Rassemblement des patriotes : le discours de Marine Le Pen
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Premier ministre, cher Victor Orban, Monsieur le Président du Parti, les Patriotes pour l'Europe, cher Santiago Abascal, Mesdames et Messieurs les Présidents de Parti, mes chers amis, membres du Rassemblement national et membres des partis amis, rassemblés ou devrais-je dire unis en cet anniversaire de la victoire.
Nos esprits évidemment se tournent vers nos patries respectives, vers ces centaines de milliers de lieux qui peuplent nos vies et nos imaginaires, ces endroits de nos pays si différents, si riches, ces paysages de montagnes et de plaines, de terres et de mers qui font l'Europe, qui sont l'Europe, ce continent comme nul autre pareil, ce continent sculpté par nos mémoires, pensé par l'esprit de l'homme européen et forgé par sa main, ce continent qui est notre héritage commun.
Cet héritage européen, nous, Patriotes pour l'Europe, nous voulons le conserver, nous voulons surtout l'enrichir pour pouvoir le transmettre plus robuste, plus éclatant et plus vivant aux Européens des décennies et même des siècles à venir. Cet héritage qui est aujourd'hui si loin des yeux et du cœur des hommes gris de Bruxelles. L'Europe, la vraie, celle de l'Atlantique à l'Oural, est une terre de civilisation, une fresque immense où l'esprit grec, le droit romain, l'héritage chrétien et le génie des peuples libres ont écrit, que dis-je, écrit, calligraphiés ensemble les plus belles pages de l'histoire humaine.
Notre fraternel salut va à tous les peuples frères d'Europe qui, par leur génie propre, ont façonné nos nations respectives. Ces nations ont vu émerger des modes de vie et des cultures qui participent à la diversité du monde, des savoir-faire et des inventions qui participent à sa richesse, des valeurs et des principes qui ont participé et participent encore chaque jour à l'émancipation de l'homme et à la liberté des peuples.
C'est un heureux hasard, mes chers amis, un clin d'œil facétieux de la petite histoire si la victoire européenne du 9 juin 2024, dont nous célébrons aujourd'hui l'anniversaire et la création du groupe des Patriotes, coïncite cette année avec la Pentecôte qui marque, comme vous le savez, la descente de l'Esprit-Saint sur les premiers chrétins et la naissance de l'Église. Alors non, rassurez-vous, nous n'avons pas créé une église le 9 juin 2024, mais juste un groupe au Parlement européen, et croyez-moi, c'est déjà beaucoup. Un groupe qui est le troisième plus important du Parlement et qui a désormais pris pied dans tous les pays d'Europe.
Ce groupe est uni, comme les doigts de la main, unis par les liens fraternels, unis par une vision commune de la vie et du monde, mais aussi unis par un grand projet politique pour nos patries et notre Europe. Ce groupe auquel je voudrais rendre hommage est constitué de forces qui comptent dans chacun de leurs pays.
Le PVV aux Pays-Bas, le Vlaenbelang en Flandre, le Fides en Hongrie, le FPO en Autriche, Tchega au Portugal, Vox en Espagne, le Parti populaire danois au Danemark, Hano, motoriste et prise en République tchèque, le mouvement national en Pologne, l'Etonie d'abord en Lettonie, la Voix de la Raison en Grèce, et bien sûr la Lega en Italie, des partis qui ne cessent de monter, qui sont au pouvoir ou à ses portes. Pour toutes les raisons de glorifier le passé de nos pays et de notre continent comme je viens de le faire, la lucidité nous commande de ne pas nous contenter d'une auto-satisfaction pleine de mélancolie.
La nostalgie est certes sympathique, mais elle pousse à regarder en arrière, quand il faut aller de l'avant. Mes amis, la vie est un combat permanent, une marche avec le temps qui avance. C'est vrai pour les êtres vivants, c'est vrai aussi pour les nations. Notre combat nous appelle donc à dire en avant. Et vous le savez, je ne suis pas du tempérament à dire en arrière. Le monde avance, et avance même à grands pas. Il court, il dévale sur nous. Et il n'est pas question pour les patriotes que nous sommes de vouloir restaurer un temps révolu, mais bien de concevoir la vie de demain. C'était bien avant, mais surtout ce sera encore mieux demain.
C'est pourquoi, sur le chemin sur lequel nous avançons, interrogeons-nous sur ce qui se construit autour de nous. Ces murs bureaucratiques qui nous enferment chaque jour davantage, ces impasses qui ne mènent à rien, ou ces autoroutes qui conduisent à l'abîme. Alors, parce que l'Union européenne dicte nos lois et voudrait nous sermonner, et même nous sanctionner comme si nous étions des peuples enfants, enfants, nous devons savoir qui elle est. Les gauchistes diraient, d'où parle-t-elle ? En clair, de quoi l'Union européenne est-elle le nom ? Une organisation internationale ? Internationale, c'est-à-dire entre nations.
Dès l'origine, nous le savons, les pères de l'actuelle construction européenne ont décidé de congédier des nations. Un État fédéral ? Ça fait longtemps, si on compare avec les États-Unis, que nos États ont moins de pouvoir qu'un État américain. Pensez même, par exemple, que toutes les plaques d'immatriculation sont désormais sur un modèle unique dans toute l'Europe. On le voit, l'Union européenne a désormais dépassé le modèle fédéral pour aller vers un État unitaire centralisé. Si on prend un peu de hauteur et à la lumière de l'histoire, on comprend que l'Union européenne, cette construction artificielle, ressemble de plus en plus à un empire. Elle en a toutes les caractéristiques.
La domination d'un pouvoir central sur les gens et sur les peuples. L'illusion d'être la forme institutionnelle la plus aboutie. Une boulimie de pouvoir jamais satisfaite. La volonté d'extension géographique permanente au-delà de toutes limites et, j'allais dire, de toutes raisons. Le mépris des peuples, ces peuples relégués au rang de population à administrer. La croyance d'être porteur de valeurs supérieures, vous savez, les fameuses valeurs de l'Union européenne dont on nous rebat les oreilles, mais dont la démocratie et le respect du haut peuple ne semblent pas faire partie. Et enfin, ceux qui connaissent l'histoire le savent, l'Empire, c'est toujours la promesse d'éternité.
L'Union européenne coche toutes les cases. C'est un empire marchand, wokiste, ultra-libéral. Et parce que c'est sa nature, sa volonté, c'est un empire contre nos nations. C'est un empire qui manipule et menace, ordonne et désordonne, impose et opprime. Cette servitude programmée, nous ne l'acceptons pas. Notre Europe, vous l'avez compris, ne réside pas à Bruxelles. Ce que nous voyons aujourd'hui se mettre en place sur notre continent n'est en rien européen. C'est une contrefaçon, une machine froide, sans chair, sans âme, un univers technocratique qui n'a pour finalité qu'un marché sans frontières, sans visage, sans mémoire.
Sans le dire, la machine Union européenne n'est face à pas feutrer notre histoire, nos traditions, nos protections, que sont les frontières, nos langues et jusqu'à nos voix discordantes. Le projet présenté comme européen, s'est peu à peu muet en une religion sans transcendance où le commerce remplace la culture, où le homo economicus remplace le citoyen, où la libre circulation des marchandises passe avant le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Regardez, pour où il n'y a plus de peuple ? Seulement des masses interchangeables, des individus sans racines et indistincts venus de partout et surtout d'ailleurs.
Il n'y a plus de nations, seulement des régions administrées, il n'y a plus de pouvoirs identifiables, mais des gouverneurs de provinces. Et si on les laisse faire, il n'y aura plus d'élections libres, seulement des scrutins annulables. Rappelez-vous, il y a exactement 20 ans, 20 ans et 11 jours précisément, le référendum sur la Constitution européenne dont le résultat a été foulé au pied.
Voyez ce qui s'est passé en Roumanie, voyez les tentatives d'interdiction ici et là, les persécutions judiciaires partout contre les mouvements patriotes et regardez ce qui se passe en France où l'on veut interdire, en violent tous les principes du droit, à la principale opposante que je suis, de se présenter à l'élection présidentielle. Ce n'est pas seulement, mes amis, une profonde et scandaleuse injustice, c'est un mauvais coup à la démocratie. Ni ici, ni nulle part en Europe, nous les laisserons interdire au peuple de choisir leurs dirigeants. En Europe, vous l'aurez noté, toute affirmation identitaire devient une offense. Toute volonté de souveraineté, une hérésie.
Toute idée de liberté est suspecte. Toute critique est axée de complotisme. Toute opposition est qualifiée de subversion, criminalisée, judiciarisée. Nous n'avons pas besoin de davantage d'uniformité, nous avons besoin de liberté. Pas de fusion forcée, mais de coopération choisie. Pas d'un empire, mais d'une alliance. L'Union européenne parle d'union, mais en cherchant la fusion, elle détruit l'unité historique des peuples. Elle promet l'harmonie, mais elle impose la concurrence de tous contre tous. Elle jure la prospérité et la démocratie, mais elle sème l'injustice sociale, la dépossession démocratique, la colère silencieuse, mais légitime, des oubliés.
Elle parle de progrès, mais elle fait l'impasse sur toutes les grandes révolutions technologiques du siècle. Avec une totale incompréhension du monde technologique, elle conduit l'Europe vers un asservissement numérique et donc économique. L'Union européenne ne fait plus rêver. C'est un cimetière de promesses non tenues. Politiquement, l'Union européenne continue pourtant de dérouler de manière inexorable son agenda idéologique, et cela, quelles que soient les oppositions populaires.
Elle nous parle de souveraineté européenne, mais l'Union européenne institue le pacte des migrations qui revient à dessaisir les États de leurs droits le plus sacrés, celui de décider qui entre et qui reste sur leur sol. Ce pacte des migrations, Macron-Merkel, celui que Bruno Retailleau se vône d'appliquer. Mais c'est un pacte avec le diable, un pacte de submersion migratoire de l'Europe, un pacte de dilution démographique, un pacte de disparition culturelle de l'Europe. Alors, avec nous, l'immigration anarchique et sans limite, c'est non, non et non ! Permettez-moi de saluer ici, comme ça a été fait, le courage de notre ami Gerd Wilders.
Parce que Gerd Wilders, il a choisi de quitter la coalition gouvernementale pour justement empêcher la submersion migratoire de son pays. Mes amis, il faut bien comprendre une chose. Quand de nombreux pays de l'Union européenne font le choix bien raisonnable de durcir les règles pour l'immigration, les pays les plus laxistes deviennent la cible des migrants et des passeurs. C'est aujourd'hui ce que je constate dans notre pays. Alors, rassurez-vous, chers amis alliés, je ne vous demande bien sûr pas de renoncer à ces politiques de fermeté. Ce que je veux, au contraire, c'est que la France les adopte aussi. L'Union européenne nous parle de social.
Mais ce n'est qu'un leurre pour éviter l'explosion populaire. La vérité, c'est que l'ultralibéralisme de Bruxelles détruit nos protections, casse nos retraites, affaiblit notre assurance chômage et brise nos solidarités. On nous parle d'écologie, mais on nous impose une écologie punitive, technocratique, née des délires les plus absurdes des CNERV, cette prétendue écologie qui pèse toujours sur les mêmes, les plus modestes et les plus vulnérables. On nous parle de numérique, mais derrière ces mots se cache un projet de contrôle, de censure, de surveillance, de normes et finalement un décroçage technologique.
On nous parle d'humanité, mais l'Union est devenue une machine bureaucratique, froide, impersonnelle, autoritaire dans l'âme. L'Union européenne, elle s'est construite sur une promesse de paix, mais elle arrive à un moment où elle se dévoile et croit pouvoir mettre toute son énergie dans un projet de guerre programmée. Vous devez savoir qu'aujourd'hui, toutes les commissions thématiques du Parlement européen s'occupent de manière active, je dirais compulsive, à préparer une guerre à l'Est. Nous, peuple d'Europe qui connaissons le prix du sang, nous ne voulons pas de la guerre. On ne veut pas de dirigeants qui jouent aux petits soldats.
Et d'ailleurs, qui peut croire sérieusement que la France d'Emmanuel Macron pourrait mener une guerre d'ampleur quand il est déjà incapable de gérer le chaos qui règne les soirs de match à 200 mètres de l'Elysée ? Si j'ai un tweet à lui proposer pour ce qui se passe en matière de sécurité en France, ce ne serait pas champion, mon frère.
Les envolées guerrières du président comme des postures tartarinesques quand le narcotrafic contrôle des parties entières du territoire, quand des hordes barbares peuvent en toute impunité médiatique et judiciaire mettre à sac la capitale de la France, quand la République n'est même plus capable de débarrasser nos sites touristiques les plus prestigieux de ses armées de vendeurs à la sauvette agressif, quand la France est insultée à longueur de journée et quand les peines prononcées contre les délinquants sont dérisoires au regard de la gravité des souffrances infligées à notre société, nous remettrons la France en ordre, nous remettrons en ordre autour et grâce à l'idée puissante et irréversible de nation.
Nous, en effet, nous défendons ici, en France comme partout, en Europe, l'idée de nation. Et c'est pourquoi, il y a quelques années, j'ai déposé un texte proposant à l'image de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen une déclaration des droits des peuples et des nations. Dans un monde qui voit partout la réaffirmation de l'idée nationale, je ne désespère pas que cette idée suive son chemin et aboutisse enfin. Nous défendons cette idée car il n'y a pour les gens pas d'espace plus protecteur que la nation.
Nous défendons cette idée de nation parce que sans les nations qui la composent, il n'y a pas, il n'y a plus d'Europe, mais un continent fantôme, des institutions fantoches et des peuples agares dans un monde sans pitié. Nous ne voulons pas sortir de l'Europe, nous voulons sortir de cette Europe-là parce qu'elle n'est pas l'Europe. Mes amis, l'Europe, ça n'est pas l'Union européenne. L'Europe, c'est nous et il est temps, là aussi, d'y remettre de l'ordre. Vous l'avez compris, nous ne voulons pas quitter la table, nous voulons finir la partie et la gagner. prendre le pouvoir en France et en Europe pour le rendre au peuple.
Notre Europe, elle est fraternelle, vivante, confiante en elle-même et amoureuse de l'avenir. Nous voulons bâtir non pas une Union européenne sans visage, mais une alliance des nations européennes, une association d'histoire et de destin respectueuse des peuples, des cultures, des identités. Dans l'histoire plurimillénaire qui est la sienne, l'Europe n'a pas tiré sa puissance d'une usine à mégots bureaucratiques, mais du génie et de l'énergie de chacun de ces peuples et de la singularité de ces pays. L'Europe ne fut forte que parce que ces peuples étaient libres. L'Europe ne fut grande que parce que ces États étaient entreprenants.
L'Europe ne fut rayonnante que parce que ces nations irradiaient. Aujourd'hui, alors que le monde, les États-Unis, la Chine, la Russie où les BRICS lancent à l'Europe un défi de puissance, l'Europe ne peut retrouver sa place que par le retour des nations qui la composent. Ce qui se passe partout dans le monde se passera inévitablement en Europe. On en voit d'ailleurs les prémis chaque soir d'élection comme récemment en Roumanie ou en Pologne. Les patriotes d'Europe, mes amis, ne sont pas les enfants du passé. Mais dans ce monde qui voit le triomphe des nations, ils sont, nous sommes, les partisans de l'avenir et même les artisans de l'avenir.
Nous réformerons l'Union européenne pour refonder l'Europe sur une démocratie réelle, c'est-à-dire fondée sur la volonté des peuples. Nous réformerons l'Union européenne pour faire vivre en Europe un espace de coopération des États libres et non contraints. Nous réformerons l'Union européenne pour renouer avec la puissance qui est une ambition intrinsèquement européenne, mais qui est surtout une exigence vitale dans le monde qui vient. Nous réformerons l'Union européenne pour retrouver avec nos nations le crédit international que nous avons perdu pour œuvrer en faveur de la paix en Europe, bien sûr, mais aussi de la paix dans le monde.
Nous conditionnerons les accords de libre-échange à la justice sociale, au respect de nos normes et à la juste protection de nos filières. Et surtout, nous rendrons au peuple européen leur droit le plus sacré, choisir qui entre et qui reste chez eux. Enfin, avec nous, l'Europe retrouvera sa voie, une voie singulière et indépendante et sortira des logiques et des allégeances de blocs. Nous voulons reconstruire. Et cette reconstruction passera par un triple sursaut démocratique, identitaire, technologique. Je le dis solennellement, plus aucun transfert de compétences ne devra se faire sans référendum.
Plus aucune adhésion ne devra être imposée sans débat et sans vote des citoyens des pays membres. Plus aucune nation ne devra être associée de force à des politiques contraires à son intérêt. Et qu'il me soit permis ici d'apporter notre soutien le plus ardent à la valoreuse Hongrie, coupable aux yeux de l'Union européenne, de porter avec constance et force le message de la liberté. Pour toute l'Europe, la Hongrie est un modèle de résistance historique à l'oppression, aux oppressions impériales comme aux oppressions étrangères et parfois des deux ensemble quand elle fit face au bloc soviétique. Avec Victor Orban, la Hongrie est plus que jamais fidèle ainsi à sa vocation millénaire.
Elle est en cela une nation phare de l'Europe et nous sommes fiers de marcher à ses côtés dans ce combat essentiel pour ne pas dire existentiel. et nous sommes fiers
de l'Europe. Et nous sommes fiers de l'Europe. Et nous sommes fiers de l'Europe.
Marine Le Pen