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interviewFrance Culture (sur YouTube)· 26 février 2026 25 min

LA NOSTALGIE DE LA NOUVELLE VAGUE

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Avec ces 14 nominations, le film Nouvelle vague du cinéaste américain Richard Linklater aborde la cérémonie des Césars de demain soir en grand favori. Ce film, hommage à la nouvelle vague et surtout à l'un de ces films manifestes à bout de souffle de Jean-Luc Godard nous plonge et nous replonge dans ce moment d'effervescence du cinéma français qui a changé d'ailleurs l'histoire même du cinéma mondial fin de plus de 60 ans plus tard. Alors, comment expliquer que cette période continue de fasciner les cinéphiles et les autres ?

Pourtant, des critiques se sont élevées ces dernières années sur la place Troupe importante que [musique] prend l'auteur dans le cinéma français. Alors, que garder de la nouvelle vague et notre rapport à cette période est-il uniquement nostalgique ? Un invité ce soir pour nous éclairer, Marc Serigello.

Bonsoir. Bonsoir. Vous êtes professeur à l'université Gustave Effel, les membres de l'Institut universitaire de France, également critique et auteur récemment de [musique] l'ouvrage intitulé Billy Wilder, un européen à Hollywood qui apparu chez Caprichi en 2025.

Vous êtes par ailleurs l'auteur d'un ouvrage consacré à Jean-Luc Godard. Et avec moi pour mener cette interview, Julien Bisson. Bonsoir Julien.

Bonsoir Quentin. Vous êtes directeur des rédactions de l'Ebdomadaire Le 1. Merci donc à vous deux d'être ce soir dans Question du soir.

On peut faire ça pour une somme dérisoire, promis. Aussi dérisoire que vous pourrez. Je n'ai même pas ça.

Mais avec les noms de Truffo, Chabrol. Claude aussi. Oui, je lui ai demandé d'être notre directeur technique ou superviseur artistique.

Tout pour satisfaire le syndicat. Truffo, Chabrol et moi. S'ils veulent la nouvelle vague, donnons-leur un rat de maré.

Exactement, c'est ça l'esprit. Aujourd'hui, tout le monde adore la nouvelle vague. Donc avec une subvention plus pinière et j'ai pu convaincre Gérard et tout mais au total on aura moins d'un tiers du budget d'un film français moyen.

Ah c'est plus cassé. Mais s'il vous plaît ne me dites plus jamais moyen. Plus jamais.

Nouveau cahiers on pense que les films ne doivent pas coûter cher. J'ai toujours aimé ça chez les cahiers. C'est ce qui permet la liberté de création.

Ça, j'aime tout ce dont on a besoin pour faire un film, c'est d'une fille et un fly. Oui, je compte là-dessus. Extrait de du film Nouvelle vague de Richard Link Later, film dont nous parlions en introduction.

Commençons par le début. Marcello et peut-être la question qui fâche God ou Truffo donc et pourquoi Godard ou Truffo ? Ah, c'est une très bonne question. le moi je moi en ce qui me concerne c'est God mais j'aime beaucoup beaucoup le truffo critique.

Je trouve que ça a été un polémiste formidable. C'est lui qui a réellement lancé le la nouvelle vague 5 ans avant les films avec un un article absolument incroyable d'une certaine tendance du cinéma français. Ensuite Truffo s'est en bourgeoisé en gros donc dans partir du milieu des années 70 je trouve vraiment moins intéressant mais Godard lui est resté non bourgeois entier sincère jusqu'au bout.

Euh, Godard et Bourgeois au départ, donc lui, il a pas besoin de s'en bourgeoiser dans sa démarche, on et il est resté réellement lui-même en faisant des choses très différentes. Il a toujours fait, comme il le disait dès le début, la même chose autrement. Il faisait pas autre chose, il faisait la même chose autrement.

Julien Bisson. Le fait de poser cette question justement Godard ou Truffo, est-ce que c'est finalement réduire la nouvelle vague qui on en rappelle c'est 150 plus de 150 réalisateurs qui vont produire des films, réaliser des films en l'espace de quelques années. Est-ce que c'est réduire la nouvelle vague à ces deux figures ?

Ces deux figures, c'est peut-être accessif. En revanche, le la nouvelle vague d'abord et avant tout la nouvelle vague des cahiers. Donc c'est pas 150 rédacteurs des cahiers du cinéma.

Euh ça a ouvert et ça a permis effectivement de l'accès à la réalisation à beaucoup de cinéastes. Mais si on essaie de comprendre ce qui s'est passé, la nouvelle vague, ce sont d'abord des critiques des critiques de cinéma dans cette revue donc les cahiers du cinéma et pendant une dizaine d'années, ils vont profondément rebattre les cartes et montrer avant tout que pour faire du cinéma, il ne faut pas avoir fait une école de cinéma. Il ne faut pas avoir été pendant 5 ans, 10 ans, 15 ans assistant pour pouvoir arriver peut-être à 40 ans à faire un film.

Non, ils ont décidé de et c'est ça qui reste finalement, on peut répondre tout de suite à votre question initiale. Ce qui reste, c'est cela [rires] et donc la nouvelle vague des cahiers c'est God et Truffo, mais aussi Jacques Rivet, Éric Romer, Claude Chabrol et quelques autres. Et ensuite au même moment 59 60 61, il y a des gens considérables qui arrivent dans le dans le cinéma.

Il y a proche des cahiers du cinéma mais pas du tout critique Agè Farda et Jacques Deemi. Il y a des gens qui sont un petit peu plus âgés que God et Truffo qui sont plutôt des contemporains de Romer qui sont Alain René, Chris Marquer. Voilà.

Et à côté d'eux, il y a énormément de jeunes gens et de jeunes femmes, plutôt des jeunes gens d'ailleurs, hein. Donc de Philippe de Broca, Michel de Ville à beaucoup d'autres qui sont devenus des cinéastes assez importants et d'autres qui ont été effectivement des éphémères. Quand on regarde le film de Link Later qui est encore en salle d'ailleurs hein, il faut le le préciser, on est pris peut-être en étu entre deux sentiments.

D'un côté, on réalise effectivement à quel point la nouvelle vague est un rat de maré pour reprendre l'expression du film. en l'occurrence une véritable révolution dans la manière de fabriquer des films, de les écrire, de conduire des acteurs, de les produire également avec des moyens relativement réduits. Et dans le même temps, on se dit ce qui reste peut-être pour filer la question que je posais, c'est aussi une nostalgie.

Nostalgie de cette époque. On est au cœur des tres glorieuses. Une France qui se pose d'autres questions.

Un cinéma français qui rayonne en France bien sûr, mais partout en Europe, partout dans le monde. Alors justement, où se trouve la vérité ? Une révolution véritable ou bien une nostalgie profonde ?

Oh, je pense que c'est quand même une révolution au départ. C'est-à-dire que l'idée, vous savez, c'est de d'opposer de se poser en s'opposant. Donc on se pose en s'opposant à la génération antérieure qui est stigmatisée comme étant le cinéma de qualité.

C'est une appellation péjorative, hein. Donc le c'est NV versus NV versus QF, c'est-à-dire nouvelle vague contre qualité française. La qualité française, le cinéma dit de qualité, c'est-à-dire le cinéma de scénariste, le cinéma de studio, le cinéma de vieille star.

Quand on a quand les Américains ont James Dean, nous on a Gabin avec ses cheveux blancs et et c'est lui qui embarque la minette à la fin. C'est insupportable pour les jeunes, ils n'en peuvent plus. Et donc ça ça c'est quelque chose de de d'existentiel réellement.

Donc et comme il ne à cette époque là, il faut quand même bien comprendre que les syndicats maî et les la corporation cinématographique est extrêmement fermée. C'est-à-dire que si vous n'êtes pas professionnel du cinéma, assistant technicien, si vous n'êtes pas élève d'une des deux écoles de cinéma, l'IDEC à l'époque, l'ancêtre de la Fémis ou Louis Lumière, vous ne pouvez pas louer du matériel, vous ne pouvez pas acheter de la pellicule. Aujourd'hui où tout le monde peut faire un film avec son appareil photo, ça ça semble insensé, mais à l'époque la profession est complètement fermée.

Ça aussi c'est insupportable. C'est c'est pour ça que dans les courtmétrages notamment de la nouvelle vague, on a une mention conseiller technique, une sorte de d'emmerdeur artistique. On se demande ce qu'il fait là et en fait c'est le copain qui est à l'id qui est assistant et qui a pu louer le matéri justement de la location c'est qui pardon et qui donne les clés justement de la location qui permet de louer absolument qui va le qui va louer le matériel lui-même.

Et donc c'est vous imaginez quand même donc c'est il y a une haine profonde et ça Truffo l' vra l'a vraiment incarné. Truffo et God l'ont magnifiquement incarné. Rivette et Romer sont des gens plus posés donc ça se voit dans leur texte.

Ce sont si on faisait de la la littérature classique, on dirait ce sont des cicéroniens et les autres c'est des scénéquistes qui font des des courtscircuits, des antithèses. Donc c'est ils sont très amusants les uns les uns et les autres à comparer dans le style d'écriture et dans le style filmique. On se souviendra de de cette dualité que vous tracez là, Julien Bisson.

Mais est-ce que cette haine est réciproque ? On se rappelle du du [raclement de gorge] mot de Michel Odiard en 1960, je crois quand il dit la nouvelle vague est morte et d'ailleurs on a découvert qu'elle était plus vague que nouvelle. Est-ce que rétrospectivement à l'époque la nouvelle vague a séduit la France entière ou est-ce que il y avait aussi cette haine réciproque du cinéma la papa ?

Alors, il y a une haine incontestable effectivement mais tout ça est compliqué. Tout ça est compliqué parce que par exemple les journalistes des cahiers du cinéma écrivent donc les cahiers du cinéma c'est je sais pas 8 10000 spectateurs par mois. Euh, il y a également le magazine Art qui est dirigé par des Hussar, par Jacques Laurent notamment.

Et donc c'est et c'est et là ils tiennent la rubrique et là c'est 60000 personnes parfois par semaine. Et c'est là que Truffo propose un scandale un scandale toutes les semaines ou un scandale par un scandale tous les mois. Et on voit très bien que les on n'est pas chez des dangereux gauchistes hein, on est vraiment dans une dans une presse littéraire plutôt classé à droite et c'est là qui est que le terrain c'est le terrain de jeu de Truffo et de tous ses amis parce que quand il va commencer à faire des films, la rubrique d'art sera reprise par les uns et les autres.

Donc, mais ce qui est particulièrement intéressant dans la manière de concevoir cette cette haine, c'est qu'elle est effectivement partagé. En même temps, il faut bien comprendre que quand on s'excite sur le fait que à bout de que les 400 coups font 500000 spectateurs à peu près à Paris en première exclusivité avec un petit budget avec un tout petit budget God fait 250000 spectateurs. C'est c'est énorme bien sûr mais au même moment Marcel Carnet fait un film sur la jeunesse.

Les tricheurs, c'est un point de vue de vieux sur la jeunesse. C'est un film assez insupportable. C'est quand même 4 à 5 millions de spectateurs.

Donc le vieux cinéma, le cinéma de qualité tient le choc. Ah oui pour auprès des spectateurs, c'est incontestable. Un deuxème extrait du fameux film donc de Link Later.

Nouvelle vague. Votre film est dégueulasse. Attendez, ne me gâchez pas le plaisir.

Je veux découvrir votre critique quand elle paraîtra. C'est pas tant que la passe du diable soit loin d'être bon, mais plutôt qu'il est proche d'être mauvais. Vous êtes mon critique préféré, vous savez.

Alors, n'oubliez pas, la meilleure façon de critiquer un film, c'est de faire un film. Nous y voilà. Bobo, je suis prêt à faire un film.

Je vous ai engagé pour écrire le scénario de pêcheur d'Islande et vous n'êtes même pas capable de le terminer. Mais parce que je vais pas le réaliser. Je comprends rien à cette histoire.

C'est une adaptation. Justement, moi je suis prêt à réaliser maintenant. On a choisi collectivement cet extrait avec l'équipe de question du soir Marc Serizuello parce qu'il encapsule peut-être cette idée au centre de la nouvelle vague.

Idée selon laquelle ce sont d'abord des films d'auteurs qui sont réalisés. Les auteurs God, Truffo, Chabrol, bien d'autres, tous les autres d'ailleurs veulent porter leur propre film de A à Z avec leur vision. Expliquez-nous pourquoi.

Alors la le mot auteur apparaît justement un petit peu plus tôt dans les colonnes des cahiers du cinéma. C'est c'est vraiment il n'y a pas il y a des auteurs dans le cinéma mué. Personne ne dira qu'eisenstein, Stroheim, Vidor ne sont pas des auteurs, sont des vrais cinéastes.

À partir du moment où le cinéma devient parlant, les choses deviennent plus compliquées. Alors, il est évident que personne cette politique des auteurs, elle concerne un cinéma bien particulier. Personne ne va se mettre au feu pour dire dans les années 1950 Bergman est un auteur, Viscon est un auteur.

OK, là il y a pas photo. Qu'est-ce que ça veut dire ? Parce que c'est une expression qu'on entend énormément, c'est la politique des auteurs.

Voilà. Cela concerne le cinéma hollywoodien, c'est-à-dire le cinéma dominant produit par les grands studio de la côte ouest où arrivent des gens qui sont tout à fait considérables mais qui ne sont pas considérés, c'est-à-dire Hchcock, Fritzlang, tous ces gens-là. Hcock, c'est monsieur fait-moi peur le samedi soir dans les années 1950.

C'est pas un auteur Fritzlang. Ce fut un auteur en Allemagne. Vous voyez ce pauvre Fritzland qui fait des films noirs et des western à Hollywood, ça va pas du tout.

Donc là, on reconsidère quand même toute l'histoire du cinéma américain en disant le responsable artistique de tel film signé Hitchkok, c'est Hitchcock et personne d'autre. Aujourd'hui, ça a l'air d'être une évidence absolue. Personne ne va dire Itchok n'est pas un auteur.

À l'époque, c'est une révolution. Donc ils ont ils en ont parlé pour Autopinger, ils en ont parlé pour beaucoup d'autres. Je vous coupe, pardonnez-moi, mais par contre les comp qui signait les films avant cela de qui était à qui on attribuait la conception la réalisation d'un film ?

À la fin, il y a toujours la signature directed by. Donc la mise en scène apparaît à la fin, ça c'est certain. Mais un film notamment Hollywood, c'est un film de producteur, c'est un film qui est écrit par des scénaristes, c'est surtout un film qui met en avant une ou plusieurs stars.

Donc le cinéaste est quelqu'un qui dans le cinéma parlant hollywoodien classique est quelqu'un qui peut être il est interchangeable. Ce n'est pas réellement quelqu'un d'important. La politique des auteurs, c'est de dire, c'est de prendre une métaphore littéraire théâtrale auteur pour parler du cinéma, mais pas le cinéma que dont on écrit nécessairement les textes et et le scénario, mais c'est celui qui est le méteur en scène.

La politique des auteurs, c'est de dire que c'est le méteur en scène qui a le responsable. L'évidence d'aujourd'hui n'était pas à l'époque. Julien Bisson, le Jean-Luc Godard qui est montré par R Linkletter dans la nouvelle dans Nouvelle Vague, c'est un réalisateur qui a tout pouvoir sur son équipe, euh qui a tout pouvoir sur les acteurs.

Est-ce que c'est aussi cela la nouveauté de la nouvelle vague ? C'est cette place centrale du réalisateur dans tout le dispositif du film ? Je pense que oui, mais c'est particulièrement euh spectaculaire avec Jean-Luc Godard et avec Kabutsoufle, il est gonflé.

Godard, c'est quand même quelqu'un qui ose quelque cher comme on le voit dans le film, renvoyer l'équipe parce que il n'a plus rien à dire à midi. Euh ne pas se pointer un ou deux jours parce que il n'a il ne [raclement de gorge] sait pas ce qu'il va faire. Faut comprendre quand même que Godard, c'est le plus révolutionnaire. il n'écrit pas de scénario.

Euh donc les tout le monde a témoigné là de pendant notamment à propos de la première décennie de Godard, les acteurs recevaient leur texte le matin. Il n'avaient pas dormi, il ne dormait pas pendant le pendant le mois de tournage. Il il écrivait sur des bouts de papier les dialogues des des des acteurs.

C'était c'est assez formidable comme façon de faire. C'est le plus extrémiste par rapport à Truffo qui a qui a qui a un scénario par rapport à à à Romer qui évidemment écrit a écrit tourne des films 20 ans après les avoir écrit. Voyez, à chaque fois à l'intérieur même de la seule nouvelle vague des cahiers, on a des cas très différents.

God, il pousse même la chose à concevoir des scénarios, à concevoir des films à plusieurs d'une manière démocratique, hein, plusieurs durant plusieurs mois, il ils mettent en place un dispositif dans lequel chacun peut décider de la scène et de la suivante, ce qui est de là encore, j'allais dire une radicalité absolue dans la manière de penser la politique de l'auteur. Celui qui sera le plus proche de Godard à cet égard, c'est Rivette qui se qui jouera beaucoup sur l'improvisation. Jacques Rivette.

Euh mais Godard n'improvise pas pour autant. C'est pas de l'improvisation. Un film de je sais pas de John Casavettes de cette époque, c'est ce sont souvent des films d'improvisation.

C'est intéressant. Mais pour un peu Godard a toujours une grande idée du film. Il sait très bien où il va. seulement il n'a pas du tout envie euh d'écrire un mot après l'autre pour et de et d'imaginer de modéliser le ce que ce que sera le film.

Ça ça l'intéresse pas du tout, ça l'angoisse même. Julien Bisson, l'imaginaire de l'auteur, c'est aussi un imaginaire qui nous tend vers l'autobiographie. Est-ce que de ce point de vue-là, dans les thématiques qui vont être abordées, dans la façon de les raconter, il va y avoir quelque chose aussi de nouveau dans la nouvelle bague ?

Oui. Alors, ça c'est tout à fait, ça c'est absolument essentiel et ça on quitte un petit peu Godard dans dans cette affaire. C'est typiquement ce que fait Truffo avec la saga d'Antoine Danel, mais ce sont des gens qui sont qui sont parfois des gens tout à fait considérables dans le cinéma français.

Je pense à Jean Stache par exemple et même s'il ne fait pas partie de la nouvelle vague parce qu'il ne les aimait pas, il est il est forcément rattaché à ce mouvement, c'est Maurice Piala. Et donc et Stache et Piala seront les grands autobiographes avec Truffo qui est un semi-autobiographe avec les aventures d'Antoine Toanel. Mais c'est quand même, il met beaucoup de lui-même.

Ça ne se limite pas à cela. On le sait bienfo a fait beaucoup d'autres films mais il y a quand même c'est les cinq films de la saga de Wandel et la nouvelle vague a quand même réellement commencer avec cela même si Chabrol a été celui qui a été le le premier chronologiquement à faire des films et Stache bien sûr qui conduira lui-même Antoine Doanel d'une certaine manière qui récupérera ou Truffo fera des infidélités Léo fera des infidés Jean-Pierre Léo 3è extrait de la nouvelle vague de Richard Linklater encore et toujours. Moi, je veux maintenir l'indépendance de l'artiste, du peintre qui peut quitter sa toile pour aller chercher quelque chose à boire s'il en a envie ou pour aller chercher l'inspiration.

Wouh ! Ça a l'air intéressant, très différent de ce que Otto m'a appris. Ce n'est pas si différent.

About Tsouf sera le prolongement de votre rôle dans Bonjour tristesse. Comment ? Imaginez le dernier plan du film de Preminger.

Enchaînez sur un carton 3 ans après et vous n'aurez qu'à être vous-même. Je veux que vous gardiez les mêmes gestes que vous faites en dehors des plateaux. Votre façon de tenir une cigarette ou de vous coiffer.

Vous ne m'avez jamais vu me coiffer. Et pourtant tout le monde en rêve. On a parlé d'à peu près tout le monde dans ce paysage.

Marx Risuelo, on a entendu un producteur, on a parlé des auteurs réalisateurs, on a encore très très peu parlé des comédiennes, des comédiens, des acteurs. Alors, qui était-ils justement ? Quelle était la ressource en matière d'acteur de cette nouvelle vague ?

Alors, ça c'est très important parce que la nouvelle vague, c'est effectivement de nouveaux visages, de nouvelles attitudes, de nouveaux comportements. C'est pas Alain Delon. Alors voilà, c'est très intéressant.

Alain Deon est le la grande star, le le le l'acteur sublimement beau mais qui est à côté effectivement de cela. Pourtant, quand on quand on regarde un film comme Plein Soleil qui est un film de René Clément, donc cinéma de qualité, mais le scénariste c'est Paul Gauf et Gauf c'est le scénariste de Romer. Donc c'est quelqu'un qui est voilà là on voit les points de passage et à ce moment-là il y a des éléments nouvelle vague chez Maurice René et chez et chez Deon dans dans ce film très célèbre.

Le Belmondo, c'est vraiment quelqu'un qui est créé par et pour la nouvelle vague et la manière dont il retrouve Godard dans une femme est une femme et surtout dans Pierroufou. Ce sont des moments quand même très très importants de de l'histoire du cinéma français. Léo est quelqu'un qui vient effectivement un petit peu plus tard, mais Jean-Claude Briali est absolument essentiel et lui on le retrouve un petit peu partout chez Chabrol, chez chez chez Godard, plus tard chez Truffo.

Et Jineberg, alors c'est une prise, c'est la prise d'une star américaine. C'est un plaisir de Jean-Luc Godard ou bien il y a une logique de fond à ce qu'elle se retrouve dans un à bout de souffle ? Il y a une certaine logique mais c'était pas c'était pas du tout facile.

C'était pas du tout évident hein. C'est c'est une star très jeune hein de qui a qui a c'est une découverte de d'auto Preminger. Elle a fait des films avec lui notamment l'adaptation du grand bestseller français Bonjour tristesse, de Françoise Sagan et et c'est quelqu'un qui a fasciné toute la génération notamment des cahiers.

Les cahiers sont vraiment des préming guerriens. Voilà, il c'est un de leurs auteurs avec voilà de leur c'est un de leurs auteurs avec H sitchok et quelques autres et et elle est c'est un rêve d'une certaine manière. Or, ça marche.

Et ensuite, ça va être le début de quelque chose pour elle aussi. C'est-à-dire que même si elle va retourner aux États-Unis, c'est quelqu'un qui va devenir quand même également en grande partie française grâce à grâce à à son mari Romain Gary et à beaucoup d'autres aventures cinématographiques. Et c'est un destin tragique et et très émouvant que celui de de Jinberg.

Le cinéphil Julien Bisson. Restons aux États-Unis. On l'a dit, Nouvelle Vague est un film du cinaste américain Richard Linkletter qui est un cin dont on comprend l'attachement la nouvelle vague quand on connaît ce son œuvre.

Un cinéma un cinas qui aime le cinéma sous contrainte, qui aime raconter des histoires proches de la vie. On se souvient de son film Boywood par exemple. Est-ce que le fait néanmoins que ce soit lui, un cinaste américain qui réalise nouvelles vagues, ça nous dit quelque chose de de soit de l'impact de la nouvelle vague à l'étranger, notamment aux États-Unis, ou est-ce que c'est peut-être aussi le fait que les Français ont plus de distance en tout cas ou plus de respect ou plus de quoi que ce soit vis-à-vis de cette époque.

Euh là, il nous faudrait deux ou trois autres émissions pour faire pour faire le tour. On a de 3 minutes. Donc voilà, en deux mots euh le God, notamment Godard, Truffo aussi quelques autres, mais notamment Godard est une superstar des campus dans les années 60 et 70.

Il est il fait des dates comme une rockstar. il fait 30 dates, il il se fait plein de fric qui et ça ça l'aide à financer ces films. Et les jeunes, le succès de de God aux États-Unis est réel notamment pour la génération de quelqu'un comme Linkletter qui est né en 1960 qui qui est tout à fait l'enfant de de cette vogue de la nouvelle vague.

C'est c'est le cas également de Noah Bombac hein donc qui qui a appelé son fils Romè, faut le faire quand même. Et c'est bon, j'ai levé les yeux au ciel. On voit bien ce café West Anderson avec French dispatch et cetera et cetera.

On voit très très bien quand même qu'il y a la nouvelle vague au cœur chez beaucoup de cinéastes américains. Ça c'est passé vraiment par le le circuit universitaire qui est très important aux États-Unis à partir des années 1960. Et ça a ça a créé cela.

Il faut pas croire que God est une superstar dans pour les Redneck ou les ou les électeurs de Trump dans certains États. Non, je ça c'est mais mais il est très très très vif sur le sur le sur le sujet à ce moment-là. En quelques secondes, c'est une c'est un défi compliqué Marc Serello.

En quelques secondes, pourquoi la nouvelle vague s'estompe-t-elle ? Finit-elle de produire ces effets que vous décrivez ? Moi, je ne pense pas qu'elle qu'elle s'estompe réellement puisqu'on a justement des vagues récurrentes et on voit bien que le elle est liée à l'articulation du cinéma français.

Le cinéma français et fonctionne effectivement de de cette manière-là, c'est-à-dire par des tournages qui sont pas nécessairement tous en studio, qui sont pas et donc on voit très très bien que on a une économie qui fonctionne assez bien en fait pour la production de ces films. Ce sont des films, on produit autant de films que les Américains, ils sont moins vus mais ils sont produits l'industrie existe. Moi je trouve que c'est la la meilleure leçon de la nouvelle vague, c'est de dire que le cinéma français existe.

Vous avez aimé le film de Linklater ? J'ai adoré le film de de Linkletter. J'ai trouvé que c'était intelligent, drôle.

C'est présenté comme une comédie. God et l'acteur qui qui joue God est absolument formidable. Le côté tête de nœud de Godard est réel.

Donc c'est c'est pas que ce sont pas des fans transit, ce sont des fans rigolards. Et ça c'est formidable. [musique]