Aller au contenu
Tous les transcripts
Autrefranceinfo — L'invité éco (sur Site radio)· 17 octobre 2025 10 minContradictoireMixte

Taxe sur les billets d’avion : “Il y aura des villes qu’on desservira moins ou plus” en France, prévient le directeur général d'easyJet France

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Temps de parole

  • Invité70 %
  • Présentateur30 %

≈ 2,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

France Info. Bonsoir Bertrand Godineau.

0:05
Invité

Bonsoir.

0:06
Présentateur

Vous êtes directeur général d'EasyJet en France, la première compagnie aérienne low-cost, on dit à bas coût. Merci d'être sur France Info avec nous. Ce soir, ce sont les vacances scolaires. Alors, ça veut dire que vos avions sont pleins ?

0:18
Invité

Merci de m'acquérir sur leur thème de France Info tout d'abord. Effectivement, c'est le départ en vacances, donc ça c'est une très bonne nouvelle, parce que les gens, je pense, ont besoin de s'aérer, changer les idées. L'automne commence à arriver, ça se refroidit, et donc d'aller retrouver leur famille, d'aller voir leurs amis ou découvrir de nouveaux pays. Donc, on est très contents, parce qu'effectivement, les avions sont pleins. C'est-à-dire ? Et on est à plus de 88% en moyenne de taux de remplissage, mais je regardais encore tout à l'heure sur un retour à Ajaccio la semaine prochaine pour Paris, vous n'avez plus que des places disponibles.

Donc, si vous voulez des places pour partir en vacances, il faut se dépêcher.

0:52
Présentateur

Ça veut dire qu'on a retrouvé les niveaux d'avant Covid, ça y est, c'est passé ?

0:55
Invité

Donc, au global, en fait, au niveau européen, on est même un peu au-dessus des niveaux Covid de 2019. En France, globalement, on est au-dessus sur les vols internationaux, on est en dessous sur les vols domestiques.

1:09
Présentateur

Ça veut dire que, pourtant, on entend que les Français ont des difficultés de pouvoir d'achat, mais ils continuent à dépenser pour les vacances ?

1:15
Invité

Alors, les gens ont vraiment envie de se changer d'idée, ont envie de découvrir le monde, et effectivement, le voyage est une priorité. Ce qu'on voit, c'est qu'ils sont prêts à investir sur le moyen de transport. Parfois, ils font des économies sur est-ce que je vais aller au restaurant ou pas ? Est-ce que je veux faire ma nourriture moi-même ? Et donc, l'arbitrage, il est quand même sur le fait qu'on a envie de se changer les idées aujourd'hui.

1:36
Présentateur

Donc, vous, vous tirez votre épingle du jeu. Ils ne vont pas au restaurant, mais ils continuent à prendre l'avion ?

1:40
Invité

Nous, on aimerait bien qu'ils aillent aussi au restaurant, parce que c'est assez agréable. Mais effectivement, ils continuent à prendre l'avion et d'autres moyens de transport.

1:45
Présentateur

C'est quoi ? Quelles sont les destinations les plus courues actuellement ?

1:49
Invité

Donc, en ce moment, on voit un développement très fort vers le soleil du sud, d'un côté, avec notamment le Maroc, notamment l'Égypte, qui a une très forte croissance du tourisme. Mais on voit aussi un phénomène avec des pays plus au nord, avec un développement assez fort sur l'Islande, notamment, qui plaît beaucoup aux gens.

2:08
Présentateur

Ça veut dire que ce n'est pas très cher d'aller actuellement au Maroc ? C'est moins cher que d'aller, j'en sais rien, à Biarritz, à Cannes ?

2:15
Invité

Alors, en fait, ça dépend de la période. Si vous partez finalement au réservoir au billet à l'avion, effectivement, vous aurez des billets qui seront très raisonnables. Vous pouvez avoir des vols pour le Maroc à partir de 49 euros.

2:29
Présentateur

Mais ça, il faut les prendre à l'avance.

2:30
Invité

Mais ça, il faut les prendre à l'avance. Vous avez un phénomène qui est, avec l'augmentation des taxes, que les vols domestiques sont devenus effectivement plus chers. Si vous partez l'été, par exemple, une famille de quatre qui part de Paris à Ajaccio, elle aura quasiment 300 euros de taxes sur son billet à l'avion. Et donc, ça impacte un certain nombre de vols vers des destinations domestiques, dont la Corse.

2:52
Présentateur

Elle aura plus de taxes si elle part en Corse que si elle va, par exemple, au Maroc.

2:56
Invité

Elle aura effectivement plus de taxes parce que déjà, les taxes s'appliqueront sur le vol allé et sur le vol retour. Et vous aurez en plus des taxes supplémentaires sur de la TVA, sur la taxe sur les nuisances sonores, des taxes sur de la compensation carbone spécifique qui ne s'appliqueront pas sur les vols internationaux.

3:12
Présentateur

Et c'est pour ça que, finalement, vous fermez des desserts, vous fermez des villes Toulon, des desserts Toulon, Biarritz. C'est à cause de ça ?

3:22
Invité

En fait, on s'aperçoit que la rentabilité sur ces routes-là devient assez compliquée. Et puis, l'appétence des clients est allée sur des destinations un peu plus lointaines. Donc, c'est un mélange d'offres et de contraintes fiscales également.

3:34
Présentateur

Mais, justement, en parlant du développement de ces lignes, ça veut dire que, dans les années à venir, il y a vraiment des vols que vous n'allez plus assurer, des endroits qui ne seront plus desservis ?

3:46
Invité

En fait, on le voit que, par exemple, les vols domestiques, on est revenu en France au niveau de 1985. Donc, c'est vraiment un recul de manière importante. Alors que le développement international, on a beaucoup plus de vols qu'en 1985. Et donc, tout le développement s'est fait sur l'international. Et, effectivement, il y aura des villes qu'on desservira moins ou plus. Et ce qui pose un vrai problème pour la connectivité de certaines régions françaises.

4:11
Présentateur

Et c'est pour ça que vous développez plutôt d'autres desserts puisque j'ai vu que cette semaine, par exemple, vous lanciez des lignes sur le Maroc.

4:17
Invité

Alors, on a lancé, on avait déjà des lignes sur le Maroc. On est la deuxième compagnie à Marrakech. Et, en fait, on le développe pour pouvoir adresser de nouvelles villes, notamment en France, comme Lille et Strasbourg, mais aussi d'autres villes, par exemple, comme Ambois, en Allemagne.

4:32
Présentateur

Alors, justement, vous avez beaucoup parlé des taxes. En ce moment, le gouvernement, les parlementaires vont aborder l'examen du budget. Vous craignez le coup de massue sur votre secteur ?

4:40
Invité

En fait, on a vécu cette année un accroissement massif des taxes puisque la taxe sur les billets d'avion a triplé.

4:47
Présentateur

C'est-à-dire qu'elle est passée de 2,63 euros à 7,40 euros.

4:53
Invité

Donc, ce qui veut dire ça, vous le payez à l'aller et au retour. Donc, c'est 10 euros supplémentaires. Vous avez aussi une taxe de sûreté qui a augmenté de 2 euros à l'aller et au retour. Et en fait, ces taxes-là, elles s'ajoutent déjà à l'ensemble des taxes. Donc, le secteur aérien est comprise à plus de 4 milliards d'euros de taxes en France par année. Et en fait, en rajoutant ça...

5:13
Présentateur

800 millions, 850 millions. Juste la taxe

5:15
Invité

sur les billets d'avion, c'est 800 millions, mais l'ensemble des taxes est plus de 4 milliards. Et en fait, il faut se rendre compte que ce qui est vraiment dommage, c'est que l'impact, il est sur la connectivité des régions puisque, effectivement, vous aurez toujours des vols sur Paris. Mais quand vous êtes dans des villes, comme vous le mentionniez, ça sera beaucoup plus compliqué d'avoir des vols à ces destinations-là ou vous risquez d'en avoir qu'en été sur la période touristique et donc ce qui ne permet pas aux petites entreprises ou aux gens qui veulent voyager une autre période d'y accéder.

Et en fait, ce qu'on voit, c'est qu'aujourd'hui, ça a un impact massif sur le tourisme qui a été extrêmement impacté par cette taxe et donc plus que nous, finalement, la taxe a eu un impact plus négatif que ce que ça devait rapporter.

5:53
Présentateur

En même temps, vos entreprises, elles vont bien. Vous avez de très bons chiffres. Le chiffre d'affaires d'EasyJet cette année est en progression, 10 milliards d'euros environ. Une capitalisation boursière qui est au-delà de 4 milliards, 4 milliards d'euros. Vous pouvez absorber ces taxes, non ?

6:13
Invité

En fait, la réalité, c'est quand on regarde les profits par... Enfin, c'est un domaine où on a beaucoup de passagers et très peu de marge et donc ça a une complexité. Ensuite, nous, on a développé une offre qui s'appelle notamment EasyJet Holidays qui fait qu'on vend les billets d'avion plus les hôtels et les gens, en fait, ils ne choisissent plus vraiment la destination. Ils disent, je veux aller au soleil ou je veux aller visiter une ville. J'ai ce tel budget. Où est-ce que je vais pouvoir aller ?

6:36
Présentateur

Ils prennent les packages les moins chers.

6:38
Invité

Oui, exactement. Et donc, les gens vont choisir en fonction de leurs moyens. Et on voit aujourd'hui, on a 5 millions de Britanniques qui viennent par an en France. Quand vous prenez un vol Manchester vers Paris, vous avez 80% de gens qui viennent du Royaume-Uni. Ces gens-là, s'ils ont le choix d'aller en Espagne ou en Italie, ils paieront moins cher. Et nous, et inversement, les Français, s'ils veulent partir en France, ils seront impactés par ces augmentations de taxes et donc, ils ont tendance à aller à l'étranger. Si vous prenez un vol entre Charles de Gaulle et Manchester, par contre, vous aurez 40% de Français sur ce vol-là.

7:06
Présentateur

Alors, Bertrand Godineau, vous dirigez la compagnie EasyJet en France depuis 2020. Alors, octobre 2020, quand on y pense, c'était en plein Covid et je me suis demandé mais qu'est-ce que vous êtes allé faire dans cette galère alors que vous avez pris en charge cette compagnie quand les avions, ils étaient cloués sur le tarmac ?

7:24
Invité

Alors, la première chose que j'avais vécu, j'habitais à Singapour, j'avais vécu le SRAS donc je me suis dit qui à l'époque avait duré juste quelques mois, je me suis dit ça allait être la même chose donc je m'étais trompé. Mais ceci étant dit, ça a été un challenge absolument incroyable d'arriver à, malgré des avions cloués au sol, de maintenir l'ensemble des emplois, d'investir et de pouvoir continuer et en fait, il y a quelque chose qui est tout à fait unique chez EasyJet c'est qu'on a des employés qui sont absolument passionnés par leur métier et on a...

7:52
Présentateur

J'en ai partout dans plein d'autres sociétés. Non mais rien,

7:54
Invité

vous avez quelque chose, un lien, c'est vraiment un métier passion et on a des passagers qui, l'envie de voyager n'a pas diminué et donc on est très content de pouvoir...

8:03
Présentateur

Vous bénéficiez depuis la sortie de Covid de cette envie de voyager. Justement, vous, vous avez beaucoup voyagé pendant votre carrière, vous avez été à Singapour, vous avez fait votre carrière notamment une partie dans la tech chez Apple, à Londres aussi. Quand vous voyez en tant que directeur d'entreprise aujourd'hui la situation économique de la France, ça vous inspire quoi ?

8:24
Invité

Je pense qu'il faut qu'on... Voilà, j'ai un côté optimiste, donc j'ai un côté optimiste, donc c'est un pays magnifique, c'est une destination incroyable. Par contre, il faut qu'on soit vigilant pour éviter de se rendre dans une situation où on dit aux étrangers ne venez plus aux Français et on dit aux Français partez à l'étranger dépenser votre argent. Moi, je pense qu'il faut... Donc en tant que compagnie aérienne, finalement, ça nous est presque égale. En tant que citoyen français, pas du tout. Donc moi, je...

8:46
Présentateur

Vous tirez la scène d'alarme sur le tourisme français qui, en tout cas, pâtit de certaines concurrences.

8:52
Invité

Exactement. Et donc, dire plutôt... Inciter, l'Espagne l'a fait de manière très active, fait venir les... Et est en train de devenir un pays plus touristique que la France en mettant des infrastructures, en permettant aux gens de venir. Et donc moi, j'invite le gouvernement français et les députés à effectivement favoriser un développement du tourisme sur la France. C'est une richesse incroyable. C'est un pays formidable.

9:13
Présentateur

Un petit sujet qui agace souvent vos voyageurs, les bagages. Qu'est-ce qui se passe sur votre politique de bagage ? C'est devenu de plus en plus difficile de partir avec une valise sur vos vols.

9:25
Invité

Alors, en l'occurrence, c'est devenu plutôt plus facile de partir avec vos valises.

9:28
Présentateur

Mais de plus en plus coûteux.

9:29
Invité

Peut-être un peu plus coûteux. Déjà, vous avez le choix. En fait, ce qu'on a décidé de faire il y a un peu plus de quatre ans, c'est de donner le choix aux passagers en fonction de, si vous voulez, un petit bagage à main, une bagage cabine ou un bagage en soude, de choisir ce dont ils avaient besoin. Et donc, de ne pas demander aux gens qui voyagent sans bagage de payer pour les bagages des autres. Et en fait, on s'aperçoit que ça y a beaucoup d'avantages. La première, ça permet d'être plus concurrentiel en termes de prix. Et ça permet aussi d'être avions qui sont plus à l'heure puisque vous avez 72 places pour les bagages alors que vous avez souvent 180 passagers.

Et donc, ça voulait dire qu'il fallait descendre les bagages en soude.

10:07
Présentateur

Donc, le message, c'est apprenez à voyager léger avec EasyJet. Merci beaucoup au Bertrand Godineau. Je rappelle que vous êtes à la tête de la compagnie EasyJet en France. Merci d'avoir été l'invité Éco de France Info.