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interviewBFMTV· 26 mars 2025 27 min

Guerre en Ukraine: la prise de parole d'Emmanuel Macron et de Volodymyr Zelensky

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Monsieur le Président, cher Volodymyr, messieurs les ministres, messieurs les ambassadeurs, mesdames et messieurs, c'est un plaisir et un honneur d'accueillir de nouveau à Paris le président Volodymyr Zelensky. Merci, cher Volodymyr, d'être là. Et à travers vous, c'est à toute la nation ukrainienne que la France adresse un message d'amitié et de soutien qui est clair et sans ambiguïté. Nous sommes et nous resterons résolument aux côtés de l'Ukraine. Il en va de l'intérêt du continent européen et de notre sécurité. Depuis plus de trois ans, l'Ukraine mène un combat qui dépasse ses seules frontières, c'est le combat de la liberté contre l'oppression, du droit contre la brutalité.

Nous avons en effet changé d'air et l'agressivité de la Russie ne constitue pas qu'un défi à l'ordre global et à la stabilité du monde. Elle impacte aussi très directement notre sécurité en Europe. Nous sommes depuis quelques semaines dans une phase décisive pour parvenir à mettre un terme à la guerre d'agression de la Russie. Je salue ici l'initiative du président Trump qui vise à aboutir au plus vite à une diminution, puis à une cessation des hostilités dans un séquençage qui doit nous aider à parvenir à une paix solide et durable qui garantisse la sécurité de l'Ukraine et la stabilité sur notre continent.

Et ces dernières semaines, nous avons très régulièrement échangé avec vous, cher Volodymyr, Monsieur le Président, comme avec le président américain Donald Trump et avec nombre de collègues que nous retrouverons d'ailleurs demain sur ce sujet. À Jeddah, le 11 mars dernier, l'Ukraine a clairement exprimé aux Etats-Unis son accord pour un cessez-le-feu complet et sans conditions préalables pour une durée de 30 jours, alors même que c'est elle qui est victime de l'agression. Nous attendons le même engagement de la part de la Russie.

Ces derniers jours, les Etats-Unis ont échangé, grâce à l'hospitalité de nos amis saoudiens que je tiens à saluer, avec la Russie et l'Ukraine afin de faire cesser dans un premier temps les frappes sur des infrastructures énergétiques et de travailler à un cessez-le-feu en mer Noire. Ces mesures peuvent constituer un premier pas vers un cessez-le-feu plus large, ouvrant la voie à la construction d'une paix qui garantisse la sécurité de l'Ukraine, même si je constate la volonté aujourd'hui clairement établie par la Russie de réécrire ou de réinterpréter ce qui aurait été discuté ou agréé en listant de nouvelles conditions.

Loin de prouver qu'elle veut vraiment la paix, la Russie continue de fait, jour après jour, de frapper intensément le territoire ukrainien, y compris des cibles civiles. Ces frappes, nous les condamnons et elles doivent absolument cesser. Au total, là où vous avez su, Monsieur le Président, prendre le risque de la paix en proposant et en acceptant ce cessez-le-feu de 30 jours en air, mer et sur les infrastructures civiles, à date, la Russie n'a apporté aucune réponse solide et par ses actes, elle a montré sa volonté de guerre et de continuer l'agression.

Nous avons pris des décisions importantes lors du dernier Conseil européen et l'approche de la paix par la force est celle que nous continuons à poursuivre. Et c'est pourquoi la discussion que nous venons d'avoir, que nous continuerons tout à l'heure et le sommet que nous tenons demain pour bâtir cette paix solide et durable pour l'Ukraine et pour l'Europe, va nous permettre d'aborder plusieurs points. D'abord et avant toute chose, le soutien immédiat à l'Ukraine. Nous devons le poursuivre. Il est nécessaire pour continuer la résistance et j'ai pu annoncer aujourd'hui 2 milliards d'euros supplémentaires de soutien de la France sur le plan militaire à l'Ukraine.

La France, depuis le début, vous le savez, apporte des capacités qui répondent aux besoins prioritaires des forces armées ukrainiennes et nous avons préparé une aide supplémentaire avec des missiles anti-chars Milan, des moyens de défense aérienne comme des missiles Mika qui équipent les Mirages qui ont été livrés ou encore des missiles de défense solaire Mistral. Pour tenir sur le front, les armées ukrainiennes recevront également des blindés VAM, des chars AMX-10RC, mais également de nombreuses munitions dont certaines téléopérées ou des drones.

Et nous avons aussi avancé sur les coopérations en matière satellitaires ou d'intelligence et ce soutien sera complété également par des productions d'équipements en Ukraine grâce aux partenariats noués avec nos entreprises de défense. Ces 2 milliards d'euros de soutien, c'est une part de ce premier volet et notre volonté demain est de mobiliser tous les partenaires qui seront présents pour continuer ce soutien immédiat à l'Ukraine. Le deuxième élément de la discussion portera sur le cessez-le-feu durable en s'assurant qu'il puisse être observé et respecté.

Ce sera une partie importante des travaux que nous mènerons demain avec nos collègues européens pour précisément bâtir ce séquençage, un cessez-le-feu mesurable de court terme, les discussions politiques et ensuite, mais qui pourra être consolidée et pleinement suivie. Le troisième élément de discussion concernera le format futur de l'armée ukrainienne, car la première garantie de sécurité pour l'Ukraine de demain, une fois la paix signée, ce sera d'avoir un format d'armée crédible qui permette de dissuader toute nouvelle agression et de résister éventuellement à de nouvelles attaques de l'armée russe. Et nous aurons l'occasion de revenir en détail demain sur ce volet.

Le quatrième élément, ce seront les forces de garantie dans le cadre d'un accord de paix, non pas sur la ligne de front, mais en deuxième rideau, comme une réserve stratégique, si l'on peut dire, pour aider à dissuader toute nouvelle agression russe, là aussi. Les travaux des chefs d'état-major ces dernières semaines ont permis de progresser sur la planification de propositions d'options solides. Ce sera aussi une part de discussion de demain.

Tels seront les quatre éléments qui structureront nos échanges demain, et dont l'objectif, vous le voyez bien, est de permettre à l'Ukraine de maintenir la situation sur le terrain et de résister à l'agression russe, mais aussi de construire les éléments crédibles de cette paix durable que nous appelons de nos voeux, quelle que soit l'évolution des discussions. En tout cas, je veux ici le redire avec force, la France poursuivra son engagement. Elle le fera en soutien des efforts américains, en concertation avec ses partenaires européens et alliés, et avec une détermination qui ne faiblira pas.

Nous avons toutes ces dernières semaines, je l'ai dit, échangé en permanence avec le président Zelensky, j'ai échangé quasiment quotidiennement avec le président Trump aussi, et nous avons mené un travail très étroit avec nos partenaires britanniques, avec qui le travail s'est fait main dans la main, et avec aussi nos principaux partenaires européens qui seront présents autour de nous demain.

Je veux être très clair ce soir, la Russie ne saurait avoir un droit de regard sur le soutien que nous apportons et que nous apporterons à l'Ukraine, ni ne saurait dicter les conditions de cette paix durable, parce qu'il en va de la souveraineté de l'Ukraine et parce qu'il en va de la sécurité de tous les Européens. Monsieur le Président, cher Volodymyr, vous recevoir ce soir est à nouveau pour nous un privilège. Vous incarnez la résistance d'un peuple qui refuse de plier face à l'inacceptable, face à la force brute ou aux faits accomplis.

Et cette résistance force le respect de tous les Européens, elle force le respect des Françaises et des Français, parce que nous savons aussi que c'est de notre sécurité dont il s'agit. C'est pourquoi vous pouvez compter et pourrez compter sur le soutien et l'engagement de la France à vos côtés, parce que l'Ukraine mérite la paix, et que pour vous avoir vu ici, un soir de décembre 2019, dans une discussion à l'époque avec le président Poutine et la chancelière Merkel, j'ai vu combien vous vous battiez pour préserver cette paix. Je ne laisserai réécrire aucunement l'histoire par certains. Il n'y a qu'un agresseur, il n'y a qu'un résistant.

L'agresseur, c'est la Russie, le résistant, c'est vous. Et les Européens comme les Américains n'ont pas d'autre choix que celui de leur histoire, du respect du droit international et du respect de leur propre sécurité. Merci d'être là, et nous serons là aussi.

8:44
Invité politique

Merci beaucoup pour ce soutien.

8:49
Emmanuel Macron

Merci beaucoup, cher Emmanuel,

8:51
Invité politique

pour ton amitié et ton soutien pour l'Ukraine. Chers présents, mesdames, messieurs, chère France, tout d'abord, je voudrais remercier,

9:03
Emmanuel Macron

te remercier personnellement, Emmanuel, et toute la France

9:06
Invité politique

pour un soutien inchangé

9:11
Emmanuel Macron

et surtout très sensible de l'Ukraine. Nous apprécions beaucoup d'avoir un ami, toi, Emmanuel, comme toute la France.

9:22
Invité politique

Aujourd'hui, beaucoup de choses peuvent et doivent être faites pour une sécurité en Europe, pour nos citoyens

9:30
Emmanuel Macron

et ensemble avec la France

9:32
Invité politique

et tous les partenaires en Europe et dans le monde.

9:35
Emmanuel Macron

C'est un moment important pour l'histoire. La façon dont les leaders actuels déterminent le système de sécurité pour l'Europe, pour des générations à venir.

9:47
Invité politique

C'est là-dessus que nous travaillons actuellement lorsque nous travaillons en nombre de la protection

9:53
Emmanuel Macron

contre l'agression russe pour établir une paix stable pour des garanties viables de notre sécurité en Europe. Aujourd'hui, avec le président de France,

10:04
Invité politique

nous avons eu un travail bilatéral.

10:07
Emmanuel Macron

Nous préparons également la rencontre de demain avec nos autres amis, nos partenaires européens.

10:12
Invité politique

et avec chaque rencontre de ce genre, notre interaction des liens de plus simple concrètes et notre coopération pour défendre les peuples

10:26
Locuteur non identifié

et la sécurité. Tout d'abord, je voudrais noter les efforts d'Emmanuel Macron, les efforts de la France pour se défendre des frappes russes, notamment, et je l'ai dit aujourd'hui, nous avons vu vos Mirages et maintenant non-Mirages en action qui sont fabriqués en France. Merci partout, particulièrement pour eux. Ils sont devenus une partie de notre bouclier aérien et nous protègent des Shahed et d'autres drones. Nous nous sommes mis d'accord de multiplier le nombre de Mirages. Nous avons commencé aujourd'hui et nous allons continuer à parler de la situation sur le front, sur les besoins particuliers, sur la défense et les perspectives pour voir comment on peut terminer cette guerre.

Merci pour le nouveau paquet d'aide de la France, pour ce paquet de 2 milliards d'euros qui est un paquet puissant. Tous les détails Emmanuel les a déjà divulgués et les autres. Et le reste, c'est nos ministres de la Défense et ils vont en parler également. Donc nous avons parlé aussi de ce qui s'est passé en Arabie Saoudite ces derniers jours sur les négociations quant à la trêve par rapport au site énergétique et sur la mer.

12:11
Invité politique

En ce qui concerne la mer Noire, la situation est plus compliquée parce que Moscou

12:15
Locuteur non identifié

essaie d'inscrire de nouvelles conditions

12:19
Invité politique

et nous attendons

12:23
Locuteur non identifié

à ce que les Américains puissent aider à imposer cette trêve sur la mer sans conditions. Il y a aussi une autre proposition sur la table, donc la position des Américains sur la trêve totale sur Terre. Pour le moment, c'est un signe des Russes qui rejettent cette trêve. Il faut faire pression sur la Russie pour que ça ne prenne pas. Et le dernier point, ce n'est pas le moment de relâcher la pression sur la Russie ou d'affaiblir notre unité parce que nous devons continuer à faire les pas ensemble afin d'arriver à cette paix durable et stable.

13:15
Invité politique

Il faut que cela dure

13:18
Locuteur non identifié

tant que l'agression russe dure.

13:22
Invité politique

Il faut une réponse.

13:26
Locuteur non identifié

Et cette réponse, c'est soit des sanctions nouvelles et plus la pression qui doit continuer. C'est pour cela que l'Europe et l'Amérique doivent avoir assez de force pour défendre soi-même et les intérêts du monde entier. Je suis reconnaissant à tout le monde en Europe, tous ceux qui nous aident, qui aident les Ukrainiens dans la défense, qui soutiennent notre défense. il est important que chaque pays européen puisse développer l'industrie de la défense.

14:07
Invité politique

Plus il y a

14:08
Locuteur non identifié

de production du secteur de la défense, plus notre vie sera sûre. Donc je remercie tout le monde. Nous avons parlé aujourd'hui également de la coproduction, comment nous pouvons augmenter notre production commune, notre force de l'industrie. Donc ça va de la défense antiaérienne

14:36
Invité politique

jusqu'au missile.

14:40
Locuteur non identifié

Et aujourd'hui, nous avons confié cette tâche

14:44
Invité politique

à nos ministres.

14:47
Locuteur non identifié

Il n'y a que la diplomatie qui doit être basée sur la force des pays et de ses partenaires. C'est ça le sens de notre travail et de notre travail d'aujourd'hui et de demain. Et nous nous attendons à de nouvelles décisions fortes. Il est temps de passer aux discussions sérieuses sur les garanties de la sécurité. Il y a des questions concrètes

15:11
Invité politique

sur le contingent et la participation

15:16
Locuteur non identifié

des partenaires qui peuvent être discutées demain et aujourd'hui avec le président français, nous avons décidé

15:24
Invité politique

de confier

15:27
Locuteur non identifié

à nos envoyés, à nos responsables militaires de discuter de ces questions. Donc je voudrais encore une fois te remercier, Emmanuel, pour ton soutien personnel. Merci à la France et vive l'Ukraine. au président Zelensky. Une question sur ce que vous attendez demain des Européens comme force de réassurance pour assurer la sécurité de l'Ukraine et éventuellement une capacité d'assurer que le cessez-le-feu soit respecté. L'un de vos conseillers a dit aujourd'hui à Paris, nous ne voulons pas de force de maintien de la paix, nous voulons des soldats qui soient prêts à faire la guerre, prêts à combattre. Alors qu'attendez-vous précisément de cette force ?

Quel type de soldats voulez-vous et pourquoi faire ? Est-ce que vous avez confiance par ailleurs dans la parole des États-Unis et dans le soutien américain ? Et est-ce que l'Ukraine peut continuer à faire la guerre et à résister sans le soutien militaire des Américains ? Une question pour le président Emmanuel Macron. Monsieur le président, vous avez vous aussi parlé de force de réassurance. Que dites-vous à ce conseiller ukrainien qui dit nous ne voulons pas de force de maintien de la paix, nous voulons des soldats prêts à se battre ? Quelle force envisagez-vous pour l'Ukraine ? Est-ce que c'est une force de maintien de la paix ? Est-ce que c'est une force combattante ?

Et que se passerait-il si le cessez-le-feu était violé ? Est-ce que cela veut dire que les soldats envoyés en Ukraine en deuxième rideau, comme vous l'avez dit, seraient amenés à combattre ? Merci.

17:14
Invité politique

Vous avez dit

17:23
Locuteur non identifié

qu'il n'y aurait qu'une seule question,

17:25
Invité politique

mais j'ai entendu

17:27
Locuteur non identifié

trois ou quatre questions dans une même question. à quoi nous nous entendons demain ? Emmanuel a déjà annoncé notre agenda et je le soutiens complètement. Il y a une question du renforcement de l'Ukraine aujourd'hui et demain en ce qui concerne... Je ne vais pas parler d'aujourd'hui

17:48
Invité politique

parce que ce sont des paquets

17:50
Locuteur non identifié

à part, stratégiques à part de chacun des partenaires.

17:55
Invité politique

Donc, après qu'ils annonçaient les détails, et nous communiquons

18:00
Locuteur non identifié

en ce qui concerne les garanties de sécurité. Encore une fois, demain, nous parlerons de certaines questions et nos représentants

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Invité politique

vont discuter dans quel format et quelle quantité qu'ils peuvent faire et qu'ils ne peuvent pas faire. Cette infrastructure n'est pas simple du tout. aujourd'hui, il y a beaucoup de représentants

18:33
Locuteur non identifié

de différents pays et la question essentielle sera qui sera prêt à faire cela. Et pour le contingent, il est encore plutôt

18:44
Invité politique

de le dire.

18:46
Locuteur non identifié

Je suis très surpris d'apprendre qu'un de mes conseillers communique régulièrement avec vous, j'aimerais bien savoir qui c'est, mais il doit être très influent s'il parle de notre contingent.

19:02
Invité politique

Mais à vrai dire,

19:05
Locuteur non identifié

je pense que

19:07
Invité politique

personne n'a envie

19:11
Locuteur non identifié

de faire durer la guerre.

19:14
Invité politique

Le contingent est très important

19:18
Locuteur non identifié

pour le contrôle. et tout d'abord, le contingent, dans tous les cas, c'est le contingent de combat. C'est pour le combat. Mais ils sont là pour tout d'abord contrôler la situation, faire du monitoring, faire des entraînements en commun et faire tout le possible pour que tout désir de la Russie d'agresser de nouveau. Et quels sont les instruments de ce contingent sur la mer dans l'air ? Pour le moment, il est encore plutôt de le dire en ce qui concerne

20:00
Invité politique

ce qu'il y a de la confiance

20:03
Locuteur non identifié

aux Etats-Unis.

20:08
Invité politique

Mais tout d'abord, nous avons eu des bonnes discussions

20:10
Locuteur non identifié

et pas une seule en Arabie Saoudite qui a pu débloquer l'aide américaine dont nous avons besoin.

20:20
Invité politique

Je ne veux pas dire

20:22
Locuteur non identifié

à quel point nous en avons besoin. Nous en avons besoin de tout lorsqu'on combat

20:31
Invité politique

les gestes russes

20:32
Locuteur non identifié

et le deuxième point, c'est l'échange de renforcements dont nous avons besoin du point de vue de la protection de notre population civile pour protéger les infrastructures énergétiques. Cette information, nous avons aussi besoin pour nos forces armées. Donc ces choses-là sont débloquées et nous avons fait des pas importants. Président Trump a débloqué et nous sommes reconnaissants aux Américains. Les prochaines étapes, c'est des étapes de la trêve et nous avons assez parlé aujourd'hui. Nous allons espérer et croire que les Etats-Unis auront assez de force pour forcer Poutine à cette trêve sans condition.

21:17
Présentateur

Bien. La Russie veut quoi ? Conquérir le maximum de territoires en Ukraine. L'Ukraine veut quoi ? Les libérer. Notre souhait, c'est qu'une paix solide et durable se fasse. Est-ce que la question territoriale sera intégralement réglée ? Ça fera partie de la discussion, mais elle sera très difficile. Et donc, il y aura immanquablement à l'issue de cette discussion une ligne de front avec des territoires occupés. Cette situation, nous la connaissons. Face à cette situation, il faut qu'il y ait un mécanisme qui permette de garantir la non-violation de ce CCF, en tout cas, qui permette d'observer les choses.

Alors, soit c'est un mécanisme ad hoc et par les observations satellitaires, on sait dire qu'il fait quoi. Soit, je vous rappelle, c'est ce qui a prévalu entre 2014 et 2022, ce fut l'OSCE qui était chargé de regarder les violations. Ça n'est aujourd'hui pas le souhait du Président. On parlera en détail demain avec les partenaires, mais ça peut être une option. Ça peut être aussi un mandat des Nations Unies qui déploieraient à ce moment-là des troupes de maintien de la paix avec une opération ad hoc. ce n'est pas cela dont on parle quand on parle de garantie de sécurité. Et il faut faire ce distinguo parce que sinon, la confusion s'installe à chaque fois.

Sur la ligne de front, ce ne seront pas des troupes européennes qui seront déployées. Sur la ligne de front, qui sera l'une des résultantes de l'accord de discussion, il y aura les belligérants d'hier, des deux côtés, donc il y aura d'un côté les armées russes, de l'autre côté les armées ukrainiennes. Et ça fera partie des discussions dès qu'un cessez-le-feu provisoire sera décidé. Ça fera partie des discussions pour une paix durable de savoir quel est le mécanisme potentiellement de maintien de la paix, de suivi ou de surveillance. On en parlera demain.

Ce n'est pas à nous de le préempter, c'est à nous d'apporter de la rassurance là-dessus et peut-être un cadre et un soutien si le choix qui est fait par l'Ukraine est celui des Nations Unies. Mais ça, c'est le cadre d'opérations de maintien de la paix éventuellement et de ce qui se passe sur la ligne de front. Ensuite, pour garantir la sécurité, ce qui n'est pas la même chose que maintenir la paix, pour garantir la sécurité, qui est au fond de se dire si demain la Russie, comme elle l'a fait à chaque fois, je vous rappelle, venait à reprendre une opération dans 3 ans, dans 5 ans, que se passe-t-il ? Qu'est-ce qui fait qu'on ne reproduit pas les erreurs d'hier ?

Première chose, le format de l'armée ukrainienne. C'est la première chose. Pourquoi ? Parce que c'est aujourd'hui de fait la plus grande armée d'Europe. Et donc, tout le travail qu'on a commencé et qu'on va poursuivre, c'est de se dire quel est le format d'armée ukrainienne et quelles sont les capacités dans la main de cette armée ukrainienne qui lui permet de dissuader une nouvelle agression russe ou de résister à celle-ci. Et donc là, c'est un travail à la fois militaire, programmation, de formation, capacitaire et de soutien dans la durée à cette armée des Européens parce qu'en quelque sorte, elle est l'avant-garde de notre sécurité collective.

Ça, c'est le premier levier de la garantie de sécurité que j'ai bien distingué d'une opération de maintien de l'appel. Et ensuite, ce sur quoi on travaille pour donner aussi des cartes à nos amis ukrainiens, ce sont d'autres formes de garantie de sécurité en soutien, ces fameuses forces de garantie ou de réassurance. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que des forces européennes sur une base, sur des choix nationaux pourraient être amenées, et ça, ça fait partie de la discussion, on donne notre disponibilité. Ça dépend des discussions qu'il y aura, mais c'est une carte à la main du président, pourraient être amenées à tenir des positions dans la zone de paix en territoire ukrainien.

Et donc, le but de ces forces armées ne serait ni d'être sur la ligne de front, ni d'être engagées au premier jour face aux forces russes, mais d'être des forces qui dissuadent là aussi les russes de réattaquer et qui, en tenant des villes importantes, des bases stratégiques, marquent un soutien clair de plusieurs gouvernements européens et alliés. Deux, permet d'avoir peut-être des soutiens logistiques ou de la formation sur sol aussi ukrainien. Et trois, indique très clairement que s'il y avait une agression généralisée à nouveau contre le sol ukrainien, ces armées seraient de fait attaquées. Et ensuite, c'est le cadre d'engagement qui est toujours le nôtre.

Nous, nous avons des soldats qui, quand ils s'engagent et sont déployés, sont là pour réagir et répondre aux décisions du chef des armées et s'ils sont dans une situation de conflit, d'y répondre. Et je ne vois pas pourquoi on se poserait des questions sur l'Ukraine qu'on ne s'est jamais posées ailleurs quand on a été déployés à bien des égards dans un cadre qui est clair. Donc on n'est pas sur le front, on n'est pas pour aller se battre, mais on est là pour garantir une paix durable. C'est une approche pacifiste. Et les seuls qui déclencheraient à ce moment-là un conflit, une situation belliqueuse, ce seraient les Russes s'ils décidaient une nouvelle fois de lancer une agression.

Voilà le cadre strict sur lequel nous sommes en train d'avancer avec un texte franco-britannique. Il y a eu tout un travail qui a été fait par les chefs d'état-major à Londres, à Paris, et sur lequel on va poursuivre. Voilà la clarification entre ces différentes missions et ce sur quoi nous serions engagés. En vérité, ce sont des cartes qui sont aussi à la main des Européens et des Ukrainiens dans une négociation qui, à un moment, va arriver. Sous-titrage Société Radio-Canada