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InterviewC à vous (sur YouTube)· 5 février 2019 21 minContradictoireActualité / polémiqueSolidarités & familleInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesJustice

Macron : les coulisses du grand débat - C à Vous - 05/02/2019

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 35 %Attaque 45 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:22OuverteRéponse directe

    Le président casse les codes, mais trouve-t-il les mots pour convaincre ?

  • 1:40RelanceRéponse partielle

    Le président organise des marathons de débat, est-ce suffisant pour gommer la distance avec les Français ?

  • 2:19OuverteRéponse directe

    Peut-être vous êtes-vous placé trop haut, à trop longue distance de celles et ceux qui constituent la force vive de notre République.

  • 4:06OuverteRéponse directe

    Ce discours cash du Président peut déconcerter ou choquer, comment l'expliquez-vous ?

  • 6:15RelanceRéponse directe

    Le grand débat repose sur Emmanuel Macron, est-il indépendant et impartial ?

  • 7:29RelanceRéponse partielle

    Chantal Joanneau dénonce une opération de communication, qu'en pensez-vous ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:31PrésentateurFait
    « Hier pour son cinquième rendez-vous dans le cadre du grand débat national lancé le 15 janvier dernier, Emmanuel Macron s'est rendu en Essonne à la rencontre de 300 élus et responsables associatifs. »
  • 1:56PrésentateurChiffre
    « Et 6h hier dans les zones, une dans la moyenne. »
  • 9:48InvitéChiffre
    « On est au troisième acte Macron, donc il y a eu 10 milliards de proposés qui n'ont servi à rien. »
  • 10:12PrésentateurFait
    « Emmanuel Macron a affirmé que le grand débat ne se clorera pas de manière classique. »
  • 14:09InvitéChiffre
    « 474 niches fiscales dans notre pays. »

Temps de parole

  • Présentateur63 %
  • Présentateur 221 %
  • Invité5 %
  • Invité 23 %
  • Invité 33 %

1,9 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Hier pour son cinquième rendez-vous dans le cadre du grand débat national lancé le 15 janvier dernier, Emmanuel Macron s'est rendu en Essonne à la rencontre de 300 élus et responsables associatifs qui l'attendaient pour évoquer la situation en banlieue. Mais comme à chaque fois, le président s'est d'abord octroyé un détour dans une structure d'intégration et de citoyenneté. Regardez la surprise des enfants présents.

0:30
Invité

Le président joue à fond la carte de la proximité, improvisant même.

0:49
Présentateur

Un peu plus tard, une conversation avec une habitante d'Evry-Courcouronne.

0:53
Invité

Merci de nous écouter, monsieur Macron. Vous allez bien ? C'est vrai ? C'est très compliqué. Pourtant, vous avez vu, on a réduit le nombre d'enfants par classe. Oui, je sais, mais c'est compliqué, franchement.

1:19
Présentateur

Emmanuel Macron casse les codes. Mais trouve-t-il à l'occasion de ce grand débat les mots pour convaincre ? On pose ce soir la question au co-animateur du grand débat, le ministre délégué aux collectivités territoriales, Sébastien Lecornu.

1:31
Invité

Ministre, bienvenue sur le plateau.

1:40
Présentateur

On l'a vu, le président casse les codes. Il n'hésite pas à aller à la rencontre des Français en marche de ces débats. Vous organisez au dialogue avec des élus, des marathons à 7h dans l'heure, 6h40 dans le Lot, quelques jours plus tard, plus de 3h le 24 janvier devant une assemblée citoyenne de Bourg de péage. Et 6h hier dans les zones, une dans la moyenne. Certains saluent la performance, l'endurance du président. Je crois que c'est le mot que vous avez utilisé pour qualifier Emmanuel Macron. Il n'empêche, même si cet exercice en était hier à sa cinquième édition, ça ne suffit pas totalement à gommer la distance qui s'est établie entre les Français et le président.

jugé hautain et déconnecté. On écoute les élus hier dans les zones.

2:19
Invité

Peut-être vous êtes-vous placé trop haut, à trop longue distance de celles et ceux qui constituent la force vive de notre République.

2:32
Présentateur

Si vous voulez, monsieur le président, c'est un petit peu « Venez vivre notre vie de maire ». Vous connaissez l'émission « Vie ma vie ». Alors moi, je vous propose de venir vivre la vie d'un maire de grande banlieue. Je n'ai aucun doute sur votre conviction personnelle de l'importance de l'humain. Par contre, les politiques que vous faites, peut-être économiques, je n'ai pas l'impression que l'humain est toujours au centre quand c'est une variable d'ajustement pour les entreprises, pour pouvoir faire plus de bénéfices.

2:57
Invité

Si votre intelligence a compris beaucoup de choses et a eu la réponse, je voudrais que votre cœur soit absolument perçu, et absolument perçu le fait que dans nos banlieues, il n'y a pas que des problèmes, peu sans faux, il y a surtout beaucoup de solutions, mais il faut savoir les appréhender, et il faut savoir aussi leur donner leur chance.

3:15
Présentateur

Un président intelligent, mais pas forcément humain. Des reproches accentuées par les petites phrases distillées par Emmanuel Macron qui lui sont quasiment systématiquement rappelées et reprochées lors de ses échanges avec les maires, comme vous vous en souvenez à Souillac, c'était le 18 janvier dernier.

3:30
Invité

Nous avons eu M. Sarkozy, casse-toi pauvre con, nous avons eu M. Hollande, les sandans, et vous maintenant. Les salariés de Gade, des illettriques qui n'ont même pas de permis, une gare c'est un lieu où on croise des gens qui réussissent et ceux qui ne sont rien, non. Vous traitez ceux qui ne sont pas d'accord avec vous de fainéants, cyniques et extrêmes, mais on doit être nombreux. Et cette semaine, les gens en situation de difficulté, on va les responsabiliser, car il y a ceux qui vont bien et ceux qui déconnent. Mais, enfin M. le Président, il faut vraiment arrêter de jeter en pâture les plus faibles, les plus précaires, les plus démunis.

4:06
Présentateur

Vous comprenez que ce discours très cash du Président Macron puisse déconcerter les Français, les choquer, et que ça revienne systématiquement dans ce grand débat ? Mais dans les... ce que certains ont appelé les petites phrases, comme dans les échanges qu'on vient de voir à l'instant, il y a quelque chose qui est toujours le point commun de tout cela. C'est fondamentalement sa sincérité. Et de cela, on ne peut pas lui en faire le procès, me semble-t-il. Quand on regarde ces images, et moi qui aime bien l'histoire et qui aime la politique, je ne connais pas beaucoup d'images similaires sous la Vème République, tout le respect que je dois au Président précédent, à ses prédécesseurs.

On imagine mal quand même François Mitterrand accepter un discours aussi direct et aussi franc avec nos concitoyens, même Jacques Chirac, pour lequel j'ai beaucoup milité, ou Nicolas Sarkozy. Et là, fondamentalement, on revient aussi au sens de ce débat national. Ces images-là, après les images du mois de décembre, elles font du bien. Parce que ce sont des images de Français qui débattent entre eux, avec des convictions. Attention, moi je reconnais les élus qui ont pris la parole. Certains sont socialistes, n'ont jamais soutenu Emmanuel Macron, peuvent lui adresser une critique directe, d'autres sont LR. Hier, le maire Front National de Mante-la-Ville a même pu prendre la parole.

Il y avait beaucoup de maires communistes. Donc, dans les échanges qui sont là, il est bien aussi de les sourcer et les titrer. Ce sont déjà des personnes qui ne disaient pas du bien du président avant l'élection. On n'est pas là pour les convaincre, d'ailleurs. On est là pour faire nation. Il n'est pas là pour les convaincre ? Il n'est pas là pour défendre systématiquement sa politique ? Il n'est pas là pour convaincre un maire communiste du logiciel ou du projet libéral toquevillien qu'il porte depuis le début, en tout cas. Ce maire communiste aurait du mal, à mon avis, à prouver qu'il est constant dans ses convictions. Non, mais faire nation, c'est ça. C'est débattre.

Et du débat, chacun partage les contraintes et chacun cherche des solutions. Et on le voit bien, d'ailleurs. On est passé du mois de décembre la colère légitime, la contestation. Très bien. Et maintenant, on va aussi de nouveau laisser la parole aux engagés, à celles et ceux qui cherchent des solutions, que l'on soit syndicaliste, responsable associatif, politique de la ville, quartier, c'est ce que nous avons fait hier soir, élus locaux. Et là, chacun partage la contrainte. Et si vous montrez les réponses du président à ses interpellations, vous y voyez que ça fonctionne. – Ce grand débat, jusque-là, il repose essentiellement sur Emmanuel Macron.

Un débat mené de façon aussi personnelle par le chef de l'État, qui cherche à reconquérir l'opinion. Est-ce qu'il est indépendant, impartial ? – Attendez, soyons hyper clairs. Qu'est-ce qui fait qu'on a cet engouement réel quand même autour du débat ? 4 000 réunions, initiatives locales, pardon, mais enfin, la même émission, il y a un mois, vous m'auriez posé la question, est-ce que ça va fonctionner, votre machin ? Là, on peut dire que ça fonctionne, 700 000 contributions en ligne sur le site internet. Bon, je veux dire, on a quand même des chiffres qui montrent la mobilisation. Pourquoi les gens se mobilisent ?

Certes, parce qu'il y a l'État du pays, il y a la colère, il y a les attentes sur la vie quotidienne, mais aussi parce que le président de la République, il s'est engagé politiquement, dans cette lettre aux Français, à bouger, à bouger sur 35 questions. C'est l'implication personnelle du président de la République et du Premier ministre qui crée bien évidemment la mobilisation de nos concitoyens.

Si le président de la République dit, bon, je fais un débat, mais pendant trois mois, vous n'avez pas de nouvelles de moi, on ne fait rien, on ne parle pas, débattez entre vous, puis je reviendrai voir, fondamentalement, comment voulez-vous que nos concitoyens se sentent concernés et ressentent la sincérité de ce débat national ? Donc, il est logique qu'Emmanuel Macron, en tant que président de la République, participe à cela et puis on le fait. Mais pardon, vous avez cité quelques réunions, je viens de le dire, il y en a 4 000 réunions en tout.

– Il n'empêche, Chantal Joanneau, qui avait commencé à organiser ce grand débat, après avoir renoncé, dénonce, elle, une vaste opération de communication. Emmanuel Macron est entrée en campagne, a titré le monde, à peine le lancement de ce grand débat. Est-ce que certains de ce grand débat ne ressemblent pas trop à des musulmans électoraux ? – Je ne suis pas d'accord avec ça. Vous savez, c'est comme ceux qui font le procès à une chaîne d'information continue bien connue, d'avoir diffusé en direct les images des casseurs chaque samedi tout au long du mois de décembre.

Et ceux-là même, ou d'autres maintenant, critiquent la même chaîne parce qu'elle diffuserait en Gé continu les débats d'Emmanuel Macron avec les maires et les Français. Bon, je pense qu'au bout d'un moment, une fois de plus, il faut arrêter avec les petites polémiques et les propos. On parle de fond, il y a du contenu, comme pendant 5 ou 6 ou 7 heures. On ne parle pas de l'appui du beau temps. – Oui, des questions très techniques et très concrètes. – Oui, c'est la vraie vie des gens quand on parle de l'accès aux soins, quand on parle d'accès au numérique.

Quand hier, une femme mère pose la question justement sur la place des quartiers, sur les chaînes du service public, autant de sujets qui peuvent concerner tout le monde. – Mais beaucoup ne partagent pas votre engouement et notamment les gilets jaunes, Marion. – Notamment les gilets jaunes et pas que les gilets jaunes, puisque la question se pose de ce que vous allez faire concrètement de ce grand débat. Et hier, Pauline Véron, adjointe socialiste à la mairie de Paris, a justement interpellé Emmanuel Macron au sujet, souvenez-vous, du plan Borloo. – Alors moi, je voulais profiter de ce débat pour parler du grand débat justement, et de démocratie.

Et je regrette, comme certains autres de mes collègues, que le rapport Borloo, qui était un vrai exercice de démocratie participative avec les associations, avec les citoyens sur le terrain, pour répondre aux préoccupations des quartiers populaires, n'ait pas été mieux pris en compte. Donc j'espère que ce débat permettra de rouvrir la question. – Voilà, alors le parallèle fait sens, car Jean-Louis Borloo avait à la demande d'Emmanuel Macron travaillé avec plusieurs centaines d'élus et d'associations pendant six mois, suite à l'appel de Grigny, c'était en octobre 2017. Le rapport remis au printemps 2018 se voulait une réponse aux doléances des maires de banlieue.

Il a pourtant été abandonné, quelques mois plus tard. Alors est-ce que le grand débat va suivre le chemin du plan Borloo, de l'enfumage, pour reprendre une expression chère aux gilets jaunes ? Regardez, ou plutôt écoutez ce que nous en a dit hier Jérôme Rodrigues, un gilet jaune qui a été blessé à l'œil il y a une dizaine de jours. – On est au troisième acte Macron, donc il y a eu 10 milliards de proposés qui n'ont servi à rien. Il y a eu des débats qui, dans le fond, peuvent être intéressants, mais dans la forme, pas du tout. Et là, maintenant, nouvelle idée, référendum. On doit le poisson, voilà. – Vous réclarez les référendums ?

– Attendez, il a besoin d'avoir un référendum pour comprendre que les gens ont besoin de vivre décemment de leur salaire. Il a besoin d'un référendum pour comprendre que la France va mal. – Alors Emmanuel Macron a affirmé que le grand débat ne se clorera pas de manière classique, je le cite sans donner plus de détails. Ça veut dire quoi, concrètement ? – On peut enterrer de façon pas classique un grand débat. – On va rembobiner. – Pour commencer, déjà, M. Rodriguez, j'aimerais bien savoir… – C'est pour la suite qui nous intéresse dans ce cas-là.

– Non, non, parce qu'il y a des choses qui ont été dites et moi, j'ai envie de réagir, parce qu'après tout, je n'ai pas de gilet jaune, mais j'ai le droit de parler, donc je vais en profiter avec vous. M. Rodriguez, j'aimerais bien aussi qu'il nous fasse des propositions. La colère, l'état du pays… – Il en a fait dire. – Il faut organiser un débat avec les gilets jaunes. – Non, mais en effet, moi j'ai été élu maire, président du Conseil départemental. – Et Emmanuel Macron ? – Je crois que le président de la République, dans la Drôme, vous l'avez dit, a échangé directement avec des gilets jaunes. – Oui, c'était improvisé. – Oui, c'était improvisé.

– Un débat prévu, dans lequel des gilets jaunes pourraient se préparer à s'entretenir avec le président. – Un débat national, c'est le débat national. National, c'est la nation. Donc il s'adresse à la nation tout entière. À tous les Français qui portent un gilet ou qui n'en portent pas. Et je trouve ça très bien, d'ailleurs. Donc là-dessus, je pense qu'il ne faut pas caricaturer les choses. Le plan Borloo, Jean-Louis Borloo est un ami personnel, donc par définition, je n'en dirais que du bien. Mais depuis les emplois francs, personne n'en parle, pourtant on les a mis en place.

L'amélioration des moyens pour les communes qui sont dans les quartiers politiques de la ville, le fait qu'on leur redonne plus d'argent, ça s'appelle la paire-équation. – Oui, mais ce grand débat-là… – Ce que disaient les idyles concernés, c'est que justement, c'était très insuffisant. – Non, vous venez de me dire que le plan Borloo, c'était de la fumée et que tout est parti à la poubelle et que ça n'a servi à rien. – Vous n'avez pas un peu l'expression « parti à la poubelle ». – C'est pour ça que je vous réponds.

Je vous dis, depuis l'exercice de la remise du plan Borloo à l'Elysée, beaucoup de mesures, si je ne le dis pas, personne ne le dira, donc beaucoup de mesures ont été mises en application avec Julien de Normandie. Donc voilà, il faut aussi dire les choses. Et s'il y a de la colère dans le pays, c'est aussi parce que parfois on caricature toutes les initiatives qui parfois ne peuvent ne pas fonctionner. Ça, je ne dis pas le contraire. Ça, c'est autre chose. Mais plein de choses sont quand même mises en place. Plein d'argent est quand même mobilisé. Et donc notamment aussi sur les quartiers, des choses sont faites. Donc sur le débat national, pour y revenir, il y a des grands principes.

Et c'est pour ça que le président de la République s'est adressé aux Français avec cette lettre, en disant voilà, il y a quatre thèmes, quatre thèmes sur lesquels je m'engage à bouger politiquement. Ça ne veut pas dire que les autres thèmes ne m'intéressent pas. Bien au contraire, vous avez vu que les contributions sur la plateforme du site internet du Grand Débat sont complètement libres. On prend tout. On ne peut pas là aussi être beaucoup plus clair. Ça sera d'ailleurs des choses intéressantes pour la suite du quinquennat, me semble-t-il. En tout cas, moi, je le vis comme ça en tant que ministre. Mais sur ces quatre thèmes, je m'engage à bouger.

C'est-à-dire que je m'engage à la fin du débat à prendre une initiative politique, à prendre des décisions et à faire des propositions concrètes aux Français. Je vais vous dire une chose. Si ce n'est pas ça, refaire nation, justement, partager la contrainte et définir collectivement ce que l'on peut faire pour le pays, je pense que c'est un bon exercice. Ça n'a jamais été fait. C'est inédit. Et on voit bien qu'à côté de la démocratie représentative, les députés, les sénateurs, les élus locaux dont je fais partie,

12:53
Invité

on a besoin de ce retour au peuple par le débat national. Monsieur le ministre, il ne vous a sûrement pas échappé qu'une des principales revendications des Gilets jaunes, c'est l'allègement de la charge fiscale, en particulier sur les classes dites moyennes, salariés ou petits patrons. Et depuis dimanche, le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, a relancé l'idée d'un plafonnement et d'une mise sous condition de ressources des niches fiscales qui permettent souvent aux classes moyennes et aux petits patrons, par exemple, d'investir dans l'emploi à domicile ou la transition écologique, pour prendre juste deux exemples.

Le président de la République évoquait récemment la stabilité fiscale. Dès lors, je ne vais pas vous demander de vous mettre en contradiction avec le ministre des Comptes publics, mais est-ce que ça reste une bonne idée de vouloir toucher fiscalement bientôt les salariés dits de classe moyenne ?

13:44
Présentateur

Je crois bien connaître les convictions de Gérald Darmanin puisque nous sommes dans un compagnonnage politique depuis plus de dix ans, lui et moi. S'il a bien une conviction, c'est qu'il faut diminuer les impôts comme d'ailleurs il faut diminuer la dépense publique. Donc le propos qui consiste à dire, comme il l'a fait dans les colonnes du Parisien, dimanche soir, repris lundi matin, à savoir qu'il faut avoir une réflexion sur les niches fiscales, 474 niches fiscales dans notre pays. Alors forcément, quand on dit niche fiscale, on pense tout de suite aux classes moyennes qui, bien évidemment, chèques, emplois, services, etc.

Pardon, 474 niches fiscales, il y a beaucoup d'autres choses que cela. Et dire qu'il faut simplifier l'impôt, je pense que ça va dans le bon sens. Il l'a d'ailleurs fait avec succès sur le prélèvement à la source. Donc ça, avoir une réflexion sur le niche fiscale au moment où on a un grand débat national qui traite de la fiscalité, c'est évidemment le bon moment. Et puis ensuite, sur la question des classes moyennes, sur les classes moyennes ou les catégories moyennes, il n'a jamais été question de cela. En tout cas, Gérald Darmanin n'a pas dit ça dans le Parisien.

Pardon, mais réfléchir à une évolution de certaines niches fiscales, ça ne veut pas forcément dire que les impôts vont augmenter puisque cela peut se traduire par des diminutions d'impôts. Mais vous pouvez, attendez, soyons précis sur ces sujets, vous pouvez avoir une modification de certaines règles de niche fiscale et de l'autre côté, en même temps, à due proportion, avoir une diminution de la fiscalité. La question, c'est la simplification.

Est-ce que vous pensez vraiment, lorsque vous remplissez votre déclaration d'impôt sur le revenu, et encore, je prends un mauvais exemple puisque je reparle encore des particuliers, et que dans les niches fiscales, il y a beaucoup d'exemples qui concernent les entreprises, que notre système fiscal est simple. Est-ce qu'il est lisible ? La réponse est non. Donc quand le ministre de l'Action et des Comptes Publics en clair, le ministre du Budget a dit qu'il faut simplifier encore davantage et s'interroger justement sur ces questions de niche fiscale, au moment du grand débat national, c'est le bienvenu. On avait dit pas de tabou, et bien pas de tabou.

Justement, pour en revenir à ce grand débat, vous en êtes le co-animateur, le monsieur loyal. Comment ça se passe ? En coulisses, Antoine. Et oui, nous vous avons suivi, Sébastien Lecornu, hier, jour de débat avec le président. On a vu quelques images déjà. Nelson Jetten et Stéphane Chateau auront passé la journée avec vous, de votre ministère, avenue Ségur à Paris, à une salle municipale, celle d'Evry-Courcourne. Rendez-vous est donné dans votre bureau hier, bureau que vous occupez depuis le mois d'octobre et que vous avez eu le temps de décorer, enfin, un peu décorer. Ma vie quotidienne, voilà, les paraffeurs, quelques objets d'outre-mer. Ça représente quoi ?

Ça, ça pour le coup, c'est un objet traditionnel d'un artisanat polynésien. C'est une arme normalement, mais on s'en servira pas. Ça, c'est la plaque de rue d'un petit village en Normandie, qui s'appelle Meule, qui est le village dans lequel ma famille était résistant. Le sous-lieutenant Daniel Rousseau, c'est mon grand-oncle. Ça, c'est ma vareuse de réservistes dans la gendarmerie. Et ça, c'est mon écharpe de mer. Voilà, ça résume bien ma vie, en fait. Il y a du mobilier ancien dans ce bureau, pourtant, le bureau est très neuf. Est-ce que c'est pas une allégorie de vous, d'un ministre de la vieille école, dans un mouvement assez jeune, qui est la Macronie ?

Je n'ai jamais prétendu être moderne, oui. Voilà, propos plutôt étonnants pour un jeune homme. Vous avez 32 ans, Sébastien Lecornu. Passez la visite, place au travail, plus que quelques heures avant le débat que vous allez animer, comme les précédents d'ailleurs. Dernier coup d'œil au programme et au nom des intervenants. Ce document-là, il a un rapport avec cet après-midi ? Ouais, c'est un petit dérouleur qui me permet juste de voir un peu les personnes qui ont demandé un peu la parole avant. Je fais très attention à ce qu'on a un équilibre politique.

Les quatre premiers maires, c'est pas que les autres ne pourront pas parler, vous allez voir tout à l'heure que, bien au contraire, la parole sera largement distribuée. C'est pas un débat partisan, c'est un débat national. Leur prise de parole, on sait sur quoi elle va porter ? Non, du tout. Et moi d'ailleurs, je peux vous dire, ça m'est égal tant qu'ils font pas plus de deux minutes. Pas plus de deux minutes, gardez-le en tête, on va y revenir. C'est l'heure de partir, votre voiture vous attend devant le ministère. Nelson et Stéphane, eux, vous laissent travailler, ils iront ailleurs.

Et une demi-heure plus tard, vous arrivez, salle Claude Nougaro à Ivry-Courcouronne, le lieu donc de cette cinquième concertation en présence du chef de l'État. Il y a du monde, pour l'écouter, 300 élus. Et il faut les saluer tous. Bonjour, bonjour, et donc, n'oubliez personne. – Premier adjoint de la Commune Nouvelle. – Bravo, bravo, ça se passe bien ? – Bonjour, monsieur le maire. – C'est tous les normands des policiers. – Bonjour, monsieur le maire. – Vice-président, change de quoi ? – Transport, mobilité. – Bernard Janteuil, tu connais ? – Il est où d'ailleurs ? – Il est là-bas. – Monsieur le préfet de région. – Monsieur le ministre, excusez-moi.

– Ah, très bien, Marc Aguepron va parler de vous. – Bonjour, monsieur le député. – Ça va ? – C'est bon, vous êtes bien. – Ça va ? – Ça va ? – Ça va ? – Bonjour. – Mais, ça va, ça va ? – Tu vas bien, Cédric ? – Oui, tout à fait. – On se pose dans un endroit tranquille. – Oui, je pense que c'était... – Ça va me permettre de me laver les mains, et voilà. – Exactement. – Alors, se laver les mains, vous avez raison, on n'est jamais trop prudents. Le débat commence, les élus parlent, et vous, eh bien, vous répartissez la parole. Mimique et geste à l'appui.

18:31
Invité

– Merci pour votre invitation. – Oui, on a travaillé depuis très, très longtemps, mais je suis dans une France qui n'a jamais été aussi riche. – Ne donnez pas un euro, s'il vous plaît, parce que nous, les habitants, nous avons 28,5 enfants. – Les matérialisations des débats à l'informatique, où est la dynamique familiale ? Ils se représentent... – C'est une ville qui a beaucoup d'avenir. – Et de France, la s'est-elle-même, c'est le métro. – Qui abandonne nos idéaux, et renonce à notre école plus commune. – Merci beaucoup, monsieur qui nous a l'air.

18:58
Présentateur

– Voilà, belle maîtrise, dès que vous commencez à en avoir l'habitude, vous vous faites comprendre à l'oral aussi, une règle martelée, une obsession même. – On va faire ça bien. Dès lors que tout le monde respecte les deux minutes, je vous laisse la parole, mais vraiment pour deux minutes. En deux minutes. Si tout le monde respecte les deux minutes, tout le monde pourra parler. Deux minutes. Et pour deux minutes. Deux minutes. Deux minutes. Deux minutes. Deux minutes maximum. Merci, vous avez fait deux minutes, vous avez respecté la règle, je vous en suis infiniment reconnaissant pour l'éternité. – Monsieur Loyal, il est bien ? – Excellent, excellent.

Il fait respecter les deux minutes, top chrono. C'est parfait. Tout le monde a pu parler en plus. Il l'a fait avec une telle rigueur. – Comme le disait Pierre, on va vous faire présenter les victoires de la musique. – En deux minutes. – C'est Pierre Persson, qui députait la République en marche de Paris, qui vous félicite. Est-ce que les élus des autres partis sont allés vous voir aussi ? Que vous disent-ils sur la forme de ce débat après qu'il a eu lieu ? – C'est un rôle que je découvre, par définition, je n'ai jamais fait ça avant.

C'est assez ingrat d'une certaine manière, parce qu'à la fois, il faut donner satisfaction à tout le monde, jamais être humiliant, parce que les gens de bonne foi n'ont pas forcément l'habitude de parler en peu de temps. Et en même temps, il faut tenir le débat, parce que la démocratie, c'est un partage. Si vous avez dix personnes qui vous plantent la première heure trente de débat, vous êtes sûr que les dernières personnes ne pourront pas parler. Et comme le président de la République a vraiment envie que tout le monde puisse parler… – Il ne fait pas court, lui. – Lui aussi, il doit répondre en deux minutes ? – Non, lui, pour le coup, il a du temps. – C'est trop long, parfois ?

– Non, je trouve que… Attendez, le nombre de questions qu'il prend sur l'exercice avec des systèmes de synthèse où il répond à chacun, il a un mousse pour chacun, est un exercice qui demande justement, pour le coup, des capacités de synthèse, c'est mon compus dire, très fortes. Et là, il y arrive. Non, non, c'est un exercice qui est intéressant, mais qui est un peu ingrat, oui. Ça se passe bien avec les élus. Pour répondre à votre question, je les connais bien. – Au bout, jeudi, en Sud-et-Noir. – Exactement, où là, on verra des maires et surtout, on aura un grand débat avec la jeunesse de ce département, toute l'après-midi.

– Il faut rester avec nous, Sébastien Lecornus, il y a l'heure du 5 sur 5 de Maxime Switek.