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interviewBFMTV· 29 novembre 2025 23 min

Jordan Bardella victime d'une "agression" durant une séance de dédicaces

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Alexis Quevelier, rejoignez-nous sur ce plateau puisqu'on en sait plus sur l'agression dont a été victime Jordan Bardella en début d'après-midi. Oui, c'était en milieu d'après-midi vers 15h45 selon l'entourage du président du Rassemblement national qui nous a donné l'information selon les mots de cet entourage. Jordan Bardella a été victime d'une agression lors d'une séance de dédicaces.

C'était donc à Moissac, dans le Tarn-et Garonne. Un homme s'est jeté sur le président du Rassemblement national et lui a écrasé un œuf sur la tête. Jordan Bardella a dû être exfiltré pendant une vingtaine de minutes de cette séance de dédicaces mais selon son entourage toujours il va bien.

Il a pu reprendre le cours de cette séance de dédicaces à l'issue de cette exfiltration. Selon les premiers éléments de l'enquête c'est un homme de 74 ans qui est soupçonné. Il a été interpellé, placé en garde à vue à la brigade de gendarmerie de moissac l'entourage de jordan bardella fait le lien avec la présence ce samedi après-midi à proximité du lieu de la séance de dédicaces de manifestants une cinquantaine nous avons eu tout à l'heure des images de cette de ce cortège c'était une correspondante de bfm tv laura dubois qui était sur place et qui a tourné les images que vous voyez à l'instant à l'antenne c'est quelque chose qui est assez courant sur des déplacements de Jordan Bardella ou de Marine Le Pen.

Des manifestants qui viennent protester contre la venue de personnalités du Rassemblement national dans des événements publics. Cette présence avait d'ailleurs plutôt été minimisée en début d'après midi par l'entourage de Jordan Bardella. Ils font donc maintenant le lien entre cette agression, cet incident et cette présence.

Mais les enquêteurs ne vont pas du tout aussi loin pour l'instant. On est évidemment au tout début de l enquête. Deux plaintes ont été déposées.

Enquête pour violence sur personnes dépositaires de l'autorité publique. Merci Alexis. Nous a rejoint Pascal Perrineau, politologue, professeur des universités à Sciences Po.

Merci d'être avec nous dans un instant. Je vais vous donner la parole pour avoir votre avis, votre regard d'observateur politique sur cette campagne qui est déjà presque en marche. Mais on va tout de suite aller à Marseille où nous attend Franck Alizio.

Franck Alizio député, Rassemblement national des Bouches du Rhône, candidat au municipal de Marseille, j'ai envie de dire, qui pourrait peut-être l'emporter selon les derniers sondages. Je mets un mot sur cette agression Franck Alizio dont Jordan Bardella vient d'être victime. Est-ce que vous aussi vous faites le lien avec ce rassemblement est-ce que vous pointez directement ce soir la gauche et l'extrême gauche oui je pense comme l'entourage de jordan que que il y a probablement un lien avec cette manifestation, que nous sommes victimes comme tous les Français d'une certaine violence, d'un certain ensauvagement de notre société.

Et surtout, je pense que l'extrême gauche perd son sang-froid. Elle perd son sang-froid parce qu'elle sent qu'elle est en train de perdre la bataille. Et j'ai envie de lui dire, mais ça a bien se passé.

Ça a bien se passé pour la France qui travaille, pour la France qui respecte les règles. En revanche, pour ceux qui foutent le bordel pour ceux qui pourrissent la vie des français pour eux la fête sera finie pour la clientèle de l'extrême gauche pour les protéger de l'extrême monsieur monsieur je précise quand même qu'à l'heure où on se parle il y a une enquête en cours et que rien ne dit que ce soit la gauche ou l'extrême-gauche française. Pourquoi vous les ciblez directement ?

Parce que 9 fois sur 10, ce sont eux qui nous attaquent. La dernière fois que moi, j'ai été attaqué à Marseille, c'était par l'extrême-gauche, madame. Donc je fais un lien parce que statistiquement, ce lien se réalise 9 fois sur 10, se vérifie 9 fois sur 10.

Est-ce que vous avez l'impression que cette campagne va être...

Parce qu'on peut parler de campagne maintenant et pour les municipales qui sont dans 4 mois et pour 2027, on a l'impression que c'est déjà en marche. Est-ce que vous avez l'impression qu'il va y avoir des affrontements plus électriques si je puis dire sur le terrain. Nous avons des Français qui souffrent, nous avons des Français qui veulent le changement.

Nous avons des Français à qui depuis des mois et des mois, on refuse de rendre la parole, notamment à travers une dissolution et dans des élections législatives anticipées. Donc par définition, ils vont se saisir de cette campagne municipale pour dire les choses. Ce sera une campagne de vérité, ce sera une campagne de clarification, ce sera une campagne qui va préparer, qui va annoncer la présidentielle.

A partir de là, pour ma part à Marseille, je vois bien que le vrai changement, le seul changement, le changement à Marseille, il s'appelle l'ordre. Le changement, c'est l'ordre. Et cet ordre, il est attendu des Marseillais et Marseille en ordre, c'est mon slogan et ce sera ma priorité absolue.

Voilà. À partir de là, oui, ces élections municipales seront très politiques, très suivies, peut-être tendues, mais ça s'appelle un rendez-vous démocratique. Et je pense qu'il sera tranché par les Français et pour ma part par les Marseillais de manière claire.

Une question de Patrick Vignel qui est aujourd'hui conseiller politique de Gabriel Attal. Monsieur le député, je ne vous comprends pas. En ce moment, quand même que ce soit Jordan de Vardella et vous à Marseille, vous avez d'excellents sondages et vous confondez tout.

Moi, je suis un homme de gauche. Je condamne ce qui est arrivé à Jordan de Vardella. Mais je pourrais le condamner pour Jean-Luc Mélenchon, pour l'ensemble des femmes et des hommes qui font de la politique.

La violence ne doit pas s'insérer dans notre société. Après, si vous voulez, je viendrai vous voir à Marseille et on parlera d'autres sujets. Mais là, le vrai débat, c'est aucune violence contre personne, que ce soit l'extrême droite, l'extrême gauche ou le bloc centrale.

C'est ce qu'on aimerait entendre, nous, de votre part. Mais allez le dire à, je suis désolé, à vos amis d'extrême-gauche puisque aux dernières législatives vous êtes retrouvés avec eux au second tour vous avez fait élire des députés d'extrême-gauche via LFI donc dites leur à eux parce que nous n'avons pas vu des sympathisants ni des adhérents du rassemblement national s'attaquer d'aucune sorte je dis bien d'aucune sorte à un autre parti politique à un autre rassemblement politique qu'il soit d'extrême-gauche qui soit de gauche ou qui soit macroniste voyez donc la violence elle est d'un côté de l'échiquier politique ce côté de l'échiquier politique c'est l'extrême gauche voilà c'est l'islamo-gauchiste gauchisme c'est là qu'il y a des violences c'est là qu'il ya des agressions c'est alors là le raccourci je peux pas quand même vous laisser dire ça on est passé C'est de la gauche. A l'extrême-gauche, à tout d'un coup, l'islamo-gauchisme pour effectivement une violence physique d'une personne qui a agressé avec un oeuf.

L'extrême-gauche est islamo-gauchiste. Alors ça c'est encore un raccourci que je vais vous laisser. La question de Victoria Oui, bonsoir, monsieur.

J'aimerais savoir, compte tenu de la violence physique que vous dénoncez et de la situation, on suit ça au jour le jour à Marseille qui se dégrade grandement, est-ce que vous, comme les autres candidats, la municipale de Marseille considérait qu'il faille instaurer, comment dire, de la protection policière pour les politiques ? Est-ce que vous sentez un vrai climat de dangerosité vis-à-vis des politiques au sens large ? Pas seulement votre cas mais le cas de tous les candidats à la municipale de Marseille ?

Alors c'est une bonne question que l'on nous pose régulièrement, vous avez raison, depuis l'assassinat d'intimidation de Médicay Kassi, qui était le frère d'un responsable politique. J'ai envie de vous dire, ce n'est pas à nous, responsables politiques, de juger de notre propre sécurité. Je fais confiance au service du ministère d'Intérieur pour évaluer cette menace sur nous, candidat à la mairie de Marseille ou ailleurs.

Et à partir de là, en tirer les conséquences. Je fais confiance au ministère d'Intérieur, au préfet pour évaluer cette menace. Franck Alizio, vous restez avec nous une petite minute.

Alexis, je crois que quand même la sécurité de Jordan Bardella avait été renforcée. Oui, sur ce point très précis qui vient d'être évoqué. En effet, et ce sont des des informations de sources de gendarmerie obtenues par le service police-justice de BFMTV.

Un dispositif de gendarmerie plus particulier, plus adapté, avait bien été disposé aujourd'hui à Moissac en sécurisation de Jordan Bardella, puisqu'il y a eu cette semaine cet incident que nous avons aussi commenté. Jordan Bardella avait été enfariné en marge d'un déplacement à Vesoul et donc nous avons l'information que ce précédent incident avait servi d'alerte d'une certaine façon pour les forces de l'ordre qui avaient choisi tout de même d'être davantage vigilantes ce Nous sommes en ligne avec Frédéric Auréal, ancien haut fonctionnaire de police au ministère de l'Intérieur. Bonsoir, monsieur.

D'après les informations de notre service politique, effectivement, Jordan Bardella était protégée. Comment est ce qu'on sécurise un homme politique en campagne ? Effectivement, est-ce que sa dédicace aurait dû être annulée sachant qu'il y avait un rassemblement à l'extérieur ?

Bonsoir, madame. Je suis dans sa chef du service de la protection et effectivement a eu à connaître les campagnes électorales. Sur le sujet qui nous occupe aujourd'hui, je me garderais bien d'avoir une opinion, vous l'avez d'ailleurs souligné, il y a une personne qui a été interpellée, il y a eu un dispositif périphérique mis en place par la gendarmerie et c'est le cas lorsqu'on est en zone police par les policiers, qui est en fait un dispositif de prévention de troubles à l'ordre public.

Et puis après, il y a ce qui relève de la protection rapprochée. En ce qui concerne la protection rapprochée, ce sont des dispositifs opérationnels décidés par le ministre en personne et qui se déclinent de manière opérationnelle sous l'autorité du directeur général de la police nationale. Et en fonction de la menace qui pèse, laquelle menace fait l'objet d'une évaluation par les services de renseignement, direction générale de la sécurité intérieure, renseignements territoriales et plus ou moins renforcés.

Ce dispositif Effectivement, je ne connais pas le dispositif qui est mis en place pour M. Bardella, mais on est sur un dispositif assez classique hors campagne, parce que je tiens aussi à rappeler, on le voit sur les images, que M. Bardella a une protection qui qui d'ailleurs a été celle de M.

Jean-Marie Le Pen, puis de Marine Le Pen et un des gardes du corps, d'ailleurs qui est très expérimenté, et toujours à ses côtés, mais ça relève de la protection privée. Et ça se passe en plein accord avec les services de l'État parce que vous avez un fonctionnaire du service de la protection, l'affiché de sécurité qui est présent et je veux probablement il est possible de le renforcer selon la menace qui pèse, selon la nature des déplacements. Ce qui est inquiétant dans Dans cette situation, M.

Bardella a déjà été enfariné, il y a fort peu de temps, il y a ça. Alors au-delà de sa personne et des idées qu'il leur présente, je ne vais pas me permettre de poser le moindre jugement là-dessus, ce n'est pas mon sujet. D'un point de vue – Allez-y d'un point de vue technique. – Allez-y d'un point de vue technique. – Oui, c'est ce que je vais faire.

Ça préfigure quand même d'une campagne qui risque de se durcir à l'image d'une violence que l'on connaît dans notre société et qui va amener certainement à revoir le format des différents dispositifs qui seront mis à la fois dans la pré-campagne dans laquelle on est maintenant et encore plus dans la campagne que nous allons vivre au moment des présidentielles et ça restez avec nous je vais faire réagir le plateau et nos invités à justement ce que vous venez de dire et on je vous reprends dans un instant Pascal Perrineau merci d'être avec nous observateurs de la cinquième république comment est-ce que vous réagissez à cette agression cette nouvelle agression de Jordan Bardella alors qu'il pèse voilà à 40 % dans les sondages effectivement ce que vous pensez qu'aujourd'hui un homme qui fait campagne pour le Rassemblement et bien s'exposent à de telles agressions. Tout homme ou femme faisant campagne peut être l'objet d'agressions, peut-être l'objet d'un enfarinage, d'un oeuf écrasé sur le sommet de son crâne tant que ça reste dans ses limites j'allais dire c'est assez coutumier donc ça pour vous c'est un classique oui mais bien sûr bien sûr c'est un classique c'est pas le premier homme politique qui fait l l'objet de ce type d'attitude tout à fait condamnable. Mais on verra qui est cet individu de 74 ans, qu'il l'a agressé, il ne faut pas aller trop vite en besogne.

Mais ce que ça veut dire politiquement, c'est que d'abord, bien sûr, on est entré en campagne, que les partis, en particulier le Rassemblement national, mais ce n'est pas le seul. Et les filles aussi cherchent à nationaliser ces élections municipales. On le voit dans les réactions de tous les intervenants du Rassemblement national.

Mais c'est la même chose du côté de la France insoumise parce que ce sont des partis qui sont mal implantés localement. Le Rassemblement national n'a que peu de mairies, la mairie la plus importante, c'est celle de M. Alliot à Perpignan et les filles a également extrêmement peu de mairie.

Et les partis qui sont présents véritablement aux municipales, c'est essentiellement Les Républicains ou des diverses droites qui sont dans la mouvance des Républicains et de l'autre côté, des socialistes avec leurs associés. C'est eux qui sont les partis sortants, c'est eux qui sont à, j'allais dire, essentiellement à la manœuvre. Et quelque part, il y a un conflit entre des forces nationales qui veulent absolument s'implanter aux municipales dans la perspective de la présidentielle.

D'ailleurs, on On écoutait le candidat du Rassemblement national à Marseille, c'était explicite dans son discours. Et puis des partis qui se disent les municipales doivent rester des municipales où les électeurs vont juger essentiellement le bilan des équipes sortantes et des mères sortants qui très souvent sont de droite modérée ou de gauche relativement modérée. Sachant qu'il y a une force qui là aussi n'est pas extrêmement présente ou qui est présente indirectement, c'est Renaissance.

Parce que Renaissance est un parti relativement récent qui a eu beaucoup de mal à s'implanter localement et qui d'ailleurs dans dans beaucoup de grandes villes, ne sera pas présent directement. Il sera présent indirectement. Donc on a entre ces forces relativement aux extrêmes, cette force relativement nouvelle qu'est Renaissance et les parties plus traditionnelles ou les formations plus traditionnelles, certainement une attitude différente par rapport aux municipales.

En tout cas, Pascal Quirino, ils ont tous un point commun. Effectivement, c'est l'ennemi du Rassemblement national. Regardez ce tract qui a fait diffuser le parti Renaissance.

Je crois que ce week-end, il y avait un grand week-end de tractage-collage. Patrick Vignal, vous travaillez un peu pour Renaissance puisque vous conseillez Gabriel Attal. Ça, effectivement, ça cible directement le Rassemblement national.

Il n'y a pas d'ennemis en politique. Il y a des adversaires, madame. Et moi, ce qui me gêne, c'est que quand vous avez des partis politique, il n'y a pas que l'Assemblée nationale, qui explique qu'il faut arrêter de taxer les Français et qui part d'électricité, qui explique que c'est un scandale que c'est Emmanuel Macron qui va augmenter l'essence et qui augmente et qui vote 34 milliards Mais madame, le problème, on en a déjà parlé 2027 est là On ne se met pas à dos les chefs d'entreprise Les retraités, les jeunes Les femmes seules Donc on y va C'est banquée ouverte pour tout le Ça se réglera en 2027.

On est en ligne avec le maire de Béziers, Robert Ménard, depuis l'hérault Robert Ménard, maire d'Hiverdroite de Béziers. Déjà simplement une réaction sur l'agression dont vient d'être victime Jordan Bardella. Je suis sidéré de la violence que prend le débat politique, évidemment.

D'abord, je voulais dire tout ma sympathie. C'est juste des pratiques inadmissibles, mais quand les propos deviennent tellement outranciers, un certain nombre de gens sur votre plateau le disaient, quand on a l'impression de vivre une guerre civile au niveau des mots il faut pas s'étonner après que ça se transforme par par des gestes des attitudes des comportements qu'il faut condamner donc évidemment monsieur barré là à toute ma sympathie vous savez les divergences politiques c'est une chose moi monsieur Bardella c'est pas mon ennemi pas plus d'ailleurs que qui que ce soit parmi les hommes politiques on est des adversaires on peut discuter on peut avoir de vraies convictions différentes mais d'abord on se respecte. Et là, c'est des choses qui sont inacceptables.

Vous appelez la classe politique toute la classe politique, y compris la gauche et l'extrême-gauche qui sont aujourd'hui ciblées par le Rassemblement National à se déclarer, eh à déclarer leur sollicitude auprès de Jordan Bardella ? C'est la moindre des choses. Moi, il arriverait...

Dieu sait que je ne suis pas de gauche. Il arriverait à quelqu'un de gauche la même chose. Je serais parmi les 1er à m'en indigner, ça se discute même pas.

Il me semble qu'aujourd'hui on confond tout, on confond le débat d'idées, les divergences et encore une fois des affrontements qui sont d'une autre nature. Je n'imagine pas ne pas condamner demain, si monsieur Mélenchon était victime d'une agression, de ne pas condamner son agresseur et l'agression. Et je le lui dirai.

Et ça me semble le B à bas sauf que le B à bas de la démocratie, c'est-à-dire faire ça, ça nous semble maintenant inacceptable. Regardez le mal que les gens, à un autre niveau, que la classe politique, alors là dans son ensemble, à reconnaître par exemple que quelqu'un qui n'est pas de votre bord a raison. Mais enfin vous pouvez dire que quelqu'un qui n'a pas, qui n'est pas du même côté de l'échiquier politique a raison néanmoins.

Vous pouvez dire que vous vous êtes trompé, vous pouvez reconnaître à l'autre la vérité. C'est ce qui devrait nous faire fonctionner. Mais là aujourd'hui on n'est plus dans ce monde-là.

Monsieur le maire, cher Robert, je me rappelle que tu avais été agressé, toi, plus violemment. Et j'ai souvenir que je t'avais appelé et j'avoue que quand j'avais expliqué mon appel, il y en a qui m'avaient dit mais comment tu oses appeler Robert Ménard ? Et ça s'appelle la solidarité.

Et ça, je sais que tu es quelqu'un de solidaire. C'est le minimum. Moi, je me souviens avoir été...

On m'a littéralement cassé la figure dans une réunion où je devais aller voir des maires dans la région de Bordeaux. J'attends encore les signes de solidarité de tous l'échiquier de gauche et du centre, à ton exception près. Tu as raison de le dire.

Mais moi, en même temps, je vis sans ça. Mais je m'en désole. La vie politique, elle n'est pas encore une fois une guerre de tranchées.

La vie politique, elle est normalement un lieu. Encore une fois, on a la chance de vivre dans une démocratie où on peut débattre sans être d'accord sur tout. Mais qu'est-ce que tu veux que je te dis, si les gens, on préfère se casser la figure que de parler, sont incapables de discuter de quoi que ce soit sans s'insulter.

Je pourrais n'y faire. On pourrait n'y faire, mais c'est désolant. Et je crois que les Français en ont juste ras-le de ça.

Mais je crois que ce que vous nous montrez, surtout que ce soit vous ou M. Alizieux ce soir, c'est que la campagne est définitivement lancée et que vous êtes aussi lancé dans une forme d'emphase. Tout le monde a condamné ici sur le plateau l'agression physique et les attaques individuelles, mais quand même on vous entend parler de guerre civile, de guerre de tranchée.

Juste avant on a entendu parler de menaces islamo-gauchistes. Alors il faut quand même rappeler à ce stade qu'on a très peu d'éléments sur l'agresseur, qu'il faut attendre de les avoir, mais on voit bien aussi votre volonté de faire une campagne sur la peur et sur la peur de cette pseudo-violence, etc. Il faut quand même que vous soyez à la hauteur de vos fonctions politiques et je trouve que vous êtes en train de basculer dans une emphase qui montre que vous voulez vous servir de cette attaque contre Bardella pour faire campagne.

Ça ne convient pas. Ce n'était pas le moment, en tout cas. Madame, il ne s'agit pas de faire ça.

Écoutez, là, je suis à la mairie de Béziers où on vient d'inaugurer la crèche de Noël où il y avait des gens de toutes sensibilité des catholiques, des protestants, des musulmans, des juifs qui, ensemble, se seront retrouvés autour d'une crèche. C'est ce que j'essaie de vous expliquer. Arrêtez d'avoir des lectures toujours politiques des choses.

Je ne sais pas. Là, je...

Pardon, je ne vois pas qui vous êtes puisque je suis face à une caméra et je n'ai pas d'image du plateau. J'essaie juste de vous...

Pardon ? Vous avez besoin de voir qui je suis ? Pardon ?

Pour nommer. Mais je ne vous entends pas, je ne sais pas qui vous êtes. C'est très difficile de parler avec quelqu'un.

Moi, je vous connais très bien. Alors, monsieur Ménard. Mais voilà, mais moi, je ne vous vois pas.

Oui Monsieur Ménard, restez avec nous. On va reprendre un instant, effectivement, puisqu'on va aborder cette crèche de Noël. Je crois qu'il y a eu une grosse manifestation quand même.

Vous dites que tout s'est bien passé, mais je crois qu'il y a eu une grosse manifestation. Mais un – Un mot de M. Pascal Perrineau, vous pensez que cette campagne va s'annoncer un peu difficile en tout cas ?

On a l'impression déjà que c'est demain la campagne présidentielle, or effectivement c'est dans le long Mais on a un peu enjambé quand même le gouvernement, le corps nu presque. Oui, mais il y a beaucoup de passion dans la perspective de l'élection présidentielle parce que tout le monde espère que ça sera l d'une grande redistribution après le chaos que nous sommes en train de traverser. Je n'en suis pas si sûr que cela.

Mais avant, il y a tout de même les municipales. Et croyez-moi, pour les Français, les municipales, c'est très important. Parce que quand vous regardez toutes les enquêtes que nous faisons en particulier au Cevipof, à Sciences Po, la figure du maire et l'institution du conseil municipal, ça fait l'objet de la confiance d'environ deux tiers des Français dans un paysage politique totalement dévasté, où les Français n'ont confiance ni dans le président, ni dans le gouvernement, ni dans les députés, ni dans les députés européens.

Non, personne. La seule figure qui échappe, c'est le maire. Et donc je crois que les Français vont se mobiliser, pas simplement dans les grandes villes.

D'ailleurs, ils se mobiliseront davantage certainement dans les petites communes et dans les communes moyennes. Et pour eux, c'est important. Et je ne crois pas qu'ils céderont à la tentative de politiser à l'extrême les élections municipales.

Parce que vous savez, les Français, il y a une espèce d d'usure par rapport à la politique nationale, de grandes fatigues par rapport aux postures différentes. Et là, ils vont juger sur des enjeux, sur des enjeux municipaux, comment le développement économique dans la commune, la sécurité dans la commune, les équipements dans la commune. Voilà, ils vont répondre à ces questions-là.

Et néanmoins, Pascal Perrineau, on n'a jamais vu autant de clivages et de fractures en France entre effectivement l l'extrême droite, l'extrême gauche, ceux qu'on appelle les woke et ceux qui sont conservateurs. On va retourner justement voir le maire de Ménard qui aujourd'hui inaugurait