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Interviewfranceinfo — L'invité éco (sur Site radio)· 26 mai 2017 7 minComplaisantDivertissementÉconomie & entreprisesNumériqueTransports

Michel Combes (Altice) : "Nous sommes devenus un média global"

Source d'origine 2 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 95 %Défensif 5 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:34OuverteRéponse directe

    Pourquoi un tel bouleversement ?

  • 1:03OuverteRéponse partielle

    N'est-ce pas aussi la volonté de tourner la page d'une marque abîmée avec SFR ?

  • 3:05OuverteRéponse directe

    La France et l'Europe, c'est fini ? Vous regardez de l'autre côté de l'Atlantique maintenant ?

  • 3:50RelanceRéponse directe

    Est-ce que ce n'est pas pour votre métier beaucoup plus facile quand même du côté américain que du côté européen en matière de télécom ?

  • 4:06OuverteRéponse directe

    L'Europe est trop en retard ?

  • 4:38OuverteRéponse directe

    Pour vous, c'est la presse avec le kiosque numérique, le cinéma, le football...

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:12InvitéFait
    « Nous sommes redevenus le numéro 1 des réseaux de télécommunications en France. »
  • 2:16InvitéFait
    « Dans le mobile, numéro 1 en couverture, numéro 1 en débit. »
  • 2:19InvitéFait
    « Dans le fixe, numéro 1 en couverture très haut débit. »
  • 2:28InvitéChiffre
    « Mais le plan de 5 000 suppressions d'emplois. »
  • 4:54PrésentateurChiffre
    « Vous venez de racheter les droits de retransmission de la Ligue des Champions pour 370 millions d'euros. »
  • 5:40InvitéPromesse
    « Cette opération sera très rentable pour le groupe SFR. »
  • 6:14PrésentateurChiffre
    « Le groupe Altis est endetté aujourd'hui à hauteur de 50 milliards d'euros. »
  • 6:59InvitéPromesse
    « Nous pourrions rembourser la dette dans les 10 ans qui viennent. »

Temps de parole

  • Invité73 %
  • Présentateur24 %
  • Présentateur 23 %

1,4 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:02
Présentateur

L'interview écho du 17-20, Emmanuel Cuny, votre invité, représente le groupe français le plus offensif du moment. Bonsoir Michel Combe. Bonsoir. Directeur général d'Altis, maison mère de SFR. Alors SFR dont le nom va bientôt s'effacer, ce sera en 2018, précisément dans un an, puisque la marque Altis va remplacer à la fois le logo et donc cette marque de l'opérateur téléphonique. Vous revenez à l'instant des Etats-Unis où vous avez fait cette annonce cette semaine. Pourquoi un tel bouleversement ?

0:36
Invité

Je pense que c'est le début d'une nouvelle étape pour le groupe Altis, cette étape de la convergence, cette étape de la mondialisation. Nos frontières s'ouvrent, nos métiers s'enrichissent et donc il nous a semblé nécessaire d'embrasser une nouvelle marque, une marque digitale qui s'inscrive dans cet univers de toutes ces grandes marques que nous voyons apparaître aujourd'hui un peu partout de par le monde. Donc c'est vraiment pour nous une étape essentielle dans la vie du groupe aujourd'hui.

1:03
Présentateur

N'est-ce pas aussi la volonté de tourner la page, je dirais, d'une marque abîmée avec SFR et ses mythiques centres d'appel qui laissent beaucoup de clients sans voix ni réponses parfois à des problèmes techniques ?

1:16
Invité

Non, je crois que SFR comme d'ailleurs les autres marques que nous utilisons dans les autres pays sont des marques puissantes, sont des marques très fortes, sont des marques qui ont incarné les télécommunications pendant des années. Mais aujourd'hui nous évoluons, nous changeons, nous devenons un groupe convergent de télécommunications, de médias, de publicités. Nous ne sommes plus une entreprise uniquement française, nous sommes également une entreprise internationale présente aux Etats-Unis et dans plusieurs pays européens. Donc il nous a semblé nécessaire, souhaitable, important d'incarner cette transformation. Et Altice, c'est un peu la symbolisation, l'incarnation de ce changement.

Donc encore une fois, une étape particulièrement importante pour le groupe. Adieu SFR, bonjour Altice et l'emploi dans tout cela ? Ces deux sujets sont totalement décorrélés, si vous me permettez cette expression. Je dirais que si nous pouvons aujourd'hui changer de marque, c'est précisément parce que nous avons engagé une transformation en profondeur de l'entreprise au cours des 18 mois qui viennent de s'écouler. Nous sommes redevenus le numéro 1 des réseaux de télécommunications en France. Dans le mobile, numéro 1 en couverture, numéro 1 en débit. Dans le fixe, numéro 1 en couverture très haut débit.

Par ailleurs, nous sommes en train de faire évoluer notre expérience client en la numérisant, en la digitalisant. Mais le plan de 5 000 suppressions d'emplois. Et enfin, le contenu qui devient et qui enrichit nos offres. Donc c'est ces étapes qui nous permettent aujourd'hui de changer. En ce qui concerne la transformation de l'entreprise, j'avais eu l'occasion de m'exprimer il y a un tenant, elle est en cours, elle était nécessaire, elle était souhaitable pour rendre l'entreprise plus agile, pour rendre l'entreprise plus proche de ses clients.

Cette transformation sera bientôt terminée et nous pouvons comme ça ouvrir une nouvelle page de l'aventure de SFR, maintenant Altice France et du groupe Altice dans le monde.

2:58
Présentateur

Alors Patrick Drahi, fondateur d'Altice, investit à Tour de Robin, de bras notamment aux Etats-Unis. La France et l'Europe, c'est fini ? Vous regardez de l'autre côté de l'Atlantique maintenant ?

3:10
Invité

Les racines du groupe sont en Europe et donc le groupe reste profondément créé en Europe. Nous sommes dans de nombreux pays en Europe, en France, au Portugal, en Belgique, au Luxembourg, en Israël, donc autant de pays dans lesquels nous opérons aujourd'hui. Nous avons pris et nous avons décidé il y a maintenant 18 mois d'aller aux Etats-Unis, ce qui fait de nous un groupe très particulier. Nous sommes le seul vrai groupe global de télécommunications, de médias et de publicités à être présent ainsi sur les deux continents. Non, nous souhaitons à l'avenir continuer à investir dans nos deux grandes régions du monde que sont l'Europe et les Etats-Unis.

Ce n'est pas l'Europe ou les Etats-Unis, c'est l'Europe et les Etats-Unis.

3:46
Présentateur

Est-ce que ce n'est pas pour votre métier beaucoup plus facile quand même du côté américain que du côté européen en matière de télécom, notamment en termes de régulation ?

3:55
Invité

En matière de télécommunications, j'ai eu l'occasion de le dire à plusieurs reprises. C'est clair que la régulation américaine est sans doute plus propice aux investissements des grands opérateurs et d'ailleurs elle est en train d'évoluer pour aller dans ce sens.

4:06
Présentateur

L'Europe est trop en retard ?

4:07
Invité

L'Europe à mes yeux a parfois effectivement pris un peu de retard et d'ailleurs on le voit aujourd'hui dans le déploiement des grandes infrastructures numériques. Si la 5G, cette nouvelle génération de mobile, est en train de naître aujourd'hui aux Etats-Unis et pas en Europe, c'est précisément parce que l'Europe reste trop fragmentée. J'ai souvent poussé des cris d'alarme et je suis convaincu que la nouvelle présidence européenne, les nouveaux gouvernements dans les différents pays européens vont prendre ce problème à bras de cœur. La France et l'Europe ne peuvent pas rester à l'écart de ce grand chambardement numérique.

4:38
Présentateur

Michel Combes, les téléphones, les smartphones, ce sont les tuyaux. Dans les tuyaux, on fait passer du contenu. Alors pour vous, c'est la presse avec le kiosque numérique, il y a le cinéma avec bientôt une chaîne dédiée. Et puis le football, vous venez de racheter les droits de retransmission de la Ligue des Champions pour 370 millions d'euros. Votre concurrent direct, Orange, dit que c'est une affaire qui ne peut pas être rentable et que vous devrez céder d'autres droits sportifs pour tenir le coup. Qu'est-ce que vous répondez à Orange ?

5:05
Invité

Écoutez, le contenu est plébiscité par nos clients. C'est-à-dire que nos clients souhaitent avoir accès à des contenus de qualité. Et c'est le positionnement stratégique du groupe Altice partout dans le monde. Dans ce contenu, le sport est le contenu par essence le plus demandé par nos clients. Et dans le sport, c'est le football. Donc je me réjouis aujourd'hui d'avoir effectivement acquis le droit en or du football européen. Et je peux vous confirmer que les clients, j'ai pu lire ça sur la sphère, notamment la web sphère, les clients sont ravis. Et donc je suis convaincu que ceci va drainer tout un ensemble de nouveaux clients vers le groupe SFR. Cette opération sera rentable ?

Cette opération sera très rentable pour le groupe SFR. Non seulement en conquête de nouveaux clients, en fidélisation de clients existants. Et puis par ailleurs, cette offre ne sera pas réservée exclusivement aux clients de SFR. Bien sûr que je souhaite que les clients de SFR aient accès à cette offre. Mais avec les nouveaux modes de distribution, l'OTT, qui permettent d'adresser l'ensemble des clients, nous comptons bien aller offrir ce sport, y compris aux clients de France Télécom Orange, de Bouygues ou de Free.

6:12
Présentateur

Michel Combe, tout cela coûte très cher. Le groupe Altis est endetté aujourd'hui à hauteur de 50 milliards d'euros. C'est colossal. Jusqu'où et jusqu'à quand les banques vont-elles vous suivre ?

6:23
Invité

Première chose, l'endettement c'est un peu le fruit de notre liberté. C'est-à-dire que c'est soit l'endettement, soit perdre le contrôle du groupe. Nous avons opté pour l'endettement qui nous permet de garder le contrôle du groupe. Deuxième chose aujourd'hui, notre niveau d'endettement en valeur absolue est certes élevé, mais en relatif, c'est-à-dire par rapport à notre capacité de génération de cash, reste dans la norme de toutes les grandes entreprises.

C'est la raison pour laquelle vous avez sans doute vu qu'au cours des 12 mois qui viennent de s'écouler, j'ai refinancé pour 30 milliards de dettes et qu'à chaque étape de ce refinancement, j'ai réduit le coût de la dette et j'ai allongé la maturité. En combien de temps vous allez la rembourser cette dette de 50 milliards ? En ce qui nous concerne, si tout devait s'arrêter, nous nous mettons toujours dans une situation où nous pourrions rembourser la dette dans les 10 ans qui viennent.

7:06
Présentateur

Merci beaucoup Michel Combe, directeur général d'Altis, dont la marque remplacera SFR dès l'année prochaine. Bonsoir monsieur. Merci.