Primary elections, Jean-Luc Mélenchon... The full interview with David Lisnard, Mayor of Cannes
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Il est 8h29 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour David Lysnard. Bonjour. Merci de répondre à mes questions ce matin. Vous êtes le maire LR de Cannes. Vous avez été réélu le soir du premier tour avec 81,11% des voix dans votre commune. Vous êtes aussi le président de l'association des maires de France et au membre des LR. Vous êtes le président du groupe Nouvelle Énergie. Et maintenant, la droite, c'est qui ? C'est quoi ? C'est qui pour l'incarner ? C'est quelle valeur ? C'est quel projet ?
Nouvelle Énergie, d'abord, c'est un parti politique indépendant totalement et vous le verrez de plus en plus progressivement. Ensuite, ce qu'il faut aujourd'hui, c'est porter une alternative puissante. Cette alternative puissante, elle ne peut pas se fonder sur des compromis, des arrangements d'appareils. Je pense que les partis politiques sont totalement démonétisés, y compris LR, et qu'on est à un moment de notre histoire très particulière où la vie quotidienne de nombreux Français est très difficile.
On l'a vu sur le prix du carburant, on le voit sur le logement, où il faut absolument relancer le logement neuf, non pas par des mesures étatistes, mais par la libération de la propriété privée, la protection de la propriété privée.
On va y revenir. On va parler de ce choc pétrolier que nous annonce le ministre de l'Économie.
Et on est à la fin de cycles très puissants. C'est la fin du macronisme, évidemment, mais c'est presque anecdotique. C'est la fin d'un cycle très long qui a commencé à la renaissance avec la domination du monde par l'Europe. Et donc ça, il faut... Ah pour vous, on est carrément... C'est la fin de ce qui a commencé à la renaissance. Bien sûr, c'est la fin surtout de l'État-providence. Et or, tous les partis politiques, de gauche comme de droite, veulent faire croire qu'on peut revenir au Trente Glorieuse. Donc il faut passer à autre chose. Il y a des défis devant nous. Et c'est la droite indépendante, et que je crois gagnante, que je propose.
C'est celle qui parle aussi de numérique, qui parle d'intelligence artificielle, qui parle d'écologie, qui parle d'une nouvelle espérance, mais qui ne peut plus passer par ces arrangements politiciens tels que je les constate partout.
Alors les arrangements politiciens, du côté de la gauche, le Parti Socialiste est en train de se tendre en interne autour de ces questions des alliances. Et du côté de la droite, on sent bien que c'est une question qui va se poser aussi à vous. Lorsque Laurent Wauquiez dit qu'il faut une primaire large qui aille de Sarah Knafow jusqu'à Gérald Darmanin, Gérald Darmanin qui lui-même dirait qu'il faudrait que ça aille jusqu'à peut-être Raphaël Glucksmann, voire le Parti Socialiste. Vous, c'est quoi votre droite ? Ça va d'où à où ?
Déjà, ma droite, elle n'est pas de gauche. Donc ça ne peut pas être le Parti Socialiste Glucksmann. C'est-à-dire que, en même temps, il faut bien comprendre que c'est un échec. Le deuxième élément, c'est que je pense que si on veut recréer une espérance, il faut sortir de ces jeux d'appareils. Et la seule façon de sortir de ces jeux d'appareils, de sortir des partis politiques, des arrangements de notables, c'est une grande compétition. Et c'est ce qui...
Une grande compétition, ça veut dire une grande primaire ?
Oui, une grande primaire. Bien sûr, ouverte. Et c'est même... À nous, il n'y a même pas à définir de qui... Ceux qui veulent s'y présenter, s'y présentent. Ceux qui se disent de droite, qu'ils viennent, avec des objectifs très simples. Comment on réduit la dépense publique pour relancer le service public, si on a le temps d'en parler ? Enfin, moi, c'est au cœur de mon projet. Comment on rénove l'État ? Comment enfin on maîtrise notre population, les flux migratoires ? Comment on rétablit l'ordre sécuritaire ? Comment on porte une ambition pour l'école ? Le plus grand désastre, c'est l'effondrement de l'école. Comment on retrouve une ambition scientifique ?
Et ensuite, évidemment, de s'engager sur les valeurs de la République française, c'est-à-dire de ne pas accepter la moindre discrimination, le moindre racisme, le moindre antisémitisme. Juste, pardonnez-moi, mais... Allez-y. J'en profite pas. Enfin, il faut bien comprendre que notre démocratie, elle est en crise profonde. C'est une crise souvent de l'impuissance. Mais regardez les violences qui sont faites à Mont-la-Jolie, au Blanc-Ménil, à Creil, à Vaud-en-Velin. Et que là-dessus, on ne peut pas rester passif. Ce que je vous propose, c'est d'écouter ce qui s'est passé.
Puisque vous mentionnez cela, j'allais y venir. Il y a eu, en effet, des moments d'extrême tension, notamment à l'annonce des résultats par les maires sortants. Vous citiez ces villes. Je voudrais que l'on regarde effectivement ce qu'il s'y est joué. Vaud-en-Velin, Blanc-Ménil, Creil, voilà les images que l'on a vues. Habituellement, il y a une sorte de coutume républicaine qui consiste à écouter, notamment, les résultats prononcés par le maire sortant, qu'il soit réélu ou non. Et en effet, ça a donné lieu à cela. Qu'est-ce que ça dit pour vous ?
Des tensions sur les résultats, il y en a déjà eu dans le passé. Mais là, il y a eu une augmentation et il y a eu des menaces physiques. Des maires qui ont été bousculés.
Le maire de Mont-Lajolines dit que non seulement il a été lui-même insulté et humilié, mais que sa fille de 14 ans l'a été aussi. Exactement.
Et ça traduit cette violence. D'abord, la volonté de groupe lié à l'extrême gauche d'imposer la terreur. C'est une évidence. Enfin, je ne sais pas si on se rend compte du glissement depuis quelques mois avec de la violence, avec des morts. On l'a vu récemment avec le jeune Quentin, avec un discours de Jean-Luc Mélenchon, totalement surréaliste, mais qui, pardonnez-moi, renvoie à une forme de néofascisme. Quand, hier, dans une conférence de presse, il compare certains de vos confrères, qu'il a le droit de critiquer. Moi, je suis pour ça qu'il a le droit de s'indigner de leurs opinions. Mais il parle de certains de vos confrères de frontière en les comparant à des rats.
On n'avait pas entendu ce vocable depuis la Seconde Guerre mondiale. Donc ça, c'est une réalité. Vous n'avez pas que ça bascule ? C'est-à-dire que vous dites, vous partez de la mort. Et puis, vous savez, il y a la violence de tous les Français. Les élus locaux, pardonnez-moi, mais...
Ils sont aux premières lignes. Vous êtes président de l'Association des maires de France.
On n'est pas sur Mars. Et donc, tous les Français sont de plus en plus confrontés à ces violences. C'est pourquoi il faut une reprise en ordre, une reprise en main du pays.
Ma question, c'est aussi de savoir, est-ce que vous estimez aujourd'hui, puisque vous faites un lien entre... Vous citez la mort de Quentin à Lyon. Pour vous, il y a une haine politique dangereuse. Vous vous inquiétez que ça ne dégénère encore davantage ?
Bien sûr, parce que tout le vocable de l'extrême gauche, et notamment de LFI, ils n'ont pas le monopole de la violence, mais ils en ont maintenant la quasi-exclusivité, consiste à considérer qu'il n'y a pas des compétiteurs, voire des adversaires, mais qu'il y a des ennemis. Et donc, cela alimente, lié à des réseaux wokistes, à des réseaux islamistes, etc., cela alimente une violence que l'on constate dans le pays. Et face à cela, déjà, il faut le condamner. J'attends les condamnations des leaders politiques, y compris de gauche et d'extrême gauche. Vous leur demandez, ce matin, de condamner ?
Moi, je vais voir si, en tant que citoyen, on ne peut pas saisir le procureur de la République, parce qu'il faut une condamnation morale, une condamnation politique, mais il faut aussi une condamnation pénale. Et il faut maintenant que ce soit...
Est-ce que ça veut dire qu'en tant que président de l'Association des maires de France,
vous pourriez prendre des mesures ? Il faut protéger les élus, évidemment, protéger les candidats. Alors, je ne sais pas si c'est au titre de l'AMF, parce qu'on rentrerait dans des considérations juridiques, des considérations, pardon, sur la capacité à agir. Mais en tout cas, je vais regarder cela dans les prochaines années.
Est-ce que vous redoutez une crise profonde du pays, où il puisse y avoir, en effet, parfois, plusieurs morceaux de France qui se regardent avec la hargne que l'on a pu voir dans ces images ?
Oui, il y a une archipélisation, une parcellisation, ça c'est certain. Mais parallèlement, je vois aussi, je parcours le pays et je le fais sans cortège. Moi, je suis l'AMF, on est bénévole. Je vois notre pays qui est aussi bourré de talents, de civisme. Il faut le savoir le voir aussi. Et qu'il y a vraiment un pays réel aujourd'hui qui aspire à la tranquillité, à la liberté. Or, depuis une quarantaine d'années, tout le système qui a été mis en place, qui est un système social-étatiste, a considéré être de plus en plus pénalisant pour l'immense majorité des gens, les honnêtes gens, les normes, les contraintes sur le travail, la surfiscalité, et être laxiste à l'égard des voyous.
C'est ça qu'il faut renverser.
On va parler dans un instant aussi de la question du pouvoir d'achat, la question du choc pétrolier, annoncé, reconnu en quelque sorte par le ministre de l'Économie. Mais je vous repose la question. Vous m'avez bien dit que votre droite, elle n'allait pas jusqu'à la gauche, c'est-à-dire pas jusqu'à Raphaël Glucksmann ou le Parti Socialiste. Mais elle commence où ? À droite, je veux dire.
Ça, c'est pas à moi de le dire.
À un moment, si vous faites cette primaire, soyons très clairs. Si vous faites cette primaire, vous avez dit, écoutez, ceux qui sont à droite, ceux qui s'estiment de droite, peuvent concourir dans cette grande compétition. Sauf que vous vous engagerez les uns les autres, parce que vous en serez à reconnaître ces résultats.
Oui, bien sûr. Je rebondissais sur le propos de Gérald Darmanin qui parlait de Glucksmann. Tout à fait. Je pense pas que Glucksmann se dise, je suis de droite et je vais venir à la primaire. Oui, donc de toute façon, pour vous, c'est assez largement théorique. Le RN, encore dit récemment par Marine Le Pen, qui n'était ni de gauche ni de droite. Et de toute façon, vu les sondages qu'ils ont, ils n'ont pas besoin de ça. Ce que je veux dire, c'est qu'aujourd'hui, un parti comme ELR doit comprendre qu'on n'est plus au XXe siècle. C'est-à-dire qu'on ne peut pas aller directement au premier tour de la présidentielle et se qualifier pour le second. Il faut un quart de finale avant.
On l'a bien compris, ce quart de finale, c'est la primaire.
Vient qui veut, de droite. Dupont-Aignan, il faut qu'il puisse venir. Une Sarah Knafow, un Éric Zemmour. Il faut qu'il puisse venir éventuellement et qu'il s'engage à signer les engagements de la République française. Éric Zemmour ? Pourquoi pas ? Je veux dire, il vaut mieux les affronter avant, je ne dis pas de cautionner, il vaut mieux les affronter avant le premier tour qu'au premier tour. C'est la garantie autrement de regarder le match entre Mélenchon et Mme Le Pen ou M. Bardella.
J'ai bien compris votre principe, mais ça veut dire que si on tire ce fil jusqu'au bout, Éric Zemmour peut gagner cette primaire. Est-ce que ça veut dire que vous vous mettrez tous derrière qui que ce soit qui gagne cette primaire ?
Ça fait deux ans que je le dis, je dis la même chose. Je dis que les perdants, je ne leur demande pas de soutenir ceux à qui ils ne croient pas. Je leur demande de se taire jusqu'au premier tour. Mais objectivement, si vous avez peur de perdre sur une primaire contre Édouard Philippe, qui est aujourd'hui légèrement favori dans les sondages, ou Éric Zemmour, qui est inexistant dans les sondages, ce n'est pas la peine d'aller à la présidentielle. Et puis moi, vous savez, si ça n'avance pas dans les prochaines semaines, je vais prendre d'autres initiatives.
Vous serez candidat quoi qu'il arrive, comme Bruno Retailleau ?
C'est-à-dire que si vous ne dites pas que vous êtes candidat quoi qu'il arrive, tout le monde vous dit, écoute, tu n'as pas de primaire, donc reste chez toi. Donc vous allez le dire, vous serez candidat quoi qu'il arrive. Moi, ce que je voudrais porter, j'en ai assez, de voir que la voix du terrain n'est jamais entendue. Je vais faire un tour de France du bon sens, montrer toutes les... Le bon sens, les honnêtes gens... Je sais que cette notion, puisqu'on l'avait déjà évoquée ici avec vous... Elle m'inquiète toujours, cette notion, je vais être tout à fait honnête avec vous, parce que tous ceux que je vois devant moi me disent toujours qu'ils sont de bon sens.
En réalité, lorsque vous recevez dans votre mairie une note sur la mise aux normes thermiques des écoles qui fait 1800 pages, vous voyez, alors je ne sais pas si le bon sens existe, mais le non-sens...
Mais les 1800 pages, c'est peut-être un peu du mauvais sens.
Le non-sens psychotratique, il existe, et c'est ce qu'on rencontre en entreprise, ce qu'on rencontre en association, c'est ce qu'on rencontre en collectivité. J'en ai assez de tout cela, et je pense qu'aujourd'hui, il faut porter un projet du XXIe siècle qui libère les énergies locales. On parle d'immigration, il faut la maîtriser. Il faut aussi parler de l'émigration de nos talents, des jeunes qui s'en vont. Des jeunes diplômés, des jeunes autodidactes qui sont des super chefs d'entreprise. David Lissner, vous n'avez pas peur d'Edouard Philippe ? Peur ? Non.
Vous ne vous dites pas qu'Edouard Philippe va gagner quoi qu'il arrive, donc je n'y vais pas ?
Moi, je veux confronter nos projets, nos personnalités, nos parcours, et ce que l'on a fait. C'est-à-dire qu'Edouard Philippe, que je respecte sans difficulté, il n'y a pas de souci là-dessus, est celui qui a démantelé avec Emmanuel Macron le parc nucléaire, et celui qui a fait émerger les gilets jaunes. Donc je pense que tout ça, c'est fini. Pour vous, il est de l'ancien temps, en quelque sorte, d'Edouard Philippe ? Je pense qu'une compétition ouverte permettra de démystifier tous ces effets de sondage et tous ces effets du microcosme.
Il y a une sorte de mystification d'un Edouard Philippe, par exemple, à vos yeux ?
Je pense qu'il serait heureux de savoir qu'il peut le mystifier. Mais en tout cas, je pense que sa grille de lecture n'est pas celle qu'il faut...
David Lissnard, à Nice, votre candidat, c'était Éric Ciotti ?
Moi, j'avais un candidat à Cannes, c'était moi-même. Je ne comprends pas très bien le sens de la question.
Vous l'avez vu, évidemment, quand vous avez déjeuné avec Éric Ciotti, ou pris un café, je ne sais quoi, en tout cas, vous étiez attablé avec lui. Vous le faites à un moment crucial pour lui. J'imagine que vous savez très bien qu'il va tweeter ou mettre sur les réseaux sociaux cette photo.
Ça vaut soutien. Je le sais, et je pense que, j'en parlais tout à l'heure en arrivant, il ne faut pas sous-estimer les effets locaux. C'est-à-dire qu'en fait, ça fait 25 ans que, dans les Alpes-Maritimes, on n'en pouvait plus d'être... Voilà, mais ce n'est pas au niveau du...
En fait, il fallait que, pour vous, Christian Estrosi s'en aille.
Oui, oui, oui. Vous voyez, pourquoi un Jérôme Viau, le maire de Grasse, un Jean Léonetti, ont été soutenus par Éric Ciotti, etc. Des gens aussi modérés qu'eux. C'est parce qu'il y en avait vraiment assez. Mais ce n'était pas à nous de le dire. C'est aux Niçois, c'est les Niçois qui ont franchi.
Donc, vous ne l'avez pas dit, mais vous l'avez montré.
Oui, oui. En vous asseyant à sa table. Oui, oui. Vous savez qu'on siège aussi au Conseil départemental. Est-ce qu'aujourd'hui, ça veut dire qu'Éric Ciotti... Et le soir même de son élection, avec l'indépendance qui est la mienne, et je pense que vous l'avez lu, je l'ai félicité certes, mais je lui ai dit que je l'ai invité à rompre son alliance avec le RN.
La formule que vous avez dit, vous avez dit félicitations à Éric Ciotti pour cette belle victoire, qui est celle de son travail et de ses qualités, et qui aurait été plus large sans l'étiquette RN. Vous le croyez vraiment ?
Oui, bien sûr. Madame, autrement, je ne l'aurais pas écrit. Je l'aurais félicité.
Donc, en fait, il n'avait pas besoin du RN pour vous.
Oui, je suis convaincu. D'ailleurs, il a mené un projet totalement local. Il ne s'est pas targué. Comme tous les candidats, vous remarquerez qu'il y a peu de candidats à gauche, au centre ou à droite, qui sont allés aux élections municipales en brandissant l'étendard d'un parti politique. Ce qui signifie qu'aujourd'hui, il faut restructurer totalement l'offre politique. Il n'y a pas un problème de demande en France politique, il n'y a pas un problème d'offre. Et que les partis politiques sont cuits, sont morts.
David Lissnard a un choc.
Y compris le RN à terme, qui fait du en même temps. Vous n'avez pas peur du RN non plus. Mais dans la vie, vous savez, moi, j'ai peur qu'une chose, c'est que mes enfants soient malades. Et voilà, le reste, objectivement, tant que mes enfants vont bien, tout va bien.
Un choc pétrolier, le mot a été lâché hier par le ministre de l'Économie. Mais pour autant, pas de mesures ou des réflexions sur une éventuelle mesure, notamment sur les routiers. Est-ce que c'est à la hauteur ? Qu'est-ce qu'il faut faire ?
D'abord, le choc, oui, pas besoin qu'il le prononce. Puisque quand le baril double, c'est un choc, c'est assez évident. Et puis le choc, pas besoin qu'on nous le dise. J'ai fait le plein d'essence la semaine dernière. Quand vous passez les 2 euros le litre, vous prenez le choc, je vais dire un mot plus grossier, enfin, vous prenez le choc sur la carte de crédit. Et donc, la seule mesure qui a été annoncée, et ça révèle la folie de ce technocratisme, de ce conformisme du macronisme, enfin de tous ceux qui nous dirigent depuis trop longtemps, depuis une quarantaine d'années, de tous ces technos, c'est de créer un observatoire. Mais ils sont dingues. Enfin, c'est bon, pas besoin d'observer.
Allez faire le plein, vous aurez votre observatoire. Alors, le truc là-dessus, c'est que...
Un observatoire qui rendrait ses résultats pour en avril.
En espérant que la guerre soit finie avant et que le prix du baril redescende. Voilà, c'est la procrastination, vous savez. Et donc, là-dessus, comprenez, c'est qu'à chaque fois qu'il y aura un élément d'inflation, on aura le même cirque. Or, moi, ce que je propose, c'est une rupture complète avec le système actuel.
En fait, ce n'est pas des chèques, c'est quoi ? C'est un changement global ?
Mais oui, bien sûr. Si vous voulez, déjà, c'est la remise en cause totale de cet état-providence. Cet état-providence qui fait qu'on subventionne l'oisiveté en France. On subventionne, on trahit le peuple en permanence qui bosse, qui travaille en permanence. On a les entrepreneurs qui ont le plus de difficultés au monde de compétitivité parce que l'extra-brut, à cause des charges sociales, est le plus élevé du monde. Et des salariés qui ont un net de plus en plus faible.
Si vous voulez réluire entre deux, ce n'est pas avec des chèques, ce n'est pas avec des dispositifs, c'est avec une rupture complète avec ce modèle qui ne peut plus tenir, tout simplement parce qu'il reposait sur une croissance démographique, or on ne fait plus d'enfants, qui reposait sur une croissance de la productivité, or on ne fait pas de gains de productivité. Et c'est pour ça que j'ai créé de nouvelles énergies, parce que je crois qu'aujourd'hui, dans le champ politique, on est les seuls à dire les choses clairement.
Mais vous restez au sein de l'air ?
Par capitalisation, je prépare de ma décision en la matière, en tête à tête, je vais demander à voir Bruno Retailleau dans les prochaines heures.
– Vous verrez Bruno Retailleau dans les prochaines heures, aujourd'hui ?
– Oui, oui, c'est ce que j'ai demandé, aujourd'hui ou dans la semaine ? – Ça veut dire qu'en fait, vous êtes en train de partir de l'air ? – Comme je dois rentrer chez moi, mais je vais le voir, voilà. – Vous quittez l'air ? – Je le dirai d'abord à Bruno Retailleau.
– Enfin, on a bien compris que vous quittiez l'air, puisque vous m'avez compris.
– Depuis le vote de confiance à François Bayrou, depuis l'abandon de la réforme des retraites, depuis les ambiguïtés sur le gouvernement, participer ou pas, je pense qu'il n'y a aucune lisibilité, aucune cohérence, aucune constance. Ce qui s'est passé hier est un non-sens, un non-sens absolu. – Le bureau des règles ? – Oui, bien sûr, où on propose un vote biaisé avec deux votes sur des modalités partielles et un vote sur une personnalité, donc déjà, c'est un vote truqué. – Pour vous, c'est un vote truqué, ce que propose le bureau politique de LR ? – Vous posez trois questions en disant, est-ce que vous êtes pour…
– Un, est-ce qu'il y a une primaire fermée ?
– Deux, est-ce qu'il y a une primaire ouverte ?
– Trois, est-ce qu'on doit désigner directement le président du mouvement ?
– Primaire fermée, ça s'appelle un vote interne. Primaire semi-ouverte, je ne sais pas ce que ça veut dire. Une primaire, c'est forcément ouvert, bien qui veut, vote qui veut. Troisièmement, un vote sur une personne. Donc il y a deux questions de méthode, une question de personne.
– Pour vous, c'est carrément un scandale, c'est truqué.
– Un scandale, je ne sais pas, mais vous voyez bien que ce n'est pas honnête. – Enfin, vous savez côté comme moi, vous divisez par trois.
– Donc vous n'avez plus rien à faire chez LR ?
– Oui, je pense, oui.
– Voilà, vous nous le dites ce matin. David Lissnard, maire, j'allais dire maire LR de Cannes, mais je suis obligée de modifier, effectivement. Maire, donc désormais Nouvelle Énergie de Cannes, et toujours président de l'Association des maires de France. Merci d'avoir répondu à mes questions ce matin sur RMC et BFM TV. Il est presque 8h47.
David Lisnard