Condamnation de Marine Le Pen : un tournant politique - L’édito de Patrick Cohen
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
- L.Sénéchal: La route de M.Le Pen vers l'Elysée existe encore mais n'est plus qu'un trou de souris.
Elle se rend au siège du RN pour une réunion de crise. - L.Sénéchal: Elle est bientôt rejointe par sa garde rapprochée, notamment J.Bardella, potentiel plan B pour l'Elysée. - A.-E.Lemoine: M.Le Pen, coupable et hors-jeu.
C'est un coup de tonnerre. - P.Cohen: Une déflagration inattendue que le RN n'avait pas anticipée.
D'où la sortie théâtrale de M.Le Pen quand elle prend conscience qu'elle va subir une élimination politique et que sa riposte médiatique n'est pas prête. Ce déni manifesté par le RN explique la sévérité du jugement, même si les juges n'ont fait qu'appliquer la loi. - A.-E.Lemoine: C'est ce système de défense qui est sanctionné? - P.Cohen: En quelque sorte.
Vendredi dernier, L.Jacobelli nous expliquait qu'entre le RN et le Parlement européen, il ne s'agissait que d'un désaccord sur les fiches de poste des assistants. Le tribunal a expliqué ce matin au contraire que tous les contrats d'assistants étaient dépourvus d'objets réels, conduisant à un enrichissement au préjudice du Parlement européen et du contribuable français.
Les 4,5 millions d'euros encaissés ne sont pas tombés...
Les juges considèrent que M.Le Pen était au centre d'un système de détournement optimisé que son père avait mis en place en 2004. Elle l'a poursuivi avec autorité et détermination.
Ils affirment qu'elle ne pouvait ignorer qu'elle était en infraction. Elle en a toujours contesté la réalité. Pour le tribunal, devant ce mépris des faits, cette impunité revendiquée, le risque de récidive est objectivement caractérisé.
Seule l'exécution provisoire sera de nature à prévenir ce risque. Les juges disent avoir pris en considération le trouble à l'ordre public et le fait que soit candidate à l'élection présidentielle une personne déjà condamnée. D'où cette exécution provisoire, fatale à une nouvelle candidature. - A.-E.Lemoine: Il n'y a pas de recours possible? - P.Cohen: Si.
Les prévenus vont faire appel. Ce n'est pas une certitude. Pour une affaire normale, le délai avant le procès d'appel, c'est minimum 1,5 an.
Comme cette histoire n'a rien de normal, il serait possible de l'audiencer et de la programmer dès décembre pour que la cour d'appel rende son arrêt au 1er semestre 2026. Ca aurait l'avantage de purger le dossier un an avant la présidentielle. - A.-E.Lemoine: Cette accélération dépendra de qui? - P.Cohen: Du parquet général de la cour de Paris, lui-même dépendant du garde des Sceaux.
G.Darmanin avait trouvé "profondément choquant" que M.Le Pen ne puisse pas se présenter.
Le ministre ne peut pas donner d'instructions dans des affaires individuelles, mais il est le garant d'une bonne administration de la justice. - A.-E.Lemoine: Les réactions indignées se multiplient.
Beaucoup pensent que M.Le Pen est victime d'une justice d'exception. - P.Cohen: Le jugement est discutable.
Il fait se confronter 2 principes, la souveraineté populaire, la liberté de choisir son élu et l'égalité devant la loi. Elle subit un jugement qui n'a rien d'exceptionnel, ni pour l'exécution provisoire en 2023. 58 % des peines d'emprisonnement ferme ont été mises en oeuvre immédiatement...
Ni pour l'inéligibilité. Les chiffres ont explosé. Plus de 9000 personnes ont été rendues inéligibles en 2022.
Le législateur a durci l'arsenal législatif après chaque scandale, même si, contrairement à ce que l'on dit, l'inéligibilité prononcée ce matin ne résulte pas de la loi Sapin 2. Les contrats litigieux ont pris fin avant l'entrée en vigueur de cette loi en 2016. - A.-E.Lemoine: Elle n'était pas automatique? - P.Cohen: Non, c'est le choix des juges.
Le FN a longtemps accompagné ce mouvement. C'était l'un de ses arguments. "Tête haute, mains propres." Et il a réclamé une sévérité accrue sur les condamnés. - M.Le Pen: On ne tire jamais les leçons.
Est-ce que vous trouvez...
DSK, A.Juppé, Guérini, B.Tapie, J.Chirac...
On ne tire pas les leçons. Quand allons-nous tirer les leçons et mettre en place l'interdiction de l'inéligibilité à vie pour tous ceux qui ont été condamnés pour des faits commis grâce ou à l'occasion de leur mandat? - P.Cohen: A l'époque, c'était dans son programme,
Marine Le Pen