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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 20 mai 2021 27 min

Manifestation de policiers, assistants d'eurodéputés du RN, sélection de Karim Benzema... Le "8h30 franceinfo" de Jordan Bardella

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

France Info. Don Bardella. Bonjour. Vous étiez hier comme de nombreuses personnalités politiques au rassemblement organisé par les syndicats de police. Pour dire quoi précisément ?

0:13
Jordan Bardella

Pour dire d'abord notre soutien aux forces de l'ordre qui travaillent aujourd'hui dans des conditions laborieuses. Des forces de l'ordre qui sont en colère, usées moralement et qui ont le sentiment de ne plus être protégées par l'Etat. Et puis d'une manière plus large et un peu moins partisane pour leur témoigner de l'affection et de la reconnaissance tout entière de la nation. Dans les fonctions qui sont les leurs. C'était une belle manifestation avec ce slogan en bout de cortège qui était payé pour servir et pas pour mourir.

0:46
Présentateur

Jean-Luc Mélenchon qui n'y était pas a dénoncé le caractère factieux selon lui de cette manifestation. Que lui répondez-vous ?

0:53
Jordan Bardella

Jean-Luc Mélenchon et la France Insoumise sont dans une dérive aujourd'hui de jusqu'au boutisme séparatiste. Voilà, monsieur Mélenchon il alimente une petite musique depuis un certain nombre d'années dans notre société. Qui consiste à expliquer qu'il faudrait désarmer la police, qu'il faudrait désarmer nos forces de l'ordre. Et que, somme toute, la police a toujours mal fait son travail. Que la police serait raciste, que la police exercerait des contrôles au faciès. Or ce discours je le trouve indigne.

1:18
Invité

Alors le discours il est un peu plus nuancé ?

1:20
Jordan Bardella

Non, non, il n'est pas nuancé lorsque monsieur Mélenchon refuse de se rendre à une manifestation policière. Et même au-delà, parce que c'est sa liberté de ne pas y aller qu'il traite les dizaines de milliers de policiers qui étaient là hier de factieux. Je crois que monsieur Mélenchon est indigne.

1:32
Invité

Alors justement, je voulais vous citer les...

1:33
Jordan Bardella

Surtout lorsqu'on veut être président de la République et chef des armées.

1:35
Invité

Je voulais vous citer les propos de François Bersani, secrétaire départemental SGP Police, qui dit nul doute que si cette mobilisation s'avère très efficace, les digues cèderont, c'est-à-dire les contraintes de la constitution de la loi. Ça, c'est pas factieux.

1:51
Jordan Bardella

Vous prenez un propos parmi les 35 000 policiers qui étaient présents sur place. Moi j'ai entendu des policiers...

1:58
Invité

C'est ce qu'a dit le secrétaire départemental.

2:00
Jordan Bardella

Moi j'ai entendu, il y a eu beaucoup de policiers qui ont témoigné hier. Et des policiers aujourd'hui qui sont à bout. Il y a eu sur le seul mois de janvier un fait de violence toutes les 15 minutes qui a été constaté sur des représentants des forces de l'ordre. Lorsque nos policiers vont travailler le matin, ils ont de multiples traumatismes. Ils ont le traumatisme de Magnanville. Ils ont le traumatisme d'Avignon. Ils ont le traumatisme de Viré-Châtillon. Ils ont le traumatisme de Charlie Hebdo. Et ils ont le sentiment que, alors que leur mission est de protéger la population, d'être les représentants de ce monopole de la violence légitime, eh bien ils n'ont plus la protection de l'État.

Or, nous nous disons depuis maintenant plusieurs années que le soutien à nos forces de l'ordre, de manière indéfectible, il est indispensable si nous souhaitons mettre un coup d'arrêt à cet ensauvagement de la société. Le bilan de M. Darmanin et d'Emmanuel Macron, il est le suivant. Aujourd'hui, il n'y a plus un seul endroit dans le pays où les Français sont à l'abri. L'insécurité, la violence aujourd'hui, l'encerclement des Français par la violence, c'est plus uniquement dans les banlieues.

C'est aussi dans des grandes villes, c'est aussi avec le cambriolage dans la ruralité, et c'est aussi dans des villes autrefois tranquilles comme Rambouillet, qui sont aujourd'hui enclins à la montée de l'islam radical.

3:08
Présentateur

C'est bien que Gérald Darmanin soit venu lui aussi pour porter le message que vous venez de défendre, solidarité avec la police ?

3:14
Jordan Bardella

M. Darmanin, il essaie par tous les moyens de sauver le visage et de sauver le bilan sécuritaire d'Emmanuel Macron. Or, lorsque le ministre de l'Intérieur se rend sur place, il vient constater le bilan de sa propre inaction. Et en réalité, le fait qu'il n'ait pu rester que 40 secondes dans cette manifestation, traduit bien la défiance et l'état de colère des forces de l'ordre à l'égard du gouvernement. Il avait prévu de venir saluer les policiers. M. Darmanin, il est resté 40 secondes, il a dû être exfiltré très rapidement, parce qu'on voit bien qu'il n'était pas à l'aise.

Et qu'à partir du moment où le pouvoir politique, où le pouvoir exécutif est contraint de descendre dans les rues pour manifester, alors c'en est fini de l'état. Alors c'est l'état qui signe son armistice, c'est l'état qui signe son impuissance. Le ministre de l'Intérieur, il est en responsabilité pour agir. M. Darmanin, vous auriez dit qu'il fuyait de ses responsabilités peut-être. M. Darmanin, non, parce que c'est une manifestation qui est organisée contre la politique qu'il conduit.

4:06
Invité

C'est une manifestation qui est organisée contre l'abandon.

4:10
Jordan Bardella

M. Darmanin, oui, mais plus largement, c'est évidemment un hommage à Éric Masson, à Stéphanie Monfermé, à l'ensemble des policiers qui sont tombés ces dernières années. Mais d'une manière plus large, c'est un cri d'alarme aujourd'hui de nos forces de l'ordre. Donc il faut les soutenir, il faut les protéger. Il faut la présomption de légitime défense. Il faut qu'on arrête avec cet écosystème laxiste dans lequel est plongée la justice depuis 40 ans dans notre pays. Il faut regarder, on parle beaucoup des policiers. Il y a un pompier qui a été agressé à Lyon la semaine dernière sur lequel une voiture a délibérément foncé. Le type a pris 8 mois avec sursis. Et c'est comme ça à chaque fois.

Donc il faut retrouver le caractère sacré de l'atteinte à l'intégrité physique d'un représentant de la force dans notre pays. Et il faut être beaucoup plus ferme et implacable avec ceux qui s'en prennent aux représentants de l'État.

4:54
Invité

Le problème de la police, c'est la justice, c'est ce qu'ont dit certains syndicats hier. Depuis l'hémicycle de l'Assemblée nationale où la réforme de la justice était en discussion hier, le ministre de la Justice, justement Eric Dupond-Moretti, a réagi à la mobilisation des forces de l'ordre. On l'écoute.

5:10
Auditeur

En tant que citoyen, j'aurais pu me retrouver dans cette manifestation pour apporter mon soutien au service de police. Ce qui me semble, en revanche, dangereux pour notre démocratie, c'est que l'on oppose en permanence et à des fins électoralistes, et donc avec un certain cynisme, la justice et la police. Quand il y a des dysfonctionnements, la justice, je l'ai dit hier, est merveilleusement humaine et donc parfois terriblement humaine. Mais n'opposez pas, s'il vous plaît, deux grandes institutions de la République. C'est insupportable, ça.

5:47
Invité

On ne peut pas tout démolir à des fins électoralistes, dit le ministre de la Justice hier.

5:52
Jordan Bardella

La République du vide et la République des paroles. M. Dupond-Moretti, il est le représentant de l'institution judiciaire, il est l'image de la justice et je trouve qu'il donne une image déplorable de la justice.

6:03
Locuteur non identifié

En quoi ?

6:03
Jordan Bardella

Bon, d'abord dans les propos extrêmement vindicatifs qu'il a à l'égard de Marine Le Pen, par exemple. La grossièreté des propos qu'il tient à son égard, des propos violents, virulents, grossiers, lorsque un certain nombre de ministres, par exemple, appellent à abattre Marine Le Pen. Enfin, on voit bien que le gouvernement ne se tient pas bien.

6:23
Présentateur

Quel ministre a tenu ces propos à demander à abattre ?

6:25
Jordan Bardella

Olivier Grégoire, chez vous, je crois, il y a quelques jours.

6:26
Invité

C'était une formule, elle a dit, on appelle à chasser le Rassemblement national.

6:30
Jordan Bardella

Non, non, non, elle a dit, ça c'était M. Dupond-Moretti.

6:32
Invité

Non, non, non, c'était toujours Olivier Grégoire.

6:33
Jordan Bardella

Oui, mais Olivier Grégoire a dit, Marine Le Pen est l'ennemi raciste à abattre. Vous ne croyez pas que lorsqu'on représente justement l'autorité de l'État, lorsque l'on met de la virulence à l'égard d'un parti d'opposition, qu'on n'est pas capable de mettre au quotidien avec la délinquance, la criminalité, la violence dans notre pays, ça pose un problème de probité, d'intégrité et d'image qu'on renvoie. Donc, en vérité, ce quinquennat, plus que tous les autres, aura été le quinquennat de la violence, du désordre et du chaos.

Donc, nous nous appelons aujourd'hui, tous ceux qui ne souhaitent pas voir Emmanuel Macron réélu l'an prochain et voir le désordre et le chaos se poursuivre dans notre pays, à nous rejoindre, parce qu'en tout cas, si Marine Le Pen est élue présidente de la République, elle fera de son mandat la protection des Français, le rétablissement de l'autorité de l'État, une priorité. M. Dupond-Moretti l'a dit, d'ailleurs, il a dit, moi, je suis très fier d'être le ministre des prisonniers. Eh bien, nous, on préférait qu'il soit le ministre des victimes.

7:24
Invité

Pour les policiers, vous proposez quoi rapidement ? Qu'est-ce qui vous différencie de ce que propose le gouvernement aujourd'hui ?

7:30
Jordan Bardella

Qu'est-ce qui dit déjà qu'elle est incompressible à 30 ans ? Bien sûr, nous nous avons publié un certain nombre de livres blancs, nous avons fait des dizaines et des dizaines de propositions, la présomption de légitime défense pour permettre aux forces de l'ordre d'intervenir également dans des cadres légaux qui les protègent aussi lorsqu'ils interviennent dans des quartiers où ils sont pris en ligne de mire, parce qu'ils sont devenus des cibles à abattre aujourd'hui, bien souvent par des armes de guerre.

7:53
Invité

Ça veut dire quoi, présomption de légitime défense ? Ça existe déjà, la légitime défense ?

7:56
Jordan Bardella

Pas pour les forces de l'ordre, madame. Pas pour les forces de l'ordre. Donc, nous demandons qu'elle soit mise en place pour les forces de l'ordre. Nicolas Sarkozy avait souhaité le faire avant la fin de son quinquennat. Il avait renoncé à le faire. Nous proposons qu'il n'y ait aucun aménagement de peine. Aucun aménagement de peine pour des peines de prison de plus de six mois fermes. Voilà. On ne peut plus aménager les peines. On ne peut plus, si vous voulez, être dans l'angélisme, parce qu'on considère qu'il faut trouver des alternatives à la prison. Ça, c'est la logique Taubira-Dupond-Moretti qui prévaut dans notre pays depuis des années. Il faut que le mandat de dépôt soit la norme.

Le mandat de dépôt soit la norme ? Il faut que lorsque vous touchez à un policier, bien souvent aujourd'hui, le policier vous recroise une semaine, 15 jours, 3 semaines après, et vous êtes remis en liberté dans l'attente de votre procès.

8:34
Invité

C'est-à-dire que ce n'est pas un juge qui décide de mettre quelqu'un en prison ? Le mandat de dépôt soit la norme ?

8:39
Jordan Bardella

C'est-à-dire que, bien sûr, sous contrôle du juge, lorsque vous attaquez un policier avec évidemment une circonstance aggravante, avec une arme par exemple, et bien effectivement, vous dormez en prison le soir même. L'état de droit, Jordan Bardella ? Mais c'est l'état de droit, madame. C'est l'état de droit. C'est l'état de droit. Il faut juste qu'aujourd'hui, la remise en liberté qui est devenue la norme ne devienne qu'une exception, et que lorsque vous attaquez un policier, on ne peut pas faire en sorte que le policier que vous avez attaqué ou que vous avez délibérément visé avec une arme, que vous puissiez le recroiser dans les rues de la cité une semaine après.

9:09
Présentateur

Le Fil Info à 8h42 avec Mélanie Delonnet, et on vous retrouve dans un instant. Jordan Bardella.

9:13
Invité

Un système de fausses factures en pleine campagne pour l'élection présidentielle de 2012. Le procès de l'affaire Big Malion s'ouvre pour de bon cet après-midi à Paris. Retour devant la justice pour l'ancien président Nicolas Sarkozy, condamné il y a deux mois dans l'affaire des écoutes. Une première soirée depuis sept mois en terrasse. Difficile parfois de mettre fin à ces retrouvailles qui ont dépassé lors du couvre-feu à Amiens, à Bordeaux ou encore à Rennes, où la police a tiré des gaz lacrymogènes face à des jets de projectiles. Le calme est revenu vers 23h. Départ ce soir à 20h52 de Paris, arrivé demain matin 12h plus tard à Nice.

Le train de nuit à nouveau sur les rails après plus de trois ans d'arrêt. Il sera inauguré par le Premier ministre Jean Castex qui va passer la nuit à bord. Le président américain Joe Biden appelle à une désescalade, mais les États-Unis s'opposent au projet de résolution de la France, au Conseil de sécurité de l'ONU, pour demander la fin immédiate des hostilités au Proche-Orient entre Israël et le Hamas et également une aide humanitaire pour la bande de Gaza. France Info.

10:16
Présentateur

Le 8.30 France Info. Salia Brakia, Marc Fauvel. Jordan Bardella, vice-président du Rassemblement National, est avec nous. Vous venez de nous expliquer que la police en France a besoin d'être soutenue, défendue. Est-ce que c'est le cas aussi dans son enquête sur les assistants parlementaires du RN ? Puisqu'elle a rendu ses conclusions il y a quelques jours. Vous avez sans doute lu les conclusions qu'elle a rendues à la juge qui est en charge de cette enquête. C'était le week-end dernier dans le JDD. Les enquêteurs, des policiers, donc, dénoncent un système organisé frauduleux de détournement des fonds européens, système organisé par Marine Le Pen. Ils ont bien fait leur travail ?

10:52
Jordan Bardella

J'en pense, monsieur, qu'à chaque élection depuis six ans, quatre semaines avant des élections, nous sommes amenés à revoir des unes de presse, des unes de journaux, des journaux qui sont généralement plutôt proches, complaisants à l'égard d'Emmanuel Macron. Je pense évidemment au JDD, qui remettent à chaque fois sur la table cette même affaire des assistants parlementaires.

11:14
Présentateur

Parce que vous avez fait traîner l'enquête depuis six ans ?

11:17
Jordan Bardella

Non, non, nous ne faisons pas traîner.

11:18
Présentateur

Marine Le Pen l'affusait à d'autres prises d'aller chez les juges. Vous avez déposé depuis longtemps.

11:22
Jordan Bardella

Elle a indiqué qu'elle n'irait pas en période électorale, mais qu'elle était disposée, si vous voulez, juste après les élections, à se rendre. Il y a des élections tous les ans, quasiment. Ce qu'elle a fait à plusieurs reprises. Mais, vous voyez, si ça ne vous choque pas, vous, qu'il y ait une concordance du calendrier à chaque fois entre cette affaire et les élections où nous sommes donnés gagnants dans un certain nombre de régions, moi, vous voyez, ça me choque et je trouve que la ficelle devient un peu grosse. Maintenant, pour vous répondre sur le fond, nous avons une différence d'appréciation avec le Parlement européen.

On ne parle pas de griefs qui nous sont formulés par la justice française. On parle de reproches qui nous sont formulées par le Parlement européen sur le rôle de nos assistants parlementaires. Les mises en examen sont en France. La vingtaine de mises en examen, c'est en France, c'est la justice française. Nous considérons, nous, que nos assistants parlementaires peuvent aussi faire de la politique. Voilà, nos assistants parlementaires européens, ce n'est pas des fonctionnaires, ce n'est pas des technocrates européens. Ils sont aussi candidats aux élections, ils sont aussi élus, ils sont aussi impliqués dans l'organisation du mouvement.

Et je note que ces mêmes reproches du Parlement européen sont faits au Modem, sont faits à la majorité d'Emmanuel Macron, dans d'autres proportions, par le nombre d'élus, par les seuls enjeux. Non, non, non, oui, oui, non, mais c'est trop facile, ça, si vous voulez, de sortir ça, si vous voulez, à une semaine des élections. Alors même que d'autres mouvements politiques, on leur formule également le même type de reproches. Je reviens d'un mot, on va rentrer, si vous voulez,

12:33
Présentateur

bien dans le détail de ce qu'il y a dans ce rapport de police.

12:36
Jordan Bardella

Mais on peut, on le fait quatre semaines avant à chaque élection. Non, non, mais...

12:38
Présentateur

Mais d'un mot, simplement, vous dites, le calendrier nous rattrape à chaque fois avant l'élection. C'est Marine Le Pen qui a saisi d'une question prioritaire de constitutionnalité sur ce point qui a été rejeté. Il y a eu six motions déposées par le Rassemblement national depuis l'automne dernier pour freiner la procédure, ce qui est votre droit le plus strict, évidemment, comme tout justifiable. Mais le calendrier, s'il est aussi long, c'est notamment à cause de ça.

12:59
Jordan Bardella

Donc ça ne vous choque pas qu'à un mois des élections, à chaque fois, je veux dire, c'est pas une fois, ça fait six ans à chaque fois. Si c'était arrivé après les municipales ou avant les municipales, avant il y avait les européennes, Il y a trois mois, on parlait de cette affaire. Il y a quatre mois, on parlait de cette affaire.

13:11
Invité

Mais l'affaire traîne, parce que si vous l'avez fait traîner.

13:12
Jordan Bardella

L'affaire, mais on ne fait pas traîner l'affaire. Mais je veux dire, on nous ressort cette affaire à chaque fois à un mois des élections. Donc je veux bien, mais l'officiel est un peu grosse. Et je vais vous dire, quand on est un ministre de la justice qui est d'une telle virulence et d'une telle violence à l'égard du Rassemblement national, dont il explique peu ou prou qu'il combattra la politique par tous les moyens possibles et imaginaux. Alors, imaginaire, pardon. Alors, oui, on est en droit de se poser si ce rapport de police n'est pas une commande du ministre de la justice. Vous pensez que c'est lui qui l'a fait fuiter ? Ah, je m'interroge, en tout cas.

Je m'interroge de la même manière qu'il s'interroge. Il y en a sur toutes les affaires. De la même manière qu'il s'interroge sur notre probité, nous, nous nous interrogeons sur son intégrité. Et quand vous avez effectivement quelqu'un qui est extrêmement virulent avec vous et qui représente quand même l'autorité judiciaire dans notre pays, oui, on est en droit de se demander si la ficelle n'est pas un peu grosse. Maintenant, quant aux reproches qui nous sont faites, nous en reprendrons sans difficulté devant la justice si la justice nous le demande.

14:05
Invité

Sur le fond, parce que vous disiez, nous, on a une vision différente du Parlement européen. Nos assistants parlementaires peuvent être des politiques, peuvent faire de la politique au niveau...

14:13
Jordan Bardella

Avec au passage une violation du secret de l'instruction, mais là aussi, je note qu'il n'y a pas de problème et que personne ne s'en choque.

14:17
Invité

Mais il y a un cas particulier, celui du garde du corps de Marine Le Pen. Ah, là, parlons-en. Oui, il a travaillé à la fois pour Jean-Marie Le Pen et Marine Le Pen, mais a aussi été déclaré assistant parlementaire de plusieurs députés européens. Tout à fait.

14:27
Jordan Bardella

Garde du corps, c'est marqué sur sa fiche de paye et sur son contrat de travail.

14:30
Invité

De plusieurs... Vous parlez de quoi ? D'assistant parlementaire...

14:32
Jordan Bardella

De Thierry Léger.

14:33
Invité

Oui, on parle de la même personne, mais il a aussi été déclaré assistant parlementaire de plusieurs députés européens. Dans ces cas-là, il faisait quoi ? Il faisait des fiches ? De qui ? De plusieurs députés européens. De qui ? J'en ai plusieurs.

14:43
Jordan Bardella

Trois. D'accord. Il était assistant parlementaire, garde du corps. En même temps, il faisait les deux. Oui, c'est marqué. Son enveloppe d'assistance parlementaire est faite pour aider le parlementaire dans l'exercice de ses fonctions. Et ça aurait échappé à personne que Marine Le Pen a besoin, effectivement, d'un garde du corps pour exercer ses fonctions. C'est-à-dire, la semaine,

15:02
Présentateur

il était garde du corps et le week-end...

15:03
Jordan Bardella

A tel point même, monsieur, que Marine Le Pen vit depuis six ans en plus de son garde du corps sous la protection du ministère de l'Intérieur. Donc, c'est bien que l'État français estime que Marine Le Pen, pour exercer ses fonctions, a besoin d'une sécurité personnelle. Il assurait les deux missions en même temps.

15:21
Présentateur

Garde du corps et assistant parlementaire chargé de lire la presse, de rédiger des fiches.

15:24
Jordan Bardella

Sa mission de garde du corps était prise en considération dans l'enveloppe d'assistant parlementaire. C'était marqué sur son contrat de travail, c'était marqué sur sa fiche de paye. Et effectivement, pour prolonger la discussion, chez nous, des gens qui travaillent aussi dans la sécurité ont pu avoir des missions politiques par le passé. Ou alors, sinon, il faut nous dire... Non, là, c'était simultanément. Non, mais sinon, il faut nous expliquer qu'il y a des sous-métiers et que lorsqu'on a été garde du corps très dans la sécurité, on ne peut pas avoir de fonction politique. À ce moment-là, il faut nous faire la liste des tâches. Enfin, je ne sais pas, il y a un mépris de classe ou...

15:51
Invité

C'est le côté simultané.

15:53
Jordan Bardella

Il était embauché en tant qu'assistant parlementaire... Vous dites qu'il peut faire les deux, il peut faire des fiches et en même temps... Oui, oui, mais c'est bien un contrat de travail. Alors, sinon, vous pouvez postuler au sein des institutions européennes et puis modifier la réglementation des contrats de travail.

16:06
Présentateur

Jordan Bardella, échange de mail révélé également dans ce rapport de la police publié le week-end dernier par le journal du dimanche. Le député européen du Rassemblement National, Jean-Luc Schofauser, écrit le 22 juin 2014 au trésorier du parti Valrond-de-Saint-Just. Il lui dit, je cite, « Ce que Marine nous demande équivaut à ce qu'on signe pour des emplois fictifs. » Réponse du trésorier du Rassemblement National dans un autre mail, « Je crois bien que Marine sait tout cela. Emplois fictifs, dit-il. Oui, elle le sait, répond-il. »

16:33
Jordan Bardella

Monsieur, on a déjà répondu là-dessus. Vous sortez de la part de quelqu'un qui est parti du Rassemblement National parce qu'il n'a pas été réélu lors des dernières élections européennes donc il a quitté le Rassemblement National.

16:44
Locuteur non identifié

Il est membre à cette époque.

16:46
Jordan Bardella

Vous sortez sur des heures, des heures, des jours, des mois parfois d'interrogatoire de réponse à la justice quatre lignes. Donc, encore une fois, je vous fais la même réponse. Je peux vous lire la suite du mail de M. Chateau-de-Saint-Just si vous me permettez. Ce que Marine nous demande équivaut à ce qu'on signe

17:06
Présentateur

pour des emplois fictifs, c'est le député, écrit-il toujours, qui est responsable pénalement sur ces deniers même si c'est le parti qui en est bénéficiaire. Réponse de Valrond-de-Saint-Just, je crois que Marine sait tout cela.

17:15
Jordan Bardella

D'accord. Eh bien, moi, voilà ma réponse. Vous sortez sur des heures et des heures d'interrogatoire quatre lignes de convocation plutôt avec la justice. Vous sortez quatre lignes de son contexte. Donc, on peut arriver, si vous voulez, avec l'intégralité du dossier, mais je crains qu'on y passe la nuit. Bon, on ne va pas y passer la nuit. Non, non, mais je veux bien, mais je veux dire, on y répondra, si on doit y répondre devant la justice, on y répondra devant la justice.

Mais si vous ne voyez pas que la ficelle est un peu grosse et qu'on est amené, enfin, on a déjà eu cette discussion ensemble, d'ailleurs, sur votre plateau, à une semaine des élections européennes, à une semaine des élections municipales, à une semaine de la présidentielle et probablement, nous aurons ce même type de discussion, ce même type d'affaires qu'on ira chercher, essayer de monter dans le fond des tiroirs, à une semaine de l'élection présidentielle.

17:59
Présentateur

Vous souhaitez un procès au plus vite pour laver votre honneur ? Vous souhaitez que ça arrive le plus rapidement possible ? Non, mais je souhaite,

18:04
Jordan Bardella

si vous voulez, je souhaite juste qu'on soit traité de la même manière que tout le monde. Or, dans ces affaires et dans ces reproches qui nous sont formulés par le Parlement, qui considèrent que nos assistants parlementaires ne peuvent pas te faire de politique, c'est une différence d'appréciation qu'on a avec eux. Eh bien, le Modem et la France Insoumise sont également concernés sans que manifestement le JDD ne s'en soucie.

18:21
Invité

Mais la procédure est en cours aussi dans le procès de Parti.

18:23
Jordan Bardella

Eh bien, très bien. Eh bien, il existe en France parce que moi, je suis respectueux des institutions de ce qu'on appelle la présomption d'innocence, pour le coup. Légitime défense, c'était pour les forces de l'ordre. Et on ne réglera pas ce dossier manifestement qui date depuis 6 ans, qui traîne depuis 6 ans sans qu'il n'y ait eu aucune condamnation sur un coin de table en 4 minutes.

18:42
Présentateur

8h51, le fil info et la suite dans un instant. Mélanie Dolonnet.

18:46
Invité

Le nombre de malades du Covid en réanimation repasse sous les 4000. Pour éviter une reprise de l'épidémie dans les lycées, le gouvernement compte sur les autotests sauf qu'il n'y a pas beaucoup de volontaires. Pour ce dépistage hebdomadaire, environ 10% des familles ont donné leur accord, dit à France Info, le principal syndicat de proviseurs. Des milliers de policiers rassemblés hier devant l'Assemblée et des mots durs pour la justice. Mais les agressions contre les forces de l'ordre ne sont pas dues à un prétendu laxisme de la justice, répond l'union syndicale des magistrats, qui met en avant les statistiques et des peines prononcées de plus en plus sévères.

Ce sont rarement des erreurs en votre faveur. La Cour des comptes pointe des problèmes dans le calcul d'un dossier de retraite sur six, une proportion qui s'accroît et parfois le montant atteint jusqu'à un millier d'euros par an, alors que la pension moyenne de retraite est de quasiment 1400 euros net par mois. Et puis avant la dernière journée de Ligue 1 de football, un titre pour le Paris Saint-Germain qui soulève la Coupe de France pour la quatorzième fois de son histoire grâce à sa victoire 2-0 contre Monaco. France Info

19:51
Présentateur

Le 8.30 France Info, Salia Brakia, Marc Fauvel.

19:56
Invité

Toujours avec le vice-président du Rassemblement National, Jordan Bardella, près de la moitié des sympathisants des Républicains est favorable à des alliances avec votre parti au régional. Est-ce que c'est votre cas ?

20:06
Jordan Bardella

Nous appelons bien sûr tous les électeurs sympathisants, militants des Républicains qui aujourd'hui ne souhaitent pas se mettre en marche derrière Emmanuel Macron à venir travailler avec nous. Nous leur lançons un appel, mais y compris des élus locaux. Je veux dire, si Mme Morano va au bout de sa logique, je l'appelle à nous soutenir. Nous disons la même chose sur énormément de sujets. Nous pensons la même chose sur beaucoup de sujets. Nous sommes d'accord sur le rétablissement de l'autorité, sur le besoin aujourd'hui de mettre fin à cette explosion de l'insécurité dans notre pays, sur cette nécessité de déclarer la paix fiscale dans le pays. On est d'accord sur énormément de sujets.

Vous dites un alimentement à nos

20:48
Invité

bienvenus au Rassemblement National ?

20:49
Jordan Bardella

Mais je dis mais bien sûr, mais faites comme Thierry Mariani, faites comme Jean-Paul Garraud qui ont fondé la droite populaire et qui ne se retrouvent plus aujourd'hui dans cette course à la gamelle d'une partie des cadres des Républicains pour aller derrière Emmanuel Macron.

21:02
Invité

À qui d'autre dites-vous ça ? Éric Chiotti aussi ? Mais bien sûr,

21:05
Jordan Bardella

je leur dis mais si vous êtes cohérent, si vous ne voulez pas que M. Muselier notamment, qui est le candidat d'Emmanuel Macron, accède à la présidence de la région PACA et si vous souhaitez une alternance, c'est ça en démocratie d'avoir une alternance. Or la recomposition de la vie politique laisse à penser, à croire aujourd'hui d'une manière objective qu'il y a d'un côté ceux qui veulent aller avec Macron et ceux qui veulent une alternance. Or l'alternance aujourd'hui, c'est le Rassemblement National et c'est Marine Le Pen. On a des candidats qui ne sont pas forcément issus du RN.

Thierry Mariani, il a été ministre de Nicolas Sarkozy, il a quitté les Républicains parce qu'il considérait justement que les Républicains avaient trahi l'intégralité des convictions pour lesquelles beaucoup de militants comme Thierry s'étaient engagés. Donc je leur dis, venez travailler avec nous. La droite populaire est faite pour vous accueillir mais ne vous laissez pas voler une élection par des gens qui souhaitent aujourd'hui faire l'alliance avec Emmanuel Macron et qui accompagnent le désordre et le chaos dans notre pays.

21:57
Présentateur

Jordan Bardella, Karim Benzema va faire son retour dans l'équipe de France de football à l'occasion de l'Euro qui aura lieu dans trois semaines. Beaucoup de supporters sont ravis mais votre collègue, sénateur des Bouches du Rhône, Stéphane Ravier, un peu moins, il l'a expliqué ces dernières heures sur France Info Télé.

22:14
Invité

J'aimerais que Karim Benzema porte les couleurs de l'équipe de France s'il doit les porter sur le dos qu'il les porte d'abord dans son cœur. Moi je me souviens de ses déclarations « Je suis français pour le football mais je suis algérien par le cœur ». Alors si M. Benzema persiste dans cette vision et bien qu'il joue pour l'équipe nationale mais à ce moment-là l'équipe nationale d'Algérie. À ma connaissance, Karim Benzema, il est français.

22:43
Présentateur

Il est français de papier, oui. C'est quoi un français de papier et est-ce que vous d'origine italienne vous en êtes un aussi ?

22:52
Jordan Bardella

Je suis peut-être français de s'en mêler mais je suis devenu un français de cœur. C'est quoi un français de papier ? M. Benzema, si vous voulez, indépendamment d'ailleurs du talent footballistique et sportif qui est le sien, a eu une attitude déshonorante quand on représente le sport, quand il a dit qu'il ne refusait de chanter la Marseillaise, quand il a indiqué que son pays c'était l'Algérie, que son pays c'était l'Algérie. On n'a jamais eu ce type de reproche pour eux. Oui mais M. Benzema a indiqué clairement que son pays était l'Algérie et que la France était juste pour le côté sportif. C'est pas tout à fait ce qu'il a dit. Si, il l'avait dit. Il l'a dit clairement.

23:27
Invité

Non, il a dit, je me permets de redire vraiment ce qu'il a dit. Non mais je vous en prie. Il a dit, c'était dans une émission sur RMC, il a dit à la question est-ce que vous souhaitez jouer pour l'Algérie ou pour la France, il a dit, la France, l'équipe de France c'est plus pour le côté sportif parce que l'Algérie c'est mon pays, voilà. Mes parents, ils viennent de là-bas. Après la France, c'est plus sportif. Il n'a pas dit, merci, c'est encore pire. Non, non, non, il a dit, il n'a pas dit la France,

23:52
Jordan Bardella

c'est encore pire que ce que j'ai dit.

23:53
Invité

Je me permets de terminer. La France, il n'a pas dit, la France c'est juste pour le côté sportif. Voilà toute la différence, Jordan Bardella.

24:00
Jordan Bardella

Oui, mais vous voyez, moi qui suis français d'origine italienne, 75% d'origine italienne, du côté de mes parents, moi, mon pays c'est la France. Voilà, que ce soit pour le côté professionnel, personnel, sportif, mon pays c'est la France. Alors je ne dis pas qu'on ne peut pas ne pas être trop fier de ses origines et encore une fois, je ne vais pas défaire le travail qui a été fait par Didier Deschamps. J'ose espérer qu'il ait eu une explication sur son attitude et que M. Benzema se comportera mieux à l'avenir, en tout cas dans l'image qu'il renvoie à la fois du sport, des valeurs que représente le sport et du maillot qu'il porte et des couleurs qu'il porte.

Mais je vais vous dire, moi, ce qui me choque, ce qui me choque dans l'euro.

24:36
Invité

Pardonnez-moi, juste pourquoi vous ne retenez pas quand Karim Benzema dit que c'est un rêve pour lui de jouer en équipe de France ou que le fait de ne pas avoir été sélectionné pour l'euro en 2016, ça a été l'un des plus gros coups durs de sa carrière.

24:46
Jordan Bardella

Mais parce que tout n'est pas blanc, tout n'est pas blanc. Pourquoi vous ne retenez pas ça ? Mais je le retiens aussi, j'ose espérer que Didier Deschamps a eu une conversation avec lui, mais lorsqu'on est représenté, y compris sur le plan du football, on attend aussi nos sportifs qu'ils aient une attitude exemplaire, pas seulement sur les valeurs, mais aussi sur le maillot et les couleurs qu'ils représentent. Je vais vous dire, on ne va pas polémiquer pendant six mois sur Karim Benzema, c'est fait, c'est fait et j'espère que l'équipe de France ira le plus loin possible parce qu'encore une fois, c'est la France qui joue et quand c'est la France qui gagne, c'est la France qui gagne.

Mais ce qui me choque, moi, si vous voulez, c'est la chanson qui a été choisie pour l'euro, notamment la chanson d'Youssoufa.

25:19
Invité

Pourquoi elle vous choque ?

25:20
Jordan Bardella

Parce que Youssoufa est quelqu'un qui, dans ses chansons, dans les chants extrêmement virulents qu'il a, des paroles virulentes. Et qu'elle ? Lorsqu'il appelle, par exemple, lorsqu'il appelle à des menaces de mort contre Éric Zemmour, lorsqu'il dit qu'il va donner un ticket à celui qui se paye la tête d'Éric Zemmour.

25:39
Invité

Éric Zemmour a attaqué en justice Youssoufa. Il a gagné en première instance et en appel, c'est Youssoufa qui a gagné. Il n'y avait pas lieu. Ça faisait partie de la liberté d'expression.

25:48
Jordan Bardella

Lorsque, par exemple, il a des propos extrêmement virulents à l'égard de Marie-Laure. Alors, c'est des propos tellement dégueulasses que je ne vais pas les réciter à l'antenne dans ses chansons. Les auditeurs se rendront compte lorsqu'il dit, par exemple, la France est un pays d'escrocs. Lorsqu'il chante dans ses chansons, la France est un pays d'escrocs. Ils ont volé nos œuvres d'art et ils les ont mis dans leurs expos. Lorsqu'il dit, par exemple, dans ce rêve ou ma semence de nez fout en cloque cette chienne de Marine Le Pen. Ça ne vous choque pas, ça ? Moi, ça me choque qu'on choisisse quelqu'un comme ça pour représenter la France à l'euro en matière musicale.

Et je pense franchement que dans cette période où on a besoin d'unité, où on a besoin d'apaisement, Benzema avait un jour dit que Didier Deschamps cédé à une partie raciste de la France. Eh bien, je pense qu'aujourd'hui, on a cédé à une partie racaille de la France en choisissant ce type de propos.

26:33
Présentateur

Jordan Bardella, vice-président du Rassemblement National et tête de liste du parti au Régional en Ile-de-France. C'était ce matin avec nous. Merci et bonne journée. Merci à vous.