Réforme de Parcoursup, colère sociale, libération de la parole raciste... Le "8h30 franceinfo" de Clémence Guetté
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 20 %Attaque 60 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 62 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:15OuverteÉludée
Est-ce que vous saluez cette décision de réforme de Parcoursup ?
- 1:42RelanceRéponse directe
Pourquoi vous dites déjà que ça ne servira à rien ?
- 3:00OuverteRéponse partielle
Par quoi vous voulez remplacer Parcoursup ?
- 3:56FerméeRéponse directe
Vous voulez supprimer toute sélection ?
- 6:05ComplaisanteÉludée
Est-ce que ce n'est pas tromper la jeunesse que de leur faire croire que toutes leurs revendications pourront être satisfaites ?
- 7:57FerméeRéponse partielle
Vous vous réjouissez du désordre, comme dit Emmanuel Macron ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:26Invité politiqueFait
« Ah non, pas du tout. Je reprends les termes des organisations lycéennes. »
- 0:59Invité politiqueFait
« Le ministre a annoncé, en gros, que c'était un processus de sélection injuste, et en ça, il a raison. »
- 1:08Invité politiqueFait
« Les lycéens dénoncent la façon dont ça opère un tri social dans le pays. »
- 2:29Invité politiqueChiffre
« 15 000 places. »
- 2:31Invité politiqueChiffre
« Les lycéens et lycéennes en demandent 250 000 places. »
- 2:37Invité politiqueChiffre
« Ils ont perdu 3 000 euros de pouvoir d'achat en 10 ans. »
- 4:17Invité politiqueChiffre
« C'est l'équivalent de 50 000 places dans les universités qui ont été fermées. »
- 4:51Invité politiqueChiffre
« Il faut 250 000 places en plus. »
- 5:01Invité politiqueChiffre
« Ce serait 5 milliards dès l'année prochaine pour le bâti scolaire et pour la construction et la rénovation. »
- 8:11Invité politiqueChiffre
« 10 millions de personnes pauvres, plus 2 millions sous la Macronie. »
- 8:15Invité politiqueChiffre
« Plus de 1000 milliards de dettes supplémentaires. »
- 10:03Invité politiqueChiffre
« C'est encore 54 milliards de coupes budgétaires. »
- 10:20Invité politiquePromesse
« L'augmentation du SMIC, le SMIC à 1700 euros. »
- 16:40Invité politiqueFait
« Il disait Mein Kampf, a priori, cet ouvrage-là a été retrouvé chez lui. »
Temps de parole
- Clémence Guetté63 %
- Présentateur17 %
- ?7 %
- Invité6 %
- Invité 25 %
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Bonjour Audrey. Bonjour. Et bonjour Clémence Guettet. Bonjour. Merci d'être avec nous. Le gouvernement a donc dévoilé hier les mesures censées répondre à la colère des lycéens et des étudiants. La plus emblématique, c'est sans doute la réforme, puis le remplacement promis pour 2028 de la plateforme d'accès à l'enseignement supérieur Parcoursup. Est-ce que vous saluez cette décision
?
Ah non, pas du tout. Je reprends les termes des organisations lycéennes. Quand elles sont sorties de ce rendez-vous, elles ont dit leur déception.
Certaines ont dit aussi
que ça allait dans le bon sens.
Oui, les organisations lycéennes, notamment représentées par des proches des macronistes, ont dit que ça allait dans le bon sens. Mais les organisations qui se mobilisent principalement
dans la rue... Ça ne les
disqualifie pas en soi d'être proches
des macronistes. D'accord, mais quand vous êtes
macroniste, vous êtes plutôt satisfait du gouvernement. A priori, il en reste quelques-uns dans ce pays, c'est très rare, mais ça arrive. Toujours est-il, si vous allez me laisser terminer ma réponse, que non, ce n
'est
pas une bonne nouvelle, parce qu'en fait, ça revient à un changement de nom de Parcoursup. Le ministre a annoncé,
en
gros, que c'était un processus de sélection injuste, et en ça, il a raison. Les lycéens dénoncent la façon dont ça opère un tri social dans le pays, et ils nous proposent, grosso modo, un groupe de travail, et de rendre transparents les critères injustes de sélection.
Mais les critères injustes,
ils les connaissent, les lycéens.
Ils veulent qu'ils soient supprimés. Pour
la prochaine campagne d'inscription dans l'enseignement supérieur, rendre plus transparents, en effet, les critères, et expliquer les
éventuels refus. Qui sont déjà connus.
C'est-à-dire que
quand vous venez dans un établissement qui a été
mal noté, vous avez moins de chances d'avoir accès à une bonne filière après.
Ensuite, il y aura d'abord un débat sans vote organisé par le gouvernement demain à l'Assemblée nationale,
au cours duquel vous allez pouvoir
faire valoir votre
point de vue. Et
ensuite, des groupes de travail pour construire un nouveau système. Pourquoi vous dites déjà que ça ne servira
à rien ? Demain,
nous les parlementaires qui avons des propositions alternatives à faire valoir, et sur lesquelles le gouvernement dit vouloir nous entendre, nous allons juste blablater pendant quelques heures sans voter. C'est un problème. Le gouvernement pourrait faire un 50-1, c'est donc cette forme de débat, mais avec un vote. C'est-à-dire demander aux
groupes
parlementaires s'ils sont satisfaits ou non de parcours sup, et est-ce qu'on peut l'abroger dès maintenant.
Et donc, on ne va pas voter, et ensuite,
le ministre demande un groupe de travail, et nous verrons
bien ce que ça va donner. Mais avant même que vous ayez
discuté, travaillé, vous dites que ça ne servira
à rien. Je
dis que c'est de l'arnaque en suivant ce que les lycéens et lycéennes qui ont participé à ces rendez-vous disent, elles et eux-mêmes. Parce que là, on s'est arrêté sur parcours sup. Il y a aussi la question des places dans les universités. 15 000 places. Les lycéens et lycéennes en demandent 250 000 places. Vous voyez bien que le calcul n'est pas bon. La revalorisation des bourses. Ils ont perdu 3 000 euros de pouvoir d'achat en 10 ans. Là, on nous annonce que ça va suivre l'inflation. C'est parfaitement insuffisant. Rien sur la démocratie lycéenne. Rien sur la répression du mouvement lycéen. Bref, ce sont des mesures qui sont totalement insuffisantes.
Et par ailleurs, qui arrivent extrêmement tard. Puisque ces mesures insuffisantes arrivent après un mois, un mois et demi de pourrissement de la situation.
Réflons
juste sur parcours sup. Puisque Audrey, et pardon de vous couper Audrey, disait « Par quoi vous voulez remplacer parcours sup ? » Il y en a un qui continue de défendre cette réforme. Puisque c'est la sienne. C'est le premier ministre de l'éducation nationale d'Emmanuel Macron, Jean-Michel Blanquer.
Un des premiers ministres.
Qui a été en tout cas
ministre de l'éducation nationale pendant tout le premier quinquennat Macron 2017-2022.
Il était
avec nous sur France Info ce matin. Il a eu un mot notamment sur la position de LFI et de Jean-Luc Mélenchon
sur parcours sup. Écoutez
-le, écoutez-le.
Quand
Jean-Luc Mélenchon dit « Ah, ce qu'il faudrait, c'est revenir au bon système que j'avais quand j'avais 20 ans », qu'on comprenne que c'est complètement fou.
C
'est-à-dire qu'imaginez qu'on dise oui à tout le monde. Tout le monde irait dans peut-être une ou deux universités parce que c'est celle qui attire tout le monde. On aurait la moitié de la France à Paris. On assècherait certaines universités. On ferait la queue pendant des heures. Enfin, que l'on essaye de se figurer ce que serait la suite logique des préconisations qui sont faites par l'extrême gauche et par l'extrême droite. Alors, qu'est-ce que vous lui répondez, Clémence Guettet ? Vous voulez supprimer toute sélection ?
On
s'inscrit où
? D'abord, je trouve que M. Blanquer fait preuve quand même de beaucoup d'audace de venir donner des leçons alors qu'il est un des principaux artisans de la destruction de l'enseignement supérieur et de la recherche. Je rappelle que rien que dans les deux dernières années, ce n
'était
pas M. Blanquer, mais les chiffres sont à peu près équivalents, c'est l'équivalent de 50 000 places dans les universités qui ont été fermées. C'est-à-dire l'équivalent de deux petites universités, on va dire, qui ne seraient pas à Paris en nombre
de places.
Donc, le problème principal...
Ce qu'on veut savoir,
c'est ce que vous vous proposez,
Clémence Guettet.
Le problème principal, c'est le nombre de places dans les filières que les étudiants souhaitent pouvoir suivre. Il ne s'agit pas de mettre tout le monde dans les universités parisiennes. Ce serait délirant de penser qu'il n'y a pas une réalité matérielle, le nombre de places, les locaux, etc., qui vient forcément contraindre
ces choix. Donc, il y a un
moment où il faut dire non à certaines demandes. Il faut 250 000 places en plus. Il faut rénover
les universités et en
construire. Alors, il y a une étude qui a montré que ce serait 5 milliards dès l'année prochaine pour le bâti scolaire et pour la construction et la rénovation. Parce que je rappelle qu'il
y
a quand même des locaux qui sont dans des états pitoyables.
Je pense par exemple au
campus Pyramide à Créteil dans ma circonscription. Il y a des plafonds qui s'effondrent. Vraiment, j'invite tout le monde à aller faire des tours dans les lycées et dans les universités pour voir dans quelles conditions absolument déplorables on demande aux jeunes d'étudier dans ce pays. Donc, il faut davantage de places. Et vous savez quoi ? Le nerf de la guerre, c'est comme d'habitude, ce sont les moyens. Là, le gouvernement, dans les annonces qu'il fait, le budget, il n'est pas à la hauteur des revendications des lycéens, des lycéennes et des étudiants. Et nous, dans le budget, on a justement déposé 10 amendements qui correspondent aux 10 revendications sur 10 mesures.fr,
vous savez,
des lycéens et lycéennes, qui correspondent à 10 milliards. Voilà, c'est des chiffres faciles à comprendre que normalement le gouvernement devrait réussir à comprendre. Et vous savez quoi ? Ça correspond à la réinstauration de l'ISF. Donc, c'est toujours pareil de l'argent.
Il
y en a dans ce pays, il suffit d'aller le chercher.
Le ministre de l'Éducation, de l'Enseignement supérieur, dit il y a quelques minutes que les cours doivent reprendre dès lundi dans les lycées et les universités pour ce qui le concerne. Vous, on a bien compris que vous soutenez, Clémence Guettet, la suite du mouvement de la jeunesse et vous dites que
les annonces ne sont pas à l'auteur. Mais est-ce que ce n'est
pas tromper aussi, en quelque sorte, la jeunesse, que de leur faire croire que toutes leurs revendications pourront être satisfaites
?
Vous savez que jamais toutes les revendications
sont satisfaites. Entre toutes
leurs revendications et aucune qui ont
des... Il n'y a rien, là, dans ce qu'il y a en ce gouvernement
?
Non, il
n'y a rien. 15 000 places en plus, quand on en demande 250 000.
Un prêt de 4
milliards aux régions sur la rénovation
des collèges et des lycées, un milliard pour la rénovation des universités. Des prêts et un
milliard, un milliard très concret, en 5 ans. Vous êtes d'accord avec moi ? Donc, ça ne
fait
pas un milliard chaque année. Il faudrait 5 milliards chaque année. Donc, ce n'est pas à la hauteur de ce qui est demandé, de ce qui est attendu. Je déplore que la seule stratégie du gouvernement, ça a été de répondre par le pourrissement. On ne répond pas aux revendications. La diabolisation de la France insoumise et la répression.
Je vous le
dis, je vous le dis, c'est un triple échec. Aujourd'hui, les revendications et la contestation, elles, s'élargissent. La diabolisation de la France insoumise, ça n'a pas fonctionné. Et nous avons encore plus de soutien dans cette mobilisation que c'était le cas avant. Quant à la répression, le pays entier est choqué par les images de violences policières. Donc,
c
'est un triple échec du gouvernement qui doit, là, revoir sa copie
très largement. Clémence Guettet.
Alors,
la colère sociale, ce sont les lycéens, ce sont aussi tous ces Français qui réclament des mesures pour leur pouvoir d'achat. Et il
y
en a un qui s'étonne de la mobilisation, de l'ampleur de la mobilisation sociale. À six mois des élections, c'est Emmanuel Macron, hier, lors d'un déplacement à Marseille.
C
'est pas normal qu'à six mois d'une élection présidentielle, notre pays soit dans cet état d'ébullition.
Il
y a des gens qui se réjouissent du désordre, moi non.
Donc,
plus jamais le 17 octobre.
Le
24 octobre est un modèle, on a tenu,
et
c'est ce qu'on continuera de faire. Alors, Clémence Guettet, vous le prenez pour vous ? Vous vous réjouissez du désordre, comme dit Emmanuel
Macron ? Je trouve qu'il est d'une arrogance folle, à laquelle il nous a habitués, mais ce qui est toujours étonnant à redécouvrir, je rappelle que c'est son bilan qui met le pays dans un état d'ébullition pareil. 10 millions de personnes pauvres, plus 2 millions sous la Macronie, plus de 1000 milliards de dettes supplémentaires, la consommation populaire qui est à l'arrêt, les salaires qui stagnent, le point d'indice des fonctionnaires qui n'a pas été renouvelé, des Français qui se privent de repas, qui se privent de soins, qui se privent de déplacements, parce que le carburant est encore envolé, alors qu'on pourrait bloquer les prix et les marges, comme nous l'avons proposé.
Donc, c'est son bilan, c'est son résultat qu'il commente là.
Et sur vous, votre
rôle est sur la
question ? Notre rôle d
'opposition politique, c'est de nous opposer à la politique menée par le gouvernement, qui a été absolument désastreuse, qui, après 10 ans, est désormais factuelle. Ce n'est pas un ressenti de la population française que de dire que leurs conditions de vie, puisque vous m'interrogez sur le pouvoir d'achat, c'est dégradé, c'est très largement dégradé. Donc oui, il faut revaloriser les salaires. C'est d'ailleurs pour ça que le 5 novembre, vous le savez, il y
a
une mobilisation de l'interprofessionnel, donc les syndicats de salariés cette fois-ci, qui est appelée avec la CGT notamment, qui a appelé à la grève générale ce jour-là et les suivants. Parce que nous sommes dans une
situation
d'urgence sociale terrible. Cette crise sociale, Clémence Guettet, vous qui représentez la France Insoumise, vous portez le programme de Jean-Luc Mélenchon, est-ce que quelque part, ça n'est pas du carburant électoral pour vous qui va possiblement se traduire par des voix en faveur de votre
candidat ?
Je n'ai pas cette forme de cynisme. Je ne peux pas me réjouir de la situation sociale dans laquelle sont les Français aujourd'hui. Ce que je déplore,
c'est que nous, nous avons... Il n'y a aucune arrière-pensée
électorale pour vous dans cette
séquence
à 6
mois des élections
? Mais
enfin, madame, vous vous rendez bien compte que n'importe quelle force politique devrait avoir à cœur de répondre au fait que des gens se privent de repas, se privent de chauffage, alors même que là, le gaz va à nouveau augmenter de 6%. Vous vous rendez bien compte qu
'on
ne peut pas avoir cette forme-là de cynisme qui, sans doute, est celle de la Macronie et la façon dont elle lie la situation. Moi, ce que je leur dis, c'est de regarder leur bilan en face et de faire des choix budgétaires qui sont différents. Parce que là, dans le budget qu'on nous annonce, c'est encore 54 milliards de coupes budgétaires. Nous allons le rejeter, d'ailleurs, en cette fin de semaine. La première partie, c'est-à-dire celle où on trouve des recettes supplémentaires pour le pays,
nous
allons la rejeter
à l'Assemblée nationale. Votre mesure d'urgence sur le
pouvoir d'achat, là,
à
prendre dès demain. Votre mesure d'urgence sur le pouvoir d'achat.
L'augmentation du SMIC, le SMIC à 1700 euros. Ce sont les plus
petits salaires qui, ensuite, tirent tous les
autres salaires.
une réindexation, en tout cas, une indexation, c'est-à-dire l'augmentation du SMIC autant que l'inflation,
l
'augmentation
du prix. Oui, c'est-à-dire pas
de gain de
pouvoir d'achat.
Donc, d'habitude, c
'est
le 1er janvier, elle serait avancée et peut-être un coup de pouce envisagé par le gouvernement.
Juste pour décrypter ce que vous venez de dire, la revalorisation sur l'inflation, ça veut dire pas de gain de pouvoir d'achat
pour les gens. Avec peut-être un coup de pouce en plus, est-ce que ce serait une bonne nouvelle ?
Ça
veut juste un
peu moins de pertes. Mais tout est bon à prendre, mais je vous le dis, c'est pas suffisant. Et par ailleurs, ils l'envisagent, ils racontent des trucs. Ça n'est pas prévu dans le budget. Donc, moi, ce que je vous dis, c'est que c'est très concret.
Ils
n'ont pas l'intention de le faire. Donc, on se mobilisera. Il y aura vraisemblablement la suite de la mobilisation lycéenne avec les syndicats de salariés ce samedi, le 31 octobre. Et ensuite, le 5, la grève générale demandée par les syndicats. Et vraiment, nous attendons des réponses qui soient plus concrètes que des groupes de travail, des numéros verts et le grand blabla habituel de la Macronie.
Simplement pour revenir à ce que disait Emmanuel Macron, qui disait que vous profiteriez du désordre. Il y
a
les accusations du gouvernement qui dit que vous manipulez le mouvement. Puis, il y a les déclarations de certains de vos responsables, le maire de Saint-Denis, Balibagayoko. La violence peut être légitime, mais chaque fois qu'on peut l'éviter, c'est mieux. Jean-Luc Mélenchon, votre candidat, quand on lui demande s'il reprend à son compte le slogan « A cab, all cops are bastards, tous les flics sont des bâtards », ça dépend des jours et des heures. Vous n'avez jamais eu aucune ambiguïté sur la question de la violence ?
Non, écoutez, comme mes camarades, je fais des plateaux, je pense que les gens ne sont plus dupes du fait qu'on nous interroge sans cesse. Ce cadrage médiatique qui a été fait sur le mouvement social est absolument déplorable. C
'est pas légitime qu'on vous interroge sur ces déclarations. Et vous
emportez d'ailleurs une responsabilité
importante. Et ces déclarations, on ne les invente pas, Clémence Guitté, elles ont été faites.
Madame, 78% du traitement médiatique de la mobilisation portent sur la question des violences.
Concernant France Info, vous avez les chiffres ? Nous les
avons, comment ?
Concernant France Info, vous avez les chiffres ?
Ah, France Info, je ne sais pas, mais à mon avis, vous êtes à peu près comme les autres. Je ne
crois
pas. Ah bon ? Quels sont les chiffres, alors, M. Lebar ?
Mais je suis à l'antenne trois heures par jour.
J
'imagine que vous n'avez parlé quasiment que du fond du sujet et des revendications.
On a très largement entendu les revendications.
Mais je suis ravie de venir aujourd'hui pour que nous puissions en discuter très largement. Vous m'interrogez malgré tout sur la question des violences. Nous l'avons dit, ce ne sont pas nos méthodes, nous les condamnons. Jean-Luc Mélenchon a fait, je crois, plus d'une dizaine de déclarations pour dire que nous voulions des mobilisations pacifistes, non violentes. Et y compris parce que, je vous le dis, celles et ceux qui en subissent les conséquences dans leur chair, ce sont toutes les personnes qui ont été mutilées et blessées depuis le début des mobilisations
lycéennes. Et
encore ce week-end, puisque le 24 octobre est un exemple pour le Président de la République, est-ce qu'une main arrachée par un tir de grenade qui a été réalisé par des policiers, c'est un exemple ? Je ne le crois pas. Il faut en arrêter avec les armes de guerre,
l
'utilisation des armes de guerre, la répression des mobilisations de cette façon-là. Moi, je vous le dis, je suis allée dans les mobilisations. Parfois, on y va en ayant peur. Ça n'est pas normal. Le droit de manifester, c'est un droit qui est inscrit dans la Constitution.
Et les lycéens vont demander dès jeudi au ministre de l'Intérieur qui va aller recevoir l'interdiction des armes dites intermédiaires dans la mobilisation lycéenne. Et ça, on l'a entendu sur France Info, puisque c'est
chez nous qui l'avent. Oui, parce que ce serait la
moindre des choses que
les jeunes
ne risquent pas de perdre. La moitié de la mâchoire, un oeil, une main. Je veux dire, c'est délirant. Ce sont des enfants.
Clémence Guettet, députée LFI, vice-présidente de l'Assemblée nationale. Merci d'être avec nous dans le 8.30 France Info. On vous retrouve juste après l'info en une minute à 8h48 avec Antoine Jeuffin.
Ce
sont des mesures totalement insuffisantes qui arrivent extrêmement tard, réagit à l'instant sur France Info. La députée, la France insoumise Clémence Guettet. Il n'y a rien,
dit
l'élu du Val-de-Marne, après les annonces du gouvernement hier. 15 000 places de plus dans l'enseignement supérieur et la fin programmée de la plateforme Parcoursup d'ici 2028. Benyamin Netanyahou va-t-il rester au pouvoir en Israël ? Le Premier ministre espère rempiler pour un septième mandat. Aujourd'hui, 7 millions d'Israéliens votent depuis ce matin pour renouveler leur Parlement. La CNESET, ce sont les premières élections dans le pays depuis les attentats du 7 octobre 2023. Les grands rouleurs peuvent s'inscrire en ligne depuis ce matin sur impôts.gouv.fr pour recevoir cette aide carburant de 100 euros versée par l'État. Ce coup de pouce élargi concerne 5,5 millions de Français.
Si vous avez déjà reçu cette aide cet été, elle vous sera versée automatiquement. Harry Kane, ballon d'or, l'attaquant français de 33 ans, élu meilleur joueur du monde. Hier, à Londres, devant Kylian Mbappé et Lamine Yama, l'haricaine, qui devient le premier anglais depuis Michael Owen, il y a 25 ans, à soulever ce trophée.
France
Info.
Le
8.30 France Info. Audrey Tison, Simon Le Baron.
Nous
sommes toujours avec Clémence Guettet, députée de la France Insoumise. Après l'attentat de Trappes, Jean-Luc Mélenchon a pris la parole hier soir. Il appelle à ne pas pardonner ou regarder ailleurs. Et il dit que dans la Nouvelle France, le concept qu'il décline dans son programme, le racisme sera systématiquement pourchassé et puni. Est-ce que vous pouvez nous expliquer ce qu'il y a derrière la tête
? D
'abord et avant toute chose, permettez-moi quand même d'avoir un mot pour Pengo Bossio Wengi, qui est le jeune homme de 26 ans,
qui
a été tué à Trappes. Un mot en son hommage, un mot évidemment de soutien à sa famille. Et puis un mot aussi pour toutes les familles des personnes qui aujourd'hui encore sont hospitalisées. Je pense à Ramatou, qui est une petite fille qui a reçu 8 balles à peu près partout dans le corps. à la violence extrême qui s'est abattue là-bas et à la peur que peuvent ressentir les habitants de Trappes, qui est évidente puisque c'est un attentat terroriste à caractère raciste et islamophobe, puisque le tueur qui a été arrêté depuis, le terroriste, disait explicitement vouloir venger les commerçants du 17 octobre en ciblant des personnes noires et arabes.
Il nie
désormais, je précise juste, en garde à vue,
il
nie désormais le caractère raciste
de
son acte.
Oui, mais qui est avéré par ses déclarations, par le fait qu'il était très idéologisé à l'ultra droite. Il disait Mein Kampf, a priori, cet ouvrage-là a été retrouvé chez lui. Et puis le parquet antiterroriste, tout simplement, s'en est saisi pour décrire ma caractère raciste. Revenons
sur les propos de Jean-Luc Mélenchon. D'abord, ne
pas pardonner, punir, qu'est-ce qu'il veut dire ? D'abord,
beaucoup
d'émotions. Ensuite, dire qu'il y
a
une responsabilité aussi à ce contexte, qui est celle du climat médiatique et de toutes les déclarations qui ont pu être faites par des responsables politiques d'extrême droite, notamment depuis le 17 octobre, mais en réalité bien avant. Je rappelle que c'est M. Bardella qui ciblait lui-même la ville de Trappes en disant que c'était une république islamiste en miniature, la ville des djihadistes, vous connaissez ces déclarations. Mais
qui ont fait port
aux habitants de
Trappes, évidemment.
Et après, on va revenir sur les propos de Jean-Luc Mélenchon. Mais puisque vous en parlez, on était hier avec le député RN, Thomas Ménager, ici même, il était à votre place et il disait, je résume son propos, il faut condamner le racisme, mais cela ne doit pas empêcher de nommer les choses, les départs pour le djihad, l'islamisme, le communautarisme. Qu'est-ce que vous lui répondez ?
Je trouve que c'est indécent. Je trouve que c'est indécent après que... Alors même qu'on parle de gens qui sont hospitalisés et d'un jeune homme de 26 ans qui a été tué parce que noir. Donc je trouve qu'il devrait pouvoir garder un minimum de décence. Mais je ne suis pas étonnée parce que l'extrême droite est en roue libre, en réalité, sur la ville de Trappes, mais sur d'autres endroits, avec des quartiers populaires, dont la circonscription que je représente. Donc je me sens concernée au même titre que
les gens avec
qui j'habite et qui habitent autour de moi et qui ont peur, oui, de sortir dans la rue.
Je trouve que c'est
absolument inacceptable,
évidemment. Vous avez
publié un tweet où vous pointez les responsables, ceux qui ont armé, encouragé cette haine meurtrière et qui sont pour vous, je cite, les politiciens racistes de la Macronie à l'extrême droite. Vous mettez tout le monde dans le même pot.
Je
dénonce dans ce tweet un processus qui s'appelle l'extrême droitisation dans notre société. Nous avons M. Bardella qui a fait ses déclarations sur Trappes, M. Zemmour qui, le 18 et le 20 octobre, sur différentes antennes, rappelait, enfin, déclarait que c'était des hordes de barbares, des hordes arabo-musulmanes qui avaient pillé les commerces. Donc ça, ce sont des propos racistes qui ciblent des gens, qui instaurent un climat raciste dans lequel les choses se
disent. Quand vous ciblez la Macronie, qu'est-ce que vous voulez dire ? J'arrive, j'arrive.
Les choses peuvent être dites sur les antennes. M. Zemmour a parlé du grand remplacement. Théorie qui n'existe pas, complotiste, raciste, islamophobe, que la ministre, Mme Berger, a déclarée pouvant être légitimement discutée. Y compris d'autres macronistes lui ont répondu que c'était scandaleux parce que c'était raciste, etc.
Elle a dit, pour
être tout à fait précis, qu'on ne pouvait pas être placée en garde à vue aujourd'hui.
Non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non. Elle n'a pas dit ça.
Elle a dit qu'on pouvait en discuter. On ne peut pas discuter de théories racistes, complotistes, antisémites, islamophobes, tout ce que vous voulez. On ne peut pas placer ça comme un sujet de discussion. Et par ailleurs, vous m'avez interrogé sur les macronistes, madame. M. le président de la République, Macron lui-même, quand il disait qu
'il
y a trop de mamadous dans les hôpitaux, C'est une déclaration raciste. Toute la Macronie, jusqu'à M. Bruno Retailleau, ancien ministre de l'Intérieur, du gouvernement macroniste, qui fait des déclarations pour dire « abat le voile », tous les dirigeants qui ont une complaisance plus ou moins ouverte avec ces propos racistes, islamophobes, antisémites, sont responsables du climat dans lequel vivent notamment les habitants
de Trappes, qui
aujourd'hui encore ont peur.
Et donc, puisqu'on vous a posé deux fois la question, que veut dire Jean-Luc Mélenchon sur la lutte contre le
racisme si Jean-Luc Mélenchon a eu le
pouvoir ?
Qu'on sera implacable et que cette lutte contre ce type de propos sera implacable quand nous aurons gagné l'élection présidentielle en 2027.
Notamment, on
propose par exemple une mesure, je pense qu'il
y en
aurait plein, mais nous disons qu'il faut des moyens pour sanctionner évidemment, mais aussi pour prévenir, pour éduquer, pour voir dans toutes les sphères, parce que ça peut être de la discrimination ou du racisme dans la sphère professionnelle, dans l'accès au logement, dans plein de pans. Nous disons par exemple qu'il faut un véritable plan avec des moyens qui soient à coller, nous proposons nous un plan d'un milliard pour répondre à cette question. Parce que comme d'autres formes de discrimination, il faut y allouer des professionnels qui soient formés dans absolument tous les domaines. Aujourd'hui, la Macronie ne fait rien, fait du blabla, fait des déclarations indécentes.
Et donc voilà, nous disons que, et nous le redirons aujourd'hui pendant la question au gouvernement, que oui, il y a une responsabilité dans la libération de la parole raciste à laquelle on a
pu assister, qui
aboutit à des conséquences telles que cette attaque
mortrière.
Il faut déposer noir sur blanc ces responsabilités, une commission d'enquête parlementaire par exemple ?
Exactement. Alors moi j'ai déposé, je dépose aujourd'hui plus précisément une commission d'enquête parlementaire. En fait, je la redépose parce que malheureusement, la mort de ce jeune homme n'est pas la première, n'est pas le premier crime dans les dernières années, notamment sous la Macronie, à caractère raciste directement. Il y avait eu, vous le savez, des ratonnades dans la Creuse. Il y a eu d'autres morts qui sont citées dans cette commission d'enquête que nous rappelons factuellement parce que ces agressions, elles augmentent et parfois elles aboutissent à des morts. Donc je dépose une demande de commission d'enquête pour établir les responsabilités.
Juste une précision, cette commission
d'enquête, vous la faites sur votre droit de tirage LFI ?
C
'est-à-dire, elle va avoir lieu ou ça fait partie des multiples commissions d'enquête que vous appelez tous les mois ?
Je
pense qu'il y
a
besoin de commissions d'enquête sur de nombreux sujets, oui, malheureusement.
Mais est-ce que oui ou non, elle va avoir lieu ?
Vous ne le savez peut-être pas d'ailleurs, mais la dernière année de mandat, puisque l'année est plus courte du fait de
l
'élection présidentielle, il n'y aura pas de droit de tirage pour les groupes. Donc j'appelle la
présidente
de l'Assemblée nationale et les autres groupes parlementaires. Je crois que ça peut intéresser tout le monde que nous traitions enfin ce sujet à la hauteur.
Clémence Guettet, certains vous disent que pour lutter contre les racismes, il faut être irréprochable sur tous les racismes. Dix mois de prison avec sursis et deux années d'inéligibilité ont été requis contre votre collègue députée européenne Rima Hassan, qui avait cité sur X un terroriste japonais, militant de la cause palestinienne, et auteur d'un attentat qui a fait 26 morts en 72 à l'aéroport de Tel Aviv. Vous pensez ou pas, Clémence Guettet, comme Jean-Luc Mélenchon, que la Macronie, sont ses mots, a cédé aux demandes de Benyamin Netanyahou
? Alors
d'abord je pense que la transition que vous faites
entre
le sujet que nous venons d'évoquer et celui-ci est parfaitement immonde, donc je veux vous le dire très franchement.
Pourquoi ? Ce n
'est
pas un racisme comme les autres,
l'antisémitisme
? Nous venons de parler du meurtre raciste d'un jeune homme, de gens qui sont
entre la vie et la mort, par un homme
qui est toujours d'extrême droite, d'ultra droite, ce qui l'a conduit à avoir des crimes racistes. Et là vous me parlez d'un tweet de Rima Hassan. On
parle d'apologie du terrorisme, mais c'est
une accusation grave et il
y
a des réquisitions lourdes et...
Des
réquisitions, comme vous le dites.
Alors est-ce que vous l'estimez que
la Macronie est... Non,
non,
non, on ne va pas zapper la question comme ça, parce qu
'elle demande
un éclaircissement de ma part. Rima Hassan est ciblée par plus d'une dizaine de procédures judiciaires. L'ONU même, cinq rapporteurs de l'ONU, ont dit que le harcèlement judiciaire à l'encontre de Rima Hassan, parce qu'elle défend les voix des Palestiniens et des Palestiniennes, parce qu'elle dénonce sans relâche le génocide qui accourt à Gaza, la colonisation en Cisjordanie...
Et donc quoi, c'est
Benyamin Netanyahou qui est derrière tout cela
? J'y arrive, monsieur, ne vous inquiétez pas.
Il nous reste quelques secondes, je suis désolé pour ça. Oui, mais je m
'en fiche, je vais
vous
poser des questions outrancières, je vais prendre le temps d'y répondre. Donc Rima Hassan subit une forme de harcèlement judiciaire qui a été donc dénoncée par l'ONU, jusqu'à l'ONU. Et donc aujourd'hui, il y a des réquisitions que nous avons dénoncées parce qu'évidemment, elles sont sans proportion gardées pour ce qui lui est reproché. La justice va suivre son cours, elle, elle va continuer de se défendre et je vous le dis, je réaffirme mon soutien plein et entier à Rima Hassan pour le courage et la détermination dont elle fait preuve.
Clémence Guettet, députée La France Assoumise, vice-présidente de l'Assemblée Nationale, merci d'avoir été avec nous. Merci. Ce matin, merci Audrey. Merci. Et bonne journée à vous, à demain.
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-titrage
Société Radio
-Canada
Clémence Guetté