L'invité de Bourdin Direct : Fabien Roussel - 29/06
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Jean-Jacques Bourdin. Fabien Roussel est notre invité ce matin. Bonjour. Bonjour Jean-Jacques Bourdin. Secrétaire général du Parti communiste français, député de la 20e circonscription du Nord et candidat à l'élection présidentielle d'avril 2022. Votre slogan, le défi des jours heureux. C'est votre slogan présidentiel. Le défi des jours heureux, c'est un jour heureux. Vous êtes fan de foot. Vous avez veillé, comme moi d'ailleurs, très tard hier soir. Il n'y a pas beaucoup dormi.
Jours malheureux, cette défaite. On est tous déçus, extrêmement déçus. On n'a pas eu affaire à des petits Suisses. On a eu affaire à des grands Suisses qui se sont battus jusqu'au bout. Peut-être qu'on s'est vus trop beaux, trop sûrs. Maintenant, c'est le sport.
Trop français, trop beaux, trop sûrs, n'est-ce pas justement une des failles de notre pays ?
Il faut toujours douter, toujours mettre la barre la plus haut possible et ne jamais croire qu'on a en face plus petit que nous.
Ça veut dire que tout est possible ? Ça veut dire qu'il est possible que vous soyez au second tour de la présidentielle ?
Ça veut dire que, voyons, au foot, tout est possible, y compris pour les Suisses qui se sont battus jusqu'au bout. Pourtant, ils n'étaient pas les favoris et ils ont gagné. Aujourd'hui, eux, ils se réveillent en se disant « C'est incroyable ce qui nous arrive ». Oui, en politique, tout est possible, ça c'est sûr. Vous avez vu qu'aux élections régionales et départementales, les Français ont voté comme ils avaient envie de voter, même s'ils étaient peu nombreux. Ils ont contredit tous les scénarios qui étaient écrits, soi-disant, d'avance. Eh bien, oui, tout est possible.
Tout est possible. Mais Fabien Roussel, je vais revenir sur le résultat, sur l'abstention, sur la réforme des retraites, possible reprise de la réforme des retraites par le Président de la République. Mais je voudrais revenir sur... Tiens, j'ai lu un article dans Valeurs Actuelles, vous concernant. Vous avez vu cet article ? Le titre « Un facho chez les cocos ». Vous êtes un facho chez les cocos ?
Quand on traite un communiste de facho, je peux vous dire que c'est dur. Moi, j'ai en mémoire les anciens qui m'ont appris ceux qui étaient communistes, résistants et qui ont combattu le nazisme. Et c'est eux qui nous ont transmis ces valeurs qui sont les nôtres, celles de mon parti, le parti des 75 000 fusillés qui a fait le choix de l'engagement dans la résistance, surtout pas de la collaboration. Et quand on nous traite de fachos, c'est une insulte suprême. Après, ils prennent comme exemple ce que j'ai pu dire sur le besoin de s'engager pour la tranquillité publique, pour la sécurité de nos concitoyens.
Je pense que la sécurité est un sujet important, mais pas que la tranquillité publique, la sécurité sociale aussi, c'est-à-dire celle qui protège les Français, leur emploi, leur pouvoir d'achat, leur salaire, leurs conditions de travail. Donc cette question de la protection des Français, elle est importante. Et oui, je souhaite la porter, j'ai aucun état d'âme là-dessus. Mais ces insultes, voilà, bon... Il n'y a pas que l'insécurité.
Il n'y a pas que l'insécurité comme sujet majeur. Oui, j'ai lu cet article, donc, et dans l'article, il est remarqué que vous avez condamné les propos injurieux tenus par Mila. C'est vrai ? Les propos qu'elle a tenus... Le droit de critiquer une religion doit être préservé, mais on doit pouvoir la respecter.
Eh bien, j'ai suivi de près le procès Mila, parce que cette affaire doit tous nous interpeller. Et aujourd'hui, je tiens à dire surtout que Mila devrait avoir une vie normale. Ce qu'elle a dit ne devrait pas justifier qu'elle soit menacée de mort, et aujourd'hui privée de vie. Elle a 18 ans, elle doit vivre sous protection. C'est insupportable. Dans notre pays, il est possible de critiquer une religion. On a le droit. C'est la spécificité de la France.
Vous dites que le droit de critiquer une religion doit être préservé.
C'est ce que vous dites. Oui, le droit de critiquer une religion doit être préservé, et on ne doit pas être menacé de mort. Mais on doit pouvoir la respecter aussi. Il faut pouvoir la respecter. Et c'est vrai que les mots qu'elle a prononcés sont durs, et c'est certain que des croyants ont pu se sentir blessés. Pour autant, les menaces de mort dont elle fait l'objet, le harcèlement dont elle a fait l'objet est insupportable, inadmissible. On parlait de la résistance et du combat contre le nazisme, et moi je pense aussi à ceux de Charlie Hebdo qui ont été sauvagement tués, justement, au nom du fait qu'on n'a pas le droit de critiquer une religion.
Eh bien, non, en France, il faut défendre ce droit, mais sans état d'âme. Et je le dis, sans état d'âme, la liberté d'expression, le droit de critiquer les religions font partie des fondements d'une république laïque française que je défends.
Bien, là où il y a une volonté, il y a un chemin. C'est Lénine qui disait cela. Là où il y a une volonté, il y a un chemin. Votre chemin, c'est la présidentielle, aujourd'hui. Il est passé par les départementales et les régionales. Vous avez perdu le dernier département à majorité communiste, le Val-de-Marne. Ça, c'est un échec. Vous avez aussi connu des succès, notamment dans les Hauts-de-France. Le Parti communiste est bien implanté. Vous avez renforcé votre implantation locale, c'est important, pour la présidentielle. Et notamment pour les parrainages. C'est très important.
Les parrainages arrivent tous les jours, place du colonel Fabien. J'en suis aujourd'hui à près de 200. Donc la moitié du chemin est fait. Presque la moitié. Mais sinon, ce que je souhaite dire, c'est que ces élections régionales et départementales. C'est qu'effectivement, nous doublons le nombre de nos conseillers régionaux. Nous serons implantés maintenant dans 10 régions contre 5 auparavant. Et nous serons implantés dans 16 départements supplémentaires. Nous serons présents dans plus de 50 départements. Et donc, effectivement, nous sommes présents dans beaucoup de départements, y compris en province et dans les territoires ruraux.
Le fait notable, et j'étais hier dans le Pas-de-Calais pour saluer ça, c'est à Salomines, où j'étais avec mes camarades du Pas-de-Calais, dans le Bas-Saint-Migné. Le fait notable, c'est que nous avons gagné beaucoup de conseillers départementaux sur le Front National, sur l'extrême droite. Et ça, c'est important. Parce que dans le Pas-de-Calais notamment, nous gagnons... Dans les quartiers populaires, dans les cantons populaires. Nous gagnons 4 cantons sur l'extrême droite. En tout, le Front National perd 20 cantons. Et la moitié, c'est grâce au Parti communiste français, nous avons réussi à les faire perdre dans la moitié de leurs cantons. Pourquoi ?
Eh bien, parce que le Front National et ses élus, qui en avaient gagné beaucoup en 2015, ils étaient fortement présents dans les régions et les départements. Eh bien, en fait, là, quand ils se sont présentés aux électeurs, ils ont fait la démonstration qu'ils ne servaient à rien. Leur bilan, c'est zéro, c'est double zéro. Ils n'avaient rien sur leur tract. Les seules choses qu'ils avaient dans leur tract, c'était immigration, immigration, immigration. Tandis que nous, localement implantés, nous avons pu mettre dans nos circulaires ce que nous avons gagné pour les gens ces dernières années.
Quand nous nous battons pour la cantine gratuite pour les collégiens pendant la pandémie, c'est ce que nous avons fait dans le Pas-de-Calais. Quand nous nous battons pour l'ouverture de l'hôpital de Lens, comme l'a fait ma collègue Cathy Apourceau, sénatrice, dans le Pas-de-Calais. Ça, c'est concret pour les gens. On parle de pouvoir d'achat, on parle de santé publique, on se bat auprès d'eux. Et on montre ce que nous sommes capables de faire. Y compris, nous n'étions pas à la région du Haut-de-France, parce que nous avions fait barrage en 2014, nous n'avions pas d'élus.
Eh bien, même sans élus, on arrive à travailler avec Xavier Bertrand pour maintenir l'entreprise Ascoval, par exemple, dans ma circonscription, pour défendre l'industrie. Alors imaginez, demain, nous aurons des élus.
Ça veut dire que vous pouvez reconquérir les quartiers populaires. Quartiers populaires qui ne votent pas, ou pour beaucoup qui votent pour le Rassemblement National, et qui pourraient re-voter pour le Parti Communiste. La gauche qui a un peu abandonné ces quartiers un temps.
La gauche qui a totalement abandonné, et c'est bien pourquoi ma candidature à l'élection présidentielle, je veux l'axer sur la reconquête de ces quartiers populaires, de ces classes populaires, de ce monde ouvrier comme des classes moyennes qui souffrent des politiques de ces 20 dernières années où on a rogné sur les salaires, sur les pensions. Les factures augmentent, mais les salaires et les pensions stagnent, voire baissent. Regardez la hausse du gaz encore le 1er juillet qui arrive au nom de la libéralisation, du marché de l'énergie, plus 10% encore le 1er juillet. Vous croyez que les pensions et les salaires vont augmenter ?
Là, le 1er juillet, c'est toujours les mêmes qui payent, toujours les mêmes qui payent, et c'est toujours les mêmes qui fabrent le champagne.
Alors, je vais revenir sur la colère, je vais revenir sur la colère, mais à gauche, la fusion des listes, notamment avec les insoumis, n'a pas fonctionné. Vous le savez bien, des régions n'ont pas été gagnées, il y a eu des fusions à gauche qui... Mais pourquoi est-ce que la fusion à gauche, ça ne fonctionne pas ? Pourquoi ?
Écoutez, il y a eu quand même beaucoup de rassemblements de listes au second tour.
Oui, mais aucune conquête, et ça n'a pas fonctionné, Fabien Roussel. Pourquoi ? Eh bien si. Comment si ? Où ? Dans deux régions, pour moi, et je m'en félicite.
La Réunion et la Guyane. On ne peut pas dire que les sortants ont été réélus, et tous les sortants, puisque dans ces deux régions, deux départements d'outre-mer, la Guyane et la Réunion, mes deux collègues, Gabriel Serville et Huguette Bellot, qui siègent au groupe communiste à l'Assemblée nationale, je connais bien, j'ai siègé avec eux, eh bien on réussit à l'emporter sur la droite, et en faisant fusionner, justement, des listes qui étaient séparées au second tour, et c'est donc le rassemblement des listes de gauche qui ont permis cette victoire, mais c'est quand même... Mais en métropole, ça n'a pas fonctionné.
Mais en métropole, ce qui s'est passé, c'est que ce sont beaucoup les sortants qui ont été réélus, mais regardez le score de Carole Delga, qu'elle arrive à faire avec un score aussi important. Avec les communistes, mais sans la France insoumise. Oui, mais avec, dès le départ, dans sa liste, des écologistes avec qui ils ont travaillé pendant tout le mandat...
Est-ce que votre objectif, c'est de prendre la place de Jean-Luc Mélenchon ?
Moi, ce que je souhaite, c'est prendre la place d'Emmanuel Macron à l'Elysée. Mon objectif, c'est de changer la France. Prendre la place de Jean-Luc Mélenchon
comme au premier opposant. Comme premier opposant.
Imaginez le nouveau visage de la France, si demain, un président de la République qui met au cœur de son programme la question de l'industrie, du pouvoir d'achat, des salaires, des conditions de travail décentes, arrivent à la tête du pays, à l'Elysée, pour changer profondément la France. Vous savez, on parle beaucoup, on parle beaucoup de l'abstention. Mais énormément de Français ne vont pas voter parce qu'ils disent tous les ans, on vote, on vote, on vote, et il n'y a rien qui change pour nous. Il y a besoin d'actes forts pour nos concitoyens, pour qu'ils se rendent compte qu'en votant, leur vie pourrait changer radicalement. Ils pourraient voter
parce qu'ils sont en colère.
Et la colère des Gilets jaunes, où est-elle passée dans cette élection ? La colère des Gilets jaunes était en fait porteuse de plein d'espérance, de plein de propositions. Vous-même, vous l'aviez entendu, vous avez fait part de ces propositions à l'ensemble des députés. Vous vous souvenez ? Oui, je me souviens. On avait beaucoup des propositions que nous partageons au Parti communiste français. Imaginez que demain, il y ait un nouveau président de la République à la tête du pays et une majorité de gauche à l'Assemblée nationale avec beaucoup de députés communistes. Tout de suite ! Mais c'est le SMIG qui augmente de 20% et qui passe à 1 500 euros net.
C'est une conférence salariale sur les salaires. C'est une retraite à 60 ans avec aucune pension en dessous du seuil de pauvreté. C'est un gain pour le pouvoir d'achat des finances publiques. Avec l'état des finances publiques, je me demande comment vous feriez ?
Franchement.
Mais vous me parlez des finances publiques, mais moi je vais vous parler du capital. Vous vous rendez compte que pendant cette pandémie, les plus grandes multinationales françaises ont versé autant de dividendes qu'avant la crise, 54 milliards d'euros. Vous ne pensez pas que là, il y a un petit peu de gras, justement, pour faire en sorte que les richesses que nous produisons, enfin c'est quand même nous, les travailleurs, qui produisons ces richesses, nous pourrions avoir le droit de dire qu'une part de ces richesses, voire toute la totalité de ces richesses créées, servent à l'investissement, à la formation, à l'emploi, à relocaliser l'industrie.
Il y a un million d'emplois à créer dans notre pays, dans l'industrie, l'industrie verte et l'industrie tout court, parce qu'on a besoin de produire ici ce que nous consommons ici. quand on parle d'élections présidentielles, si les Français n'ont pas le sentiment que ça va changer fortement dans leur vie, ils ne se déplacent pas. Il faut qu'il y ait un enjeu fort. C'est pour ça que je parle autant d'emplois
de pouvoir d'achat. Oui, mais c'est bien. Je vais revenir sur la réforme des retraites, justement. Est-ce que vous avez la sensation qu'aujourd'hui Emmanuel Macron ne s'intéresse pas aux Français ? Je vous pose la question parce que c'est pour moi une question majeure. C'est un président de la République
hors sol. Je pense sincèrement. Il a grandi dans les salons d'ouré. Il ne connaît pas la France ? Il vient du système bancaire. Il a été sponsorisé par les grandes fortunes qui l'ont fait élire, représentant de la finance. Et dès qu'il a été élu, il a tout de suite servi la finance et le capital. Et c'est pour ça qu'il a été taxé et qu'il est taxé de président des riches. Il est coupé du monde. Il vit dans ce monde.
Oui, mais quand il va à Douai, par exemple, comme hier matin, Douai, c'est votre région, qu'il va contribuer à recevoir le groupe chinois, le président du groupe chinois qui investit à Douai, qui va créer quoi ? 1000 emplois en 2024, ce qui est considérable. L'État qui fait un effort considérable de 200 millions d'euros. Là, il s'intéresse aux Français.
Oui, d'accord. 200 millions d'euros, vous le dites justement, c'est un peu plus, même avec les fonds européens, beaucoup d'argent public. Oui.
2 milliards d'investissements, l'opération.
250 millions d'euros d'argent public, de l'agglomération, de la région, de l'État. C'est beaucoup d'argent public. Mais je vais vous dire, ces 1000 emplois créés, oui, mais c'est utile. Produisons en France les batteries qui vont équiper nos véhicules de demain. Mais dans le même temps, il fait beaucoup de com' le président. Dans le même temps, pourquoi il ne demande pas à Renault, parce que nous sommes actionnaires de Renault, de relocaliser en France la production de véhicules ? Moi, je fais une proposition immédiate.
Si nous relocalisons en France la production de 350 000 véhicules actuellement produits en Slovénie, en Espagne, en Turquie, je parle de la Clio, des Duster, des Kadjar, des Captur, 350 000 véhicules Renault produits en France, c'est tout de suite 4000 CDI, contrat à durée indéterminée, créé en France. C'est du boulot pour des jeunes, des ouvriers, des techniciens, des ingénieurs. Mais c'est ça le défi qu'on doit relever. Et Renault s'en va même aujourd'hui annoncer qu'il va créer un nouveau Dacia électrique, 100%, et il va aller le faire en Chine.
Et pendant ce temps-là, pendant ce temps-là, le président de la République signe la fermeture de la fonderie de Saint-Claude dans le Jura, 254 salariés. Je suis allé les voir, moi, dans cette vallée au fond du Jura. quand cette usine ferme, il n'y a plus rien derrière. C'est la menace sur les commerces, sur les écoles. Mais c'est terrible. Imaginez le désespoir. C'est leur travail. C'est plus de 1000 familles qui sont impactées. Mais leur travail, c'est la vie. Donc comment ? C'est trop facile. Je me félicite de Renault Douai. Très bien. Et encore, il va falloir regarder le contrat qu'ils viennent de signer. Parce que les futurs salariés vont être embauchés au prix du marché.
Ils vont être payés moins cher qu'un salarié de Renault. Parce qu'ils vont inventer un nouveau statut pour avoir un peu plus de flexibilité. Mais ça, ça va être le combat qu'on va mener avec les syndicats. Fabien Roussel,
je voulais revenir sur la réforme des retraites. Ce serait une folie de réengager, de reprendre cette réforme
avant la présidentielle ? Mais c'est pire que ça, M. Bourdin. J'apprends, en lisant la presse, moi député, que cette réforme des retraites serait proposée sous forme de 2-3 lignes, sous forme d'un amendement lors de l'examen du budget de la sécurité sociale. à la rentrée en octobre. Mais c'est honteux. C'est-à-dire qu'il va augmenter de 3-4 ans la durée de temps de travail pour les Français, quand aujourd'hui c'est l'inverse qu'il faut faire, par un simple amendement au projet de loi de financement de la sécurité sociale. Mais c'est antidémocratique.
Et tout ça, à 8 mois d'une élection présidentielle, même le MEDEF réclame qu'il n'y ait pas cette réforme et que nous puissions la mettre en débat à l'occasion des élections présidentielles. Mais enfin, c'est quand même bien la moindre des choses. Enfin, aujourd'hui, c'est tout l'inverse qu'il faut faire. C'est ce que je porte, moi, comme proposition à l'Assemblée nationale et en tant que candidat à la présidence de la République. C'est qu'on ait une réforme des retraites qui soit juste, populaire. On a besoin de bonheur, M. Bourdin. On a besoin de vivre heureux. On a besoin de se dire qu'on va quitter... On est quand même l'un des pays d'Europe où l'on travaille le moins. Mais...
Enfin, vous rigolez, mais allez dire ça à une infirmière ou à une site qui va être obligée de bosser jusqu'à 65 ans. Dites ça à un ouvrier qui, aujourd'hui, a une espérance de vie inférieure à un cadre. L'espérance de vie en bonne santé, elle est de 59 ans chez les ouvriers et il veut les faire travailler jusqu'à 64 ans. Mais c'est inhumain. Et il dit qu'il va falloir prendre des mesures impopulaires parce qu'on a vécu une période difficile. Mais moi, je veux tout l'inverse. Moi, en tant que président de la République, je veux faire des réformes populaires, heureuses.
On a besoin, aujourd'hui, de bonheur et de dire que les ouvriers, les travailleurs, les services publics, mais aussi les entrepreneurs se sentent protégés. D'où votre slogan « Le défi des jours heureux ». Mais bien sûr, mais c'est le défi. Mais les jours heureux, c'est ce que nos anciens ont fait en 45. Quand la France était exsangue et en ruine, on a reconstruit une France des jours heureux. C'était les départs en colonie de vacances pour les gamins qui avaient subi la guerre. C'est ce que je propose, moi aussi, pour les enfants en les colonies de vacances. C'était le travail pour tous, c'était la construction des grands projets.
C'est là où on a construit nos centrales nucléaires, les ports, nos grandes infrastructures. Mais soyons une France qui bâtit, qui construit, qui protège. La France, elle a été cassée par Macron et ses 20 années de libéralisme. Eh bien, il faut complètement changer de système économique.
Fabien Roussel, nous sortons d'une crise sanitaire. Nous n'en sommes pas sortis. Une nouvelle flambée de l'épidémie est possible en août-septembre. Et ça, c'est comme cette épée de Damoclès qui est au-dessus de notre tête. Alors, seule la vaccination de doses protège, on le sait. Faut-il rendre cette vaccination obligatoire pour les personnels soignants ? Maintenant, la question se pose vraiment. Je ne suis pas
pour un vaccin obligatoire, mais parce que, aujourd'hui, nous n'avons pas un vaccin qui empêche d'avoir le virus. C'est un vaccin qui empêche d'attraper la forme grave et qui empêche de saturer... Il ne nous empêche pas de l'attraper, même s'il y a moins de transmission. Il nous empêche d'avoir la forme grave. Moi, j'attends le vaccin qui, comme celui contre la polio, nous empêchera d'attraper le virus. Donc, vous pensez qu'aujourd'hui, il n'y a pas d'urgence à la vaccination ? Si, mais bien sûr que si, justement, c'est ce que j'allais vous dire. Alors, l'enjeu qui est très important, c'est de pouvoir faire vacciner au plus vite les jeunes qui ne sont pas convaincus.
Mais oui, mais s'ils ne sont pas convaincus, vous faites comment pour les convaincre ? Il faut les convaincre, il faut inciter. Je vais vous dire, à Saint-Amand-les-Eaux, avec le maire de ma commune, Alain Bouquet, le directeur de l'hôpital, les médecins, on se réunit, on y réfléchit. On se dit, par exemple, on pourrait proposer que les clubs de sport aient des créneaux spécifiques pour eux, qu'ils emmènent les jeunes avec l'autorisation des parents pour une vaccination. On peut faire la même chose à l'entrée des festivals, des grands lieux où vont se rencontrer les jeunes cet été.
Mettons, implantons-y, proposons des centres de vaccination sur place et puis que ceux qui ne passent pas là en profitent pour avoir une dose. Et puis la deuxième, ils la feront chez eux. Enfin, incitons, faisons de la vaccination véritablement un enjeu. Et puis, on ne sera pas protégés. Cause nationale. On ne sera pas tous protégés tant qu'il y aura des continents entiers comme l'Afrique qui seront mis au bord du chemin. Et donc, il y a un véritable enjeu de permettre à ces pays de produire eux-mêmes leurs vaccins et d'y avoir accès. Ça, il faut pour ça sortir la santé des griffes de la finance et des grands big pharma.
Voilà. Merci Fabien Roussel. Il est 8h54, RMC et BFM TV.
Fabien Roussel