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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 16 avril 2023 25 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéInstitutions & électionsJusticeSolidarités & famille

Violences, intimidations, impunité : ce rapport qui accable la BRAV-M

Source d'origine 3 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 85 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 89 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:07OuverteÉludée

    Est-ce que vous étiez dans le cortège parisien ? Avez-vous eu des remontées sur d'éventuelles violences policières aujourd'hui ?

  • 1:57OuverteRéponse directe

    Pourriez-vous nous présenter cet Observatoire parisien des libertés publiques ?

  • 2:53OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que c'est concrètement la BRAVE et les BRAVE-M ?

  • 4:30FerméeRéponse directe

    Donc c'est une unité non constituée, mais il y en a quand même une qui est permanente, c'est ça ?

  • 5:40OuverteRéponse directe

    Pourquoi l'Observatoire s'est intéressé à cette unité spécifiquement ? Est-ce que c'est lié aux polémiques qu'on connaît ?

  • 6:33FerméeRéponse partielle

    Ils sont plus violents que les CRS, les BRAVEM ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:07InvitéFait
    « La Brave M, c'est quelque part une milice privée au service du gouvernement et d'Emmanuel Macron. »
  • 0:12InvitéFait
    « Une pétition publiée sur le site de l'Assemblée nationale demande sa dissolution. »
  • 0:17InvitéFait
    « Pétition qui avait enregistré plus de 260 000 signatures et qui a été arbitrairement enterrée par la commission des lois de l'Assemblée nationale. »
  • 0:25InvitéFait
    « Si cette pétition avait atteint les 500 000 signatures d'ici le 15 juin, la question de la dissolution, la Brave M, aurait pu être débattue dans l'hémicycle, mais débat clos. »
  • 0:35InvitéFait
    « L'Observatoire parisien des libertés publiques vient de publier un rapport qui accable et documente les actions ultra-violentes de la Brave M. »
  • 3:22InvitéFait
    « Didier Lallement disait que ce dispositif permettait aux responsables sur le terrain de prendre des décisions sans attendre un ordre qui venait de la salle de commandement. »
  • 3:45InvitéFait
    « La BRAVE-M, c'est-à-dire la BRAVE motorisée, qui se déplace à moto et dont les agents interviennent après être arrivés à moto. »
  • 5:15InvitéFait
    « Ces membres de la Bravème, ce sont des volontaires. »
  • 6:45InvitéFait
    « Les CRS et les gendarmes mobiles ont une formation spécialisée en maintien de l'ordre que n'ont pas les agents de compagnie d'intervention ou de BAC. »
  • 6:57InvitéFait
    « Les Bravèmes sont dotés de cette autonomie tactique qui est susceptible de leur permettre d'agir sans forcément avoir une appréciation globale de la situation. »
  • 8:10InvitéFait
    « Les Braves-M sont faits pour les interpellations. »

Temps de parole

  • Invité72 %
  • Invité 222 %
  • Locuteur non identifié3 %
  • Invité 33 %

1,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Invité

La Brave M, elle se situe actuellement au centre de tous les débats et symbolise la gestion particulièrement violente du maintien de l'ordre. La Brave M, c'est quelque part une milice privée au service du gouvernement et d'Emmanuel Macron. Alors pas étonnant qu'une pétition publiée sur le site de l'Assemblée nationale demande sa dissolution. Pétition qui avait enregistré plus de 260 000 signatures et qui a été arbitrairement enterrée par la commission des lois de l'Assemblée nationale. Alors si cette pétition avait atteint les 500 000 signatures d'ici le 15 juin, la question de la dissolution, la Brave M, aurait pu être débattue dans l'hémicycle, mais débat clos.

Alors loin d'arranger son portrait, l'Observatoire parisien des libertés publiques vient de publier un rapport qui accable et documente les actions ultra-violentes de la Brave M. Lucas, membre de cet observatoire, est avec nous sur le plateau du Média pour discuter. Il vient de ce rapport, c'est l'entretien d'actu. Bonsoir Lucas. Bonsoir. Comment allez-vous ? Très bien. Très content d'avoir sorti ce rapport. Oui, content de vous recevoir et merci encore pour votre patience. Jour de manifestation oublise. Alors je suis forcée de vous poser la question. Est-ce que vous étiez dans le cortège parisien ? Est-ce que vous avez eu des remontées sur d'éventuelles violences policières aujourd'hui ?

Alors je suis désolé, je vais vous décevoir. Je fais partie d'un collectif, l'Observatoire parisien des libertés publiques, où on documente les pratiques policières en manifestation. Et on a pour règle de ne parler que de ce qu'on a observé dans le cadre de nos observations. On mène des observations toujours par équipe de trois, en prenant des notes pour voir ce qui se passe minute par minute. On prend aussi des images et après on fait un travail d'analyse là-dessus et on ne communique que lorsque on a fait ce travail. Et ça nous permet d'éviter de faire des erreurs et d'être certain d'avoir une parole crédible et de tendre vers le plus de scientificité possible.

On va respecter votre devoir de réserve. Alors avant de rentrer dans le vif du sujet et de parler de votre rapport sur la BRAVE, est-ce que vous pourriez nous présenter cet Observatoire parisien des libertés publiques ? Bien sûr. Alors c'est un collectif qui a été créé par les sections parisiennes de la Ligue des droits de l'homme et du Syndicat des avocats de France en 2019. La première observation date du 1er mai 2019. Avant cela, il y a d'autres observatoires qui ont vu le jour, notamment celui de Toulouse, celui de Bordeaux, qui fonctionnent à peu près de la même manière que nous et qui avaient déjà sorti aussi des rapports super intéressants avant la création de l'Observatoire parisien.

Et donc l'Observatoire parisien s'est créé à la suite de ceux-ci. Alors on parle beaucoup des BRAVE sans trop savoir ce qu'est cette unité. On sait juste qu'ils sont très violents. Il existe des BRAVE-M, des BRAVE-L et même depuis quelques temps la BRAVE-N. On s'y perd un peu. Qu'est-ce que c'est concrètement la BRAVE et les BRAVE-M ? Alors effectivement, on s'y perd un peu. Nous, on s'est surtout concentré sur la BRAVE-M. Mais ce qu'on a compris, c'est que le dispositif BRAVE, c'était un dispositif qui avait été créé par Didier Lallement au moment de son arrivée à la préfecture de police de Paris.

Et c'est un dispositif qui vise à donner, a priori, plus d'autonomie aux agents sur le terrain. Didier Lallement disait que ce dispositif permettait aux responsables sur le terrain de prendre des décisions sans attendre un ordre qui venait de la salle de commandement. Il parlait d'autonomie tactique qui était conférée aux BRAVE. Au sein de ces BRAVE, qui en fait, a priori, sont un mode d'organisation dans lequel se trouvent souvent les compagnies d'intervention, qui sont ces policiers aux casques à bande bleue qu'on voit généralement dans les manifestations à Paris.

Au sein de ces BRAVE, il y a la BRAVE-M, c'est-à-dire la BRAVE motorisée, qui se déplace à moto et dont les agents interviennent après être arrivés à moto. Alors on a eu du mal à savoir exactement comment fonctionnait ce dispositif, le dispositif BRAVE, notamment parce qu'on a aussi adressé des questions à la préfecture de police de Paris. C'est la Ligue des droits de l'homme qui a adressé ces questions pour nous. C'était début octobre. La préfecture n'a pas répondu, donc la Ligue des droits de l'homme a saisi la commission d'accès aux documents administratifs qui a donné début janvier un avis favorable.

La préfecture n'a toujours pas répondu et, coïncidence ou miracle, on a reçu hier soir les documents, mais le rapport était déjà sur le site. Donc on va regarder ce qu'il y a dans ces documents. Je n'ai pas encore pu en prendre connaissance et peut-être que ça nous donnera plus d'informations et d'éclairage sur ce dispositif. Donc c'est une unité non constituée, mais il y en a quand même une qui est permanente, c'est ça ? Voilà, c'est ça. Il y en a une qui a été créée, qui est permanente. Je crois que c'était en octobre 2020. Celle qui est permanente, a priori, ce qui serait permanent dedans, ce serait seulement les conducteurs et les conductrices de moto.

Il semble que, même pour la Bravème permanente, les agents qui interviennent, ceux qui sont derrière, viennent de compagnies d'intervention différentes selon les journées. Mais c'est une Bravème permanente dont on se demande un petit peu ce qu'elle fait hors journée de manifestation. On sait qu'elle intervient en banlieue et on ne sait pas trop ce qu'elle y fait et c'est assez effrayant. On devine. On peut deviner. Nous, malheureusement, on n'observe que les manifestations à Paris. Ce qui est terrible, c'est que ces membres de la Bravème, ce sont des volontaires. Alors ça, vous me l'apprenez. C'est ce qui est dit parfois par la préfecture. J'ai vu que Jérôme Foucault disait ça.

On peut se demander s'ils sont volontaires. J'avais entendu qu'au début, ils avaient du mal à trouver des volontaires. Je ne sais pas comment ça se passe exactement à l'intérieur. Il y aurait des volontaires et des personnes repérées pour leur capacité en maintien de l'ordre. Alors, je ne sais pas à quelle occasion, mais c'est le cas. Alors, pourquoi l'Observatoire s'est intéressé à cette unité spécifiquement ? Est-ce que c'est lié aux polémiques qu'on connaît ? On s'est intéressé très tôt à cette unité.

D'abord, à travers des travaux qui ne concernaient pas spécialement cette unité, mais on a publié des rapports d'observation, des notes d'observation, où souvent, on était amené à détailler un petit peu les actions de la Bravème et à s'intéresser à elle. On s'est intéressé à cette unité parce que, d'abord, elle était nouvelle. Il y avait assez peu de choses qui avaient été faites dessus. Ça fait de nous très longtemps qu'on travaille. On est très nombreuses et nombreux à travailler là-dessus sur ce rapport depuis longtemps. Et voilà, il y avait assez peu de choses. C'était nouveau. Et puis, il nous semblait qu'il y avait quelque chose de symbolique avec la Bravème.

En plus, des violences dont la Bravème fait preuve, mais qui, malheureusement, ne sont pas spécifiques à la Bravème. Les compagnies d'intervention, les BAC sont très violentes aussi. Les CRS et les gendarmes mobiles peuvent l'être aussi. Ils sont plus violents que les CRS quand même, les Bravèmes, non ? Oui, en tout cas, enfin, je dis ça un peu rapidement peut-être, mais oui, en général, il nous semble plus violent. Et peut-être à cause de deux choses qui sont d'abord le fait que les CRS et les gendarmes mobiles ont une formation spécialisée en maintien de l'ordre que n'ont pas les agents de compagnie d'intervention ou de BAC.

A priori, maintenant, c'est plutôt les agents de compagnie d'intervention qui forment les Bravèmes. Et les Bravèmes sont dotés de cette autonomie tactique qui est susceptible de leur permettre d'agir sans forcément avoir une appréciation globale de la situation, peut-être de réagir pour des considérations qui leur sont propres, sans chercher la désescalade, là où les CRS et les gendarmes mobiles ne peuvent pas agir tout seuls. Enfin, ils attendent un ordre.

Alors, quand je disais qu'ils étaient plus violents, je me suis un peu basée sur votre rapport et notamment à l'utilisation des grenades GMD et GENL, donc des grenades, en gros, des grenades dans des encerclements que les Braves utiliseraient plus que les CRS. En tout cas, il y a eu une enquête de Mediapart qui avait été publiée sur l'utilisation des grenades et qui, de ces grenades, maintenant, c'est les GENL, c'est les grenades de désencerclement, oui. Les agents qui les utilisent n'ont pas le droit de les lancer en l'air, ils doivent les faire rouler à terre.

Et l'enquête de Mediapart montrait qu'effectivement, chez les Braves-M, il y avait beaucoup plus de lancés non réglementaires que chez les CRS. Alors, se pose aussi la question des interpellations. L'Observatoire note que les Braves-M est un outil de communication au service du pouvoir. Alors, effectivement, les Braves-M sont faits pour les interpellations. Didier Lallement le disait et il le dit dans son livre aussi, « L'ordre nécessaire », qu'il a sorti après son passage à la préfecture. Et il y a un passage qui est très intéressant dans ce livre parce qu'il reconnaît lui-même que l'exigence de faire des interpellations est liée à des exigences de communication.

Il dit que le pouvoir a besoin de communiquer, ou en tout cas souhaite communiquer sur le nombre d'interpellés. D'ailleurs, on sait très bien, ça s'est encore montré récemment, que les interpellés, très souvent, ne sont coupables d'aucune infraction. Et Didier Lallement reconnaissait lui-même que, dans le livre, il dit que ça ne va pas de soi. Le fait de faire des interpellations comme ça dans la foule, ce n'est pas évident. Et il dit lui-même que ça pose des problèmes. Et nous, c'est ça qu'on observe sur le terrain. C'est que quand une unité comme la Braves-M va chercher quelqu'un pour l'interpeller, souvent ça oblige l'unité à fendre la foule et à créer énormément de désordres.

D'ailleurs, vous documentez sur deux pages le sens de la mise en scène des Braves-M. Est-ce que ça y participe, ça ? Que ce soit sur les réseaux sociaux, comme lors des interventions. Est-ce que vous pouvez nous expliquer ce que vous entendez par là ? Alors, le sens de la mise en scène, c'est sur les réseaux sociaux, et effectivement, il y a un journaliste, Maxime Sirvins, qui a fait un article super là-dessus, où il a vraiment fait de la veille sur les réseaux sociaux. Mais avant d'être sur les réseaux sociaux, c'est en intervention et dans leur équipement.

Le fait qu'on ait comme ça des agents habillés tout en noir, dans des tenues d'ailleurs qui ne sont pas des tenues de policiers, qui sont des tenues de motards au départ. Il y a une inscription police, mais ils ressemblent à des unités en civil. Les motos sont noires et banalisées. Le magazine de la préfecture de police indiquait même que les feux de signalisation avaient été volontairement dissimulés sous la carrosserie. Donc, on ne sait pas trop pourquoi, mais il faut que rien ne laisse transparaître, ou en tout cas, laisse assez peu transparaître de loin cette qualité d'agent de police. Et on les voit souvent se placer comme s'ils étaient en embuscade dans les manifestations.

Ça ne les empêche pas d'être visibles, mais on a l'impression qu'ils veulent montrer justement le fait qu'ils se cachent et qu'ils peuvent fondre sur les gens de n'importe où, même sans forcément arriver en moto. Même quand ils sont à pied, ils ont cette posture. Ils cherchent à semer la terreur. Peut-être leur emblème, c'est un frelon, le récusson, c'est un frelon dans une posture menaçante.

Et ils sont aussi toujours casqués, alors qu'habituellement, si on parle par exemple des gendarmes mobiles ou des CRS, le fait de porter le casque, c'est un ordre qui est reçu de la hiérarchie et qui est censé indiquer aussi aux manifestants le niveau de tension dans lequel on est et faire passer un message. Les braves-aimes, le casque est porté en permanence. Sous le casque, ils ont très souvent des cagoules. Ils ont aussi parfois une espèce de visière fumée sous la visière transparente du casque et très souvent, on ne voit rien du tout de leur visage et ça, c'est aussi quelque chose qui est très intimidant.

Et sur les réseaux sociaux, on les voit se mettre en scène dans des postures qui ressemblent un peu à du film d'action où ils portent encore leur cagoule. Il faut rappeler peut-être que le port de la cagoule, d'ailleurs, est interdit selon le schéma national du maintien de l'ordre. Il faut exception. On sent bien que c'est un corps d'exception au sein de la police. Oui, mais en même temps, ce n'est pas vraiment un corps et c'est ça aussi qui est étonnant, c'est que ce sont des agents qui viennent d'autres services. Une unité, peut-être plus d'exception.

Oui, une unité, un dispositif d'exception et on peut se demander aussi si eux-mêmes, ça ne les conduit pas lorsqu'ils sont dans ce dispositif BRAVM à performer un rôle. Oui. Alors, il y a aussi un paragraphe dans ce rapport plutôt cocasse sur le choix de l'acronyme BRAVE, un choix qui illustre la vision du maintien de l'ordre sous Macron. Effectivement, Didier Lallement disait dans une audition au Parlement qu'il avait choisi cet acronyme à dessin. Il y avait déjà eu des unités policières qui s'étaient appelées les BRAVE. L'acronyme a été repris et il dit qu'il l'a choisi parce qu'il aime les acronymes signifiants.

Dans le même passage, il rappelle que lorsqu'il était à la tête de l'administration pénitentiaire, il avait créé les ERIS qui sont ses unités chargées de mater les mutineries en prison et ERIS, c'est la déesse de la colère et il dit la déesse de la colère me semblait assez adaptée. Donc, il a utilisé comme ça cet acronyme et on a l'impression que ça sert aussi peut-être à faire peur et nous, on pense que la BRAVM participe d'une dissu... pour dissuader les gens d'aller manifester. Alors, il y a une véritable stratégie de la peur par leur uniforme intimidant, c'est ce que vous nous avez expliqué, mais également par des arrestations arbitraires.

Alors, les arrestations, effectivement, souvent, elles sont arbitraires, ça, ce n'est pas le fait de la BRAVE spécifiquement, les compagnies d'intervention aussi, la BAC probablement aussi et n'importe quelle compagnie, ça, c'est probablement plutôt lié aux ordres reçus par les agents.

Bon, nous, on ne peut pas savoir quand on est sur le terrain exactement si une interpellation est arbitraire ou pas, souvent, elle nous semble arbitraire, c'est l'impression que ça donne, c'est qu'ils prennent des gens au hasard et ce côté arbitraire des interpellations a été documenté aussi par des journalistes, récemment, ça s'est vu, enfin, ça a été édifiant quand on voit le nombre d'interpellés et qu'on le compare au nombre de personnes qui ont été poursuivies, sachant que toutes les personnes poursuivies, elles-mêmes, ne seront pas forcément condamnées et que même les personnes condamnées, on peut parfois se demander en fonction de quelles infractions elles sont condamnées, quand on pense aux lois anti-casseurs ou des choses comme ça, ça peut être des infractions un petit peu fourre-tout, donc, il y a une possibilité, effectivement, pour les forces de l'ordre d'interpeller un petit peu au hasard, c'est en tout cas l'impression qu'on a sur le terrain.

Le rapport pose également la question d'un potentiel retour des voltigeurs. Oui, alors on a forcément traité cette question puisque les BRAVEM sont souvent comparés aux voltigeurs, même dans les manifestations, les gens parfois parlent de voltigeurs en voyant arriver la BRAVEM. Didier Lallement et le préfet Laurent Nunez aujourd'hui aussi insistent toujours sur le fait que les BRAVEM n'interviennent pas à moto, les agents interviennent à pied, c'est en tout cas c'est la règle alors que les voltigeurs intervenaient à moto.

Nous on rappelle d'abord que les voltigeurs, le dispositif des voltigeurs il a été supprimé à la suite de la mort de Malik Ousekine qui a été tué par des agents qui étaient à pied. Et qui sont descendus de leur moto. Qui étaient descendus de leur moto et qui intervenaient à pied. On a vu des scènes et là on peut penser à des vidéos aussi très célèbres comme celle du journaliste Noman où on voit des voltigeurs pardon justement je dis des voltigeurs mal en four très révélateur. On voit des BRAVEM qui frappe quelqu'un au sol et s'acharne sur lui avant de le laisser.

En tout cas on a aussi fait des recherches on est tombé sur un article du Monde qui date de quelques semaines ou quelques jours après la mort de Malik Ousekine et qui parle des voltigeurs et l'article dit que ce qui pose problème chez voltigeurs c'est un esprit qui anime les membres de cette unité et qui voit tout passant ou tout manifestant comme une menace potentielle et l'article ne met pas l'accent sur le fait que les voltigeurs interviennent à moto spécifiquement même si j'imagine que ça devait être peut-être encore pire quand ils intervenaient à moto.

Alors il y a un autre point qui nous semble important en tout cas aux médias vous documentez très largement au-delà des violences physiques plusieurs manquements à la déontologie policière de la part des BRAV vous l'avez dit tout à l'heure l'utilisation de la gagoule qui est en principe proscrite il y a quoi qu'est-ce qu'il y a d'autres quelles sont les autres règles auxquelles il manque ?

Le port du RIO les BRAVEM mais là encore c'est pas spécifique au BRAVEM c'est plus général dans la police le RIO est très peu porté nous on fait des décomptes quand on peut on passe en observation devant des lignes de policiers ou de gendarmes et on compte combien il y a de policiers et combien porte le RIO ou combien ont un RIO visible et souvent ils sont une minorité à le porter alors que la loi les oblige à le porter et ça ça donne vraiment l'impression que c'est pas la loi qui est le principe directeur de leur action c'est peut-être une conception de l'ordre qu'ils ont je ne sais pas mais en tout cas c'est pas la loi puisque le RIO il le porte pas et puis souvent tout simplement l'usage de la force la loi est claire là-dessus sur le fait que l'utilisation de la force doit être strictement nécessaire et proportionnée et nous on voit que très souvent c'est pas le cas très souvent les sommations sont pas faites alors la loi prévoit des exceptions des moments où les forces de l'ordre ont le droit d'utiliser la force sans sommation mais souvent ils le font sans sommation et on a l'impression que ça rentre pas dans le cadre de ces exceptions et ils affichent aussi leur appartenance à des groupes politiques d'extrême droite de manière assez décomplexée alors ça chez les Bravème on ne l'a pas tant vu que ça parce que leur uniforme en général ils sont quand même tout en noir par contre je pense que vous faites référence à un cas qu'on a documenté qui est le cas d'un commissaire qui intervient ou qui en tout cas est intervenu en Bravème mais qui intervient aussi souvent en compagnie d'intervention à propos duquel Le Monde avait fait une enquête pour découvrir qu'il était responsable de la blessure d'un photographe qui avait eu le nez cassé d'un coup de matraque et le journal Le Monde avait avec cette enquête vidéo vu que ce commissaire il avait nommé le commissaire P et ce commissaire avait frappé énormément de gens d'une manière qui semblait totalement gratuite dans sa charge ce commissaire on a pu l'identifier et on voit qu'il est encore très souvent présent en manifestation quasiment systématiquement enfin en général en commandement de CI on le voit de compagnie d'intervention et pendant longtemps il portait sur son casque une insigne qui est la signe blue line qui est un symbole dont le sens n'est pas très clair mais qui est quand même plutôt associé à des à des groupes d'extrême droite apparemment au départ c'est des policiers américains qui le portaient pour symboliser cette signe blue line c'est la ligne bleue très fine qui séparerait l'ordre du chaos et la ligne bleue ce sont les forces de l'ordre ce commissaire ne la porte plus depuis quelques semaines et l'inspection générale de la gendarmerie nationale a interdit aux gendarmes de porter cette signe blue line à peu près au même moment nous on n'a plus vu la porter alors lui il n'est pas gendarme il est policier mais ça l'a peut-être dissuadé de continuer à porter cette insigne et alors ces bravèmes qui ne respectent pas donc ces règles qui sont la cagoule les RIO cachés bon c'est pas spécifique à eux mais est-ce qu'ils ne sont pas sanctionnés pas de sanctions de la part du gouvernement de leur autorité la cagoule le RIO non le commissaire P dont je vous parlais il a été médaillé quelques mois après les violences que le monde a documenté donc le fait qu'il ait été médaillé et qu'il soit maintenu sur le terrain ça envoie quand même je pense enfin on pense à l'observatoire un très mauvais signal aux agents aussi qu'il a sous son commandement et aux agents en général et pourtant Darmanin avait affirmé dans le JDD avoir la main ferme avec ceux qui déshonorent l'uniforme comme quoi ce n'est pas le cas je ne sais pas ce qu'il appelle déshonorer l'uniforme alors comment et pourquoi face aux innombrables témoignages des violences policières la BRAVEM peut-elle être maintenue en exercice ?

C'est la question qu'on pose dans la conclusion du rapport où on se demande même aussi comment elle a pu être créée parce que la BRAVEM elle a quand même été créée pendant les gilets jaunes enfin quelques mois après le début du mouvement mais à un moment où la question des violences policières commençait vraiment à émerger dans le débat public enfin en tout cas se montrait de manière plus importante il y avait eu tous ces gilets jaunes qui avaient été éborgnés il y avait eu des gilets jaunes qui avaient eu des mains arrachées etc et à ce moment-là alors qu'il y avait ces polémiques sur la violence policière la BRAVEM a été créée alors on ne sait pas c'est sûrement une manière de reprendre la main c'est on se dit à la fin c'est des hypothèses qu'on donne dans le rapport peut-être une forme de provocation et peut-être même une espèce de coup de force peut-être aussi que l'institution utilise un petit peu c'est une question qu'on se pose à la fin et qu'on laisse ouverte est-ce que est-ce qu'à terme elle pourrait remplacer la BAC ?

alors dans les manifestations on a eu l'impression que ça remplaçait la BAC dans nos observations en tout cas on a remarqué qu'à partir de début 2020 on ne voyait plus la BAC en manifestation on ne voyait plus que la BRAVEM par contre là en février on a revu la BAC dans les manifestations je ne sais pas pourquoi la BAC est revenue je ne sais pas si c'est une décision stratégique ou si c'est parce que la hiérarchie manquait de force simplement mais effectivement on a l'impression qu'il y a une continuité entre la BAC et la BRAVEM alors dissoudre la BRAV c'est l'objet d'une pétition qui a récolté 263 887 signataires dûment vérifiées par le biais de France Connect en seulement 13 jours sauf que voilà le 5 avril la commission des lois a tout bonnement décidé de la classer à l'issue d'une discussion qui n'aura pas duré une heure on écoute le député LFI

21:44
Locuteur non identifié

simplement aujourd'hui vous ne pouvez pas évacuer sous le tapis qui est 260 000 citoyens qui a signé cette pétition et oui c'est une pétition engagée mais toutes les pétitions ont un objectif engagé elles ouvrent un débat et elles posent une question sur le maintien de l'ordre et la BRAVEM est la pointe avancée de votre politique de répression de gens qui oui roulent sur des manifestants mettent des coups de matraque tiennent des propos racistes le soir est-ce qu'on peut accepter d'avoir des policiers qui se comportent de cette manière qui aujourd'hui disent à des gens mais tu es venu en France parce que tu as traversé la mer ou tu t'es accroché à une aile d'avion voilà aujourd'hui ce qu'est la BRAVEM et nous allons continuer à porter la mobilisation pour exiger la dissolution de cette unité-là qui est une unité violente

22:24
Invité

On vient d'entendre le député LFI Thomas Porte c'était justement en commission des lois alors j'imagine que vous avez bien suivi le dossier de cette pétition l'Observatoire se positionne-t-il pour la dissolution des BRAV ? Alors par principe l'Observatoire ne se positionne pas n'émet pas de recommandation par contre on a été créé l'Observatoire par la Ligue des Droits de l'Homme qui a aussi sa propre pétition qui demande la dissolution de la BRAVEM mais pas seulement Combien de signatures à ce jour ?

Là je ne sais pas par contre on tient aussi à insister sur le fait que la BRAVEM n'est pas le seul problème dissoudre la BRAVEM et laisser tout le reste ça ne changerait pas forcément les choses je vous parlais tout à l'heure des gilets jaunes la BRAVEM n'existait pas encore ça n'a pas empêché l'usage des LBD l'usage des grenades etc donc la pétition qui est lancée par la LDA demande aussi plein d'autres choses l'interdiction des NAS par exemple l'interdiction du matériel classé matériel de guerre comme les LBD ou certaines grenades explosives vous allez plus loin oui voilà que la dissolution il ne faudrait pas croire que la BRAVEM est seule responsable souvent les agents de la BRAVEM interviennent aussi en compagnie d'intervention les compagnies d'intervention peuvent se révéler très dangereuses aussi en fait ils se sont faits particulièrement remarquer durant ces manifestations on a presque oublié les gendarmes et les CRS qui sont tout aussi tout aussi violents peut-être pas plus mais à niveau égal c'est difficile de savoir exactement mais les CRS et les gendarmes mobiles ont quand même cette spécialisation dans le maintien de l'ordre je ne dis pas du tout qu'ils ne sont pas violents là les observatoires sont en train de documenter ce qui s'est passé à Sainte-Solines c'était des gendarmes donc il y a évidemment énormément de problèmes avec la gendarmerie mobile et avec les CRS en manifestation à Paris on trouve que c'est encore pire lorsque les manifestants ont affaire à des BRAVEM à des compagnies d'intervention ou à des BAC et nous par exemple en tant qu'observateurs les quelques fois où on a été bousculé ou violenté par des forces de l'ordre c'était très souvent la BRAVEM Merci beaucoup Lucas membre de l'Observatoire parisien des libertés publiques foncez voir ce rapport qui a été publié aujourd'hui c'est ça aujourd'hui un rapport très fourni qui accabe les documents minutieusement les actions ultra violentes de la BRAVEM écoutez j'espère que vous serez invité par Hanouna sur TPMP au moins il pourra être sûr que vous connaissez bien ce sujet et que vous ne pas sûr qu'on ira peut-être pas sûr mais en tout cas ce serait une invitation qui pourrait peut-être faire oublier celle des faux BRAVEM

25:02
Présentateur

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25:15
Invité

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