Neutralité carbone 2050 : le Président Emmanuel Macron réunit les coalitions One Planet Summit.
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« Vous avez parfaitement démontré, je trouve, ce que je disais en propos introductif, c'est-à-dire la force de ces coalitions qu'on a su bâtir, et surtout la force d'une méthode de suivi. »
- 0:45E. MacronFait
« Il y a eu la génération de la dénonciation. Ceux qui continuent et qui restent à ce niveau-là, très sincèrement, ont 15 ans de retard. »
- 1:45E. MacronChiffre
« On parle de 300 acteurs publics, régulateurs, superviseurs, banques publiques, on parle de plus de 500 investisseurs institutionnels privés, gérant 50 000 milliards de dollars d'actifs dans le monde. »
- 3:30E. MacronFait
« La gestion financière et économique de la Covid-19 est au fond une formidable opportunité pour accélérer ce qu'on est en train de faire. »
- 5:30E. MacronFait
« On a créé un système où on incite les gens à en changer tous les 6 mois, pour de tas de bonnes raisons, mais où, on l'a fait à travers le monde, on n'a pas du tout regardé cette chose-là. »
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« Il faut qu'on arrive à bâtir ce qu'est la régulation climatique transformante. C'est-à-dire quel est le Bâle ou le Solvency, si je puis dire, de la gestion climatique. »
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« Je pense, très sincèrement, ce qu'on est en train de faire, c'est exactement de réinventer un capitalisme soutenable. »
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-E. Macron : Merci beaucoup, Mme la ministre, M. le ministre, mesdames, messieurs, merci d'avoir pris sur votre temps et un jour aussi important et anniversaires comme aujourd'hui d'avoir ainsi fait rapport, si je puis dire, des engagements pris et du travail fait.
Vous avez parfaitement démontré, je trouve, ce que je disais en propos introductif, c'est-à-dire la force de ces coalitions qu'on a su bâtir, et surtout la force d'une méthode de suivi. C'est-à-dire qu'il y a eu des rendez-vous réguliers à votre niveau avec l'ensemble des parties prenantes qui se sont engagées avec vous, et vous avez progressivement élargi, avec les membres du gouvernement qui suivaient ces coalitions, et aujourd'hui tous ensemble. Moi, je crois beaucoup à cette logique de rendez-vous.
Je le dis souvent, il y a eu 3 générations dans la bataille contre le dérèglement climatique. Il y a eu la génération de la dénonciation. Ceux qui continuent et qui restent à ce niveau-là, très sincèrement, ont 15 ans de retard.
On peut dire qu'on va tous mourir et qu'on arrive trop tard, mais je sais pas comment vivre dans un monde comme celui-ci. Il y a eu ensuite la génération, si je puis dire, des engagements pour autrui, c'est-à-dire, on a ensuite pris partout dans les économies développées des textes des engagements pour ceux qui viendraient après nous, ce qui était déjà un début d'action, mais ça ne se ne changeait pas notre vie au quotidien. On prenait des engagements pour dans 15 ans, 20 ans, 30 ans.
Ce qu'il faut parfois continuer à faire, parce que ces changements sont très longs. Mais notre génération a une réalité malheureusement difficile à étreindre pour nous, mais, enfin, en même temps passionnante, qui est de réconcilier, si je puis dire, les agendas et de rentrer dans la logique d'une vraie transition et au fond même de plusieurs transitions. Et c'est une logique d'action.
C'est-à-dire que nous, nous devons décider pour le monde qui est le nôtre, et donc prendre des lois, des textes, prendre des décisions d'investissement, des changements de comportement qui valent aujourd'hui. Et vous l'avez d'ailleurs tous, les uns et les autres, très bien rappelé, que ce soit de l'engagement jusqu'à la contrainte, qui changent le quotidien. Donc les gens s'aperçoivent ce que c'est, ce que ça modifie.
J'en ai parfois d'ailleurs moi-même fait l'expérience douloureuse et coûteuse quand on avait sous-estimé le caractère transformant des vies ou contraignant sur les vies des changements qui avaient été pensés avant nous et qui paraissaient théoriques. A un moment donné quand on change le prix d'un bien, qu'on envoie un signal, en effet, ou qu'on met une contrainte, quand elle arrive dans le réel, si on l'accompagne pas proprement, à un moment, les choses se tendent. Parce qu'on est en plus dans un environnement où le sujet des inégalités, où la crise, si je puis dire, du capitalisme mondialisé est aussi là.
C'est une réalité qu'on a tous à embrasser, le climat en fait partie, mais c'est pas la seule chose. Et on a dans nos sociétés beaucoup de tensions. Donc moi, je vous remercie parce que c'est une logique de coalition d'acteurs.
Elles sont à mes yeux essentielles pour réussir le pari qui est le nôtre, qui est de mettre en oeuvre pratiquement, d'associer les gens plutôt que de les opposer et de trouver des logiques où chacun a sa part, si je puis dire, d'intérêt, c'est-à-dire de juste accompagnement, et où on réconcilie également, parce qu'à la fin des fins, je trouve que c'est ça, la bataille qu'on doit mener, on doit réconcilier le citoyen engagé, qui est quand même de plus en plus conscient de ce qu'est le dérèglement climatique, en particulier les jeunes générations, le travailleur de nos pays qui veut que son job soit protégé et qui se bat pour avoir un emploi et être bien rémunéré, le consommateur qui, jusqu'à présent, voulait surtout acheter le moins cher possible et avoir accès au plus grand nombre de denrées, en tout cas de produits. Ces 3 agendas, ces 3 statuts que nous partageons tous, avaient des agendas qui n'étaient plus convergents et qui d'ailleurs avait donné lieu à la crise des délocalisations, que nous avions connue dans nos économies, mais à une tension très forte qu'on vit tous, qui est qu'on veut pouvoir continuer à acheter le moins cher possible, accéder à tous les biens, et en même temps on voudrait pouvoir transformer la planète et réduire les émissions. Parfois, c'est pas possible.
Cet objet-là qu'on partage tous, par rapport à ce qui était dit d'ailleurs à l'instant sur la chaîne de valeurs, c'est l'un des objets qui est l'illustration géniale de ce qu'est la mondialisation, c'est made in globally, c'est l'un des pires objets en termes d'émissions, sans doute, de gaz à effet de serre. Chaînes logistiques, matériaux rares et obsolescence. Et on a créé un système où on incite les gens à en changer tous les 6 mois, pour de tas de bonnes raisons, mais où, on l'a fait à travers le monde, on n'a pas du tout regardé cette chose-là.
Si j'applique ce qu'on s'est dit, l'un des 1ers objets sur lesquels on change les comportements et la production, c'est ça, de manière très concrète. C'est-à-dire, c'est la réinternalisation de certaines chaînes de production, c'est de la substitution de certains matériaux et c'est du travail pour que les gens le changent moins. Mais ça suppose de réconcilier les 3 agendas.
Et donc pour faire ça, je trouve que l'orientation de la finance, surtout dans un monde où on a continué et on va continuer à mettre beaucoup de liquidités, parce qu'on a des politiques monétaires et budgétaires, et il le faut, assez expansionnistes, dans la période, je pense qu'on a une...
Au fond, je le dis comme ça avec des termes qu'il ne faut pas mal interpréter, mais la gestion financière et économique de la Covid-19 est au fond une formidable opportunité pour accélérer ce qu'on est en train de faire. Parce qu'elle nous pousse à revisiter nos dogmes budgétaires. Elle a poussé les Européens à prendre un accord historique.
Et elle pousse à avoir une politique monétaire très expansionniste. Tout ça a une conséquence. On a énormément de financement public et privé sur la planète.
Et donc si on arrive à créer ce couple transparence et, au fond, nouveau référentiel et standard, on a déjà une énorme transformation, et qui va se faire beaucoup plus vite. Et donc moi, je voulais vraiment vous remercier pour votre action dans ce contexte. Parce que vos coalitions, je regardais les chiffres, on parle de 300 acteurs publics, régulateurs, superviseurs, banques publiques, on parle de plus de 500 investisseurs institutionnels privés, gérant 50 000 milliards de dollars d'actifs dans le monde.
Donc on a quelque chose qui est quand même très transformant. Et donc si, derrière, on arrive à continuer la mise en oeuvre, l'élargissement, et si on passe à la phase 2, si je puis dire, du travail qu'on a présenté aujourd'hui, je pense qu'on continue à transformer les choses réellement. Donc ce qui veut dire, vous l'avez compris, que pour moi, il faut continuer le combat, transparence, référentiel et standard.
Ensuite, pour l'objet du jour, si je puis dire, "finance, climat, neutralité 2050", il me semble qu'il faut qu'on travaille ensemble dans les mois qui viennent sur 2 grandes lignes de force. La 1re, c'est de continuer à élargir le nombre d'acteurs associés. Je pense que là, on a des référentiels simples qui sont devenus inattaquables, TCFD, et autres, et ceux que vous avez bâtis, et que ce soit d'ailleurs des logiques d'engagement ou des logiques, déjà, de début de prise de contraintes collectives et acceptées.
Je pense qu'il faut continuer à élargir le club. Plus on l'élargira sur tous les continents, et je remercie vraiment, d'ailleurs, nos amis, évidemment, européens, qui sont autour de la visio, mais également asiatiques, africains, américains. C'est extrêmement important.
Il faut que tous les continents soient présents. Plus on arrive à élargir, plus en fait vraiment des standards internationaux qui touchent tout le monde. Donc ça, c'est la 1re ligne, c'est le 1er travail.
En parallèle de ça, je pense qu'il faut qu'on passe aux travaux pratiques, et ça, ce sera un engagement important, et je sais que Bruno le fera avec vous de manière très convaincue, comme vous avez réussi cette 1re phase, c'est de réussir à rentrer dans des logiques, en effet, de référentiels et de standards plus précis. Ca a été très bien dit par le gouverneur, mais je pense que maintenant, au fond, il faut qu'on arrive à rentrer là-dessus comme on l'a fait, sur la régulation financière. Et vous l'avez très bien dit, vos engagements réinternalisent dans le modèle beaucoup de choses, et la gestion climatique.
Il faut qu'on arrive à bâtir ce qu'est la régulation climatique transformante. C'est-à-dire quel est le Bâle ou le Solvency, si je puis dire, de la gestion climatique. Et je pense, et là-dessus, je le dis très clairement, je pense qu'il faut vraiment qu'on s'en saisisse parce que, historiquement, quand je regarde les 20 dernières années, généralement, ce sont les acteurs non concernés qui ont pensé ces régulations.
C'est-à-dire les régulations financières pensées pour la banque et l'assurance ont été bâties par les acteurs financiers de place qui n'étaient pas concernés par celles-ci, en faisant croire au reste de la planète qu'ils réduiraient le risque systémique. C'est quand même vrai pour la chose, et on a beaucoup plus mordu cette part-là. Je pense que là...
C'est pour ça que je mets les deux ensemble. On a besoin d'avoir une régulation, d'avoir, pardon, un éventail très large pour être sûr qu'on attrape tous les acteurs, et je pense que c'est pour ça que l'initiative qu'on discute aujourd'hui est très cohérente de ce qu'on a fait avec les fonds souverains, les assets managers et les private equity. Et j'étais il y a quelques jours avec l'ensemble des acteurs qui ont rejoint cette coalition aussi qui dans le cadre du One Planet Summit.
Mais donc il faut qu'on touche tous les acteurs, pas simplement les acteurs les plus classiques de la finance ou déjà les plus régulés. Je pense qu'il faut que l'ensemble des places de marché intègrent ces acteurs dans ces initiatives. Donc il faut pas qu'on ait de trous comme on en a parfois eu sur les sujets de soutenabilité financière.
Mais il faut en même temps qu'on construise toujours les éléments de régulation qui permettent de transformer et de rendre visible, à la fois pour celles et ceux qui financent, pour collecter, vous l'avez très bien dit, mais aussi pour les acteurs qui sont en portefeuille. Et donc dans ce cadre-là, il y a pour moi la question de la juste proportion des remontées d'information qu'on demande. Il se trouve que c'est d'ailleurs un sujet qu'on discute à la Convention citoyenne pour le climat et qui est un vrai sujet extrêmement compliqué à mettre en place, qui est quel est le standard, en effet, quelle est la transparence qu'on demande.
Il faut pas demander aux structures, en particulier les plus fragiles, les plus petites, d'avoir à nouveau de la charge réglementaire et de la lourdeur, en fait, bureaucratique, de leur demander des choses qui sont insoutenables, mais il faut qu'on arrive à créer de la transparence et un standard qui soit soutenable pour le système qui est le nôtre, avec des chaînes de valeurs très complexes, avec des économies très intégrées. Et ça, c'est pour moi, je dirais, le 2e combat qu'on a à amener. Donc voilà, on continue sur transparence, référence, mais on élargit le cercle et, véritablement, on rentre dans la phase, maintenant, des travaux pratiques de comment on bâtit les standards au niveau de celles et ceux qui financent, comme au niveau de celles et ceux qui le financent, qu'il s'agisse de l'obligataire, d'ailleurs, comme de l'equity sur ces sujets.
Donc c'est très concret. Je pense, très sincèrement, ce qu'on est en train de faire, c'est exactement de réinventer un capitalisme soutenable. Et je vous remercie d'être là, tous et toutes, vous avez des agendas très chargés, vous avez des responsabilités éminentes dans tous vos pays et sur tous les continents, mais lorsqu'il y a 3 ans, je parlais de réformer le capitalisme international et, justement, d'y intégrer des choses qui n'y étaient pas, on disait : "Tout ça, c'est très sympathique, "mais enfin, c'est des discours théoriques, et on va continuer à agir comme avant." Vous démontrez que ce sont pas des discours théoriques.
Tout ça prend du temps. Ca se fait pas du jour au lendemain. Ce ne sont pas des lois ou des décrets qui changent ces choses-là, parce qu'on parle de chaînes de valeurs très intégrées, de systèmes financiers qui sont mondiaux.
Et donc ça ne marche que si on arrive à engager tout le monde. Et ça ne marche que si les acteurs arrivent à être au bon rythme de transformation. Et c'est exactement ce que vous êtes en train de faire, et je vous en remercie.
Donc comme on est en train d'accélérer au niveau des Etats, et il faut le faire pour être au rendez-vous de la neutralité carbone 2050 et du moins 55% en 2030, on va devoir accélérer avec vous sur la base de cet agenda. Mais chapeau pour le travail qui a été fait en 3 ans d'ores et déjà, vraiment. Chapeau.
Merci beaucoup.
Emmanuel Macron