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videoyoutube.com· 9 juillet 2026

Canicules : des ACCOUCHEMENTS plus précoces

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Les femmes enceintes sont dans un état physiologique particulier. Elles fabriquent un être vivant, ce qui demande davantage de ressources à l'organisme. Leur débit sanguin est augmenté.

Leur métabolisme aussi. La thermorégulation est moins efficace. elles sont plus vulnérables aux maladies infectieuses.

On sait par exemple qu'une forte fièvre peut déclencher des contractions. Depuis plusieurs décennies, l'augmentation du risque d'accouchement prématuré avec les vagues de chaleur est scruté par les scientifiques et une nouvelle étude par Environnement international au mois de mai dernier mené sur 13 pays confirme une nouvelle fois cette association. Johanna Lepel est épidémiologiste, directrice de recherche à l'INCERME dans l'équipe épidémiologie environnementale appliquée au développement et à la santé respiratoire.

C'est l'étude la plus large conduite à l'heure actuelle avec 36 millions de naissences. Donc en Europe, ça comprenait donc l'Italie et l'Espagne et la Suisse et puis après différents pays tout cas au Moyen-Orient, en Asie ou en Occanie. Et puis ce qu'ils ont montré donc dans cette étude, c'est que lorsqu'il y avait des une exposition plutôt, on va dire modérée à la chaleur pendant les 4 jours qui précèdent l'accouchement, le risque de naissance prématurée augmentait de 2,8 % environ.

Et lorsque la chaleur était plutôt extrême, toujours dans ces 4 jours qui précèdent la naissance, ce risque il augmentait de 3,8 % de naissance prématurée. Alors, ce qu'on dit en général, c'est que au niveau d'un individu, c'est-à-dire ma grossesse à moi, le risque que je vais supporter, effectivement au niveau de l'individu, ça peut paraître négligeable. au niveau d'une population entière, une augmentation du risque de 2,8 %, c'est vraiment considérable parce que on sait que ces enfants qui vont naître très maturés, ils vont avoir un risque accru de trouble du développement.

Dans cette étude, 1,41 % de l'ensemble des naissances prématurées survenues pendant l'été est attribuable à la chaleur. 1,41 %, ça représente 855 prématurés supplémentaires par million de naissance. C'est un risque pour eux, c'est un coût médical et un coût pour la société.

Ce n'est donc pas négligeable et c'est d'ailleurs bien plus que les effets par exemple très bien connus du tabac sur la prématurité. L'autre élément extrêmement intéressant de cette grande étude, c'est que toutes les femmes enceintes ne sont pas aussi vulnérables les unes que les autres. Les futures mères sont d'autant plus à risque qu'elles sont en situation de vulnérabilité socio-économique.

C'est ce que détaillent les auteurs et autrices dans un long article vulgarisé dans The Conversation. plus de précarité économique, c'est avoir moins accès à des protections contre la chaleur. C'est potentiellement travailler en extérieur et vivre dans des zones plus chaude au cœur des villes et subir donc des effets d'iloot de chaleur urbain.

Et connaît-on les conséquences à plus long terme des vagues de chaleur sur les enfants à naître ? C'est toute la question finalement et c'est le cœur d'une autre étude par Environnemental health en 2025 et dont Johanna Lupel est l'investigatrice principale. 12000 enfants à naître ont été suivis et résultat celles et ceux exposés aux vagues de chaleur inutéraux ou au tout début de leur vie sont plus à risque de présenter un retard linguistique à 2 ans.

C'est un des premiers marqueurs d'apprentissage qui est euh quantifiable. Et là en l'occurrence, on a utilisé un score qui est un score de production de vocabulaire mesuré donc à 2 ans et on a étudié donc l'effet des expositions que ce soit pendant euh la grossesse pendant la jeune enfance. Donc jusqu'à environ 2 ans jusqu'à ce que ce score de vocabulaire soit mesuré.

Et on a observé qu'une exposition à des températures extrêmes au début du 2e trimestre de grossesse. Donc en l'occurrence là c'était la semaine 14 à 19 et durant les 7 premiers mois de vie de l'enfant était associé à une diminution des capacités langagières de l'enfant à l'âge de 2 ans qui pouvait aller cette diminution jusqu'à environ 15 %. On sait que chez l'adulte les chaleurs extrêmes ont une influence sur les capacités de concentration et mettent le corps à rue d'épreuve.

Le changement climatique menace donc nos capacités physiques et mentales. Cette étude, c'est la première à pointer une conséquence qui n'est pas strictement ponctuel. La grande question, c'est est-ce que cette diminution des capacités l'engagères chez l'enfant dure ?

Est-ce qu'elle est accompagnée d'autres troubles du neurodéveloppement ou bien est-ce un simple retard ? Sous entendu, les enfants mettent-ils simplement un petit peu plus de temps à parler et tout revient ensuite à la normale. Il faudra reproduire cette étude dans d'autres contextes, dans d'autres pays, dans d'autres populations et continuer à suivre ses enfants à des âges plus avancés pour comprendre à quel point la chaleur déègle déjà le développement humain.

M.