Macron sous haute tension - C à Vous - 09/01/2018
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 50 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:29OuverteRéponse partielle
Vous avez l'impression qu'il est déconnecté aujourd'hui ?
- 2:28OuverteRéponse partielle
On se dit qu'il ne sera pas si simple que ça de renouer le contact avec les Français ?
- 3:03OuverteRéponse partielle
Difficile de se défaire de la défaveur des Français, une fois qu'elle vous colle à la peau ?
- 3:54OuverteRéponse partielle
Lui-même envisageait l'hypothèse de ne pas finir son mandat...
- 5:16OuverteRéponse partielle
Qui ne sentait pas la crise arriver ?
- 6:31OuverteRéponse partielle
On reproche beaucoup au président de ne plus écouter, d'être devenu sourd.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:35AuditeurFait
« Il y a plus qu'une détestation, un niveau de haine qui s'est focalisée sur le président de la République, à qui on veut volontiers couper la tête. »
- 2:45AuditeurFait
« On fait comme si, on fait la scie magrée de la guillotine un peu partout, et puis on hurle des démissions à démissions, comme on vient de l'entendre. »
- 3:17AuditeurChiffre
« Hier, il se trouve, tout a été occulté par la démission de Chantal Joanneau, mais il y a un premier sondage où il progresse de 3-4 points. »
- 3:57PrésentateurFait
« Si ça se passe mal, je terminerai plus bac François Hollande si je termine mon mandat. »
- 4:23AuditeurFait
« Il était porté par ça en même temps que... Maintenant, il tombe dans cette fracture-là qui tombe. »
- 6:53PrésentateurFait
« Heureusement, j'ai atteint le seuil d'insensibilité. Il y a des trucs que je ne sens plus, que je n'écoute plus, que je n'entends plus. »
- 8:36AuditeurChiffre
« Elle est rémunérée 14 666 euros brut par mois. »
- 12:42AuditeurFait
« C'est cette loi anti-casseur promise par Édouard Philippe. »
- 17:33PrésentateurFait
« que le pognon, le bordel, les fédéans. »
- 18:47PrésentateurFait
« il s'était débarrassé de tous les bolets psychologiques. »
- 19:41PrésentateurFait
« il n'a jamais connu la rupture, la défaite, le chagrin du commun des mortels. »
Temps de parole
- Auditeur68 %
- Présentateur18 %
- Présentateur 25 %
- Auditeur 23 %
- Présentateur 32 %
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Depuis plus d'un mois, il s'est volontairement mis en retrait. Sa dernière apparition sur le terrain remonte à début décembre. Lors d'une visite improvisée au Puy-en-Velay, il y avait été hué et insulté par des gilets jaunes. Aujourd'hui, Emmanuel Macron tentait une première sortie prudente, a priori sans risque, peu politisée pour inaugurer la nouvelle maison du handball à Créteil, il y a quelques heures du départ des experts pour le Mondial. Un premier déplacement très encadré, mais perturbé.
Macron, de Nizan ! Macron, de Nizan ! Macron, de Nizan ! C'est le comité d'accueil pour Emmanuel Macron. Ce n'est pas, madame, le message pour Emmanuel Macron aujourd'hui ? Démission, Macron ! Démission ! J'habite à 200 mètres, je suis fier de ma ville, Créteil, je suis fier de ma ville, mais là, je suis dégoûté qu'il soit là aujourd'hui, parce que je me dis, il est là pour ça, alors que je préférerais le voir à Paris pendant la manif ou ailleurs, et discuter avec lui, et débattre avec lui. Enfin, je veux dire, la maison du handball, je pense qu'elle peut attendre encore un mois. Vous avez l'impression qu'il est déconnecté aujourd'hui ?
Non, non, mais là, c'est plus déconnecté, j'ai l'impression qu'il vit dans un autre monde. Des fois, je me demande même si ce n'est pas un monde parallèle dans lequel il est.
Témoignage recueilli aujourd'hui à Créteil, partant Crète Bonora et Stéphane Chatour. La difficile reconquête de l'opinion publique pour le président Macron. On en parle ce soir avec les journalistes politiques, Nicolas Domenac et Maurice Safran, qui signent chez Albain Michel un portrait d'Emmanuel Macron, le tueur et le poète.
Bonsoir !
Bonsoir ! Bonsoir ! Bonsoir, Mélodie Safran. Tout ce soir. Merci de votre présence à tous les deux. Vous racontez dans Stéphane, le tueur et le poète, les coulisses de la vertigineuse ascension de Macron. Comment contre tous les pronostics, et alors que vous n'y croyez pas du tout, à 39 ans, n'ayant jamais été un élu, il a finalement investi l'Elysée, mais aussi comment, depuis, la façon dont il gouverne, l'a éloigné des Français, à coups de bourde, de maladresse, de brutalité, quand on voit les images de sa première sortie de l'année, on se dit qu'il ne sera pas si simple que ça de renouer le contact avec les Français ?
Oui, ce sera dur. Ce sera dur, parce qu'il y a plus qu'une détestation, un niveau de haine qui s'est focalisée sur le président de la République, à qui on veut volontiers couper la tête. En tout cas, on fait comme si, on fait la scie magrée de la guillotine un peu partout, et puis on hurle des démissions à démissions, comme on vient de l'entendre, alors que ça ne correspond à aucune possibilité. Enfin, en tout cas, politiquement, ça serait vraiment surprenant, même si tout est inédit, ce qui se passe aussi bien sur une ascension fulgurante, mais qui aussi arrive à cette dégringolade brutale.
Difficile de se défaire de la défaveur des Français, une fois qu'elle vous colle à la peau ?
Si on écoute les sondeurs et les politologues, c'est impossible. Ils nous expliquent que jamais personne n'a rebondi. Alors, hier, il se trouve, tout a été occulté par la démission de Chantal Joanneau, mais il y a un premier sondage où il progresse de 3-4 points. Donc, peut-être que cette règle-là aussi, il la contredira. C'est possible, mais c'est vrai qu'on est dans une situation... Moi, je n'ai pas souvenir... Je suis la politique depuis 40 ans. Je n'ai pas souvenir d'un état de haine comme celui-là. Même... Nicolas Sarkozy nous a reproché à tous les deux, à de nombreuses reprises, d'avoir provoqué de la haine contre lui.
Ça n'a absolument rien à voir, mais rien, avec ce qui se passe aujourd'hui.
Vous rapportez cette confidence faite par Emmanuel Macron, tout juste élu à Thierry Solaire. La situation est vraiment difficile. Si ça se passe mal, je terminerai plus bac François Hollande si je termine mon mandat. Lui-même envisageait l'hypothèse de ne pas finir son mandat...
Dès son élection. Dès son élection. C'est quelques jours après l'élection, ce n'est pas quelques mois. Parce que ce qu'il expliquait très très bien, c'est qu'il avait compris qu'il était le vainqueur à la faveur d'une tragédie. C'est ce qu'il appelait l'élection par effraction. C'est-à-dire que tout dans cette société était en train de se fracturer et les partis s'effondraient un peu. Donc, au fond, il était porté par ça en même temps que... Maintenant, il tombe dans cette fracture-là qui tombe. Quand on l'a vu récemment, il n'était pas dans l'état d'un...
Vous l'avez vu début novembre, c'était avant la crise des Gilets jaunes,
avant les premières manifestations. Justement, quelques jours avant.
Il était déterminé, pas du tout, dans un état de burn-out qu'on décrivait à l'époque dans la presse.
Non, mais c'était une séquence inouïe. Je veux dire, inouïe, parce qu'on était à l'Élysée. Par hasard. Par hasard, ce jour-là, tous les médias, mais tous, disaient le président est en burn-out parce qu'il avait repoussé le Conseil des ministres. Et donc, nous, on se disait, qu'est-ce qui se passe ? On entendait vaguement au loin une sirène. On s'est dit, mais c'est peut-être pour lui, peut-être qu'il va nous laisser rendez-vous au dernier moment. Et puis, on est reçu par un président, mais physiquement, dans une vitalité incroyable.
Qui ne sentait pas la crise arriver ?
Non, mais avec ce détail, quand même, c'est qu'il travaille dans son deuxième bureau, puisqu'il a pris les deux bureaux. Alors, je ne sais plus lequel, le bureau de travail, il travaille les chaînes d'infos allumées pendant qu'il travaille. Donc, on était avec ce type qui était en bras de chemise, en pleine forme, et les bandes de passantes des chaînes d'infos qui indiquaient qu'il était souffrant, que c'est le burn-out, etc. Non, on était dans une situation, mais totalement délirante. Délirante. Mais il se sentait, quand même.
Il se sentait, mais il avait décidé, il avait décidé, au fond, de fermer les écoutilles, et puis qu'il ne se laisserait pas déstabiliser, notamment par les médias, à qui il reprochait d'être des acteurs, comme ça, de désinformation. J'imagine que le reproche est encore plus vif aujourd'hui, non ? Oui, bien sûr. Notamment les chaînes d'infos. Notamment la chaîne. Mais c'est vrai que ce jour-là, on avait la démonstration d'une folie, puisque quand on est ressorti de l'Élysée, les chaînes d'infos, et pas seulement, les radios aussi, tout le monde tambourinait sur le thème « Le président est proche, au fond, d'un AVC, ou d'une maladie terrible ».
Donc, c'est vrai qu'on ne savait pas quelle était la réalité. On avait vu quelqu'un qui n'était pas en AVC, en tout cas.
On reproche beaucoup au président de ne plus écouter, d'être devenu sourd. Il va se mettre dans une posture d'écoute, nous dit l'Élysée. C'est pour ça qu'il va se rendre dans l'heure. Le fief de son ministre chargé des collectivités locales, ce sera le 15 janvier prochain. Deux jours plus tard, il sera dans le lot. Il veut écouter. Et pourtant, il vous a fait cette confidence si particulière. Heureusement, j'ai atteint le seuil d'insensibilité. Il y a des trucs que je ne sens plus, que je n'écoute plus, que je n'entends plus. C'est un péché mortel pour un président d'un récouplique.
C'est un péché mortel, mais il faut recontextualiser quand même, il faut être honnête. Il le dit après la campagne, où il considère peut-être à tort que la presse politique, parce que son problème, ce n'est pas la presse. C'est les journalistes politiques. C'est les journalistes politiques. C'est une focalisation complète sur les journalistes politiques. Donc, il dit, ils ont voulu me détruire du premier jour de la campagne jusqu'au dernier jour. Non, mais c'est ce qu'il dit. C'est ce qu'il ressent profondément. Peut-être qu'il a tort, c'est un autre problème. Mais c'est ce qu'il dit et c'est ce qu'il ressent. Donc, je n'écouterai plus leur connerie.
Ils peuvent me flinguer tant qu'ils veulent. Je suis insensible. Mais à ce poste-là, est-ce que ce mot-là, est-ce que cet adjectif-là est autorisé simplement ?
C'est une vraie question. Pour reconquérir l'opinion publique, le fameux grand débat annoncé au tout début de la crise des Gilets jaunes, qui démarre très mal, qui peine à prendre forme, une idée simple, mais une mise en œuvre laborieuse. Le débat national qui s'ouvre doit nous permettre de parler vrai. C'est le débat de tous les Français. Vous vous sentez comme un arbitre ? Pas du tout. Non. Je suis un photographe de l'État, en fait, de l'opinion. Il y a énormément d'autres outils. Sur le mariage pour tous, par exemple. Si des personnes veulent organiser une réunion pour réouvrir ce débat, elle est parfaitement libre de le faire. On ne tergiversera pas sur les valeurs.
Ça veut dire que l'IVG, ça veut dire que la peine de mort, ça veut dire que le mariage pour tous ne seront pas sur la table. Je le dis très clairement. Le grand débat n'a même pas encore commencé. Polémique sur le salaire de celle qui est chargée de l'organiser.
Elle est rémunérée 14 666 euros brut par mois. C'est presque autant que le Premier ministre.
C'est un salaire qui est fixé par les autorités. Donc c'est le salaire du président ou des présidents de la CNDP, quel qu'il soit. Tout le monde trouve ça indécent, moi y compris.
Son salaire devient l'objet, elle devient la cible, l'une des cibles du débat. Elle ne peut pas rester, elle serait juge et partie. Chantal Joanneau jette l'éponge, elle renonce à piloter l'organisation du grand débat national.
J'ai décidé de me retirer du pilotage de ce débat. C'est un coup dur pour le grand débat national. Alors qui va mener ce débat ? Ce grand débat, c'est la bonne solution ou ça va être un nouvel épisode de la nuit sur Ebilus ?
La meilleure réponse, c'est la Ségolène Royal, pardon, qui va animer le grand débat. Ah bon ? Elle a toujours été pour la démocratie participative. On n'a pas besoin d'une animatrice de télévision, pardon, la commission nationale du débat public existe en dehors de Chantal Joanneau. Oui, mais il y a un organisme qui existe. Il faut une personnalité qui ait montré déjà qu'elle a au fond été favorable à ce type d'entretien. Cela étant encore une fois, on voit que ça n'a pas été anticipé.
C'est de l'amateurisme ? Vous en parlez ça, du manque d'expérience, tout tourne au mal.
C'est extraordinaire. Tout tourne au mal. Oui, mais parce qu'au fond, les conditions de sa victoire qui étaient contre tout le monde ont fait, ont renforcé encore l'isolement, cette maladie qu'on connaît tous les présidents de la République. Il n'y a plus personne qui compte. Si vous vous disiez quelque chose à Emmanuel Macron et notamment que ces petites phrases, ces pics étaient insupportables, ça ne comptait pas. Et tout le monde l'a dit pourtant.
Vous parlez aussi, les raisons pour lesquelles ça dérape, du manque d'expérience du président, les apprentis, comme l'a titré au mois de décembre, Libération. Vous expliquez, ce sont des jeunes galopins, tous travailleurs forcenés, doués, mais pas du tout compétents. Voilà, compétents, mais pour la plupart de joués débutants en politique. Des young boys, trop propres sur eux, trop bien peignés, jusque dans leurs idées, ils sentent trop l'aftershave.
Oui, mais c'est trop facile aussi parce que c'est eux qui ont gagné. C'est-à-dire, c'est tout le problème qu'on a eu tous les deux. C'est-à-dire que pendant six mois, il m'a expliqué, Nicolas, que c'est impossible. Qu'Emmanuel Macron... Qu'il ne peut pas gagner. Bien sûr. Qu'il y a dans ce pays des forces politiques, historiques, culturelles, qui n'accepteront jamais, qui ne céderont jamais. Et il s'est planté. Simplement, les mêmes raisons pour lesquelles il s'est planté fait qu'il a eu raison contre moi pour la suite. Moi, je pensais que ça se passerait beaucoup mieux qu'il se passe là.
Mais c'est précisément les raisons sur lesquelles il a eu tort pendant la campagne qui font qu'il a raison maintenant. C'est une histoire de fou, quand même, quand on y pense bien. Vous en perdez votre latin. Ah oui, c'est une histoire de fou. C'est vrai que ces jeunes gens et Emmanuel Macron, le premier d'entre eux, n'ont pas connu l'échec. Emmanuel Macron, il a connu juste une petite claque, enfin, deux. La même, deux fois. Deux, la même, comme normal. Il a raté une fois, deux fois, ce qui est arrivé à Peggy aussi. Peggy, ensuite, c'était récupéré à l'agrégation. Pas Emmanuel Macron. Mais c'est intéressant quand même. En tout cas, il ne sait pas ce que c'est.
Il n'a cessé de remporter, de sauter de succès en victoire et de victoire en triomphe. Donc, il n'entend pas et il ne sait pas ce qu'est la pâte humaine aussi. Il n'a pas malaxé ça pour la faire lever comme n'importe quel élu qui va annoncer la mort d'enfant à une famille, par exemple, la nuit. Non, ce n'est pas son truc.
Et face à la surdité d'Emmanuel Macron et de son gouvernement, il y a des manifestants qui se radicalisent. Écoutez ce témoignage recueilli cet après-midi à Créteil par Tancret Bonora.
Vous avez peur, justement, d'aller manifester sur Paris ? Non, en fait, ce que j'ai peur, c'est de craquer. Parce que vraiment, là, au bout de huit semaines, là, ça va être le 9e hâte à force de prendre des coups, de prendre des coups. Il y a un adage qui dit qu'il faut tendre l'eau de joue. C'est compliqué pour moi à un moment donné de me prendre des coups gratuitement, sans explication. C'est-à-dire que je suis violent, on me frappe, je me remets en question, je me dis que je n'avais qu'à ne pas faire le con. Ils nous poussent à bout. Et pousser à bout, à un moment donné, les gens réagissent de différentes façons.
Et j'ai bien peur que certaines personnes prennent de gros risques ce week-end.
Et face à l'ultra-violence, le gouvernement promet l'ultra-sévérité.
Oui. Alors, on en a parlé hier, c'est cette loi anti-casseur promise par Édouard Philippe. Et c'est là qu'on voit qu'on a des gouvernements jeunes qui n'ont pas ou peu connu les années 70. Parce que forcément, cette manchette du monde que vous avez vue hier, Édouard Philippe veut une loi anti-casseur, on va la voir dans les écrans, a dû rappeler des souvenirs aux plus de 50 ans. Il y en a quelques-uns autour de la table. Quand la gauche, alors dans l'opposition, fustigeait la loi, une loi scélérate et liberticide, cette loi anti-casseur adoptée au lendemain de 68 sous Pompidou et Chaband-Elmas instaurait un principe de responsabilité collective sur les manifestations.
En cas d'incident de violence, les organisateurs pouvaient être poursuivis s'ils n'avaient pas donné un ordre de dispersion ou même tout manifestant encore présent sur place, même étranger, à ces violences. Voici en 1970, extrait du débat parlementaire sur cette loi anti-casseur. D'abord, le Premier ministre Jacques Chaband-Elmas.
Il s'agit bien de la défense des libertés collectives et individuelles, de la défense des personnes et des biens contre les tenants de la violence et les ennemis de la République.
La défense des libertés et des biens contre les tenants de la violence et les ennemis de la République, c'est bizarre, ça me rappelle quelque chose. Réponse du Premier secrétaire du PS dans la foulée, François Bitterrand. Simplement, je voudrais dire à M. le Premier ministre, nous l'avons expliqué en son absence, que nous sommes contre la violence et que nous sommes pour le droit. Et il nous semble qu'en voulant atteindre la violence, vous avez manqué au droit. Certes, il faut que ceux qui sont violents payent leur violence et soient réprimés. Mais il ne faut pas que les innocents soient frappés.
Et c'est parce que l'amalgame a été fait entre le coupable et la victime que nous refusons votre loi. François Mitterrand qui répond très gentiment. Il faut dire que les deux hommes étaient très proches, Mitterrand et Chaband-Elmas. Il y aura d'autres diatries beaucoup plus violentes de Mitterrand. Et l'abrogation de la loi anticasseur, c'était vraiment un mantra de la gauche. La loi sera abrogée, ça fera partie des premières lois abrogées en décembre 1981. Pierre. Il y a un chapitre, Maurice, Nicolas, un chapitre assez cruel et franchement drôle.
Je dis cruel parce que c'est le chapitre 25 qu'ensuite, il y a le 26 qui s'appelle De Gaulle à l'Elysée, De Gaulle, la référence naguère du jeune Emmanuel. Mais le chapitre 25 s'intitule Le Blond. Je crois que c'est une idée de Nicolas. Il faut dire que c'est une idée de Nicolas. Je ne connaissais pas le sketch. Vous êtes un des seuls français. Oui, oui. Le Blond, le fameux sketch de Gad Elmaleh, tout le monde a ri, sauf Maurice. Au moins une fois sur ce sketch magnifique. Je ne me risquerai pas à imiter Gad Elmaleh, mais bon, le Blond est parfait. De son sandwich, jamais la mayonnaise ne coule, jamais les tomates sortent entre les deux tranches de pain. Il est parfait en tout point.
Et j'ai donc deux questions, les amis. Ce Blond, Chatin en l'occurrence, Chatin Blond pour Emmanuel Macron, vous pensez que longtemps, il s'est vu ainsi presque parfait, toujours gagnant ? Je ne suis pas sûr qu'il se soit vu ainsi, mais je suis sûr que ceux qui l'entouraient, qui l'accompagnaient, l'ont vu ainsi et ont longtemps été bluffés et pour certains... Et presque complexés. Et complexés, pour certains, très complexés et pour d'autres, énamourés totalement, mais aussi, au bout d'un moment, exaspérés.
parce que vous avez envie quand même que de temps en temps, quand vous êtes aux Antilles et qu'il fait une chaleur de bête, que lui garde sa chemise totalement impeccable, pas un coup de sueur. Tous ceux qui l'accompagnent sont morts. Vraiment, ils n'en peuvent plus. Et lui, il court partout. Il faut suivre, il faut assurer. Donc ça, je pense que dans le ressentiment des Français contre lui actuellement, il y a quelque chose de cet ordre-là contre celui qui parle blond, qui a des enfants blonds qui dessinent à l'intérieur des dessins qui débordent pas, qui ne débordent pas. Qui ne gribouillent pas. Ça agace. Oui, vous citez cet exemple dans le livre, dans le chapitre 25.
Il y a un chef d'orchestre qui dirige Pierre et Leloup de Prokofiev à l'Élysée. Macron décide de faire le récitant et le chef d'orchestre, le maestro, dit je n'ai jamais eu de récitant aussi synchronisé. Le blond ne fait pas de fausses notes. Sauf que dans votre chapitre, presque tout est au présent et vers la fin, c'est à l'imparfait. C'est le cas de le dire. C'est le cas de le dire. C'est qu'à la fin quand même il arrive un moment où ça déraille. Il y a quelque chose qui déraille et dont il ne se rend pas compte. C'est les discussions qu'on avait avec Maurice souvent. Comment cet homme aussi cultivé par exemple prononce des phrases aussi triviales, aussi vulgaires et aussi blessantes
que le pognon, le bordel, les fédéans.
Et alors, pour vous raconter une petite anecdote, beaucoup de ces proches qu'on a vus, on leur a fait part de ça, de ça devenir insupportable et même de Brigitte, pardon, de Macron qui comprenait bien et qui nous dit mais vous attendez quoi ? Je lui dis pour commencer, par exemple, il pourrait dire de l'autre côté qu'il y a le pognon dingue et il y a les dingues de pognon et qu'il y en aura le bol.
qui les attaque aussi mais en même temps c'est allé
à une vitesse extraordinaire parce que tout ce que nous lui reprochons autour de cette table et ailleurs c'était considéré pendant la campagne comme formidable. Toutes les petites phrases c'était enfin quelqu'un qui n'a pas 40 ans de politique qui n'est pas Chirac qui ne raconte pas en boucle les mêmes trucs depuis 40 ans et tout d'un coup tout ce qui était bien devient mal pour le vrai est devenu mal. Ça peut y compris
arriver dans un mariage vous parliez à l'instant de Brigitte Macron et pour compléter ce portrait psychologique en creux vous faites un détour par l'épouse du président vous revenez sur cette phrase qu'elle m'a répétée le président je n'ai peur de rien et je l'ai montrée par mon parcours comme si une fois pour toutes une fois conquise Brigitte écrivez-vous il s'était débarrassé de tous les bolets psychologiques d'ailleurs son entourage il revient sans cesse quand on est capable de faire sa maîtresse de sa maîtresse sa maîtresse on peut relever tous les défis autrement dit une fois qu'il avait pris cette citadelle imprenable à lui la France à lui le corps électoral c'est ça qui lui a donné cette confiance
c'est exactement ça ça a été sa force mais une force incroyable et donc beaucoup pour ne pas dire tout le monde était jaloux en particulier les hommes qui ont pour la plupart été amoureux de leur maîtresse et auraient bien aimé en tout cas être que la récipiente soit le préféré de la maîtresse voilà le préféré disons mais beaucoup et surtout de cette maîtresse là qui était quand même adulée dans son
mais c'est aussi une force qui a ses revers voilà vous il n'a jamais connu la coupure avec la mère comme on souffre tous les hommes vous confie une sommité un psychanalyste qui préfère rester anonyme plus encore comme le disait le sous-entend des pierres il n'a jamais connu la rupture la défaite le chagrin du commun des mortels est-ce que ça fait pour autant lui un être sans affecte
ce n'est pas tout à fait vrai parce qu'on ne va pas faire de la psychologie et de la psychanalyse c'est dans l'air mais il y a eu la rupture avec ses parents c'est à dire c'est très le jour de on a on a vague le jour de l'investiture on vaguement couvert ses parents le jour de l'investiture mais c'est une zone totalement opaque alors que on nous a raconté pendant 40 ans que Chirac avait une passion vraie avait une passion totalement dévorante pour sa mère qu'il appelait chaque jour ou qu'il soit dans le monde premier ministre, président il appelait sa mère etc ça a totalement disparu donc c'est quelqu'un qui s'est recréé une deuxième famille totalement sa famille c'est celle de Brigitte c'est pas la sienne donc c'est assez intéressant ça explique sa distanciation avec la province aussi parce qu'il a tourné le dos à la province à ce moment là et on ne comprend rien aux relations avec la ruralité et tout ça si on ne comprend pas ça
le portrait du président de la république par deux vieux briscardes Nicolas Doménac et Boris Safran vous avez dû quand même réviser pas mal de jugements préétablis sur les hommes politiques avec Emmanuel Macron c'est passionnant le tueur et le poète c'est chez Albin Michel vous restez avec nous et vous avez dû