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InterviewLCP (sur YouTube)· 10 mars 2026 66 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesEnvironnement & énergieTransportsInstitutions & élections

Pétrole : la guerre jusqu'à la pompe | Chaque voix compte - 10/03/2026

Au micro : Fanny GuinochetSource d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 35 %Attaque 40 %Défensif 25 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:46OuverteRéponse directe

    Quels sont les impacts de la guerre au Moyen-Orient sur les prix des carburants ?

  • 1:28OuverteRéponse directe

    Le cours du gaz a augmenté de 75% ces derniers jours. Pouvez-vous nous expliquer cette hausse ?

  • 2:48OuverteRéponse directe

    Pourquoi la flambée du baril s'est-elle répercutée si rapidement à la pompe ?

  • 6:49OuverteRéponse directe

    Thierry Bross, vous êtes d'accord pour dire que nous venons de vivre 48 heures hallucinantes avec ces cours du pétrole ?

  • 7:50RelanceRéponse directe

    Francis Pouze, vous n'avez pas l'air d'accord avec Thierry Bross sur l'influence de Donald Trump sur les cours du pétrole.

  • 8:16RelanceRéponse directe

    Si ce n'est pas grâce à Trump, comment expliquez-vous la baisse des cours hier ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:50PrésentateurFait
    « L'embrasement au Moyen-Orient a entraîné une flambée spectaculaire des prix des carburants avec un gasoil désormais à plus de 2 euros le litre. »
  • 1:28InvitéChiffre
    « Le cours du gaz s'est envolé jusqu'à 75% de plus ces derniers jours. »
  • 3:11PrésentateurFait
    « Le blocage du détroit d'Hormuz par lequel transite un litre de pétrole sur cinq perturbe grandement le trafic mondial. »
  • 4:21InvitéChiffre
    « Conséquence du blocage, les cours du pétrole s'envolent, le baril a même tutoyé les 120 dollars. »
  • 5:21InvitéChiffre
    « Depuis le début de la guerre, c'est le gasoil qui a augmenté le plus rapidement, plus 15%. »
  • 6:54PrésentateurFait
    « On vient de vivre 48 heures absolument hallucinantes avec ces cours du pétrole, avec un baril qui dépasse les 115 dollars hier matin. »
  • 8:36InvitéChiffre
    « On est passé dans la nuit au pire à 119 vers 3 ou 4 heures du matin, 119 dollars hier. »
  • 10:23InvitéFait
    « Il y a ce verrou du détroit d'Hormuz, mais si ce verrou saute, en fait, il faut quand même rappeler qu'avant cette crise, on était dans une situation où on était suralimenté en pétrole. »
  • 10:40InvitéChiffre
    « 20% du pétrole mondial transite par ce détroit d'Hormuz. »
  • 12:04InvitéChiffre
    « 20 millions de barils par jour qui manquent. »
  • 13:39InvitéChiffre
    « L'Arabie Saoudite, la 10 ce matin, elle a la capacité de rerouter 6 millions par son pipeline. »
  • 14:55InvitéFait
    « On a commencé la journée sur une tendance baissière qui a continué jusqu'à à peu près il y a une heure. »
  • 16:23InvitéChiffre
    « On importe, en ce moment, à peu près 20 à 30% de gasoil. »
  • 21:18InvitéFait
    « Ça permettrait de bloquer les prix au niveau auquel ils étaient avant ce qu'on observe là qui sont en vérité des mécanismes de spéculation. »
  • 21:51InvitéFait
    « Je suggère qu'il y ait une forme de chèque énergie comme il y a eu un chèque bois qui permettrait là de cibler les ménages les plus modestes. »
  • 29:16InvitéChiffre
    « Un litre d'essence, il y a 60% de taxes sur un litre. »
  • 33:05InvitéChiffre
    « La hausse du cours du gaz est montée jusqu'à 75% ces derniers jours depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. »
  • 36:26PrésentateurFait
    « On l'a vu au moment de la guerre en Ukraine. Il n'y a pas de stock stratégique de gaz. »
  • 36:56PrésentateurFait
    « On a essayé de réduire beaucoup nos approvisionnements de Russie. Donc on a développé le GNL. »
  • 38:10PrésentateurFait
    « La Maison-Blanche s'inspire fondamentalement des récits et des scénarios que vous pouvez trouver dans les jeux vidéo. »
  • 38:26InvitéChiffre
    « Call of Duty a été vendu à 500 millions d'exemplaires dans le monde. »
  • 40:00PrésentateurFait
    « Il avait complètement réduit à néant le dispositif nucléaire iranien. »
  • 42:15PrésentateurFait
    « Les pluies du mois de février ont entraîné une recharge exceptionnelle des nappes phréatiques en France. »
  • 42:27PrésentateurFait
    « La France a connu un mois de février le plus pluvieux depuis 1959. »
  • 44:35InvitéFait
    « Avec un budget de 3 millions d'euros, impossible de supporter ces dépenses. »
  • 44:47InvitéChiffre
    « 55 brebis ont dû être déplacées. »
  • 45:30InvitéChiffre
    « La région Bretagne estime à 225 000 euros le montant des dommages dans le secteur de Malais-Trois. »
  • 47:42InvitéChiffre
    « On est un peu en dessous des 300 millions d'euros de dégâts. »
  • 48:10InvitéChiffre
    « Le risque de sécheresse aujourd'hui, c'est en gros 1 milliard d'euros par an. »
  • 52:20InvitéChiffre
    « Il y a une taxe GEMAPI qui est plafonnée à 40 euros. »

Temps de parole

  • Présentateur75 %
  • Invité6 %
  • Invité 26 %
  • Invité 35 %
  • Invité 43 %

1,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:24
Présentateur

Bonsoir à tous et bienvenue dans Chaque Voix Compte sur LCP. Je suis ravie de vous retrouver pour une heure de décryptage de l'actualité et de débat en direct de l'Assemblée nationale. Avec pour m'accompagner ce soir, Fanny Guinochet, journaliste à France Info. Bonsoir Fanny. Bonsoir. Et bonsoir Olivier Ravanello. Merci à tous les deux d'être là. C'est parti pour le sommaire avec à la une ce soir dans Chaque Voix Compte, la guerre de l'essence. L'embrasement au Moyen-Orient a entraîné une flambée spectaculaire des prix des carburants avec un gasoil désormais à plus de 2 euros le litre. L'exécutif cherche la parade pour adoucir la facture, mais jusqu'où vont grimper les prix ?

Les stations-services profitent-elles de cette crise ? Nous en parlons ce soir avec vous Francis Pouze. Bonsoir. Bonsoir. Vous êtes le président national des distributeurs de carburant du syndicat Mobiliens. Merci d'être là aux côtés de Céline Antonin. Bonsoir. Bonsoir. Vous êtes économiste à l'OFCE. Et bonsoir Thierry Bross. Bonsoir. Professeur à Sciences Po et spécialiste des questions énergétiques. Merci à tous les trois d'être là pour parler de ce sujet hautement concernant pour nous ce soir. Fanny, vous allez nous parler d'une autre énergie, vous ce soir, le gaz. Effectivement, le cours du gaz s'est envolé jusqu'à 75% de plus ces derniers jours.

Donc vous voyez, c'est un chiffre astronomique. Olivier, quelle histoire allez-vous nous raconter ce soir ?

1:39
Invité

L'histoire de ces jeux vidéo qui inspirent très directement la façon dont Trump raconte sur les réseaux sociaux la guerre en Iran.

1:47
Présentateur

Dans la deuxième partie de chaque voix compte, place à la question qui fâche. Nous avons choisi ce soir de retourner dans les régions inondées il y a un mois par des crues historiques. L'eau et les caméras sont parties. C'est maintenant le temps des assureurs et des devis pour les sinistrés et pour les communes qui se posent tous la même question. Qui va vraiment payer ? Eh bien, nous en débattrons tout à l'heure avec Benoît Biteau qui est député écologiste de Charente-Maritime, un des départements les plus touchés par ces crues. Amandine Richaud-Crambe sera avec nous également. Elle est ingénieure en environnement et urbaniste.

Et Olivier Moustakakis qui est assureur et porte-parole directeur général d'Assureland. Vous pouvez vous aussi interroger nos invités sur les inondations ou sur les carburants. Ou nous faire part de vos réflexions. Tout simplement, vous flashez le petit QR code qui est là tout au long de l'émission. Et vous connaissez notre stratégie. C'est Olivier Ravanello qui se charge de nous transmettre tous vos messages avec sa tablette magique. On n'oublie pas les municipales. Le premier tour, c'est dimanche dans cinq jours. Journal de campagne tout à l'heure présenté par Marco Pommier. Voilà pour le menu de ce soir. Installez-vous confortablement. Chaque voix compte, c'est parti.

On sait que c'est un sujet hautement inflammable parce qu'il touche notre quotidien, nos déplacements, notre portefeuille. Le prix de l'essence est à nouveau au cœur de toutes les discussions au 11e jour de la guerre au Moyen-Orient. Le blocage du détroit d'Hormuz par lequel transite un litre de pétrole sur cinq perturbe grandement le trafic mondial. Les cours du baril ont d'ailleurs connu des variations spectaculaires au cours de ces dernières heures. Tiens, on a trouvé des champions à Paris. La station la plus chère affiche ce soir un litre de gasoil à 2,60 euros et même 2,69 euros pour le sans-plomb. Deux minutes pour comprendre avec Maïté Frémont.

3:44
Invité

Ces derniers jours, les explosions se sont succédées à Téhéran. Cette fois-ci, des dépôts pétroliers attaqués par l'armée israélienne. Oh là là, c'est pas possible ! Les Iraniens aussi prennent pour cible des complexes pétroliers, dont les pays du Golfe, comme hier cette raffinerie à Bahreïn. L'objectif de Téhéran est de perturber l'approvisionnement mondial en hydrocarbures, déjà mis à mal par le blocage du détroit d'Hormuz, où 200 pétroliers sont immobilisés. L'essentiel du problème, le nœud de l'enjeu, c'est le détroit d'Hormuz et c'est le marché global. Conséquence du blocage, les cours du pétrole s'envolent, le baril a même tutoyé les 120 dollars.

Un marché du brut qui s'affole, même s'il suffit d'une phrase de Donald Trump pour rassurer. Sur l'Iran, vous avez dit que ce serait fini bientôt. Est-ce que vous pensez que ce sera terminé cette semaine ? Parlez-vous de jour ? Non, mais bientôt, je pense. Bientôt, très bientôt. Des marchés financiers qui reprennent leur souffle, mais du côté des citoyens, c'est l'inquiétude. Eh bien là, on ne va plus toucher la voiture bientôt. Car les prix flambent. Le litre, il est à combien ? Il est à 2,16 euros. Ça fait cher. Ça fait cher. Partout sur le territoire, les prix à la pompe ne font qu'augmenter. La barre des 2 euros, le litre est dépassé jusqu'à 2,60 euros à Paris.

Et déjà, des pénuries comme ici à Marseille. On voit que à la station, apparemment, il n'y a plus de carburant. Ça va être compliqué. Pour nous, les transporteurs, si on n'a pas de carburant, pas de livraison. Depuis le début de la guerre, c'est le gasoil qui a augmenté le plus rapidement, plus 15%. Sur le site du gouvernement, cette carte en temps réel des stations les plus chères et celle qui affiche les prix les plus bas, avec des écarts parfois de près de 1 euro. Ils sont là-bas, mes enquêteurs. On va les voir. Alors, pour éviter les abus, opération commando de la part du gouvernement.

S'il y a un constat d'une non-loyauté sur l'application entre le prix du totem et le prix sur le site, il y a une sanction. Depuis hier, 500 stations-services sont contrôlées. Michel-Edouard Leclerc se défend. Ça a quelque chose d'assez délirant d'aller montrer le pompiste ou le garagiste du coin, d'aller dire « je surveille ces marges », alors que vous voyez bien que c'est à travers toute l'Europe et même les États-Unis, c'est des stocks de produits raffinés. Les consommateurs se ruent à la pompe, mais aussi pour remplir leur cuve. Chez ce premier site de commande de fioul, le téléphone n'arrête pas de sonner.

6:25
Présentateur

On a fait 440 commandes en une journée, donc le lundi, qui est le jour. En fait, le lundi, c'est un jour très fort de commandes, alors qu'on en avait fait 152 la semaine d'avant.

6:38
Invité

Aujourd'hui encore, au Bangladesh, au Vietnam ou encore en Angleterre ou en Allemagne, ils sont des milliers à s'être rués dans les stations essence. Et certains pays prennent déjà des mesures.

6:49
Présentateur

Thierry Bross, vous êtes d'accord avec moi pour dire qu'on vient de vivre 48 heures absolument hallucinantes avec ces cours du pétrole, avec un baril qui dépasse les 115 dollars hier matin, qui redescend dans la soirée d'environ 30% ? Non, je pense que c'est la volatilité sur les matières premières. C'est une journée un peu spéciale, mais elle n'est pas extraordinaire. On a vu des jours où le pétrole a été plus volatile. Ce qui peut-être est extraordinaire, c'est finalement le poids qu'a le président Trump sur les cours du pétrole.

Parce que finalement, il est capable à lui tout seul, et ce que beaucoup d'hommes politiques rêveraient, de le faire baisser le prix par une phrase comme vous l'avez évoqué dans votre reportage. Non, les matières premières sont volatiles. Il faut vivre avec et il faut imaginer des systèmes où soit le consommateur accepte cette volatilité, soit il peut être protégé d'une façon ou d'une autre. Mais la volatilité des matières premières, c'est la façon dont le système est construit puisque c'est le baril marginal qui fixe le prix de tous les barils.

– Francis Pouce, vous n'avez pas l'air d'accord avec les propos de Thierry Bross sur le fait que quand Donald Trump parle, les cours du pétrole tremblent. – Évidemment, il a une forte influence sur le prix du baril, mais j'ai remarqué hier parce qu'en ce moment, je suis presque chaque demi-heure le prix du cours du baril. Et en fait, hier, les cours du baril avaient déjà commencé à descendre avant même que M. Trump parle. Donc c'est un peu facile de dire que c'est grâce à lui. Moi, je ne suis pas tout à fait sûr. – Alors si ce n'est pas grâce à lui, comment vous expliquez le début de la descente du prix hier ? – Alors ce qu'on a remarqué à chaque fois, là en plus, ils ont frappé un week-end.

Ce qu'ils ont déjà fait d'ailleurs, et je pense que c'était peut-être pour amortir l'effet pétrole. – Parce que la bourse est fermée. – On est passé dans la nuit, voilà, les bourses sont fermées le samedi et le dimanche. On est passé dans la nuit au pire à 119 vers 3 ou 4 heures du matin, 119 dollars hier. Et on est vite redescendu parce que passé cet émoi, j'allais dire, les investisseurs se rendent compte quand même que du pétrole, il y en a encore et encore sur les marchés internationaux. Donc c'est une redescente normale qui est due à une flambée exceptionnelle dans la nuit.

– Redescente aussi parce que peut-être hier, il y a eu une réunion des pays du G7 disant si ça se bloque, on lâchera quelques réserves éventuellement. En tout cas, il y a eu un début et on mettra donc sur le marché du pétrole pour justement envoyer le signal que l'on ferait peut-être des investisseurs. – On parle des stocks stratégiques, mais la fonction première des stocks stratégiques, c'est de répondre à une crise, crise majeure. – Oui, on en parlera tout à l'heure, mais est-ce que, juste sur… – Non, on essaie de comprendre à la fois cette volatilité, cette flambée soudaine d'hier, est-ce que le fait d'envoyer un signal en disant… – On étudie la question ?

– Voilà, on envisage l'option des stocks stratégiques, ça envoie aussi un message de… – Mais il faudrait un envoi massif de produits raffinés sur, par exemple, au moins le territoire européen pour que ça fasse bouger le fameux plat, ce qui est la cotation Rotterdam, là je parle de l'Europe, qui est la cotation Rotterdam des produits finis, et en particulier sur le diesel.

10:03
Locuteur

– Céline Antonin ?

10:03
Présentateur

– Oui, mais alors je pense que c'est un peu une combinaison, c'est-à-dire qu'à la fois, même si aucun des éléments n'est l'événement qui a expliqué le passage d'un prix à 119 dollars, une descente de près de 20 dollars, je pense que chaque élément a contribué à la fois le discours de Trump, à la fois la situation réelle du pétrole, parce qu'effectivement il y a ce verrou du détroit d'Hormuz, mais si ce verrou saute, en fait, il faut quand même rappeler qu'avant cette crise, on était dans une situation où on était suralimenté en pétrole, c'est-à-dire qu'il y avait une offre largement excédentaire, on avait plus de 3 millions de barils le jour supplémentaires, donc en fait, voilà, c'est vraiment ce détroit qui pose problème, comme vous l'avez dit dans le reportage.

– Oui, on rappelle, 20% du pétrole mondial transite par ce détroit d'Hormuz, Thierry Bross, est-ce que le contrôle de ce détroit, ce n'est pas en fait l'arme la plus redoutable de l'Iran ? – Oui, mais on le savait, enfin moi j'ai été responsable de la sécurité des approvisionnements de la France il y a une vingtaine d'années, on sait tous que le détroit d'Hormuz, c'est le risque majeur, le risque systémique, et c'est pour ça que je pense que Trump a un plan B, c'est-à-dire qu'il a évoqué assez rapidement qu'il voulait escorter les tankers, le président Macron a aussi dit la même chose, donc on voit bien que…

– Enfin, à la différence qu'Emmanuel Macron a parlé de cette option quand la phase la plus chaude du conflit sera passée, donc pas aujourd'hui. – Non, pas aujourd'hui, mais on voit bien que la marine américaine va d'abord essayer de nettoyer ce détroit pour faire passer quelques tankers, et puis ensuite effectivement… – Je vous interromps, ça veut dire quoi nettoyer le détroit ?

– C'est-à-dire, il va falloir enlever les mines s'il y en a, il va falloir essayer de ne plus avoir de drones, et puis il va falloir escorter les navires, c'est ce que Trump dit, et donc j'imagine que ça c'est possible et que ça sera fait assez vite, parce qu'autrement, si vous n'avez pas ça, c'est pas 100, c'est pas 120, c'est très au-delà de 150 dollars, parce que quand il vous manque 20% de votre pétrole, vous n'avez aucun moyen de récupérer ces volumes qui vous manquent. – 20% du pétrole mondial, mais le pétrole européen dépend du marché mondial. – Oui, alors c'est vrai que c'est quand même un marché mondial qui joue sur les prix, je suis d'accord.

En termes d'approvisionnement, on est peu dépendant du détroit d'Hormuz, mais par contre, évidemment, s'il vous manque 20% sur le marché mondial, les prix vont augmenter.

– Oui, parce que, donc il faut rappeler que c'est un marché mondial, donc effectivement, tout ce qui se passe dans le détroit d'Hormuz, même si nous, en fait c'est l'Asie qui est essentiellement approvisionnée par le pétrole qui justement transite par ce détroit, la Chine, le Japon, donc tous les pays du bloc asiatique, mais effectivement, nous-mêmes, on est touchés par répercussions et en fait, ce qui pose problème dans ce détroit, c'est que déjà, un, je pense que c'est compliqué de nettoyer les mines, de s'assurer vraiment une vraie sécurité. – S'il y en a, parce que pour l'instant, on ne sait même pas si le détroit a été miné.

– Oui, mais à l'endroit le plus réduit, il faut voir que c'est 30 km, donc c'est vraiment rien, c'est un goulet d'étranglement. Et par ailleurs, en fait, le problème de ce détroit, c'est qu'on est bordé par des pays qui sont des gros producteurs, l'Arabie Saoudite, le Koweït, les Émirats, l'Irak, l'Iran, et en fait, le problème, c'est aussi qu'il n'y a pas de voie alternative, parce qu'à la limite, on pourrait se dire, il y a un oléoduc qui traverse l'Arabie Saoudite, pourquoi pas passer par là, mais en fait, il a une capacité qui est restreinte et on ne peut pas tout faire passer par là. – Et en contournant l'Afrique ?

– Alors ça, c'est autre chose, c'est-à-dire que c'est pour le pétrole qui ensuite passerait par le canal de Suez ou par l'Afrique, mais le détroit d'Hormuz, c'est vraiment un endroit particulier où vous avez ces 20 millions de barils jour et moi, j'avais calculé qu'on a à peu près 8 à 10% de pétrole que vous n'arriveriez pas à détourner. Donc voilà, c'est pour ça que c'est un...

– Oui, c'est à peu près ça, c'est 20 millions de barils par jour qui manquent, l'Arabie Saoudite, la 10 ce matin, elle a la capacité de rerouter 6 millions par son pipeline, 20 moins 6, ça vous fait 14, et si on remet un peu des stocks stratégiques, on ne peut pas en remettre plus de 4, ça fait 10 millions qui vous manquent et 10 millions, vous ne faites pas l'équilibre mondial. Donc 10 millions, c'est une crise majeure énergétique – Donc une pénurie ? – Économique, oui. Et d'ailleurs, vous voyez que dans certains pays pauvres, parce que c'est comme ça qu'il faut appeler les choses, vous avez déjà des pénuries.

Parce que quand on dit ça ne touche que l'Asie, c'est un peu facile parce que rappelez-vous ce qui s'est passé en 2021, quand Poutine nous a coupé le gaz, ça a touché le Bangladesh, le Pakistan, qui n'ont pas pu avoir de gaz et qui ont eu des blackouts parce que nous, riches, avons rerouté les cargaisons de méthane. – Non, non, je suis d'accord. Et en plus, je pense que ça ne touche pas que l'Asie. Disons que c'est vraiment ceux qui se fournissent essentiellement pour lesquels le pétrole transite beaucoup par ce détroit. Mais à la limite, la Chine ne s'entend pas trop mal avec l'Iran. Donc ce n'est pas forcément…

J'allais dire, les quelques pétroliers qui pourraient passer sont finalement ceux qui seraient destinés à la Chine. Et par ailleurs, Téhéran a juré cet après-midi que plus aucune goutte de pétrole ne sortirait du Moyen-Orient jusqu'à nouvel ordre. Est-ce que d'ailleurs, vous qui suivez minute par minute la courbe des cours du pétrole, est-ce que ça a fait bouger les choses, cette déclaration de l'Iran ? – Absolument pas. On a commencé la journée sur une tendance baissière qui a continué jusqu'à à peu près il y a une heure. Donc les annonces datent de il y a deux, trois heures au moins, je crois. Donc là, par contre, à l'inverse, ça n'a pas eu pour l'instant de répercussions.

– Alors, pardon pour cette question béotienne, mais les automobilistes qui nous regardent, je suis sûr, se la posent aussi. On est tous étonnés de la rapidité avec laquelle la flambée du baril s'est répercutée à la pompe. Pardon, mais on a du mal à comprendre. J'ai toujours entendu qu'il y avait, en général, deux semaines entre la hausse du baril et la hausse à la pompe. Et là, ça a mis deux jours. – Alors, je vais vous dire, moi aussi, le premier, j'étais étonné et je déclarais il y a encore dix jours que je ne m'attendais pas à une hausse aussi rapide.

En fait, ce qui s'est passé, ce qu'il faut comprendre, c'est qu'on a le fameux baril de pétrole que tout le monde scrute, avec d'ailleurs à côté la valeur aussi de l'euro par rapport au dollar, qui joue dans l'équation. Mais en fait, derrière, c'est le marché Rotterdam, qu'on appelle le platz, qui est une cotation de chaque produit fini. Je m'explique. Vous avez, une fois raffiné, ces produits arrivent sur le marché. Pour le sans-plomb, on est autosuffisant en Europe. Donc, on ne fait appel à aucune source d'approvisionnement extérieur. On est autonome. On a vu la hausse, c'est la semaine dernière, 8 centimes de plus sur le sans-plomb. En revanche, sur le gasoil, on en manque.

On en manque depuis, entre autres, la guerre en Ukraine, où on s'est coupé des approvisionnements russes de diesel qui étaient de l'ordre de 20%. Et on importe, en ce moment, à peu près 20 à 30% de gasoil. À partir du moment où vous allez chercher le gasoil raffiné ailleurs, dans des pays qui ont des contraintes d'approvisionnement, puisqu'ils ne reçoivent plus des pays du Golfe. Forcément, le marché mondial du gasoil, spécifiquement, monte. Et c'est ce fameux platz Rotterdam qui est l'indice prix de l'ensemble de nos fournisseurs. Donc, ça explique pourquoi, malheureusement, on a eu 25 centimes de hausse sur le gasoil versus 8.

Et je tiens à signaler que c'est une situation qu'on avait déjà depuis quelques semaines. On avait déjà un gasoil qui était au même prix que le transport. Olivier, je crois qu'il y a une question téléspectateur qui est dans cette même thématique. Oui, qui rejoint un peu ce débat. C'est Jean-Jacques qui nous la pose et qui se demande si la baisse va être immédiatement impactante sur les prix,

17:14
Invité

aussi vite à la baisse que ça l'a été à la hausse. Ou est-ce qu'il n'y a pas, au milieu de ça, malgré tout, là, ce que vous décrivez, c'est un marché parfaitement libre, transparent et fair.

17:25
Présentateur

Est-ce que tous les acteurs de ce secteur en période de crise sont fairs ? Est-ce qu'il n'y a pas aussi des gens qui font des provisions et qui profitent de cette augmentation ? Je représente les distributeurs de carburant, les pompistes, j'aime à dire. Ces pompistes ont des capacités de stockage très limitées, dans un sens comme dans un autre, d'ailleurs. Donc, on ne peut pas faire... En moyenne, on a un à cinq jours de stock en station service. Donc, on ne peut pas faire de stock sur deux mois. J'entendais hier un auditeur d'une radio qui disait qu'ils ont des stocks de trois mois. Ce n'est absolument pas vrai.

Parce que déjà, ça coûte très cher, le carburant, et que vous le payez quasiment comptant. Donc, ce n'est pas chez nous qu'il y aurait quelque chose. Mais ça surprend toujours tout le monde. Mais ce fameux platz, hors élément exceptionnel, et on le vérifiera, je pense, sur le sans-plomb par rapport au gasoil, a une variation qui suit vraiment les cours du baril, hors élément exceptionnel, encore une fois. C'est-à-dire que le gasoil, on est un peu déconnecté. Et on verra si la baisse est durable, parce que là, on a effectivement perdu une quinzaine de dollars. On verra très certainement, rapidement, un effet à la pompe. Céline Monsonin ? Oui, je suis d'accord avec ce qui a été dit.

Non, mais puisque tous les automobilistes qui sont allés à la pompe aujourd'hui ont entendu que les prix du baril avaient rebaissé, ils ont vu que ça avait monté très vite, ils s'attendent à ce que ça rebaise très vite. Oui, alors je suis d'accord. Alors, ce qu'il y a, c'est que ce n'est pas des variations journalières, il faut que j'allais dire, c'est plutôt des variations hebdomadaires qu'on sent véritablement à la pompe. Mais alors, ce qu'il faut aussi rappeler, c'est qu'en fait, le pétrole, il augmente depuis le début de l'année. Donc, c'est vrai que déjà, depuis janvier, vous aviez une hausse tendancielle, on a pris, on va dire, 10 à 15 dollars.

Donc, en fait, il y a aussi ça qui se superpose. Alors, même si, bien sûr, là, on a un épiphénomène, en fait, on était plutôt dans une tendance un peu haussière parce qu'on commençait à avoir une prime de risque liée à l'Iran. Et même avant que la guerre se déclenche, on avait déjà un début de prime de risque. Et puis, forcément, les... Oui, Thierry ? Oui, deux choses. D'abord, on voit bien sur le diesel que c'est la dernière cargaison de diesel qui fixe le prix. Et c'est parce qu'elle vient de pays étrangers et qu'elle a fait monter le prix du diesel, premièrement.

Deuxièmement, je ne pense pas que ça va descendre si vite parce que le diesel vient de l'étranger et vous avez de plus en plus de pays qui raffinent, qui ont décidé d'interdire les exportations. La Chine, par exemple, vient de décider d'interdire les exportations. Donc, je ne suis pas sûr. Il peut y avoir des profits de guerre. Ça, ça a toujours existé. Mais sur ce cas-là du diesel, je ne suis pas sûr que la baisse soit attendue dès la semaine prochaine. C'est bien la distinction entre les... Oui, oui. Et peut-être un exemple, justement, parce qu'on en a beaucoup parlé au moment de la guerre entre la Russie et l'Ukraine.

Vous aviez des pays, par exemple, comme l'Inde, qui importaient du pétrole que nous, nous nous étions interdits d'importer puisqu'ils venaient de Russie, qui le raffinaient et qui nous le vendaient à prix élevé. Et donc, ils réalisaient une grosse marge puisqu'ils achetaient leur pétrole russe décoté et puis ils raffinaient les produits. Donc, à ce niveau-là, on était un petit peu le dindon de la farce. En attendant que les prix baissent, il y a aussi ce que les États peuvent faire.

Entre matières premières, taxes et coûts de distribution, le prix du carburant en France dépend de plusieurs variables et le gouvernement tente de juguler sa flambée avec peu de leviers pour agir dans un contexte budgétaire forcément contraint. Katia Gilder. La France est à la manœuvre, mais pas encore décidée à puiser dans ses réserves stratégiques de pétrole l'option numéro un.

20:38
Invité

Nous avons souhaité travailler plus loin pour se préparer à toute éventualité. Nous avons demandé à l'Agence internationale de l'énergie de commencer à travailler sur des scénarios, d'actualiser évidemment ces données de stock et qu'on puisse éventuellement commencer à travailler sur des quantités qui pourraient être libérées.

20:56
Présentateur

Une réponse dans le cadre du G7 et pas d'aide publique pour l'instant. C'est le choix du gouvernement. Mais le sujet s'est déjà invité dans le débat politique et chacun y va de sa solution. À gauche, certains veulent un blocage des prix de l'énergie. La députée LFI Aurélie Trouvé a déposé une proposition de loi pour appliquer cette mesure en cas de choc économique majeur.

21:18
Invité

Ça permettrait de bloquer les prix au niveau auquel ils étaient avant ce qu'on observe là qui sont en vérité des mécanismes de spéculation. Et c'est la seule solution qui permet de protéger le pouvoir d'achat des Françaises et des Français.

21:30
Présentateur

Geler les prix, pas question pour le Rassemblement national. Jordan Bardella propose, lui, de baisser les taxes sur le carburant et de passer la TVA de 20% à 5,5%.

21:41
Invité

Au-delà des clivages politiques, certains plaident pour la distribution d'un chèque énergie au plus modeste. Je suggère qu'il y ait une forme de chèque énergie comme il y a eu un chèque bois qui permettrait là de cibler les ménages les plus modestes qui ont besoin d'être accompagnés dans ce moment-là.

22:00
Présentateur

Un coup de pouce direct au ménage soutenu par le député du camp présidentiel

22:05
Invité

Marc Ferracci ou encore par l'ancien Premier ministre Michel Barnier.

22:09
Présentateur

Bon, pour l'instant, le seul levier que la France a activé, c'est cette campagne de contrôle des prix. Est-ce vraiment utile, Céline Antonin ? Oui, en tout cas, moi, je pense que ça a une vertu. Moi, je crois dans les vertus du signal prix. Alors, par exemple, par rapport aux options de blocage des prix qu'on évoque, auxquelles, moi, je ne suis pas favorable, parce que je pense que le prix est un signal, c'est-à-dire que les consommateurs font leur choix dans un environnement où certains prix augmentent, d'autres diminuent et qui doivent se positionner par rapport à ça.

Donc, effectivement, dans ce contexte, je pense que d'assurer, par contre, une concurrence et d'assurer le prix le plus juste et une juste concurrence entre les producteurs et les distributeurs, en l'occurrence, c'est une bonne chose. Thierry Bross ? Moi, je suis tout à fait pour le signal prix. Par contre, est-ce qu'on a besoin de contrôler ? Alors, soit on revient à l'URSS et moi, je veux bien, et donc on contrôle tout, soit on laisse le marché libre. Les prix sont libres. Et concurrentiels. Je ne vois pas trop l'intérêt d'envoyer X ministres, Y fonctionnaires faire quelque chose que le consommateur peut très bien faire. Le consommateur peut voter avec sa voiture.

23:07
Invité

Il y a eu des mesures prises par Bruno Le Maire au moment du Covid sur la crise énergétique. Il ne sortait pas du politburo, Bruno Le Maire, pour autant.

23:16
Présentateur

Non, et puis on n'est pas obligé de contrôler par des ministres, c'est-à-dire qu'il y a une autorité de la concurrence qui doit contrôler les prix. Oui, mais là, c'est de la mise en scène. Oui, on est d'accord, c'est de la mise en scène. Oui, oui, tout à fait. Mais par contre, le fait qu'il y ait une autorité de la concurrence, une des GCCRF qui contrôlent les prix, c'est une bonne chose. Oui, mais ça devrait se faire de façon... Oui, bien sûr. Ça n'a pas besoin d'être dit... Ah oui, d'être mise en scène.

Michel-Edouard Leclerc a critiqué ses contrôles en disant que ce n'est pas là qu'il faut aller chercher, il faut aller en amont dans les raffineries, demander aux raffineurs pourquoi ils ont répercuté tout de suite cette inflation. Et puis il n'y a pas de Michel-Edouard Leclerc ? Non, il explique que c'est l'amont qu'il faut aller voir. Les raffineurs ? Puisque les différents grossistes sur le marché libre, ce sont des grossistes plus ou moins importants sur le territoire qui ne dépendent pas forcément d'un pétronnier ou des grandes surfaces. Rappelons quand même que les grandes surfaces ont leur centrale d'achat.

Donc ils négocient en gros du prix du pétrole, enfin de l'essence ou du gasoil qu'ils achètent. Donc il y a peut-être aussi chez eux à regarder quel est le prix auquel ils achètent le carburant. Parce que Bercy veut en fait aller vérifier lors de ses contrôles que les prix déclarés sur la plateforme prix-carburant.gouv.fr sont fidèles à ceux qu'on trouve à la pompe quand on est un automobiliste. Nous, on a regardé cet après-midi sur ce site et on constate que certaines stations en fait ne renseignent pas automatiquement leur prix. Si on prend l'exemple de la station soi-disant la moins chère en ce moment qui serait à 1,60€ le litre, en fait c'est un relevé qui date d'il y a 8 mois.

Alors, est-ce que, non mais pardon, c'est vraiment une expérience toute bête à faire. Et là on est en plein Paris avec des coûts d'exploitation très importants. Le principe du renseignement des prix sur la plateforme prix-carburant.gouv.fr c'est obligatoire pour toute station qui réalise plus de 500 m3 annuel de vente. D'accord, mais comment vous expliquez alors qu'il y a certaines stations qui n'ont pas renseigné ce prix depuis 8 mois ? Je pense que connaissant la situation à un petit peu des stations parisiennes, leur volume... Mais c'est pas à Paris, je crois même que c'était dans les Deux-Sèvres. Ou même ailleurs, leur volume est en train de déclin.

Si elle tombe en dessous des 500 m3, 500 000 litres annuel, elle n'a plus l'obligation de déclarer ses prix. En revanche, effectivement, à partir du moment où on a l'obligation, je suis le premier et on a relancé nos adhérents sur le sujet, il faut mettre à jour et les prix et les ruptures, c'est aussi une obligation. Alors parmi les leviers, les pistes envisagées par l'exécutif, il y a donc ces fameux stocks stratégiques, à les puiser dans les stocks stratégiques. Céline Antonin, est-ce que c'est la solution ? Alors je ne dirais pas que c'est la solution.

Le fait de donner cette option, c'est quand même un moyen de, disons pour les pays occidentaux, de dire qu'ils ont les moyens un peu de contrer, disons, une crise pétrolière. Mais alors, ça ne peut jamais durer très longtemps, c'est-à-dire que ça a déjà été fait lors de précédentes crises. Bon, je veux dire, ça ne peut avoir qu'un impact. Parce que les stocks stratégiques de la France, ça représente combien de jours de consommation ? Il y a une obligation, l'Agence internationale de l'énergie, voilà, fixe à 90 jours le montant de jours de stocks que chaque pays doit posséder, donc membre de l'Agence internationale de l'énergie.

Je vous dis, c'est plutôt le signal que ça peut envoyer, mais par contre, il est évident que si on a un des trois qui est bloqué pendant plusieurs mois, ça va... En moins, ça ne suffira pas, enfin 90 jours. Thierry Bross, à qui ils appartiennent ces stocks stratégiques ? Alors, ça dépend des pays. Certains, ils appartiennent à la puissance publique. Certains, ils appartiennent à des opérateurs. C'est 90 jours d'importation nette, effectivement, minimum. En France, ça appartient à l'État ? Non, c'est une... C'est une opérateur. C'est gérée par la sagesse. Voilà. Gérée par la sagesse, c'est joliment dit. C'est gros.

Mais ces stocks stratégiques, il faut quand même expliquer que ce sont des stocks tournants. Ce sont les opérateurs qui ont l'obligation de garder X % dans leur cuve. Donc, quand vous dites les opérateurs, c'est les grands groupes pétroliers. Voilà. Ou les indépendants dont on parlait tout à l'heure, les grossistes indépendants. Et dans les dépôts, ils doivent garder une proportion de carburants bloqués qu'ils ne peuvent pas vendre. D'accord ? Mais ce carburant, il est remplacé jour après jour par du carburant au nouveau prix. Donc, on ne va pas chercher un diesel qu'on a stocké alors que le baril était à 20 dollars pendant le Covid. pour le mettre sur le marché.

C'est la question que j'allais poser à Thierry Brost. C'est-à-dire, qu'est-ce qui se passe ? Qui peut décider de les débloquer ? Et que se passe-t-il quand on les débloque ? On les vend à quel prix ces stocks stratégiques ? Alors, d'abord, ces 90 jours d'importation nette, c'était essentiellement du brut. Et aux États-Unis, ce n'est que du brut. C'est dans des cavernes en Louisiane. Pour les Européens, on a été, pour une fois, malins. On a décidé qu'on allait faire et du brut et des produits pétroliers. Et le stock, puisque vos produits pétroliers ne restent pas identiques, ils se dégradent avec le temps. Donc, vous êtes obligés de faire...

Oui, du coup, ça devient du vieux gasoil avec du dépôt au fond. Mais le pétrole, lui, il est là depuis, pour certains, depuis 1973, depuis qu'on a mis ça en place. Pour ce qui est qui a la main ? Eh bien, ce n'est pas la France. C'est l'Agence nationale d'énergie puisque ce qu'on a fait dans les années 1973... Après le choc pétrolier. Après le choc pétrolier, c'est de se dire qu'on allait faire une assurance collective et donc on allait tous, chacun mettre 90 jours nets d'importation et si on voyait qu'il y avait un problème, on allait tous décider ensemble de remettre une partie de ses stocks Mais ça ne peut pas être une décision souveraine. Ça ne peut pas être une décision nationale.

Ça ne peut être une décision souveraine que si vous avez plus de 90 jours. C'est une décision souveraine, par exemple. Qui n'est pas le cas de la France. Alors, la France, on a un tout petit peu plus mais c'est très faible. Le Japon, par exemple, a 180 jours. Donc, le Japon a une décision souveraine. Les États-Unis, c'est souverain. Puisque tout leur appartient. Je voudrais qu'on avance sur les autres pistes. Céline Antonin, vous me disiez, vous, la baisse des taxes que réclament notamment le Rassemblement national et Jordan Bardella, vous n'y êtes pas favorable. Disons que la baisse des taxes, c'est vrai qu'à chaque crise pétrolière, on voit...

Je rappelle qu'un litre d'essence, il y a 60% de taxes sur un litre. C'est vrai qu'il y a une vraie question puisque, effectivement, quand vous payez un litre d'essence, en termes de fiscalité, vous avez la TICPE, donc la taxe intérieure sur la consommation des produits énergétiques qui a un droit d'accise qui fait à peu près 60 centimes. Sur le gaz et au litre. 67 sur les salles. Exactement. Et ensuite, vous avez la TVA à 20% qui va s'appliquer sur le prix hors-taxe et sur ce droit d'accise. Et donc, vous avez même une taxe sur la taxe puisque vous avez aussi une TVA sur ce droit d'accise. Donc, au total, vous le dites, ça fait à peu près 60%. C'est beaucoup.

Et en même temps, la France a fait aussi ce choix parce qu'on est dans une perspective de transition énergétique. C'est l'idée de rendre l'énergie la moins carbonée possible et d'aller vers une transition énergétique le plus possible. Le commissaire européen à l'énergie a recommandé cet après-midi aux États qui en ont les moyens de baisser les taxes sur l'énergie, en particulier sur l'électricité, pour compenser la hausse de l'essence. C'est faisable, ça ? Et ça a du sens ? Alors, moi, ce qui me semble en plus compliqué, c'est que, par exemple, si on parle de taxes, tout ça est régi. Par exemple, la TVA, vous ne pouvez pas la baisser comme ça.

C'est-à-dire que c'est une TVA à 20% qui s'applique à taux normal parce que la TVA à taux réduit ne s'applique que pour des produits de première nécessité et dont, a priori, les carburants ne font pas partie. Donc, de toute façon, pour moi, c'est un choix qui doit être pris déjà à l'échelle européenne. Je pense que c'est compliqué d'avoir une décision totalement... Pour l'instant, c'est une recommandation du commissaire européen. Oui, tout à fait. Alors, je ne sais pas. Peut-être qu'il y a des mesures dans ce sens, mais je vous dis, en même temps, ça reviendrait aussi à dire que, quelque part, la transition passe au deuxième... Oui, alors, la taxation, c'est souverain.

Pour le pétrole, l'État a décidé d'exister à 60% et donc, c'est un produit de luxe. Très bien. Donc, ça, c'est une décision. On ne peut pas tous les jours changer. Donc, moi, je suis d'accord. C'est un signal pris. Par contre, sur l'électricité, oui, c'est un bien de première nécessité. Ça ferait longtemps qu'on aurait pu mettre ça à 5,5%. Mais, effectivement, l'État français ne peut plus. L'État français n'a plus d'argent. C'est ça, le problème. L'État français, et s'il fait ça, il va avoir sa note encore chutée, le coût de la dette encore augmenté, etc. Soit l'État français essaye de remettre... Les contribuables aussi. Pardon ? Les contribuables aussi, si vous avez...

Ce que se disent aussi les automobilistes aujourd'hui, c'est que qui profite de la hausse ? Les premiers à en profiter, c'est les caisses de l'État, en fait. C'est l'État, oui. Pour la partie TVA. Oui, pour la partie TVA. Parce que ce qu'il faut voir aussi, c'est que quand vous avez de l'inflation énergétique, de manière générale, ça a quand même un impact aussi sur la croissance, puisque, par exemple, vous avez 10% de hausse du prix du baril, ça vous fait, en moyenne, on va dire, 0 à 1 point de croissance en moins.

Et donc, ça veut dire moins de recettes pour l'État, et puis vous allez avoir de l'inflation, donc il va falloir indexer les salaires, il va falloir indexer les minimas sociaux, donc ce n'est pas une opération qui est forcément très gagnante pour l'État, non plus. Si vous prenez tout en même temps, bien sûr, la TVA... Et puis, par ailleurs, le problème d'une baisse de taxes, c'est que ça va concerner tout le monde, et pas forcément les moins aisés. Il y a aussi... En 2022, la remise à la pompe, c'est 8 milliards. 7 milliards et demi. Oui, 7 milliards et demi. Moi, je suis à 500 millions près, Francis Pouce. Ça a coûté 7 milliards et demi aux finances publiques. Ça.

Pour une mesure qui n'était pas ciblée et qui, en fait, effectivement, vous le disiez, alors en plus, il n'y a pas qu'une question de richesse pour la question... Là, en l'occurrence, c'est vraiment une question aussi ruraux, urbains, ménages contraints versus ménages non contraints. À la limite, c'est plus cette question-là que la question de la richesse elle-même, parce qu'en fait, sociaux, par exemple, sont indexés. Donc, en termes d'inflation, les ménages qui, par exemple, touchent un minimum social vont voir effectivement ce minima indexé, alors que ce n'est pas le cas pour des ménages de la classe moyenne.

Et puis, si vous roulez à l'essence et qu'en plus, vous vous chauffez au gaz, c'est la double peine ce soir, Fanny Guinochet. On parle beaucoup des prix du pétrole, mais le cours du gaz a littéralement flambé. 75 %. La hausse du cours du gaz

33:05
Invité

est montée jusqu'à 75 % ces derniers jours depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. Pour vous donner un ordre d'idée, les cours du gaz pour une livraison en avril 2026 sont passés de 32 euros

33:16
Présentateur

le mégawatt-heure le 27 février, ça, c'était juste avant le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, à 56 euros lundi. Alors, c'est redescendu un peu depuis parce que les cours du gaz sont indexés sur ce, suivent ceux du pétrole. Vous voyez toutefois qu'on est très très loin de ce qu'on a connu en 2022, juste après le début de la guerre en Ukraine. Alors, c'est vrai que la flambée actuelle, elle est notamment due à l'arrêt de la production de gaz naturel liquéfié, le fameux GNL, qui est transporté par navire et qui passe par le Qatar et qui pèse 20 % du marché mondial.

Alors, je le disais, c'est que quand même, on a tendance, on a vu aujourd'hui exactement comme le prix du pétrole, un reflux. Alors, est-ce que c'est la parole de Donald Trump ? Est-ce que c'est la réunion qui dit qu'on pourrait piocher dans les réserves stratégiques ? C'est certainement, comme vous le disiez, une combinaison de ces éléments. Mais, par exemple, ce matin, en quelques heures, on perdait 15 à 20 % du prix. Mais les marchés restent quand même ultra fébriles. Et oui, parce qu'en fait, on n'a pas beaucoup de visibilité, ça fait le yo-yo. En attendant, 10 millions de Français de foyers sont abonnés au gaz. Alors, il y a ceux qui vont avoir la hausse et ceux qui ne l'auront pas.

Alors, je vous explique, 40 % des Français ont des contrats qui sont des abonnements à taux fixe. Ils doivent être contents de les avoir ce soir. Quel que soit le niveau, les yo-yo que feront le cours, le prix ne changera pas pour eux. En revanche, 60 % ont des abonnements avec des coûts variables. Alors là, il faut espérer que la baisse des prix du gaz, des cours du gaz se prolonge. vous le verrez certainement

34:59
Invité

sur la facture du mois de mai. Alors, l'autre bonne nouvelle quand même, entre guillemets, c'est qu'on est en sortie de l'hiver, il fait plutôt doux et qu'il y a moins de demandes sur le gaz.

35:10
Présentateur

Avec un hiver qui a été plus dur que celui d'avant et un niveau de gaz qui est inférieur à ce qu'était l'hiver dernier. On pourrait attendre un peu pour remplir nos réserves, mais si on commence après le mois de juin, ça va être compliqué. C'est peut-être ce que vont faire ceux qui sont au fioul, mais les stocks à venir, c'est pour les stocks à venir que ça va être compliqué. Voilà,

35:31
Invité

c'est justement le souci qui arrive, c'est la question des stocks parce que certes, c'est bien maintenant, mais il faut penser

35:37
Présentateur

à l'hiver prochain, faire des réserves et que là, eh bien, tout va dépendre des prix. Alors, même si on le voit sur le gaz, certes, je le disais,

35:47
Invité

la zone concernée est importante pour le GNL, mais il se pose aussi la question, un peu comme pour le pétrole, est-ce que du côté, on va se tourner vers le gaz russe, lever quelques sanctions pour fluidifier le marché et permettre qu'il y ait un peu plus de gaz qui soit présent sur le marché, c'est un vrai sujet.

36:08
Présentateur

Mais peut-être que sur le gaz, quand même, il faut rajouter un élément, c'est que sur le pétrole, nos prédécesseurs avaient imaginé les stocks stratégiques et ce qui permet de faire peut-être trouver une solution. Sur le gaz, quand même, on peut dire que les législateurs européens, français et autres n'ont rien fait depuis 15 ans. On l'a vu au moment de la guerre en Ukraine. Il n'y a pas de stock stratégique de gaz. On l'a vu au moment de la guerre en Ukraine, on s'est retrouvé sans gaz, hyperdépendant. Et on est aujourd'hui exactement dans la même situation 5 ans après. Donc on peut dire qu'au niveau européen, on n'a pas fait grand-chose au niveau travail.

On a juste changé quand même nos importations. Mais pas par choix, par obligation. Et on est aussi sur un marché qui est très tendu parce qu'on s'est privé en plus assez rapidement. On a essayé de réduire beaucoup nos approvisionnements de Russie. Donc on a développé le GNL et c'est vrai que c'est aussi une contrepartie qui fait qu'on est un peu sur le fil du rasoir. Donc toute rupture d'approvisionnement est assez coûteuse. Merci à tous les trois d'être venus en parler aussi simplement ce soir dans chaque Voix Compte. On aura forcément l'occasion de s'en reparler dans les prochains jours, n'est-ce pas ? Dans un instant, toute autre chose.

On va reparler des inondations historiques du mois de février. Qui va payer la facture ? Là aussi, on parle d'argent. Désolée. On en débat avec nos trois prochains invités. Mais avant cela, c'est quelle histoire ? Et c'est Olivier Ravanello. Alors Olivier, Donald Trump tourne depuis quelques jours autour de l'idée d'un arrêt prochain de son opération militaire en Iran. Le conflit est bientôt fini, a-t-il dit il y a quelques heures. Sauf que côté israélien, le son de cloche n'est pas exactement le même. La campagne, d'après Benyamin Netanyahou, devrait durer encore trois ou quatre semaines. Comment expliquer cette dichotomie ?

37:57
Invité

Les buts de guerre ne sont pas les mêmes. Leur rapport à la guerre n'est pas le même entre les deux pays parce que le récit de la guerre n'est vraiment pas du tout le même. La Maison-Blanche s'inspire fondamentalement

38:08
Présentateur

des récits et des scénarios que vous pouvez trouver dans les jeux vidéo et on l'a vu sur les premières images qui ont été postées sur les réseaux sociaux de la Maison-Blanche. Des jeux vidéo qui aujourd'hui ont un impact beaucoup plus important que le cinéma. Le jeu le plus populaire Call of Duty a été vendu à 500 millions

38:27
Invité

d'exemplaires dans le monde. Quand vous imaginez le temps passé qui se compte parfois

38:32
Présentateur

en jours, en semaines, voire en mois pour certains joueurs, vous imaginez l'impact que ça a sur les esprits. Et c'est donc assez logiquement que la Maison-Blanche utilise ces scénarios. Regardez une vidéo qui a été postée il y a quelques jours seulement. Vous le voyez, les images réelles de bombardements sont mélangées avec celles du jeu. La musique que vous entendez derrière moi aussi

39:04
Invité

est la musique originale.

39:06
Présentateur

C'est pas vous qui l'avez ajouté, cette musique, c'est la Maison-Blanche.

39:08
Invité

qui a été rajoutée ni par moi ni par la Maison-Blanche, c'est celle du jeu. Et au fond,

39:15
Présentateur

ce que ça donne comme image, c'est que la guerre est relativement déshumanisée, il n'y a pas de victimes. C'est pour l'essentiel du matériel qui explose et de grandes gerbes de feu. Ce qui montre aussi une autre approche de cette guerre, c'est cette image arrêtée qu'on a soulignée. Vous voyez l'utilisation de la MGB dans le jeu. La MGB, c'est la bombe massive guidée qui dans le jeu Call of Duty est proposée aux joueurs, une fois qu'il a traversé toutes les épreuves, remporté tous les tableaux, c'est une sorte de récompense, la bombe absolue qui va régler tout le problème et qui fait qu'à la fin, il gagne.

C'est exactement le récit que nous a fait Trump en juin où en disant qu'après avoir utilisé 14 bombes hyper puissantes, il avait complètement réduit à néant le dispositif nucléaire iranien. On sait ce qu'en était la réalité. Vous pensez que ça façonne vraiment les esprits ? Des scientifiques bien plus intelligents que moi évidemment aux Etats-Unis travaillent sur ce sujet. À partir des années 2000, le Pentagone s'est rapproché des industries du jeu et du cinéma à Hollywood. Des studios ont été créés. Ils ont alimenté

40:21
Invité

les scénaristes de ces jeux en quantité de détails techniques très précis sur la géographie des zones de guerre, sur les armes utilisées, sur les tactiques, sur les stratégies utilisées

40:31
Présentateur

par les militaires, ce qui font que ces jeux vidéo sont d'un réalisme absolument incroyable. Certains chercheurs pensent même qu'il y a une forme aujourd'hui de complexe militaro-entertainment,

40:42
Invité

c'est-à-dire que progressivement, des esprits commencent à être façonnés. Là où le cinéma, il y a eu énormément de films de guerre, mais vous voyez les héros qui étaient confrontés à la guerre, à sa dureté, à la souffrance, et ça mettait en avant les qualités de courage, d'abnégation de ces héros.

41:01
Présentateur

Là, dans cette nouvelle esthétique de la guerre, tout est beau, tout est magnifié. En quelque sorte, la guerre, ça devient cool. Et sur l'Iran, est-ce que ça a un effet, cette communication ? En tout cas, il y a là aussi une volonté de rapprochement dans le jeu Battlefield 3 qui a été vendu, excusez du peu, à 10 millions d'exemplaires. Le scénario, c'est d'aller en Iran pour détruire les sites nucléaires iraniens avec des bombardements qui partent de porte-avions, des chasseurs-bombardiers qui pilonnent le pays. Ça, ce jeu-là, il a été mis en vente il y a une quinzaine d'années.

Donc ça fait 15 ans que des millions de personnes jouent à ce jeu, connaissent tous les détails stratégiques de ce qui se passe et des enjeux stratégiques de ce qui se passe en Iran. En fait, vous n'avez pas besoin de faire de discours politique pour expliquer pourquoi vous faites la guerre en Iran. C'est dans l'esprit de tout le monde depuis 15 ans. Game over. Merci, Olivier. On passe à la question qui fâche. Figurez-vous que dans toute cette actualité, nous avons trouvé une bonne nouvelle aujourd'hui. Alors, ne boudons pas notre plaisir. Les pluies du mois de février ont entraîné une recharge exceptionnelle des nappes phréatiques en France.

C'est ce que vient d'annoncer le Bureau de recherche géologique et minière cet après-midi. La situation des nappes phréatiques est excédentaire sur les trois quarts du pays. Il faut dire que c'est vrai que la France a connu un mois de février le plus pluvieux depuis 1959 avec le défilé de toutes ces tempêtes. Et c'est cru historique sur la moitié ouest. Et on voulait savoir ce soir ce que devenaient les communes sinistrées maintenant que l'eau et les caméras se sont retirées. Illustration ce soir à Malétroix, commune de 2500 habitants dans le Morbihan, inondée pendant plus d'un mois. C'est un reportage signé Martin Bornet et Eva Billon.

42:54
Invité

Vu du ciel, voici à quoi ressemblait la commune de Malétroix pendant un mois. Des terres inondées, complètement submergées par les eaux. Depuis quelques jours, l'ouste a retrouvé son lit. Mais pour les habitants, le calvaire n'est pas fini.

43:10
Présentateur

Vous voyez, c'est resté mou, il va falloir que je fasse nettoyer tout ça.

43:15
Invité

Denise vit en bord de rivière. Presque chaque année, sa cave se retrouve sous l'eau, mais cette fois, la crue est inédite.

43:22
Présentateur

L'eau est allée jusque là et puis elle est descendue très vite. Donc ça n'a pas fait trop de gaz. Après, 15 jours après, elle est revenue plus haut. Mais là, elle a mis beaucoup de temps à descendre et elle a laissé plus de saleté. C'est resté 7 semaines, c'est rouillé. Je ne peux plus ouvrir la porte et je ne peux plus aérer parce que les vasistas qui aéraient sont fermés.

43:44
Invité

Des dizaines de maisons inondées, d'expertise en cours dans les habitations, mais aussi à l'extérieur, avec des routes détruites.

43:52
Présentateur

Avec le courant des inondations, ce parking s'est complètement creusé

43:58
Invité

jusqu'à 50 cm par endroit. Les équipes de la mairie enchaînent les diagnostics avec les entreprises pour chiffrer les coûts. Déjà plusieurs dizaines de milliers d'euros.

44:09
Présentateur

Il y a un délai de latence sur les dégâts qu'on peut avoir sur les inondations. parce qu'on a des routes qui, aujourd'hui, semblent être en état. Mais on sait que sur les prochaines semaines, les prochains mois, quand la terre en dessous va sécher, on va avoir des phénomènes de fissuration de ces routes-là.

44:30
Invité

Un coût énorme pour cette petite commune de 2 500 habitants. Avec un budget de 3 millions d'euros, impossible de supporter ces dépenses. Alors la mairie attend d'être reconnue en état de catastrophe naturelle. Comme cet agriculteur, sa ferme a été encerclée par les eaux. 55 brebis ont dû être déplacées. Les pompiers arrivaient avec la barque. On en mettait 6 par barque. Et les conséquences sont terribles pour ces bêtes et son activité. On a des pertes économiques parce que du coup, on a plus de mortalité. On voit déjà que tous les annulages n'ont pas été faits mais on a déjà plus de pertes que les autres années. On n'a pas de laine à valoriser alors qu'on comptait la valoriser.

Pour l'heure, Romain Vince n'a aucune prise en charge des assurances. Il envisage même de faire appel à un financement participatif. On n'est qu'avec des dépenses alors qu'on n'a pas de rentrée. Alors que si on est catastrophe naturelle, on arriverait à avoir déjà rien que d'indemniser les personnes qui sont venues nous aider au pied levé pour transporter les bêtes. La région Bretagne estime à 225 000 euros le montant des dommages dans le secteur de Malais-Trois. Alors la question qui fâche la voici. Qui va payer la note et comment notamment les petites communes peuvent-elles s'en sortir ?

45:46
Présentateur

Et cette question nous la posons ce soir à Benoît Biteau. Bonsoir. Bonsoir madame. Député écologiste de Charente-Maritime. Merci d'être là aux côtés d'Amandine. Henri Chaucrambe. Bonsoir. Vous êtes ingénieur en environnement et urbaniste. Merci d'être là. Et Olivier Moustakakis. Bonsoir. Vous êtes le directeur général d'Assurlande. Vous êtes vous-même assureur. Benoît Biteau, ce qu'on vient de voir là à Malais-Trois, vous, il se trouve que vous êtes député de Charente-Maritime. Ça a été un des départements les plus touchés par ses crues. Je crois que vous êtes resté pendant 10 jours en vigilance rouge aux crues, ce qui est absolument exceptionnel.

Quelle est la situation aujourd'hui des sinistrés et on pense notamment à ceux de Sainte ?

46:23
Invité

Ils sont un peu dans la même situation que cette dame. C'est-à-dire que là, aujourd'hui, l'eau recule, l'eau retourne dans le lit de la Charente

46:31
Présentateur

et on retrouve son logement dévasté par une durée d'inondation qui a été très longue. Et donc, on a les meubles, on a les aménagements, les cloisons, enfin, tout est imbibé d'eau et donc, les dégâts sont effectivement assez incroyables. La mairie de Sainte a lancé hier un appel à l'aide pour héberger des familles sinistrées qui n'ont toujours pas regagné leur logement aujourd'hui. Il faut les héberger pendant 6 mois, le temps de remettre leur maison en état. 6 mois ? Oui, parce que là,

47:02
Invité

on va mobiliser des artisans qui sont à l'os parce qu'ils sont sollicités de partout. Donc là, on est sur une zone géographique où des inondations, il y en a eu partout.

47:12
Présentateur

Et donc, tous les artisans ont un carnet de commande extrêmement important. Il y a aussi les experts d'assurance qui doivent venir vérifier et constater les dégâts et tout ça allonge le calendrier. Et donc, effectivement, avant que certains logements, même si l'eau a quitté le logement, redevienne à nouveau habitable, il faudra un certain délai. Olivier Moustak, à qui c'est vous qui êtes assureur ? D'abord, est-ce que les assureurs sont aujourd'hui capables de chiffrer le coût global des inondations de février ? Est-ce que vous avez un chiffre arrêté aujourd'hui ?

47:42
Invité

Alors, il y a eu quelques communications aujourd'hui sur les inondations qui ont eu lieu. On est un peu en dessous des 300 millions d'euros de dégâts. Pour vous donner un comparable, les inondations qui avaient touché le nord de la France, qui s'étaient échelonnées sur deux années, il y avait eu plusieurs mois d'inondations, on avait eu un chiffrage à 450 à peu près millions d'euros. Ce sont des sommes importantes qui sont paradoxalement pas si importantes que ça quand on les compare à d'autres risques. Typiquement, le risque de sécheresse aujourd'hui, c'est en gros 1 milliard d'euros par an.

48:14
Présentateur

Dans ces 300 millions, il y a quoi ? Comment se découpe ce chiffre ?

48:18
Invité

C'est toutes les habitations qui ont été sinistrées. Il y a eu déjà des expertises qui ont été diligentées. On peut faire des expertises aussi à distance. Tout dépend de la nature du dommage et de l'importance des dommages. L'expert n'est pas obligé de se déplacer sur site. Il faut attendre que l'eau se retire, bien évidemment. mais on peut faire des télé-expertises à distance. C'est un premier chiffrage qui a été communiqué par France Assureur et la CCR.

48:42
Présentateur

Il y a, vous le disiez, des experts qui se déplacent ou non. Mais combien d'experts sont encore aujourd'hui mobilisés ? Parce que je lisais cet après-midi qu'en Gironde, certains sinistrés attendent encore les experts.

48:52
Invité

Le vrai sujet sur les inondations, c'est qu'il faut attendre que l'eau soit entièrement retirée pour pouvoir intervenir. Tant qu'il y a de l'eau, malheureusement, il n'y a pas de chiffrage possible. Et après, en effet, vu l'importance des habitations ou le nombre des habitations qui ont été touchées, même si les assureurs ont déjà préempté certains experts pour les faire intervenir, malheureusement, les journées ne font que 7 heures pour pouvoir faire les expertises. Donc, en effet, il y a des délais qui se rallongent.

49:20
Présentateur

Amandine Richo-Cambre, quand on a parlé de ces inondations au mois de février, on notait leur intensité mais surtout leur durée. C'est-à-dire qu'il y a des communes qui sont restées dans l'eau pendant plusieurs semaines. Ça provoque quel genre de dégâts trois semaines plus tard aujourd'hui ? Est-ce qu'il y a les dégâts, ce qu'on voit à la télévision, on voit l'eau, on voit l'eau qui monte, mais une fois qu'elle est repartie ?

49:44
Invité

Une fois qu'elle est repartie, c'est la lampe décrue et c'est aussi le raclage qui va y avoir nécessaire parce qu'il y a l'eau mais il y a aussi les bouts qui sont déposés, il y a aussi les débris

49:53
Présentateur

qui sont déposés et comme on l'a vu dans le reportage, on va avoir surtout les effets quand ce sera plus sec où il va y avoir de la dilatation et le rétractage des sols et là, on va voir apparaître des fissures ou dans les bâtiments, alors là, on s'est parlé des routes dans le reportage, mais on va avoir aussi un problème sur les infrastructures des bâtiments, pas uniquement des habitations mais aussi toutes les zones en fait commerciales, d'entreprises et autres qui sont extrêmement touchées puisque sont la plupart du temps dans des zones inondables. Et ces dégâts à retardement, ils sont indemnisés ensuite ? Comment ça se passe ?

Je lisais cet après-midi des habitants de Sainte qui disaient en fait, là, on ne fait pas de travaux parce que de toute façon, c'est en train de pourrir. Ça, c'est une question qui est aussi de est-ce qu'on peut continuer à habiter certaines zones et là, c'est un autre coup qui va être des coups de préemption, des coups de déplacement et autres. Vous avez notamment, un monsieur parlait des inondations qu'il y avait eues dans le nord, donc dans la vallée de l'Aa. Il y a des habitants un an et demi plus tard qui ne pourront toujours pas et qui ne vont pas regagner leur habitation puisque les bâtiments sont à risque en fait aujourd'hui. Donc, on se retrouve avec...

À risque de s'effondrer à cause de l'humidité

51:10
Invité

dans les murs ?

51:10
Présentateur

Oui, entre autres et surtout, il y a des risques aussi de répétition d'inondations. Donc, ça ne sèche jamais. C'est incessant en fait. Sainte, c'est régulier ce type d'inondations et ça, c'est une problématique qui est notamment liée au changement climatique. Là, on a eu un événement particulièrement important lié aussi aux chaleurs qu'il y a pu avoir. On compte quand même qu'il y a 10% de l'eau, des précipitations qui viennent du réchauffement climatique aujourd'hui. Ça a été calculé par Météo France et vous avez les problèmes d'aménagement du territoire. On en parlera certainement après.

Benoît Biteau, de nombreux maires de l'Ouest reprochent à l'État de leur avoir confié en fait la gestion des digues depuis 2024 en échange d'un pouvoir de lever un nouvel impôt qui s'appelle la taxe GEMAPI. C'est 40 euros, je crois, par an et par habitant pour financer ces digues. Est-ce que l'État doit récupérer cette gestion des digues et ne pas la laisser à des communes, enfin, à des intercommunalités en l'occurrence qui sont à l'os ? C'est plus grave que ça. C'est-à-dire qu'effectivement, la compétence GEMAPI a été confiée en général aux établissements publics de coopération intercommunale et communautés de communes. Ils peuvent lever l'impôt.

Il y a une taxe GEMAPI qui est plafonnée à 40 euros, vous avez raison, mais qui ne suffit pas. C'est-à-dire que, et j'en profite puisque Amandine m'a tendu la perche, on a un vrai sujet d'aménagement du territoire et là, l'État ne pourra pas s'exonérer. C'est-à-dire que ce qu'on a fait depuis plusieurs décennies, y compris sur les zones agricoles, on a toujours aménagé le territoire pour que l'eau parte toujours plus vite à la mer. Et donc, on a arraché les arbres, arraché les haies,

52:46
Invité

on a recalibré les cours d'eau pour en faire des autoroutes de l'eau et on remplit toujours plus vite le tuyau pour expédier l'eau toujours plus vite. Et à un moment donné, ça déborde.

52:56
Présentateur

C'est-à-dire que ce qu'il faut qu'on fasse, c'est le mouvement exact inverse de celui qu'on a fait depuis 40 ou 50 ans et savoir accueillir à fortiori sur fond des règlements climatiques, accueillir l'eau quand elle est en abondance comme en ce moment, la retenir, la ralentir, la laisser s'infiltrer, recharger les nappes et c'est une information importante que de dire que quand on sait retenir l'eau, les nappes se rechargent

53:17
Invité

plutôt que de vouloir toujours l'expédier au plus vite et toujours penser que c'est des solutions technosolutionnistes comme faire des méga-bassines pour collecter l'eau quand elle est en excès pour les mettre dans des bâches. Le meilleur stockage, c'est de l'eau souterraine et donc il va falloir que l'État reprenne la main

53:35
Présentateur

parce que ce n'est pas la taxe de GEMAPI qui va permettre aux collectivités de réaménager le territoire. Il faut qu'on repense les sujets bassin versant par bassin versant, qu'on retrouve des zones d'épandage de crues et il y a une subtilité de vocabulaire et moi j'y suis très attaché. Une crue,

53:49
Invité

c'est une très très bonne nouvelle parce que c'est ce qui recharge les nappes, parce que c'est ce qui ramène de la fertilité au sol, parce qu'on a besoin de cette eau pour les milieux aquatiques, on bascule sur les inondations qui elles sont des très mauvaises situations parce qu'elles impactent les zones aménagées,

54:07
Présentateur

les zones habitées, les zones aménagées en zone artisanale, zone commerciale. Là c'est désastreux et ce qu'on doit faire c'est savoir accueillir

54:17
Invité

les crues pour éviter les inondations et si on sait faire ça, on saura aussi mieux gérer la sécheresse parce que inondation et sécheresse sont les deux phases de la même pièce en vérité et donc si on sait accueillir l'eau catalée abondante à forcerie dans un contexte de dérèglement climatique où le régime pluviométrique est extrêmement perturbé, qu'on sait recharger les nappes parce qu'on aura su accueillir les crues qui ne deviennent pas des inondations, on saura aussi mieux gérer les situations de sécheresse qui coûtent énormément cher aux assureurs parce que la sécheresse ça coûte beaucoup plus cher que l'inondation.

54:48
Présentateur

Quand ça coûte cher aux assureurs, ça finit par coûter cher aux assurés surtout.

54:51
Invité

Non mais c'est surtout la récurrence, c'est ce que disait Amandine, c'est-à-dire que la récurrence, à Sainte,

54:57
Présentateur

on a des crues centenales tous les dix ans. Donc c'est plus des crues centenales. Amandine Richo-Cambre, est-ce qu'on est en pleine campagne des municipales ? C'est un enjeu aussi pour les élus locaux ? Est-ce que vous avez l'impression dans les débats auxquels vous pouvez assister qu'on s'est vraiment emparés de cette question sérieusement ? On parlait tout à l'heure des zones qui deviennent inhabitables. C'est plus largement en fait. On voit que même si au niveau local, la question écologique et environnementale est traitée, elle ne l'est dans tous les cas pas assez. Et pas assez sur les questions des règlements climatiques.

Et là, sur les inondations, c'est plus large encore puisque c'est des compétences qui sont multiples. Donc c'est des compétences de bassin versant, c'est des compétences de syndicats d'eau mixtes. C'est vraiment très large. Et malheureusement, en fait, c'est une politique globale qu'il faut avoir. On ne peut pas dire qu'on va régler ce problème des inondations parce que ce n'est pas comme ça qu'on va le régler. Il faut régler le problème de l'aménagement du territoire. Il faut régler le problème aussi

55:54
Invité

de la fiscalité territoriale qui entraîne justement l'expansion des villes et l'étalement urbain. Il faut traiter le problème des ânes aussi. Donc des zones à zéro artificialisation nette où on travaille sur ça. Il y a plein de choses à traiter pour pouvoir avoir une solution globale. C'est plein d'ajouts. Mais on ne peut pas dire que quelqu'un aujourd'hui ou dans les programmes municipaux, il y a aujourd'hui je vais arrêter les inondations.

56:18
Présentateur

De toute façon, ce n'est pas comme ça que ça fonctionne. C'est quelque chose de vraiment plus large. Olivier Moustakakis, on est seulement au mois de mars. Est-ce qu'il faut s'attendre à une hausse des tarifs des assurances dans les prochains mois ou en janvier 2027 du fait de ces seules inondations de l'Ouest ?

56:33
Invité

Malheureusement, la réponse est oui. On est sur une phase inflationniste des tarifs. Il y a deux régionalisations qui se côtoient. Votre assurance classique et derrière, le régime légal des catastrophes naturelles. Quatre nattes. Le fameux régime Quatre nattes. Il y a une surprime qui est prélevée sur nos contrats d'assurance et ça, c'est l'État qui légifère là-dessus, qui est passé de 12 à 20 % d'ailleurs sur nos contrats d'assurance-habitation au 1er janvier 2025. Donc, ça a cumulé plus la hausse naturelle, malheureusement, vu la sinistralité de votre cotisation de l'assurance. Ça fait un niveau d'augmentation qui devient intolérable, clairement.

Le vrai sujet de fond, parce que là, on voit que ces phénomènes sont de plus en plus fréquents. L'assurance, c'est pour couvrir un aléa. C'est de moins en moins aléatoire, parce que c'est prévisible. On sait que ça va arriver. On sait quelles zones vont être touchées. Donc, le vrai sujet, et c'est ce qui change aussi le métier des assureurs, c'est qu'ils interviennent de plus en plus en amont sur la prévention, parce que pour un assureur, l'assurabilité d'une zone, c'est important. On ne peut pas dire demain à l'assurance, vous allez perdre 20 % du territoire qui sera plus assuré.

57:36
Présentateur

Il y a des communes aujourd'hui, enfin, il y a des zones qui n'arrivent plus à s'assurer, quand même. Il y a des assureurs qui ne veulent plus...

57:41
Invité

Pas pour les mêmes raisons, c'est pour d'autres raisons. Parce qu'il y a eu une bataille de marché dans les années 2010 où il y a des assureurs qui ont sous-tarifé les communes pour prendre des parts de marché. Donc, ils n'ont pas pratiqué le tarif qu'il fallait pratiquer. Et donc, ils seront retrouvés 10 ans après contraints de résilier ou d'augmenter de manière très importante si vous voulez, leurs primes. Donc, on est sur un contexte un petit peu différent. Mais le vrai sujet, c'est qu'il va falloir, pour préserver les zones et pour qu'elles soient assurables. Parce que l'assurant a besoin de matières assurables.

S'il perd 20% d'assurabilité sur un territoire, ça lui fait du chiffre d'affaires en moins. Donc, les assureurs interviennent de plus en plus en matière de prévention. Donc, ils ont défini des cartographies ultra précises des zones sur à quelle zone, quels risques sont présents dans telle zone, etc. Ils communiquent avec les pouvoirs publics pour mettre en place des mesures de prévention. Donc, c'est tout ce travail-là en amont qu'il faut faire. Et l'État a une vraie responsabilité puisqu'il a pris, il a fait un hold-up sur le fonds Barnier qui est un fonds de prévention à partir de 2021. Et il le plafonne puisque l'État est un pécunieux. Il est budgétisé depuis 2021.

Donc, là où aujourd'hui il devrait avoir un abondement de près de 500 millions, il est à 200, 300 millions. C'est suite à un certain nombre

58:51
Présentateur

de catastrophes aussi. C'est suite notamment aux catastrophes de la Roya qui ont coûté des millions. Et il y a eu

58:58
Invité

une refonte de ce fonds-là. Mais à l'époque, il était géré par les assureurs.

59:01
Présentateur

Tout à fait.

59:02
Invité

Donc, il n'était pas plafonné depuis qu'il est budgétisé. Il est voté chaque année et puis à la baisse.

59:06
Présentateur

Et d'ailleurs, il y a des analogies avec les mutuelles de santé. C'est-à-dire qu'aujourd'hui,

59:09
Invité

les mutuelles de santé disent qu'il y a certaines maladies qui coûtent horriblement cher à soigner et qui se posent la question de s'impliquer dans les approches de prévention, d'anticipation. Notamment les mutuelles qui ont été confrontées à l'amiante, par exemple, et qui disent, par exemple, avec les pesticides, si on ne fait rien, on ne saura pas tenir. Et M. Lecornu,

59:33
Présentateur

pour revenir sur les inondations, qui, dans son plan d'urgence pour l'agriculture, est en train de vouloir mettre des solutions

59:40
Invité

technosolutionnistes, alors que la réponse, c'est replanter des arbres, replanter des haies, c'est reméandrer les cours d'eau, recréer des zones humides qui accueillent les crues, il fait complètement fausse route. Complètement fausse route.

59:51
Présentateur

Merci à tous les trois. Restez là, parce que tout de suite, on est à cinq jours du premier tour des élections municipales. C'est Journal de campagne et c'est avec Marco Pommier. Bonsoir, Marco. Dans le Journal de campagne, ce soir, on commence par la France insoumise qui fixe ses conditions pour des alliances à gauche pour le second tour des municipales. On est déjà dans le second tour. Oui, parce que la formation de Jean-Luc Mélenchon part souvent seule dans la majorité des villes. Hier soir, en meeting à Paris, le leader des insoumis a dit non au désistement. A la place, il propose deux alternatives.

Soit des accords programmatiques avec d'autres listes à gauche, soit un accord technique avec les formations de gauche pour barrer la route à la droite ou à l'extrême droite. Écoutez.

1:00:39
Invité

On fait une seule liste, on se partage à la proportionnelle les postes. Celui qui est devant, reste devant. Celui qui est derrière, reste derrière. Mais on y va tous ensemble. Pourquoi ? Pour que tout le monde vote, que tout le monde ait un intérêt à voter et que au deuxième tour, tout le monde soit représenté.

1:00:55
Présentateur

Des accords techniques qui pourraient augmenter les chances de la gauche de conserver certaines villes, notamment à Paris, Marseille ou encore Nantes. Des villes dirigées aujourd'hui par le Parti socialiste. Oui, mais voilà, le patron du PS, lui, il n'est pas du tout sur cette ligne.

1:01:10
Invité

Donc, ne laissez pas penser un seul instant que nous sommes à la veille d'accords partout en France. C'est faux ?

1:01:15
Présentateur

Voilà, Olivier Faure refuse donc tout accord national avec LFI. La semaine dernière, le PS demandait aux Insoumis de pratiquer le désistement républicain dans les villes où le RN pourrait l'emporter. Et vous, Benoît Biteau, député écologiste, vous êtes sur quelle ligne ? Moi, je pense qu'on ne peut pas se permettre. On a vécu la NUPES, on a vécu le nouveau Fonds populaire. On ne peut pas se permettre de laisser des villes basculer à l'extrême droite. Parce que l'étape d'après, et ça, on ne l'a pas dans les radars, c'est qu'on a des sénatoriales en septembre et que le RN ferait son entrée au Sénat. Et ça, c'est désastreux. Donc moi, je suis profondément républicain.

1:01:51
Invité

J'ai été élu sur la base d'un front républicain pour faire obstacle au RN avec une candidate qui était pressentie gagnante sur ma circonscription. Et je pense qu'on a un devoir républicain

1:02:01
Présentateur

de ranger nos petites guéguerres intestines et de faire en sorte que le RN n'accède pas à des grandes villes, n'accède pas à des villes tout court et surtout ne rentre pas au Sénat. Bon, et les électeurs de gauche, ils en pensent quoi, Marco ? C'est les premiers concernés. Ils en pensent quoi de ce rapprochement de liste ? Eh bien, selon une enquête de l'Institut Ipsos, ils sont largement favorables aux alliances de second tour. 84% des sympathisants de gauche approuvent ce principe, mais pour des raisons différentes.

1:02:29
Invité

Vous allez le voir, 36% y sont favorables, quelle que soit la configuration du second tour.

1:02:35
Présentateur

33% approuvent ces fusions, mais uniquement pour éviter la victoire d'une liste de la droite ou de l'extrême droite. Et alors, à droite, justement, on retrouve aussi des envies de fusion. Et comment, Adeline ? 79% des sympathisants des Républicains, de Reconquête ou du RN, sont favorables à la fusion des listes des principaux partis de droite. Dans le détail, 38% y sont favorables, quelle que soit la configuration du second tour. 21% souhaitent ces alliances, mais uniquement pour bloquer

1:03:04
Invité

la victoire de la gauche.

1:03:05
Présentateur

Et puis, il y a aussi des villes où il n'y aura pas d'alliance pour le second tour. Des villes où on connaît déjà le maire, en fait, dans 7 communes sur 10. Ça peut paraître surprenant.

1:03:16
Invité

Dans 68% des communes, exactement, soit environ 23 700 en France, les électeurs n'auront pas le choix entre plusieurs candidats. Pourquoi ? Eh bien, parce que dans ces endroits,

1:03:26
Présentateur

il n'y a qu'une seule liste déposée. C'est le cas à Tomblaine,

1:03:30
Invité

en Meurthe-et-Moselle, 9 000 habitants tout de même. Ce n'est pas un village. Là-bas, le maire sortant, Hervé Ferron, appelle les habitants à se mobiliser. Et de toute manière, nous allons gagner dimanche, on le sait. On pourrait se suffire de ça et dire, ça y est, j'ai gagné, et faire la fête dimanche soir. Sauf que, s'il y a une faible participation, on aura gagné quand même, mais ce sera une déception. Notre seul slogan aujourd'hui, c'est de dire aux gens, il faut aller voter, et notre seule victoire sera votre mobilisation.

1:04:06
Présentateur

Propos recueillis par Antoine Palos. On l'a dit, une seule liste en lice. Ça concerne près de 7 communes sur 10 pour ces municipales. Et c'est un record. Il y a 6 ans, c'était 6 communes sur 10. Alors, comment l'expliquer ? D'abord, il y a l'obligation de constituer une liste paritaire, y compris dans les communes de moins de 1 000 habitants. Une problématique à nuancer, selon le constitutionnaliste John-Christopher Rolland.

1:04:30
Invité

Je dis, il faut le nuancer, tout simplement parce qu'en 2020, il y avait quand même, sur les villes de moins de 1 000 habitants, sur les communes de moins de 1 000 habitants, on peut, sur certains strates, atteindre déjà 43 ou 44 % de femmes présentes sur les listes. Donc aujourd'hui, tendre vers 50 %, c'est effectivement un pas de plus, mais ce n'est pas la raison principale. La seconde raison, qui est déjà, à mon avis, beaucoup plus substantielle, c'est qu'effectivement, le métier de maire, le métier de conseiller municipal ou d'adjoint est un métier extrêmement peu attractif. Et compte tenu de la faible indemnisation des élus en France, forcément, ça pèse sur l'attractivité.

1:05:05
Présentateur

Et John-Christopher Rolland ajoute que les petites communes ont aussi moins de pouvoir aujourd'hui au profit des intercommunalités, moins de compétences, par exemple, sur l'urbanisme ou l'aménagement de la voirie. Donc forcément, c'est moins attirant. – Ben oui, forcément. Merci beaucoup, Marco. Je vous rappelle que la soirée électorale du premier tour des municipales sera à suivre sur la 8. LCP et Public Sénat, main dans la main, regardez, ce sera nous, dès 19h30, dimanche soir, sur la 8, pour suivre les premiers résultats, les analyses et les commentaires de ces élections municipales. Ça se passe sur la 8. Merci à nos invités ce soir d'être venus dans Chaque Voix Compte.

Merci Fanny et merci Olivier. Cette émission est rediffusée tout à l'heure à 23h30. Vous la trouvez aussi en replay sur lcp.fr et en podcast. Nous, on revient demain à 19h30, si vous le voulez bien. On vous souhaite une excellente soirée. Dans un instant, c'est des Badocs avec Jean-Pierre Gracien. À demain. Sous-titrage Société Radio-Canada