« Nous sommes libres et émancipées ! » | Paroles de maire (épisode 04)
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour à toutes et à tous. Je reçois aujourd'hui Nathalie Tortra, maire de gouverne en Sénémarne. Alors, Gouverne est une commune de 1200 habitants.
Ces habitants s'appellent des gouvernaux. Absolument. Alors, Nathalie n'est pas que maire, elle est maire depuis 2020, mais elle est aussi vice-présidente de Marég Gondoire agglomération et puis elle est conseillère régionale d'Île-de-France.
D'ailleurs, une des questions qu'on peut lui poser tout de suite, c'est comment est-ce qu'elle a est-ce que tout ça se combine bien ? parce que c'est facile d'être à la fois à l'agglomération, à la région et à la tête de sa commune. Bien, bonjour monsieur Vogel, sénateur de Sénémarne.
Je suis ravie d'être avec vous aujourd'hui. Effectivement, est-ce que c'est facile de tout conjuguer ? Je vais vous dire oui, je peux tout conjuguer.
J'ai un emploi du temps qui est extrêmement contraint. Je jongle beaucoup, mais je ne suis pas que maire, que vice-présidente et que conseillère régionale. Je suis également maire et grand-mère.
Et je jongle aussi avec ma vie de famille, ça c'est quelque chose qu'on oublie souvent. Et tu arrives à à justement vie de famille, vie professionnelle ? Et bien oui, puisque ce que nous permet en fait ces fonctions là, c'est de gérer notre agenda.
J'ai énormément de sollicitations mais finalement je dis toujours premier arrivée, premier servi. Donc dès qu'on me donne un rendez-vous, je l'inscris à mon agenda, l'agenda est bloqué et ensuite c'est facile de gérer l'areste. Après il faut avoir la capacité de changer de casquette rapidement et euh plusieurs fois dans la journée, mais euh mais en fait, il y a pas de monotomie en fait et du coup bah oui, on y arrive, on jongle.
Puis en fait, c'est quelque chose qui me plaît beaucoup. Toujours stimulé. En fait, tu aimes ça, tu as une capacité d'adaptation, c'est pas une question de quantité.
Il faut pouvoir passer d'un sujet à l'autre rapidement pour toujours être prêt à réagir à l'événement. Alors, je sais pas si c'est une capacité, en tout cas, moi, j'ai toujours été comme ça et j'ai toujours assez rapidement rebondi. Je préfère ça à la monotonie, mais bon bah chacun son caractère, hein.
Rebondir, c'est facile. On trouve toujours un point commun en fait à chaque chaque situation. Donc finalement, quand on est maire d'une petite commune, on gère tout tout le quotidien en fait de ses habitants.
On gère une mini entreprise. Il faut savoir que quand même les maires sont des chefs d'entreprise. On a quand même un budget.
Certes, nous ne gérons pas les rentrées puisque les rentrées sont déjà fixées, mais les sorties, on les gère. Donc il faut savoir tenir son budget, donc s'adapter et puis de fait en fait comme on a l'habitude de travailler avec les gens, de changer de casquette, de s'adapter finalement au quotidien de nos habitants, nos administrés, et bien on fait la même chose quand on est un petit peu plus haut. Donc en v en tant que vice-présidente de Marég Gondoir, je m'occupe des logements droit au sol, permis de louer, permis de diviser, les périls, les logements sociaux.
Mais finalement sur ma commune quelque part, je le fais aussi. Donc bien évidemment, c'est qu'une complémentarité. Je gère aussi en fait à Marneggondo alors ça s'arrête là mais à la région je vais m'occuper du bassin d'emploi de Marne la Vallée.
De fait en fait c'est l'emploi, c'est le travail mais donc c'est quelque part aussi d'être proche de ses administrés parce que on est capable de savoir ce qu'attendent les gens et ce qu'attendent les chefs d'entreprise parce que nous-même nous gérons en fait des personnes. On a on a quand même des collaborateurs. on va travailler avec eux et en fait donc on crée du lien social et on va le reproduire en fait finalement quand on s'occupe d'un bassin d'emploi d'un comité local.
Ça a changé de terminologie mais c'est la même chose. Comité local pour l'emploi. On va donc au quotidien s'occuper de gens et d'entreprises.
Et en fait les trois casquettes sont très complémentaires emploi, le mairie et tout à fait. Tout à fait tout est lié en fait finalement tout est lié. Il y a il y a un il y a un fil conducteur finalement qui fait que bah c'est facile en fait de rebondir.
Alors je sais que avant de devenir maire, tu étais cadre dans le secteur bancaire et et alors comment es-tu tombé dans la marmite ? Comment es-tu devenu ? Oh, c'est une belle belle et longue histoire.
Alors, je suis pas tombée dans la marmite tout de suite. J'avoue que je suis depuis 2012 dans le milieu politique mais en bac offoffice. J'ai un moment adhérer à un parti politique quand alors peut-être comme d'autres et de cette génération quand on a vu on a vu arriver Le Pen au 2e tour, moi j'ai eu un sursaut et je me suis dit "Oh non, mais ça c'est pas du tout, c'est pas ma France, c'est pas le pays dans lequel je vis, c'est pas du tout mon c'est pas ma façon de voir les choses." Je me dis il faut quand même qu'on fasse quelque chose, c'est pas possible. il faut qu'on explique aux gens.
Et donc, je me suis mise à à trouver et j'ai cherché à intégrer un parti qui me ressemblait mais pas tout de suite faire des élections. Mon rôle à moi c'était de pousser des gens aux élections, de les aider, de les accompagner. Tu responsable des partis radicales dans le département.
Oui, tout à fait. Alors ça c'est quelque chose que j'ai pris après. Mais mais d'abord je suis une militante associative.
Quand on fait de l'associatif, finalement on est très proche de du de la politique. C'est on fait la même chose. J'ai toujours dit que être président de l'association, je l'ai été pendant plus de 10 ans, c'est une main de fer dans un grand de vel.
Quel type d'association ? Quand même ? Et bien dans mon village, je m'occupais de l'association qui s'appelle l'amicale des enfants de l'école de gouverne.
Et donc c'était une vieille vieille association et qui permettait aux enfants de faire des activités tout en générant en fait des recettes et ces recettes, on les reversait à l'école pour financer les projets scolaires. Donc voilà, c'est double double action, double effet qui cool en plus de l'animation du village. Naturellement, on arrive on arrive à à ces fonctions là.
Et puis ce qui a fait que j'ai postulé au poste de maire, enfin de maire du coup j'ai monté une liste c'est toi qui euh qui a pris l'initiative de monter. Oui. Oui.
Parce que pour moi la politique c'est ce qu'on fait, l'échange. Je t'écoute, tu m'écoutes, tu me donnes et c'est comme ça que tu grandis et que je grandis. On confronte nos opinions et on arrive à un consensus que fait très bien le premier ministre.
J'ai pas le droit de le dire mais je le dis quand même en ce moment parce qu'on est obligé en fait de toujours de composer en fait exactement de trouver le le le point commun le point commun. Et donc en 2014 je me trouve face à un maire qui est âgé et qui a une vision de la politique pour moi étriquée à l'ancienne. À quatre ou c on décide et puis les autres bah ils valident.
C'est absolument pas ma façon de voir les choses. Nous sommes 15, nous validons à 15, nous discutons à 15, nous nous élaborons nos projets à 15 et tout le monde est partie prenante. Et je dirais même que je vais beaucoup plus loin puisque en fait mes habitants ont tous mon numéro de téléphone.
Alors s'ils l'ont pas, c'est dommage pour eux parce que je le distribue volontiers. Ils peuvent m'appeler, ils peuvent appeler la mairie, la mairie est ouverte et on doit en fait pouvoir leur répondre, comprendre leurs besoins et être au plus proche d'eux. Voilà pourquoi je suis arrivée à à MER.
Et puis en 2020, j'ai réitéré et en 2020 avec une petite particularité, c'est qu'en fait là, j'en suis à un point où je me dis il faut que je sauve mon village. Parce que le village de gouverne est compris dans un PPEANP, périmètre de protection des espaces naturels et agricoles, non constructible, absolument enéré avec zéro pôle de enfin de respiration, en tout cas d'élargissement. Nous sommes dans l'unité urbaine de Paris, c'est-à-dire que la loi et ses ruses s'appliquent au-delà de 1500 habitants.
Et on voit bien qu'étant 1200, si je construis une seule parcelle de terrain et que bah il y ait quelqu'un qui veut me faire une résidence quelconque, je passe la barre des 1500. Alors c'est pas un sujet de dire qu'on peut répondre et qu'on peut construire. Alors c'est un peu compliqué de vouloir construire.
Je vous jure que c'est compliqué. Gouverne, ça n'attire pas les les bailleurs sociaux. On va on va être clair hein.
Le prix du terrain n'est pas n'est pas attractif. On ne dit pas non en fait mais si nous faisons nous exposons en fait à cette épée de damoclè qui fait que nous n'avons pas la possibilité de construire davantage donc de s'étendre d'un point de vue urbanistiqueou on va pas pouvoir faire de la verticalité sans avoir à casser le village. Donc c'est le bouton à c pas.
Mon objectif c'est d'essayer de trouver un juste compromis et en tout cas de faire évoluer la loi. Donc monsieur le sénateur, je m'adresse à vous. Voilà, c'est pour ça qu'on si vous pouviez si vous pouviez voir un petit peu parce que je pense que la loi et ses rues devrai s'entendre bien sûr au niveau de l'intercompunalité.
Ouais. Et avec des strates parce que sinon les bailleurs sociaux sont pas stupides, ils vont construire à Jeunevilier. Le foncier c'est moins cher que chez moi.
Donc il y a quelque chose à faire ce sujet de la loi Absolument. Absolument. Il y a quelque chose à faire.
Il y a vraiment à revisiter mais je pense que le ministre actuel a bien ça en tête puisque lui-même connaît la problématique. Donc je compte aussi sur lui parce que c'est quelqu'un formidable. Je j'ai envie de faire de la pub aujourd'hui.
Le ministre Jeanbrun est absolument formidable et très humain et on peut s'appuyer sur lui pour faire évoluer cette toi. Du moins, je l'espère. D'accord.
Alors, tu vas partir pour un nouveau mandat. La liste s'appelle "Gouvernez-vous, on continue." Ça veut dire qu'il y a un certain nombre de choses que tu as déjà pu faire et il y en a d'autres comme le sujet que tu viens d'aborder qui sont encore à à réaliser.
Je sais que les finances par exemple de la commune étaient en très mauvais état. Alors les finances n'étaient pas catastrophiques mais elles étaient contraintes. En fait, on avait un budget avec une partie bah budget de fonctionnement, budget d'investissement et sur le budget d'investissement en réalité, il nous restait 50000 € par an.
Wouh ! Donc, on fait pas grand-chose avec 50000 €. Heureusement, on a un budget de fonctionnement et notre objectif en fait et notre la façon dont on a fonctionné, c'est-à-dire qu'on a contrôlé, on a vraiment fait attention à notre budget de fonctionnement, on a réduit notre rythme de vie, on a fait attention à chaque dépense pour pouvoir injecter du fonctionnement à l'investissement et financer nos projets.
Et c'est comme ça qu'on est parti pour ne pas avoir un recours à l'emprunt, pour ne pas avoir à augmenter les taux communaux, ce qu'on ne fait pas depuis 6 ans, et désendetter la commune tout en finançant nos projets. qu'on réussit, on va sortir un terrain de sport, mais c'est pas un terrain de sport lambda, c'est un espace que je veux intergénérationnel, que je veux l'école et que je veux les habitants dans le cœur de bourg. Donc on va avoir un terrain multisport, un terrain de paddle, un air de jeu pour enfants et des tas de petits bans pour les personnes âgées.
D'accord. Pe les grands-mères comme moi qui viennent regarder leurs petits enfants jouer. D'accord.
Voilà, ça c'est le projet de la mandature parce que ça a été très long à mettre en place et c'est intergénérationnel en fait. C'est pas c'est les jeunes, les seigor tout le village se retrouve. Voilà.
Exactement. Il est aussi dans le dans l'enceinte de l'école. La journée, c'est l'école qui s'en sert lundi, mardi, jeudi, vendredi, de 8h jusqu'à 16h30.
Au-delà, on l'ouvre. Le mercredi après-midi et les vacances scolaires, il est ouvert à tout le monde jusqu'à 22h. D'accord.
C'est pensé, ça c'était c'est pensé, c'est le projet de la mandature, c'était vraiment quelque chose d'important et euh et voilà donc on a réussi et là pour le coup, je dis merci à la région Île-de-France parce que ça a été un gros gros financeur de ce projet. Qu'est-ce que nous avons fait d'autres ? Nous avons tout modernisé en fait.
On a mis la wifi partout. On a fibré tous nos établissements, la mairie, l'école, la bibliothèque, les salles communales. Tout a été fibré aujourd'hui.
Tout on a la wifi publique d'ailleurs sur dans le dans le bourg, ce qui n'existait pas avant. En fait, j'ai tout modernisé, la téléphonie, enfin tout l'internet, tout les postes de mes secrétaires, tout a été vraiment conçu pour s'améliorer. On a ouvert beaucoup plus la mairie, on a étendu les horaires, on a permis aux gens de venir parce que quand vous ouvrez la mairie de 14h, enfin même pas, c'était 16h 18h, qui est-ce qui vient en fait ?
Et les gens s'arrêtent de travailler pour aller déposer un dossier ou donc non, c'était pas jouable. Donc on a étendu les horaires, on a mis des permanences des élus. En fait, on a essayé de se rendre disponible pour la population.
On a mis en place un conseil municipal des jeunes. Petite commune de 1200 habitants, on était les premier. On a fait le plan communal de sauvegarde.
Alors ça ça paraît étrange pour une toute petite commune, mais après la COVID, bah nous on a eu cette espèce de d'entre deux. Entre le mois de mars où on a été lu et le mois de juin où on a pu finalement siéger, il y a eu un espèce de No Manland. les anciens devaient continuer à séger mais personne ne pouvait sortir et on avait des tas de personnes âgées qui fallait avec qui enfin il fallait leur venir en aide aller chercher les médicaments, aller chercher des légumes et tout ça on l'a mis en place et quand on est arrivé aux affaires, on s'est rendu compte bah que heureusement qu'on connaissait nos habitants parce qu'on avait pas de document qui permettait en fait de savoir comment faire que faire.
Donc ça a été la première chose, plan communal de sauvegarde. Ensuite conseil municipal des jeunes, comité de quartier. Là aussi on m'a dit "Mais tu es folle Nathalie, dans les comités de quartiers on ne trouve que l'opposition.
Bah soit au moins on écoutera l'opposition. Bah oui, mais venez autour de la table, venez discuter. Et puis ça permet aussi de dire ce qu'on fait parce que finalement les gens vous vous rendez compte que le bulletin municipal personne ne le lit ou alors euh les images.
Mais quand vous communiquez directement avec les gens qui vous posent des questions de leur quotidien et que vous pouvez répondre quartier parce que finalement tout un chacun, on demande quoi ? le trottoir devant chez nous, que la rue soit propre, qu'il y ait des buses, enfin on se demande que finalement que c'est notre quotidien, c'est ce qu'on demande aux élus de gérer le quotidien. Donc vous êtes à au même de répondre par quartier ce que vous avez fait, ce que vous allez faire, comment il voit les choses parce que là aussi enfin moi je je suis certes le maire, mais j'habite à un quartier.
J'habite pas l'ensemble de ma collectivité, je vois pas tout ce qui s'y passe. Donc c'est le moyen de créer du lien. Ouais. entre les habitants et la commune.
Tu sais ce qui me frappe dans ce que tu dis là, c'est que un c'est des actions très concrètes. Ça répond toujours à la même question. C'est comment est-ce que je peux améliorer le sort de mes concitoyens, le sort des habitants ?
Comment je peux faire qu' pour qu'il y ait une vie communale qui se mette en place qui bénéficie des services de la de la commune et aussi tu le fais toujours en discutant avec il y a pas majorité opposition, tu discutes avec le avec tous les habitants. Est-ce que tu penses que le fait d'être une femme a été un atout dans ce dans la méthode dans la méthode que tu as employé ? Alors oui et non pour des petites choses au quotidien.
Ouais. Quand je suis arrivé à la mairie, je suis rentré dans le bureau du ma et je me suis dit wouh, je reçois des gens avec des enfants le samedi matin, les enfants, papa, maman, quand est-ce qu'on s'en va ? B non en fait, je peux pas discuter avec les parents.
Je me suis dit, il faut que je trouve une solution. Donc je me suis équipée. Petit fauteuil pour enfants, livre en fait, j'ai mis des livres, des jeux, des jouets.
Les enfants, ils boent du chocolat. Je me suis acheté une autre cafère pour faire du chocolat. Alors sur mes deniers hein, j'ai pas la commune qui m'a acheté les tout ça.
Donc sur mes deniers, j'ai acheté une cafetière pour faire du chocolat pour les enfants. Euh j'ai j'ai des livres, j'ai j'ai fait appel au dons, j'ai ramené des choses de chez moi, des gens qui m'ont apporté aussi des petites choses qui fait que en fait quand les enfants viennent, les enfants en bas âge, et bien finalement ils peuvent rester avec leurs parents. Ils sont occupés.
Et d'ailleurs ce qui me fait rire, c'est que ils sont contents de venir dans mon bureau aussi avec les parents. Donc voilà, ça détend l'atmosphère. Ça c'est je pense effectivement quelque chose qui alors je ne sais pas si c'est une touche féminine mais c'est une touche de parents de de de gens attentifs et puis c'est tellement agréable et puis bah le sour des enfants ça n'a pas de prix.
Là aussi c'est pour ça qu'on a créé un conseil municipal des jeunes pour leur donner le droit de citer parce que finalement nous on sait très bien comment ça marche. Qui vote ? Les aînés.
Ouais très fortement. Très fortement. Ouais.
Un peu moins. Pas les jeunes et pas les jeunes. Donc à un moment donné bah il faut les initier.
Donc on fait aussi la cérémonie de citoyenneté. Ça c'est bien. Ouais. dès que il y a des jeunes qui vont avoir 18 ans et là je l'ai fait la dernière avant que de ne plus pouvoir de rentrer vraiment dans la phase décisive des élections municipal, j'ai fait une cérémonie de citoyenneté et là en donnant la carte des lecteurs et le livret de citoyenneté, j'explique quelles sont les différentes institutions, quelles sont les différents strates de vote.
Mais je leur explique que font nos institutions ? Que fait le Sénat ? Que fait que font les députés ?
Que fait le maire ? que fait le conseiller régional, que fait le conseiller départemental ? Les obligations de chacun, ce qu'on doit faire et cetera.
Ce qui fait qu'en fait, ils ont une autre vision de la politique. Et ma plus grosse victoire de ce point de vue-là, ça a été les dernières élections européennes où tous les jeunes que j'ai vu sont venus voter. Ah oui !
Ah quand même. Dans les jeunes que je je vois, avec qui je discute, je leur dis "Le bureau il est ouvert. Venez si vous voulez, si vous avez des questions à me poser, si vous voulez savoir, si vous voulez comprendre, venez entrez.
Je vous explique. Alors, tu sais, il y a beaucoup de de maires qui sont un peu fatiguées, notamment dans les petites communes, parce qu'ils se sentent un peu seuls, notamment dans les communes rurales justement comme gouverne où il y a pas trop de moyens à la mairie. Il faut qu' le maire doit faire beaucoup de choses.
Qu'est-ce qu'on pourrait faire pour améliorer la situation pour que les maires ne soient pas découragés ? C'est le premier qui prend tout, qui prend pour tout le monde. Alors, qu'est-ce qu'on pourrait faire pour que ça se passe autrement ?
C'est compliqué de répondre à cette question. Moi, j'ai eu un vrai moment de faiblesse en me disant, je me suis réveillée, enfin, j'ai pas dormi pendant quelques nuits et je me suis dit, est-ce que je dois vraiment continuer ? Parce que ça va l'être au péril de ma santé.
Je garde beaucoup de choses, c'est-à-dire qu'en fait, je ne fais pas partager ni à mon époux qui est pas du tout dans le métier, ni à ma famille, ni à mes enfants. Et c'est difficile quand on est les deal de le faire partager quand même à ses coéquipiers parce que bien souvent, bah il y a des choses pour lesquelles on est seul. on est seul face à la réalité des choses.
Le plus difficile, c'est souvent en fait euh des gens qui contournent les lois pour lequels on est obligé d'intenter en fait finalement des procès en justice. Souvent bah c'est de l'urbanisme et là il y a un vrai sujet et euh et je pense que là il y a quelque chose aussi à faire mais ça c'est de la responsabilité de l'État. L'État doit renforcer les tribunaux.
Un tribunal judiciaire comme mot puisque je dépends du du tribunal judiciaire de mot. il est pas en capacité de gérer ces affaires-là. Sauf que c'est notre quotidien et ça nous pollue la vie.
Je vous disais tout à l'heure que gouvern périmètre de protection des espaces naturels et agricoles pur et urbains. Ce qui signifie qu'on a deux acteurs majeurs qui interviennent. L'architecte des bâtiments de France et l'inspection des l'inspectrice des sites.
Donc ça veut dire que on est contraint. Je ne peux pas dire sur un endroit précis qui est donc classé je suis d'accord ou alors je ferme les yeux. Parce que si je ferme les yeux, vous imaginez bien qu'il y a quelqu'un qui va me dire "Mais madame, madame le maire, pourquoi vous n'avez rien fait ?" "Bah moi, je vous attaque en justice ou j'attaque parce que vous avez donné une autorisation." Alors ça c'est facile hein.
Je veux dire que en fait finalement vous donnez un permis de construire à un voisin et vous vous rendez compte que ils attaquent. Moi j'avais deux procès comme ça en justice pour des gens qui étaient pas contents du permis de construire que j'ai donné légalement. Et vous vous retrouvez embrigadé dans des choses et finalement même parfois pas d'agression.
En ce qui me concerne, j'ai pas d'agression verbale, j'ai pas d'agression physique, mais c'est une autre type d'agression en fait. On vous reproche des choses que vous ne faites pas, on vous prête des mots que vous ne dites pas, des intentions que vous n'avez pas. C'est des vraies postures en fait.
Et toi, tu es victime de et tu ne peux tu n'as pas et non. Et puis de toute façon, on a faire généralement on a affaire à des gens qui veulent pas entendre, qui veulent pas comprendre. Donc ça sert à rien en fait.
Moi je déteste taper la tête contre les murs. Je préfère tourner les talons ou changer de de stratégie. En tout cas, on a besoin d'une vraie vraie aide de ce côté-là.
Donc renforcer, je pense la justice. Ça c'est le premier pour moi le premier des choses. Par exemple, une une amélioration, ce serait que quelqu'un dans les dans les tribunaux soit un peu dédié à ces à toutes ces questions d'urbanisme parce que c'est devenu tellement complexe.
Non, mais ce que je veux dire par là, c'est que dans les tribunaux, ils ont en fait finalement tellement de choses à faire que l'urbanisme n'est pas leur priorité. C'est une priorité et c'est même un polluant. Et donc en fait, les gens imaginent à un instant que vous êtes une petite collectivité.
D'ailleurs, ça m'a beaucoup fait rire les gens qui disent "Ah mais c'est une petite, ils iront pas au tribunal. Alors là, c'est mal me connaître. D' partir du moment où je suis sûr de d'être dans mon bon droit et d'avoir fait les choses correctement, je n'hésite pas une minutord.
D'accord. Voilà. Mais ça fait dépenser inutilement de l'argent de l'argent public.
C'est des soucis pour la pour la personne pour la personne du maire qui supporte cette charge. Exactement. Tout à fait. psychologique parce que c'est c'est le finalement c'est c'est le gros gros sujet parce que moi ce qui m'empêche de dormir c'est c'est généralement c'est ça en fait d'accord parce que je sais que je ne serai pas suivi et que j'ai des vrais sujets et des vrais enjeux parce que d'un côté expliquez aux gens vous avez l'architecte des bâtiments de France qui vous tombe dessus si vous faites pas la tuile de cette couleur le crépit de cet endroit-là et puis à côté vous avez le voisin qui fait n'importe quoi, qui brage qui qui coupe ses arbres en zones protégées.
Couper les arbres enfin c'est une aberration. Ouais. Ouais. dire le réchauffement climatique, c'est pas un une vue de l'esprit.
Vous voyez bien que on a des effets de tempêtes de plus en plus fréquentes, des pluies diluviales même très courte durée. On a des des terrains qui coulent. Enfin, gardez vos arbres, j'ai envie de gardez vos arbres.
Donc en fait, il y a plein de choses qui font que en fait nous sommes démunis. Ça c'est un gros gros sujet. D'accord.
Après la protection des élus, je crois qu'il y a beaucoup de choses qui ont été faites, mais quand on voit que les élus ne sont pas protégés mais que la police ne l'est pas non plus, à un moment donné, on est dans une société qui dérive. Alors, je ne sais pas où elle dérive. Moi, j'ai envie de dire aussi, il y a deux choses qui pour moi me tiennent à cœur et qui pour moi sont la base.
H 1, l'éducation, ça doit être prioritaire dans une nation qui s'entend être le la 5e puissance mondiale. Je suis désolé mais la priorité ce sont nos enfants. Ouais.
Donc l'éducation, l'éducation nationale, protégeons le corps professoral et le corps des enseignants, c'est important. Et qu'ils aient une hiérarchie qui les aide et qui les qui ne fassent pas la politique de l'Autriche. Moi, un parent qui vient à la sortie de l'école et qui est irrespectueux avec mon personnel ou avec l'école, c'est fin de non recevoir.
Et deuxème deuxème sujet et le deuxième sujet, c'est effectivement la justice. La justice la justice avec vraiment peut-être des magistrats dédiés dans chaque tribunau à l'urbanisme. Alors un se ce peut-être pas suffisant mais au moins que on se sente écouté, épaulé, entendu et accompagné.
Nathalie, dernière question. Tu sais aujourd'hui euh il n'y a que 20 % de mères femmes. Est-ce que tu as des idées sur ce qu'il faudrait faire, dire et cetera pour qu'il y ait plus de femmes, plus de filles qui s'engagent dans la vie politique ?
La première des choses, c'est de dire que ces femmes, les trois/4 du temps, si elles ne s'engagent pas en politique, c'est qu'elles sont mères et qu'elles sont aussi femmes. Il est difficile de faire évoluer les mentalités dans un pays qui est quand même méditerranéen à la base, de faire évoluer les mentalités par rapport aux femmes. Les femmes, on essaie de les de les garder à la maison, elles sont mères, elles doivent s'occuper.
Mais alors, comment ça elles vont pas faire le repas de monsieur ? Mais en fait, monsieur, il pourrait peut-être apprendre à faire le repas aussi. C'est bien, on partage les stages.
Alors, il y a beaucoup de jeunes générations qui sont comme ça, mais on narrive encore pas dans l'esprit en fait des hommes de laisser partir la femme, surtout si elles ont des réunions le soir. Donc 1, leur apprendre à faire la cuisine. De trouver un moyen de garde des enfants, un moyen de la Exactement. h et tr il va falloir beaucoup œuvrer pour faire perdre à ces dames le syndrome de l'imposture.
Quand on dit aux femmes "Mais en fait est-ce que tu veux t'engager dans le conseil municipal ? Voilà ce qu'on va faire." Alors là, j'ai une floppée de gars qui viennent hein.
Alors ça, il y a pas de sujet. Les hommes sont toujours prêts. Ils se posent même déjà pas la question de savoir s'ils ont les compétences, les qualités requises, ce qu'ils vont pouvoir faire.
Non non non non, pas du tout. Ils arrivent, ils y vont les femmes. C'est mais est-ce que je vais pouvoir ?
Est-ce que je vais savoir ? Est-ce que sont inquiètes de ne pas être à la hauteur ? Exactement.
Donc c'est ce que j'appelle le syndrome de l'imposture. Elles savent pas si elles vont être à la hauteur et et si elles vont réussir à conjuguer leur vie de famille et et leur et leur vie de femme professionnelle femmes politiques. Fem politique.
Ouais. Et il faut les assister, il faut les aider en fait à faire ça, évoluer les mentalités. C'est un premier point, mais aussi trouver un système qui permette à ces femmes en fait d'avoir un moyen de garde.
Alors, je ne sais pas, peut-être une allocation, peut-être une allocation dans le statut de l'Une allocation et et surtout un moyen de garde, créer des crèches ou des endroits où on puisse déposer les enfants pratiquement pratiquement, il y a une solution pratique pour que ces femmes puissent s'investir et aussi beaucoup travailler en fait sur la psychologie et des ateliers peut-être où ell où elles se trouvent et elles comprennent en fait ce que c'est et qu'elles puissent s'émanciper puis que ces messieurs accepte de faire la cuisine non d'un petit bonhomme et c'est pas grave un œuf sur là c'est vite fait et mais tu sais ça évolue aussi ça Nathalie la nouvelle génération d'hommes est plus ouverte mon père par exemple savait pas faire une omelette il y a un changement et et c'est bien c'est bien je suppose que avec le temps les générations ça évolue un peu trop doucement ce qu'il faudrait c'est que ça revienne pas en arrière et qu'on revienne pas je pense pas qu'il y a un risque mais c'est vrai que ça va pas assez vite. [rires] Le risque zéro n'existe pas. Je rêvais tellement quand j'étais petite justement d'avoir cette d'avoir cette parité, de pouvoir faire en sorte de travailler en commun et cetera et de ne pas avoir les femmes à la maison.
Non non non, on est libre, on est libre libre de faire ce qu'on a envie, libre et émancipé. Et ce que je voudrais c'est que nos filles le soient davantage et qu'elle puisse sortir sans risque. Ouais.
Tu as aussi parce que ça aussi c'est un gros sujet le sans risque. Enfin dans une société développée qui s'entend, on doit pouvoir sortir sans risque que soit une femme ou un homme. Exactement.
Et qu'on ne se fasse pas siffler tous les quatre matins. Exactement. Oui.
Oui. Oui. Ça c'est quelque chose don d'un petit bonhomme.
Vive les femmes. Merci beaucoup Nathalie. Merci monsieur le sénateur de m'avoir accueilli aujourd'hui.
Tu es dans la boîte. Et ben vous allez avoir de quoi
Louis Vogel