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interviewC à vous· 8 septembre 2025 11 min

Chute du gouvernement Bayrou : et maintenant ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Il n'y a pas de grandes phrases qui resteront de ce discours. F.Bayrou a voulu travailler cette séquence pour laisser une trace durable dans l'histoire et être celui qui aurait dit quelques vérités sur l'état financier du pays.

Est-ce que ça a marché? Les Français auront retenu ça? Ce n'est pas évident. - A.-E.Lemoine: Il a répété que le diagnostic vital de la France était engagé.

Ca n'avait pas trouvé d'écho jusque-là. - L.Vigogne: Il a parlé pendant 15 jours.

Tous les jours, il a fait un média important. Pourtant, dans l'opinion, les choses ont peu changé. Sa cote de confiance reste faible.

Dans les priorités des Français, la préoccupation sur la dette reste faible. - A.-E.Lemoine: C'est un constat d'échec. - P.Perrineau: Dans la posture physique du Premier ministre, qui semblait par moments déçu, triste, abattu...

Il est en train de faire le deuil de ce à quoi il a cru, la capacité pour une force centrale et centriste comme la sienne, de pouvoir gouverner, j'allais dire, en dehors de la gauche et de la droite. D'une certaine manière, il y a eu le rêve macronien et ensuite, le rêve de Bayrou, d'un espace centriste. Derrière les échecs, c'est l'échec de ce projet.

On revient à des oppositions plus classiques et à des options qui réveillent le clivage gauche-droite. - A.-E.Lemoine: F.Bayrou se faisait peu d'illusions sur l'issue de ce vote de confiance, à tel point qu'il avait invité ses ministres à un moment convivial à Matignon.

Le pot de départ est préparé? - L.Vigogne: Une heure après avoir annoncé ce vote de confiance lors de la conférence de presse qu'il avait tenue, il avait compris que le résultat serait négatif.

Tout était écrit. A partir de là, F.Bayrou savait qu'il se battait contre du vent.

Il a eu un mot ce soir, à la fin des discours des uns et des autres. Il a remercié son gouvernement. C'étaient ses adieux.

Pour lui, c'est quelque chose d'assez cruel qui s'est manifesté. Il n'a même pas fait l'unanimité dans ce qui lui servait de majorité, dans sa coalition. A peu près 210 députés du socle commun...

Il a eu 194 voix en sa faveur. Il en manque une quinzaine. - A.-E.Lemoine: E.Macron avait regretté le choix de son Premier ministre, de ce vote de confiance. - L.Vigogne: Il a expliqué qu'il n'aurait pas utilisé cette méthode.

Il a demandé s'il était encore possible d'utiliser une autre procédure. On lui avait fait comprendre que c'était trop tard. - A.-E.Lemoine: E.Macron va devoir se mettre en quête d'un nouveau Premier ministre. - L.Amar: L'expérience nous a prouvé que cela pourrait prendre beaucoup de temps. - Le président de la République n'a pas donné d'indications sur la temporalité de son choix à venir.

Il cherche la base de stabilité la plus large possible. - L.Amar: C'était en décembre dernier, l'ex porte-parole du gouvernement.

Elle était bien Embêtée à expliquer pourquoi E.Macron attendait si longtemps pour choisir un Premier ministre. - E.Macron: Il y a un rapport au temps et un rapport entre le temps politique et la parole politique. - L.Delahousse: Il vous obsède, ce temps? - E.Macron: Le rapport au temps est une question plus large.

On ne s'engage pas en politique si on n'a pas un certain rapport au temps. - L.Amar: Garder la maîtrise du temps pour réfléchir ou pour ne pas céder à la pression des médias et des oppositions.

E.Macron s'est proclamé maître des horloges. Il est parfois maître du suspense et des atermoiements.

Depuis sa réélection en 2022, presque toutes les nominations ont traîné en longueur. Une dizaine de jours pour F.Bayrou, 3 semaines pour E.Borne, quasiment 2 mois pour M.Barnier, avec souvent des changements in extremis.

C.Vautrin ou S.Lecornu peuvent nous en dire quelque chose.

Il nous a promis la fumée blanche. Nous n'en savons rien. - On était presque certains que c'était pour hier soir, finalement, non. - On n'a pas l'info.

Personne ne sait ce qui se passe en réunion avec le président de la République. - L.Amar: On a demandé les avis des députés. - Il va nommer assez vite un Premier ministre. - S.Rousseau: La France a besoin d'un budget débattu à l'Assemblée. - L.Jacobelli: C'est une réponse dont il est le seul, l'unique et l'absolu détenteur. - L.Amar: Vous avez bien entendu.

C'est une de ses proches qui nous le dit. Il va peut-être falloir attendre un peu. - A.-E.Lemoine: Le temps est plus compté que les fois précédentes? - P.Perrineau: Etre maître du temps, ça veut dire qu'on choisit son temps.

La politique est un combat et le temps, le rythme du temps vous est imposé parfois. J'ai l'impression et même la certitude que le président de la République a un temps politique compté. L'opinion est tout de même très remonté contre le président de la République.

Les députés le sont. J'ai été frappé dans les discours de l'opposition, derrière Bayrou...

Il y avait sans arrêt agiter le bouc émissaire présidentiel. Il y a tout de même un coût économique d'attendre la nomination d'un prochain Premier ministre. Espérons que le choix présidentiel sera relativement rapide. - A.-E.Lemoine: Depuis 15 jours, il y travaille. - L.Vigogne: Il sait très bien que plus il prendra son temps, plus s'accentuera la crise et plus ça le mettra en première ligne.

Des mouvements sociaux s'annoncent. Pour lui, ça pourrait être préjudiciable. On nous dit plutôt que ça ira assez vite. - A.-E.Lemoine: Qu'est-ce qu'il a dans la tête? - P.Cohen: De trouver l'oiseau rare, qui puisse aboutir à un accord de non-censure avec le Parti socialiste.

Il parle d'un changement de méthode, pour corroborer un peu ce qu'a dit L.Wauquiez. Et aussi, il parle d'un changement de génération.

Evidemment, c'était par opposition aux 2 septuagénaires qui ont occupé Matignon depuis un an, M.Barnier et F.Bayrou.

Je n'en sais pas plus. On peut supposer que, s'agissant de quelqu'un qui puisse parler au PS, on est plutôt sur un ministre non pas encarté du PS, mais issu de l'aile gauche du camp présidentiel. - L.Sénéchal: Ca exclut J.-Y.Le Drian? - P.Cohen: Oui. - A.-E.Lemoine: Plusieurs noms circulent. - L.Sénéchal: Je vous ai fait une liste non exhaustive.

Il n'y a pas J.-Y.Le Drian.

S.Lecornu, G.Darmanin, C.Vautrin...

Vous allez me dire ce que vous en pensez. Le socialiste est le seul de cette liste à être un candidat déclaré à Matignon. - O.Faure: Ceux qui partageaient ce contre-plan Bayrou peuvent être appelés.

Ca vaut pour moi comme pour les autres. - Si E.Macron vous choisit, vous dites oui ou non? - O.Faure: Je vous ai répondu.

Comme moi comme pour les autres, ce sera oui. - L.Sénéchal: Il a quand même l'avantage d'être le premier secrétaire du PS sans lequel E.Macron ne peut pas faire voter un budget.

La gauche elle-même est désunie. La France insoumise ne veut pas d'un socialiste à Matignon. - M.Panot: Ce que nous voyons, c'est un programme soluble dans le macronisme, nous, insoumis.

Nous ne voulons pas d'une énième personne qui continuerait la même politique. - M.Bompard: Tout gouvernement qui aurait l'intention de mener la même politique, tout gouvernement qui ne porterait pas à Matignon un programme de rupture avec le macronisme, nous le censurerons. - L.Sénéchal: Autre hypothèse: X.Bertrand, président de la région Hauts-de-France.

Il avait été présenté au moment de la nomination de M.Barnier. Son nom est cité plusieurs fois sur LCI par L.Wauquiez et aussi par le président du parti, B.Retailleau, notamment dans "Le Parisien".

X.Bertrand...

M.Le Pen lui promet déjà la censure. Reste donc les personnalités issues du camp Macron directement, des proches ou des ministres comme G.Darmanin, S.Lecornu, lui qui était tout proche de Matignon avant la nomination de F.Bayrou. - S.Lecornu: J'ai indiqué que je n'étais pas candidat à Matignon. - Vous verriez bien G.Darmanin à cette place? - S.Lecornu: Je le soutiens depuis 20 ans aux cantonales, aux municipales, aux législatives...

C'est 20 ans d'amitié. Il a des qualités personnelles. Je ne suis pas objectif pour des raisons amicales.

Mais il y a aussi le logiciel politique. - L.Sénéchal: Deux derniers noms à vous soumettre: C.Vautrin, elle aussi passée tout près de Matignon, et E.Lombard, celui qui mène la campagne la plus active, selon ce que vous rapportez.

La piste E.Lombard est à écarter? - L.Vigogne: Je n'y crois pas du tout.

Il s'agite beaucoup. - P.Cohen: G.Darmanin aussi. - L.Vigogne: S.Lecornu n'est candidat à rien non plus. - A.-E.Lemoine: Qu'est-ce qui peut faire pencher la balance vers un nom plutôt que vers un autre? - P.Cohen: Ce n'est pas un débat collectif.

Il y a un seul décisionnaire. - A.-E.Lemoine: Pour E.Macron? - L.Vigogne: Je pense qu'il veut aussi quelqu'un en qui il a confiance, avec qui il s'entend bien.

Il n'a pas aimé l'expérience M.Barnier. Il trouvait qu'il le mettait trop à l'écart.

Celui dont le nom revient le plus, c'est S.Lecornu.