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InterviewRMC — Face à Face (sur Podcast)· 7 mai 2021 21 minContradictoireActualité / polémiqueSolidarités & familleSécuritéTransportsEnvironnement & énergie

L'invité de Bourdin Direct : Audrey Pulvar - 07/05

Au micro : Jean-Jacques BourdinSource d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 91 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:11OuverteRéponse directe

    Audrey Pulvar, bonjour.

  • 0:17OuverteRéponse directe

    Candidate soutenue par les socialistes parce que vous n'êtes pas encartée.

  • 0:45OuverteRéponse directe

    La violence faite aux femmes.

  • 1:29RelanceRéponse partielle

    Qui est responsable ?

  • 3:46OuverteRéponse directe

    Violence faite aux femmes, violence contre les policiers.

  • 6:04RelanceRéponse directe

    Doit-on laisser l'impunité gagner le pays ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:21Invité politiqueFait
    « Je suis soutenue par le parti socialiste et par six autres partis de la gauche écologiste, dont Place Publique, dont les Écolos Solidaires, dont le parti des radicaux de gauche. »
  • 2:04Invité politiqueFait
    « Comment se fait-il que ces armes aient été rendues à cet homme à l'issue de sa garde à vue ? »
  • 2:07Invité politiqueFait
    « Comment se fait-il que Chahinez n'ait pas eu un téléphone d'urgence ? »
  • 2:25Invité politiqueChiffre
    « les 38 autres femmes qui, depuis le début de l'année, c'est une femme tous les trois jours, et même un peu moins que tous les trois jours, les 38 autres femmes qui, depuis le début de l'année, ont été tuées par leur compagnon ou leur ex-compagnon ? »
  • 2:44Invité politiqueChiffre
    « une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son compagnon, de son ex-compagnon »
  • 3:21Invité politiqueFait
    « il faut beaucoup plus de moyens pour la police, pour les enquêtes, pour la prise de plaintes, pour le suivi des plaintes, pour la justice »
  • 3:54PrésentateurFait
    « Avignon, un policier de 36 ans, père de deux enfants qui est assassiné par balle par un trafiquant de drogue »
  • 4:16Invité politiqueFait
    « On l'a bien vu en 2015. On l'a vu, évidemment, en 2012 à Toulouse. »
  • 5:45Invité politiqueFait
    « ça date de la réduction en général des dépenses publiques décidées par Nicolas Sarkozy. »
  • 5:50Invité politiqueChiffre
    « ce non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux »
  • 6:47Invité politiqueFait
    « dans certaines villes, par exemple à Saint-Denis, ce sont les policiers municipaux qui fournissent aux policiers nationaux une partie du matériel, parfois une voiture, parfois un chien en nifleur pour aller détecter des produits stupéfiants. »
  • 13:57Invité politiqueChiffre
    « Un peu moins. Aujourd'hui, 2 milliards et demi d'euros. Entre 2 milliards et demi et 3 milliards d'euros. »
  • 15:10Invité politiqueFait
    « nous pourrons les compenser, notamment avec ce que nous permettra cette loi climat bien insuffisante, mais qui a quand même une petite pépite. »
  • 15:19Invité politiqueFait
    « l'article 32, qui permet aux collectivités régionales de définir leur propre fiscalité écologique. »
  • 17:22Invité politiqueChiffre
    « Accidentologie, 2 milliards d'euros de coûts pour la collectivité en Île-de-France chaque année. »
  • 17:34Invité politiqueChiffre
    « Encombrement, retard de livraison, embouteillage, etc. 10 milliards d'euros par an. »

Temps de parole

  • Invité politique78 %
  • Présentateur21 %

3,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC.

0:03
Invité politique

RMC Bourdin Direct.

0:05
Présentateur

Jean-Jacques Bourdin. Audrey Pulvar, bonjour.

0:10
Invité politique

Bonjour Jean-Jacques Bourdin.

0:11
Présentateur

Merci d'être avec nous. Candidate soutenue par les socialistes parce que vous n'êtes pas encartée.

0:17
Invité politique

Non, je suis une citoyenne engagée. Je n'appartiens à aucun parti politique. D'ailleurs, je suis soutenue par le parti socialiste et par six autres partis de la gauche écologiste, dont Place Publique, dont les Écolos Solidaires, dont le parti des radicaux de gauche. Et beaucoup de personnalités citoyennes et citoyennes engagées, qui, comme moi, n'appartiennent pas à des partis politiques, mais veulent se mettre au service de l'intérêt général.

0:40
Présentateur

Je vais y revenir. Candidate aux élections régionales en Ile-de-France, Audrey Pulvar. La violence faite aux femmes. Cheynez avait 31 ans et 3 enfants. Mardi dernier, il était 18h10 environ. Mounir, son ex-mari, la poursuit en pleine rue. Lui tire dessus, dans les jambes. Elle s'effondre. Il asperge d'un liquide inflammable. Il met le feu alors qu'elle est encore vivante. Mounir, 7 fois condamnée. Le 25 juin 2020. Bordeaux, il est condamné à 18 mois de prison avec sursis, dont 9 mois avec sursis probatoires, pour violence sur Chahinez. Elle avait porté plainte. Une nouvelle fois. Au mois de mars dernier. Le 15 mars. Elle avait porté plainte. Il circulait dans le quartier.

Il l'avait une nouvelle fois agressé. Qui est responsable ? Lui, évidemment, en premier. Mais ensuite, qui est responsable ? Il faudrait le plus de voir.

1:35
Invité politique

J'ai envie de vous dire, nous tous. Je ne suis pas là pour jeter en pâture des gens ou pour désigner à la vindicte, soit la police, soit la justice. C'est un problème de société. Les violences faites aux femmes, les violences intrafamiliales, les violences conjugales. Évidemment, il y a des questions qui se posent. Une procédure qui est lancée pour savoir ce qui s'est passé, où ça a disponible.

1:59
Présentateur

Enquête de l'administration et de la justice.

2:01
Invité politique

Comment se fait-il que ces armes aient été rendues à cet homme à l'issue de sa garde à vue ? Comment se fait-il que Chahinez n'ait pas eu un téléphone d'urgence ? Comment se fait-il que tous les faits que vous avez relatés n'aient pas conduit à qu'un dispositif efficace soit mis en place pour protéger cette femme, pour protéger Chahinez, comme pour protéger les 38 autres femmes qui, depuis le début de l'année, c'est une femme tous les trois jours, et même un peu moins que tous les trois jours, les 38 autres femmes qui, depuis le début de l'année, ont été tuées par leur compagnon ou leur ex-compagnon ? Le problème, il est d'abord là.

Il est d'abord dans le fait que nous sommes dans une société où, encore aujourd'hui, une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son compagnon, de son ex-compagnon, où des centaines de femmes sont blessées, parfois très grièvement, défenestrées, poignardées. Elles ne succombent pas, mais elles en gardent des séquelles à vie. Des milliers de femmes, tous les jours, sont l'objet de violences physiques ou psychiques dans la cellule familiale et nous n'arrivons pas à être en capacité de les protéger. La réalité, c'est qu'il faut beaucoup plus de moyens.

C'est facile de dire, il n'y a qu'à Faucon, mais on voit bien, les Français voient bien les difficultés que nous avons, qu'il faut beaucoup plus de moyens pour la police, pour les enquêtes, pour la prise de plaintes, pour le suivi des plaintes, pour la justice, pour que les magistrats puissent faire leur travail et remplir leur mission de façon la plus efficace possible et le suivi des condamnations, des remises en liberté, etc. Et pour l'éducation et puis pour pouvoir protéger ces femmes, les mettre à l'abri de ceux qui les tuent.

3:44
Présentateur

Violence faite aux femmes, violence contre les policiers. Absolument. Avignon, un policier de 36 ans, père de deux enfants qui est assassiné par balle par un trafiquant de drogue, banalisation de la violence anti-flic, les policiers agressés parce qu'ils sont policiers, Audrey Pulvar.

4:04
Invité politique

Oui. L'histoire, oui. Les faits nous le montrent, pas seulement dans cette affaire-là. Donc, un sentiment d'impunité chez les criminels. Les forces de l'ordre sont visées. On le sait. On l'a bien vu en 2015. On l'a vu, évidemment, en 2012 à Toulouse. On l'a vu en 2015 quand Ahmed Merabé est tué alors qu'il est à terre. Il est tué à bout portant. Quand François Larrault est tué également, les forces de l'ordre sont visées. On le sait. Et donc, oui, je réponds à votre question. Il y a une violence à l'égard des forces de l'ordre qui, évidemment, est injustifiée et qui, parfois, tue.

Et mes pensées vont d'abord, d'ailleurs, à la famille de cet homme, à ses proches, à ses collègues de travail et à l'institution. Mais là aussi, vous savez, c'est aussi une question de moyens qui ne sont pas suffisants. De moyens à donner à la police, aux policiers pour remplir leur mission, pour être protégés, pour avoir les bons équipements. Vous savez, je suis sur le terrain avec des maires d'Île-de-France dans l'ensemble des départements d'Île-de-France.

Que ce soit à Paris, dans le 19e arrondissement, que ce soit en Essonne, que ce soit à Saint-Denis, à Saint-Ouen, que ce soit à Grigny, les maires sont au contact au quotidien avec leurs administrés de cette violence, de cette insécurité, de cette délinquance, la violence, l'enfer des trafics. Et ils n'ont pas les moyens. Et la police nationale n'a pas les moyens suffisants pour faire face.

5:33
Présentateur

La police nationale n'a pas les moyens, ça fait 30 ans. Vous étiez journaliste, ça fait 30 ans que vous entendez ça.

5:37
Invité politique

Non, ça ne fait pas 30 ans que j'entends ça parce qu'il y a eu des périodes pendant lesquelles les effectifs de police ont été augmentés. Ça ne fait pas 30 ans précisément. Ça date de la réduction en général des dépenses publiques décidées par Nicolas Sarkozy. Vous savez, ce non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux, etc.

5:52
Présentateur

20 ans. L'acheté politique de tous bords. Je lis ce que dit par exemple Linda Kebab qui est déléguée nationale du syndicat unité SGP Police FO. L'acheté politique de tous bords et depuis tant d'années, la police est en rage. Doit-on laisser l'impunité gagner le pays ? Faut-il punir, par exemple, avec de la prison ferme assortie d'un mandat de dépôt ceux qui agressent les policiers ?

6:14
Invité politique

Mais est-ce qu'il faut durcir les lois ? La loi prévoit des punitions. Si les lois existent, déjà appliquons-les. La réalité, c'est qu'il nous faut un président de la République qui nous dise que quoi qu'il en coûte, il sauvera les services publics. Parce que que ce soit les policiers, que ce soit les juges, que ce soit les infirmières scolaires, les psychologues, les assistantes sociales dans l'éducation nationale, que ce soit le personnel hospitalier dans les hôpitaux, le personnel soignant, il nous manque des effectifs partout dans la fonction publique. Et il manque non seulement des effectifs, mais des moyens.

Vous savez, dans certaines villes, par exemple à Saint-Denis, ce sont les policiers municipaux qui fournissent aux policiers nationaux une partie du matériel, parfois une voiture, parfois un chien en nifleur pour aller détecter des produits stupéfiants. Donc, il y a un manque de moyens réels dans l'ensemble des compartiments de la fonction publique. Et il faut que, quoi qu'il en coûte, le président de la République sauve les services publics et protège les policiers.

7:12
Présentateur

Quand on entend aussi, je voudrais voir votre avis, vous devez plus voir, quand on entend aussi, par exemple, Camélia Jordana accuser les policiers de massacrer les minorités en toute impunité, est-ce qu'elle ne porte pas une part de responsabilité ?

7:24
Invité politique

Je pense que le terme massacrer est un peu exagéré. Là, on part très loin sur la polémique de Camélia Jordana. Au sein de la police nationale, il y a des policiers qui ne remplissent pas de façon républicaine leur mission, on le sait. Il y a des affaires, il y a eu ce groupe WhatsApp avec des groupes racistes, il y a des enquêtes, etc. Mais je crois profondément que l'ensemble de notre police est une police républicaine et que, justement, pour honorer le travail de celles et de ceux qui remplissent leur mission de façon républicaine, de façon intègre, en mettant leur propre vie en danger, il faut sanctionner les brebis galeuses.

Mais je ne dis pas que tous les policiers soient, encore une fois, à jeter à la... Et frappent les minorités en toute impunité. Non, je ne tiens pas ce propos et je ne crois pas que ce soit la réalité. Ce qui est réel, c'est l'insécurité. Ce qui est réel aussi, c'est le manque de moyens.

8:17
Présentateur

C'est le trafic de stupéfiants.

8:18
Invité politique

Oui, absolument.

8:19
Présentateur

Le trafic de stupéfiants. C'est un enfer. Que faire ? L'égalisation du cannabis Vous êtes favorable à l'égalisation du cannabis ?

8:25
Invité politique

La légalisation... La légalisation...

8:28
Présentateur

La légalisation, je dis bien.

8:29
Invité politique

Pas la dépénalisation. C'est une façon d'encadrer la distribution en quelque sorte de produits stupéfiants. Personnellement, ce n'est pas ma religion. Je n'en ai pas, je suis athée, mais personnellement, ce n'est pas ma religion. En revanche, j'entends... Non, non, je n'ai pas dit ça. Permettez-moi une petite nuance. Alors, allez-y, allez-y, la nuance. Oui, mais la nuance, toujours importante. J'entends ce que disent celles et ceux qui vivent cet enfer du trafic de stupéfiants. Moi, j'ai la chance d'habiter dans un quartier bourgeois où je n'ai pas beaucoup à m'en faire.

Je rentre tard le soir, je part tôt le matin, je ne me pose pas la question de savoir ce qui se passe en bas de mon immeuble. En général, c'est assez calme. Tout le monde n'a pas cette chance. Et j'ai bien conscience d'avoir cette chance. Tout le monde n'a pas cette chance. Et je rencontre des milliers de Franciliens et de Francilliennes qui n'ont pas cette chance. Et je rencontre des maires qui, au jour le jour, sont confrontés à cet enfer du trafic de stupéfiants et qui disent la légalisation, c'est une solution pour casser les trafics, pour casser cette criminalité, pour rendre aux Franciliennes et aux Franciliens de la sérénité.

Et je les écoute, ces maires, que ce soit des maires socialistes, des maires communistes, des maires diverses gauches, des maires de droite aussi, des maires LR aussi, qui réclament cette légalisation parce qu'ils pensent que c'est l'un des moyens pour lutter. Mais, ça n'empêche pas, la prévention, l'éducation. Parce que l'usage des stupéfiants n'est jamais inoffensif. Il n'y a pas d'innocuité du cannabis. Ce n'est jamais inoffensif. Mais l'encadrer, c'est une façon, encore une fois, de casser les trafics, de faire baisser la criminalité, la délinquance qu'ils sont associés et aussi de protéger les consommateurs.

10:07
Présentateur

Parlons un peu de politique rapidement avec ces législatives, ces régionales. vous n'êtes pas candidat aux législatives. Non, non. Non, non, non. Non, non, pas de scouf. Rassemblement, union, j'entends ces mots sans cesse à gauche. Rassemblement, union, mais je n'en vois, je ne vois aucun rassemblement et aucune union.

10:25
Invité politique

Écoutez, j'ai sept partis politiques de gauche avec moi dans l'île de France en commun. Vous n'avez pas Europe, l'écologie, les verts. Je ne les ai pas tous. Vous n'avez pas

10:33
Présentateur

la France insoumise. Vous n'avez pas les principaux partis. Le parti socialiste,

10:38
Invité politique

le PRG, ce n'est pas des principaux partis. La France publique, ce n'est pas un beau parti, plein d'ambition et de promesses.

10:45
Présentateur

Est-ce qu'il peut y avoir une seule liste avant le premier tour ?

10:49
Invité politique

Il y aura peut-être celle, vous savez, Jean-Jacques Bourdin, c'est une question... Vous découvrez la politique, quoi, si j'ai bien compris ? C'est une question que me posent beaucoup de journalistes et probablement que si j'étais dans votre rôle, je la poserais également. Mais c'est une question que ne me pose aucun francilien et aucune francilienne que je rencontre. Quoi me parlent les gens ? Ils me parlent de la crise économique, de leur angoisse pour leurs enfants, pour les jeunes, la jeunesse. Les gens me disent que la gratuité des transports, ils trouvent que c'est une super mesure. Ils ont envie qu'on leur met en œuvre.

11:17
Présentateur

Je vais y revenir, Audrey Pulvar, la gratuité des transports. Mais Audrey Pulvar, oui, oui, ils ne vous parlent pas de politique, bien sûr, alors que la gauche ne parle souvent que de politique. Moi, je considère qu'on a parlé de politique jusqu'à maintenant, mais pas de politique politicienne. Pourquoi est-ce que la gauche a perdu une grande partie du vote populaire ? Pourquoi ? Pourquoi est-ce qu'une grande partie du vote populaire, ouvrier, vote maintenant, par exemple, pour le Rassemblement National ? Pourquoi ?

11:43
Invité politique

Je pense qu'une partie de la gauche n'a pas réussi à continuer à parler au quotidien des Françaises et des Français de leurs difficultés et à prendre en compte ces difficultés-là. Je pense surtout que ce qui se passe avec le vote des extrêmes, ce qui se passe avec l'abstention, c'est la traduction concrète, démocratique ou antidémocratique, c'est la traduction des effets du réchauffement climatique. Je sais que vous allez trouver ça éloigné, mais la réalité, c'est que le réchauffement climatique est un amplificateur d'inégalités.

Plus on est bas dans l'échelle des revenus, plus on subit, ici aussi, en France aussi, en Ile-de-France aussi, plus on subit les effets du réchauffement climatique sur la santé, les questions de précarité énergétique, les difficultés à s'alimenter correctement, les questions, évidemment, les effets de la calicule, etc. La gauche a négligé la sécurité. Mais ce n'est pas qu'une question des personnes qui sont déjà en situation de précarité sont rendues encore plus précaires par les effets du réchauffement climatique et ont la sensation d'être abandonnées par les partis politiques tels qu'ils les connaissent.

12:58
Présentateur

Est-ce que vous avez entendu les mots du leader de Podemos en Espagne, le grand ami de Jean-Luc Mélenchon, Podemos, qui a connu l'échec au régional, à Madrid, vous avez vu, je cite, je me retire de la vie politique car je ne contribue pas à rassembler. Est-ce que Jean-Luc Mélenchon devrait se retirer de la vie politique ?

13:15
Invité politique

Vous me demandez en plus. Est-ce qu'il contribue à rassembler ? Je ne sais pas. Ce n'est pas mon sujet. Ce n'est pas mon sujet. Vous n'avez pas d'avis ? Je ne sais pas que je n'ai pas d'avis. Vous ne pouvez pas le fâcher. Non, ce n'est pas la question. C'est simplement que ce n'est pas le sujet. Là, on parle des élections régionales. On parle de la difficulté des Francilliennes et des Franciliens à faire face aux effets de la crise. On parle aussi de la difficulté

13:38
Présentateur

de rassemblement à gauche.

13:40
Invité politique

Jean-Luc Mélenchon est candidat à la présidentielle. C'est en 2022. Mon agenda, c'est 2021.

13:45
Présentateur

Gratuité des transports publics. On est d'accord, c'est la mesure phare de votre programme. Oui, absolument. Combien va-t-elle coûter ? 4 milliards d'euros, c'est cela ? Un petit peu moins. Un petit peu moins. Combien ? Combien ?

13:57
Invité politique

Un peu moins. Aujourd'hui, 2 milliards et demi d'euros. Entre 2 milliards et demi et 3 milliards d'euros. Et comment faites-vous ? Ce qui est important, je vais répondre à votre question, ce qui est important, c'est de comprendre que la gratuité des transports, c'est une mesure de pouvoir d'achat pour les familles les plus modestes, pour les jeunes. C'est une mesure de justice sociale et de désenclavement pour permettre notamment aux jeunes franciliennes et franciens de pouvoir se déplacer à leur guise là où ils sont partout chez eux en Ile-de-France. Et c'est évidemment une mesure de responsabilité face à l'urgence climatique.

Et c'est une mesure qu'il faut prendre dans un tout et ne pas l'isoler. Faire la gratuité des transports, ce n'est pas renoncer à la qualité des transports. On fait les deux à la fois. Et d'ailleurs, partout où on a instauré la gratuité des transports, le service s'est amélioré. Aujourd'hui, il y a un million et demi de Français qui vivent dans des villes où les transports sont gratuits. Ils peuvent témoigner du fait que ça améliore les services, ça améliore la desserte. Sur le financement, les recettes de billetterie, c'est de la dépense de fonctionnement. Ce n'est pas la dépense d'investissement pour Ile-de-France Mobilité, pour les transports.

Donc, toucher aux recettes sur le fonctionnement, ça n'empêche pas l'investissement. Et ces recettes, nous pourrons les compenser, notamment avec ce que nous permettra cette loi climat bien insuffisante, mais qui a quand même une petite pépite. C'est un article, l'article 32, qui permet aux collectivités régionales de définir leur propre fiscalité écologique. Donc, nous allons utiliser cet article-là. Cette disposition-là, c'est une taxe, une collecte de taxes sur les transports les plus polluants, par exemple, sur l'e-commerce.

15:39
Présentateur

C'est un impôt.

15:40
Invité politique

Vous considérez que c'est un impôt quand il s'agit de l'école publique, par exemple, quand il s'agit de la route.

15:47
Présentateur

C'est exactement la même chose, vous ne voudriez plus le voir.

15:49
Invité politique

Nous allons mettre en place une fiscalité écologique pour financer en partie la gratuité des transports en commun. Vous savez, Jean-Jacques Bourdin, quand l'impôt sur la fortune a été supprimé, manque à gagner pour les finances publiques 3 milliards d'euros, dont 1,5 milliard provenaient des ménages les plus riches d'Île-de-France. Donc, quand on retire 1,5 milliard d'euros aux finances publiques en Île-de-France pour les plus riches, ça ne fait de la peine à personne. Mais quand on parle de mettre 2,5 milliards d'euros sur la table pour les classes modestes, pour les classes moyennes et pour les jeunes, là, tout le monde est choqué. Moi, ça ne me choque pas.

Je ne vais pas qu'être choqué ou pas, qui paiera ? une taxe sur les transports les plus polluants, sur l'e-commerce... C'est-à-dire

16:34
Présentateur

transports les plus polluants, c'est-à-dire le transport routier. Notamment le transport routier. Donc une taxe, un impôt sur les transporteurs routiers. Oui, sur les transports les plus polluants

16:46
Invité politique

qui ont un impact sur la santé des franciliens. une taxe sur l'e-commerce. Et puis, de façon générale, nous souhaitons organiser des assises de la fiscalité régionale pour que les régions et l'Île-de-France n'aient pas la seule à le réclamer, en tout cas l'Île-de-France que je présiderais, pour que les régions puissent définir leur fiscalité. Et puis, vous savez, l'idée, ce n'est pas de récupérer 2,5 milliards d'euros en taxes ou en impôts. L'idée, c'est aussi de tabler sur les coûts évités. Aujourd'hui, la circulation automobile individuelle en Île-de-France, c'est une accidentologie de 2 milliards d'euros. Ce n'est pas moi qui le dis, Institut Paris Région.

Accidentologie, 2 milliards d'euros de coûts pour la collectivité en Île-de-France chaque année. Encombrement, retard de livraison, embouteillage, etc. 10 milliards d'euros par an. Au total, avec en plus les coûts pour la biodiversité, ce sont 16 milliards d'euros par an qui pèsent sur l'ensemble des francillianes et des franciliens parce qu'ils ne peuvent pas utiliser un réseau de transports en commun qui soit moderne, qui soit développé avec des desserts qui maillent l'ensemble du territoire et qui soit gratuit.

Nous n'allons pas transférer l'ensemble du trafic automobile sur les transports en commun, mais juste une petite part nous permettrait d'éviter ces coûts dont je vous parle et nous permettrait surtout d'avoir un service au contact et au service de l'ensemble des franciliennes et des franciliens, faire du transport collectif, de transport en commun, un service public, ça me semble une ambition plutôt enthousiasmante.

18:17
Présentateur

Est-ce que Jean-Michel Blanquer a pris la bonne décision en interdisant l'écriture inclusive à l'école ?

18:21
Invité politique

Franchement, on a commencé cette interview sur la question des féminicides. Vous m'avez demandé qui est responsable, je vous ai dit, posons-nous la question en tant que société. Aujourd'hui, la question, c'est la question des violences faites aux femmes intrafamiliales, les violences sexuelles, les incestes... Nous devons commencer avec Audrey Pulvar. Je vous pose simplement la question,

18:46
Présentateur

je vous pose simplement la question parce que... Au lieu de se dire,

18:49
Invité politique

oh là là, on en a assez des féministes, oh là là, il y a déjà assez de lois, qu'est-ce qu'elles viennent nous embêter encore ? Posons-nous la question des vrais problèmes. Le vrai problème, aujourd'hui, c'est la cause majeure du quinquennat, soi-disant, la grande cause du quinquennat, les violences faites aux femmes. Vous voyez bien que les résultats n'y sont pas. Très sincèrement, les vrais sujets, ils ne sont pas là. La langue, notre langue, elle évolue. C'est une langue qui s'adapte, qui... Alors,

19:17
Présentateur

c'est pas un sujet. Pour vous, c'est pas un sujet.

19:19
Invité politique

Non, pour moi, c'est pas vraiment un sujet.

19:21
Présentateur

Donc, qu'ils le fassent ou pas, peu importe. Qu'ils l'interdisent ou pas, peu importe.

19:25
Invité politique

Ça n'empêchera pas la langue évolue.

19:28
Présentateur

J'ai une dernière question. Est-ce que vous trouvez, franchement, Audrey Pulvar, que Paris est enlédit par les plots de béton, par les bornes en plastique jaune sale qui jalonnent les rues, les boulevards et les avenues ? Franchement.

19:42
Invité politique

Franchement. Je vais vous répondre, franchement, par une question. Mais je vais répondre aussi. Je répondrai par une réponse. C'était mieux le parking de voiture devant Notre-Dame ? Ou qu'est-ce qui est mieux ? C'était le parking de voiture devant Notre-Dame ? Non, mais moi, je ne veux ni du parking de voiture devant Notre-Dame. C'était le parking devant l'hôtel de ville ou c'est une place d'hôtel de ville piétonne ? Nous ne voulons,

20:05
Présentateur

je pense, les parisiens. Ces plots jaunes

20:07
Invité politique

et ces lignes jaunes sont beaucoup moins hideux que des fils de voitures qui encombrent l'espace public. L'usage de la voiture individuelle, il va continuer en partie. Mais l'usage des autres mobilités, mobilités actives, par exemple le vélo, il est indispensable. Indispensable. Mais il n'y a pas moyen de faire autrement. Mais allons-y, faisons les travaux pour pérenniser les coronapistes. Faisons autrement. Je le souhaite, en tout cas en Ile-de-France, je souhaite qu'on pérennise les coronapistes après concertation avec les élus locaux et diagnostique de leur efficacité.

20:41
Présentateur

Merci, Audrey Pulvard. Vous pouvez nous voir à 8h54 sur RMC et BFM TV.