stocks stratégiques très importants de manière coordonnée. Quel est l'impact de ce genre de mouvement ? Évidemment, je le répète, nous n'avons pas de problème d'approvisionnement en Europe. Mais on en a au Japon.

Et donc si des stocks sont libérés dans le monde, ça permet de réintroduire du pétrole, qui peut prendre plusieurs formes, raffiné, paraffiné, etc., qui va permettre d'augmenter le pétrole qui circule dans le monde et de limiter les tensions sur les prix parce que du pétrole qui aujourd'hui circule à l'Ouest pourra ensuite se rendre à l'Est. Donc ça permet de limiter les tensions sur les prix qui sont celles qui nous affectent le plus aujourd'hui. Vous avez vu que la perspective de ces décisions a eu un impact très important sur la spéculation puisqu'on était à 120 dollars le baril lundi matin sur les marchés asiatiques. On est aujourd'hui revenu en dessous de 90 dollars le baril.

Un impact évidemment très important.

7:40
Invité politique

Bien. Merci beaucoup, chers collègues. Pour passer sur le plan national, alors vous l'avez vu et tous les Français l'ont vu, cette crise a un impact substantiel sur les prix à la pompe. Le message du Premier ministre et le message que nous portons ce matin, il est simple et il est clair. Les baisses observées sur les marchés et sur le prix du baril doivent être répercutées aussi vite que l'ont été les hausses. Je pense que les Français ont largement remarqué la rapidité avec laquelle les prix avaient monté il y a maintenant 8 ou 9 jours. Eh bien, les baisses doivent être répercutées là encore de façon aussi rapide.

J'ai entendu ce matin à une heure de grande écoute chez certains de vos confrères, un distributeur que je ne citerai pas, annoncer là encore une fois une répercussion quasi immédiate sous 2 à 3 jours. Ce sont des décisions, je crois, solidaires et éthiques que nous saluons ce matin et nous appelons évidemment l'ensemble de ces confrères à faire de même. Concernant le gaz, là encore, nous ne sommes pas dans la situation de 2022, Roland Lescure l'a dit, il faut remettre ces chiffres en perspective. Certes, le prix du gaz sur les marchés a doublé, ça ne veut pas dire que le prix de la facture doublera.

Je rappelle là encore que pour 4 millions notamment de Français, ils sont sur des contrats à prix fixe et donc le prix ne bougera pas d'ici au renouvellement de leurs contrats. Et je redis par ailleurs qu'en août 2022, le prix du gaz avait atteint 150 euros le mégawatt-heure, soit 2,5 fois plus que ce que nous vivons aujourd'hui. La situation, je le redis, est là encore sans commune mesure. Sans commune mesure également sur la question de l'électricité, parce que nous sommes bien davantage protégés qu'en 2022.

Pour une raison simple, en 2022, lorsque nous entrons dans la crise énergétique qui a fait suite à la situation en Ukraine, une large part du parc nucléaire, près de la moitié en octobre-novembre 2022, est à l'arrêt pour cause de corrosion sous contrainte. Ce n'est plus le cas aujourd'hui et c'est heureux. Sous-titrage ST' 501