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interviewPublic Sénat — Bonjour chez vous !· 18 mars 2026 88 min

Bonjour chez vous ! du 18 mars 2026

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Public Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous propose Bonjour Chez Vous. Salut à tous, vous êtes sur Public Sénat et vous avez bien raison. Soyez les bienvenus dans votre matinale. Voici le programme de ce mercredi. Rien ne va plus. Depuis hier 18h, on connaît le casting définitif du deuxième tour des élections municipales. Après les tractations à gauche, le Parti Socialiste a-t-il dû manger son chapeau ? Comme l'avait dit Jean-Luc Mélenchon avant le scrutin, on en débat dans une heure. À Paris, Sophia Chikirou ne retire pas sa liste, contrairement à Sarah Knafo.

Est-ce que le maintien des insoumis au deuxième tour pourrait faire perdre la gauche dans la capitale ? On posera la question à Yann Brossat, sénateur communiste de Paris. Il est sur la liste d'Emmanuel Grégoire pour les élections. Bonjour. Harry Laridjani a bel et bien été éliminé par Israël. Confirmation du régime iranien qui organise ce mercredi les funérailles de celui qui était son homme fort depuis le début de la guerre. Cette élimination est-elle une bascule dans le conflit ? On en parle avec Antoine Bassebouz. Dans une demi-heure, il est politologue et directeur de l'Observatoire des Pays Arabes. Voilà pour le menu. Mettez-vous à l'aise. On est ensemble pendant une heure et demie.

Bonjour chez vous. Et comme tous les jours, on commence avec un point sur l'info. Le JT est préparé par vous, Rémi Guillaume. Bonjour. Bonjour, Steve. Depuis hier, donc 18h, on connaît le casting définitif du deuxième tour des municipales. Oui, ces derniers jours ont été le sujet d'alliances, de retraits, de stratégies politiques, notamment à Paris, où les cartes sont rebattues au second tour, avec le retrait de Bournazel et de Knafo. Ce qui pourrait profiter à Rachida Dati. On regarde le sujet de Gaël Fonseca. Avoir essayé pendant deux jours de s'allier avec Rachida Dati, Sarah Knafo s'est désistée.

On a eu affaire, ces deux derniers jours, à ce que vous appelez souvent la droite la plus bête du monde. Donc, moi, j'ai décidé d'être plus intelligente qu'eux. J'ai décidé de retirer ma liste pour nous laisser une chance de battre la gauche. Avec la fusion des listes Dati-Bournazel sans Bournazel, il y aura donc une triangulaire pour le second tour des municipales dans la capitale. LR et Macroniste affronteront Emmanuel Grégoire et son union des gauches, ainsi que LFI. Sophia Chikirou n'a pas retiré sa candidature, au risque de diviser les votes. A Marseille, au contraire, Sébastien Delogu a décidé à contre-coeur de se retirer pour ne pas laisser de chance à l'extrême droite de passé.

C'est ce que j'aurais fait. On est dans le plus grand combat contre le Rassemblement National de l'histoire de cette ville. Il n'était plus en capacité de gagner. Du côté du Rassemblement National, au coude à coude avec Benoît Payan, Franck Alizio a appelé au désistement de la liste LR2 Vassal, sans succès. J'ai toujours dit que j'irais au bout d'un combat, eh bien je vais au bout du combat. A Bordeaux, pas de liste pour le candidat d'hivercentre Philippe Dessertine au deuxième tour. Refus aussi pour lui, arrivé troisième du scrutin, de s'allier avec le macroniste Thomas Caznav. Ce dernier affrontera donc seul dimanche prochain le maire sortant écologiste Pierre Urmic.

Remontons vers Strasbourg enfin, pour une alliance des plus surprenantes. Face à l'union des écologistes et des insoumis, la socialiste Catherine Trottmann a décidé de fusionner sa liste avec celle d'Horizon. Une union désavouée immédiatement par leurs partis respectifs. Olivier Faure ne soutient plus sa candidate et le parti d'Edouard Philippe soutient à présent le candidat LR Jean-Philippe Vetter. Le scrutin s'annonce particulièrement tendu. Opération de clarification d'Emmanuel Macron hier au sujet du détroit d'Hormuz. Oui, alors que le monde craint une explosion des prix du pétrole, notamment en raison du blocage du détroit d'Hormuz par l'Iran.

Les alliés de Washington restent prudents, notamment la France, laissant Donald Trump largement seul face à la crise. On écoute Emmanuel Macron à ce sujet.

3:56
Locuteur non identifié

S'agissant du détroit d'Hormuz, qui est évidemment la situation la plus sensible, nous allons dans quelques instants faire le point, mais je vais ici redire le cadre dans lequel nous avons pu nous exprimer, déjà commencé à bâtir des décisions. Nous ne sommes pas parties prenantes au conflit. Et donc, jamais la France ne prendra part à des opérations d'ouverture ou de libération du détroit d'Hormuz dans le contexte actuel.

4:23
Présentateur

L'Iran confirme donc son homme fort depuis le début de la guerre, Ali Lharidjani, a bien été éliminé par Israël. Oui, la traque israélienne des têtes du régime israélien se poursuit. Après la mort d'Ali Ramenei, le guide suprême, Larry Lharidjani, le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, était ciblé par Tel Aviv depuis plusieurs jours. Il a été tué dans la nuit par une nouvelle frappe nocturne d'Israël près de Téhéran. Une mort qui fait craindre une radicalisation du régime. Israël poursuit ses bombardements en Liban contre des fiefs du Hezbollah. Oui, les frappes israéliennes sur le Liban se poursuivent notamment dans le sud du Liban et dans la capitale.

Des frappes qui ont tué pour le moment au moins 886 personnes, dont 111 enfants et 38 personnels de santé depuis le 2 mars dernier, selon le ministère de la Santé. Hier, Israël a annoncé le début d'opérations terrestres, considérant que les campagnes militaires précédentes n'ont pas été suffisantes pour démanteler le Hezbollah dans le sud du pays. Merci beaucoup Rémi, on vous retrouve tout à l'heure pour votre chronique. Vous nous ferez un petit panorama de ces alliances à gauche dont on va parler dans quelques instants. Bonjour Yann Brossat. Bonjour. On va revenir sur toutes ces actualités avec vous, mais d'abord on va regarder ce qu'il fait la une en région.

Et évidemment, sans surprise, on parle beaucoup, des élections municipales à J-4 du deuxième tour. On va parler évidemment de toutes ces alliances, mais déjà si on doit tirer un premier bilan de ce premier tour, vous diriez quoi ? C'est les Insoumis qui sortent grands vainqueurs de ce premier tour des élections municipales ? Je pense que c'est plus contrasté. Après, ce sont des élections municipales, donc par définition ça renvoie à des situations locales.

En tout cas, ce que je vois, c'est que dans ma ville Paris, où beaucoup avaient enterré la gauche, expliquaient que la victoire de la droite était inéluctable, que Mme Dati était superstar, nous sommes arrivés 13 points devant avec Emmanuel Grégoire. Et donc, ça montre que dans un certain nombre de territoires, la gauche résiste bien et tant mieux. Vous connaissez par cœur toutes ces implantations, les histoires de récits aussi médiatiques. Depuis dimanche, c'est quand même les Insoumis qui sont devant et qui revendiquent la victoire. Est-ce que vous leur accordez cette victoire ?

Je pense que toutes les composantes de la gauche, dans un certain nombre de territoires, ont obtenu de très bons résultats. Quand je vois la situation à Lyon, par exemple, où on nous expliquait que M. Aulas était déjà élu maire, alors que l'élection n'avait pas eu lieu, le moins qu'on puisse dire, c'est que les électrices et les électeurs ont rebattu les cartes. Et tant mieux, parce que c'est la démocratie qui a parlé. Et par ailleurs, c'est ce que je souhaitais, qu'en l'occurrence, la gauche arrive en tête à Lyon comme à Paris. Et donc, ce que je souhaite surtout, c'est que ce soit confirmé ce dimanche.

Donc, vous ne donnez pas le point aux Insoumis, mais peut-être sur la stratégie, simplement, des Insoumis, la stratégie de la conflictualisation. On a beaucoup parlé des Insoumis ces dernières semaines. Est-ce que vous reconnaissez que cette stratégie, qui était souvent décriée, est peut-être la bonne ? Je ne suis pas un analyste politique, je suis un responsable politique, je suis un élu. Et donc, moi, je ne suis pas là pour commenter des situations. Je suis là pour faire en sorte qu'on ait des majorités de gauche dans un maximum de territoires, et notamment dans ma ville, Paris. Donc, no comment, no comment sur la stratégie des Insoumis. Je n'ai pas de commentaire particulier à faire.

Ce qui est sûr, puisque vous avez absolument envie que je le fasse, c'est que lorsqu'une formation politique est au cœur des débats, en bien comme en mal, ça lui nuit, mais ça lui profite aussi. Et d'une certaine manière, quand on concentre tout le débat politique autour de la question des Insoumis, qu'on les met au cœur du débat, évidemment que ça a un certain nombre de conséquences électorales. Vous savez quoi ? On va encore parler des Insoumis. Oui, puisqu'à Paris, on connaît donc le casting définitif. Ça sera sans Sarah Knafo, mais donc avec Sofia Chikirou, la candidate Insoumise, qui a organisé un meeting hier. On va l'écouter et puis je vous donne la parole.

7:42
Ian Brossat

Le candidat du Parti Socialiste, M. Grégoire. Donc, quelle leçon vient-il me donner de l'opposition à Rachida Dati ? La première opposante à Rachida Dati dans cette élection de deuxième tour, c'est Sofia Chikirou.

8:08
Présentateur

Sofia Chikirou qui maintient donc sa liste. Vous le regrettez ? Je pense qu'elle aurait dû se désister, de même que M. Delogu l'a fait à Marseille. Il faut voir ce que nous avons face à nous. On le sait, depuis hier, Mme Dati est soutenue par toute l'extrême droite. Elle est désormais la candidate de l'extrême droite. La candidate soutenue par la fachosphère. La candidate soutenue par Sarah Knafo. La candidate soutenue par Jordan Bardella. Rachida Dati, vous dites aujourd'hui que c'est la candidate de l'extrême droite. Mme Dati, je le dis et je le redis, c'est la candidate soutenue par toute l'extrême droite.

Toute l'extrême droite aujourd'hui se réconcilie autour de la candidature de Mme Dati. C'est ça que nous avons face à nous. Est-ce que nous voulons demain que Paris soit dirigée par une maire qui devra son élection à l'extrême droite ? Quand on est confronté à un danger tel que celui-là, bien sûr qu'on a l'obligation de faire barrage. Et donc je le dis aux électrices et aux électeurs, quel qu'était leur vote de premier tour ? Si vous ne voulez pas que Paris soit dirigée par une maire qui devra son élection au soutien de l'extrême droite, le seul bulletin de vote qui permet de l'éviter, c'est Emmanuel Grégoire. On peut avoir des divergences à gauche.

On peut avoir des différences d'appréciation. Mais de fait, nous avons fait 38%. Sophia Chikirou a fait 11%. Et donc le seul bulletin de vote qui empêchera la victoire de Mme Dati, c'est Emmanuel Grégoire. Mais est-ce que vous avez fait suffisamment pression sur les insoumis pour que Sophia Chikirou se retire ? On sait que dans d'autres communes, il y a eu des pressions très fortes sur les socialistes. Est-ce que là, en l'occurrence à Paris, vous avez été suffisamment actif là-dessus ? Moi, je pense qu'à un moment donné, chacun est placé face à ses responsabilités. Et je n'ai même plus envie de revenir sur le feuilleton qui a fait que nous en arrivons à cette situation-là.

Aujourd'hui, la balle, elle est dans le corps. Quand même. Est-ce que vous reconnaissez que ça peut vous coûter l'élection ? Est-ce que le maintien de Sophia Chikirou peut vous coûter l'élection à Paris ? Par définition, une élection, c'est un risque. Et donc oui, il y a un risque de bascule de Paris à droite avec toutes les conséquences que ça engendrerait. Je vous le disais, Mme Dati est soutenue par toute l'extrême droite. Paris est une ville dans laquelle un quart de la population est née à l'étranger. Une ville dans laquelle la moitié des habitants ont un ascendant qui est né à l'étranger. Une ville qui a toujours résisté au racisme, à l'antisémitisme, à la xénophobie.

On l'a vu notamment aux dernières élections législatives où deux tiers des circonscriptions ont été gagnées par la gauche face au danger d'extrême droite. Nous ne pouvons pas nous permettre d'avoir une maire qui doit son élection au soutien de l'extrême droite. Et donc le bulletin de vote qui peut empêcher ça, c'est le bulletin de vote Emmanuel Grégoire. Et aujourd'hui, la balle, elle est dans le camp des Parisiennes et des Parisiens. Ce sont les Parisiens qui trancheront par leur vote. Et donc je les invite vraiment à utiliser le bulletin de vote le plus efficace, c'est-à-dire Emmanuel Grégoire. Vous dites aux insoumis, il faut voter Grégoire.

Et qu'est-ce que vous dites aux électeurs de Pierre-Yves Bournazel ? Parce qu'une grande partie, une partie importante de l'élection va se jouer aussi sur Pierre-Yves Bournazel qui a fait fusion avec Rachid Adati, qui ne sera pas sur la liste. Mais bon, il a fait fusion et il s'en va. Qu'est-ce que vous dites aux électeurs de Bournazel ? Qu'est-ce que vous leur promettez ? Je leur dis une chose très simple. Vous avez voté pour un candidat qui a fait toute sa campagne sur la probité. Je connais bien Pierre-Yves Bournazel, on est élu du même arrondissement. Le 18ème. Le 18ème ensemble depuis plus de 18 ans maintenant. J'ai entendu ce qu'il a dit.

Il a dit, je ne veux pas soutenir Madame Dati, il l'a dit en tout cas avant le premier tour, parce qu'elle est renvoyée devant le tribunal correctionnel pour corruption et trafic d'influence, parce qu'elle risque dix ans de prison, parce que si elle était élue maire de Paris, elle risquerait d'être démise de ses fonctions. Je leur dis une chose simple. Ce qui était vrai avant le premier tour est vrai après le premier tour. Et donc, en l'occurrence, ce risque d'avoir une maire qui finisse en prison si Madame Dati était élue, ce risque-là, il existe toujours.

Ce risque-là, vous ne l'avez pas avec Emmanuel Grégoire, qui est un candidat honnête, qui lui, respectera la transparence et le principe d'exemplarité. Et donc, je leur dis que si leur préoccupation, c'est l'exemplarité en politique, vous avez en Emmanuel Grégoire un candidat qui, lui, vous apporte cette garantie, ce qui n'est pas le cas de Madame Dati. Je rappelle que vous êtes évidemment sur la liste d'Emmanuel Grégoire à Paris. On l'aura compris, il y a un débat ce soir entre M. Grégoire et Madame Dati. Est-ce que ce sera organisé sur BFMTV ? Est-ce que Sophia Chikirou aurait dû être conviée à ce débat ? Je ne suis ni commentateur, ni rédacteur en chef de BFMTV.

Non, mais pour la démocratie, M. Grossart. Sans doute, sans doute. Je crois qu'il y a un petit souci de respect du temps de parole, puisqu'elle a eu une heure chez Duhamel la veille. Mais enfin bon, en tout cas, je ne suis pas à l'arc-comme non plus. Et donc, en l'occurrence, c'est BFM qui a organisé ces débats comme ils l'entendent. Ce qui est sûr, puisque c'est une manière de me poser cette question-là, c'est que le maire de Paris, ce sera soit Emmanuel Grégoire, soit Rachid Adati. Et désormais, les choses sont très claires. On pense qu'on veut de Sophia Chikirou. Elle a fait 11%, elle ne sera pas maire de Paris.

Donc la question, ce n'est pas de choisir qui sera le meilleur opposant à Rachid Adati, maire de Paris. Parce que j'entendais l'intervention de Mme Chikirou, c'est un peu l'impression que ça donnait. Non, la question, c'est qui sera maire de Paris. Et donc, ce que les électeurs trancheront dimanche prochain, c'est soit Emmanuel Grégoire, soit Mme Dati qui devra son élection au soutien de l'extrême droite. Oui, vous dites en gros, votez utile très rapidement. Et puis après, on fera un panorama avec Rémi de tout ce qui se joue actuellement à gauche. Le bilan que vous tirez de la réforme du mode de scrutin, PLM à Paris, qu'est-ce qui s'est joué, qu'est-ce qui se joue ?

Est-ce que finalement, on disait que ça allait avantager Rachid Adati ? Ça n'a pas été tellement le cas au premier tour. Vous savez pourquoi ? Parce qu'elle a été prise à son propre piège. Elle a cru qu'elle pouvait miser sur sa notoriété pour bénéficier de la personnalisation du scrutin. La réalité, c'est qu'il y a une majorité de Parisiens qui rejettent sa candidature.

Et donc, c'est vrai, elle a réalisé une contre-performance, y compris dans des arrondissements de droite où les électeurs ont voté massivement pour leur maire d'arrondissement de droite sortant, mais n'ont pas voté pour Mme Dati parce qu'elle concentre sur sa personne un certain nombre d'éléments qui sont rejetés, et notamment le fait qu'elle est poursuivie par la justice pour corruption. Et donc, évidemment, qu'un certain nombre d'électeurs se sont détournés de sa candidature. Ce que je souhaite, c'est qu'ils le confirment au second tour. On aura compris, Yann Brossat.

Ces dernières heures, on a donc assisté à un multiplexe d'alliances, fusions, retraits en tout genre, un peu partout en France. À gauche, si vous avez raté quelque chose, heureusement, Rémi est là. Rémi, on va faire un point avec vous sur tout ce qui s'est passé. On va commencer avec Marseille. À Marseille, les désaccords entre PS et LFI persistent, malgré le risque que la ville tombe dans les mains du RN. Oui, Benoît Payan a décidé de tourner le dos à la main tendue de Sébastien Delogu, qui avait atteint un peu moins de 12% des suffrages au premier tour à Marseille. Le socialiste considérant qu'il y avait plus à perdre qu'à gagner en s'alliant à la France insoumise,

14:42
Invité

il s'est exprimé avant de déposer sa liste définitive pour le second tour. On l'écoute.

14:46
Présentateur

Chacun doit prendre ses responsabilités. Ce n'est pas M. Delogu qui m'intéresse, ce sont les Marseillaises et les Marseillais. Qu'ils aient voté LR, Modem, LFI, Renaissance, qu'ils n'aient pas voté, ils sont avant tout des Marseillaises et des Marseillais. Et je leur dis, ce qui vous rassemble est plus fort que ce qui vous divise. Yann Brossat, Sébastien Delogu s'est finalement retiré hier. Mais est-ce que ce n'est pas irresponsable de refuser l'alliance, même lorsqu'on est face au RN pour Benoît Payan ? En l'occurrence, il avait annoncé la couleur depuis le début. On a l'air surpris que des gens qui prennent des engagements avant le premier tour les tiennent une fois le premier tour passé.

Je pense que des responsables politiques qui tiennent parole, c'est plutôt respectable. Après, on peut regretter qu'il n'y ait pas eu fusion, etc. Mais en l'occurrence, il avait annoncé la couleur. C'est vrai que ça change de ce à quoi nous assistons à Paris, avec, par exemple, autour de Pierre-Yves Bournazel, des gens qui disent « Jamais nous ne ferons alliance avec Mme Dati » et qui finissent le lendemain sur la même liste. J'ai vu Mme Schiappa qui avait dit « Jamais Mme Dati » et puis aujourd'hui, elle est sur la liste de Mme Dati. En l'occurrence, Benoît Payan comme Emmanuel Grégoire, ils sont plutôt cohérents.

Et je pense que c'est mieux d'avoir des responsables politiques qui tiennent parole. En tout cas, pour la confiance dans la parole politique, c'est mieux. Ailleurs en France, Rémi, des accords PS et LFI se mettent en place. Oui, Olivier Faure a été clair dès la fin du premier tour. Il n'y aura aucun accord national avec la France insoumise, affirmé le premier secrétaire du PS, alors que le secrétaire général du Parti communiste français, Fabien Roussel indiquait hier dans les colonnes de l'Humanité que pour construire des villes apaisées, il faut des majorités apaisantes, reprochant ainsi la polarisation des débats nationaux au détriment des enjeux locaux.

Car les scores du parti de Jean-Luc Mélenchon à l'issue du premier tour de ses municipales forcent la main des socialistes au niveau local. Par exemple, à Toulouse, la liste insoumise arrive en deuxième position avec 27,5% des voix. Derrière le candidat d'hiver droite, Jean-Luc Moudin, talonné par la liste des socialistes et écologistes de François Briançois à 24,9%, comme à Lyon, Limoges, Clermont-Ferrand, Brest, Nantes et Avignon, le Parti socialiste et ou les écologistes ont signé avec la France insoumise des alliances en vue de ce second tour face à l'extrême droite ainsi que la droite parfois associée avec le camp présidentiel.

Yann Brossat, dans le fond, le secrétaire national du Parti communiste, est-ce qu'il appelle lui aussi un front antifasciste contre la droite et l'extrême droite comme Manuel Bompard ? En tout cas, ce qui est sûr, c'est que partout, on doit faire obstacle à la droite et à l'extrême droite. – Non mais le mot intéressant, le front antifasciste, la question est précise, monsieur. – En tout cas, ce que je vois dans une ville comme la mienne, à Paris, c'est qu'on a une candidate qui est soutenue par toute la fachosphère, Madame Dati. Quand M. Bardella monte au créneau au JT de TF1 pour dire qu'il faut absolument voter pour Madame Dati pour chasser la gauche à Paris, très clairement…

– Mais vous mettez Rachida Dati dans le rang des fascistes. – Je dis, ne me faites pas dire ce que je ne dis pas, j'utilise des mots que je choisis à dessein. Elle est soutenue par toute la fachosphère, elle est soutenue par toute l'extrême droite. Vous vous rendez compte quand même, ça n'a pas été suffisamment dit, qu'elle a sur sa liste, en position éligible, Max Boazzini qui tweet matin, midi et soir, enfin il a supprimé son compte Twitter parce qu'il s'est fait attraper et qu'on a vu ce qu'il écrivait. Il a écrit il y a quelques mois qu'on peut comparer les musulmans à des chiens.

Il a comparé la victoire de Zoran Mandani lorsqu'il a été élu maire de New York, vous avez vu ça, aux attentats du 11 septembre, simplement parce qu'il est musulman. Voilà les candidats qu'on a sur la liste de Madame Dati. Si Madame Dati est élue, Max Boazzini qui donc compare les musulmans à des chiens sera conseiller de Paris, membre de la majorité municipale de la mer. Je le dis, ça oui, c'est la fachosphère. Ça, c'est une bande de racistes qui ne doit pas se retrouver au Conseil de Paris demain. Les différends entre le PS et LFI se poursuivent dans certaines villes, Rémi.

En effet, là où la droite ou l'extrême droite ne sont pas en bonne posture, les socialistes et la France insoumise ont décidé de se faire face dans le second tour de certaines villes de ces municipales. C'est le cas par exemple à Lille, entre Arnaud Deslandes, candidat socialiste qui a réuni 26,2% des voix au premier tour, juste devant la liste insoumise menée par Lawaria Hadouche qui a atteint 23,3% des voix. Si le candidat écologiste Stéphane Bali a apporté son soutien aux socialistes, ces élections ont démontré la progression de l'ancrage local de la France insoumise.

Yann Brossat, si on tire un panorama plus large au niveau national, est-ce qu'on peut dire que le Parti communiste aujourd'hui est plus proche du Parti socialiste que de LFI ? Ça dépend des territoires. Vous savez, c'est toujours très compliqué de tirer des leçons nationales d'une élection municipale. Et d'ailleurs, les alliances, elles se concluent localement. Et ça dépend de l'ambiance de campagne qu'il y a eu parfois entre les différents candidats. Ce qui est vrai à Paris n'est pas vrai à Toulouse. Ce qui est vrai à Toulouse n'est pas forcément vrai à Lyon.

Et donc, une fois de plus, moi je me garderais bien de tirer de grandes leçons d'une élection qui est aussi faite de situations locales différentes. Yann Brossat, est-ce que ce n'est pas un peu de la tambouille politicienne ça ? On a du mal parfois à lire, même nous journalistes, d'avoir une lecture globale de ce scrutin. Quand il y a des accords qui ne sont pas… Voilà, quand le Parti socialiste ne dit pas d'accord avec LFI, finalement il y a des accords au niveau local. Est-ce que c'est lisible et compréhensible pour les Français aujourd'hui ? Je pense que c'est lisible localement. Et c'est ce qui compte.

Et puis moi je veux bien, mais en l'occurrence à Paris, on nous reproche de ne pas avoir fait de tambouille. On nous reproche d'avoir la même liste au second tour qu'au premier. Et on nous dit pourquoi est-ce que vous n'avez pas fusionné ? Donc vous voyez, on ne peut pas nous reprocher tout à la fois. En tout cas, moi ce que je sais, c'est que dans une ville comme Paris, nous avons fait ce que nous avons dit. Et maintenant c'est aux électeurs de choisir. À côté de Paris, il y a la Courneuve. Et après 70 ans au pouvoir, vous êtes, vous les communistes, contraints de vous allier avec LFI pour le second tour. Et là, contre les socialistes.

Donc vous êtes avec les socialistes à Paris, contre les socialistes à la Courneuve. Mais voyez, c'est logique. Mais quel est le sujet ? Le sujet, c'est que localement, vous avez des orientations qui sont proposées aux électeurs. Vous avez des programmes. Regardez, depuis le début de cette émission, on n'a pas dit un mot du programme que nous défendons à Paris. La question qui se pose dans une ville comme Paris, par exemple, c'est est-ce qu'on poursuit l'encadrement des loyers ou pas, qui fait économiser 1000 euros aux locataires chaque année ? Est-ce qu'on continue à développer le logement social ? En 20 ans à Paris, nous sommes passés de 13% de logements sociaux à 25% aujourd'hui.

Est-ce qu'on continue avec le tarif à 13 centimes d'euros pour les familles les plus modestes dans les cantines scolaires ? Est-ce qu'on continue à défendre les associations de quartier ? Tout cela, Mme Dati veut le détruire. C'est ça la réalité, c'est ça qu'on tranche localement. – Vous n'avez pas envie de parler d'autre chose que Paris. – Parce que je pense que ce qui intéresse les gens à l'échelle locale, ce sont les enjeux liés aux élections municipales. C'est est-ce que mon gamin aura le goûter gratuit, comme nous le proposons avec Emmanuel Grégoire, dans nos écoles ?

– À une époque, vous n'étiez sans doute pas né, moi non plus, mais le PS, le PC, faisaient des accords très forts au niveau national et se répartissaient un peu les villes en fonction d'accords programmatiques et au niveau national. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas. Donc c'est vraiment au niveau local, il y a quelque chose qui a changé. – Est-ce que ça veut dire que vous ne contrôlez plus vos troupes au niveau local ? – Non, moi je suis élu depuis 2008 à Paris. On a toujours conclu les accords localement avec nos partenaires. Ce n'est jamais un responsable national du Parti communiste ou du Parti socialiste qui nous a dit « vous allez signer un accord avec tel partenaire ».

Ça ne s'est jamais passé comme ça. On a travaillé, et d'ailleurs dans l'ordre, on a toujours travaillé d'abord sur le programme et ensuite on a conclu les accords électoraux. On a toujours fait comme ça et on a raison de le faire parce que c'est l'intérêt des habitants sur place. Mais une fois de plus, on tranche sur des orientations municipales, sur des propositions, sur des programmes. Et c'est ça qui doit être le cœur de nos interrogations. Je souhaite d'ailleurs que le débat qui aura lieu ce soir entre Emmanuel Grégoire et Mme Dati soit un débat qui portera sur le fond, comme j'ai essayé de le faire à l'instant. – Et on parle aussi beaucoup de débats sur public sénale et municipale.

C'est évidemment sur notre chaîne. On va rejoindre tout de suite Tam Tranui qui se trouve à Montpellier. Tam, bonjour, vous êtes dans les starting blocks. Vous animez un débat aujourd'hui entre les candidats à la mairie. Racontez-nous, présentez-nous le casting. – Écoutez, ici à Montpellier, on est passé de 13 candidats au premier tour à une triangulaire au deuxième tour où la gauche estime qu'elle n'a pas besoin de partir rassembler pour l'emporter. En Lys reste donc actuellement le maire sortant, Mickaël Delafosse, socialiste, qui est à la tête d'une liste d'union de la gauche. Il est arrivé en tête dimanche dernier avec plus de 33% des voix.

23:03
Ian Brossat

Il est suivi par Nathalie Oziole, la députée insoumise, qui a obtenu un score de 15% des voix qui illustrent la poussée de la France insoumise un peu partout en France, vous venez d'en parler. La France insoumise qui n'était d'ailleurs pas présente il y a six ans au deuxième tour.

23:17
Présentateur

Et puis, enfin, le troisième homme de cette élection, c'est le milliardaire Moed Altrad, milliardaire dont l'entreprise a un rayonnement international qui est ici également à la tête du club de rugby de Montpellier, le Montpellier héros rugby, qui est donc l'outsider local, le troisième homme de cette élection. Est-ce que vous êtes prête, Tam ? Parce que je crois que c'est 22h30 le débat, vous êtes prête, vous êtes dans les starting blocks ? Ah oui, je suis à fond, vous imaginez bien, Steve.

23:44
Locuteur non identifié

Le débat, en tout cas, il est diffusé effectivement ce soir. Il sera enregistré cet après-midi dans les conditions du direct avec ces trois candidats dont je viens de vous parler, avec notamment la présence de Moed Altrad qui n'était pas acquise depuis le début

24:00
Présentateur

et dont la prise de parole en débat est assez rare. Ce sera l'occasion pour mes confrères, consoeurs de France 3, Yann Gonon et d'Issey Héro, Claire Moutarde et moi-même de les interroger à la fois sur les enjeux politiques de ce scrutin. Je viens de vous en parler à l'instant, alors qu'il y a ici une guerre des gauches qui ne ressemble pas à la dynamique d'union PSL-EFI que l'on voit dans un certain nombre d'autres villes ici en France. On va aussi parler d'enjeux locaux lors de ce débat. On va parler de mobilité, de sécurité, de gestion des déchets.

Puis on va aussi parler un petit peu de l'avenir de cette ville, cette métropole extrêmement attractive et cela n'est pas posé sans poser un certain nombre de défis, notamment en matière d'urbanisme, mais aussi de vivre ensemble.

24:52
Locuteur non identifié

Voilà, un riche programme pour ce soir. Effectivement, je suis prête, mais j'ai encore une bonne partie de la journée pour préparer.

24:57
Présentateur

Oui, on vous souhaite un très bon débat et on vous regardera bien évidemment donc à 22h30. Merci beaucoup. A tout à l'heure. Yann Brossard, vous êtes OK pour parler d'autres choses que Paris ? Peut-être. Non, le Havre, c'est important. Le Havre, c'est intéressant. On a vu qu'Edouard Philippe était arrivé très largement tête dans la ville avec un score de 43%. Il sera donc opposé au communiste Jean-Paul Lecoq. Edouard Philippe, qui appelle un large rassemblement pour faire battre votre candidat. Est-ce que c'est rapé pour vous dans cette ville du Havre ? Non, je pense que tout dépend de la mobilisation. Une ouvrière, historiquement ? Tout dépend de la mobilisation. J'ai regardé les résultats.

D'abord, je suis heureux que Jean-Paul Lecoq soit au second tour, qu'il soit arrivé en deuxième position et donc, très clairement, les Havreys et les Havrets devront trancher entre lui et Edouard Philippe. J'ai regardé les choses dans le détail. La réalité, c'est que vous avez un différentiel de participation entre les quartiers populaires et les autres quartiers du Havre, avec un vote, une mobilisation électorale très inférieure dans les quartiers populaires. Donc, tout peut encore changer si les quartiers populaires se mobilisent pour faire en sorte que Jean-Paul Lecoq soit maire du Havre et puisse battre Edouard Philippe. C'est ça l'enjeu, c'est un enjeu de mobilisation.

Nous avons d'ailleurs exactement le même enjeu à Paris. Vous savez, pendant la campagne municipale, on nous a beaucoup dit « Madame Dati, elle fait des scores formidables dans les quartiers populaires ». Vous savez, dans les quartiers populaires, elle fait zéro. Quand vous regardez la carte électorale de Paris, Madame Dati, c'est l'ouest parisien. Et donc, là aussi, on a un enjeu de mobilisation électorale. Il faut que les quartiers populaires aillent voter. Vous savez, les gens qui ont beaucoup d'argent votent toujours. Il faut que les quartiers populaires sortent et aillent voter massivement. C'est le cas au Havre.

Ça doit être le cas à Paris pour faire barrage à la droite et à l'extrême droite. Ces gens vont être plus insoumis aujourd'hui. C'est un peu ça la stratégie insoumise aujourd'hui. Oui, mais ça ne se passe pas exactement comme ça quand vous regardez la réalité électorale. À Paris, c'est dans l'Est parisien que la gauche fait ses meilleurs scores, y compris la liste d'Emmanuel Grégoire. Donc, si vous ne voulez pas avoir Dati à Paris, il faut se mobiliser. Il faut se mobiliser nombreux. Et il ne faut pas laisser les autres décider à votre place. C'est une leçon universelle à tirer des élections municipales. Pour le coup, ça, c'est une leçon qu'on peut tirer partout.

Au Havre, le troisième homme, c'est le ciotiste Franck Keller. 15,3% des suffrages au premier tour. Le RN faisait 7%. 7% en 2020. Six ans plus tard, c'est plus du double. Ça vous inquiète, cette progression du RN ? Un peu partout en France, à l'occasion de ces municipales. Bien sûr que ça m'inquiète. Comment vous l'expliquez ? Ça m'inquiète beaucoup, sans doute parce que bon nombre de classes populaires ne se sentent pas suffisamment représentées par la gauche. Et ça, c'est évidemment quelque chose qui doit nous interroger. Donc, il y a besoin que la gauche donne plus d'espoir, donne plus envie. Et c'est ce qui permettra de faire reculer le RN.

C'est l'une des questions qui se posera dans l'optique de 2027 et des élections présidentielles, si on ne veut pas que l'extrême droite gagne en France. En attendant, si on pouvait éviter que l'extrême droite gagne les élections municipales, gagne des communes, ce ne serait pas mal. Alors, il y en a un qui a gagné ça dès le premier tour dans sa commune, dans son fief de Saint-Armand-les-Eaux, dans le Nord. C'est Fabien Roussel, le patron de votre parti. Ça le place comme un candidat naturel pour la présidentielle dont vous venez de parler ? D'abord, il est maire. Je suis très heureux qu'il ait été élu maire dans une ville, il faut le dire, où le RN avait beaucoup progressé.

Et il apporte là une démonstration. C'est qu'on fait reculer le RN quand on propose aux électrices et aux électeurs un programme qui leur redonne de l'espoir. Ce qui a été fait à l'échelle locale à Saint-Armand-les-Eaux, il faut être capable de le faire plus largement. Et c'est le seul chemin qui permettra de faire reculer le RN. Est-ce que ça se traduit par une candidature à la présidentielle ? Nous verrons bien. Le Parti communiste a un congrès en juillet et ce sera l'occasion d'évoquer ces questions-là. Mais en tout cas, oui, c'est une démonstration intéressante.

Et plus il y aura de villes comme Saint-Armand-les-Eaux, dans lesquelles on a des maires qui réussissent à battre le RN, mieux ce sera. Rendez-vous dimanche prochain. Oui, on a compris. Mais sur la présidentielle, c'est quoi la position aujourd'hui de votre parti ? Est-ce que vous allez participer à cette primaire qu'on évoque déjà à gauche ? On a dit depuis des mois que nous ne souhaitions pas participer à cette primaire parce que nous ne sommes pas convaincus que c'est le meilleur chemin pour y arriver. En revanche, on aura besoin d'union, on aura besoin de rassemblement pour battre la droite et l'extrême droite.

Mais enfin, on est entre les deux tours des élections municipales, happés que nous sommes par ces campagnes. C'est un peu ça qui se joue, Yann Brossard, vous le savez bien. Mais pas du tout. Ce qui se joue au deuxième tour des élections municipales, c'est quelle majorité on veut à l'échelle de nos communes ? Arrêtons d'instrumentaliser les scrutins les uns après les autres. Et la seule question qui me préoccupe d'ici dimanche prochain, c'est est-ce que Paris reste à gauche ou est-ce que Paris tombe dans les bras de Mme Dati soutenue par l'extrême droite ? Donc une victoire juste dimanche, ça serait quoi au niveau national ? J'ai compris que Paris, pour vous, c'était Emmanuel Grégoire.

Mais à l'échelle nationale, une victoire de la gauche, c'est quoi ? Des majorités de gauche progressistes dans toutes les communes où la gauche est au second tour. C'est à ça qu'on s'attelle en ce moment. Vous n'avez pas de tableau Excel chiffré pour nous dire, voilà, si on remporte Paris, Marseille, Lyon, ce sera une victoire ? D'abord, ce serait très méprisant pour toutes les villes qui ne sont ni Paris, ni Marseille, ni Lyon. Moi, ce que je souhaite, c'est qu'on ait un maximum de victoire de gauche. Ça fera du bien aux populations qui, aujourd'hui, sont confrontées à la baisse du pouvoir d'achat, à des difficultés, au recul des services publics.

Donc, gagnons et faisons en sorte que nous puissions avoir un maximum de majorité de gauche dans nos communes. Eh bien, on suivra ça avec attention dimanche. On a eu une édition spéciale sur Public Sénat. J'espère que vous regarderez. Eh bien sûr, et j'espère que vous m'inviterez surtout. Merci beaucoup, Yann Brossat. Merci d'avoir été avec nous ce matin. Bon débat ce soir et donc bonne fin de campagne pour vous. Merci Rémi. On parlera de quoi dans combien de temps on se retrouve ? D'ici une demi-heure ? Oui, une petite demi-heure.

30:29
Invité

On parlera de Nevers et de la lutte pour la mairie de Nevers. Et puis, on fera un petit tour d'horizon plus global sur les municipales en France.

30:35
Présentateur

Super, merci beaucoup. Tout de suite, c'est Antoine Bassebousse qui nous rejoint en plateau. Et bonjour, Antoine Bassebousse. Installez-vous. Vous êtes politologue, directeur de l'Observatoire des Pays Arabes et associé chez Forward Global. Merci d'être avec nous. On est ensemble pendant 20 minutes. Vous connaissez Fabrice Vessard-Rodon du groupe Ebra qui va m'épauler dans cette interview. Beaucoup de sujets évoqués, bien évidemment, au Moyen-Orient. On va commencer avec, évidemment, Ali Laridjani. Ce mercredi, le régime iranien enterre celui qui était présenté comme l'homme fort du régime. Il a été éliminé par Israël dans la nuit de lundi à mardi.

Déjà, peut-être présent, vous pouvez nous le présenter. Est-ce que son élimination, l'élimination de Laridjani, change quelque chose à l'équation au Moyen-Orient ?

31:31
Locuteur non identifié

C'est une personnalité de premier plan. C'est un gros poisson qui disparaît. Vous dites enterré. Ils n'ont pas encore enterré le guide Khamenaï.

31:41
Présentateur

Les funérailles sont organisées.

31:43
Locuteur non identifié

Oui. Et donc, le régime est en difficulté. Il a perdu ses têtes, ses généraux. Et il continue à être, en quelque sorte, extrêmement pénétré par le renseignement. Un régime comme ça, avec des dirigeants qui disparaissent les uns après les autres, eh bien, tout le monde s'inquiète. Tout le monde regarde son adjoint, son voisin, son enfant, son subordonné pour savoir d'où vient l'information, comment ils sont vendus, comment le renseignement israélo-américain parvient toujours à les cibler, à les toucher, à les frapper si fort. Il est réellement en difficulté ou on peut considérer qu'ils ont encore de la ressource ? Notamment pour assurer les remplacements successifs ?

Écoutez, s'il s'agit de remplacement suivi d'autres remplacements, le fil des remplaçants qui disparaît, c'est inquiétant. Comment voulez-vous mener une guerre et gagner si vous n'êtes pas sûr que vous allez survivre le lendemain, que votre voisin, que votre subordonné, que votre supérieur n'est pas un indicateur de l'ennemi ? Ce qui est sûr, c'est que les hautes sphères du régime ont été frappées durement. Ce qui est sûr, c'est que le régime n'a plus d'aviation. Le peu d'aviation qu'il avait a disparu. Il n'a plus de marine, il n'a plus d'usines, d'infrastructures. Il a été tellement frappé qu'il risque d'avoir des cibles en moins. Cela dit, la ressource du régime, elle est où ?

Essentiellement, ce sont les sentinelles de la citadelle. L'Iran, c'est la citadelle. Et la doctrine du général Sulaimani, c'est de placer des sentinelles partout autour de l'Iran pour le défendre. Et nous avons vu ces sentinelles agir, que ce soit au Liban. Le Hezbollah, sur instruction des passes d'Aran, a ouvert le feu pour créer un front parallèle.

33:50
Présentateur

On va parler du Liban, mais juste pour revenir sur cette élimination de l'Arijani. C'était un des hommes qui était présenté comme l'auteur de la répression contre les Iraniens début janvier. C'est 40 000 personnes tuées, assassinées par le régime. Comment est perçu cette élimination en Iran aujourd'hui ? Est-ce que c'était un homme détesté, quand même apprécié, avec quand même un soutien du côté de la base du régime ? Comment s'est perçu ? Et peut-être même de manière plus générale dans le monde arabe, de manière générale.

34:19
Locuteur non identifié

L'Arijani a eu des rôles multiples et variés et très riches. Il a été pendant 12 ans président du Majlis, du Parlement. Il a été négociateur du nucléaire. Il a été ministre pendant une dizaine d'années. Bref, c'est quelqu'un qui est issu du régime, qui fait partie de la colonne vertébrale du régime et qui a été désigné pour prendre le poste le plus important après la disparition du guide, la sécurité nationale. Donc, ce n'est pas un marginal. C'est quelqu'un qui est sorti juste vendredi dernier pour la journée internationale d'Al-Quds, de Jérusalem.

34:56
Présentateur

Parade dans les rues Téhérans.

34:58
Locuteur non identifié

Et parce qu'il était protégé par des milliers de personnes, il est sorti, il s'est exposé, il a parlé à la télévision. Mais toute sa vie, il l'a passé, surtout depuis ces dernières années, enterré en cachette, fuyant les... C'est quand même curieux, finalement. C'est presque suicidé, de sa part. Est-ce que c'est une erreur ? Est-ce que c'est une erreur qu'il a faite ? Est-ce que le régime commet des erreurs, d'ailleurs, dans cette période, selon vous ? Déjà, par son ADN, il commet des erreurs. Parce que quand on prêche la haine, tous les jours, matin, midi et soir, qu'on cherche, qu'on dit mort à l'Amérique, mort à Israël, deux puissances... Oui, mais ça, c'est son leitmotiv.

Mais tactiquement... Mais quand vous avez entendu, pendant 47 ans, mort à des puissances régionales et internationales, eh bien, le peuple s'imprègne de ça. Et donc, cultiver la haine, placer des sentinelles, des essais de frolons partout dans la région, diviser tous les pays, commettre les attentats les plus cruels, exercer le terrorisme international sur ses voisins, tout ça fait que ce sont des erreurs et qu'aujourd'hui, il est en train de payer la facture de ces erreurs-là.

36:15
Présentateur

Ces éliminations ciblées, ce n'est pas la première, sans doute pas la dernière du côté des Israéliens. Est-ce qu'elles servent vraiment à quelque chose ? Puisqu'on sait qu'il y a toujours quelqu'un qui va remplacer celui qui est éliminé.

36:25
Locuteur non identifié

Mais celui qui, le remplaçant, n'a pas forcément le background du partant. Khamenei est resté 37 ans guide. Et quand on est 37 ans guide, c'est-à-dire le vicaire du prophète sur terre, il avait tous les pouvoirs et son successeur, ce n'est pas évident, il lui faut tellement d'années pour maîtriser, contrôler tous les pouvoirs, pour incarner le pouvoir et pour l'exercer. Donc, le nouveau venu n'a pas la même expérience, n'a pas la même autorité.

36:56
Présentateur

Vous dites que ces éliminations contribuent à affaiblir le régime iranien.

37:01
Locuteur non identifié

– Évidemment, à le rajeunir, à l'affaiblir, à semer le doute, à le déstabiliser. C'est une preuve de faiblesse. C'est une preuve que ce régime ne peut plus faire confiance à ses membres parce que d'où vient l'information ? Comment l'ennemi sait que telle personne se trouve à tel endroit, à telle heure ? Parce que l'élimination d'hier n'était pas seule. Il y a eu également l'élimination du patron d'Ebasside, c'est-à-dire ceux de la répression intérieure.

37:33
Présentateur

– Les ministres pro-régime, effectivement, en charge…

37:34
Locuteur non identifié

– Ce sont eux qui ont réprimé énormément en janvier dernier. Et ce matin, apparemment, il y a une autre élimination d'un dirigeant du Hezbollah à Beyrouth qui vient d'avoir lieu.

37:44
Présentateur

– Alors, on va reparler du Hezbollah, évidemment, et du Liban, mais juste qu'on comprenne bien, selon vous, le régime peut encore, disons, survivre malgré cette guerre qui commence à durer, qui fait beaucoup de morts, beaucoup d'éliminations, et pourtant, on ne voit pas encore les prémices d'un changement, d'un renversement du régime.

38:02
Locuteur non identifié

– On ne le voit pas, on est au 19e jour de la guerre. Il n'y a pas d'exposition israélo-américaine au sol. Le régime est affaibli, on le voit, avec le nombre d'éliminations de dirigeants, avec les infrastructures, avec toute la machine guerrière de fabrication de missiles, de drones, avec le nucléaire qui a été tout au moins largement frappé, durement frappé. Bref, ce régime n'a plus de ressources, n'a pas beaucoup d'amis. Et ses amis ne viennent pas à son secours. – Et qui sont ces derniers soutiens ? Comment tient-il ? – Les derniers soutiens, je ne les vois pas. Je ne les vois pas. Venezuela, elle n'est plus là, M. Maduro. Cuba est dans un piteux état.

Les Russes profitent de la crise pour vendre leur pétrole à prix fort. La Chine s'intéresse au pétrole iranien, et pas aux dirigeants iraniens. Bref, dans le voisinage, ils n'ont épargné aucun état, y compris le sultanat d'Oman, qui a été le médiateur, qui les a reçus, qui les a accueillis, qui a accueilli les négociations sur le nucléaire dans les années 2012-2015. Il les a accueillis à Mascate, puis à Genève, pour les dernières négociations. Même le sultanat d'Oman, le dernier ami, a été bombardé. Il y a eu deux morts.

39:29
Présentateur

– Vous dites que ces répliques iraniennes dans la région, notamment sur les pays du Golfe, est une erreur peut-être stratégique de la part du régime iranien ?

39:38
Locuteur non identifié

– Ça dépend comment on se place. Pour les Iraniens, ils veulent créer un choc pétrolier, un choc financier pour écourter la guerre et pour négocier avec ce régime avant qu'il ne tombe. Donc élargir le front, c'est quelque chose pour eux qui est indispensable. Même ils ont frappé jusqu'à Chypre, ils ont frappé jusqu'en Turquie, à Zerbidjian. Bref, pour les Iraniens, plus la guerre fait des dégâts, plus ça va écourter sa durée et plus ils vont pouvoir négocier en position en étant encore au pouvoir.

40:12
Présentateur

– Et ils pourront quand même après toujours se revendiquer comme les champions de la cause de l'islam politique ou selon vous, là on passe à quelque chose d'autre à cause de ces frappes ?

40:22
Locuteur non identifié

– Qui croit encore aux champions de l'islam politique ? C'est la nature du régime, mais quand on voit qu'au bout de 47 ans, au lieu d'améliorer la condition de vie des Iraniens, de faire rayonner la civilisation, la culture iranienne, ils ont pratiqué le terrorisme, ils ont appauvri leur peuple pour le nucléaire, pour des causes de haine prêchant la destruction des voisins. Bref, donc cette cause n'est pas entendable.

40:53
Présentateur

– Alors parlons du Liban, un pays que vous connaissez bien, Antoine Bazbous, Israël a intensifié ses frappes au Liban sur les fiefs du Hezbollah. Dans les nuits, le centre de Beyrouth a de nouveau été visé. Un dernier bilan fait état de 900 morts au total. Est-ce que, très simplement, et ce n'est peut-être pas une de la questions la plus simple à répondre, est-ce qu'Israël a la capacité d'éradiquer le Hezbollah aujourd'hui au Liban ?

41:15
Locuteur non identifié

– Le Hezbollah, je crois qu'il est très affaibli sur le plan populaire. Il a été pendant longtemps comme un poisson dans l'eau. Mais le Hezbollah qui a agi sur instruction des pasteurants iraniens est devenu un agent étranger. Qui est-ce qui a demandé au Hezbollah, présent au gouvernement en 2006, de déclarer la guerre à Israël ? Qui est-ce qui a demandé au Hezbollah, qui était au gouvernement en 2023, de venir au secours du Hamas à Gaza ? Qu'est-ce qui a demandé le 1er mars au Hezbollah d'ouvrir le feu sur Israël pour créer…

41:55
Présentateur

– Je ne comprends pas votre question rhétorique, c'est l'Iran.

41:57
Locuteur non identifié

– Évidemment, c'est l'Iran. Donc quand il se place comme agent d'une puissance étrangère, alors que le gouvernement libanais, qui comprend deux ministres du Hezbollah, dissolver le Hezbollah, la branche militaire et sécuritaire, le Hezbollah n'obéit pas au gouvernement libanais, il obéit à l'Iran. Et c'est ça, sa situation aujourd'hui. Il a cramé en quelque sorte la communauté en la chassant de ses terres, en faisant un million de personnes qui errent dans le pays sans toit. Ils n'ont rien préparé. Et puis c'est tout le Liban qui se suicide avec le Hezbollah qui agit pour le compte de l'Iran. – Pardon, excusez-moi.

Le Hezbollah fait partie des proxys de l'Iran sous perfusion économique, financière de l'Iran. Est-ce qu'aujourd'hui, l'Iran a encore les moyens de financer ses proxys ? – Non, aujourd'hui l'Iran est à la peine, il n'a plus de ressources, il ne peut rien exporter, il a beaucoup de dépenses de guerre et beaucoup d'infrastructures à reconstruire. Sauf que le Hezbollah a reçu un milliard l'année dernière, donc il vit sur ses réserves. Il vit aussi, il a longtemps vécu sur le Cap-Tagon, c'est-à-dire cette drogue de synthèse qu'il exportait parce qu'il contrôlait les ports et les aéroports du Liban, toutes les frontières, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui.

Le Liban a manqué quand même une opportunité unique en 2025. Rappelez-vous, en 2024, Nasrallah, le chef du Hezbollah, a été éliminé. Deux mois après, c'est Assad qui a été renversé et l'autoroute de l'axe de la résistance Téhéran-Bérout a été coupée. Et donc là, il y avait une opportunité unique pour le Liban de se redresser, de revendiquer et d'appliquer sa souveraineté. Il y a eu un président et un nouveau gouvernement. Il fallait à ce moment-là agir et agir avec force, d'autant plus que l'opinion publique libanaise ne veut plus de ses guerres pour le compte de l'Iran.

44:03
Présentateur

– Mais le Hezbollah conserve quand même certains soutiens dans la population libanaise. Quand on voit ce bilan humanitaire catastrophique, quand on perçoit cette offensive israélienne au Liban, est-ce que ça ne contribue pas à faire bloc contre Israël, contre un ennemi commun d'une certaine manière aujourd'hui au Liban ?

44:20
Locuteur non identifié

Quand vous provoquez un voisin gratuitement et vous appelez sa colère et sa force et sa puissance, vous détruisez vos familles, vous détruisez votre espace vital. Le sud maintenant où les chiites étaient les plus nombreux, eh bien il se vide. La banlieue sud de Beyrouth où c'était le poids démographique, il est vide et là on se pose la question, les dirigeants chiites, pourquoi ils se taisent ? Pourquoi le président du Parlement libanais, deuxième personnage de l'État, pourquoi ils ne condamnent pas cet aventurisme, ce suicide que le Hezbollah mène, non seulement pour la communauté qui est concernée au premier chef, mais également pour le Liban ? Donc M.

Berry, le président du Parlement libanais, est extrêmement coupable de son silence, de sa solidarité avec Hezbollah. – S'il ne parle pas, c'est qu'il a peur, c'est ça ? C'est ce que vous suggérez ? – C'est qu'il a des intérêts qui font qu'il n'a pas le courage de dire ce qu'il pense, il n'a pas de vision sur l'avenir. Comment voulez-vous s'en sortir au moment où une puissance comme l'Iran est aplatie tous les jours ? – Excusez ma question, mais est-ce que quelque part aussi pour les Libanais, il n'y a pas cette peur de devoir choisir entre l'Iran et Israël au final ? – Mais on peut vivre entre voisins dans l'ignorance, ce qui a été le cas jusqu'aux années 70.

Le Liban et Israël étaient des voisins, mais il ne se faisait pas la guerre. Dans les années 60, à la fin des années 60, M. Arafat s'est implanté au Liban, il a commencé à guerroyer avec Israël. Et donc, il a provoqué le retour d'Israël, les premières invasions. Le Liban n'a pas intérêt à rentrer, à être un agent de l'Iran, ni de M. Arafat, ni de M. Assad. Il a intérêt à préserver, protéger son modèle, à préserver sa sécurité, et non pas à servir d'agent de puissance étrangère.

46:27
Présentateur

– Alors précisément, il y a un plan français qui est évoqué pour entamer des négociations entre le Liban et l'État d'Israël, pour une reconnaissance notamment de l'État hébreu par Beyrouth. C'est un plan qui est voué à l'échec, selon vous ?

46:39
Locuteur non identifié

– Non, je crois que c'est un plan qui est utile, qui vient au bon moment. Je ne suis pas sûr qu'Israël va accepter des paroles libanaises, parce que le gouvernement parle, mais il a double parole, double langage en quelque sorte. Il rassure les étrangers, français, américains, pays arabes, en leur disant, j'ai condamné le Hezbollah, mais l'armée libanaise n'agit pas pour contrôler le Hezbollah et reprendre son armement. Donc le double langage du Liban l'a desservi, et j'ai bien peur qu'Israël, demain, ne se satisfasse plus de la parole.

Il veut crier probablement des faits accomplis à partir desquels il pourrait négocier et imposer au Liban qui est en position d'extrême faiblesse les conditions d'Israël.

47:33
Présentateur

– Vous dites que ce n'est pas forcément voué à l'échec. Il faut entamer ces négociations, que la France doit pousser pour que ces négociations aient lieu, sous la houlette de la France ou des États-Unis.

47:44
Locuteur non identifié

– Oui, ou plutôt de la France, parce qu'elle est plus impliquée, qu'on ait mieux les deux parties, et historiquement très présente. Donc il va falloir que ces négociations soient engagées, qu'elles aboutissent. Ce dont j'ai peur, c'est qu'Israël n'accepte pas de négocier à froid, mais de créer des faits accomplis pour imposer au Liban ces conditions, alors que le Liban est dans une situation de faiblesse. – Parlons de la France, justement.

48:10
Présentateur

Le détroit d'Ormuz est toujours bloqué de facto par le régime iranien. Nous ne sommes pas partie prenante au conflit, a répété hier Emmanuel Macron. Est-ce que c'est vrai ? Est-ce que la France peut rester dans cette position qui a été qualifiée de purement défensive par le chef de l'État ?

48:25
Locuteur non identifié

– Écoutez, le problème, c'est un problème de méthode du président américain. Quand, bon, il engage une aventure comme celle-là, je ne dis pas qu'elle est inutile, sans prévenir les amis, les alliés, et quand la petite tête devient très chaude, il veut la passer. Et il la passe comment ? Par un tweet. Or, il y a, dans la situation internationale, il y a des diplomates, il y a des services de renseignement qui préparent le terrain d'une négociation. M. Trump, par sa méthode, il tweet, il appelle, il désigne les pays, venez, venez, la patate est chaude, je vous la file. Et donc, du coup, ce n'est pas une méthode qui va aboutir. Il va falloir travailler autrement avec les amis, avec les proches.

Et surtout, M. Trump, auparavant, il avait voulu annexer un territoire européen, le Groenland. De la même manière, avec la même méthode brutale. Donc, cette méthode, il faut que M. Trump en change pour, après, attirer les pays amis à s'associer avec lui. Vous pensez qu'il en est capable d'en changer, de méthode ? Non, je ne crois pas, parce qu'il est sur son nuage. Tous les jours, il dit, j'ai construit la plus belle armée au monde, elle est invincible. Et donc, dans ce cas-là, il n'a pas besoin d'allier pour aller ouvrir le 3 de la mousse. Est-ce qu'il peut s'enliser dans ce conflit ? Est-ce qu'il est déjà ?

49:51
Présentateur

Est-ce qu'il est déjà ?

49:53
Locuteur non identifié

Au bout de 19 jours, je ne parle pas de 19 mois, ils ont détruit les capacités iraniennes. Le nombre de missiles et de drones se réduit. Les dirigeants ne sont plus là. Bref, regardons le verre. Plus qu'à moitié plein, qu'à moitié vide, même si l'Iran continue à faire agir ses sentinelles en Irak et au Liban. mais la sentinelle Hamas n'est plus là, la sentinelle syrienne Assad n'est plus là et les Houssi au Yémen se taisent.

50:23
Présentateur

Le bilan que vous tirez de ces 19 jours de guerre, c'est plutôt positif. Il y a d'un point de vue purement militaire.

50:31
Locuteur non identifié

Regardons la situation. Aujourd'hui, l'Iran est à la peine. L'Iran est en train d'être brisé. Je sais combien de milliers de cibles ont été touchées, combien de dirigeants éliminés. Donc, de ce fait-là, même s'il y a encore quelques missiles et des drones qui sortent, même si la capacité de l'Iran est encore énorme de frapper les infrastructures sur la rive sud-ouest du détroit d'Ormuz, il y a au moins une quinzaine de gisements de terminaux pétroliers, sans parler les générateurs électriques, sans parler des dessalements des pays voisins. L'Iran a encore des capacités de nuisances énormes sur ses voisins. – Dernière question, Fabrice. – Ça veut dire que ça peut durer

51:17
Présentateur

ou que ça peut s'arrêter ? J'essaie de comprendre votre analyse. – Je ne vois pas la fin.

51:22
Locuteur non identifié

– Est-ce qu'on est dans un début d'enlisement

51:26
Présentateur

ou ça peut s'arrêter assez vite ?

51:27
Locuteur non identifié

Ça, c'est quand même une question que tout le monde se pose, y compris à la station-service en France.

51:31
Présentateur

– Hier, Donald Trump dit que ça peut s'arrêter dans un court-moyen terme. Je ne sais pas ce que ça veut dire. Je ne sais pas si vous parlez le Donald Trump.

51:36
Locuteur non identifié

– Non, non, je n'ai pas trouvé le décodeur Trump pour comprendre ce qu'il veut dire parce que la déclaration du matin contre celle du soir et de la veille. Je crois qu'au 19e jour du conflit, évidemment, le conflit n'est pas fini, que le régime continue à tirer des missiles et des drones. Il a encore une capacité de nuisance, mais il est extrêmement affaibli. On ne peut pas décider ou savoir quand sera la chute et comment sera la fin de ce conflit.

52:09
Présentateur

– On vous réinvitera évidemment pour en parler. Merci beaucoup Antoine Bassebousse pour toutes ces explications sur une situation qui est très loin d'être claire. Merci beaucoup d'avoir été notre invité. Merci Fabrice de m'avoir épaulé. On va tout de suite ouvrir une page municipale. Le deuxième tour, c'est dans quatre jours. Et direction Nantes ce matin, ville très scrutée par le Parti socialiste, dont la numéro 2, Johanna Roland, tient la ville depuis maintenant 12 ans. Elle a décidé de conclure une alliance avec les Insoumis après un premier tour très serré face au candidat de la droite. Jérôme Rabier nous explique tout. Regardez.

52:52
Locuteur non identifié

Il est la surprise du premier tour et pourrait faire basculer Nantes à droite.

52:58
Présentateur

Foul que chombard de l'eau, arbore un large sourire après un premier tour où il talonne Johanna Roland. Au contact des habitants, il défend désormais ce qui pourrait être un symbole national. Mobilisation, mobilisation, terrain, terrain, voilà. Et puis surtout, on va attendre de voir la fin des tractations de Mme Roland parce que vous ne la verrez pas, a priori, sur le terrain ni sur les plateaux télé puisqu'elle est dans des négociations de la honte avec LFI. Foul que chombard de l'eau

53:25
Locuteur non identifié

en profite pour occuper le terrain

53:27
Présentateur

et défendre son projet pour Nantes et ses idées avec un espoir qui grandit dans son camp. Le message dimanche prochain sera très clair. Ce sera celui de l'alternance mais ce sera aussi celui de la préservation des valeurs républicaines parce que dans ces tractations qui ont lieu ces jours-ci, Mme Roland ne s'honore pas avec le canal de discussion très ouvert, très clair qu'elle a ouvert avec LFI. Contrairement aux consignes d'ailleurs de LFI, excusez-moi, du PS au niveau national, elle est quand même numéro 2 du PS et elle se permet de trahir les valeurs fondamentales d'une gauche que nous pensions républicaine.

Si la droite peut rêver de reprendre la vie et la gauche depuis 1989, c'est que ce bastion socialiste n'a jamais autant vacillé. Avec 35% des voix seulement, la liste conduite par Johanna Roland aura besoin des voix insoumises pour l'emporter. Lundi soir, une manifestation, deux militants LFI demandaient cette union, signée dans la foulée et annoncée par la tête de liste insoumise. Nous sommes arrivés à un deal et nous allons nous présenter ensemble à l'élection du second tour. Mais une union technique uniquement pour battre la droite. Les insoumis élus rejoindront ensuite un groupe à part qui sera dans l'opposition.

C'est une fusion démocratique où chacun et chacune sera représentée, mais il est assez clair aujourd'hui que les programmes qui ont été présentés au premier tour, continueront d'être présentés par chaque liste au sein de cette fusion démocratique. De retour sur le terrain mardi matin et ragaillardie par cette fusion des listes, Johanna Roland espère désormais que les Nantais la reconduisent pour six ans.

55:12
Locuteur non identifié

Si tout le monde se dit que ça devrait être bon, ça ne va pas suffire. Donc je compte sur vous. Faites pas chez le message. Mobilisation générale.

55:19
Présentateur

Mais pour la numéro 2 du PS au niveau national, s'allier avec LFI n'a pas été une décision facile.

55:26
Locuteur non identifié

Je suis très au clair avec le choix que j'ai fait. Dans la hiérarchisation de mes combats, on ne se trompe jamais. Ma responsabilité, c'était de créer les conditions pour que demain, on batte une droite qui se superpose à l'extrême droite. Nous, on dit, on fait un accord technique, un accord démocratique. Ça veut dire que les élus siègeront dans l'opposition.

55:46
Présentateur

Une alliance aussitôt dénoncée par le candidat de droite aux côtés de ses alliés du centre droit. C'est la rupture de ses engagements de maire puisqu'elle avait laissé croire aux Nantais qu'elle ne le ferait pas. Finalement, elle le fait. Et je pense, encore plus grave, que c'est la rupture de ses engagements de femmes politiques. Je pense qu'elle avait des valeurs qui ne sont pas celles qu'elle vient de prouver. Elle vient de faire la faute qui va la faire perdre dimanche. Le duel est désormais lancé avec un choix binaire pour les Nantais, prolonger l'aventure Johanna Roland à la tête de Nantes ou bien faire basculer la ville à droite avec Foulque-Chombard

56:20
Locuteur non identifié

de l'eau.

56:21
Présentateur

On continue à parler municipale. L'actualité au plus près du terrain, c'est avec nos amis de la presse régionale aujourd'hui, direction Niort où on retrouve Alban Ratsivalaka, directrice départementale de la Nouvelle République dans les Deux-Sèvres. Bonjour Alban. On parle donc municipale avec vous. Une seule commune dans tout le département n'a pas désigné de maire au premier tour dimanche dernier. C'est la ville de Mel, c'est ça ? C'est la ville de Mel, oui, en effet, sur 256 communes.

56:49
Ian Brossat

Seule la ville de Mel ira au second tour dimanche et dans nos colonnes ce matin, un papier signé Sébastien Caronton sur cette ville qui se situe dans le sud des Deux-Sèvres et qui vit une campagne municipale plutôt sous tension. Alors Mel, pour vous situer, c'est l'ancien fief de Ségolène Royal qui fut député de cette circonscription pendant une vingtaine d'années. Le fauteuil est aujourd'hui occupé par Delphine Bateau, ancienne ministre de l'écologie. Mel est également connue pour être située à quelques kilomètres de la commune de Sainte-Sauline qui avait été le théâtre d'affrontement lors de la manifestation contre les méga-vacines il y a trois ans.

Alors dimanche soir, à l'issue du premier tour, le maire sortant, l'écologiste Sylvain Griffo a été devancé par son principal challenger, le centriste Ryan Lequien. Une autre liste de gauche arrive en troisième position. C'est donc une triangulaire qui va se jouer pour le deuxième tour et au cœur de cette triangulaire, il y a évidemment

57:44
Invité

la bataille de l'eau. Alors une bataille qui s'est traduite dans la nuit de lundi à mardi par des banderoles

57:50
Ian Brossat

signées de la coordination rurale déployée sur les ronds-points de la ville. Menaçante pour Sylvain Griffo,

57:56
Invité

elles apportent à son principal rival des encouragements plutôt embarrassants. On peut y lire « Aider le soldat Ryan » ou encore

58:04
Ian Brossat

« Griffo, la bassine est vide mais les bennes sont pleines ». Les trois candidats ont unanimement condamné ces faits. Il reste quatre jours avant de savoir qui sortira vainqueur de ce deuxième tour. Et il reste une semaine pour savoir s'il faut craindre un nouveau Saint-Sauline car le 25 mars prochain est la date anniversaire des trois ans de la manifestation. Plusieurs rendez-vous des mouvements anti-bassines sont annoncés à Melle et la coordination rurale a fait savoir qu'elle serait peut-être de la partie.

58:35
Présentateur

Merci beaucoup Albane. Merci beaucoup pour toutes ces explications. La une de la Nouvelle République, on va la voir, municipale à Melle. La tension monte. Merci beaucoup d'avoir été avec nous ce matin. On va continuer à parler des élections avec vous. Rémi, vous avez fait le tour de la presse régionale. Le scrutin est un peu partout à Strasbourg. Le jeu des alliances est joué jusqu'au dernier moment. Oui, Catherine Trottmann, initialement candidate au Parti Socialiste, s'est vue retirer son investiture par Olivier Faure hier en raison de son alliance surprise avec Pierre-Jacubovics du parti Horizon.

Le parti d'Edouard Philippe a également décidé de retirer son investiture et son soutien à son candidat au profit de Jean-Philippe Wetter, candidat Les Républicains. À Strasbourg, il y aura donc une triangulaire avec Jeanne Barséguian, la maire sortante, les écologistes qui s'est alliée à la France insoumise. La dépêche du midi propose un petit tour d'horizon des résultats de ce premier tour.

Si vous souhaitez suivre un cours de rattrapage version municipale, la dépêche revient sur la lutte entre les différents partis de gauche à Lille, sur le duel qui oppose le rassemblement national à Benoît Payan à Marseille, mais aussi sur le refus de l'alliance entre Emmanuel Grégoire et Sophia Chiquirou à Paris, ou encore le choc attendu entre Aulas et Doucet à Lyon. Et justement, à Lyon, dans le progrès, Jean-Michel Aulas tacle Grégory Doucet qui a décidé de s'allier à la France insoumise pour le deuxième tour.

L'ancien président de l'OL et candidat du centre et de la droite assure être clair sur ses alliances, mais a toutefois refusé de débattre avec son concurrent cette semaine puisque le maire s'est allié à la France insoumise. Autre tour d'horizon dans le midi, cette fois au niveau local. Oui, le midi libre propose un retour à Nîmes et à Alès, par exemple, et propose dans l'édition de Montpellier une interview des deux opposants au maire sortant, Mickaël Delafosse, Nathalie Oziol, candidate à la France insoumise et Mohada Altrad, candidate du centre.

La première assure être la seule alternative crédible au maire sortant, alors que le second avoue ne pas être parvenu à un accord pour fusionner ses listes avec Isabelle Perrin et Philippe Sorel. Très, très, très, très chaud, je crois, Rémi. Oui, Amandine Bougelilat, candidate du centre qui avait réuni un peu plus de 11% des votes au premier tour, s'est retirée hier appelant à ne voter ni pour le maire sortant, candidat de la majorité présidentielle, ni pour le candidat d'hiver droite, oui, de Xavier Morel. Mais elle ne s'est pas prononcée pour le candidat à les écologistes Wilfried Ségeot qui avait terminé deuxième du premier tour avec plus de 30% des votes. Donc ça va être très chaud.

Merci beaucoup, Rémi, pour toutes ces explications. Les municipales, encore et toujours, on va filer du côté de Bordeaux. À présent, on retrouve Jefferson Desport, grand reporter à Sud-Ouest. Bonjour Jefferson, comment ça va ? Vous, vous suivez Bordeaux, vous allez même animer le débat à Bordeaux. Expliquez-nous comment ça se passe chez vous. Bonjour Steve, vous l'avez suivi, Bordeaux, coup de tonnerre hier soir puisque Philippe de Sartine, l'économiste libéral, arrivé en troisième position et véritable surprise de ces élections municipales à Bordeaux, a retiré sa candidature.

On a vécu véritablement une journée à suspens, un rebondissement hier puisque toute la journée, les rumeurs ont enflé. Il allait se retirer, puis il allait se maintenir, puis il allait se retirer. Mais factuellement, à 14h hier, il n'avait toujours pas déposé sa liste à la préfecture et toute l'après-midi, finalement, il n'y a personne pour Philippe de Sartine qui s'est présenté à la préfecture. Et vers 18h, il a confirmé dans une salle de Bordeaux qu'il retirait sa candidature. Il a expliqué s'être rendu à l'évidence qu'il ne pourrait pas, malgré ses 20% du premier tour, gagner en cavalier solitaire, gagner tout seul la mairie de Bordeaux.

Il a préféré jeter l'éponge entretenant un certain flot d'interrogations sur les raisons de ce retrait. Est-ce qu'a-t-il subi des pressions ? Son équipe l'a-t-elle lâchée en interne ? En bref, il y a beaucoup encore de questions sans réponse aujourd'hui. En tout cas, le maire sortant, Pierre Heurmi, que vous voyez à l'écran, qui sera lui sur la ligne de départ puisqu'il est aviré en tête de ce premier tour avec 27% et il retrouvera Thomas Cazenave qui a fait 25%. Pierre Heurmi s'est engouffré dans la brèche, dénonçant les brutalités et les méthodes de Thomas Cazenave qui l'accuse d'avoir fait plier et renoncer Philippe de Sertines.

Voilà, donc on aura un deuxième tour, un entre-deux tours sous tension entre ces deux candidats qui se connaissent bien puisque Thomas Cazenave est conseiller municipal sortant, député de Bordeaux et ancien ministre du budget. Voilà pour le point de situation avec ce rebondissement de dernière minute. La vraie question, Jeffesson, c'est est-ce que vous êtes prêts, vous allez animer ce débat avec Rian Mancini, est-ce que vous êtes prêts à affronter ce débat d'entre-deux tours ? Oui, bien sûr, on est prêts, Steve, ce sera à suivre sur TV7 et Public Sénat bien entendu et sur sud-ouest.fr.

Voilà, tout se met en place mais comme je vous le disais, il devait être trois, on en attendait trois pour ce débat, ils ne seront que deux, Pierre Heurmi que le maire sortant, l'écologiste donc qui a refusé l'alliance avec LFI et la main tendue de LFI et Thomas Cazenave qui lui a tenté de faire une alliance avec Philippe de Sertine mais Philippe de Sertine a préféré se partir, retirer sa liste. Donc on a deux candidats, ce sera un mano-a-mano pour ce second tour à Bordeaux, Steve. Et à suivre bien sûr ce soir ce débat et toutes les explications. Bon, trois c'est bien, deux c'est bien aussi. Merci beaucoup Jefferson. C'est bien aussi.

Bien évidemment tout à l'heure donc pour ce débat à Bordeaux avec Oriane Mancini. Merci Jefferson. Les affiches donc du deuxième tour sont désormais connues. Les candidats avaient jusqu'à hier 18h pour déposer leur liste en préfecture. Explication, présentation du casting avec Gaëlle Francesca et on en débat dans un instant. Après avoir essayé pendant deux jours de s'allier avec Rachida Dati, Sarah Knafo s'est désistée. On a eu affaire, ces deux derniers jours à ce que vous appelez souvent la droite la plus bête du monde. Donc, moi j'ai décidé d'être plus intelligente qu'eux. J'ai décidé de retirer ma liste pour nous laisser une chance de battre la gauche.

Avec la fusion des listes Dati-Bournazel sans Bournazel, il y aura donc une triangulaire pour le second tour des municipales dans la capitale. LR et Macroniste affronteront Emmanuel Grégoire et son union des gauches ainsi que LFI. Sophia Chikirou n'a pas retiré sa candidature au risque de diviser les votes. À Marseille, au contraire, Sébastien Delogu a décidé à contre-cœur de se retirer pour ne pas laisser de chance à l'extrême droite de passer. C'est ce que j'aurais fait. On est dans le plus grand combat contre le Rassemblement National de l'histoire de cette ville. Il n'était plus en capacité de gagner.

Du côté du Rassemblement National, au coude à coude avec Benoît Payan, Franck Alizio a appelé au désistement de la liste LR2-Vassal sans succès. J'ai toujours dit que j'irais au bout d'un combat. Eh bien, je vais au bout du combat. À Bordeaux, pas de liste pour le candidat diversant entre Philippe Dessertine au deuxième tour. Refus aussi pour lui arriver troisième du scrutin de s'allier avec le macroniste Thomas Caznav. Ce dernier affrontera donc seul dimanche prochain le maire sortant écologiste Pierre Urmic. Remontons vers Strasbourg enfin pour une alliance des plus surprenantes.

Face à l'union des écologistes et des Insoumis, la socialiste Catherine Trottmann a décidé de fusionner sa liste avec celle d'Horizon. Une union désavouée immédiatement par leurs partis respectifs. Olivier Faure ne soutient plus sa candidate et le parti d'Edouard Philippe soutient à présent le candidat LR Jean-Philippe Vetter. Le scrutin s'annonce particulièrement tendu. Les cartes sont-elles rebattues pour ce deuxième tour des élections municipales ? Pour en parler, pour en débattre, j'ai le plaisir d'acquérir sur ce plateau Bérangère Bonde. Bonjour Bérangère. Bonjour. Vous êtes journaliste politique. Votre dernier livre s'intitule Gabriel Atta, l'ange exterminateur.

C'est à retrouver aux éditions de l'Archipel. Vous êtes aussi aux manettes du podcast dans l'hémicycle. Je crois que c'est le huitième héro cette semaine.

1:06:09
Locuteur non identifié

Sur le nuançage justement des listes et des candidats, comment ça marche, qui fait quoi. C'est important parce que le nuançage du deuxième tour va être intéressant à suivre. Partout où il y a eu des fusions, si une liste d'extrême-gauche fusionne avec le PS ou les verts, le préfet va devoir se re-re-re-re-re-re-re-re-re-re-re-re-re-re-re-re-re-re-re.

1:06:26
Présentateur

On a besoin de beaucoup de pédagogie. En ce moment, Jean-Baptiste Forêt, bonjour. Bonjour. Rédacteur en chef délégué de la Gazette des Communes. Vous avez notamment signé les Frères Ennemis de la Côte. La Côte, c'est quoi ? C'est Nice ? La Côte d'Azur, évidemment. On va en parler dans quelques instants. Votre livre est à retrouver chez Plon. Le casting complet pour le deuxième tour est désormais connu. Quel bilan vous tirez de ces tractations, Jean-Baptiste, qui ont eu lieu depuis dimanche avec des ultimes tractations jusqu'à hier soir très tard ? C'est 18h, l'horaire limite pour déposer la liste ?

1:06:58
Locuteur non identifié

Les tractations sont quand même

1:06:59
Présentateur

la conséquence du premier tour. Ce qu'on voyait jusqu'à présent, c'est qu'on avait des maires LR et PS qui étaient à l'abri des grandes tempêtes, des grandes vagues nationales. Et là, on voit quand même l'irruption depuis dimanche du Rassemblement national et surtout de la France Insoumise qui était jusque-là totalement inexistante sur le plan local. Donc les maires, en particulier socialistes, doivent composer avec LFI. Ils doivent constituer une sorte de nouveau Front populaire local, mais ils y vont en traînant des pieds avec quand même des alliances très particulières. On parle de fusion technique, c'est-à-dire que ce sont des gens qui se marient pour mieux divorcer dans huit jours.

Les électeurs ont quand même du mal à comprendre ce qui se passe aujourd'hui. Oui, et peut-être de manière plus générale. Je sais que dimanche, on a organisé cette soirée spéciale à l'élection municipale. On avait du mal à avoir une analyse globale de la situation. Est-ce qu'aujourd'hui, on peut proposer une lisibilité politique plus grande aujourd'hui, Bérangère ? Donnez-nous vos lumières parce qu'on a un peu de mal.

1:08:00
Locuteur non identifié

Je ne suis pas sûre de vraiment vous éclairer de façon définitive. Le temps va permettre de comprendre et le deuxième tour va permettre de comprendre. Mais on est un peu face à ce qui se passe aussi au niveau national depuis la dissolution, c'est-à-dire le morcellement général. même si c'est toujours important de rappeler qu'une élection municipale est différente. C'est un attachement à des candidats plus forts qu'au niveau national. Mais quand même, ce morcellement fait qu'aujourd'hui, ils sont contraints tous les uns les autres à des fusions pour éviter des cadres angulaires, des quingues angulaires, je ne sais pas comment on dit pour six.

Mais ils sont un peu contraints, sans doute plus, me semble-t-il, que par le passé à des fusions. et à reconstituer finalement une espèce d'affrontement entre la droite et la gauche avec... Chacun veut faire son front républicain, la droite et l'extrême droite contre LFI, la gauche et l'extrême gauche contre l'ERN. Et donc, il y a... On est toujours,

1:09:02
Présentateur

je pense... Reconstitution de ce bloc gauche-droite. C'est ce que j'observe. Vous tirez de ce premier tour, de cet entour de tour. Alors, on va partir à Paris où il y a eu beaucoup d'agitation au moment des ultimes tractations, le deuxième tour. Ça sera donc sans Sarah Knafow qui a décidé de se retirer de la course. Écoutez. On a eu affaire ces deux derniers jours à ce que vous appelez souvent la droite la plus bête du monde. Donc, moi, j'ai décidé d'être plus intelligente qu'eux. J'ai décidé de retirer ma liste pour nous laisser une chance de battre la gauche. Le retrait de Sarah Knafow, ça change quoi à Paris ?

Ça change tout parce qu'au soir du premier tour sur les coups de minuit, je pense que Rachida Dati a eu des subeurs froides quand elle a vu Sarah Knafow dépasser très très peu les 10%. C'était quand même une très très mauvaise surprise pour elle. Et puis là, de manière assez étonnante, Sarah Knafow se retire. Alors moi, j'aimerais bien comprendre les coulisses de cet accord, enfin de cet accord, de ce retrait. Je vais vite en besogne quand je parle d'accord, mais il me semble quand même que d'une certaine manière, c'est quand même une union des droites qui ne dit pas son nom. C'est-à-dire que les apparences sont saufes, c'est-à-dire que c'est un retrait, il n'y a pas de fusion.

Mais quand même, on a vu beaucoup de colistiers et on peut les comprendre saluer le geste de Sarah Knafow désintéressée. Enfin, c'est beau en politique. C'est assez rare. Vous pensez qu'il y a quelque chose derrière ? Il y a quelque chose derrière. Je n'en sais rien. Je pose la question de façon très ouverte. Non, mais c'est intéressant ce que dit Jean-Baptiste. C'est-à-dire que là, on assiste à l'union des droites qui se met en place sans le dire et à bas bruit, Bérangère ? En fait, c'est le résultat

1:10:38
Locuteur non identifié

qui le dira. Si c'est un pari effectivement gagnant au judicieux ou à poursuivre. Parce qu'en fait, on le dit toujours et c'est plus vrai que jamais, on ne fait pas de mathématiques là. Il ne suffit pas d'additionner les voix de Dati, de Bournazel et de Knafow qui amènent Rachida Dati autour de 47%. C'est plus compliqué que ça. Moi, il y a plusieurs zones de doute, même si c'est vrai que sur le papier, c'est une bonne nouvelle pour Rachida Dati, clairement. Mais l'électeur, que va-t-il faire ? Je lisais, je ne sais pas si vous avez vu les résultats de Rachida Dati dans son arrondissement où elle était élue confortablement maire d'arrondissement. Ça représente plus de 5, c'est 11 000 voix.

C'est plus de 5% de ce qu'elle a récolté dans tout Paris. Est-ce que ces gens-là vont retourner voter ? Ce n'est pas certain puisqu'il n'y a plus d'enjeu dans leur arrondissement. Et là, c'est cette loi Paris-Lyon-Marseille qu'elle a elle-même poussée qui pourrait se retourner d'une certaine façon contre elle. Et puis moi, j'ai une autre question, c'est pourquoi la droite parisienne n'a pas plus franchement voté que ça ? En fait, vraiment, ça m'interpelle depuis ces dernières semaines et depuis dimanche. Pourquoi la droite parisienne ne vote pas plus franchement pour elle ? Les listes Dati dans les arrondissements recueillent davantage de voix que Dati elle-même en mairie centrale.

C'est très clair. C'est l'inverse pour Emmanuel Grégoire, par exemple. Donc, il y a toute une série de choses comme ça qui, encore une fois, sur le papier, ça paraît gagné pour Dati et c'est, je ne pense pas... Gagné pour Dati, oui,

1:12:18
Présentateur

en termes arithmétiques.

1:12:20
Locuteur non identifié

Arithmétiquement, par exemple.

1:12:20
Présentateur

Alors, Jordan Bardella a réagi au retrait de Sarah Knaffo et lui, il sait pour qui il va voter dimanche. On va l'écouter.

1:12:26
Invité

Moi, je ne suis pas électeur à Paris. Je respecte le choix des Parisiens mais si j'étais électeur à Paris, je ferais barrage à la gauche et à l'extrême-gauche et je pense que Paris a besoin de sortir du socialisme municipal qui a plongé cette ville dans l'insécurité, dans les embouteillages et dans la guêpe-gée financière.

1:12:40
Présentateur

Jean-Baptiste, il y aura des enseignements nationaux à tirer de ce scrutin à Paris ? C'est difficile à dire, en fait, à ce stade. Il y a quand même l'une des composantes de l'équation qui s'appelle Emmanuel Grégoire. Emmanuel Grégoire, il joue très clairement la carte locale face à Rachida Dati qui est une figure nationale. Il essaye de renouveler ce qu'a fait Bertrand Delanoé en 2001 face à Philippe Séguin et ça lui a plutôt bien réussi au premier tour puisqu'il flirte avec les 38%. C'est sans doute le meilleur score dans les grandes villes du PS. Donc, il trace son sillon. Il n'a pas voulu d'accord avec Mme Chikirou.

Voilà, il reste dans son couloir et on verra dimanche s'il a eu raison ou pas sur le strict plan électoral. Il y a un front anti-grégoire qui s'est mis en place, qui se met en place sous nos yeux ?

1:13:33
Locuteur non identifié

La logique d'alternance, l'envie d'alternance de toute la droite, effectivement, de la droite et du centre amène ce front anti-grégoire. Mais encore une fois, il faudra vraiment attendre dimanche pour voir si l'électeur, l'électorat de Jean-Yves Bournazel n'aura pas forcément… La campagne a été violente entre les deux quand même, entre Rachid Adati et Pierre-Yves Bournazel. Ils n'étaient pas sûrs qu'ils aient envie d'aller voter pour Rachid Adati avec ce qu'on sait, ministre d'Emmanuel Macron, justiciable, et elle est en procès dans quelques mois. Tout ça ne… Bon, voilà. Mais l'alternance, ça fait envie aussi quand on est à droite.

1:14:13
Présentateur

Et ça fait aussi peut-être envie à Marseille. On va partir justement à Marseille. On retrouve Olivier Biscay, directeur de la rédaction de la Provence. Bonjour Olivier. On a désormais l'affiche du second tour de l'élection municipale chez vous.

1:14:28
Invité

Oui, absolument. Une élection municipale qui est également très disputée, vous l'imaginez bien. On y voit un peu plus clair depuis hier, hier mardi, puisque Sébastien Delogu a annoncé son retrait du second tour. Et donc, désormais, on a une affiche assez simple. Benoît Payan, le maire sortant, Franck Alizio pour le Rassemblement national et Martine Vassal qui a confirmé hier soir qu'elle se maintiendrait. Il y a eu beaucoup de tractations tout autour d'elle, dans son propre camp politique à droite, avec beaucoup de silence entre dimanche et hier midi. Mais elle sera sur la ligne de départ pour le second tour. Donc, une clarification à quelques heures de ce second tour.

Dans la douleur, à droite comme à gauche, parce que tout le monde a essayé de maintenir cette clarification et on a eu beaucoup d'incertitudes, d'hésitations du côté de LFI. Vous l'avez suivi, entre un Jean-Luc Mélenchon qui appelait Benoît Payan à ouvrir sa base et ouvrir sa liste et un Benoît Payan qui restait sur sa ligne ne pas inviter LFI à participer à sa dynamique et à sa majorité.

1:15:46
Présentateur

On a beaucoup parlé de désunion à gauche. Est-ce qu'à droite, c'est vraiment mieux ?

1:15:51
Invité

Alors, clairement, la désunion, elle est là aussi, à droite, parce que, d'abord, la campagne électorale était très compliquée du côté de Martine Vassal et dans la nuit de dimanche à lundi, alors même que les résultats tombaient, 12 %, très très loin des pronostics de certains à droite. Les discussions ont été âpres. Il y avait plusieurs lignes. Certains considéraient qu'il fallait se rapprocher du Rassemblement national, de Franck Alizio, donc de s'allier pour conserver une majorité, une espèce de majorité. D'autres considéraient tout simplement qu'il fallait se retirer pour éviter la nouvelle humiliation.

Mais Martine Vassal a eu sa ligne claire de dire je me maintiens parce que j'ai l'avenir à imaginer, c'est-à-dire la métropole, il ne faut pas l'oublier. Il y a le 15 mars, il y a le 22 et puis il y a le 7 avril avec l'élection de la présidence de la métropole ex-Marseille. Elle est présidente aujourd'hui et elle espère encore aujourd'hui pouvoir conserver cette présidence. Donc tout s'est joué aussi à l'aune de ce futur.

1:16:52
Présentateur

Merci beaucoup Olivier. On suivra ça bien sûr avec de très près on suivra les résultats à Marseille qui auront peut-être des conséquences aussi au niveau national. Merci beaucoup Olivier d'avoir été avec nous. ce matin la lune de la Provence. Ils seront donc trois sur la ligne de départ dimanche. Merci Olivier. Jean-Baptiste, le bilan que vous tirez de cet entre-deux-tours marseillais ? C'est quand même incroyable quand même de voir Martine Vassal qui a 10 points de moins que lors de l'élection précédente qui est à 12% viser la présidence de la métropole. Là, on est quand même face à un hiatus démocratique quand même assez considérable parce que c'est là que se situe la caisse.

La monnaie sonnante est trébuchante et effectivement à la faveur de l'élection d'un certain nombre de maires de droite dans la région de Marseille, elle peut garder la métropole avec une cohabitation qui pourrait s'annoncer avec le futur maire de Marseille. Mais sur le strict plan politique, c'est quand même une défaite en race campagne pour Martine Vassal. C'est-à-dire qu'on a aujourd'hui une forme de grand remplacement entre la droite et l'extrême droite a siphonné l'électorat de droite.

L'union des droites s'est réalisée dans les urnes au profit de Franck Alicio qui aujourd'hui agrège à la fois l'électorat LR et l'électorat ARN ce qui n'est pas tout à fait étonnant parce qu'il vient précisément Franck Alicio de l'UMP. Même question, Bérangère, votre bilan, votre point d'étape sur ce qui se passe aujourd'hui à Marseille. Pourquoi Martine Vassal s'est maintenue ?

1:18:21
Locuteur non identifié

Elle se maintient parce qu'on ne lâche pas une bataille comme ça et si on veut regarder le camp d'en face peut-être c'est intéressant de regarder ce que fait Benoît Payan dans cette histoire.

C'est-à-dire il prend un risque qui a l'air pour l'instant d'être payant puisqu'il refuse la fusion toute association toute entente avec Sébastien Delogu qui lui proposait ce front antifasciste pour reprendre les mots de Jean-Luc Mélenchon et d'une certaine façon il a tordu le bras de Sébastien Delogu qui a fini par renoncer et donc ça c'est vraiment intéressant de regarder si ce courage politique on pourra peut-être appeler ça comme ça est payant ou pas dans les urnes parce qu'évidemment il y a un risque et la droite et l'extrême droite surtout sont vraiment aux portes de la mairie de Marseille.

1:19:11
Présentateur

Ce qu'on ne comprend pas c'est pourquoi Jean-Luc Mélenchon décide de retirer Sébastien Delogu à Marseille et de maintenir Sophia Chiquirou à Paris est-ce que vous comprenez ?

Non il y a quand même beaucoup de choses que je ne comprends pas dans cette élection pour rien vous cacher quand on voit par exemple les écologistes qui s'allient avec les socialistes à Lille mais avec les insoumis à Strasbourg on sent bien qu'il y a beaucoup de flottement que les appareils centraux des partis n'ont quand même plus forcément la main sur ce qui se passe dans les grandes villes et puis on est quand même dans une zone de flottement dans un entre-deux politique personne n'a plié le match donc personne ne veut insulter l'avenir dans ces élections et bien malin c'est comment ça se terminera dimanche. C'est de la tambouille tout ça ?

C'est difficile encore une fois je parle de lisibilité politique.

1:20:00
Locuteur non identifié

Il y a de la tambouille je reviens quand même au scrutin local me semble-t-il il faut observer quand même que dans un certain nombre de villes à Lyon à Toulouse à Limoges là où il y a même des fusions totales puisqu'il faut bien faire le distinguo fusion totale fusion technique fusion totale ils vont gouverner ensemble fusion technique chacun va repartir dans son groupe ensuite mais localement il y a quand même un certain nombre d'acteurs qui au fil de l'année travaillent ensemble dans le tissu associatif etc. c'est compliqué aussi de leur dire bah non mais vous n'allez pas fusionner parce que au niveau national c'est compliqué parce que les outrances de Jean-Luc Mélenchon etc.

et donc c'est là où c'est compliqué et par ailleurs c'est pour ça est-ce qu'il faut en tirer tout de suite des conclusions sur l'avenir de l'FI au niveau national c'est compliqué parce que les très proches de Jean-Luc Mélenchon par exemple Sébastien Delogu Sophia Chikirou ne font pas des scores exceptionnels et d'ailleurs ne seront pas enfin voilà n'ont pas fusionné donc

1:21:08
Présentateur

vous dites on ne peut pas tirer d'enseignement au niveau national

1:21:12
Locuteur non identifié

mais je suis d'accord avec ce qui vient d'être dit sur le fait que les appareils politiques l'appareil du parti socialiste a des questions à se poser en revanche vraiment sur sa capacité à suivre enfin avoir suivi sa ligne et puis peut-être sur le vote insoumis qui est un besoin de radicalité un besoin de gauche que manifestement le PS n'apporte plus

1:21:36
Présentateur

Jean-Baptiste on va parler de Nice dans quelques instants mais peut-être un dernier mot sur cette réforme du mode du scrutin PLM quels enseignements vous vous tirez quand vous regardez Paris ou vous regardez ce qui se passe à Marseille c'est pareil c'est quand même à ce stade le grand méchant flou c'est à dire qu'on voit par exemple du côté de Pierre-Yves Bournazel enfin du côté de cette équipe-là il y a une fusion avec Rachida Dati sur le plan de la mairie centrale mais dans beaucoup de mairies ils vont encore tout seuls ils font cavalier seul donc il y a une espèce de contradiction que les électeurs vont sans doute avoir du mal à comprendre dimanche donc ça sera aussi l'une des données du vote On va partir tout de suite à Nice du coup que vous connaissez bien on a le droit à une triangulaire entre la liste du maire sortant Christian Estrosi celle de l'IDR Éric Ciotti et celle de l'écologiste qui a fait 11% dimanche dernier au premier tour ce matin Christian Estrosi a eu quelques mots pour cet écologiste écoutez-le

1:22:41
Locuteur non identifié

Marine Tondelier a fracassé le front républicain et les valeurs républicaines dont on pensait qu'elle y était attachée en devenant une alliée directe du Rassemblement National et de l'extrême droite tout simplement hier elle a fait voler en éclats et Mme Tondelier comme Mme Chenel qui est sa tête de liste ici porterait si et ça ne sera pas le cas le Rassemblement National a emporté dimanche toute leur vie politique la responsabilité d'avoir donné la cinquième ville de France à l'extrême droite et au Rassemblement National

1:23:16
Présentateur

bon Jean-Baptiste il faut expliquer Mme Chenel l'écologiste qui a refusé de se ranger derrière Christian Estrosi or sans ce report des voix Christian Estrosi c'est fini pour Nice ?

écoutez c'est pareil moi je ne suis pas l'extrême dévice je ne vais pas lire dans le mar de café il est évident Christian Estrosi au regard des résultats du premier tour alors oui 30% Estrosi Ciotti 43% je le rappelle il est en mauvaise posture mais il ne faut quand même pas oublier que c'est un ancien champion de moto il a même dit dans la presse locale dans Nice Matin pour ne pas citer le quotidien local hier qu'il avait l'habitude sur les circuits il avait souvent 20 secondes de retard à deux tours de la fin et puis finalement il franchissait la ligne en tête et il est comme ça Christian Estrosi il va aller chercher les voix avec les dents là on le voyait hier dans des centres commerciaux sur la plage partout matin midi et soir il fait campagne et il épouse toutes les couleurs de l'arc-en-ciel politique c'est-à-dire que bon voilà il est écolo avec les bobos il est gay friendly dans le quartier homo on a même vu que dans les cités il avait dit la semaine dernière que voilà les drapeaux israéliens au fronton de la mairie pendant des mois c'était une erreur que ça avait pu être mal mal perçu par l'électorat il a fait amende honorable là-dessus il est prêt à tout pour battre son frère-enni Éric Ciotti c'est une campagne très violente vous qui suivez vraiment de très près cette campagne extrêmement violente et assez pathétique assez poignante on a eu le discours dimanche soir de Christian Estrosi qui a duré une demi-heure il a expliqué pendant une demi-heure dans un seul souffle tout ce qu'il avait fait de bien de grand pour Nice il ne comprend pas en fait ce qui lui arrive Christian Estrosi pour lui c'est une injustice insupportable d'être devancé par celui qui était quand même sa créature son obligé donc il y a quelque chose de très cruel c'est une sorte de mise à mort à laquelle on assiste en fait à Nice qu'est-ce qui se joue à Nice c'est aussi l'avenir le destin de la droite de manière générale Bérangère ?

1:25:21
Locuteur non identifié

oui et les effets de la Macronie après dix ans d'éclatement du fameux clivage droite-gauche Christian Estrosi qui a fait le choix de la Macronie et qui n'est plus très lisible manifestement dans son positionnement par les lecteurs de droite quand ils regardent les étiquettes parce que sinon moi ce que je comprends de Nice et je connais mille fois moins bien que mon camarade mais c'est que le bilan son bilan comme maire c'est quelqu'un qui a fait pour cette ville manifestement beaucoup de choses mais politiquement oui Eric Ciotti reprend un peu plus les fondamentaux de la droite et manifestement c'est ça que le lecteur de Niçois attendait

1:26:03
Présentateur

je ne vais pas vous demander comment tout cela va se terminer vous allez me dire que vous ne savez pas j'imagine mais cet écartèlement entre le RN et la Macronie il y a aussi encore une fois la droite devra se poser des questions après ce deuxième tour dimanche certainement parce qu'Eric Ciotti est en train de gagner le pari qu'il a fait en 2024 quand il s'est fiancé avec Marine Le Pen le contrat implicite grâce auquel il a eu quand même un groupe parlementaire à l'Assemblée nationale c'était ce trophée-là la cinquième ville de France le Front National le Rassemblement National n'a jamais eu une telle prise de guerre et Eric Ciotti finalement en 2024 il a élargi son socle à la faveur de son alliance avec le Rassemblement National et aujourd'hui il gomme de manière assez maligne cette étiquette-là dans sa campagne en jouant à fond la carte de l'Union des Droites avec des appels du pied aux Républicains on a vu François Fillon poser au restaurant il y a quelques semaines à Nice à ses côtés c'est quand même le signe que les dix sont en train de se aider particulièrement à Nice et on suivra ça notamment à Nice ce dimanche on passe à l'histoire du jour et l'histoire du jour vous le savez c'est toujours beaucoup d'amour il n'y a pas que la politique dans la vie il y a aussi la vigne à Narbonne la pluie n'en finissait pas de tomber ces dernières semaines l'eau a atteint jusqu'à 80 cm par endroit alors pour continuer à bosser un viticulteur a trouvé une solution sa vigne était sous l'eau alors il a décidé d'utiliser un kayak seul moyen de continuer à tailler ses vignes c'est moins facile j'avance moins vite mais ça c'est fait ça n'est pas insurmontable raconte Lionel morale de l'histoire Bérangère il n'y a pas de fatalité quand on veut on peut c'est valable aussi peut-être en politique c'est rassus c'est peut-être plus simple effectivement c'est la fin de cette émission merci Bérangère merci Jean-Baptiste merci à vous devant votre écran vous avez rendez-vous aujourd'hui à 17h pour les grands débats de l'entre-deux-tours sur Public Sénat 17h débat entre les deux candidats à Bordeaux ça sera animé par Oriane Mancini avec nos partenaires de Sud-Ouest vous retrouvez ensuite Alexandre Poussard pour le grand débat à Strasbourg c'est un véritable multiplex sur Public Sénat on partira ensuite à Montpellier où Tam Tranui sera aux manettes du débat entre les candidats les municipales c'est donc sur Public Sénat restez avec nous l'info continue sur la lutte Public Sénat en partenariat avec la presse régionale vous a proposé Bonjour Chez Vous l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat Sous-titres par Jérémy Diaz

1:28:39
Locuteur

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