EN DIRECT | SUIVEZ LES DÉBATS, SUIVEZ LA NUIT DE NOUVELLE RÉPUBLIQUE DE BORDEAUX
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
He. Hello he. He. في Bien.
C'est pas un meeting. Bonsoir à toutes et à tous. Je tiens à dire aux bordelaises et au bordelais nombreux ce soir que nous avons gagné.
Ceci n'est pas un meeting de campagne. Je dis à Catherine Fab qui m'a l'air très en forme ce soir. Bon, pardonnez-moi pour ce petit retard et ravi de vous accueillir ici à la faillancerie à Bordeaux pour pour la nuit de la nuit de la République.
Je vrais saluer euh les élus présents. Agnèier Runachier que je ne présente plus, député ancienne ministre qui nous fait le plaisir d'être avec nous ce soir notamment pour parler d'un sujet majeur et qu'elle a beaucoup porté, qu'elle continue de porter autour de la de la transition écologique. Je salue naturellement Pascal Lavergne, le président de Renaissance Gironde qui est parmi nous.
Je salue aussi toutes les les élus élus que je vois dans la salle. Permettez-moi de pas tous vous citer. Voilà, vous n'en prendrez pas ombrage.
Euh vous dire que je suis ravi ravi de d'être parmi vous pour cette je crois 3e édition de la de la nuit de la République et avec je trouve une sacrée promesse. Sacrée promesse. Pourquoi ? parce que je pense que derrière l'idée de Nouvelle République, il y a des sujets qui qui pour moi sont des sujets fondamentaux.
Voilà, je à titre personnel, je suis convaincu qu'on a besoin d'ouvrir ce chapitre d'une nouvelle République euh que j'observe bon plus récemment comme élu local mais comme parlementaire, comme ministre, euh que nous avons besoin d'une énorme transformation de nos institutions et que les grandes échéances nationales qui arrivent devant nous ne devront pas être de simples ajustements, mais véritablement, je crois, une forme de refondation de notre modèle de notre modèle institutionnel, de notre modèle euh d'action publique. On ne peut pas comme ça euh voir une forme d'érosion euh euh de la participation électorale, une défiance très forte vis-à-vis euh des élus, hein, et naturellement, je je m'inclus dedans, je mesure à quel point il faut reconquérir ce lien de confiance et qu'on narrivera pas à reconquérir ce lien de confiance si on repose pas d'une certaine d'une certaine manière les bases d'une refondation complète de notre modèle. Donc je trouve qu'il y a derrière la promesse d'une nouvelle République des enjeux fondamentaux auxquels je suis personnellement très attaché.
Je crois que chacune et chacun d'entre vous l'êtes également. Et puis derrière cette soirée particulière, il y a une autre promesse. Ce n'est pas, je le disais un peu en plaisant, ce n'est pas une réunion militante, ce n'est pas une C'est pas un meeting politique, c'est un moment d'échange, de débat de débat sur le fond.
Et nous étions d'ailleurs avec Gabriel Atal il y a quelques heures au plus près du tombeau de Michel de Montagne. Vous savez que les restes de Michel de Montagne sont dans les sous-sols dans l'ancienne crypte du musée musée d'Aquitaine. Donc c'était un moment d'émotion. et lui-même Michel de Montaigne euh qui irrigue aussi, je pense notre vie politique locale derrière son humanisme, derrière sa nuance, avait cette expression qu'on reprend souvent, c'est-à-dire l'enjeu que les uns les autres nous limions notre cervelle les uns aux autres.
Mais c'est un peu ça, je crois, la promesse de ce soir. On a des personnalités politiques, des acteurs économiques, associatifs, engagés qui viennent débattre de la question de l'écologie et je trouve que c'est formidable d'avoir ces moments de fond et de débat. Et c'est mon deuxième message.
Je suis heureux que nous parlions de fond. Voilà, parce que on parle beaucoup de l'échéance de 2027 et j'ai l'impression qu'on réduit beaucoup l'échéance de 2027 à des déclarations de candidature. Bon, et il faut absolument parler de fond.
Et pourquoi il faut parler de fonds ? Parce que je pense d'abord que les Françaises et les Français, nos concitoyens, ils attendent ça parce qu'ils regardent le monde autour de nous. bien sûr l'enjeu climatique, l'impact de l'intelligence artificielle, le dérèglement géopolitique, la baisse de la natalité, le financement du modèle social.
Il y a énormément de questions et je pense qu'ils attendent de nous que d'abord on débatte, on propose et on travaille sur un projet. Voilà, donc c'est bien qu'on ait ces moments-là, honnêtement, je n'en vois pas beaucoup aujourd'hui organiser ce type de d'initiative. Donc moi, je suis très très heureux que nous ayons ce moment privilégié de débat ici à Bordeaux et et parce que je suis pas ailleurs convaincu que ce débat de fond, il est à la fois attendu par les Françaises et les Français et parce que c'est la meilleure manière demain de créer un rassemblement, un rassemblement large, une forme de convergence des candidatures parce que je ne peux pas me résoudre avoir effectivement une élection présidentielle en 2027 qui verrait s'affronter de blocs extrémistes ou populistes.
Et pour cela, il y a deux manières de faire. So on dit bon, il faut qu'ils se mettent d'accord tous dans le bloc central, toutes ces candidatures, mais bon sang, mettez-vous d'accord ? Ben moi, je trouve que la meilleure méthode pour se mettre d'accord, c'est d'abord de parler de fond et de débattre de fond et que nous verrons sûrement des convergences, peut-être des sensibilités différentes, mais je pense que c'est le meilleur accélérateur du rassemblement possible, c'est de se mettre à travailler sur le fond et nous verrons ainsi se constituer, je l'espère, un bloc large qui pourra après avec une incarnation défendre défendre ses idées et ses couleurs.
Je vois mes amis bordel qui sont ici et et j'en j'en terminerai par là. C'est ce que nous avons essayé de faire modestement à Bordeaux. À Bordeaux, nous avons réussi une majorité large, plurielle, mais avant de se mettre d'accord, on a bâti un projet et c'est comme ça qu'on a réussi à se mettre d'accord et avoir une majorité très large à Bordeaux. et d'ailleurs à la métropole de Bordeaux où là aussi nous avons bâti une majorité, nous avons même bâti une majorité qui va de la droite républicaine jusqu'au socialiste et on l'a pas fait par une forme de mécano politique institutionnel.
On a travaillé sur un projet, on s'est dit au-delà nos de nos sensibilités euh de nos appartenances partisanes, parce que c'est pas un gros mot d'appartenir à un parti, est-ce qu'on est capable de se mettre d'accord ici à Bordeaux et à la métropole sur un projet ? Et on a fait ça et c'est sur la base d'un projet qu'on a trouvé une majorité plus large. Donc je suis convaincu que parler du projet ce n'est pas éviter la question qui fâche en disant "Bon, on verra plus tard cette question." C'est une manière au contraire d'accélérer le rapprochement les les convergences.
Et puis enfin, j'en j'en terminerai par là. Je trouve que la question du de la de la thématique de l'écologie, c'est une très bonne question. Personne n'a le monopole de la question de l'écologie.
Je pense que toutes les formations politiques doivent et peuvent s'en emparer. Et c'est aussi une manière de mettre au jour nos points de convergence, nos points de divergence. Ici, je l'assume, à Bordeaux, nous avons une grande ambition écologique et pourtant nous avons battu les écologistes.
Mais pour autant, je ne renonce en rien à l'ambition écologique de la ville de Bordeaux, ni à la métropole de de Bordeaux. Et donc, je trouve que cette thématique-là, elle peut mettre au jour des méthodes différentes, des enjeux différents sur la transition énergétique, sur les transports, sur la biodiversité, sur le vivant. autant de thèmes qui sont chers au maire de Pessac que nous accueillons avec plaisir par ailleurs.
Tu peux d'ailleurs te rapprocher mon cher cher ami. Et euh et donc voilà. Donc moi je suis très très heureux que cette cet événement puisse avoir lieu ici à Bordeaux et je nourris beaucoup d'espoir de cette de cette approche que nous débattions enfin du fond.
Donc excellente soirée à chacune et chacun d'entre vous. Bon débat. et et à plus tard.
Merci. sur Bonsoir à tous. Bonsoir à tous.
Donc ben voilà le le premier débat de ce soir. L'écologie est-elle devenue conservatrice ? Et pour ben discuter justement de ce sujet, je vais appeler avec moi Sylvie Kaz.
Donc Sylvie qui est présidente de la Fondation pour la culture et les civilisations du vin, autrement dit présidente de la cité du vent et qui par ailleurs est viticultrice. Je vais appeler Lucas Franin d'Amésan euh qui est cfondateur de Parlon Climat. Donc Parlon Climat, c'est une organisation qui fait des études d'opinion sur la perception pour les français de l'écologie.
Et puis enfin, last but not list, Agnè Panier Runaché qu'on ne présente plus bien sûr. Donc Agnès, député Renaissance actuellement et bien sûr ancienne ministre de la transition écologique et du climat, mais également ancien ministre de l'industrie, de l'énergie et de l'agriculture. Donc merci à tous les trois pour votre présence.
Donc en fait, pourquoi ce thème pourquoi ce thème de l'écologie est-elle devenue conservatrice ? Ben en fait, nous nous sommes nous avons eu envie de nous interroger sur la façon dont nous sommes écologistes aujourd'hui. Et c'est vrai que suite au Covid qui a réveillé la conscience de risque fort sur la santé lié à l'émergence de nouveaux phénomènes, de nouvelles épidémies, suite également à l'expression d'inquiétude forte pour notre avenir, pour nos enfants dans un monde qui est assez brutal aujourd'hui et dans lequel peut-être que l'écologie n'est plus une priorité aussi forte qu'elle le fut il y a quelques quelques années.
Et puis tout simplement face aussi au constat qu'on fait tous les jours des bouleversements climatiques qui sont engendrés par l'activité humaine, et bien tout simplement on peut se demander dans quelle mesure est-ce que nous sommes encore dans une culture du progrès qui croit en l'innovation pour construire un monde meilleur. Est-ce que à l'inverse nous sommes tentés par un immobilisme, par un retour au passé qui pourrait être plus rassurant ? Et donc c'est toutes ces questions qu'on va se poser ce soir.
Donc évidemment ben à Bordeaux, on a quelques éléments. On voit que certaines décisions peuvent faire penser à des positionnements qui pourraient paraître conservateurs. Le sont-ils ?
Ont-ils besoin de l'être ? par exemple sur l'ancienne mandature, on a on avait montré que le choix de l'éclairage de l'extinction de l'éclairage public était un choix qui était qui qui n'allait pas forcément qui qui avait été prioritaire par rapport au choix de déployer plus massivement des LEDs ou des capteurs. Euh donc voilà, c'est un choix contre un autre.
Est-ce qu'il existe plusieurs écologies ? Est-ce que il existe une écologie qui serait progressiste, une autre écologie qui serait conservatrice ? C'est toutes les questions que je vous propose tout simplement de discuter ce soir.
Donc pour commencer peut-être et bien tout simplement diriez-vous qu'il existe plusieurs écologies ? Sommes-nous tous écologistes ? Abordons-nous tous l'écologie de la même manière ? et peut-être Agnès, vous qui incarnez le volontarisme écologique dans le monde politique, voilà, comment analysez-vous le paysage actuel et comment vous considérez que les différentes parties son part de cette question.
Est-ce que c'est de la même manière ou pas ? et puis ce curseur voilà passé présent écologie conservatisme. Alors évidemment la la réponse est est dans la question, c'est-à-dire que les partis n'abordent pas de la même manière l'écologie.
Mais je ferai peut-être une différence entre deux approches. Une première approche qui va se saisir de l'écologie euh pour en faire un un enjeu de posture politique ou d'imposture d'ailleurs parce qu'on peut aller jusque-l et qui est une écologie qui euh est souvent présentée comme une écologie punitive, une écologie clivante qui vise finalement à dénoncer un certain nombre de comportements. Et c'est intéressant de regarder le vocabulaire.
Il y a les comportements vertueux qui sous-entendraient donc il y ait des comportements vicieux. Et et en fait la question de l'écologie, c'est pas ça. La question de l'écologie, c'est quelque chose qui devrait nous réunir tous autour de besoins essentiels qui sont bien respirer, bien manger, bien rester en bonne santé et faire en sorte de préserver un capital naturel qui est un bien en commun, lequel est un gage notre capacité ben à produire demain ce qui va nous alimenter, éventuellement ce qu'on peut voir, mais ce qui va d'abord nous alimenter et ce qui est capable de nous aider à faire face aux aléas climatiques.
Donc entre ces postures où va d'ailleurs s'incarner une sorte de jeu d'ombre entre ceux qui vont vous dire que c'est la faute des entreprises et et des plus riches si on va à la catastrophe écologique. et ceux qui justement au non du bon sens et suivez mon regard plutôt à l'extrême droite dans ce cas-là vont justement en appeler à une espèce de nostalgie de France confiture bonne maman où il faisait bon vivre et aujourd'hui au nom de l'écologie on est en train d'interdire plein de choses à tout le monde. On voit bien la manière dont on peut utiliser l'écologie comme un élément pour enflammer les débats publics.
Et moi, je pense qu'il faut porter plutôt une écologie populaire, celle qui juste qui part de la réalité des besoins des Françaises et des français et aussi dans un moment géopolitique compliqué une écologie souveraine. Parce que l'écologie, elle est en train de poser une question toute simple, c'est l'accès à des biens essentiels, l'énergie, l'eau, l'alimentation. Je veux dire que sans eau, sans énergie, sans alimentation, ça va devenir un peu compliqué pour tout le monde.
Et ce qui se passe et les matières premières critiquent et ce qui se passe aujourd'hui, c'est que ces éléments-là sont en train de d'organiser des des conflits de la conflictualité soit économique, soit de haute intensité comme on peut la vivre aujourd'hui dans certaines régions. parce que personne n'est dupe de ce qui se passe en Iran avec des volontés prédatrices ou inversement avec euh des tensions euh autour de de des règlements. Si vous prenez l'héritré, le soudance et l'effondrement de l'alimentation, la capacité de produire l'alimentation qui crée euh ces guerres intestines et qui crée ses mouvements d'immigration vers l'Europe, si on remet tout en perspective.
Donc c'est ça les véritables combats que l'on doit porter sur l'écologie. Et elle n'est ni conservatrice euh ni euh progressiste. Elle s'impose à nous et elle appelle une action qui est déterminée sous l'angle de la souveraineté et sous l'angle de euh comment apporter le bien-être aux françaises et aux Français.
Merci beaucoup Lucas Francou mais donc vous vous portez le regard finalement sur ce que pensent les Français, la façon dont ils vivent l'écologie. Est-ce que vous est-ce que ça fait écho à ce la façon dont les Français ont envie d'écologie ou au contraire se sentent instrumentalisés ? Euh oui, bonsoir d'abord tout le monde.
Euh je pense que tout à fait ça raisonne beaucoup avec ce que nous on entend aujourd'hui en opinion publique. Moi juste pour vous dire ce soir, je vais essayer de porter cette parole qui est celle que nous on écoute et on collecte en fait quasiment toutes les semaines. Nous notre travail chez Parlons Climat c'est de faire des études donc à la fois quantitatives en demandant à plein de gens ce qui se pensent mais surtout qualitative. on passe beaucoup de temps à faire des entretiens avec des gens qui sont pas ou peu engagés sur ces sujets pour comprendre un peu en fait aujourd'hui ce qui les intéresse, ce qui les bloque, ce qui les freine.
Et c'est vraiment cette parole que j'aimerais essayer de porter ce soir. Et un des points qui me semble important quand on rentre sur ces questions d'écologie aussi, c'est de se dire pourquoi est-ce que les les gens auraient envie d'écologie en fait au fond. Et moi ce qui me frappe toujours, c'est quand on pose des questions sur ce serait quoi votre France idéale dans 20 ans, dans 30 ans ?
Les adjectifs qui viennent systématiquement et dans tous les groupes de la population, c'est je voudrais une France plus apaisée où il y a un peu plus de local, où il y a plus de proximité avec la nature. Et en fait, on voit bien en fait comme tous ces attributs là d'une manière ou d'une autre de cette société idéale que les personnes dans lesquelles les personnes se projettent, en fait, elle va aussi dans la direction de la transition écologique. Et donc ça, je trouve ça important aussi de se dire que vraiment la transition, c'est pas la transition percée en tant que telle, c'est aussi pour aller vers une société qui d'une manière ou d'une autre en fait est plaisante en fait à vivre pour les gens qui y habitent.
Et en fait aujourd'hui aussi sur le commun, ce qu'on entend nous beaucoup, il se trouve qu'en ce moment on fait des groupes de discussion justement sur ce sujet des projection dans l'avenir avec des personnes de bord politique très différents. Et dans le commun qu'on perçoit nous aujourd'hui, il y a le fait de se dire cette transition en fait elle est nécessaire. Enfin, c'est c'est très peu une question en fait.
C'est-à-dire oui, de toutes les façons, cette société d'une manière ou d'une autre, elle va devoir bouger et notamment pour raisonner sur cet enjeu de conservation. Si on veut protéger, si on veut garder des choses qui nous sont chères en fait, auxquelles on est collectivement attaché, en fait, il y a d'autres choses qui dans la société doivent bouger d'une manière ou d'une autre. Mais cette dialectique là, je pense qu'elle est extrêmement importante parce que le mot même de transition en fait emporte beaucoup cette notion de faut changer, faut bouleverser, faut voilà.
Et en même temps, la transition, c'est aussi pour garder un certain nombre de choses auxquelles toutes et tous on est attaché des choses qu'on a envie de transmettre à des génération à venir. Et donc cette dialectique là de la transition avec une forme de conservation, c'est aussi important. Et peut-être un dernier point là-dessus sur le commun aussi sur les questions de transition.
J'entendais monsieur le maire tout à l'heure dire que aucun parti n'avait forcément le monopole de l'écologie, mais nous clairement ce qu'on entend, enfin ce qu'on voit même dans nos chiffres, c'est qu'on voit que les gens qui aujourd'hui disent que l'écologie c'est un sujet central pour elles et eux, il y a moins de la moitié de ces personnes qui votent à gauche. Il y a moins de 15 % de ces personnes qui mettent les écologistes comme leur parti préféré. Donc en tout cas, au niveau électoral dans les gens qui votent aujourd'hui, clairement l'écologie n'appartient pas du tout à un seul parti ni même à une seule famille politique.
C'est c'est très intéressant effectivement parce que c'est pas forcément des chiffres qu'on connaît. Mais donc vous dites globalement l'écologie tout le monde tout le monde veut aller vers vers ce cet avenir plaisant. Est-ce que euh Sylvie Case, les viticulteurs également sont dans cette logique d'un avenir plaisant à vivre et est-ce que ils abordent cette écologie de façon apaisée et de de la manière dont le décrit Lucas ?
Apaiser ? Pas toujours, c'est pas toujours facile. Bonsoir à tous.
Bonsoir à tous. Question ? Non.
Euh oui. Alors, il y a il y a deux façons de de voir l'écologie pour un viticulteur ou un agriculteur en général. Euh il y a d'abord ce que l'on subit du changement climatique et donc là, il faut réagir et réagir de façon pragmatique.
On n pas le choix. C'est-à-dire que on vous a vous vous apercevez que depuis quelques années, vous avez quand vous passez fin avril, début mai, comme maintenant dans le vignoble, vous avez partout des éoliennes qui sont debout, posées et cetera et cetera. Quelquefois des bougies et cetera.
Bon, les bougies c'est plutôt moins bien, mais les éoliennes en tout cas, c'est une solution qu'on a trouvé pour justement faire face à un enjeu climatique qui est que avec le réchauffement, on a des bourgeons qui arrivent beaucoup plus tôt dans la saison et donc on arrive à ce mois d'avril où là on a un petit coup de froid qui est beaucoup plus fréquent qu'autre fois. Autrefois c'était une fois tous les 10 ans, aujourd'hui c'est quasiment tous les ans. Donc il faut faire face.
On fait face, on a réfléchi, il y a des gens qui nous ont aidé. Il y a beaucoup de scientifiques qui réfléchissent à tous ces toutes ces solutions qu'il faut apporter à des viticulteurs qui sont parfois en difficulté par rapport à ces à ces moments difficiles. Alors, il y a il y a il y a le gel de printemps, il y a le milieu dont vous entendez parler tous les ans à la même époque.
Alors là, il y a beaucoup de solutions, elles sont plus ou moins écologiques, bien sûr. Tout dépend ce qu'on appelle écologique. Euh il y a il y a le il y a le pour, il y a le contre.
Aujourd'hui, le il y a des solutions qui vont de la biodynamie pour aller vers le plus écologique entre guillemets parce que on ne sait pas très bien. Voilà, exactement. Euh là, il y a des pour et il y a des contres. le biologique euh vous êtes obligé de passer de très nombreuses fois pour avoir des des du vous vous vous mettez du cuivre euh dans les rangs et euh le cuivre lui euh rentre dans le sol et ne s'absorbe pas.
Donc en fait il s'accumule dans le sol. Donc on on peut penser que dans quelques temps, ça sera un vrai problème. Donc chaque solution peut devenir un problème.
Donc ça on est on est face à ça très régulièrement. Ensuite donc on a on a effectivement ce problème de printemps puis après on a surtout aujourd'hui un réchauffement climatique d'été où là on se retrouve avec des ba qui deviennent de plus en plus petites et donc des récoltes qui sont de plus en plus petites et donc là il faut de la même façon subir on fait ce qu'on peut protège les vignes aujourd'hui du soleil alors qu'avant on enlevait les feuilles pour lui donner plus de soleil aujourd'hui au contraire on garde les feuilles pour pour que pour qu'on puisse protéger les raisins du soleil voilà on est on On a on a plein de choses qu'on imagine au quotidien sont il faut être vraiment très pragmatique et et on et mais on voit bien que le le les récoltes sont de plus en plus faibles d'année en année et donc il va falloir faire quelque chose parce que sinon ça n'est pas durable mais pas au sens durable écologie mais au sens durable de l'activité. Ça c'est ce qu'on subit.
Et puis à côté de ça, on veut tous être vertu. On veut tous évidemment adopter les meilleures pratiques pour l'avenir de nos enfants, pour la pour notre avenir à tous et cetera. Et là euh et bien il y a différentes il y a différentes solutions.
Euh ce qu'il y a de sûr c'est qu'on y réfléchit tous et on passe tous on essae des des des tas de de fonctionnements qui peuvent aller donc depuis la la bi les les vins bio et les vins biodynamiques. Mais vous avez d'autres labellisations comme HVE, comme Terravitis comme et cetera et cetera. ce qu'on sait, il y en a sûrement des meilleurs que d'autres, mais encore que vous avez vu ce que je vous ai dit sur le bio, ça peut aussi être un problème dans quelques temps.
Donc ce qu'il faut se dire, c'est que chacun essaie d'être vertueux. On fait absolument tout ce qu'on peut. Chacun a trouvé sa voix, mais surtout qu'aujourd'hui on a des tas de gens qui se sont perchés, qui se sont penchés sur le berceau de la viticulture et qui travaille au quotidien des chercheurs pour essayer de trouver les meilleures solutions, les meilleurs produits, les plus les plus finement enfin les plus efficaces tout en étant les meilleurs pour la santé.
Donc tout ça évolue tout le temps. Et là on n'est pas conservateur, au contraire, on est très progressiste. Et ça il faut le dire et le répéter, c'est parce que on en entend jamais parler de ces gens-là qui travaillent.
Je peux vous dire qu'à Bordeaux en particulier, on a on a l'Institut de la vignée du vin qui travaille au quotidien sur pour trouver des solutions qui soient les plus vertueuses possibles au quotidien. Et euh ce qui fait qu'aujourd'hui donc on cherche tous à y aller. On croit toujours que c'est pas vrai.
Euh les agriculteurs, les viticulteurs n'en ont pas conscience et cetera. C'est c'est absolument faux. Ils en ont conscience et ils font tout ce qu'ils peuvent.
Et et aujourd'hui, c'est ce qui fait que grâce au CIVB, aussi l'action du CIVB, on a aujourd'hui plus de 75 % des viticulteurs de la région qui ont une labellisation environnementale et ça c'est unique en France et qu' en est autant. Il y a des gens qui vont plus loin dans le bio, il y a des gens qui vont et cetera, mais que il y a plus de 75 % qui ont une démarche environnementale et donc il faut les encourager et pas les critiquer. Donc il faut parce que je peux vous dire qu'au quotidien c'est un c'est un combat de tous les jours.
Voilà donc il y a des choses qu'on subit mais il y a aussi des choses qu'on sait de faire mieux. Alors, n'hésitez pas à réagir les uns les autres, hein, si euh voilà, si une une remarque vous fait dire "Ah tiens, mais moi aussi j'ai quelque chose à rajouter à cet argument là." Je trouve intéressant de dire finalement parfois la voix pragmatique médiane peut être plus durable qu'une voix très très vertueuse qui pourrait amener à terme à une impasse parce que finalement ben elle est pas adaptée aux conditions de durabilité ou de donc ça c'est peut-être une première tension dans la façon d'être écologique d'être écologiste. comment est-ce que on traite cette tension et où est-ce qu'on met le curseur entre Non, mais voilà, surtout en fait, on manipule une matière qui est vivante, c'est-à-dire qu'on manipule des écosystèmes naturels.
Euh et je trouve que l'exemple euh de la viticulteur et la viticulture est hyper intéressant parce qu'en fait chaque année, on relance les D. Moi quand j'étais dans l'industrie, que ce soit avec ma casquette de dirigeante d'entreprise ou que ce soit avec ma casquette de ministère de l'industrie, bah en fait il y a un cube, c'est la c'est la boîte dans lequelle il y a les machines pour fabriquer, mais la température change pas, les intrants changent pas, les machines changent pas et mon sujet c'est d'optimiser mon processus industriel dans l'alimentation et dans les les écosystèmes naturels, chaque année, ça change. rejoue la partie avec des cartes différentes.
Donc une année, on a des gels tardifs. L'année suivante on a 3 semaines de sécheresse. L'année d'après, vous avez de la grêle qui va tomber fort opportunément au moment où elle ne doit pas tomber.
Et c'est ça qu'il faut constamment ajuster. Et c'est pour ça qu'il y a pas de vérité révélée sur les itinéraires que l'on doit emprunter. Et la deuxième chose, c'est qu'il y a pas plus de vérité révélée parce que on a tout le sujet de la transition climatique, on va en parler tout à l'heure, on a quand même un, je dirais les grands axes de ce qui est la transition énergétique.
On voit un peu près ce qui peut ce qu'on peut faire, on voit un peu près les technos et quelque part, on voit un peu près ce qu'on doit faire. Mais sur tout ce qui est d'ordre biodiversité et pollution, l'impact du cuivre par exemple qui est donc autorisé en biologie. L'ANES a sorti une étude tout récemment qui mettait en exergue le fait que bah si ça avait pas été en biologie, on l'aurait interdit continu de l'impact sur la qualité des sols.
Mais comme il y a pas d'autres alternatives, on sait pas donner de réponse à la biologie enfin au aux productions bio. Et donc c'est là où on voit que c'est quelque chose de beaucoup plus fin et qui appelle c'est pas du pragmatisme en fait, c'est juste du sérieux. Moi, ce que j'ai porté en tant que que ministre de la transition écologique et ce qu'on a essayé de porter ces h dernières années, c'est du sérieux.
C'est dire à un moment, il faut accepter que la science soit pas capable de tout nous dire à l'instant t. Il faut accepter que il y a pas des solutions sur étagères qui font papa, maman et le café, que lorsqu'on supprime un pesticide, il y a pas une solution qui aurait le même impact sur les champignons ou sur les ravageurs, mais qui épargnerait tout le reste de la création biologique parce que en fait ça ne marche pas comme ça. Et donc c'est forcément des solutions complexes qui appellent un collectif à travailler ensemble.
C'est ça le le les les fondements, me semble-t-il, de l'écologie. C'est comme ça qu'on y arrive. Et moi, je veux quand même donner ce chiffre parce que c'est vrai que j'ai été agacé euh quand j'étais ministre, on nous renvoyait à la figure que on avait une sorte d'écologie un peu tiède euh quand bien même on avait une planification écologique qui n'avait jamais existé en France.
Finalement, en 8 ans, on a baissé les émissions de gaz à effet de serre de 25 %. Le quinquena précédent, alors il a duré 5 ans puisque c'est un quinquena. euh elles ont été baissées euh de moins de 4 %.
Donc en fait peut-être que cet atâtonnement et cette volonté de discuter, de mettre tout le monde autour de la table et de ne pas avoir de de vérité révélée, mais de dire c'est un chemin que nous empruntons, nous assumons ne pas tout savoir et nous assumons de prendre les décisions qui sont sans regret, mais à certains moments, on va pas interdire et punir parce que c'est pas comme ça qu'on transforme et qu'on accompagne le changement. et sans doute la bonne approche tout en ayant cette ambition en tête en permanence et en laissant aucune aucun évitement au fait que l'ambition sera tenue parce que ça on en a besoin pour des raisons très profondes et très humaines. C'est qu'on a tous envie de manger demain, de boire une autre qualité, de respirer et de vivre le plus longtemps possible en bonne santé.
Tout à fait. Tout à fait. C'était pragmatique et c'est vrai que l'équilibre est pas toujours facile à trouver mais chacun trouve le sien et chacun y met beaucoup de bonnes volonté, je crois.
Et je pense justement moi une des choses auxquelles ça me fait penser de parler de ce sujet, c'est nous ce qu'on perçoit en tout cas en opinion, c'est que c'est assez bien compris que la transition c'est un chemin long en fait et y compris que c'est un chemin sur lequel on a quand même des éléments de réponse aujourd'hui, je pense notamment sur le côté énergétique mais qu'il y a un certain nombre d'autres sujets sur lesquels en fait bah on cherche et du coup on cherche des solutions, on tâonne à certains endroits et d'ailleurs C'est probablement une des causes parfois qui a pu créer du rejet justement de ces enjeux écologiques. C'est un peu le côté en fait faut être parfait mais en fait collectivement on va avoir du mal dans les années à venir à être parfait. On est dans un moment de transition par définition. il y a des choses qui sont en train de bouger et qui vont continuer de bouger et entre-temps bah en fait on cherche.
Et donc ça je pense que c'est un point qui est aussi important à avoir en tête. Ce côté en fait c'est pas et c'est assez bien compris en fait en opinion la transition c'est pas un interrupteur c'est un curseur en fait c'est c'est une direction générale on va dans laquelle on va aller. C'est pas en fait un matin euh on rallume les lumières d'une manière ou d'une autre, on démarre l'interrupteur et en tout cas euh ça y est fait.
Et donc je pense que effectivement c'est un point assez important sur ces sujets-là. Après, il faut pas être dupe, il y a desurs de doute et le baclash écologique que l'on vit aujourd'hui avec euh des pays comme les États-Unis qui clairement prennent le contrepied de tout ce qu'on a euh voulu porter au plan euh national, européen et international crée le doute. Je vous dites "Mais attendez, si la première puissance mondiale fait très exactement le contraire de ce qu'on nous a répété pendant des années, c'est que peut-être on fait on chemine pas dans la bonne direction." Et évidemment, il y a des intérêts financiers derrière ça parce que pour certains pays, pour certaines entreprises, cette question de la transition est existentielle.
Moi, je l'ai vécu comme ministre de l'énergie dans certaines négociations. Euh pour l'Arabie Saoudite, c'est existentiel cette question. Et donc, mais moi, je me mets à leur place.
Je ferai la même chose. Si j'étais ministre de l'Arabie Saoudite, je me battrai jusqu'à la dernière goutte de pétrole tout en faisant ce qu'ils font. C'est-à-dire en investissant massivement sur des alternatives.
C'est normal, c'est humain. Donc ça aussi, il faut en prendre conscience parce que c'est ça qui permet de casser un certain nombre de discours et notamment moi je suis fasciné de la manière dont le Rassemblement national est parfois d'une naïveté confondante ou peut-être d'un cynisme confondant, je ne sais pas très bien le situer en reprenant des argumentaires des ennemis de la France. Nous, on a une chance, c'est qu'on a des écosystèmes qui sont pas en si mauvais état que ça quand même.
Et on a climatiquement, comme on a pas de pétrole et pas de gaz, on a aucune tentation énergétiquement de faire les mauvaises décisions parce que notre transition climatique, elle est alignée sur nos intérêts économiques. C'est pas tous les pays qui peuvent dire ça. Et donc on a plutôt intérêt à foncer parce que sur ce sujet-l, l'intérêt des Français, le pouvoir d'achat et la souveraineté sont alignés.
C'est pas le cas évidemment des Américains ou même des Brésiliens ou d'autres pays. Donc on a plutôt intérêt à emprunter ça. Mais il faut pas être naïf par rapport à à tous les contreisours qui sont portés par des intérêts existentiels et contraires au nôtre. sur sur la trajectoire à emprunter, le fait que finalement ce soit des collectifs qui trouvent des solutions et que on avancera ensemble en respectant les uns et les autres et surtout en respectant les intérêts et des contraintes de chacun et en les comprenant parce qu'on ne peut avancer que comme ça finalement.
Il me semble que c'est très vrai et que c'est très important de faire la pédagogie finalement de cette méthode parce que on a commencé par ce qui était le plus simple. On a on a commencé par les opérations finalement qui étaient où il y avait un modèle économique, où finalement l'équation était assez simple à trouver et plus on va avancer, plus on va aller euh vers des projets qui sont plus compliqués à monter, qui sont plus compliqués à financer, qui vont dans le dans lequel le la clôture de l'ensemble des des dimensions de l'équation sera très compliqué finalement. Et donc, il me semble que cette méthode du pragmatisme ou du ou du décider ensemble ou du trouver le chemin ensemble finalement sera la seule possible dans ce cadre-là et que donc on est obligé de sortir d'un dogmatisme pour aller vers un respect quelque chose quelque part du collectif, sinon on arrivera pas à avancer.
Et et là euh euh voilà, comment vous voyez les choses en terme de rythme aussi puisqueon se dit ben plus on avance et plus on va aller vers des projets qui vont être finalement peut-être de plus en plus difficiles. Je rebondis une deuxième fois mais je pas forcément. C'est-à-dire que plus on avance et plus on s'aperçoit aussi qu'on arrive à faire des choses.
Vous vous prenez la voiture électrique. Il faut juste se souvenir qu'il y a 8 ans, on produisait pas une batterie électrique en France, pas une voiture électrique en France. Bon, aujourd'hui, la part de marché des producteurs français sur la voiture électrique est supérieure à la part de marché des producteurs français sur la voiture thermique.
Moi, je je suis dans un territoire les Haut de France, le Pas de Caléis et le Nord où on a fait sortir de terre trois usines. La 4e est actuellement en construction et on a un écosystème qui qui se met progressivement en place. Alors, c'est pas facile, hein, parce que la concurrence est hyper difficile.
Euh, c'est la traversée du désert à certains moments et cetera, mais en fait, si on regarde en 8 ans ce qu'on a fait, jamais on aurait imaginé qu'on aurait fait cette ce cheminlà avec cette rapidité. Moi, quand j'étais ministre de l'industrie, on me disait un un camion pour transporter des marchandises électriques, ça n'existera pas. On me le disait comme ça en 2018 camion pour transporter, il y a que l'hydrogène qui va marcher.
Bon ben en 2026 force de constater que c'est pas vrai. Donc les solutions, elles avancent aussi au rythme où on investit dans ces solutions et où on s'y intéresse. C'est quand même ça aussi qui fait la force du génie humain.
C'est-à-dire que c'est un peu comme la limine bleue des vauges, elle avance au mesure où on avance nous-même. Donc je pense qu'il faut se dire aussi sans tomber dans l'illusion de la technique ou de la technologie le technolutionnisme est dangereux mais en revanche des solutions qui oscillent entre un certain bon sens la sobriété ça coûte pas cher et ça nous a rapporté beaucoup en 2022 et des solutions qui sont fondées sur du collectif ça a plutôt pas mal marché et il faut juste aussi avoir un peu confiance en nous dans notre capacité à déployer ces solutions et je Je pense que les citoyens, enfin peut-être il faudra que vous me confirmiez, mais moi ce que j'ai lu, c'est qu'en gros, ils nous demandent des trucs simples. La voiture, dites-nous simplement en gros le modèle et comment je l'utilise et après je suivrai.
OK, c'est bon pour moi. Si le prix est au rendez-vous, si la techno est un peu près compatible et si on m'explique comment on s'organise pour charger la batterie, je j'adère. Et en fait, on s'aperçoit que quand les gens basculent, finalement, ils ne reviennent pas en arrière.
En tout cas, moi, c'est ce que j'ai pu voir et je vais peut-être bah pour rebondir là-dessus, moi je pense sur des choses qui ont aussi beaucoup avancé qui peut-être vont rendre les choses aussi plus faciles. Moi, nous on note vraiment une forme aussi de normalisation de ces enjeux aussi de transition dans la population. C'est-à-dire et c'est plutôt une bonne nouvelle, il est il faut aussi déshéroïer en fait ces enjeuxl faut pas dire ou les gens qui agissent sur ces sujets, c'est vraiment des héros, c'est vraiment des saints, ils sont vraiment très différents de nous.
Je pourrais jamais leur ressembler. On retombe quelque part sur cet enjeu de la perfection tout à l'heure. Mais juste pour vous donner quelques idées, quelques chiffres.
Nous quand on teste du coup dans nos étude, typiquement on a à peu près 2/3 de la population qui connaît quelqu'un aujourd'hui qui est une voiture électrique. Voilà, on a à peu près 2/3 de la population qui connaît quelqu'un qui est végétarien. On a à peu près 2/3 de la population qui connaît quelqu'un, un peu moins en l'occurrence 60 % qui a installé des panneaux solaires d'une manière ou d'une autre sur son logement.
Et donc si vous voulez, c'est aussi la normalisation de ce genre de comportement-là qui font on se dit pas wou voilà c'est des gens super bizarres, ils ont fait un truc que personne d'autre ne fait. On se dit à l'inverse bah en fait c'est tout à fait normal en fait de faire ça. C'est des formes de bon sens aussi dans une certaine mesure.
Et donc ça je pense que c'est un premier point. Il y a un deuxième point sur cette normalisation qui est aussi la part de gens qui ditent non franchement les responsables politiques, ils en font trop sur ces sujets. Elle est extrêmement réduite en France.
C'est 8 % des gens nous dans nos dernières études qui disent vraiment les gens en font trop d'une manière ou d'une autre. Et euh pour finir peut-être là-dessus, pour rebondir aussi ce que sur ce que vous disiez, si vous voulez l'enjeu c'est aussi de passer au du quand on veut on peut à quand on peut on veut. C'est-à-dire si jamais vous offrez la possibilité aux gens de changer de comportement d'une manière ou d'une autre assez facilement, en fait, ils vont y aller.
Enfin, nous aujourd'hui, on voit les les freins, c'est beaucoup plus dans les environnements, on va dire, ce qui est disponible et ce qui est facile à faire plutôt que un espèce d'immense blocage psychologique, genre je suis contre tel ou tel truc, quoi. Oui, c'est c'est exactement ça. On on sera on s'habitue à des solutions qui sont maintenant évidentes mais qui ne l'étaient pas il y a 10 ans.
Et aujourd'hui, vous n'avez plus une propriété où vous n'avez pas 5 ou six bornes électriques dans sur le parking. C'est ça n'existait pas il y a 10 ans. Autrefois, on mettait de l'herbicide entre les randevignes, point barre et et c'était très simple et et cetera.
Aujourd'hui, vous trouvez de l'herbe au milieu des randvignes et tout le monde trouve ça normal. À l'époque, on vous aurait regardé comme un fou. C'était sale.
Exactement. Et il y a il y a beaucoup de choses comme ça. Exactement.
Et donc c'est intéressant de se dire finalement on y va tous et finalement on y va peut-être avec de moins en moins de d'intimidation et de et de défiance. Peut-être avec de plus en plus d'envie et de confiance quand on voit que nos pères euh adoptent des solutions qui sont finalement à notre portée. Ça ça donne confiance de se dire "Mais finalement mon voisin il a bien été capable de le faire donc pour pourquoi moi je n'y pas ?" Donc ça c'est très intéressant.
Euh sur la partie peut-être, ça serait intéressant de de vous entendre sur la partie euh innovation versus risque et comment est-ce que on aborde le principe de précaution ? Est-ce que le principe de précaution euh on on peut avancer suffisamment vite et suffisamment bien avec ? Est-ce que c'est quelque chose qui fait partie des conditions quelque part du progrès ?
Est-ce qu'au contraire, il faut faire attention à ce que ce ne soit pas un frein aux solutions ? Comment vous percevez ces questions là lié finalement au risque de l'inconnu et de l'expérimentation ? Alors le le principe de précaution, on l'a quand même euh on lui a fait dire beaucoup de choses.
À la base, c'est une approche bénéfice risque parce ce qui est assez basique quand même, bénéfice risque, enfin moi, je connais peu d'actes humains où vous grattez un peu important, vous grattez pas la tête en disant quel est mon bénéfice, quel est mon risque. Euh donc jusque-là, tout enfin tout ce qu'il y a de plus tout ce qu'il y a de plus normal derrière ça, il faut effectivement que ce soit pas une interdiction à l'action. Moi, j'ai été frappé là aussi comme ministre de l'écologie sur tout ce qui était notamment adaptation au changement climatique.
Donc adaptation au changement climatique, augmentation des inondations, risque de sécheresse, il faut des infrastructures, il faut les déployer vite. Il y a quand même une question de délai de courir un peu contre la montre de un risque qui est en train de monter. Et là, bim, on se fait coincer euh par des recours contentieux sur des sujets où on est dans une démarche écologique.
Et donc, il y a deux fils qui se touchent. Euh et et ce sujet-là est un vrai problème où il faut probablement renverser la question de d'aborder les sujets sous l'angle du process. Donc, toujours, c'est comment je fais de manière parfaite tel et tel dossier plutôt en allant vers un un logique de résultat.
Quel est mon objectif ? Est-ce que cet objectif me justifie effectivement de faire cet effort qui aura certainement comme tout acte humain un impact sur la nature mais avec des bénéfices supérieurs à l'impact que je je vais avoir. Je pense que ça c'est une approche qui est qui est raisonnable.
Et puis le le deuxième élément c'est qu'il faut choisir son progrès. On a je vais prendre un exemple qui sera sans doute plus parlant. Moi, je on a beaucoup travaillé ces derniers mois sur Chine.
Donc Chine, voilà, tout le monde est au courant, c'est une plateforme qui offre des produits à des coûts défiant toute concurrence qui s'assoit à peu près sur toutes les réglementations existantes en Europe, environnementale, social, fiscal au passage parce que faut pas s'emmerder, pardon pour la trivialité. Et au fond, on nous explique qu'au nom du pouvoir d'achat des gens, il faudrait faire la porte grande ouverte. Mais c'est pas un progrès qu'on a choisi.
À aucun moment, il y a une expression démocratique en disant "C'est super, on va faire venir Chine en France ou en Europe." Et en fait, si on pose quand on pose l'équation en disant voilà la colonne des avantages, voilà la colonne des inconvénients, donc ce truc va tuer le commerce de centre-ville, va tuer le commerce ultrapériphérique est un polluant majeur, en réalité utilise des techniques commerciales qui font les poches des gens qui sont les plus sensibles à la consommation et notamment des personnes les plus vulnérables. Donc c'est une honte absolue sur tous les registres économique, emploi, social, environnement.
Bah peut-être qu'on a envie de choisir. Et je pense que cette question du progrès choisi, elle est très importante. Elle se pose aussi d'ailleurs dans l'intelligence artificielle, c'est-à-dire à quel moment en tant que peuple, en tant que citoyen, on a cette capacité à se mettre d'accord sur ce qu'on nous on estime comme un progrès et pas ce que veulent nous imposer des organisations extrêmement puissantes, que ce soit des entreprises ou d'autres pays parce que ils ont cette force de frappe, y compris force de frappe marketing.
Bravo. Alors, on m'a fait signe qu'il était le temps de conclure. Donc, Sylvie et Lucas, voilà, si vous pouvez poser un un point final à cette discussion.
Est-ce que l'écologisme est un progressisme choisi ? Je te laisse précise. Choisi.
Je crois je crois que aujourd'hui il n'y a pas une seule recherche qui soit faite aujourd'hui dans notre métier comme dans beaucoup de métiers de l'agriculture sans qu'il y ait cet esprit de protection de l'environnement et de et de développement de de nos de nos sociétés. Donc pour moi, il y a pas de sujet si vous voulez. Aujourd'hui, on a ça dans nos esprits, on a ça dans nos actions.
On a on est on est en train d'évoluer à une vitesse extrêmement rapide. Alors peut-être pas autant aux États-Unis, mais en tout cas chez nous en France, moi je suis persuadé de ça et je crois que c'est aussi le pragmatisme qui nous pousse à y arriver. Alors à trouver l'équilibre, hein, comme on l'a dit tout à l'heure, mais en tout cas à Moi, j'y crois beaucoup.
Je crois que on est on est parti pour ça. Et peut-être pour finir euh je pense que insister sur le fait qu'aujourd'hui sur ces enjeux de transition, on est capable collectivement de multiplier les raisons d'agir en fait des gens. La morale, protéger la planète, c'est super, c'est important en moyenne.
Mais euh dans le moment dans lequel on traverse, les enjeux d'autonomie, d'indépendance énergétique de la France, c'est des vrais enjeux qui doivent nous mouvoir, je pense, collectivement et nous émouvoir, j'ai envie de dire, en tant que peuple. Et donc, c'est quand et qui de fait sont extrêmement alignés avec les enjeux de transition écologique. Moi, ça m'a beaucoup intéressé.
Récemment, on voyait que dans un sondage que les Français qui disaient que il faut sortir des fossiles, c'est plutôt pour une question d'autonomie, d'indépendance de la France, pas de transition écologique. Donc on a aussi l'opinion avec nous là-dessus. Donc c'est quand même assez intéressant.
Et une autre raison d'agir extrêmement puissante est celle de la santé. En fait, les questions de santé environnementale, nous on les voit pousser absolument partout dans l'opinion, lié à l'eau, aux aliments, au scandales alimentaires qui se multiplient, qui touchent à l'intime aujourd'hui avec des formes de maladie. Les enjeux d'infertilité qui sont aussi des enjeux qui touchent beaucoup de gens et en tout cas en opinion le lien avec ces questions de santé et d'environnement sont extrêmement faits ces liens-là.
Et donc je pense que c'est des raisons d'agir aussi qu'il faut qu'on puisse multiplier pour engager toujours un peu plus de monde. Bien. Merci à tous les trois.
Est-ce que tu tu veux tu veux dire moi ? Non, c'est bon. Merci à tous les trois pour ce beau débat et au suivant.
Voilà, bonne fin de soirée et merci pour cette excellente animation. Bonjour, bonjour à toutes et à tous. Monsieur le ministre, madame la ministre, monsieur le maire.
Euh avant de commencer à à vous raconter, est-ce que j'ai Est-ce que ça fonctionne ? Ça a pas l'air. Alors ouais, juste je je vais commencer par me présenter en attendant qu'on règle ce petit souci technique.
Je m'appelle Simon Bernard. Je suis président et cfondateur de Plastic odyssée et je reviens de d'un tour du monde de 3 ans et demi à bord de ce navire qui est amarré juste ici euh au qu d'honneur. Et et donc pour vous bon ça a pas l'air de on peut tourner l'ordinateur comme ça.
Ah ouais, il est l batterie. Il y a peut-être pas de son non plus. Alors OK, c'est pas grave.
On va faire sans la vidéo ou alors je vais commenter la vidéo. OK, c'est pas grave. Je vais vous montrer quelques images comme ça ça va vous faire voyager un petit peu.
Voilà, j'avais un un rêve d'une grande expédition mais au début on a commencé comme ça il y a 10 ans. On a construit un premier prototype et puis on a réuni une équipe et on a acheté un navire, un navire un ancien navire de recherche oceanographique. On pensait qu'il était en parfait état.
On a eu 3 ans de galère. un chantier complètement incroyable, de la miande partout à bord, des faux certificats. Ça était une sacrée galère euh pour voir quelques images de du chantier des travaux et puis ah chaque minute, c'est plus de 18 tonnes de plastique qui se déverse dans l'océan.
Comment est-ce qu'on en est arrivé là ? Il y a 10 ans, j'avais un rêve. monter une grande expédition autour du monde pour stopper la pollution plastique de l'océan.
C'était un grand rêve mais au début ça ressemblait à ça. Allez on paguet. Puis on s'est battu, on a construit un prototype, réuni une équipe, trouvé des financements et enfin le navire parfait.
Du moins, c'est ce qu'on croyait. Après des années de galère, de l'amiante partout à bord et pour couronner le tout, la crise du Covid, c'est super. On passe un bon moment, je vous présente les matelots.
Ce rêve est devenu réalité. L'expédition plastique odyssée était lancée. En 3 ans, on a fait plus de 45 escales partout dans le monde.
On a documenté 200 solutions concrètes qu'on a expérimenté à bord de notre navire laboratoire. des alternatives aux plastiques, des nouveaux usages, des solutions de transformation des déchets existants et on a accompagné 1500 entrepreneurs prêt à les répliquer. Comme rien ne peut se faire sans la nouvelle génération, plus de 12000 enfants sont montés à bord pour comprendre comment mieux vivre autrement.
Ils font de la peine, ils souffrent à cause des déchets plastiques et cetera dans l'eau. 10 ans après ce premier rêve, nous revenons aujourd'hui d'un tour du monde complet avec des solutions validées et prêtes à changer d'échelle avec toujours OK à fond un petit brin de folie. Et ce n'est que le début.
Merci. J'étais pas trop mauvais sur le script de la vidéo, j'avais à peu près les paroles. Et donc ouais, rapidement pour vous expliquer ce qu'on a fait pendant pendant 3 ans.
Donc on a transformé ce bateau en se disant on va en faire un peu la calyso de cou mais version solution contre la pollution plastique. Et donc on a on a travaillé vraiment sur les trois axes en se disant donc de l'Amon à l'Aval, la réduction jusqu'à la la dépollution des sites, en se disant on va se concentrer sur les zones les plus touchées par cette pollution plastique. Et on se rend compte quand on regarde les études que une grande majorité de cette pollution de l'océan provient des des pays qui ont pas accès à la gestion des déchets, qui se retrouvent à vivre sous des des montagnes de déchets et donc ce plastique se retrouve dans la nature et finit dans l'océan.
Alors, on est parti, on a un peu pris les études scientifiques et puis on a calqué la carte de des escales. On a fait 45 escales, donc Afrique, Amérique du Sud et Asie avec à chaque escale cette idée de travailler sur des solutions concrètes. Donc, on n'est pas venu pour expliquer aux gens que la pollution c'était mal et que c'était mal de polluer.
On s'est dit, on va aller chercher des solutions concrètes qui existent déjà et on va essayer de les faire grandir à la fois pour réduire l'usage du plastique, pour transformer les déchets qui sont déjà là, les déchets du passé et ceux qui vont continuer à être produits. Et puis vraiment l'aval quand ces déchets sont échoués dans des zones inhabitées mais très riches en biodiversité, comment est-ce qu'on les retire ? Et alors, on peut commencer par, je voulais vous raconter juste quelques exemples très concrets.
Ça c'est un mauvais exemple évidemment. C'est en République dominicaine. On peut voir, je sais pas si vous voyez ce que c'est en bas.
C'est des bananes. C'est des bananes qui ont été épluchées et emballées dans du plastique. Quand même, il y a quand même moyen de faire mieux.
Et donc, on a quand même vu pas mal de d'exemples. Alors, il y en a un. Alors ça c'est vraiment tout bête mais je me suis dit pourquoi est-ce qu'on a pas ça partout dans tous les supermarchés du monde ?
C'est au vanoatou sur une petite île au milieu du Pacifique. Et au lieu d'avoir des sacs plastiques en pseudo bioplastique pour peser chaque fruit et légumes, les bananes, les clémentines et cetera, en fait on nous prête des filets et à la caisse on les rend et on met tout dans le même panier. Donc les filets restent dans le supermarché et ça permet juste d'éviter d'utiliser des sacs plastiques pour 15 secondes de course.
Ça c'est quelque chose de très basique qu'on aurait pu qu'on pourrait avoir dans tous les supermarchés. Une autre solution que j'aime bien puisque je j'ai découvert cette solution dans un bidoville de Naéroie, c'est c'est du vrac, c'est de la distribution d'huile et de lait en vrac. Et c'est pas un magasin de de riches écolos, c'est le bidonville.
Pourquoi ? et ce qu'on vend en vrac, c'est pour des raisons économiques. C'est parce qu'on a pas les moyens d'acheter une bouteille entière et donc on vient avec 20 centimes, 30 centimes et on vient acheter la quantité de lait et d'huile nécessaire pour la journée.
Et ça évidemment ça permet de réutiliser des contenants. Donc les gens viennent avec leur contenant et ont la la quantité de d'huile et de lait. Et un dernier exemple là qui qui peut vraiment avoir un impact énorme, c'est sur l'eau parce qu'on a pas la chance d'avoir de l'eau potable partout dans le monde.
Et donc au lieu de potabiliser tout un réseau et de devoir avoir des des investissements énormes pour des infrastructures à l'échelle d'une ville, on a ces fontaines qui viennent potabiliser l'eau nécessaire, juste l'eau potable. Et donc les habitants viennent remplir des bidons euh et éviter de d'acheter des bouteilles plastiques, d'acheter des sachets. Parfois on a ses poches d'eau en Afrique.
Donc pareil, une solution euh qui est euh qui paraît évidente et qu'on a pu trouver malheureusement que dans quelques pays. Alors, on a aussi à bord du bateau expérimenté ces solutions. L'eau, on a commencé par l'eau.
On a un système qui a permis de potabiliser l'eau, donc de boire de l'eau sans plastique. ça nous a permis d'éviter 40000 bouteilles d'eau sur les 3 ans d'expédition. Euh et puis on a été plus loin, on a essayé de se passer du plastique et on s'est rendu compte qu'on a on atteignit un plafond de verre.
Il nous restait des briques de lait, il nous restait des sachets de pâtes, il nous restait tout un tas de trucs qu'on devait acheter dans du plastique, on pouvait pas faire autrement dans les pays visités. Et donc, on a eu une idée de transformer une pièce du bateau pour en faire un laboratoire zéro déchets. On a embauché, on a créé un poste qui existait pas, le comi zéro déchet en plus du cuisinier.
Euh et on a des machines qui permettent de faire des pâtes de manière industrielle, du lait, euh des granolas pour le matin, des biscuits pour l'apéro, des sodas, enfin bref, tout ce qu'on achetait avant dans des emballages plastiques, on fabrique aujourd'hui tout nous-même à partir des produits bruts. Et donc on a drastiquement réduit la consommation de plastique et on peut imaginer répliquer ce système là à l'échelle de petit kiosque par exemple. Alors là, on va on va peut-être faire une expérimentation ici d'ailleurs à Darwin.
On aimerait essayer de tester la manière de distribuer sans emballage, de produire localement, de transformer à l'échelle peut-être du consommateur certains produits, certains aliments et donc d'avoir comme ça des kioses qui permettraient de réinventer un peu la manière de de consommer. Alors ça c'est pour ces expérimentations sur la réduction du plastique mais comme je vous disais on a énormément de plastiques qui ont déjà été produit et donc il faut en faire quelque chose. Et alors là pour ça on a travaillé sur des solutions qui permettaient de transformer des déchets plastiques et de créer de la valeur.
Donc on a accueilli à chaque escale une quinzaine d'entrepreneurs locaux dans tous les pays avec cet objectif de leur partager ce qu'on avait vu ailleurs. pas de leur expliquer ce qu'on faisait en France, mais plutôt de leur montrer ce qu'on avait vu dans d'autres pays. Et l'idée derrière tout ça, c'est d'aboutir à un modèle de micro-usine qui permet de transformer des déchets qui aujourd'hui ont pas de valeur et d'en faire des produits finis utiles localement.
Donc après ces ces 3 ans et demi de tour du monde et de découverte, d'exploration de toutes les manières économiquement viables de transformer les déchets, on a identifié des produits finis. On a identifié des technologies et on a développé des micro-usines de recyclage. Donc ça c'est l'usine qu'on a à Saint-Louis au Sénégal.
On en a une dizaine aujourd'hui. On peut voir les déchets de la décharge en haut de l'image et puis cette usine solaire qui transforme les déchets, qui en fait des planches, des menuisiers qui transforment les planches en produits finis. Ça peut être des poubelles comme on voit ici, des poubelles pour Saint-Louis, du mobilier scolaire, tout un tas de produits finis qui vont avoir une utilité sur place localement.
L'objectif de ce de ce modèle, c'est qu'il soit répliqué à grande échelle. Donc c'est pas de faire des grandes usines parce que le problème des grandes usines, c'est qu'il faut acheminer le plastique et c'est cette logistique, ce transport qui coûte cher, mais c'est plutôt d'aller au plus près des déchets transformer et fabriquer des produits finis. Et donc à terme d'ici d'ici 5 ans, l'ambition c'est de faire 200 usines et ça ça peut représenter 100000 tonnes de plastique traité par an.
Donc ça fait quasiment 1 % de la pollution de l'océan. Ça commence à être significatif. et 10000 emplois créés euh dans une dizaine de pays.
Donc ça c'est l'ambition. Merci. Et donc ça a donné lieu en parallèle de cette expédition, il y a une autre équipe qui s'est montée qui s'appelle Plastique Odysseé Factories qui est une start-up industrielle et qui développe ce modèle rentable d'usine de recyclage dans les pays du sud.
Et donc en parallèle de ça, on a identifié qu'il y avait un besoin qui malheureusement ne pourra pas être rentable d'aller récupérer les plastique qui se sont échoués dans des zones qui sont parfois très isolées. Là, malheureusement, on a beau se creuser la tête, on peut pas avoir de modèle rentable avec les le modèle économique actuel, mais il faut quand même aller le chercher. Je vais vous donner un exemple qui nous a marqué, c'est l'île d'Enderson au milieu du Pacifique.
Donc vraiment éloigné de de tout, à peu près une semaine de navigation de l'île de pâqu. et de la Polynésie. Euh et puis cette île, elle était, vous voyez, elle est elle est très belle et elle forme une côte de 2 km qui agit comme un filet et qui capte les déchets des courants marins.
Vous avez entendu parler de ces girocéaniques. Le plastique de l'océan à mo 50 %, il se réchoue sur des côtes qui sont protégées comme celle-là avec une biodiversité qui est incroyable. C'est c'est ces sites de l'UNESCO, ça représente 15 % de la biodiversité terrestre. enfin marine et donc c'est énorme et malheureusement ils sont cette c elle était aussi connue pour être remplie de plastique.
On a une densité euh ici qui est qui est vraiment incroyable. Ce plastique qui se dégrade en microparticule. Donc si on agit pas vite, on pourra plus le récupérer et il aura un impact sur la biodiversité.
Alors avec l'équipe, on s'est dit il faut qu'on aille le chercher. La problématique c'est qu'il y a une barrière de coraille comme beaucoup de de sites. Il est Henderson est très inaccessible. et une expédition avait tenté en 2019 mais c'était retourné dans la barre de corail et donc avait laissé tous les déchets sur la plage dans des sacs et ça avait fait le tour des médias.
Et quand on avait vu ça, on s'était dit un jour on ira rechercher ces plastiques. C'était marqué ces ces tonnes de déchets attendent une prochaine expédition pour être collecté. Et le moment venu, on a contacté l'expédition donc des Britanniques qui nous ont dit "Ça sert à rien d'y aller, il y a aucune solution, il faut un hélicoptère.
C'est interdit avec les avec les à cause des oiseaux. On avait pas les moyens de toute manière ni l'envie d'utiliser des hélicoptères. Et donc on a dû se creuser la tête et on a eu une idée un peu folle.
Je vous laisse deviner comment est-ce qu'on a extrait ces pas loin pas loin un parachute ascensionnel. euh qui normalement est fait pour soulever des des touristes. 400 kg, on peut soulever avec un parachute.
Et donc, on a prototypé très rapidement. On avait pas beaucoup de temps ni de moyens. Et donc au lieu de faire construire un truil complexe, on a récupéré, j'ai pas les photos, mais on a récupéré une vieille moto en Équateur.
On a soudé la moto sur le pont du bateau, on a enlevé la roue arrière, on en a fait un treuil, on a accroché un câble de à l'arrière de la moto dans la cheminée jusqu'en haut de la cheminée du bateau et à 500 m sur la plage, on a accroché un parachute et puis on avait un motard qui accélérait et les sacs plastiques, les sacs de déchets qui s'envolaient. Donc ça a été une première expérimentation qui était une réussite. Pour la première fois, les déchets ont été extraits de cette île 10 tonnes en une semaine avec 10 personnes.
On s'est dit euh finalement en assez peu de temps, on a nettoyé un site de l'UNESCO, on a 50 dans le monde, donc pourquoi pas aller faire les les suivants. Alors pour la petite histoire, on a pu transformer tous les déchets rigides qu'on avait collecté, enfin une grande partie des déchets pour en faire du mobilier pour l'île de Pitkerne. C'est 40 habitants qui vivent sur un petit caillou, les descendants des mutinés du bounti pour ceux qui connaissent l'histoire.
On a passé 10 jours avec eux et on a on a fabriqué tout un tas de trucs pour l'île. Et donc on s'est dit euh on va pas s'arrêter là. Il y a que 50 sites qui sont euh au patrimoine mondial naturel de de l'humanité.
Ça représente 1 % de la surface terrestre. Mais comme je vous disais, c'est 15 % de la biodiversité et c'est 35 % des espèces marines en danger qui vivent sur ces petits bouts de cailloux isolés que personne ne connaît puisque c'est très protégé et très inaccessible. Donc l'année dernière, on a on a on s'est rapproché de l'UNESCO, on a signé un partenariat et on a aujourd'hui cette ambition en parallèle de tout ce qui est fait avec ces usines de recyclage pour empêcher le plastique d'arriver avec toutes ces initiatives de réduction aussi.
On a comme nouvelle ambition de construire un navire, un navire qui sera dédié, voyez cette fois, qui sera dédié à la protection, à la dépollution et à l'étude des sites de l'UNESCO et des et plus globalement des aires marines protégées dans le monde. Donc c'est un navire qui fera 60 m et qui sera capable de transporter 200 tonnes, d'avoir des laboratoires scientifiques et de de permettre à terme, on aimerait en avoir un par océan pour entretenir régulièrement les sites les plus importants de l'humanité et donc permettre durablement de protéger ces endroits qui sont très importants avant qu'on arrive à fermer complètement le robinet de de cette pollution plastique. Merci.
Alors, bonsoir à tous. On va démarrer cette seconde table ronde climat. Y a-t-il encore des raisons d'espérer ?
Alors, je pense que après la présentation de Simon Bernard qu'on vient d'avoir, je pense qu'on a plein de raisons d'espérer. Mais je peux aussi vous demander votre avis. Est-ce que vous avez envie encore d'espérer ?
Alors, ceci posé, on va on va essayer d'étayer les choses. Euh et donc avec moi, je vais avoir Gaetan Dot. Donc Gaetan, tu es ingénieur au fonctionnaires et co-auteur du rapport "Pourra-ton voler sans pétrole en 2050 pour l'association Aérod Carbo et en lien avec le shift Project ?
Euh un sujet qui est important pour nous parce que l'avion ça a toujours été un peu ce symbole de l'écologie. Est-ce que ça va être punitif ou pas sur l'avion ? Donc merci de ta présence.
J'ai avec moi aussi Benoît Lu. Donc Benoît, tu es directeur général de l'Institut pour l'économie du climat, donc les chiffres, les financements, l'économie du climat n'a pas de secret pour toi. Et donc avec nous aussi Agnè Panier Runaché, je ne présente plus et que je remercie beaucoup pour sa présence.
Alors, on va on va on va commencer peut-être sur un constat aujourd'hui là tout de suite en 2026. Quelle est la vision que vous pouvez avoir ? Qu'est-ce que nous disent les chiffres ?
Qu'est-ce que nous dit la situation peut-être internationale ? Comment on on se situe en point de départ aujourd'hui ? Euh peut-être je te laisse commencer Benoît.
Allez, tu me lances et n'hésite pas à me couper quand c'est quand c'est trop long. Euh peut-être pour rappeler quelques quelques éléments. Les objectifs, on les a.
Alors, je vais parler uniquement de climat, donc la transition écologique vue de ma fenêtre, c'est uniquement le climat, l'atténuation, c'est-à-dire la la réduction des émissions de gaz à effet de serre ou la défossilisation, pour le dire, avec des mots un peu plus modernes, et l'adaptation au changement climatique. Le reste, plastique, biodiversité et cetera, je ne regarde pas. C'est pas que c'est pas important, c'est que c'est hors de mon périmètre d'expertise.
Donc sur le climat, les objectifs, on les a. Euh, c'est l'accord de Paris 2015, zéro émission nette avant la fin du siècle. Ça s'est traduit assez vite pour l'Europe et pour la France en zéro émission nette avant la moitié du siècle, c'estàdire 2050.
Là, c'est de la physique hein, c'est pas de la politique. Si on veut arrêter le réchauffement climatique, il faut ramener les émissions à zéro. Enfin, il faut stabiliser la concentration gaz à effet de ser dans l'atmosphère et donc ramener les émissions à zéro.
Là, encore une fois, c'est enfin c'est du domaine du non négociable. Ce qu'on peut négocier en revanche évidemment, c'est le calendrier dans lequel ça se fait. Mais donc pour les raisons d'espérer, moi j'ai déjà une raison d'espérer.
La transition vers le net zéro, on va la faire de toute façon. Soit on la fait de façon un petit peu pilotée, soit on l' fait de façon subie. Et la bonne nouvelle, c'est que dans 300 ans, au maximum, on aura fait la transition puisqueil y aura plus de pétrole, plus de gaz, plus de charbon, on aura tout cramé.
Voilà. Et donc on sera de toute façon obligé d'avoir fait la transition à cet horizon. Donc la question n'est pas de savoir si on va la faire, mais comment on va la faire, avec quel horizon et comment comment on fait tout ça.
On a des trajectoires, ça c'est super. Alors, on a au-delà de ce point d'arrivée 2050, on a des trajectoires. Alors, ça porte le dou pardon, pour la la France, de SNBC, stratégie nationale, bascarbone, PPE, programmation pluriannuelle de l'énergie, PNAC, Plan national d'adaptation au changement climatique.
Plein d'acronymes. Voilà, on a des plans pour le faire et c'est bien. Et en revanche, on loupe un petit peu les objectifs.
Ça va faire réagir Agnès, je sens. On loupe un petit peu les objectifs. Alors moi, il y a un indicateur que je regarde, c'est les investissements en faveur du climat.
Pourquoi on regarde les investissement ? C'est parce que ça permet les investissements, c'est finalement ce qui permet de structurer l'économie de demain. Donc en regardant les investissements d'aujourd'hui, on peut savoir si on va être neutre en carbone à horizon 2050 ou pas.
Et donc c'est un relativement bon indicateur. Alors justement, on sait combien il faut investir pour la transition. Après avoir pris un objectif de neutralité carbone pour la France à Horizon 2018, 2022 2023, Jean-Pisan Ferry et Selma Mafous ont rendu un rapport qui permettait de quantifier combien d'investissements il allait falloir faire en plus pour la transition.
Et là c'est là où les Athéniens s'aténirent. On se rend compte qu'en fait on fait pas ce qu'il faut uniquement en regardant cet indicateur. On investit aujourd'hui à peu près 100 milliards d'euros dans le bâtiment, la mobilité, le le les énergies propres. 100 milliards d'euros chaque année en France en faveur du climat.
Il faudrait à Horizon 2030 investir, je vous le fais vraiment à grosse maille he les chiffres sont pas exacts mais c'est pour que vous ayez les ordres de grandeur. Il faudra investir le double un petit peu moins du double. Donc en gros, on fait 60 % du taf.
Alors quand vous êtes à la fac ou en école 60 % du taf, on a 12/ 20, c'est bien, c'est mention assez bien, pas mal. On a le diplôme et c'est bon. Dans la vraie vie, 60 % du taf en général c'est qu'on n'est pas très bon.
Alors pourquoi on n pas très bon ? Alors c'est là où c'est intéressant. Pourquoi on n'est pas très bon ?
C'est parce qu'en fait on est très bon pour donner les objectifs et là les politiques écoutent les scientifiques mais c'est dans la mise en œuvre. Ça patine un petit peu. Alors c'est facile de critiquer depuis un fauteuil.
Là je suis confortablement installé. Je suis pas un décideur, c'est facile. Il y a qu'à faucon, il suffit d'eux.
En fait, quand on est un décideur politique, on a des contraintes à gérer. On a tout un tas de choses qu'il faut manier en même temps. Et en fait, il y a eu un avant 2022, un après 2022.
Je vais le dire de façon très simple, Agnè, tu l'as rappelé. Il y a eu la planification écologique. Ça c'est peut-être une avancée finalement de 2022.
Il y a un machin qui a été créé, le secrétariat général à la planification écologique placé auprès du premier ministre. super innovation institutionnelle avant 2022, je le fais pareil à grosse maille, en gros la politique écolo c'était une politique sectorielle. ça regardait le ministère de la transition écologique.
Voilà, Bercy faisait sa sa petite route. Le ministère de la de l'agriculture aussi, enfin chacun faisait un petit peu son petit machin. Et en fait, après 2022, on s'est dit "Ah, finalement, c'est un projet de société, c'est quelque chose qui dépasse la simple question écologique au sens du terme.
On est en train d'inventer une nouvelle société et donc il faut placer ça auprès du premier ministre." Ça c'est la première chose qui a changé. La deuxième chose qui a changé, c'est les moyens.
On s'est préoccupé des moyens. En fait, pour faire de la transition, il va falloir des moyens. Il va falloir investir en faveur du climat.
Il faut de l'argent privé, il faut aussi de l'argent public. Et en fait, le petit défaut qu'on faisait avant, on avait des plans mais on se prit pas des moyens. Bon, évidemment, en général, quand on a les plans mais pas les moyens, tu connais à peu près la suite de l'histoire, bah il se passe rien et à la fin, on constate qu'on a pas atteint les objectifs.
Dernier élément qui manque quand même peut-être, c'est et qu'il faudrait peut-être encore améliorer, c'est la crédibilité des politiques publiques. Aujourd'hui, c'est bien d'avoir des trajectoires, c'est bien d'avoir des moyens, mais il faut en revanche s'assurer qu'on a une trajectoire et une politique, des objectifs qui ne fluctuent pas. C'est que au moindre coup de Trafalgar, si on dit "Ah attention, la filière automobile est en danger, vite revoyons les objectifs".
Ou bien ah la filière du bâtiment est à la peine, vite revoyons les objectifs. En fait, ce qu'on introduit c'est de l'incertitude. C'est de l'incertitude.
Et le message qu'on envoie au secteur économique, c'est "Les gars, allez-y mais pas trop vite parce que finalement là où vous allez investir en espérant demain avoir un modèle économique, mais finalement on risque de le mettre à mal." Donc ça c'est la crédibilité des politiques publiques. C'est aussi quelque chose qui historiquement a manqué et c'est peut-être là-dessus sur lequel on peut encore faire des progrès.
Et ben merci. Bon c'est un bel appel pour pour notre réflexion. Peut-être Agè si tu veux pouvoir réagir.
Non mais en fait je je partage je partage tout à fait ce que dit ce que dit Benoît mais moi je vais le regarder à l'envers. C'est-à-dire je regardais le verre à moitié plein. Euh parce que je trouve que c'est pas mal aussi de dire qu'on a parce que on a fait des trucs et ça a marché.
Et c'est ça qui est intéressant. C'est-à-dire par rapport à tous les discours qui nous disent "Votre truc est impossible, militant, idéologique." Non, en fait quand on s'est concentré sur l'objectif, ça a plutôt fonctionné.
Premier élément au niveau européen, et ça c'est important parce que ça va à l'encontre d'un certain nombre d'idées reçues. On baisse fin 2025, on est un peu près à - 40 % de baisse des émissions de gaz à effet de serre par rapport à la référence de 1990. - 40 % c'est ce qu'on s'était initialement donné à Horizon 2030 hein.
Je le dis notre première trajectoire qu'on s'était donné autant où on était un peu moins ambitieux, un peu moins aligné avec les trajectoires scientifiques aussi on était à moins 40 % donc on le fait avec 5 ans d'avance c'est important parce que je vais parler de la Chine après. Euh OK et le PIB augmenté de 70 % dans la même période. C'est-à-dire que cette idée qui a été encodée dans pas mal de têtes que il est absolument impossible de conjuguer croissance économique et baisse des émissions de gaz et effet de serre, je sais pas pour l'avenir mais en tout cas pour le passé on a fait la démonstration strictement inverse.
Voilà donc ça c'est le premier point. Le deuxième point c'est le discours non mais on est les seuls à faire des efforts. C'est quand même scandaleux.
Pourquoi on fait des efforts alors que effectivement les États-Unis ne donnent pas un sentiment de de s'activer fortement en ce moment et la Chine caracolle en tête des émissions de gaz à effet de serre. Sauf que sauf que la Chine aujourd'hui a atteint son pic d'émission, sauf qu'elle l'a fait avec 5 ans d'avance. Alors, elle aussi n'a pas forcément pris le la trajectoire qui était la plus en ligne avec l'ambition scientifique, mais on va dire que le le la diplomatie chinoise assez couramment sous-estime euh ses engagements et surdélivre ses engagements, ce qui est assez bien pour se construire une crédibilité internationale.
Ça devrait pas peut-être parfois nous traverser l'esprit, nous européens qui voulons toujours caracoller en tête de gondole en terme de d'ambition. Euh mais ils ont atteint le pic, ils sont le deuxè enfin le premier investisseur dans les énergies renouvelables au monde. Ils sont en train de décarboner le contenu économique de leur énergie, de leur économie à une vitesse tout à fait stupéfiante.
Et en fait ce qui est en train de se jouer parce qu'ils sont pas idiots ni des grands philanthropes non plus d'ailleurs, c'est qu'ils ont compris que derrière cette histoire de transition énergétique et de climat, il y avait un immense enjeu économique et ils ont joué la partie avec cette casquette là et ils sont en train de potentiellement la gagner. Ce qui est un deuxième élément pour agir, c'est-à-dire que derrière le sujet de la planète et on l'a entendu tout à l'heure, finalement la planète ça fait plus trop lever les gens. Par contre, notre intérêt bien compris, qu'il soit sanitaire, de bien-être ou économique, de richesse, d'emploi, ça va peut-être nous faire lever plus activement.
Donc ça c'est le le deuxième élément. Puis la troisième chose, c'est si on regarde en France, euh moi je j'ai en tête le le budget 2024, mon meilleur budget, le budget 2024. Euh, on avait même dit 10 milliards d'euros de plus.
Bon, c'est 10 milliards d'euros. Il qui y a eu certains esprits forts qui sont allés corriger un peu ça mais peu importe mais mais 6 milliards, on le faisait bien 6 milliards sur l'écologie avec Christophe Bécheux, on était enchanté, on a rénové thermiquement et on a transformé les voitures électriques et on a accompagné l'électrification plus généralement du transport comme jamais. Et cette année-là, cette année-là et on était dans une crise énergétique, ce qui a aussi été une incitation à l'action évidemment, mais vous aura pas échappé que on a quelque chose qui ressemble à une incitation à l'action en ce moment.
Cette année-là, on baisse les émissions de gaz et effet de serre de 15 % dans le bâtiment. Ce qui veut dire que quand les les signaux politiques sont alignés et qu'on a effectivement une planification, des budget et pas d'hésitation sur la direction, ça délivre. Et moi, je pense que c'est un message essentiel, c'est-à-dire ce qui d'ailleurs pas totalement étranger au choix que j'ai fait au mois d'octobre dernier, c'est que c'est épuisant de lutter contre euh des vents contraires et d'avoir le sentiment de faire et défaire parce que c'est pas toujours travaillé.
En revanche, quand une direction est donnée et qu'on sait où on va et qu'on cherche pas à aller non plus en violant les gens, en étant dans l'imposition, mais qu'on a embarqué les gens, ça fonctionne. Ça a fonctionné sur le plan sobriété, ça a fonctionné sur la rénovation thamique, ça a fonctionné sur l'électrification et ça a fonctionné sur la décarbonation de l'industrie parce que c'est aussi ces cinq dernières années he 2018 2000 oui 19 24 sont 5 années où l'industrie pas parce que il y avait une baisse d'activité parce que c'était pas le cas mais parce que il y avait des plans très clairs et que filière par filière on a accompagné les entreprises pris les plus grosses sit, c'est plus facile l'industrie que le reste parce que c'est très concentré. Donc vous réglez le problème de quatre sites, vous faites déjà 20 % du boulot, vous êtes assez content et et vous prenez trois filières, vous faites 75 % du boulot.
Mais néanmoins, ça me dit tout de ce que sont des politiques publiques qui sont incarnées et qui se jouent avec le secteur privé et qui se joue avec le secteur financier. Et je voudrais conclure sur ça. Ce qui marche, c'est effectivement aussi de pas changer les règles du jeu tout le temps.
Ça c'est impossible. C'est impossible quand on est ministre, on a envie de se taper la tête contre les murs. Euh ou quand on est député, d'ailleurs, je vous rassure, vit très très bien ce qui s'est passé sur les aides des feu et sur le zéro artificialisationnel.
J'ouvre, je ferme la parenthèse. Mais euh c'est aussi impossible en terme de signaux et d'accompagnement. Moi, j'ai été investisseur dans ma jeune vie professionnelle.
Vous faites des plans à moyen terme, à 5 ans, vous avez des retours sur investissement. Si on vous change un paramètre de votre trajectoire, vous faites plus jamais confiance à l'État. Et ça, c'est un élément essentiel et je pense qu'il faut vraiment l'embarquer euh dans ce qui nous attend à partir de 2027.
Et peut-être un élément à ajouter. On a quand même deux ministres, deux anciens ministres du budget ici au premier rang. Dès qu'il faut aligner des dispositifs un peu pompiers parce que le prix à la pompe augmente et que on voit poindre quand même un un sujet social important, ça coûte tout de suite, ça pèse tout de suite beaucoup dans les budgets, même plus que les dispositifs finalement qu'on met parfois de long terme en œuvre.
Moi, j'ai mon vécu sur ça. 9 milliards d'euros, la baisse de 15 centimes sur le carburant en 2022. 9 milliards d'euros, c'est le tiers à peu près de ce qu'on a investi dans France 2030.
Donc vous imaginez qu'en 12 mois, on claque l'argent qui avait vocation à construire la France de 2030 pour nous préparer à être à top niveau de l'industrie pour 2050. Et ça dit tout. C'est-à-dire que ces 9 milliards d'euros, ils sont pas allés dans la poche des plus précaires.
C'est pas vrai. D'ailleurs, ils l'ont pas vu. Enfin, c'est pas leur sentiment lorsque vous les interrogé sur le terrain.
Leur sentiment, c'est que c'était pas assez ce qu'ils ont eu. Mais ça a été sous-poudré de manière tellement large qu'effectivement ça ait créé d'énormes effet d'oben. Et c'est typiquement pour moi, c'est je pense le pire regret.
Enfin, c'est même pas un regret parce que je m'étais fâchée à ce moment-là et j'avais eu des échanges un peu aigre doux avec certains, peu importe. Euh mais voilà, c'est le c'est le pire perte d'arbitrage que j'ai ressenti comme ministre et c'est pour ça que des mesures ciblées, alors bien sûr qu'il faut accompagner les gens qui sont en difficulté, ça il y a aucun doute. Mais en fait euh soutenir euh des par exemple soutenir un Paris d'oville en SUV, il y a pas tellement de raison.
Soutenir des transporteurs étrangers belges qui font le plein avant la frontière plutôt qu'après la frontière, il y a pas tellement de raisons. Et on se souvient à l'époque des que avaient sur toutes les pompes frontalières parce qu'effectivement on faisait des prix ultra compétitifs. Bon ben maintenant c'est un petit peu nous qui faisons la queue en Espagne et et il y a pas de mal à se faire mal du bien.
Ben merci Gaetan, je pense oui, peut-être peut-être réagir à ce qui a été dit. Effectivement, je pour revenir sur la question de l'espoir, j'ai l'impression qu'on a un moment euh où on peut être optimiste. Euh moi, pour l'anecdote, je pense que j'étais très optimiste au moment de la création du secrétariat général à la planification écologique.
Un moment où je cherchais des stages pour être honnête et donc je trouvais que c'était un bon endroit pour aller agir pour pour l'action publique dans dans l'écologie en particulier. et été un peu redescendu et j'ai l'impression qu'en ce moment on a ce cette ce triple alignement parce qu'on a parlé de de double alignement tout à l'heure mais il y a effectivement le climat qui mobilise peut-être plus autant qu'avant mais qui est renforcé par la souveraineté qui s'aligne. Donc là je pense à l'économie avec cette facture.
On a en tête les la facture de 40 milliards d'euros chaque année qui est monté à plus de 100 milliards en 2022 si je me trompe pas euh qui est redescendu certes mais voilà. Donc on a l'argument économique et puis on a l'argument politique et géopolitique aujourd'hui où on se rend compte quand même que dépendre majoritairement des fossiles, c'est aussi s'allier sans le dire à des pays avec lesquel on n'a pas forcément envie d'être d'être allié. Donc il y a ce trois il y a ce ce triple alignement qui fait qu'on a intérêt à le faire et du coup ça me permet d'enchaîner sur un exemple concret sur lequel on a travaillé nous aérodé carbo avec le chiffre project.
On a regardé comment on décarboner l'aviation et donc je vais pas résumer le rapport en 2 minutes mais simplement pour dire que on a deux chances en France qui sont la planification, la capacité de prévoir combien de biomasse, combien d'électricité on va attribuer à l'aviation pour la décarboner et une réglementation forte et ça c'est plutôt au niveau européen qu'il faut tenir pour euh se dire que la réglementation elle dit 70 % de sav donc de carburant d'aviation dit durable En 2050 et ben 70 % de carburant durable, c'est 70 % de carburant qu'on produit localement avec de la biomasse, avec de l'électricité qu'on pour produire localement et donc c'est 70 % d'indépendance en remplacement du kérosène fossile. Et donc on a effectivement un alignement et on a des raisons de croire qu'on est dans un bon moment pour agir. Et ben, on va continuer là-dessus.
Donc très concrètement en 2050, comment est-ce qu'on prend l'avion ? Combien de fois par an ? Combien de fois ?
Alors si alors nous euh euh on dit qu'on le prend encore euh et par contre nous ce qu'on fait donc nous on regarde pas le l'aspect financier et monétaire. Ce qu'on fait chez Aérodécarbo et c'est ce que fait le chiffre Project aussi c'est qu'on parle des flux physiques. Donc nous on compte des tonnes des mégatones de kérosène, on compte des kilowh d'énergie.
Euh c'est ce qu'on sait faire et ça permet euh de se départir d'une convention que peut être l'argent pour aller sur des choses sur lesquelles on ne peut pas euh chang enfin on peut pas euh changer euh voilà c'est c'est des conventions, enfin c'est pas des conventions du coup c'est de la physique et ça euh c'est un peu plus intangible. Euh ce qu'on a montré nous, c'est que même à mobiliser toute la biomasse mondiale et quand on part avec les hypothèses les plus optimistes, on ne peut pas tenir les 3 % de croissance qui sont appelés par le secteur aérien au niveau mondial en 2050. En revanche, ce qu'on montre, c'est que il existe des solutions technologiques, on en parlera qui sont globalement pas des ruptures technologiques qu'on a pu entendre.
Vous parlez de l'hydrogène tout à l'heure, ça sera pas l'avion hydrogène parce qu'il arrivera trop tard. ça sera pas non plus l'avion électrique parce que sur des longues durées sur des des longues distances, on saura pas faire non plus à temps en tout cas. En revanche, ce qu'on peut faire c'est produire des carburants dit durables.
Donc c'est ce que j'appelle les safs. Euh les SF, on sait les produire à partir de biomasse ou d'électricité. Et alors là pour répondre à votre question, nous on estime que si on modère le trafic maintenant, donc ça veut dire diminuer dès maintenant parce que diminuer maintenant ça a beaucoup plus d'impact que diminuer dans 20 ans parce que le vol est plusif maintenant.
Bref, si on diminue maintenant, on est capable de remonter en 2050 à un niveau de trafic qui est celui des années 2010 au niveau mondial, ce qui nous semble pas être extrêmement privatif et qui montre qu'il existe une possibilité. Nous, notre but, c'est pas de détruire les 200000 emplois de la filière aéronautique en France. Notre but c'est de montrer qu'il existe des solutions mais les solutions qui qui doivent être pragmatiques et qui doivent regarder le réel d'abord avant de regarder des notions économiques, des notions financières.
D'accord. Donc on revient pas exactement au niveau d'aujourd'hui mais on a des solutions et comme nous en plus on veut construire la LGV Toulouse Bordeaux, ça tombe bien parce que ça fera un report de l'avion vers le vers le train euh peut-être. Ouais.
Oui. Après, et c'est là où on va rentrer dans dans des dans des équations difficiles, euh par rapport à la transition climatique, le plus facile sobriété. Donc la sobriété, c'est effectivement comment vous allez adapter vos modes de vie en ne consommant pas l'énergie dont vous pourriez avoir besoin.
Ça vaut pour l'eau, ça vaut pour les matières premières, ça vaut pour les intrants dans dans toutes ces dimensions. C'est évidemment une politique de souveraineté parce que ce dont vous avez pas besoin vous permet de pas dépendre de l'extérieur. et c'est la politique qui a le retour sur investissement le plus élevé puisque c'est celle qui nécessite le moins d'argent à investir dans les médias.
Par contre, c'est celle qui est la plus perturbante d'habitude de vie et la tolérance individuelle à la à chaque mesure de sobriété est très variable d'une personne à l'autre. Elle est d'ailleurs très variable aussi générationnellement. typiquement euh des jeunes générations qui sont habituées à faire toujours la même chose, par exemple euh à pas aller en voiture, je suis un peu caricatural, mais à pas se faire accompagner par les parents à l'école en voiture, mais à y aller plutôt moi sur mon territoire, on a réussi à mettre un réseau de vélo qui est en sécurité quasiment sur l'ensemble de la circonscription.
Bah si vous si c'est cool et si c'est l'habitude de le faire, c'est beaucoup plus facile que si vous êtes à contre-courant de tout ce que fait les gens de votre propre génération. Donc c'est ces transitions là qu'il faut accompagner. Évidemment, c'est beaucoup plus difficile d'imposer des changements de comportement à des gens qui ont été habitués à une certaine manière de consommer.
On le voit d'ailleurs dans le passage du thermique à l'électrique. Les jeunes générations switchent évidemment euh sur l'électrique parce qu'en fait c'est moins polluant, moins ça coûte maintenant moins cher à l'usage, ça sent moins mauvais, enfin ça accélère mieux, donc ça a plein d'avantages. Euh pour des gens qui ont été habitués à une certaine façon de de conduire et qui ont pris beaucoup de plaisir, évidemment les priv qui est dans leur repère.
Donc ces éléments là, il faut les intégrer mais la sobriété c'est vraiment le meilleur investissement. Et donc sur la question de l'avion, c'est vrai qu'il faut arriver à imaginer d'autres façons de se déplacer et à construire la désirabilité derrière. Alors moi, je m'impose un peu ce que je fais, c'est-à-dire que j'ai pas pris l'avion à titre personnel depuis 5 ans.
Alors ça gueule un peu dans ma famille, mais en fait non mais en fait j'ai découvert d'autres manières de c'est-à-dire euh prendre le bateau, c'est génial. C'està-dire qu'il y a plein de choses finalement qui sont devenues qui étaient avant 2020 pour moi complètement inintéressant, perdre de temps pas et cetera qui sont devenus des plaisirs. Je le dis parce que je trouve que c'est intéressant de se dire qu'en fait nous sommes aussi très marqués socialement et par des habitudes et que il y a manière de d'économiser en mettant de la désirabilité, en mettant du plaisir, en mettant le slow tourisme.
C'est un c'est certainement un levier de développement économique qui est tout à fait intéressant pour un pays comme la France et qui attire de plus en plus de de monde en France. Et donc c'est c'est chemin là aussi qu'il faut aborder. Donc je c'est pas la noncroissance.
La croissance c'est une quantité que multiplie une valeur. Vous pouvez diminuer la quantité si vous avez plus de valeur dans chaque unité. C'est et donc c'est là où voilà le quelque chose qui a plus de qualité, qui a plus de valeur, qui a plus d'impact en moindre quantité, ça fait plus de croissance.
Peut-être Benoît pour rebondir sur les dispositifs qui ont marché, ce qui a été mis en place, qui a pu parler y compris aux classes populaires. Quelle est quelle est ton analyse ? Alors, attends, je vais déjà rebondir sur ce que disait Agnè, sur la question de la sobriété.
Alors, la sobriété, quand vous parlez un certain cercle, ça fait un peu décroissantiste, barbu, chevelu et cetera. Moi, j'aime bien l'antonyme de sobriété. C'est ébriété.
En fait, c'est pas très bon d'être en état d'ébriété. Et en fait, la sobriété énergétique, c'est quand même pas trop mal. C'est oui, enfin ça dépend, ça dépend de l'état vu.
Alors, disons à 2 € le litre, je sais pas si on peut se payer beaucoup d'ébriété. Voilà. Là, je parle évidemment pas de vin.
Enfin, je euh Alors, les les trucs les trucs qui ont marché, il y a peut-être des des choses à mettre en avant. Alors, nous on a été pas mal marqué par les gilets jaunes parce qu'en fait les gilets jaunes, c'était pour moi le parangon vraiment de de de ce qu'il fallait Ouais. de ce qu'il fallait pas faire mais c'est facile avec le recul de de le dire.
En fait, on a mis les gens dans une seringue, c'estàd qu'on leur a dit bah voilà, on va mettre une taxe carbone et cette taxe va augmenter mécaniquement et cetera et on l'annonce et donc et on dit aux gens bah en fait le prix de l'essence va augmenter et puis il y a pas d'alternative. Alors ça c'était ça c'était quand même assez dur parce que quand il y a pas d'alternative vous faites quoi ? Et ben vous mettez un gilet jaune, vous achetez des mergaises et vous allez griller sur un rond-point et c'est normal.
Et c'est normal, vous révoltez en fait. Vous dites "OK, on essaie de me de finalement me mettre dans une seringue, j'ai pas d'alternative". Alors, comme on a été pas mal marqué par ça, on s'est dit finalement ce qui est important pour les ménages, c'est d'avoir des alternatives.
Quelles sont finalement les alternatives dont disposent les ménages ? Ça peut être la mobilité électrique et ça peut être la rénovation des logements pour diminuer la facture énergétique. Et donc, on on a regardé ça, on a un observatoire de l'accessibilité.
Alors, plutôt que transition juste, c'est un terme que j'ai que j'aime pas beaucoup, on regarde l'accessibilité finalement, est-ce que les ménages ont les moyens de transiter ? Est-ce qu'ils ont les moyens d'avoir deux objets deux objets emblématiques ? La mobilité électrique d'un côté, la rénovation de leur logement de l'autre.
En 10 ans, ce qu'on remarque c'est que les politiques publiques, parce qu'il s'agit de ça, les politiques publiques ont permis d'améliorer l'accessibilité. C'est vrai sur la rénovation énergétique des logements, là le le la dernière édition de l'observatoire qu'on a fait, c'était en 2025. Donc avec les prix de l'énergie qui étaient ceux de 2025, je pense que les conclusions sont toujours valables en 2026 avec les prix de l'énergie qu'on a aujourd'hui.
L'accessibilité donc de la rénovation des logements, ça s'est amélioré en 10 ans grâce au dispositif de politique publique. Maintenant, le reste à charge est tout à fait finançable par un prêt qui est couvert par les les économies d'énergie. Et ça c'est quand même un sacré résultat.
Deuxième résultat, c'est sur la mobilité. Là, c'est peut-être un peu plus nuancé parce que il y a les coûts des équipements qui ont un petit peu augmenté. Alors, j'espère qu'il y a pas de constructeur automobile dans la salle, mais voilà, il y a disons des stratégies de certains acteurs économiques qui se sont dit bah tiens, en fait, on va monter en gamme, on va vendre des véhicules plus chers et cetera.
Et donc sur la mobilité, c'est un petit peu plus nuancé. l'accessibilité à la de la voiture électrique. On a que 5 ans de recul parce que Agnè, tu l'as rappelé, il y a 8 ans, il y avait pas grand-chose.
Donc, on a que 5 ans de recul et pas 10 ans. Ça s'est un petit peu amélioré mais c'est pas toujours gagnant. Ça c'était en 2025 à 2 € et des brouettes le litre.
Je pense que maintenant, on peut dire le le TCO, enfin le coût total de possession d'une voiture électrique est beaucoup moins cher que celui d'une voiture thermique. Et là aujourd'hui, un ménage qui a l'opportunité aujourd'hui de lâcher son véhicule thermique, c'est-à-dire qui arrive finalement fin de cycle et peut acheter à crédit un véhicule électrique et gagnant tout de suite. C'est pas un gain demain, c'est un gain aujourd'hui.
C'est quelques dizaines d'euros en moins chaque mois. chaque mois, ça c'est énorme. Alors Trump et Poutine nous aident beaucoup mais bon faut peut-être espérer que il y a il y a aussi de la politique publique qui a aidé là-dedans.
Là-dessus, moi il y a un truc qui me semble important, c'est l'accès des classes les plus modestes à la mobilité électrique. Je suis parisien, moi la voiture électrique, j'en ai pas besoin. En plus, j'ai les moyens d'en acheter une.
Mais il y a des coins de France dans lequel sans voiture en fait on est mort. On est mort socialement. C'estàd qu'on n pas de on n pas de vie, on n pas d'emploi et cetera.
Et je je le dis parce que je sais pas s'il y a beaucoup de bordelets disons ou ou de de bordel centre ou de personnes qui viennent d'un peu plus loin. La voiture électrique en fait c'est pas un truc pour les bobos des centre-ville, c'est un truc pour les campagnes. Quand vous êtes en campagne vous la la la station service la plus proche, elle est peut-être à 5 10 15 km.
La prise électrique la plus proche, elle est à 20 m. Donc c'est un truc pour les campagnes, c'est quelque chose finalement qui peut être utile. Donc nous on regarde aussi ça, l'accès pour les plus modestes de la mobilité électrique.
Il y a un dispositif qui a super bien marché et comme il a super bien marché, il a été arrêté parce qu'il coûtait trop cher. Après il est reparti, c'est le leasing social. Alors, il il y a peut-être un problème de calibrage.
Voilà, on s'est dit bah finalement ça a plus marché que prévu. Le leasing social ça marche du feu de Dieu. C'estàd en 2024 2025 ça a permis de mettre à l'abri de la crise énergétique qu'on vit actuellement 100000 ménages. 100000 ménages modestes.
Si on cadruplait ça, on pourrait pour un coût d'à peine 2 milliards d'euros par an mettre à l'abri 200000 ménages chaque année. 2 milliards d'euros. On peut aussi choisir de faire une remise généralisée d'à peu près 3 centimes par litre qui bénéficie à tout le monde, y compris les gens qui n'en ont pas besoin, genre moi.
Voilà. Donc il y a moyen de faire des choses, il y a moyen de faire des choses utiles et cerise sur le gâteau, le leasing social, ça a plutôt bénéficié au constructeur français. Donc essentiellement, pardon ça, mais donc cerise sur le gâteau, c'est super.
Donc c'est des dispositifs de cette nature. On peut être intelligent dans l'utilisation d'argent public en période de crise en 2022. Moi je comprends tout à fait.
Les pouvoirs publics ont do on doit trouver une solution rapide, visible et cetera. La remise généralisée à la pompe, ça a été la le truc magique. En 4 ans, on a cramé quand même 100 milliards d'euros.
Tu parlais de enfin, c'est 100 milliards d'euros sur tous les dispositifs de protection des de de des prix de l'énergie pour les Français. 100 milliards d'euros en 4 ans, on aurait pu en faire des choses avec ça. En 2024, en pardon, en 2022, on a fait ça.
En 2026, on a plus le droit de faire ça. En fait, une crise sur les prix de l'énergie depuis 73, il y en a une à peu près tous les 8 ans. Tous les 8 ans.
Donc, c'est pas un accident de l'histoire en fait. Tous les 8 ans, on sait qu'il va y avoir une crise sur les prix de l'énergie. Le sujet c'est comment on rend la mobilité électrique accessible et comment on assure aux français que les prix de l'énergie de l'électricité de demain vont pas faire n'importe quoi.
Et la chance qu'on a, je pense que c'est très important et c'est vraiment la différence entre 2022 et 2026 mais c'est aussi le résultat politique qui ont été menés, c'est qu'en 2022 on a eu un problème sur toutes les énergies et donc l'électricité était en train de s'envoler. Moi, j'ai aucun regret sur ce qu'on a fait sur l'électricité parce que c'était une énergie produite en France, bas carbone et que c'était essentiel pour accompagner tout le monde parce que je connais pas de personne qui n'est pas de compteur électrique. Euh mais là où en revanche aujourd'hui on a les moyens d'agir, c'est qu'on a une alternative parce que l'électricité on l'a en abondance.
On l'a d'ailleurs tellement en abondance qu'on a intérêt à accélérer l'électrification. C'est un enjeu quasiment économique parce que ça justifie tous les investissements qu'on a fait pour développer cette électricité et elle n'a pas bougé en prix parce qu'on a réussi le découplage avec le gaz un peu près hein, c'est jamais parfait mais on a réussi le découplage avec le gaz. Donc là où en 2022 on était coincé parce qu'on avait pas de solution et c'est vrai qu'une partie des mesures énergétiques était incontournable en 2026 on a une solution, elle est dans notre main et elle est presque imposée par notre système énergétique où il faut consommer de l'électricité parce que sinon on risque de tomber de l'autre côté du cheval et de fragiliser notre système énergétique, ce qui est assez troublant finalement.
Et et c'est là que finalement je me permets de rebondir. On n pas beaucoup de chance à Bordeaux parce que avec la majorité précédente, on n pas déployé de bornes de recharge électrique dans les rues. Donc les bordelets ne peuvent pas acheter aujourd'hui de voiture électrique.
C'est très très difficile pour s'organiser juste pour la recharge. Et ce qui montre bien finalement que c'est alors moi de ma casquette les collectivités hein qui font un peu ce dernier kilomètre de de ce que peut être aussi une transition. Je veux quand même témoigner sur les moyens mis en œuvre parce que moi ma délégation, elle regroupe la transition écologique et la rénovation des bâtiments parce qu'on s'est dit c'est le levier principal et comme il faut bien dire que depuis 2019 et le décret tertiaire, on a complètement changé la manière de gérer tous ces patrimoines immobiliers.
Alors comme peut-être la salle ici que vous voyez qui sont pas des des choses faciles à à entretenir, à rénover. et cetera, hein. On on est face à des patrimoines quand même très complexes et sur lesquels il y a quand même euh voilà des audits qui ont été fait, on a rationalisé les choses, dit voilà ce qui consomme, où est-ce qu'il faut investir et euh et commencer à mettre aussi des financements sur la table.
Donc je pense que c'est une manière aussi très concrète d'aller d'aller agir. Alors on va arriver au bout de cette table ronde. Je sais pas si vous voulez chacun conclure par un petit mot.
Y a-t-il encore des raisons d'espérer ? Bah finalement, c'est laquelle la meilleure pour vous aujourd'hui ? Celle qui vous parle le plus ?
Non, moi peut-être juste un petit mot sur ce qui a été dit pour dire que effectivement je pense que quand on dépense de l'argent public de manière invisible où tout le monde obtient la même le même gain à la pompe et ben même politiquement c'est pas intéressant. Alors que quand on finance des objets, une pompe à chaleur, une voiture électrique, une rénovation, et ben en fait quelque part on on s'insère un peu plus dans le quotidien euh des Français et donc même politiquement, si j'étais vous stratégiquement, je le ferai dans davantage dans ce sens-là en se disant que ça marque plus du leasing social plutôt que un bouclier tarifaire qui a coûté 70 milliards en 3 ans. Voilà, je te laisse le mot de la fin.
Non non, je vas-y. Allez, je te laisse je te laisse le mot de la fin, Agnè. Euh pour moi, ça sera le enfin la peut-être rappeler que finalement les investissements en faveur de la transition, ce sont les meilleurs investissements qui soit.
Je connais pas d'investissement plus efficients. On a déjà parlé enfin en terme de pouvoir d'achat, typiquement sur une voiture électrique, on gagne. On a parlé de souveraineté, on a parlé de réduire les dépendances.
Il y a aussi un sujet dont on n pas trop parlé, c'est sur la question de la sécurité. S'adapter au changement climatique, c'est aussi protéger les Français. C'est une question de sécurité, c'est pas une question d'environnement.
éviter que les Français et le tissu économique subissent les impacts du changement climatique qui est réel et qui change quoi qu'on fasse pour faire en fait c'est les protéger. Il y a un deuxième enjeu de sécurité dont on a pas trop parlé euh à qui on achète le pétrole et le gaz qu'on ne produit pas vraiment en France. Voyez tu tu en gros ben on l'achète à un certain nombre de puissances étrangères.
En gros, quand on achète 1 € de pétrole ou de gaz, il y a 15 centimes qui vont dans la popoche à Donald et 12 centimes qui vont dans la popoche à Vladimir. Il fait quoi Vladimir avec tout ça ? Je ne sais pas mais je me dis bon, il y a peut-être moyen de faire un peu mieux.
Donc c'est peut-être même c'est peut-être ben c'est peut-être justement la meilleure il faut se réarmer peut-être mais c'est peut-être justement la meilleure dépense de réarmement aussi c'est d'arrêter de financer nos ennemis. Et puis le dernier point qui me semble important, c'est sur les finances publiques. En fait, le bah l'État se retrouve en pompier à chaque fois qu'il y a une crise et pour tout un tas de raisons légitimes et à la fin, ça finit par coûter très cher aux finances publiques.
Donc quand c'est épisodique, ça va. Quand c'est une fois tous les 8 ans, là on peut se dire là quand même faut vraiment faire la transition plutôt que de se prendre ça tous les 8 ans dans la tronche. Voilà.
Donc ça fait plein de bonnes raisons et pour moi c'est le meilleur investissement qui soit. Non. Et et c'est peut-être la conclusion à voir, c'est que on a peut-être beaucoup anglé la transition énergétique sur la question de la planète et des générations futures.
Mais en réalité, je pense qu'il faut parler de notre intérêt égoïste bien compris des générations présentes. parce que c'est aujourd'hui que nous faisons tous face au problème de la transition climatique au travers de l'augmentation de coûts de nos assurances, au travers de l'augmentation du coût de la vie, hein. Le coût de l'alimentation, c'est aussi un un lointain élément qui est lié aux aléas climatiques.
On a des parties autour de nous qui sont absolument obnubilées par l'immigration. Mais si vous regardez dans le détail quels sont les éléments qui sont à la base de la déstabilisation d'un certain nombre de géographie, je pense à l'Afghanistan, je pense au Soudan, à l'Éiterrée, à l'Éthiopie, tous ces pays ont en fait fait face à des crises de sécheresse et de d'incapacité à produire de l'alimentation ces dernières années qui ont fracturé les sociétés et donné des éléments quasiment clés en à des groupes politiques pour créer euh la des rébellions, des déplacements de population qui aujourd'hui arrive sur nos sur nos rives. Donc vous avez aimé l'immigration économique, vous allez adorer l'immigration climatique.
Donc tous ces enjeux nous poussent à prendre les devantes sur ces sujets-là. Et effectivement, il est assez facile d'établir que ce sont des investissements qui sont très largement gagnants. La difficulté qu'on a, c'est que on les compare à du contrefactuel, c'est-à-dire on peut pas les comparer au passé puisque on est dans une forme d'irréversibilité sur sur les trajectoires.
Donc c'est le coût de l'inaction. Et cet élément là, comment l'incarner politiquement ? Comment le le faire toucher du doigt d'une manière sensible, émotionnelle ?
Je pense que c'est notre vrai combat politique aujourd'hui pour que chacun s'approprie cet enjeu du du climat pas comme étant une lubie encore une fois de de bobo mais comme étant quelque chose qui est notre intérêt notre patriotisme notre fierté et notre capacité à agir. Et ben merci beaucoup. Merci beaucoup à tous les trois.
Je vais pas quand même oser conclure que l'égoïsme est notre meilleure raison d'espérer, mais on en est peut-être pas loin et finalement très concrètement, c'est peut-être un bon argument. Merci à tous les trois. Euh merci beaucoup.
J'espère que vous avez trouvé vous votre meilleure raison d'espérer aussi dans cette table ronde. Et donc je passe la parole à Gabriel Atal. Bien, bonsoir.
Bonsoir à tous. Merci d'être là si nombreux pour cette nuit de la nouvelle République. D'abord, merci monsieur le maire, cher Thomas, quel plaisir de pouvoir t'appeler comme ça.
Monsieur le maire de Bordeaux. Merci de nous accueillir. Merci d'avoir ouvert la soirée.
Merci de nous montrer déjà quelques semaines seulement après ta prise de fonction que oui, on peut faire de la politique autrement et oui, on peut tenir ses engagements. C'est ce que tu fais au quotidien avec ton équipe. Bravo à toi et merci pour ton accueil.
Je veux remercier les autres maires qui sont ici, Franck Rénal, Michel Lufran, Fabien Léné qui sont là, les élus locaux qui sont présents ici en nombre. Je veux remercier Pascal Lavergne, président Renaissance Gironde pour tout le travail qui est le sien et je remercie tous ceux les bénévoles, les salariés qui ont organisé la soirée de ce soir. Merci.
Merci parce que sans vous, on pourrait pas se réunir comme on le fait ce soir. Je veux saluer les intervenants qui sont intervenus, c'est leur rôle ce soir. Euh les intervenants donc qui étaient sur scène ce soir, te remercier Agnès, de dire que ça a été une très grande fierté de travailler à tes côtés comme ministre d'abord et puis comme premier ministre ensuite et je peux le dire parce que je l'ai mesuré dans mes différentes fonctions et ça a été dit.
Beaucoup de choses ont été faites ces dernières années, s'agissant des questions environnementales et énergétiques. Et une très grande partie de ce bilan, on le doit à l'acharnement d'Agnè qui n'a jamais rien lâché dans les fonctions qui étaient les siennes. Et c'est l'ancien c'est l'ancien ministre du budget qui comme Thomas a eu à subir effectivement des réunions difficiles avec des arbitrages difficile à rendre parce qu'elle ne elle ne lâchait rien.
Vous êtes réunie ce soir pour une soirée qui est un peu particulière pour un parti politique surtout en ce moment. L'enjeu central de notre réunion ce soir, c'est de remettre les idées et le débat au premier plan. Aujourd'hui, quand on regarde la vie politique, quand on regarde les événements politiques, on parle beaucoup trop de politique au sens politicienne.
On parle beaucoup de questions de parties, de questions de personnes, trop peu de questions d'idées. Et moi ma conviction, je le dis ici, c'est que si on veut être capable de triompher dans les urnes en 2027, si on veut desserrer les taux de cette tenaille entre la France insoumise d'un côté et le Rassemblement national de l'autre, on le fera avant tout en parlant d'un projet, en parlant d'idées, en parlant de proposition d'avenir pour les Français, en créant à nouveau un espoir. Et pour ça, il faut débattre de fonds et d'idées comme on le fait ce soir.
C'est un événement d'un genre différent aussi puisque vous l'aurez remarqué, se sont succédés sur la scène ce soir des personnes qui pour la plupart ne sont pas des politiques, qui sont des personnes issues de la société civile, qui sont des personnes qui ne sont pas encartées évidemment dans notre parti, mais dans je crois aucun parti, qui sont pas forcément d'accord avec nous évidemment pas d'accord surtout mais parfois très peu d'accord avec nous mais c'est le sens de ces nuits de la nouvelle République. L'objectif c'est d'associer, de mettre en lumière, d'écouter aussi pour nous les responsables politiques des personnes issues de la société civile. Ça a commencé à Paris fin janvier.
On a eu une très belle soirée avec un certain nombre d'intervenants. Il y avait les intellectuels Alain Finkel Crot, il y avait des syndicalistes, Marie-Élise Léon, la secrétaire nationale de la CFDT, il y avait des représentants du patronat avec le président du Médev, des chefs d'entreprise Michel Édouard Leclerc, des élus et cetera. On a débattu de beaucoup de sujets toute la soirée.
Ça s'est poursuivi la semaine dernière à Lyon. On a eu le même débat avec des syndicalistes, avec des entrepreneurs, avec des intellectuels, des experts, des élus locaux. Ça continue ce soir à Bordeaux et ça sera dans 2 semaines à Strasbourg sur d'autres questions.
Je pense que c'est absolument essentiel et je pense que on est aujourd'hui évidemment dans une situation, on a des défis à relever qui sont tels qu'on ne peut pas imaginer bâtir des solutions pour relever ces défis. en vasclos entre responsables politiques, entre militants politiques parce qu'on a besoin d'idées qui viennent du terrain, qui viennent de partout et parce que si on veut réussir à transformer profondément le pays, évidemment qu'on aura besoin de toutes les énergies et qu'on aura besoin que tous les secteurs évidemment économiques, associatifs, culturel, sportif et autres puissent s'engager pour bâtir cette nouvelle République qu'on appelle de nos vœux. Et donc l'objectif finalement de ces soirées, l'objectif de ce soir, c'est de chercher à bâtir du consensus face aux défis qui sont des défis majeurs.
Vous connaissez le constat que nous faisons avec Renaissance, la conviction que nous avons, c'est que ce dont nous avons besoin aujourd'hui, c'est d'une réinvention assez profonde de notre modèle, qu'on a un modèle qui a été bâti au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, un modèle social, un modèle économique, un modèle institutionnel, un modèle régalien à une époque où la France avait à relever des défis. qui n'ont rien à voir avec ce qu'elle a relevé aujourd'hui à une époque où la réalité du pays était extraordinairement différente de celle que nous voyons aujourd'hui en France. À l'époque, la démographie c'était la natalité qui explosait, la population active qui augmentait.
Aujourd'hui, la natalité très faible, elle diminue. L'espérance de vie s'allonge, ce qui est une bonne nouvelle et il y a de moins en moins de populations actives et de gens qui travaillent. Ça nous invite à réinventer profondément notre modèle social évidemment parce que notre modèle social a été bâti pour être financé par la population active, ceux qui travaillent pour ceux qui travaillent.
La réalité a complètement changé à l'époque au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les questions régaliennes, les questions de sécurité, les défis auxquels on avait à faire face n'avait rien à voir avec ceux qu'on connaît aujourd'hui en matière de narcotrafic, en matière de délinquence des mineurs qui malheureusement a explosé avec une violence qui s'est banalisée, qui s'est ragenie. Ça nous invite à repenser profondément notre modèle régalien et la manière dont on répond à cette délinquence. À l'époque, on parlait pas de transition écologique, on parlait pas d'environnement, on parlait de météo.
Il y avait pas de débat autour de ces questionsl il y avait pas de prise de conscience telle qu'on en a aujourd'hui. Ça nous invite évidemment à repenser profondément la manière dont on répond à cet enjeu. Et à l'époque évidemment la technologie n'avait rien à voir avec ce que nous connaissons aujourd'hui.
L'intelligence artificielle évidemment n'existait pas mais y compris la numérisation, tout ce que nous avons connu ensuite n'était pas un sujet. Sur tous ces sujets-là, on ne peut pas se contenter de réponses de paramètres. On doit assumer des réponses structurelles, structurantes.
Et c'est ce qu'on veut bâtir avec Renaissance à travers ces nuits de la Nouvelle République, à travers les conventions thématiques qu'on a mené. Ce qui nous différencie d'un certain nombre de parties, c'est qu'on fait des propositions. On attend pas plus tard en disant "Vous verrez, on vous présentera un super programme très important, très puissant." On fait au quotidien en continu des propositions qu'on met en avant.
Il y a un an, en mai 2025, on a proposé nos mesures en matière régalienne : sécurité, justice, immigration, autorité, laïcité. En juillet dernier, on a présenté nos mesures économiques et climatiques. Je vous rassure, je vais pas vous refaire toute la liste de nos propositions environnementales.
Tout ça est disponible sur notre site partie-renaissance.fr. FR.
Vous avez des documents avec toutes nos propositions. En novembre dernier, on a présenté notre nouveau système de retraite qu'on veut mettre en place en France pour sortir de ces réformes paramétriques permanentes. On va passer de 62 à 64 puis de 64 à 67 ans maintenant alors qu'on sait que ça ne règle absolument pas le problème.
On propose un nouveau modèle et dans les semaines qui viennent, on présentera nos mesures en matière d'éducation, en matière de santé, en matière de nouvelles organisations territoriales et d'institution. Tout ça, on le fait grâce à cette méthode qui est d'écouter le terrain, d'écouter les acteurs de la société civile. Et s'il est un sujet, je sais pas ce que c'est que ce c'est c'est l'hélicoptère dont on parlait tout à l'heure pour le plastique.
Euh s'il est un sujet sur lequel on a besoin de bâtir du consensus, c'est évidemment celui qui nous réunit ce soir. On a besoin de bâtir du consensus alors même qu'il y a un consensus aujourd'hui. Et ce consensus, il est scientifique.
Il y a plus de débat scientifique sur la réalité du dérèglement climatique et du réchauffement climatique. C'est plus une question politique, c'est simplement une question de vie ou de mort. Et on doit assumer évidemment d'avoir euh une action extraordinairement volontariste sur le sujet.
Mais il y a besoin de bâtir du consensus parce que malheureusement la politique crée beaucoup de polarisation autour de ce sujet. Quand vous regardez aujourd'hui globalement, vous avez des partis ou des responsables de droite d'extrême droite qui vous expliquent qu'il faudrait sacrifier l'écologie au profit de l'économie. Et vous avez des parties de gauche, d'extrême gauche qui vous expliquent qu'il faudrait sacrifier l'économie au profit de l'écologie.
Nous ce qu'on croit c'est que les deux doivent aller ensemble. Les deux doivent aller ensemble d'abord parce que il y aura pas d'économie sur une planète morte. Ça ne fonctionnera pas.
Il y aura plus de ressources. Et parce qu'il y aura pas d'écologie s'il y a pas une activité économique qui nous permet de financer un certain nombre de priorités de politique publiqu de solidarité. Les deux doivent aller ensemble et aujourd'hui on est une des seules formations politiques qui assume de tenir ce discours.
Il y a pas d'écologie sans économie et il y a pas d'économie sans écologie. La polarisation, elle est aussi là sur les questions énergétiques. Vous avez aujourd'hui des parties de droite, d'extrême droite qui expliquent qu'il faut sacrifier les énergies renouvelables et ne faire que du nucléaire.
Et vous avez des parties de gauche et d'extrême gauche qui expliquent qu'il faut sacrifier le nucléaire et ne faire que du renouvelable. Nous, on considère qu'il faut faire les deux. tout simplement parce qu'on a besoin de plus en plus d'électricité, qu'on va continuer à électrifier les usages que oui, il faut relancer le programme nucléaire et on peut se réjouir depuis le discours de Bfort que le président de la République les décidé mais que les nouvelles centrales nucléaires, elles arriveront pas tout de suite demain pour produire de l'électricité et que donc on a besoin aussi d'énergie renouvelable.
On assume nous ce mix énergétique équilibré qui fait notre singularité aujourd'hui dans la vie politique française. Et on va on assume aussi de se fixer un certain nombre de priorités. C'est vrai qu'il y a beaucoup de choses qui ont été faites ces dernières années et il faut le dire, faut pas donner le sentiment que rien n'aurait été fait parce que d'abord c'est faux et ensuite on finit par désespérer tout le monde.
Il y a beaucoup de choses qui ont été faites dans le premier mandat avec un investissement important pour la décarbonation. Agnies l'a rappelé sur les questions industrielles. Il faut quand même mesurer que je crois que le rythme des de baisse des émissions de gaz à effet de serre a quand même doublé dans le premier mandat, encore augmenté ces dernières années, notamment parce qu'on a assumé de vouloir décarboner les principaux sites industriels polluants, remplacer un four à gaz par un four électrique dans une usine.
Évidemment que ça permet de faire baisser les émissions de CO2 parce qu'on a mis des mesures sur la mobilité, sur la rénovation énergétique. Il a eu toute cette action qui a été menée. Parlait tout à l'heure des questions de plastique.
On est je crois un des premiers pays en Europe, peut-être même au monde à avoir pris de telles mesures pour l'économie circulaire, pour le réemploi contre les plastiques à usage unique. Et encore des pays, je crois, sur le continent européen où on vend dans des supermarchés des clémentines qui ont été épluchées et qui sont dans une coque en plastique. De la même manière qu'on voyait tout à l'heure, les bananes épluchées dans du plastique.
Ça existe encore en Europe. Nous ça on l'a interdit depuis maintenant plusieurs années en France parce que c'est l'action qui a été la nôtre et qu'on a assumé de prendre des lois sur le sujet qui était ambitieux. Et puis en 2022, on s'est doté effectivement de ce secrétariat général à la planification écologique.
Bonsoir monsieur. Euh qui nous a permis de planifier, de nous fixer un cap et de nous d'identifier les moyens pour y parvenir. Ça a été une avancée absolument majeure.
Maintenant, il va falloir aller plus loin. Et moi ce que je retiens des échanges de ce soir et je rejoins totalement euh cette analyse qui est faite, c'est que je pense qu'il faut changer le prisme euh à travers lequel on parle de la transition. Il y a eu beaucoup effectivement de morale, beaucoup de culpabilisation et la réalité c'est que défendre la transition, c'est défendre nos intérêts.
Et la crise qu'on vit actuellement avec les conséquences de la guerre en Iran sur le prix du pétrole montre vraiment de quoi il s'agit. S'agit pas que de climat et de planète. Il s'agit de notre souveraineté et de notre indépendance.
L'électrification des usages, c'est ça. Quand j'étais premier ministre, j'avais eu l'honneur d'accueillir à Paris le président chinois Sijing Ping. Et parmi les choses que je lui avais dites, il y avait notamment une forme d'admiration pour le mouvement extraordinairement rapide qu'ils ont mené pour électrifier les usages et notamment les mobilités avec un développement de la voiture électrique qui a été exponentiel ces dernières années en Chine.
Et ce qui est très intéressant, c'est que quand les Chinois vous parlent de l'électrification euh de leurs usages, l'argument environnemental est loin d'être le seul argument qui mett en avant. C'est souvent d'ailleurs pas le premier argument qui mettent en avant. Ils disent d'abord c'est une question d'indépendance.
On préfère dépendre de l'énergie qu'on produit plutôt que de l'énergie qu'on importe de pays qu'on ne maîtrise pas par définition puisque ce sont d'autres pays et d'autres puissances. Le deuxième argument qui mettent en avant, c'est l'innovation. Le véhicule autonome ne fonctionnera pas au thermique, il fonctionnera forcément, il fonctionne forcément à l'électrique.
Et donc électrifier la mobilité, c'est aussi évidemment prendre de l'avance en matière d'innovation. Et puis évidemment, il vous parle d'environnement et de santé. On doit assumer que l'écologie, c'est la défense de nos intérêts parce que c'est la défense de notre indépendance et qu'on ne veut pas que le portefeuille des Français soit indexé sur les décisions de guerre ou d'intervention extérieure de présidents étrangers et de conflits internationaux. qu'on ne maîtrise pas.
Et donc, on doit se fixer un certain nombre de priorités à partir de ça. J'en citerai deux euh ce soir parce qu'on va pas trop faire durer euh l'échange, surtout mon discours qui est un peu long, mais il y a deux priorités pour moi absolues, c'est évidemment l'électrification et l'innovation. Et sur l'électrification, je pense là aussi qu'il faut qu'on assume de changer de discours et de changer de narratif.
On a vu à quel point la culpabilisation, la brutalisation nous faisait pas avancer mais nous faisait même reculer dans ce combat. C'est évidemment la taxe carbone avec les gilets jaunes. Alors, il y avait eu les 80 km/h avant évidemment il y avait eu un certain nombre de germes de cette crise mais enfin on a vu qu'avec une bonne intention qui était de dire bah il faut que les gens utilisent moins de d'essence donc on va renchérir le coût de l'essence pour les inciter à passer à autre chose.
En fait, derrière, on a eu une crise sociale majeure, une des plus importantes des dernières décennies en France et on a reculé derrière. Et c'est vrai que depuis à chaque fois qu'il y a des crises en matière de prix du carburant et du prix de l'énergie, il y a un réflexe évidemment politique qui est de dire il faut atténuer la facture pour les Français. Et moi aussi, je me souviens de l'arist carburant qui avait été décidé en 2022.
C'est 8 9 milliards d'euros. Tu disais 9 mais c'est deux fois le budget du CNRS. Voilà, deux fois le budget du CNRS pour quelques semaines de Ristour sur les prix à la pompe.
Une mesure non ciblée qui je pense a été oubliée par beaucoup aujourd'hui mais qui en tout cas n'a pas eu d'impact positif si ce n'est d'alléger un petit peu la facture pendant quelques semaines. Donc on doit se fixer des priorités et il faut assumer plutôt que de faire de la morale assumer de dire que l'écologie elle ne s'oppose pas à la voiture, il faut une écologie de la voiture. On a lancé des mesures là aussi le leasing social ça coûte très cher.
Je crois que c'est 13000 € le véhicule. C'est très très cher. Nous ce qu'on propose, c'est dans nos propositions que vous trouverez en ligne, c'est de développer le leasing social à travers des véhicules électriques d'occasion, ce qui coûtera moins cher.
Et l'objectif, c'est quoi ? C'est qu'à la fin, vous ayez des travailleurs de première ligne, les infirmières libérales, les aides à domicile et autres qui ait un véhicule de fonction électrique qui puisse être subventionné via ce leasing social. C'est juste, c'est bon pour l'écologie et c'est bon pour notre indépendance.
On propose de plutôt que de mettre en place des primes pour changer de véhicule, arriver à un véhicule électrique, des primes qui bougent régulièrement tous les ans, qui sont rabotés à la fin plus personne n'y comprend rien de dire pendant 5 ans, on met la TVA à 55 sur l'achat d'un véhicule électrique pour faire baisser la facture directement sans qu'il soit question de prime. C'est beaucoup plus clair et ça fonctionnera beaucoup mieux. Je pourrais continuer la liste mais en tout cas toutes ces mesuresl elles sont évidemment disponibles sur notre site puisque c'est les propositions qu'on a travaillé avec Pascal Canfin avec Antoine Péon pendant plusieurs mois et qu'on formule devant les Français et qu'on formulera dans les mois à venir.
Et puis la question de l'innovation. Ça aussi je suis convaincu que ça peut embarquer les Français. Ça peut embarquer les Français d'abord parce que c'est un enjeu majeur pour notre prospérité et pour notre richesse à l'avenir.
Tous les pays qui ont gagné une puissance dans le monde l'ont fait grâce à l'innovation. Les États-Unis sont passés d'une colonie britannique à la première puissance mondiale en une centaine d'années. Ils ont parillé sur l'innovation et l'immigration massive.
La Chine est passée d'un pays sous-développé à une puissance mondiale en pariant sur l'innovation et la natalité massive. En France, on n' pas la natalité massive, on aura pas l'immigration massive, il reste l'innovation. C'est ça qui permet de gagner de la richesse.
C'est ça qui permet de gagner de la productivité pour notre économie. Si la productivité en France ces 20 dernières années avait suivi la même trajectoire que celle des États-Unis, le salaire médian français ne serait pas de 2200 € net par mois comme il l' aujourd'hui, mais de 3300 € net par mois, 50 % de plus. Évidemment que la situation sociale serait extraordinairement différente et donc on doit assumer de tout faire et d'orienter toutes nos politiques publiques pour redevenir une nation de scientifique et d'ingénieur pour redevenir pionniers en matière d'innovation d'une manière générale sur tous les secteurs évidemment de la technologie et c'est possible on a tous les atouts, on a tous les talents et surtout on a montré que c'était possible.
C'est quand même la France qui a éclairé le monde avec les premières centrales nucléaires civiles et ce grand plan du général de Gaulle. C'est la France qui a éclairé le monde avec le TGV. La France, elle a toujours été à la pointe en matière d'innovation.
Si on décide d'en faire une priorité absolue au niveau de l'État avec l'ensemble des acteurs de la société civile, ça sera la même chose sur les technologies vertes. Moi, je suis convaincu que l'avion bas carbone, il sera français. Et quand vous échangez avec sa franc, quand vous allez visiter leur ligne, leurs recherches, vous voyez que c'est tout à fait possible.
Moi, je suis convaincu que le leader du nouveau nucléaire, ça sera la France. Et là aussi, on a tous les atouts. Évidemment, faut reconstruire parce que cette politique a été mise à mal depuis plusieurs décennies.
Mais c'est possible que la fission avancée, elle sera française, que euh les carburants évidemment durables pour euh notre aviation, ils seront français qu'on aura une vraie filière en la matière, que les réseaux électriques intelligents, ils seront français eux aussi à condition de nous en donner les moyens et d'assumer d'orienter toutes nos politiques publiques dans cette direction. C'est aussi ce qui redonnera de la fierté aux Français pour l'avenir. Alors voilà, chers amis, on a beaucoup à faire encore dans les mois qui viennent pour convaincre les Français et surtout pour leur redonner confiance et surtout pour leur redonner espoir.
C'est de ça qu'on a besoin aujourd'hui, d'espoir. Et moi, je crois que cet espoir, il est atteignable à condition de nous en donner les moyens. Cet espoir, il est atteignable à condition de retourner sur le terrain, d'aller à l'écoute des Français, d'échanger avec eux.
Cet espoir, il est atteignable à condition de nous en donner les moyens, à condition de nous convaincre nous-mêmes que c'est possible. Je crois que ce soir ici à Bordeaux, nous avons franchi plus qu'un pas dans cette direction. Merci à tous et au travail.
Merci. Merci beaucoup.
Gabriel Attal