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interviewFrance Inter — L'invité de 6h20· 6 mars 2026 8 min

"On est dans une position mesurée" en boycottant la cérémonie d'ouverture des Jeux paralympiques, dit Marina Ferrari

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

France Inter, Marion Lourdes, le 6-9. Notre invitée en ce jour d'ouverture officielle des Jeux Paralympiques d'hiver de Milan-Cortina est la ministre française des Sports. Bonjour Marina Ferrari. Bonjour. Vous l'avez annoncé cette semaine, la France n'enverra pas de représentants du gouvernement pour la cérémonie d'ouverture de ces Jeux Paralympiques de Milan-Cortina ce soir à cause de la présence d'une dizaine d'athlètes, russes et biélorusses, qui auront le droit de concourir sous leur drapeau, avec leur hymne. La politique a donc sa place aux Jeux Olympiques et en espèce aux Paralympiques ?

0:39
Marina Ferrari

En fait, la France a souhaité manifester son désaccord avec la décision qui a été prise par le Comité international paralympique de réintroduire les Russes et les biélorusses sous hymnes et drapeaux. Vous savez que, par exemple, pour les Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024, les athlètes étaient autorisés à concourir mais sous bannière neutre et sans hymnes, ce qui était une position d'équilibre qui nous convenait parfaitement. Ça a été le cas également sur les Jeux Olympiques de Milan-Cortina, mais malheureusement, il y a eu cette décision du Comité international paralympique qui certes a été prise d'une manière démocratique, il y a eu un vote au sein de l'instance sportive.

Donc nous, nous avons souhaité marquer notre désaccord, donc c'est pour ça qu'il n'y aura pas de représentation gouvernementale à la cérémonie d'ouverture, parce que je suis avec vous au moment où l'on se parle, c'est ce soir à la cérémonie. En revanche, il y aura bien une représentation gouvernementale pendant les épreuves, puisque je serai dès le lendemain aux côtés de nos athlètes. Je crois qu'il faut bien faire le distinguo entre le politique et le sportif, et donc la délégation française sportive sera bien présente.

1:34
Présentateur

Alors, vous faites le distinguo entre les deux, et en même temps, le fait de ne pas être présente à la cérémonie d'ouverture, c'est un geste fort. On se rappelle, pendant les Jeux Olympiques, cet athlète ukrainien qui avait été écarté parce qu'il voulait concourir avec son casque, avec sur son casque les photos de soldats ukrainiens qui étaient morts au front, on lui a dit, ben non, pas de politique dans le sport, et là c'est ce que vous faites.

1:55
Marina Ferrari

Vous savez, il y a beaucoup de pays qui ont manifesté le fait de ne pas être présents, avec des degrés variables, vous l'avez vu, il y a des pays qui ont même retiré les mouvements sportifs, des pays qui ont retiré leur délégation, ce n'est pas le cas de la France, on est dans une position qui est mesurée, me semble-t-il. On a beaucoup travaillé de concert, bien évidemment avec le comité paralympique et sportif français, et vous le savez, le vote de la France sur cette question de la réintroduction des athlètes russes et biélorusses a été négatif. Donc nous sommes bien alignés. C'est-à-dire qu'ils sont contre aussi ?

Ils sont contre aussi, mais pour autant, on fait le distinguo, je crois que ça doit rester aussi un moment sportif. Pour nos athlètes, c'est important ce moment-là, et donc voilà, moi je serais bien à leur côté.

2:33
Présentateur

Vous citez d'autres pays qui font la même chose que la France, il y a l'Ukraine, la Finlande, la Pologne, la République tchèque, j'en passe. Est-ce que vous appelez les autres Européens à vous suivre, et à également ne pas être présents à cette cérémonie ?

2:46
Marina Ferrari

Écoutez, chacun prend ses responsabilités, chacun adopte son attitude. Moi j'ai été présente au dernier Conseil de l'Europe des ministres des Sports, nous avons pris une résolution sur le sujet, pour également marquer notre désaccord avec la décision qui avait été prise par l'IPC, et puis j'ai eu l'occasion, quand cette décision a été annoncée, de signer une tribune avec 33 autres États, des États européens, mais d'autres États également, comme le Japon ou le Canada, qui avons signé cette tribune. Donc je crois qu'il y a effectivement, aujourd'hui on parle d'une 18-19 États déjà, qui ont manifesté leur désaccord par rapport à cette décision.

3:20
Présentateur

Mais c'est signe de quoi ? C'est signe qu'il y a un front, je dirais, occidental, qui se fissure sur la question de l'Ukraine et de la guerre en Ukraine ?

3:26
Marina Ferrari

Non, je pense qu'il ne faut pas voir les choses comme ça. On est dans un moment sportif, un moment qui est particulier, qui doit être un moment de communion. Pour autant, la situation internationale, elle n'a pas changé. Donc ce qui était une position équilibrée sur Paris 2024, nous semblerait être la bonne voie à l'avenir. Tant que la situation internationale n'a pas évolué, tant que la Russie continue à être dans une attitude belliqueuse vis-à-vis de l'Ukraine, je crois qu'il faut que nous maintenions une position ferme. Le gouvernement sera absent aussi de la cérémonie de clôture de ces Jeux ? Alors rien n'est arrêté encore à date, ça sera un moment différent.

Aujourd'hui on n'a pas statué sur le sujet. Pourquoi ? Parce qu'aussi c'est le moment où le drapeau paralympique va revenir à la France. Donc nous attendons à voir comment cela va évoluer.

4:07
Présentateur

Les prochains Jeux paralympiques ? Absolument, à la maison en 2030. En 2030. Et vous le dites pour autant, les 17 athlètes, les 17 para-athlètes français, eux, ils vont bien concourir. Pourquoi est-ce qu'on a choisi cette demi-mesure ?

4:20
Marina Ferrari

Parce qu'il faut protéger nos para-athlètes. Le moment des Jeux paralympiques c'est important. C'est un moment où on va montrer aussi la performance incroyable de nos sportifs. Et donc je crois qu'il faut leur laisser ce moment aussi. Et c'est aussi notre façon de les protéger, quelque part, en faisant bien un distinguo entre le moment sportif et le moment politique. Voilà, on a une très belle délégation. Voilà, la 17 athlètes, tous médaillables potentiellement. Donc ça, c'est important. Et on sait que sur les Jeux d'hiver, malheureusement, la pratique du parasport est plus difficile. Donc on compte sur eux. On sait qu'ils vont nous ramener des belles médailles.

On a de belles ambitions d'ailleurs pour ces Jeux paralympiques. Parce qu'on sait qu'au travers des performances qu'ils vont pouvoir accomplir, ils vont entraîner demain de nouvelles personnes en situation de handicap pour s'engager dans la voie du sport et dans la voie du haut niveau également. Et ça, c'est important pour nous. C'est un travail de longue haleine que nous menons depuis quelques années. Vous dites de belles chances de médailles. C'est quoi l'objectif ? Il y a un objectif sportif ? Bien sûr. Alors on s'est assigné le même objectif que pour les Jeux olympiques.

Puisque vous l'avez vu, c'est la cellule de l'Agence nationale du sport qui travaille sur la haute performance avec Yann Kuchera qui est à la tête. Et donc même objectif, c'est-à-dire 50% de médailles en plus que ce que nous avions fait sur les derniers Jeux d'hiver. C'est-à-dire que nous avions 12 médailles à Pékin. L'objectif, on rajoute 6 de plus. C'est 18 médailles. Je pense qu'on a de très bonnes chances d'y arriver. En tout cas, on sera tous derrière nos bleus pour les encourager. Être dans le top 5 ? Alors on ne parle pas de top 5. Moi, je suis toujours très prudente. J'aime mieux regarder le nombre de médailles.

Mais bien évidemment, si on arrive à rester dans le top 5, on est dans le top 8 à Paris sur les disciplines d'été. Si on était dans le top 5, ça serait une formidable performance également. Et on a de bonnes chances d'y être.

5:51
Présentateur

Alors un mot sur les Jeux olympiques de 2030. Vous le disiez, à la maison en France, en principe dans les Alpes françaises, on sait qu'il y a un problème de gouvernance sur ces Jeux. Il y a plusieurs cadres qui ont quitté la tête du comité d'organisation et le directeur général qui vient d'être écarté. Est-ce que vous soutenez toujours le président Edgar Gropiron ?

6:09
Marina Ferrari

Moi, je ne suis pas là pour soutenir qui que ce soit. Je suis là pour qu'on ait une organisation qui tourne, qui soit efficace, avec une gouvernance qui soit pérenne dans le temps. On commence à avoir un peu de retard. Donc il ne faut pas qu'on s'endorme, si j'ose dire.

6:20
Présentateur

Un mois, un mois et demi de retard. Un mois, un mois et demi de retard.

6:21
Marina Ferrari

Ce qui n'est pas catastrophique parce qu'on a la chance d'avoir des infrastructures qui sont déjà sur place, un savoir-faire sur les territoires. Donc ces Jeux, nous les livrerons. Je n'ai pas d'inquiétude sur le fait que nous soyons en capacité de livrer ces Jeux. En revanche, vous savez, une forte ambition sur ces Jeux, à la fois de sobriété, qu'elle soit économique ou qu'elle soit environnementale. Et donc il faut absolument, aujourd'hui, que nous remettions la gouvernance sur de bons rails. C'est pour ça que nous avons, vous savez, une mission qui est en cours, qui est actuellement conduite par l'ancien directeur général de Paris 2024.

On peut reconnaître quand même son grand savoir-faire quand on a vu la réussite des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris qui nous accompagnent. Donc voilà, l'idée c'est de remettre en place le mécano pour avoir, justement, une gouvernance pérenne qui nous permette de dérouler très vite derrière.

7:04
Présentateur

Donc l'avenir d'Edgar Gropiron à ce stade est incertain.

7:07
Marina Ferrari

Moi j'attends aujourd'hui du président du COJOP, des livrables. On a des jalons qui sont devant nous, des étapes qu'il faut absolument franchir et réussir. Je pense notamment, alors, un, réinstaller une gouvernance pérenne, de rassurer nos équipes. On a des équipes fantastiques qui travaillent tous les jours. On a beaucoup avancé sur ce dossier. Peut-être que nous aurons le temps d'y revenir, mais on avance. Il ne faut pas croire que, justement, on n'a rien fait sur cette période. Deuxièmement, on a également des partenariats qui doivent être signés. Ça, c'est un jalon qui est important.

Et puis, troisième jalon important, c'est la question de la carte des sites sur lequel, bien évidemment, nous attendons d'avoir des livrables.

7:39
Présentateur

J'entends que vous ne soutenez pas Edgar Gros-Piron. Ça n'est pas ce que j'ai dit. J'ai dit que nous attendons des résultats. Eh bien, on attend des résultats. Merci pour cet entretien, Marina Ferrari, ministre des Sports, qui ne sera donc pas à Véronne ce soir pour l'ouverture des Jeux paralympiques, mais bien aux côtés des athlètes français, vous nous l'avez dit, pour ces Jeux qui vont durer jusqu'au 15 mars. Merci d'être venu sur France.

7:59
Marina Ferrari

Merci à vous pour votre invitation et tous derrière nos bleus. Sous-titrage ST' 501

"On est dans une position mesurée" en boycottant la cérémonie d'ouverture des Jeux paralympiques, dit Marina Ferrari — Marina Ferrari · Pourquijevote