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interviewSportenFrance· 3 juillet 2026 29 min

Para-Rowing Regatta : Quand l’inclusion rencontre l’excellence -

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:03
Présentateur

C'est l'histoire d'une course à part, devenue incontournable sur la scène nationale et internationale, la Pararo Ingrigata. Le 1er, 2 et 3 mai, sur le stade nautique olympique d'Ile-de-France, il flottait comme un air des Jeux paralympiques pour cette 5e édition, organisée une nouvelle fois par la Ligue d'Ile-de-France d'Aviron. Cette course, on l'a démarrée avant les Jeux. Ça, c'était une idée justement des gens qui travaillent pour la Ligue d'Ile-de-France d'Aviron. Le 1er sentiment, c'est qu'on est ici chez nous. On a un partenariat avec la région Ile-de-France historique, qui a mis beaucoup de moyens et qui continue à soutenir le maintien en condition opérationnelle de ce bassin.

La Ligue d'Ile-de-France a son siège sur ce bassin d'Aviron et elle a aussi son pôle espoir régional. Ça, c'est le 1er sentiment. Le 2e, c'est beaucoup de fierté que de montrer cette capacité d'inclusion de notre sport. Cette année, nous avons 17 nations représentées. C'est quelque chose quand même d'assez inédit sur ce genre de manifestation.

1:02
Invité

Et nous avons surtout travaillé cette année avec la Fédération internationale, qui souhaite notre support pour organiser les classifications. Nous avons organisé également un camp d'entraînement dans le cadre du programme de développement de la Fédération internationale. Et nous avons également un colloque mondial des classificateurs. Donc on a vraiment cette année passé une dimension supérieure dans notre organisation.

1:28
Présentateur

Et à 4 mois des championnats du monde à Amsterdam, le cadre est idéal pour lancer la saison internationale. Et la pression sur les solides épaules d'Alexis Sanchez. En skiff, il a terminé 5e des Jeux paralympiques et vient tout juste de décrocher son 3e titre de champion de France. C'est un bassin qui me tient à cœur, c'est le bassin des Jeux. En plus, c'est le bassin où je m'entraîne maintenant quotidiennement. Donc forcément, c'est la maison. Ce qui est très bien, c'est que les autres nations ont joué le jeu et sont présentes. On aura le champion paralympique, champion du monde, champion d'Europe.

Enfin, le meilleur athlète de ma catégorie, Ben Pritchard, un anglais qui sera là, qui sera présent sur les courses.

2:10
Invité

C'est spécial de revenir. C'est spécial, c'est là où j'ai gagné mon Paralympique medal. Ce que j'ai vraiment aimé cette venue, c'est que c'est été utilisé par les membres du public. Donc, on le side de la banque, vous avez des membres du public qui ont des cups de thé, ou des barbecues, ou des picniques, walking leur dog. Ce qui est vraiment intéressant, c'est que ce n'est pas seulement le début de ma race, mais c'est le début de la journée pour une autre Paralympique rower. Parce qu'ils ont dû venir et être classifiés. Donc ils commencent ici, ils prennent leur classification, et puis ils peuvent continuer et corriger pour le reste du mois, ce qui est vraiment spécial.

2:45
Présentateur

Sur son terrain d'entraînement, un bassin qu'il a arpenté des centaines de fois, le défi s'annonce relevé pour Alexis. Un demi de mètre, c'est un effort, un sprint tout long, où tu es au maximum de ton engagement, du début à la fin. Ça se fait en neuf minutes, ça veut dire que c'est très dur, c'est très violent comme effort. C'est pour ça que ça nécessite une grosse charge d'entraînement, pas mal de volume, pas mal de préparation, une intensité de tous les instants, et vraiment de la qualité à mettre à chaque coup.

C'est un sport qui est très dur, on se kiffe en plus tout seul, c'est nous et nous-mêmes, il n'y a personne qui viendra nous aider psychologiquement ou physiquement à finir la course, pour aller puiser au fond de soi-même. En général, quand on fait des courses, on va chercher dans des zones mentales, pour aller puiser dans des ressources, qu'on ne sait même pas qu'on est capable d'aller chercher. Donc c'est ça que je trouve intéressant, et en fait c'est d'aller chercher la limite. Alors mon histoire avec l'Aviron, elle a commencé directement après mon accident. Il faut savoir que j'ai été amputé des deux jambes à la suite d'un accident de moto en août 2019.

J'avais déjà l'objectif de faire les Jeux Paralympiques de Paris 2024, je m'étais fixé cet objectif-là avec mon père qui me l'avait dit dès que j'étais sur mon lit d'hôpital. Et en fait j'ai rencontré en centre de l'éducation une dame dominicaine qui est devenue ma coach d'Aviron, qui m'a fait découvrir ce sport-là. C'était un jeune qui cherchait à se recréer en fait. Je suis passée par là et je l'ai mise sur l'ergot et j'ai vu qu'il avait du potentiel. Et après, il est venu à l'association.

4:28
Invité

Ce n'était pas tout rose dès le départ, il y a eu des moments où c'était compliqué. Comme je savais qu'il avait du potentiel, je n'ai pas lâché. Et lui non plus, la motivation était pleine. Et donc du coup, moi un athlète qui est motivé, même dans le dur, je ne le lâche pas, je l'accompagne.

4:47
Présentateur

Donc du coup, oui, une fierté quand on voit le parcours qu'il a fait. Partir de zéro, faire les Jeux Paralympiques de Paris 2024, finir cinquième, ce qui n'était pas évident. Et puis il tire le club vers le haut. En force, je vais regarder ce que vous faites, c'est dans pas longtemps là. A 17h je crois que j'ai vu. Alors force, qu'est-ce qu'on... Et on faune, c'est honneur. Voilà. Et la végorie. Force et honneur, la mission et on se régale. Et l'important c'est de finir. Voilà, très bien.

5:28
Invité

Les escaliers. Tiens le temps, tiens le temps.

5:32
Présentateur

Si le bâton il se retourne... S'il se retourne, et surtout vous me récupérez la viande.

5:40
Invité

Bon, moi je ne veux pas de verre. Et si il se retourne, vous vous récupérez, parce qu'il ne se détachera pas.

5:47
Présentateur

Grâce à une convention de partenariat entre la Fédération Française d'Aviron et la Fédération du Sport Adapté, Dominique est venue ce week-end avec une dizaine de membres de son club, La Vie Sourire. Car la Pararoing Regatta, c'est également une compétition ouverte à tous les clubs français accueillant des athlètes en situation de handicap, que ce soit de l'Aviron Adapté ou du Para-Aviron.

6:16
Invité

Il y a entre 300 et 350 pratiquants licenciés à la Fédération Française d'Aviron et de Sport Adapté. Pour les rameurs para-avions adaptés, c'est une opportunité en plus de faire des courses. C'est aussi une belle opportunité de pouvoir venir ramer sur le bassin où les Jeux Olympiques et Paralympiques ont eu lieu. Ça peut être un bel objectif pour eux, un événement qui peut leur servir aussi de motivation et de point de repère dans le calendrier. Si je ne te vois pas avec la sueur, ça va mal aller. Après, quand il y a fini, tu viens me revoir ici et je te dirai s'il faut repartir.

6:51
Présentateur

Le public para ou le public adapté, c'est un public qui nécessite de facto un staffing plus conséquent parce qu'il faut pouvoir encadrer, il faut pouvoir maintenir la sécurité aussi sur l'eau. Mais il y a une vraie volonté en tout cas des clubs et de la Fédération d'ailleurs qui soutient aussi et les ligues et les clubs pour développer de plus en plus le Para-Aviron et l'Aviron Adapté. Et ce week-end, les clubs de Soissons, Orléans, l'Avis Sourire, l'AS Mantaise ou encore Boulogne 92 ont fait le déplacement avec leur licencié. Parmi eux, Carole, malvoyante. Elle a débuté l'Aviron il n'y a même pas un an et demi et participe pour la deuxième fois à la Pararoing Regatta.

L'objectif pour moi aujourd'hui, c'est avant tout de me faire plaisir et puis éventuellement d'avoir une position sur le podium, ça peut toujours être sympa. Il y a un petit peu la petite boule au ventre quand même et le bon stress. Et cette année, c'est avec Thomas dans la catégorie handivalide qu'elle s'apprête à enchaîner deux courses de 2000 mètres. Tous les 500, je te dis où on en est ? Très bien, super. Éventuellement, on relance tous les 500, on voit comment ça se passe.

8:07
Invité

Tu me dis si on baisse un pancadence ou quoi ?

8:09
Présentateur

Je te tiens au courant. Et dans les derniers 250, c'est là qu'on envoie tout et on dépasse tout. On relâche tout, c'est clair, ça marche toi, super, ça roule, ça roule. En 2017, j'ai perdu la vue suite à une maladie génétique orpheline. Ça s'appelle la neuropathie optique de l'hébert, ma pathologie. Et en deux mois de temps, je suis passée de 10 sur 10 à... Même pas un dixième d'abord à un oeil, un mois après, ça m'a pris l'autre oeil. Ouais. Toi, tu les avais plus... Oui.

8:39
Invité

Je t'avais remis sous le...

8:40
Présentateur

Ouais, je crois, en fait, j'ai... Désolée, Thomas. Je ne vois plus les relèves, donc je suis repassée en vision 2D. Après, je n'ai aucun accès à la lecture. Je ne peux pas faire de vélo, pas de trottinette, pas de conduite, bien entendu. Par exemple, je croise mes enfants dans la rue, je ne les reconnais pas. Ils passent à côté de moi, c'est juste quand je les croise, ils vont me dire « maman, coucou, c'est moi ». Il faut principalement se concentrer déjà sur son corps, il faut être extrêmement gainé. Ressentir l'équilibre du bateau, le bruit de la glisse sur l'eau parce que le bateau chante. Je pense que j'ai aussi besoin de me mettre des défis dans ma vie pour avancer.

Et donner aussi envie aux autres personnes en situation de handicap de ne pas baisser les bras, il faut s'accrocher. Et je pense que l'avion aussi, c'est quelque chose qui me permet de me donner confiance en moi et de me pousser un peu dans mes limites. Et c'est quelque chose que j'apprécie énormément. Objectif rempli pour Carole. Avec deux 2000 mètres bouclés dans la journée dans la catégorie Andy Valide, elle repart avec une belle médaille d'argent. Une de plus pour le club de Boulogne 92. Donc là vous reprenez le bateau, mais vous changez les pêles, c'est ça ? C'est ça. Voilà, les pêles, les numéros, voilà.

10:17
Invité

Ça c'est à nous, tout le monde. C'est extrait ça, les gens de faire ça. Bon, c'est un bateau de gagnants.

10:27
Présentateur

Bonne course à vous. Non, c'était trop chouette. Objectif atteint, trop bien. Je me disais que c'était un peu ambitieux parce qu'ils ont quand même 15 secondes. Bah ouais, mais toi. Ce matin. C'est ça, ils ont trop mangé ce midi. Maintenant j'ai hâte de savoir quel temps on a fait. Je pense qu'on a fait mieux que ce matin.

10:44
Invité

On va appuyer le bateau.

10:48
Présentateur

Bravo Thomas, c'était cool. Vraiment c'était trop chouette. Vraiment chouette. Super partenaire. Bilan très bon. On était ce matin très proche d'un double autrichien. On s'était dit, on va se mettre un challenge. C'était de finir avant eux. Et on a tout donné. On a fait tout ce qu'on a pu. Objectif atteint, on les bat. On finit deux, argent. Ouais, c'est ça. Que du bonheur. Première médaille d'argent, trop bien. Première course ensemble. Et première course ensemble. Ça fait deux mois qu'on s'entraîne. On a tout donné. On se retrouve l'année prochaine, on fait la même. C'est ça, exactement. Et d'autres entre deux, j'espère. D'autres entre deux. L'or ? L'or, on dit l'or.

L'an prochain, rendez-vous pour l'or.

11:33
Invité

J'ai fait de très belles rencontres.

11:42
Présentateur

C'est un club super chouette en termes d'inclusion déjà. Ils sont incroyables. Les gens sont extrêmement bienveillants les uns envers les autres. Le handicap s'efface complètement au sein de ce club. Ça, c'est vraiment aussi quelque chose qu'on recherche quand même. Parce qu'on est toujours un peu étiquetés de par le handicap. Ça peut paraître un peu incroyable. Mais je me dis que si je n'avais pas perdu la vue, je n'aurais peut-être pas fait d'aviron. Et je serais passée à côté d'un sport extraordinaire. Voilà, c'est un combat un peu qui me permet d'avancer, moi, tous les jours. Une régate qui joue également un rôle clé dans la détection et la reconstruction.

Grâce au programme La Relève du CPSF, le comité paralympique et sportif français, la Fédération française d'aviron accompagne de nouveaux profils vers le haut niveau. Des para-athlètes souvent débutants, parfois en reconversion. Toutes les informations données par les arbitres vont être données en anglais. L'appel des équipages, le attention pré-parté, tout ça, ça va être dit à l'international. A l'international, c'est pas attention pré-parté, c'est attention, go. C'est le cas de Morgan, licencié au club d'aviron de Saint-Omer. Amputé suite à un accident de la route, il s'est mis au para-aviron il y a moins de deux ans.

Tout juste champion de France en skiff dans la catégorie PR2, il découvre ce week-end sa première compétition internationale.

13:30
Invité

Midi déjeuner, 14h10, on est bon, on gare. 15h30, ta course. Ah, c'est 15h30 ? Ah non, ça c'est hyper trop, c'est à 15h10. 15h10. Je me rends compte, j'ai beaucoup de chance, j'ai été vraiment très bien accompagné, que ce soit par ma famille en premier lieu, par mon club. Je prends tout ce qui m'arrive là, je garde que le positif, je n'oublie pas le négatif, mais je garde que le positif pour pouvoir avancer et m'améliorer. Il manque de la bouteille, mais ça viendra.

14:04
Présentateur

On détecte des potentiels qui pour le moment n'ont pas forcément un niveau sportif, mais on les détecte soit sur leur jeune âge, soit sur leur pathologie, soit sur leur niveau sportif. Morgane fait vraiment partie, c'est vraiment le profil type d'une personne qui, en fait, a fait le programme de la relève du CPSF, et puis qui a été orientée vers un club d'aviron Saint-Omer, qui ne faisait pas du para, mais qui a été complètement intéressée par cette aventure-là. Au-delà de savoir s'il va être capable d'aller chercher des places, un meilleur chrono, c'est finalement d'améliorer sa réalisation, sa qualité. Je suis passé par là.

Moi, c'était en 2023, c'était ma première compétition en équipe de France. Ça m'a ouvert vraiment une sélection derrière et de pouvoir aller au Mondiaux, et pouvoir derrière aller participer aux Jeux Paralympiques. Donc tout a commencé ici. Vous soyez le meilleur rameur de vous-même. Pas par rapport aux autres, mais de vous-même. Ce que vous avez travaillé là, mais ce que vous avez travaillé aussi en amont, quand vous êtes dans vos clubs, c'est maintenant qu'il faut le mettre en place. La seule chose que je vous interdis, c'est d'arriver et me dire « Prof, fais chier, j'ai raté. Et si j'avais fait ça ? Et si j'avais fait ça ? » Pas de « si ». Vous allez faire des erreurs. Ça, j'en doute pas.

Et c'est complètement normal. D'accord ? De toute façon, pour réussir, il faut perdre. Il faut aller dans l'échec. Il faut faire des erreurs. Sinon, on ne réussit pas réellement. Ok ? La seule chose, c'est que quand vous faites une erreur, vous devez tout mettre en place, hop, pour la récupérer. Évidemment, si demain, vous arrivez à la première course, « Eh merde, j'ai pas réussi ça, ça, ça, ici. » Réunis pas, je vais pas vous engueuler, quoi. D'accord ? Par contre, si à la deuxième course, vous revenez et vous me dites toujours les mêmes erreurs, là, oui, ça risque de me tendre un peu. Je me dirais, ben non, non, c'est pas normal. C'était vite que ça, on le pesait pas. Ok ?

Première course du week-end pour Alexis Sanchez. Sur un bassin qu'il connaît par cœur et qu'il a déjà arpenté des centaines de fois, il s'apprête à enchaîner quatre courses en deux jours. Des courses de travail, Alexis. Problème, Benjamin Pritchard est dans le coin. Le champion paralympique en skiff fait son retour sur le bassin qu'il a vu remporter. la plus belle victoire de sa carrière.

16:48
Invité

C'est une belle manœuvre ici, oui. La première course de la nouvelle saison, c'est toujours nerveux, n'est-ce pas ? Mais c'est cool de voir beaucoup de nouvelles faces, de nouvelles paroles. Le weather est parfait. Bonne chance, Benjamin.

17:09
Présentateur

Un bassin qui inspire terriblement le britannique qui va pour cette première course du matin écraser toute la concurrence. Alexis assure sa qualif. Benjamin Pritchard, lui, revit les Jeux de Paris. L'anglais s'impose en 9 minutes, 20 secondes et 4 centièmes. 23 secondes devant Alexis qui se qualifie pour la finale. La seule que disputera le britannique dans cette pararoing regatta puisqu'il rentrera dès ce soir en Angleterre et ne participera donc pas aux courses du lendemain. Une mise en route ratée ou une stratégie pour garder des forces ? C'est en tout cas un Alexis terriblement déçu que l'on retrouve sur le pont de tour d'arrivée. Allez, premier parcours, on va faire en route.

Là, je te cache pas que j'ai un peu la flemme de débrief et tout. Ça va ? Il faut garder en tête que face à lui, il a le meilleur PR1 de tous les temps. Ben Pritchard, c'est un rameur qui est déjà dans le circuit depuis très longtemps. Avant de tout gagner, ce qui est le cas actuellement, il a aussi beaucoup perdu. Ça fait partie de toute construction des très bons sportifs. Face à lui, il a quand même un champion paralympique, champion du monde, champion d'Europe et record du monde. Donc automatiquement, c'est une cible qui est très loin et très difficile à atteindre. Et j'ai envie de dire, c'est pas la cible. La cible, c'est qu'Alexis trouve des repères pour lui-même progresser.

La notion du sport, c'est ça, c'est un défi avant tout sur soi-même. Et au-delà de Benjamin, il a d'autres concurrents internationaux qui sont intéressants à aller chercher et qui sont déjà des très bonnes références. Et pendant ce temps-là, les courses s'enchaînent sur le stade nautique olympique d'Île-de-France. Licenciée au club de Boulogne 92, Tara a découvert l'aviron en haute école de commerce. Personne autiste, elle pratique l'aviron en universitaire en catégorie valide, avec notamment une médaille de bronze remportée en championnat de France il y a deux ans.

19:55
Invité

Elle est bon pour moi.

19:58
Présentateur

Elle s'aligne surtout ce week-end pour l'amour de l'aviron et de son club Boulogne 92.

20:03
Invité

On est à base d'entraînement à Boulogne. On va monter sur l'eau, on a une petite séance de vitesse à faire. J'ai ce qu'on appelle un handicap invisible. J'ai du mal à fixer mon attention suffisamment longtemps. Et l'aviron, ça m'aide beaucoup parce que ça m'apporte une certaine concentration. J'ai l'impression qu'elle a triplé depuis que je fais de l'aviron. Et sur l'eau, j'ai l'impression que c'est un peu comme si le temps s'arrête. Il y en a une heure et demie, deux heures rien que pour soi. Et souvent, j'arrive à penser à rien d'autre, ce qui est assez rare. Donc c'est très très appréciable. On attend un peu parce qu'il y a une super péniche qui passe.

Si on veut bien partir après, il vaut mieux attendre un tout petit peu histoire que ça se calme niveau bassin. J'ai des difficultés en matière de coordination. Je peux avoir quelques difficultés sociales au niveau du relationnel. Ça peut être parfois difficile. Mais c'est quelque chose que je travaille vraiment sur tout ce qui est collectif à l'aviron. Et ça m'a vraiment ouvert, ça m'a vraiment soulagée d'être accueillie dans un groupe et de trouver une place ici. Je m'entraîne entre 10 et 15 heures par semaine toute l'année. Mais donc j'ai la chance de pouvoir atteindre un niveau assez correct, voire même plutôt bon, en aviron valide.

C'est qu'après avoir commencé en valide, j'ai découvert qu'il existait une catégorie pour ce genre de handicap.

21:41
Présentateur

Et pour cette première journée, Tara s'est alignée en skiff. Sur une distance réduite à 500 mètres au lieu de 2000, elle s'impose devant Julie Blom de l'US Orléans et permet à Boulogne 92 de remporter une nouvelle médaille. Presque un échauffement avant le programme du lendemain où 4 courses l'attendent. Dans la catégorie en divalide, elle s'impose sur le 2000 mètres avec son coéquipier Thomas.

22:12
Invité

Super course, on avait un 4 barré, donc un bâton un peu plus long et un peu plus rapide qu'on a réussi à tenir sur quasiment 1000 mètres. On était devant au 500. Et après, il nous a lâché au 1000 mètres, mais super course. Bon, on rame pas extrêmement propre, mais on est bien puissant. On a fait le taf, on a mis la force dans l'eau.

22:34
Présentateur

Mais pas le temps de souffler, elle doit tout de suite enchaîner le double dans la catégorie sport adaptée.

22:38
Invité

Ouais, ça va, en pleine forme. C'est bien, t'as l'échauffement et après t'as laveré.

22:47
Présentateur

Et aux côtés de Damien Touchag, de la S-Mantaise, elle s'incline de justesse devant le bateau de Nicolas Damien et Olivier Ferry du club de Soissons. C'est l'heure de vérité pour Alexis, de retour sur le ponton pour y disputer la finale. Avec un très fort vent de côté, la course s'annonce plus indécise que ce matin. Quand on arrive en compétition, il faut avoir les crocs qui règlent le parquet, en vrai. Et moi, j'adore, en fait, justement, c'est ça que j'aime dans la compétition, c'est cette pression que t'as au départ.

C'est ça que j'aime dans l'aviron, c'est qu'en fait, tu sais que quand on s'aligne au départ, la sensation qu'on a de savoir que pendant 10 minutes, on va mourir, on va s'ouvrir les veines, on sait qu'on va aller dans des zones, ça te met une pression. Et quand tu regardes tous les adversaires à côté, c'est ces moments de vie-là qui te font prendre conscience, en fait, que t'es en vie. Départ tonitruant du français qui fait plus que résister à Benjamin Pritchard. Il relègue même loin derrière Giacomo Perrini, l'italien médaille de bronze au dernier jeu paralympique. C'est ça que j'aime bien, c'est de me dire un coup de plus, un coup de plus, à 100% de tes ressources physiques.

Vraiment au point où t'es incapable de respirer. Moi, avec ce que j'ai eu, mon accident et tout, je me dis qu'est-ce que vraiment ça peut être pire en termes de douleur que de se faire un accident, d'être entre des barrières de sécurité, d'avoir un mal, etc., au bord de l'autoroute avec les deux jambes coupées. Non. Donc en vrai, qu'est-ce qu'on risque ? Autant aller se mettre à fond, poigné dans l'angle et voir jusqu'où on peut aller. En tête à 750 mètres de l'arrivée, Alexis semble en mesure de remporter la course. Le moment que choisit Benjamin Pritchard pour accélérer, la médaille d'argent se joue alors entre Alexis et le britannique Jake Woods.

C'est finalement Alexis qui termine deuxième, 7 secondes derrière Benjamin Pritchard, qui l'emporte en 9 minutes 45. Alors au poulet ? Enfin ! Non, c'est vraiment bien. Pritchard, j'ai cru, je ne le cache pas. Au passage au mille ? Au passage au mille, j'ai tenté une attaque, j'ai dit, je vais la voir maintenant. Et bon, ça s'est pas passé, mais tu vois, j'ai tenté. L'engagement était bon là. En plus, c'était du vent contre et tout, c'était une course dure, mais c'est là-dedans que refait la différence.

25:38
Invité

Tu es tellement rapide au début, je ne peux pas compter avec lui. Tu sais, ce matin,

25:41
Présentateur

je n'étais pas bon au début, donc je remercie moi-même.

25:45
Invité

Ben était surpris que tu n'étais avec lui au début.

25:47
Présentateur

Oui, exactement. Tu n'as pas dit que tu m'as pas passé. À la 500, je regarde à la gauche, je me suis dit,

25:54
Invité

maintenant c'est bon. Maintenant, nous sommes dans un bon space. Oui, oui, oui. C'est bon ? C'est bon ? Merci. Merci. Allons-y. Bon, bien, bien. Bon, bien, bien. Bon, bien. Bon, bien, bien. Bon, bien, bien. Bon, bien, bien. Bon, bien, bien, bien. Bon, bien, bien. Bon, bien, bien, bien. Bon, bien, bien, bien. Bon, bien, bien, bien, bien, bien. C'était un petit race, les conditions ont changé depuis ce matin, donc on a eu un crosswind. Alexi était vraiment rapide au début, donc j'ai dû me managerer mon temps, mais aussi considérer où il était dans la race. C'était un intéressant, parce que j'avais une idée de la temps où la race serait gagnée aujourd'hui.

Et Alexi m'a fait essayer de me racer un peu plus rapide. Donc c'était bon d'avoir quelqu'un qui m'a poussé à la ligne et de voir mon équipe Jake sur la ligne avec moi et sur le podium, c'est très spécial.

26:35
Présentateur

Entre performances de très haut niveau et premières expériences en compétition, la Pararoing Regatta offre une vision élargie de l'aviron. Un espace où coexistent excellence, inclusion et reconstruction et où au fil des courses, Alexi, Carole, Erwan, Hotman, Tara, Thomas et tous les autres rendent cette Pararoing Regatta unique. un héritage des Jeux de Paris sur un bassin à dompté qui apparaîtra toujours au premier abord infranchissable.