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interviewBFM TV (sur YouTube)· 23 avril 2025 8 min

En déplacement en Irak, le ministre Jean-Noël Barrot défend la création d'un État palestinien

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Merci beaucoup monsieur le ministre, cher Fad Hussein et merci pour votre accueil chaleureux à l'occasion de ma première visite en Irak. C'est un plaisir, c'est un honneur pour moi d'être ici aujourd'hui et cela pour deux raisons notamment. D'une part parce que nos deux pays entretiennent des liens historiques et trois d'amitié.

La France n'a jamais cessé de se tenir au côté de l'Irak. Je pense tout particulièrement à notre opposition historique à l'occupation de 2003 et à la lutte contre le terrorisme. Ensemble, nous avons combattu et nous avons défait Daesh.

D'autre part, c'est la deuxième raison parce que l'Irak est en train d'écrire une nouvelle page de son histoire. L'Irak d'aujourd'hui n'est pas celui de 1990, ni de 2003, ni de 2014. Et la France veut se tenir résolument à ses côtés dans ce moment charnière avec un principe directeur.

Soutenir l'Irak dans les choix souverains qu'il se fixe pour bâtir son avenir. C'est à tout le sens de l'accord de partenariat stratégique signé en janvier 2023 par le président de la République et le premier ministre Al Souani. Dans cet esprit, la France soutient tout d'abord l'Irak dans sa volonté d'exercer sa pleine souveraineté.

Nous en sommes convaincus, un Irak fort et indépendant et source de stabilité pour toute la région. Aujourd'hui menacé par le conflit qui s'est ouvert le 7 octobre et la poursuite des activités déstabilisatrices de l'Iran. C'est la raison pour laquelle nous avons soutenu dès la première heure les conférences dites de Bagdad, format unique dans cette région fragmentée qui regroupe autour de l'Irak les pays voisins arabes, la Turquie, l'Iran et les organisations régionales.

Ces ces conférences consacrent le retour de l'Irak, pôle d'équilibre et de stabilité, son rôle moteur et son rang dans la région. Elles doivent permettre d'initier de nouvelles coopérations régionales et d'évoquer les crises du Moyen-Orient. Une nouvelle conférence de Bagdad doit se tenir bientôt.

Nous en avons parlé en présence du premier ministre iraquen et du président de la République. Dans un environnement régional bouleversé, ce format sera plus important que jamais pour favoriser la sécurité et la stabilité du Moyen-Orient. Nous soutenons aussi la souveraineté irakienne avec le développement de notre coopération militaire bilatérale en renforçant les capacités opérationnelles des forces armées iraakennes.

Nous travaillons également à accroître les formations pour les magistrats, la sécurité civile et les forces de police. La France contribue aux ambitions de diversification et développement économique et industriel de l'Irak pour répondre aux besoins de la population. La stabilité du pays et la créativité de sa jeunesse donnent à l'Irak fort potentiel.

Nous encourageons les entreprises françaises à développer leurs relations commerciales, à investir en Irak en recréant progressivement des liens qui s'étaient distendus entre les entreprises françaises et irakiennes. Enfin, nous renforçons les liens qui existent entre nos deux peuples. La France s'engage auprès de la population irakienne dans toutes ses composantes. voulons renforcer les liens entre les étudiants, les chercheurs, les artistes, les athlètes, les membres d'association et tous les acteurs de la vie politique, économique, sociale et culturelle iakienne.

Nous le faisons en nous appuyant sur la jeunesse iraienne qui est l'une des plus grandes richesses de ce pays. souhaitons développer nos partenariats universitaires, en particulier dans les domaines de l'ingénierie, de l'agriculture, de l'archéologie avec un programme de bourse conjoint développé avec le ministère de l'enseignement supérieur. Nous le faisons en nous appuyant sur l'Institut français d'Irak, actif depuis 70 ans avec ses antennes de Bagdad et d'herbil qui proposent une programmation riche tournée vers l'avenir.

Nous le faisons enfin en enseignant dans les écoles et universités iakiennes la langue française et en aidant l'Irak à valoriser son patrimoine. Je terminerai en évoquant, comme vous l'avez fait, monsieur le ministre, la situation régionale. Il est essentiel que l'Irak ne soit pas entraîné dans des conflits qu'il n'a pas choisi.

À cet égard, je tiens à saluer les efforts du gouvernement, du premier ministre pour préserver la stabilité du pays. Il est aussi crucial de poursuivre ensemble la lutte contre le terrorisme dans la région, y compris en Irak comme nous l'avons fait sans relâche ces dernières années dans le cadre de la coalition internationale contre Desh à la demande des autorités irakiennes. Nous ne pouvons pas laisser 10 années de succès contre le terrorisme être remise en cause.

La France reste prête à contribuer autant que nos partenaires iraakiens le souhaiteront à cet effort militaire et sécuritaire. Sur la Syrie, je retiens de notre échange que nos approches convergent largement. La transition politique doit permettre à la Syrie de devenir un pôle de paix et de sécurité.

Cela passe par la cessation de toutes les hostilités et le respect de l'intégrité territoriale syrienne. Dans une période de transition, il faut aussi éviter que la Syrie ne sombre dans la fragmentation et donc garantir l'inclusivité de la transition politique. Je voudrais pour conclure dire un mot du conflit israélo-palestinien.

La guerre lancée par les massacres terroristes du 7 octobre n'a que trop duré. Il faut désormais cheminer vers une solution politique à Gaza. Un cesser le feu accompagné de la libération de tous les otages et d'une entrée massive de l'aide humanitaire qui est indispensable.

Ce cesser le feu doit permettre de poser les jalons du jour d'après et nous soutenons à cet effet le plan arabe pour la reconstruction, le désarmement du Hamas et son exclusion de la gouvernance au profit d'un retour de l'autorité palestinienne. Au-delà de Gaza, c'est la perspective même d'une solution à deux États. Pourtant la seule qui puisse garantir paix et sécurité aux Israéliens comme aux Palestiniens qui se trouvent aujourd'hui remise en cause.

Face à cet impasse, la France et l'Arabie Saoudite organiseront en juin une conférence internationale sur l'établissement d'un état palestinien. Dans cette perspective, le président de la République a marqué notre disponibilité à reconnaître l'État de Palestine si la dynamique diplomatique que nous avons lancé permet d'initier processus de reconnaissance mutuelle, reconnaissance de la Palestine d'une part, normalisation avec Israël d'autre part et d'apporter les garanties de sécurité nécessaires à tous. Nous comptons sur le soutien de l'Irak dans ces efforts cruciaux pour la stabilité de la région.

Monsieur le ministre, mesdames et messieurs, fort des liens d'amitié, de respect profond qui nous unissent, nous avons à cœur d'être à vos côtés. Vous pouvez compter sur moi pour poursuivre le renforcement de nos relations dans l'intérêt de nos deux peuples. Et je vous remercie une nouvelle fois pour votre accueil chaleureux.

Yeah.

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