Éric Zemmour, le chalut de l’extrême droite - C à vous - 01/11/2021
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« Pour son entreprise d'union des droites autour d'une matrice d'extrême droite, Éric Zemmour a fait sauter tous les tabous »
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« En contestant l'innocence du capitaine Dreyfus, en critiquant l'action de Zola et des dreyfusards qui auraient affaibli la France »
- 2:21InvitéFait
« il l'a dit en réhabilitant l'extrême droite vichiste et la collaboration, en faisant l'éloge de Pétain »
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« il l'a écrit dans Le Destin Français, en dénonçant la loi Pleven qui pénalise le racisme et l'antisémitisme »
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« ainsi que la loi Guesso qui réprime le négationnisme, en rejetant le discours du Veldiv de Jacques Chirac »
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« en défrancisant les victimes juives de Mohamed Merah, coupables d'être enterrées en Israël »
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Et donc l'édito, Patrick, ce soir avec un sujet assez compliqué, toute l'extrême droite qui est radicale rassemblée derrière Éric Zemmour.
Oui, c'est une conjonction impressionnante et inédite depuis les grandes heures du Front National dans les années 90. Éric Zemmour est parvenu à rallier l'essentiel de ce qu'on appelle la fachosphère, royaliste, identitaire, suprémaciste blanc, catholique, ultra-conservateur et même révisionniste antisémite.
Au premier rang de ses soutiens, de nombreux militants de l'Action Française, le mouvement royaliste et contre-révolutionnaire cofondé par Charles Maurras, qui se tenait jusqu'ici à l'écart de la vie démocratique, qui n'a même jamais fait campagne pour Jean-Marie Le Pen, des militants séduits par le discours de Zemmour sur le grand remplacement, par ses références constantes à l'historien de l'Action Française, Jacques Bainville, et qui peuplent les rangs de son organisation de jeunesse Génération Z. A son service également d'anciens membres de Génération Identitaire, le groupuscule dissous en mars dernier après ses actions anti-immigrés et que Zemmour avait qualifié de héros.
Mais aussi tout ce que la toile compte d'influenceurs d'ultra-droite et de fanatiques de la pureté raciale, le néofasciste Papacito, le suprémaciste blanc Daniel Conversano, et encore d'anciens lieutenants de Bruno Maigret comme Jean-Yves Le Gallou, des cadres de la manif pour tous. Hier soir, Renaud Camus, le propagandiste du grand remplacement, idéologie meurtrière dont s'est réclamé le terroriste de Christchurch en fusillant les fidèles de deux mosquées il y a deux ans en Nouvelle-Zélande, 49 morts, Renaud Camus est venu en personne sur le plateau de CNews pour dire la grande espérance que suscite chez lui la candidature Zemmour.
Enfin, le négationniste Hervé Ryssen, un émule de Faurisson qui se présente lui-même comme anti-juif et anti-sémite, plusieurs fois condamné pour provocation à la haine et contestation de crimes contre l'humanité, vient lui aussi dans la revue Civitas d'affirmer sa préférence pour le programme Zemmour.
Comment expliquer cet engouement, Patrick, et le fait que des anti-sémites puissent être séduits par un juif ?
Pour son entreprise d'union des droites autour d'une matrice d'extrême droite, Éric Zemmour a fait sauter tous les tabous, ou plus exactement, il dynamite tout l'héritage du dreyfusisme, de la résistance et de la lutte contre l'antisémitisme.
En contestant l'innocence du capitaine Dreyfus, en critiquant l'action de Zola et des dreyfusards qui auraient affaibli la France, il l'a dit en réhabilitant l'extrême droite vichiste et la collaboration, en faisant l'éloge de Pétain qui, contrairement à De Gaulle, n'a pas réalisé le coup d'État, il l'a écrit dans Le Destin Français, en dénonçant la loi Pleven qui pénalise le racisme et l'antisémitisme, loi votée à l'unanimité du Parlement en 72, ainsi que la loi Guesso qui réprime le négationnisme, en rejetant le discours du Veldiv de Jacques Chirac, qui reconnaissait qu'avec cette rafle, la France, vous vous souvenez, accomplissait l'irréparable, en défrancisant les victimes juives de Mohamed Merah, coupables d'être enterrées en Israël.
Bref, toute une réécriture radicale de l'histoire, au grand jour, impunément, pourrait-on dire, sur des plateaux télé et dans des livres à succès, ce qui n'avait jamais été ainsi propagé en France depuis 75 ans, au moment où disparaissent les derniers témoins directs des horreurs de Vichy.