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interviewPublic Sénat· 11 mai 2023 23 min

Macron : "Il faut qu'il entende la colère du peuple, ce sentiment d'injustice"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Et notre invitée politique ce matin c'est Carole Delga. Bonjour Carole Delga, merci beaucoup d'être avec nous depuis Toulouse. Vous êtes la présidente de cette région Occitanie, présidente socialiste et présidente de Région de France. Et on est ensemble pendant 20 minutes, on va bien sûr parler de votre actualité dans la région Occitanie, vous réunissez des milliers de maires, on en parle dans quelques instants, mais d'abord l'actualité nationale et la question de l'immigration. Puisqu'Elisabeth Borne a donc annoncé que finalement elle allait demander à Gérald Darmanin de reprendre les consultations en vue d'un texte qui serait présenté en juillet en Conseil des ministres.

Est-ce que pour vous c'est un texte nécessaire ?

0:41
Carole Delga

Bonjour, non ce n'est pas un texte nécessaire. Je pense qu'en France il y a des urgences, des urgences qui sont sociales. C'est pouvoir redonner du pouvoir d'achat aux classes qui sont très très impactées par l'inflation. Il y a les urgences sur l'éducation nationale, sur l'hôpital et la santé. Et je ne comprends pas cet acharnement à vouloir mener à tout prix une loi sur l'immigration. Puis moi je tiens à rappeler que l'immigration est une chance pour notre pays et qu'il faut arrêter de stigmatiser les immigrés.

Travaillons sur les vrais problèmes de la France avec une meilleure répartition des richesses et avec des services publics qui sont renforcés et qui ne sont plus laminés comme c'est le cas pour l'éducation nationale ou la santé.

1:30
Présentateur

Mais pour vous le gouvernement stigmatise les immigrés ? Il y a dans ce texte toute une partie par exemple avec cette mesure qui est une régularisation des titres de séjour des travailleurs dans les métiers en tension. Il n'y a rien de bon dans ce texte ?

1:45
Carole Delga

Dans le débat qu'il y a autour de l'immigration, il y a quand même, je trouve, un biais qui est plutôt négatif. Il faut rappeler que la France s'est construite à travers la rencontre d'hommes et de femmes, qu'il y a bien sûr une richesse culturelle, qu'il y a aussi une richesse économique. Et je pense qu'on doit avoir un discours beaucoup plus clair sur les apports positifs de l'immigration. Rappeler bien entendu qu'en France, nous devons respecter les lois, que la devise républicaine doit être respectée avec le principe de laïcité, c'est-à-dire que la loi est au-dessus de la foi.

Mais sur ce sujet de l'immigration, je trouve que les propos sont souvent négatifs et que surtout, il n'y a pas urgence à légiférer sur ce sujet.

2:45
Présentateur

Sur la réforme des retraites, les espoirs des opposants sont désormais tournés vers cette date du 8 juin, où sera examiné à l'Assemblée le texte d'abrogation de la réforme des retraites. Vous pensez vraiment que cette loi sera abrogée ou c'est un faux espoir qu'on est en train de donner à des milliers de Français ?

3:04
Carole Delga

Mon message sur la réforme des retraites, c'est pour le président de la République. Il faut qu'il entende la colère du peuple, il faut qu'il entende ce sentiment d'injustice qu'il y a chez les Français. Et donc c'est à lui, en responsabilité, de ne pas appliquer cette loi qu'il a promulguée. Il faut qu'il ait une responsabilité, une volonté d'apaisement, parce que c'est deux ans de trop pour celles et ceux qui ont commencé à travailler tôt, pour les femmes, pour celles et ceux qui ont des métiers pénibles.

Il ne se rend pas compte, Emmanuel Macron, la pénibilité du travail quand on est charpentier, quand on est au fond d'une tranchée, quand on soigne des gens dans des maisons de retraite, dans des hôpitaux. Il doit vraiment arrêter ce sentiment qu'ont les Français d'être méprisés, parce que nous allons avoir des tensions de plus en plus fortes dans ce pays. Il faut apaiser, il faut faire une pause. Et c'est mon appel pour le président de la République de ne pas s'entêter comme il le fait. Il faut justement rassembler les Français, les rassurer. Et c'est de sa responsabilité de ne pas continuer sur cette réforme des retraites.

4:21
Présentateur

Qu'est-ce que vous entendez par tension de plus en plus forte, Carole Delga ? Qu'est-ce que vous redoutez ? Jusqu'où ça peut mener pour vous ?

4:30
Carole Delga

Je crains qu'il y ait des violences. Et on ne peut pas continuer à avoir un discours qui est sourd de cette inquiétude. Moi, sur le terrain, j'y suis tous les jours. J'entends toutes ces personnes qui travaillent durement, qui n'arrivent pas à vivre de leur revenu du travail de façon digne. J'entends aussi ces agriculteurs qui sont excédés par des injunctions qui sont contradictoires. J'entends ces jeunes qui sont très angoissés par le réchauffement climatique, qui se disent « mais quel va être mon avenir ?

» Et je pense que nous devons vraiment avoir un temps de concorde, un temps de rassemblement, et que cette réforme doit être stoppée, parce que nous avons vraiment une inquiétude, une possibilité d'expression violente que nous devons éviter à tout prix. Cela demande l'exercice du pouvoir, de la responsabilité, de l'écoute et de savoir renoncer ou temporiser.

5:37
Présentateur

Vous parlez des violences. L'Assemblée nationale a décidé hier de créer une commission d'enquête sur les groupuscules auteurs de violences à l'occasion des manifestations entre le 16 mars et le 3 mai. Cela concerne également les manifestations à Sainte-Soline, les manifestations du 1er mai. C'est une bonne idée ?

5:56
Carole Delga

Oui, c'est une bonne idée. Dans tous les cas, on ne doit jamais cautionner la violence et nous ne pouvons pas rester immobiles par rapport à ces dérives. Les manifestations doivent toujours se dérouler dans l'ordre et le calme. Et dans toutes les manifestations liées aux retraites, moi je salue l'esprit de responsabilité des organisations syndicales qui ont fait pour que cette expression soit toujours pacifique.

6:27
Présentateur

Vous parlez du réchauffement climatique. Carole Delga, il y a des inquiétudes dans le pays. Évidemment, il y a la sécheresse et particulièrement dans un des départements de votre région, les Pyrénées-Orientales, qui ont été placés en alerte crise sécheresse. C'est le plus haut niveau d'alerte, au moins jusqu'au 13 juin. Cela veut dire qu'il y a des nouvelles restrictions. Vous soutenez ces mesures ? Elles étaient inéluctables pour vous ?

6:50
Carole Delga

Elles étaient malheureusement inéluctables parce qu'il a très peu plu depuis un an dans les Pyrénées-Orientales. Je m'y suis rendue il y a 15 jours. J'ai annoncé qu'il y aurait un fonds exceptionnel de la part de la région. Je suis en contact avec le préfet, avec l'ensemble des élus, des agriculteurs qui sont vraiment très inquiétés sur les productions agricoles et tout particulièrement arboricoles. On doit prendre des mesures pour l'eau potable, pour la consommation humaine, mais aussi pour l'eau productive, faire en sorte que les bêtes, dans le cadre de l'élevage, aient toujours de l'eau à boire et que les arbres fruitiers ne meurent pas et puissent avoir un minimum de production.

Nous avons appelé, avec la présidente du département des Pyrénées-Orientales, à ce qu'il y ait un fonds exceptionnel décidé par l'État de solidarité pour, bien sûr, les agriculteurs, mais également pour les acteurs touristiques qui vont être fortement touchés. Parce que, bien entendu, l'eau pour des activités de loisirs ne sera pas prioritaire.

8:06
Présentateur

Vous avez créé un fonds, vous, dans votre région. Est-ce qu'en tant que présidente de région de France, vous travaillez avec d'autres présidents de région pour créer un fonds plus large face à cette sécheresse qui risque de toucher une très grande partie du territoire ?

8:22
Carole Delga

Plusieurs présidents de région, en effet, réfléchissent à créer un fonds en fonction de la réalité de sécheresse dans leur région. Mais ce qui est nécessaire, c'est qu'il y ait avant tout un fonds national décidé par le gouvernement et les régions, nous serons à leur côté, nous agirons. Mais l'action des régions n'exonère pas le gouvernement de la nécessaire solidarité nationale. Mais que vous dit le gouvernement là-dessus ? Le gouvernement a annoncé plusieurs dispositifs, mais je pense qu'il n'est pas encore à la hauteur du risque vraiment d'effondrement de la production agricole. Donc, il y a eu des premiers pas. Le ministre de l'Agriculture est venu ces derniers jours.

Mais je pense qu'il va y avoir la nécessité d'augmenter les budgets qui sont annoncés pour la solidarité pour ce territoire catalan.

9:25
Présentateur

Les Pyrénées-Orientales qui sont touchées par de nouveaux incendies ces dernières heures. Est-ce que vous pouvez nous faire un point sur la situation ce matin ?

9:36
Carole Delga

Nous avons en fait plus de 1100 hectares qui ont brûlé dans les Pyrénées-Orientales avec dans certains territoires comme à Cerber, vraiment un paysage de désolation. La situation est vraiment sous surveillance accrue, maximale, parce qu'il y a en fait une sécheresse très très forte sur l'ensemble des végétaux et donc une possibilité de s'embraser très facilement. Et surtout, il y a aussi du vent. Donc, je tiens à saluer l'effort de surveillance de l'ensemble des autorités de sécurité publique, des pompiers, de l'ensemble des forces de l'ordre.

Et surtout, j'appelle à la responsabilité citoyenne de ne pas aller fumer dans des endroits où la nature est présente et encore moins de faire des barbecues, des choses comme ça. Donc, il faut avoir une responsabilité citoyenne très très forte parce que trop d'incendies sont partis d'un mégot jeté.

10:47
Présentateur

– Un mot sur une actualité qui concerne région de France. La présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, a saisi le tribunal administratif il y a quelques semaines parce qu'elle estime que le procédé actuel de péréquation entre les régions désavantage les franciliens, c'est-à-dire le rééquilibrage financier entre les régions. Est-ce que ce principe de péréquation de solidarité est juste ? Selon vous, est-ce qu'il faut le réformer ?

11:14
Carole Delga

– Il y a eu un principe de péréquation qui avait été mis en place, donc il y a de ça maintenant 13 ans, suite à la suppression de la taxe professionnelle, mais il y a eu une dernière modification il y a de ça 2 ans, et il est en effet nécessaire d'avoir un travail de fond sur la péréquation, mais dans tous les cas, la réforme de la taxe professionnelle avait donné un surplus de ressources à la région Île-de-France qui abrite beaucoup de sièges sociaux.

Il était logique qu'il y ait une péréquation, ce que demande Valérie Pécresse, c'est que cette péréquation qui a été modifiée il y a de ça 2 ans soit revue dans un esprit qui soit complet par rapport aux dernières modifications sur en particulier la CVAE.

12:10
Présentateur

– Mais vous la comprenez, sa démarche, le fait qu'elle ait saisi le tribunal administratif, elle vous en avait averti ?

12:17
Carole Delga

– Oui, Valérie Pécresse nous en avait averti et avait bien expliqué que ce travail qu'elle avait demandé, que nous avions demandé nous aussi, les régions auprès du gouvernement n'ayant pas abouti, elle a vraiment souhaité porter ce sujet devant le tribunal administratif et il y a une totale transparence dans l'action de Valérie Pécresse par rapport au gouvernement.

12:45
Présentateur

– Carle Delga, vous réunissez aujourd'hui des milliers de maires d'Occitanie à Toulouse, vous l'avez fait avant-hier à Montpellier, quel est l'objectif de ces rencontres ?

12:55
Carole Delga

– L'objectif de ces rencontres, c'est tout d'abord de leur démontrer à ces maires qui font un travail formidable, que la région est à ses côtés et puis à leur côté, et puis aussi de les réunir, de leur démontrer que nous sommes une force, une force ensemble, c'est plus de 800 maires qui étaient à Montpellier avant-hier, ce matin ce sera plus de 1000 maires, et c'est aussi l'occasion de leur expliquer les politiques de soutien de la région, je n'avais pas pu le faire avant de par les conditions sanitaires, et là c'est la possibilité pour les maires de mieux comprendre, de mieux connaître les politiques régionales, de par ma présentation, de par aussi le village de l'ensemble des services de la région, où chaque maire va pouvoir venir avec son projet et avoir une réponse en direct, et puis pour moi c'est aussi l'occasion d'entendre leurs attentes, je suis beaucoup sur le terrain, mais là en deux jours je vais rencontrer près de 2000 maires, et ils vont me faire part vraiment de leur ressenti et de leurs besoins d'aide, et ça va me permettre d'ajuster aussi des politiques régionales, que nous allons voter d'ici la fin de l'année, je pense en particulier à la politique du logement et de l'habitat durable.

14:22
Présentateur

– Et qu'est-ce qu'ils vous disent ces maires, puisque vous les avez déjà rencontrés à Montpellier, quelles sont leurs principales préoccupations ?

14:30
Carole Delga

– Leurs principales préoccupations c'est tout d'abord le climat, vraiment d'anxiété qu'il y a dans la population dont je vous parlais tout à l'heure, ils le ressentent, ils sont d'ailleurs malheureusement souvent agressés, et je pense à ce maire de Loire-Atlantique qui en arrive à démissionner, parce que l'extrême droite a incendié une partie de sa maison ou de ses véhicules. Il me explique aussi qu'il y a beaucoup de normes, beaucoup de complexités, et qu'il faut vraiment essayer de simplifier les dossiers administratifs, y compris pour la région.

Et nous en Occitanie, il me parle particulièrement du sujet des mobilités, parce que nous sommes la région la plus enclavée de France, et nous sommes une grande région sur 13 départements, que nous avons besoin à la fois de grandes infrastructures de transport, que ce soit à travers les LGV, ou à travers l'amélioration de routes, en particulier sur le massif central, mais aussi de remettre du train, comme nous avons pu le faire sur la rive droite du Rhône, ou comme nous allons le faire l'année prochaine dans les Pyrénées. Et puis c'est la question d'accueillir ces nouvelles populations.

Nous avons la progression démographique métropolitaine la plus forte en France, c'est 42 000 nouveaux habitants. Donc il faut créer du travail, et puis il faut aussi créer du logement. Et c'est un sujet qui est très très fort, avec aussi l'implantation des services publics.

16:16
Présentateur

Est-ce que c'est aussi une manière, Carole Delgale, de faire entendre votre voix au niveau national ? Est-ce que l'Occitanie est aussi un tremplin pour vous ?

16:28
Carole Delga

L'Occitanie est une région importante pour la France. C'est 10% de sa population. Nous avons mis en œuvre depuis maintenant 7 ans un nouveau modèle de développement. Et je pense qu'en effet, les politiques gouvernementales devraient plus s'inspirer de ce qui se fait localement, dans des communes, dans des départements, dans des régions. En Occitanie, nous avons mis en place la gratuité des transports scolaires, la fourniture des ordinateurs et des manuels scolaires pour nos lycéens, et également la tarification du train la plus faible de France, avec le train à 1 euro sur l'année 2022.

17:10
Présentateur

Mais sur le plan national, vous faites entendre votre voix politiquement parlant, notamment au sein du Parti Socialiste. Quelles sont aujourd'hui vos relations avec Olivier Faure ? Est-ce que vous vous sentez encore à l'aise dans ce Parti Socialiste, tant votre ligne diverge avec celle du Premier Secrétaire ?

17:30
Carole Delga

Je suis vraiment toujours en fidélité aux valeurs socialistes, bien sûr à l'héritage de Jean Jaurès, originaire d'Occitanie. Après, pour parler franchement, je n'ai pas de relation avec Olivier Faure depuis le mois de janvier. Il écarte toutes celles et tous ceux qui ne pensent pas comme lui au sein, par exemple, du secrétariat national. Et donc, il ne me contacte pas, ni moi, ni bien d'autres. C'est très dommageable qu'Olivier Faure ne veuille parler qu'à tout juste 50% des socialistes. Mais il faut regarder loin et avoir espoir qu'il soit enfin dans une volonté de rassemblement et non pas dans une volonté clannique.

18:24
Présentateur

Regarder loin, ça veut dire quoi ? Ça veut dire regarder 2027 ?

18:30
Carole Delga

Il faut regarder loin, c'est-à-dire faire en sorte que la République reste debout. Et il faut avoir de la responsabilité par rapport à la montée de l'extrême droite et par rapport aux politiques injustes menées par Emmanuel Macron. C'est pourquoi ce qui se fait en Occitanisme, par exemple, sur la question de la gratité des transports scolaires, sur la question du train à 1 euro, ça doit nous inspirer, à nous, le Parti Socialiste, pour faire de vraies propositions, pour donner plus de pouvoir d'achat, pour s'englager pleinement dans la transition écologique par les transports en commun. Et on doit faire des vraies propositions pour le peuple de gauche.

Aujourd'hui, le peuple de gauche, il est orphelin d'un projet de société. Donc, travaillons ensemble.

19:14
Présentateur

Que ne porte plus le Parti Socialiste ?

19:15
Carole Delga

Quand je dis qu'il faut regarder loin...

19:17
Présentateur

Que ne porte plus le Parti Socialiste aujourd'hui ? Que ne porte plus le Parti Socialiste, ce projet de société ?

19:23
Carole Delga

Mais aujourd'hui, il n'y a pas assez de travail au sein du Parti Socialiste. Quand je vois tous les débats, toutes les petites phrases qu'il y a au sein de la gauche, c'est incroyable de ne pas se mettre autour d'une table, de ne pas travailler pour un vrai projet de société, parce que la République, elle est menacée par les idées de l'extrême droite. On voit que de toutes ces séquences de cacophonie qui ont existé ces derniers mois, par exemple à l'Assemblée nationale, la seule bénéficiaire, elle s'appelle Marine Le Pen. Et on continue à parler de sujets accessoires et à ne pas proposer un vrai projet de société pour les Français.

En faisant une révolution dans l'éducation nationale, en donnant plus de temps pour nos élèves, en ayant une vraie formation, une meilleure rémunération de nos enseignants, en ayant aussi un hôpital public qui soit soutenu et qui ne soit pas jugé à l'aune juste de l'activité. Et puis, on a besoin aussi d'un vrai projet européen où on rappelle que l'Europe, c'est notre avenir et c'est la solution à nos problèmes.

20:28
Présentateur

– Mais est-ce que vous avez envie de le porter, vous, ce projet, Carole Delga ? Est-ce que vous avez envie de sortir du Parti Socialiste, de créer un mouvement à gauche pour porter ce projet ?

20:36
Carole Delga

– Non, il faut quand même à un moment être lucide. Aujourd'hui, la problématique, ce n'est pas l'ambition d'une personne, quelle qu'elle soit. La problématique, c'est de répondre au sentiment d'injustice, au sentiment de désespérance des Français qui se dirigent de plus en plus vers l'extrême droite. Et comment on répond ? On répond avec des solutions concrètes. Et des solutions concrètes, cela veut dire travailler, bien connaître la réalité, traiter ces sujets-là et proposer des réformes. Des réformes pour plus de justice sociale, pour lutter contre le réchauffement climatique. Et donc, ce n'est pas la question de Pierre, Paul-Jacques ou Carole de ce qu'ils veulent faire.

C'est la question de se rassembler. C'est pour ça qu'au sein du Parti socialiste, j'appelle à ce qu'il y ait un rassemblement, qu'on arrête ces attitudes ridicules d'exclusion de la part de la direction du Parti socialiste. Mais autour de qui, ce Carole ? Et au sein de la gauche, il faut travailler ensemble. Il faut se mettre au travail. Arrêtons de parler de l'accessoire ayant un vrai projet de société. Est-ce qu'il faut aussi se détacher de la France insoumise ? Mais la France insoumise, s'ils veulent être autour de la table, ils sont les bienvenus. Et avec vraiment des principes qui sont intangibles.

C'est-à-dire que nous devons avoir foi dans le projet européen et que l'Europe n'est pas une forfaiture démocratique sur le fait que nous devons toujours travailler au rassemblement et pas à l'exclusion et que nous ne devons avoir aucune tolérance vis-à-vis du communautarisme. Et ensuite, d'avoir un investissement massif dans la question de l'éducation nationale, de la santé, dans la question des énergies renouvelables. Et que nous puissions également avoir un investissement fort dans les transports en commun et dans le rail. Et je porte par exemple aussi comme projet qu'on ait un Airbus du ferroviaire à l'échelle européenne.

C'est-à-dire un grand géant industriel européen qui nous permettra d'agir clairement pour le rail, pour la transition écologique sur l'ensemble des marchés du monde. Mais également d'avoir une souveraineté industrielle forte.

23:08
Présentateur

– Merci Karl Delga. Merci beaucoup d'avoir été avec nous depuis Toulouse. Et merci à Nadia Bertrand qui nous a permis de réaliser cette interview depuis Toulouse. Merci beaucoup. On passe au Club des Territoires.

23:19
Locuteur

– Merci. – Merci.