#FIC2020 - Discours de Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France
Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.
Bienvenue à Lille, bienvenue dans les Hauts-de-France. Welcome in Lille, welcome in Hauts-de-France and Happy New Year. Il est encore possible de vous souhaiter une bonne année.
Et si c'est une bonne année pour le FIC, dans cette édition 2020, ce sera aussi une bonne année pour mes concitoyens, pour nos concitoyens. Parce que vous l'avez très bien expliqué les uns et les autres, nous sommes là dans un enjeu qui a longtemps été perçu comme économique, stratégique, mais un enjeu qui peut changer le cours des démocraties et influer non pas seulement sur le quotidien, mais sur l'avenir de nos concitoyens. L'enjeu est profondément démocratique.
Alors pour que ce FIC se tienne ici, il y a des gens qui en ont eu l'idée. Et je voudrais dire à Marc toute notre reconnaissance, parce que les gens qui ont des idées, des idées novatrices, des idées qui durent et des idées qui vivent, il n'y en a pas tant que cela, et je voudrais vraiment que l'on remercie et que l'on applaudisse Marc Vettier-Augouard. Merci vraiment.
Également, pour la vision qui est la sienne, parce qu'il a bien rappelé les choses. Il y a ici des acteurs publics, il y a ici des acteurs parapublics, il y a des acteurs privés. Mais je pense que tout le monde, quelle que soit votre nationalité, s'accordera sur un point.
L'État, le rôle de l'État. L'État non partisan, mais l'État démocratique qui doit avant tout assurer une chose, la protection. Oui, la première fonction régalienne sous toutes ses dimensions, c'est protéger.
Et nous sommes bel et bien là, au cœur de cet enjeu essentiel. Et je suis intimement convaincu, parce que je veux le remercier aussi de sa participation et de sa présence, que si l'État sous toutes ses formes dans notre pays est aussi réactif, prospectif et agile que l'est la gendarmerie nationale, nous serons bien protégés dans les années qui viennent. Merci, Général, pour votre présence et pour l'implication de la gendarmerie nationale, sincèrement.
Je voudrais aussi remercier ceux qui sont les maîtres d'œuvre, le CEIS, bien évidemment Guillaume Tissier, je pense également à Olivier Darasson et à toutes leurs équipes. Et je voudrais saluer également Madame Vandenerwelle, notamment pour les propos qu'elle a tenus tout à l'heure. Vous avez parlé de l'humain, vous placez l'humain au cœur de tout cela.
Et je voudrais non pas m'éloigner du propos, mais parler aussi de l'intelligence artificielle. L'intelligence artificielle, disons-le très clairement, certains s'en inquiètent, notamment les conséquences en termes d'emploi, de transformation d'emploi. C'est vrai également qu'elle va augmenter les risques liés à la cyber, qu'elle va augmenter le potentiel de cyberdélinquance, de cybercriminalité.
Et pourtant, elle peut être une arme pour nous permettre de nous renforcer et de mieux nous protéger. Donc ne prenons pas l'intelligence artificielle comme au temps du Moyen-Âge, où nous l'avérions arrivé, et en relevant les ponts de vie, en préparant l'huile bouillante. Non, au contraire, voyons exactement quels sont les potentiels pour nous permettre, en termes de prédiction, en termes de préparation, en termes d'interprétation, de pouvoir aussi être plus efficace.
Et dans notre pays, et sur ce continent européen, cela a été très bien dit tout à l'heure, nous avons une opportunité toute particulière. L'enjeu est aussi de redonner tout un sens à la défense. Parce que, nous le savons bien, de nouvelles techniques de piratage vont émerger.
Notamment avec l'intelligence artificielle, notamment avec les objets connectés. D'accord. Je pense aussi à la voiture autonome.
Je pense au développement de la 5G. Je pense aussi à la question de la sécurisation des antennes relais. Mais la technologie, si ce sont bel et bien les humains qui se l'approprient, avec une dimension profondément humaine, nous permettra également de pouvoir adapter les stratégies de réduction des risques.
Et ces stratégies doivent également évoluer. Il n'y a aucune fatalité. Aucune fatalité contre cette nouvelle forme de délinquance, contre cette nouvelle forme de criminalité.
Aucune. Et je le dis d'autant plus que j'ai le sentiment que nos forces de l'ordre, mais je pense également à l'ANSI, directeur ELA, je pense aussi à l'ACNI, la présidente ELA aussi, tout le monde a su prendre ce virage. Mais nous devons en permanence accélérer en la matière.
Ce qui est aussi important, c'est que nous avons bel et bien conscience que nous devons avoir des stratégies de défense. C'est vrai. Nous devons aussi avoir des stratégies de résilience. mais je le dis aussi au nom d'une souveraineté que je revendique pour mon pays et pour l'Europe, c'est que nous devons aujourd'hui être dans une stratégie de dissuasion.
Comme cela se fait avec d'autres armes. Tout simplement pour indiquer à ceux qui voudraient s'en prendre à nous, c'est que nous pouvons aussi leur causer du tort. Plus de tort que ce qu'ils pourraient nous causer aux uns et aux autres.
En n'oubliant pas une chose, c'est que la cyber en soi n'est pas un champ d'action, c'est que la cyber ne peut en aucun cas être coupée de la société civile et nous en revenons au thème qui est le vôtre. Je voudrais juste en quelques mots vous indiquer pourquoi le FIC à Lille a été pour nous une forme de déclencheur. Et ce que j'ai voulu faire, d'une certaine façon, c'est contribuer à cette stratégie défensive pour la région des Hauts-France, mais aussi à une forme de stratégie offensive.
Nous avons voulu que la région d'Haute-France, nous ne sommes pas la seule région en Europe, nous ne sommes pas la seule région en France à nous y intéresser. Et donc nous voulons être clairement l'un des cœurs de ce système de cybersécurité, de cette attractivité. La cyber est pour nous un enjeu d'attractivité pour la région des Hauts-France.
Nous avons Eura Technologies, qui est notre pôle d'excellence et d'innovation tourné vers le numérique. Et dans la région, ce sont plus de 6 500 emplois. Aujourd'hui, le chiffre ne cesse de grandir au fil de mes discours et au fil des années successives, qui sont dédiés à la sécurité informatique.
Et depuis le FIC, depuis que nous sommes arrivés à la tête de la région, nous avons des entreprises comme IBM, en janvier 2019, qui est venue avec plusieurs centaines de salariés, et nous avons également Orange, qui a installé ici dans la région un centre dédié à la cybersécurité, et c'était en janvier 2017. Nous avons près d'une centaine d'entreprises spécialisées, et 25 formations spécialisées, avec 5 centres de recherche, qui traitent aujourd'hui des thématiques de la cybersécurité. Et nous avons encore, et du foncier, et des bâtiments pour attirer les entreprises qui feraient le choix des Hauts-de-France.
Et pour cela, si vous avez des questions, nous n'avons rien à craindre ici, xavier.bertrand.hautefrance.fr C'est l'adresse pour pouvoir justement vous orienter et vous dérouler le tapis rouge.
Nous avons aussi la main d'oeuvre et les formations adaptées, nous savons pertinemment que c'est un secteur qui recherche, nous savons pertinemment qu'au niveau national, on parle de 5 à 10 000 emplois non pourvus en France, nous avons les outils, nous avons créé les outils ici pour permettre de trouver justement le personnel. Enjeux de souveraineté dans la région, je l'ai indiqué également, dans la mesure où, partant du constat qui a été fait tout à l'heure, nous avons voulu également agir pour protéger. Conforter le FIC en région, c'est aussi tout simplement organiser des événements, des séances de sensibilisation, des dirigeants, de leurs salariés avec le concept de zéro trust que vous allez développer pendant ces deux jours, mais également le grand public.
Sur des territoires comme Lens, Lille, Dunkerque, Saint-Quentin, Méholt, là où nous avons justement tout ce foyer aéronautique, en 2020, nous allons consolider, professionnaliser ces séquences de sensibilisation. Et pour l'accompagnement des entreprises, nous avons mis en place dans la région un pass cyberconseil, où nous prenons en charge la moitié des coûts de diagnostic, avec des opérateurs qui ont déjà été actés, un pass cyberinvestissement pour celles et ceux qui veulent investir, de façon matérielle ou incorporelle, dans la cyber, et nous avons également des passes cyberformation, c'est-à-dire des sessions collectives, de journées de formation, via un partenariat avec, clairement, la Chambre de commerce et d'industrie régionale. Comme dans toutes nos filières, nous essayons de rapprocher, ce que disait tout à l'heure la présidente du Borde, si on veut marcher vite, on peut marcher seul, mais si on veut marcher loin, on marche avec les autres.
Nous avons justement travaillé avec tous les acteurs de la filière cyber pour gagner en efficacité. Et nous travaillons tout particulièrement avec la gendarmerie nationale. Oui, général, nous signerons, tout à l'heure, une convention qui viendra confirmer pour les années qui viennent notre engagement réciproque, parce que la gendarmerie nationale nous permet de réaliser des diagnostics cyber dans les entreprises, diagnostics, sensibilisation du public, solutions de prévention, et nous avons aussi tout un soutien technique pour la mobilité des fonctionnaires de la gendarmerie nationale qui vont justement réaliser dans les entreprises.
La formation, nous avons aussi intégré dans notre programme régional de formation, une action de formation avec l'AFPA, mais aussi avec le CNAM. Voilà, vous l'avez compris, cela a été pour nous une forme de déclic. Nous sommes une région qui continue à être tournée, évidemment, vers l'industrie.
Nous sommes la région qui a attiré le plus d'investissements étrangers industriels, mais je marche bien sur deux jambes. Il y a aussi tous les services, toute la tech, et la cyber restera l'un des leviers de développement économique de cette région. Aider, clairement, à défendre les entreprises de la région, aider à s'implanter les entreprises qui feraient le choix de la région des Hauts-de-France.
Nous ne nous contentons pas du FIC, mais je dis d'ores et déjà aux organisateurs que je suis prêt, dès cette année, à m'engager pour les années suivantes, pour que le FIC, qui se sent bien à Lille et dans les Hauts-de-France, continue à bien s'y sentir. Mon stylo est là, et je suis prêt à signer quand vous voulez, et dès l'année 2020, s'il le faut. Mais en tout état de cause, nous souhaitons que la région continue à être à la pointe en matière de cybersécurité.
C'est aussi notre contribution à cette souveraineté nationale, à cette souveraineté européenne, que je crois indispensable. Bon FIC 2020, bonne année à toutes et tous. Merci.
Merci. Merci.
Xavier Bertrand