Jean-Philippe Tanguy : "Le RN est pro-entreprise !" (BFMTV)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:00ComplaisanteRéponse directe
Bonjour Jean-Philippe Tanguy, merci d'être venu répondre à mes questions ce matin dans ce studio.
- 0:04OuverteRéponse directe
Vous êtes député Rassemblement National de la Somme et vous êtes en particulier en charge des questions économiques.
- 0:10OuverteRéponse partielle
Vous calez un petit peu là ? Vous êtes un petit peu fatigué ? Vous avez besoin d'un peu de repos ?
- 0:30RelanceRéponse directe
Non, vous n'avez pas pleuré, mais enfin cette nuit vous avez dit, on commence à travailler dans de mauvaises conditions et vous avez fait partie de ceux qui plaidaient pour une pause de deux jours ce week-end.
- 0:42RelanceRéponse directe
J'ai du mal à comprendre, vous n'arrêtez pas de dire, on ne va pas réussir à voter, il faut bosser, il faut pouvoir examiner tous les amendements, et là vous prenez deux jours de pause.
- 1:32OuverteRéponse directe
Parce qu'ensuite, effectivement, ça a été une décision globale, sauf, sauf quand même LFI.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:18Invité politiqueFait
« ça fait maintenant trois semaines pour ceux qui sont en commission finance, en commission affaires sociales, qu'on travaille de 9h à minuit. »
- 0:53Invité politiqueFait
« les partis majoritaires ont déposé tellement d'amendements qu'on ne peut pas y arriver. »
- 0:57Invité politiqueChiffre
« il faut au moins 100 heures, plutôt 120. »
- 5:22Invité politiqueFait
« on n'a jamais voté 36 milliards de hausse d'impôts. »
- 5:31Invité politiqueChiffre
« c'est à peu près 3 milliards de baisse pour le moment sur les familles et 3 milliards pour les PME, TPE, PME. »
- 5:42Invité politiqueFait
« le Rassemblement National a été le seul à proposer la prorogation du dispositif Madeleine. »
- 7:15Invité politiqueFait
« les économies sur la submersion migratoire, sur les migrations de guichets sociaux, réserver un certain nombre de prestations aux familles françaises avec un parent français ou les étrangers qui avaient cotisé pendant 5 ans pour travailler. »
- 8:05Invité politiqueChiffre
« le Rassemblement National s'y oppose évidemment, 6 milliards de hausses sur la contribution à l'Union Européenne. »
- 8:10Invité politiqueChiffre
« C'est une hausse de 25%, madame de Malherbe, du budelé de l'Union Européenne. »
- 8:58Invité politiqueChiffre
« Je crois que c'est 60 millions de subventions publiques, déjà. »
- 11:12PrésentateurChiffre
« Juste prononcer une OQTF, c'est-à-dire faire le papier administratif, vous savez combien ça coûte ? »
- 11:16Invité politiqueChiffre
« Une OQTF, rien que le tampon OQTF, c'est 347 euros. »
- 13:39Invité politiqueChiffre
« il y avait presque 30 milliards de lutte contre la fraude fiscale. »
- 15:06Invité politiqueChiffre
« C'est 600 millions d'euros sur leurs pommes parce que c'est facile de ne pas la respecter. »
- 16:59Invité politiqueChiffre
« la taxe aux frontières de l'Union européenne, vous savez combien elle concerne de produits ? 7. »
Temps de parole
- Jean-Philippe Tanguy64 %
- Présentateur36 %
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Bonjour Jean-Philippe Tanguy, merci d'être venu répondre à mes questions ce matin dans ce studio. Vous êtes député Rassemblement National de la Somme et vous êtes en particulier en charge des questions économiques. Vous calez un petit peu là ? Vous êtes un petit peu fatigué ? Vous avez besoin d'un peu de repos ?
Ce n'est pas qu'on a besoin d'un peu de repos, mais c'est-à-dire que ça fait maintenant trois semaines pour ceux qui sont en commission finance, en commission affaires sociales, qu'on travaille de 9h à minuit. On a des équipes qui ne sont pas très nombreuses, il y a le personnel de l'Assemblée, il y a des députés qui ont des enfants. Vous avez pleuré quand même. Non, je n'ai pas pleuré, mais qui a pleuré ?
Non, vous n'avez pas pleuré, mais enfin cette nuit vous avez dit, on commence à travailler dans de mauvaises conditions et vous avez fait partie de ceux qui plaidaient pour une pause de deux jours ce week-end. J'ai du mal à comprendre, vous n'arrêtez pas de dire, on ne va pas réussir à voter, il faut bosser, il faut pouvoir examiner tous les amendements, et là vous prenez deux jours de pause.
Parce que la situation est telle qu'on n'arrivera pas à la fin du texte. Alors vous pouvez reconnaître que je le dis depuis le début, depuis le premier jour, je dis tout ça et du cinéma, les partis majoritaires ont déposé tellement d'amendements qu'on ne peut pas y arriver. Mais là, même pour finir la première partie du budget, il faut au moins 100 heures, plutôt 120. De toute façon, ça ne tient même pas dedans. Donc en fait, on va s'épuiser, épuiser nos équipes une fois plus, parce qu'un député, il n'est pas tout seul. Alors excusez-moi de parler aussi au nom des collaborateurs, qui ne sont pas par ailleurs très bien payés d'une manière générale à l'Assemblée nationale.
Les députés, tout va bien, mais les collaborateurs, ce n'est pas le Pérou. Voilà, ils ont une vie, ils ont une famille. Et avoir un week-end pendant un mois parce qu'ils travaillent tout le temps, les pauvres. C'est vrai que j'ai eu un peu le courage de briser la glace. Mais vous reconnaîtrez qu'une fois que j'ai brisé la glace, c'est incroyable, tout le monde était d'accord. Tout le monde nous a suivi.
Parce qu'ensuite, effectivement, ça a été une décision globale, sauf, sauf quand même LFI.
Oui, ils se sont donné le beau rôle, comme d'habitude.
LFI, ils disent, non mais attendez, on a besoin de bosser. Si on n'avance pas dans l'examen du budget, en effet, nous ne pourrons pas le voter. Chaque heure compte. Je ne comprends pas que vous ne soyez pas de leur côté là-dessus.
Parce que LFI, si vous voulez, en fait, ils jouent la montre aussi dans leur propre sens. C'est-à-dire que vous avez effectivement le gouvernement et les partis du gouvernement qui ont, à mon avis, saboté le budget en déposant tellement d'amendements. Ce que faisaient les LFI, par exemple, sur les retraites. Vous vous souvenez ? Déposer tellement d'amendements qu'on ne peut pas arriver à la fin du texte. Et LFI, c'est l'inverse. Comme ils veulent un peu un scandale démocratique, ils ont déposé moins d'amendements, c'est vrai. Mais le moindre amendement, la moindre prise de parole, ils l'apprennent. Ça dure un temps fou. Parfois, les mêmes amendements sont défendus plusieurs fois.
En commission des finances, même l'autre fois, on a siégé entre minuit et demi et une heure et demie du matin pour finir une mission. Mais même à une heure et demie du matin, un désamendement dérisoire, il fallait les défendre en deux minutes. Bon bref, c'est un peu ridicule. Il faut dire, au milieu de tout ça, que le Rassemblement National, non seulement a respecté le nombre d'amendements qu'il fallait déposer pour ne pas saboter le texte, et on ne défend pas tout comme ça. C'est vrai qu'on est au milieu d'un cinéma. J'imagine ceux qui nous regardent se disent, mais qu'est-ce qui se passe à l'Assemblée ? On voit une assemblée qui siège, qui siège sans cesse.
Et en même temps, ils n'arrivent pas à finir les textes. Tout ça est incompréhensible pour les contribuables. Je les comprends. Une petite pause, ça va faire du bien à tout le monde.
Vous avez même dit, c'est un cinéma. C'est vrai que je dois vous avouer que moi-même, ces derniers jours, en travaillant sur le budget, je n'y comprends rien. Je me dis même parfois, alors c'est difficile à comprendre, mais je me dis même parfois, en fait, on devrait complètement arrêter de parler de ce que vous faites. Vous, enfin je veux dire, vous les députés, l'Assemblée, on arrête tout. Et puis, on raccroche et on revient dans un mois. Et on dit, où est-ce qu'on en est ? Parce que chaque jour, vous tricotez, détricotez, redétricotez, on n'y comprend plus rien.
Et je ne suis pas tout à fait sûre que vous-même soyez en mesure d'avoir, j'allais dire, une image globale des recettes, des économies, de l'ensemble de ce que ça donnera à la fin.
Oui, vous avez raison. Par exemple, il arrive en commission des finances sur la partie dépense. En fait, l'argent qu'on a le droit de dépenser s'épuise en plein milieu de la commission parce que personne n'a fait attention à ce qu'il votait. Vous avez tout à fait raison. Par exemple, moi je plaide pour qu'on ne filme plus les commissions, en tout cas plus en direct. Parce que résultat, en fait, il y a deux fois des vidéos, vous savez, ce qu'on appelle des capsules. Bon, ça m'arrive de le faire. Attention, moi je ne suis pas un saint. Où on veut faire un point politique et après on veut le faire savoir aux Français.
Mais vous le faites du coup dans une forme de spectacle. Oui, il y a une forme de spectacle.
Ça devient une forme de spectacle. Mais il y a toujours eu dans le Parlement français. Et les Français, je pense aussi en partie, aiment ça, quand c'est respectueux, quand ce n'est pas vulgaire, une forme d'art oratoire. Pour faire connaître un point, il faut aussi attirer l'attention des Françaises et des Français, c'est normal. Il y a une façon de valoriser aussi ce qu'on dit. Mais parfois ça tombe dans le vulgaire, dans l'agressivité. Et ça, ce n'est pas bien, effectivement. Mais je suis d'accord avec vous, parfois on devrait faire une pause. Et c'est aussi peut-être le sens de ce week-end, excusez-moi. C'est aussi de faire un point, une pause, de savoir où on en est.
De réfléchir aussi à ce qu'on vote. Parce que vous savez qu'il y a beaucoup plus d'amendements en séance.
Alors vous-même, d'ailleurs, vous vous êtes pris les pieds dans le tapis. Alors tout le monde vous est effectivement tombé dessus. De toute façon, on le sent bien en ce moment. Dix fois par jour, les uns comme les autres, au moindre amendement, vous vous traitez par tous les noms. Alors là, hier, effectivement, c'est vous qui étiez dans le collimateur à la fois de Renaissance ou de LR, Laurent Wauquiez, qui dit « Marine Le Pen et le RN, dans leur folie, après avoir voté 34 milliards d'euros d'augmentation d'impôts avec LFI et l'EPS, viennent de mettre fin au dispositif Madeleine. Le dispositif Madeleine qui aidait nos TPE et nos PME à investir. C'est lamentable.
J'aimerais comprendre ce qui s'est passé. Parce qu'en effet, c'est assez contradictoire avec tout ce que vous nous promettiez, que vous étiez du côté des petits entrepreneurs, des petites entreprises, etc. Et vous auriez voté contre ce processus Madeleine ?
Non, pas du tout. Ce qui se passe, c'est que Laurent Wauquiez ment. Pour la faire simple et pour arriver dans le détail, déjà, on n'a jamais voté 36 milliards de hausse d'impôts. Pour le moment, les impôts, en particulier sur les ménages...
Il disait 34.
Oui, mais il ment. Mais on pourra y revenir, si vous voulez. Sur les ménages et sur les petites entreprises, c'est à peu près 3 milliards de baisse pour le moment sur les familles et 3 milliards pour les PME, TPE, PME. Donc tout ça est faux. En fait, hier, au contraire, d'ailleurs j'ai mis l'amendement, tout le monde peut le consulter sur mes réseaux sociaux, le Rassemblement National a été le seul à proposer la prorogation du dispositif Madeleine. Ça permet en fait à ceux qui paient de l'impôt sur le revenu d'investir dans les PME.
Oui, mais il y a quand même un truc où vous avez raté.
Non, non, on n'a pas raté.
Vous-même vous demandez qu'il y ait un revote.
Non, non, mais je vais vous expliquer, vous savez, moi je suis tout à fait serein. Donc on est les seuls à avoir défendu le dispositif, le maintien du dispositif. Eux, ils voulaient le raboter, c'est-à-dire le diminuer. Et en fait, on a découvert au cours de la discussion que c'était l'Union Européenne qui demandait qu'on change la disposition pour nous autoriser à le poursuivre. Nous, on n'est pas d'accord, Madame de Malherbe. On considère que la France doit décider toute seule de savoir ce qu'elle permet ou ce qu'elle ne permet pas. Et donc on est très content d'avoir révélé, il faut bien dire, cette soumission à la Commission Européenne. Après, on n'est pas pour la politique du pire.
Donc comme le gouvernement ne veut pas aller au conflit avec la Commission Européenne, on a demandé de deuxième délibération. Vous voyez, là, typiquement... Vous explique très facilement ce qui se passe. Mais c'est vrai qu'effectivement, facilement, mais...
Ah bah, c'est un dispositif technique. Ça reste des dispositifs quand même ultra techniques. Moi, j'aimerais aussi qu'on regarde dans le grand... Oui. Quand on regarde, comme on dit aux États-Unis, la big picture, quand on regarde l'ensemble et qu'on regarde... Quand on prend de la hauteur. Comme on ferait un budget, j'allais dire, familial. C'est-à-dire qu'est-ce qui rentre et qu'est-ce qui sort. On a le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, qui alerte ce matin dans les colonnes du Parisien, qui dit qu'il nous manque beaucoup d'économies.
Et quand on regarde dans le détail, tout ce qui devait permettre, par exemple, de financer la suspension de la réforme des retraites, tout a été retoqué. Alors, pas tout. Est-ce qu'il n'y a pas un moment où il va falloir quand même que vous acceptiez les uns et les autres de faire des économies ?
Mais on a proposé des économies. Alors, on n'a pas pu aller au bout. On n'a pas pu aller au bout. Donc, on n'a pas pu voir toutes les économies du Rassemblement National. Mais les quelques économies qu'on a proposées, elles ont toutes été refusées, c'était les économies sur la submersion migratoire, sur les migrations de guichets sociaux, réserver un certain nombre de prestations aux familles françaises avec un parent français ou les étrangers qui avaient cotisé pendant 5 ans pour travailler. Tout ça, ils ne veulent pas. Vous dites qu'il y a certains, comme Antoine-François-Basile, qui disent au contraire que ça rapporte de l'argent. Oui, bien sûr.
Mais vous dites qu'ils prennent de la hauteur. Mais vous voyez, ils ne veulent jamais... C'est intéressant, vous dites, pour financer les retraites, il faudrait, c'est pas ce que vous avez dit, mais c'est ce que dit Farandou, il faudrait mettre les franchises médicales, il faudrait désagérer les retraites, il faudrait geler les allocations familiales, voilà, il ne faudrait jamais faire d'efforts sur l'immigration. Ah ben voilà, ça c'est une différence. Le Rassemblement National, on assume, on veut faire des efforts, des économies sur l'immigration.
On est les seuls, c'est vrai, et à chaque fois, on voit que les autres sont devant un tabou qui les met d'ailleurs dans une colère assez irrationnelle. Hier aussi, l'Union Européenne, alors ce n'est pas sur la sécurité sociale, mais l'Union Européenne, on a voté, le Rassemblement National s'y oppose évidemment, 6 milliards de hausses sur la contribution à l'Union Européenne. C'est une hausse de 25%, madame de Malherbe, du budelé de l'Union Européenne. Donc pour l'immigration, il y a toujours de l'argent, pour l'Union Européenne, il y a toujours de l'argent, et il faudrait que ce soit les retraités ou les malades qui payent. Alors, on n'est pas d'accord.
Puisque vous parlez de la question de l'immigration, vous avez sans doute vu ce rapport, le rapport de France Terre d'Asile, présidé par l'ancienne ministre Najat Vallaud-Belkacem, elle, elle estime que régulariser 250 000 sans-papiers, ça rapporterait à l'État, ça rapporterait plus de 3 milliards d'euros. Alors, qui dit vrai ?
Écoute, on n'a qu'à régulariser tout le monde, et puis alors là, la France est riche, richissime. Alors, c'est marrant parce que ça fait des décennies qu'on régularise régulièrement des centraux.
Et vous avez souri, je dois dire, quand j'ai commencé à évoquer ce rapport. Ça vous fait sourire ?
Oui, parce que Terre d'Asile, en fait, c'est du business. Vous savez, il y a des gens comme ça qui se donnent bonne conscience en se donnant des grandes causes, et en fait, ils coûtent beaucoup d'argent, Terre d'Asile. Je crois que c'est 60 millions de subventions publiques, déjà. Donc, on peut faire des économies, c'est supprimer la subvention publique à France Terre d'Asile. Et s'ils ont un si grand cœur et si généreux, ils se financeront eux-mêmes, et pas avec l'argent du contribuable. Écoutez, ça n'a aucun sens de dire qu'en régularisant des clandestins, on va enrichir la France.
Évidemment, ils seront déjà en eux-mêmes, il y a peut-être là-dedans des gens courageux, mais ils ont enfreint la loi française. Donc déjà, il y a un problème de morale et d'application de la loi. Mais surtout, ils seront évidemment remplacés par d'autres clandestins, et tout ça n'a aucun sens.
Je précise que les subventions que vous évoquez, en effet, c'est notamment le ministère de l'Intérieur qui subventionne l'association France Terre d'Asile. Mais voilà ce qu'ils disent dans leur rapport. Notre politique migratoire actuelle est un double gâchis, un gâchis humain, indigne de notre République, et un gâchis financier qui coûte des milliards aux contribuables. Il est temps d'avoir le courage politique de faire rimer nos principes de fraternité avec des efficacités économiques. En fait, ils proposent notamment une quarantaine de millions d'euros économisés en cessant de prononcer des OQTF.
Ils proposent également de réduire le nombre de places dans les CRAS, les centres de rétention administratives, parce que ça coûte d'avoir ces places. Et enfin, de régulariser en effet 250 000 sans-papiers parce qu'ils cotiseraient dès lors, et ces cotisations sociales et l'impôt sur le revenu qu'ils paieraient permettraient de l'argent dans les caisses. Qu'est-ce que vous répondez précisément, point par point ?
Je vous remercie d'avoir lu ce rapport, parce qu'en fait, il n'y a plus de lutte contre l'immigration illégale. C'est ça qu'il dit, c'est fini. Exactement, parce que c'est cette politique qui en quelque sorte coûte. Par exemple, si on relégalise le squat, enfin il y a encore des squats, mais si on dit que le squat est autorisé, effectivement on va faire des économies d'expulsion. Tout ça n'a aucun sens. Et ce sont des délits, enfin nous on considère que c'est un délit, ces gens sont sur le territoire français de manière illégale, effectivement ça a un coût de lutter contre l'immigration illégale, mais ce n'est pas une économie.
Et nous avons 6 millions de chômeurs, Madame de Malherbe, donc les clandestins, s'ils étaient renvoyés dans leur pays, ils seraient remplacés par des Français ou des étrangers en situation régulière qui travaillent. Je vous rappelle que le chômage pour un certain nombre de populations immigrées, notamment les immigrés d'origine maghrébine, de pays du Maghreb, il est le double des nationaux. Donc il y a beaucoup de gens au chômage qui cherchent un emploi, mais c'est sûr que c'est plus facile
de faire travailler les clandestins. Juste prononcer une OQTF, c'est-à-dire faire le papier administratif, vous savez combien ça coûte ?
Non, je ne sais pas.
347 euros.
Je ne sais pas. Une OQTF,
rien que le tampon OQTF, c'est 347 euros.
Très bien, il y a peut-être de la bureaucratie. Là-dedans, le Rassemblement National a beaucoup de réformes pour simplifier la bureaucratie. Sachant qu'il y en a 140 000 qui ont été délivrés. D'accord, c'est ce que je vous ai dit. Dans ce cas-là, effectivement, on peut considérer que tous les délits n'en sont plus. Par exemple, c'est sûr que s'ils vous donnent mon portefeuille, vous n'avez plus besoin de le voler.
Oui, alors ce n'est pas tout à fait ce que propose France Faire d'Asile. C'est ça. Pas tout à fait.
C'est des gens qui sont rentrés illégalement sur le territoire. On dit, ce n'est pas grave, vous pouvez rester et vous pouvez aussi faire venir d'autres personnes qui au passage sont quand même exploitées parce que ce qu'on ne dit jamais là-dedans. Vous savez, la France a un nombre d'accidents du travail considérable. Comme par hasard, les accidents du travail, c'est dans le BTP ou dans d'autres secteurs qui recrutent beaucoup d'immigrés illégaux, de clandestins. Qu'est-ce que vous voulez dire
qu'il les traite moins bien ?
Bien sûr qu'il les traite moins bien. Il les traite comme... Mais bien sûr qu'il les traite moins bien. Il les traite comme même comme moins que rien.
Ça veut dire que c'est une forme de responsabilité du patronat
pour le coup des patrons de BTP. Le Ration nationale a toujours assumé qu'une petite partie du patronat se comportait très mal. L'extrême majorité se comporte très bien mais une partie utilise des immigrés parce qu'ils ne parlent pas français et ils n'ont pas forcément de soutien des syndicats. Donc on peut les maltraiter et ils sont maltraités très souvent dans des conditions de travail indignes parce que de toute façon on leur dit si tu n'es pas content tu vas t'en aller.
Jean-Philippe Tanguy, vous êtes de gauche ou de droite ? On ne comprend plus rien.
On est français.
Gérald Darmanin traite Jordan Bardella de communiste économique et Jordan Bardella lui dit je suis pro-entreprise.
Oui, c'est Jordan Bardella qui a raison. On est pro-entreprise et on considère que le bien-être de l'entreprise, son intérêt, coïncide avec l'intérêt des salariés. C'est typiquement la doctrine gaullienne. Il n'y a pas à opposer les Français les uns contre les autres. Les salariés aux entrepreneurs, les fonctionnaires aux salariés du privé, les retraités aux actifs. C'est la nouvelle mode ça d'opposer les retraités aux actifs. Nous, on pense que la France doit aller dans le même sens et faire une convergence d'intérêts nationaux pour l'intérêt général.
Les retraités aux actifs en votant en faveur de la suspension de la réforme des retraites mais sans de l'autre côté trouver le moindre financement puisque vous avez voté contre le gel des pensions, la suppression des 10% d'abattement sur les retraités. À la fin des fins, en effet, il va falloir que les générations suivantes payent. Vous même, vous participez à cette question-là. Vous faites de repousser ce fardeau pour les générations qui arrivent.
Vous savez, je pense que l'État est très inefficace, parce qu'il y a beaucoup d'économies à faire dans l'organisation du millefaille territorial, dans la surnormalisation, ces 40 milliards de coûts, dans la lutte contre la fraude. Parce que, je voudrais revenir sur ce qu'a dit M. Wauquiez, dans les 36 milliards, il y avait presque 30 milliards de lutte contre la fraude fiscale. Donc, je suis très impatient d'aller aux prochaines élections contre M. Wauquiez quand il expliquera qu'il est contre la lutte contre la fraude fiscale. Parce que la principale taxe dont il parle, ce n'est pas une taxe, c'est une mesure de lutte contre la fraude fiscale des multinationales.
Moi qui écoute, vous le savez régulièrement, RMC, vous savez qu'il y a beaucoup d'entrepreneurs qui en ont assez. Le boulanger du coin, il paie ses taxes plein pot et McDonald's, par exemple, lui, il ne paie pas de taxes parce qu'il renvoie une partie des bénéfices dans ses filiales en Europe ou dans des parasites fiscaux.
Une question très précise, justement, puisque vous évoquez les auditeurs d'RMC. Ce matin, j'avais notamment le témoignage d'un ouvrier technique qui disait « Je gagne 1600 euros par mois et j'achète tout sur TEMU et sur AliExpress. » Et il était en colère contre ces taxes qui vont être proposées, des taxes sur les petits colis, d'une part par l'Union européenne qui est prête à supprimer. En fait, aujourd'hui, les petits colis, les colis de moins de 150 euros sont exonérés de droits de douane. L'Union européenne va revenir là-dessus et puis la France, elle, propose des taxes sur ces petits colis.
Et il disait, l'auditeur, « Mais on nous a tellement dit que la mondialisation, ça allait être super, pour une fois que nous, on peut en profiter en achetant des choses pas chères, on va nous les supprimer. »
Oui, on est contre cette taxe sur les petits colis. Depuis le début, on n'a pas changé d'avis. Au début, on s'est fait assassiner par le consensus médiatique, on explique qu'on était irresponsables. Déjà, cette taxe, ce n'est pas pour lutter contre la concurrence déloyale, c'est juste pour taxer les Français. C'est 600 millions d'euros sur leurs pommes parce que c'est facile de ne pas la respecter. Il suffit que TEMU ou une autre entreprise chinoise crée un entrepôt pipo, par exemple en Hollande ou à Malte, un parasite fiscal, ou qu'ils fassent un atelier où ils vont mettre une étiquette.
Donc, il faut une escale là-bas ?
Bien sûr, tout ça, c'est facilement contournable.
Et donc, ça n'arrive pas directement de Chine ?
Ils feront des petits colis, ils feront des gros colis, ils paieront une petite taxe et puis après, dans l'entrepôt, ils vont répartir en France avec une marge. Voilà, bon, tout ça est très facilement détournable pour ceux qui suivent un peu le dossier. Ce n'est pas très sérieux. Et en même temps, c'est un peu étrange de votre part. Vous vantez quand même
les mérites de l'économie française, du hacheton français. Et dans le même temps, vous ne fermez pas ce commerce. Vous avez peut-être entendu le patron de la BPI, la Banque Publique d'Investissement, qui appelle, qui invite même l'Union Européenne à se fermer, ce sont ses mots, à se fermer. Il dit que la Chine va tuer petit à petit toutes les PME de la Pologne jusqu'au bout de la Bretagne. Et il invite l'Union Européenne à se fermer. Le temps de se réarmer, dit-il.
Je suis heureux qu'il s'aligne sur le programme du Rassemblement National. Mais en même temps, quand on vous parle des taxes sur les colis, il faut le faire dans le bon sens, Madame de Malherbe. On ne peut pas, comment dire, mettre une taxe de 2 euros sur les petits colis et ne pas faire de politique industrielle, ne pas faire de politique protectionniste. Il faut faire des choses dans le bon sens. Si vous faites une taxe sur les petits colis, monsieur va payer 2 euros et puis il y aura quand même le petit colis. Parce qu'il n'y a pas de les usines en France. Il n'y a plus d'usines. Celle qui a importé, qu'on détruit tout le textile français.
Moi, dans la Somme, j'ai encore des ruines industrielles au cœur de mes villages. C'est le textile français qui a été ruiné par la grande distribution qui a envoyé tout ça en Chine, en Europe de l'Est. Or, il faut rétablir ce qu'on appelle les quotas textiles qui ont été supprimés au début des années 2000. Il faut mettre des vraies taxes aux frontières. Aujourd'hui, la taxe aux frontières de l'Union européenne, vous savez combien elle concerne de produits ? 7. Il y a 7 catégories de produits qui sont concernés par la grande taxe protectionniste de l'Union européenne. Une taxe carbone. Donc, il faut protéger radicalement les frontières européennes des importations chinoises.
Aujourd'hui, on se prend les excédents chinois qui ne peuvent plus aller aux Etats-Unis à cause de la politique de M. Trump. On est inondé.
Et qui se détourne sur l'Union européenne.
Il faut se protéger. On l'a toujours dit. Moi, quand M. Trump a été élu au nom du Rassemblement national, j'ai dit qu'on allait être inondé de produits chinois parce que M. Trump allait appliquer son programme et qu'il fallait se protéger. Il ne s'est rien passé. Jean-Philippe Tanguy, vous ? Notamment dans l'acier qui devient extrêmement dangereux. Toute la métallurgie, la chimie européenne, l'industrie automobile avec l'usine de Poissy de Stellantis qui risque de fermer. Moi, j'ai une usine qui est directement touchée dans ma circonscription qui va malheureusement fermer à Poit-de-Picardie. Donc, l'industrie, elle est en train de s'effondrer. Il n'y a pas de réaction des autorités.
Est-ce que vous voyez les patrons ? Oui, on en voit beaucoup.
Est-ce que vous voyez des membres du MEDEF ?
Oui, ils sont presque tous membres du MEDEF.
Ce n'est pas la dernière victoire du RN ?
Non, ce n'est pas la dernière victoire parce qu'en fait, on les voit depuis longtemps. Mais le fait qu'ils assument, c'est plus récent. Mais voir les patrons, c'est normal. Mais moi, par exemple, on voit aussi certains syndicats.
Mais ce que vous voulez dire, c'est que les patrons, désormais, quand ils vous voient, est-ce que vous vous dites, ils sont en train de se dire qu'il faut qu'on travaille désormais avec le RN parce qu'à un moment ou à un autre, on devra bosser avec eux ?
Oui, mais il faut bien qu'ils comprennent qu'ils travailleront pas pour faire du lobbying mais pour mieux comprendre des dossiers, avoir des informations, mieux concevoir la loi, les règles. C'est quoi le but de ces rendez-vous aussi avec les syndicats salariés ? J'insiste. C'est d'anticiper une arrivée au pouvoir pour être opérationnel et proposer des bonnes mesures. Il y a ça. Il y a ce genre de réunion. Parce que là, ils ont bien compris que ce n'était pas le genre de la maison.
Mais il y a des réunions en ce moment.
Il y en a eu depuis très longtemps. Mais le fait qu'elles soient assumées non pas par nous mais par les entreprises qui peuvent nous rencontrer, c'est nouveau, effectivement.
Merci Jean-Philippe Tanguy
député RN de La Somme.
Jean-Philippe Tanguy