Crise politique : Le RN est-il en mesure de gouverner ? | 28 minutes | ARTE
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[Musique] À Matignon, François Bairou joue le tout pour le tout pour convaincre les groupes politiques de ne pas le laisser tomber lundi lors du vote de confiance. Mais le Premier ministre a du souci à se faire. Nous voterons pas la confiance.
Non, non sur la forme, non sur le fond. Nous ne voterons pas la confiance à François Bairou et à Emmanuel Macron pour l'ensemble de leur œuvre. Le Premier ministre a pourtant tenté d'amadouer la droite et l'extrême droite avec deux projets de décret visant à réduire l'aide médicale d'État destiné aux étrangers sans papier.
Raté. Il a fait le choix d'appuyer sur le siège éjectable. Nous nous appelons Jordan et moi-même à une dissolution ultra rapide.
De quoi donner des ailes à Jordan Bardella qui se verrait bien premier ministre. D'autant que Nicolas Sarkozi, figure de la droite soutient la stratégie d'une dissolution. sur fond de sondage favorable au RN.
Si les Français étaient de nouveau appelés aux urnes, le RN et l'UDR d'Éric Sioti arriverait largement en tête au premier tour des législatives. Déjà en campagne, Jordan Bardella multiplie les opérations séduction, lettre aux entrepreneurs, bain de foule. Il déroule son programme.
La question du pouvoir d'achat n'est pas traité. L'hyperfiscalité du pays n'est pas traitée, l'insécurité n'est pas traitée et l'immigration continue d'exploser. Et ça c'est la responsabilité directe des macronistes et des LR qui se partage le pouvoir depuis 2017 dans notre pays.
Mais le rassemblement national a-t-il les troupes nécessaires pour conquérir le pouvoir ? Des candidats sulfureux, racistes ou mal préparés ont dû être écartés. Le RN assure s'être séparé des brebis galeuses.
On tire toujours les leçons des erreurs qu'on a pu commettre. Nous, on s'améliore en permanence. Alors, le RN est-il vraiment prêt ?
Les Français seront-ils tentés de le porter au pouvoir pour essayer ? Une possible dissolution se révélerait-elle une stratégie gagnante pour le Rassemblement national ? Nos trois invités pour ce débat.
Vincent Jarousseau, bonsoir. Photo journaliste et documentariste, votre dernier livre dans les âmes des urnes. 10 ans à la rencontre de la France qui vote RN.
Évidemment d'actualité par rapport à ce débat est paru aux ARN. Selon vous, le RN, le Rassemblement national attire de nouveaux électeurs parce qu'il apparaît comme le seul parti cohérent et uni, même si vous jugez qu'il est plutôt dans une phase de stagnation avec la côte de de popularité de ses dirigeants qui a baissé suite aux ennuis judiciaires de Marine Le Pen. À côté de vous, Pascal Perinot, bonsoir, politologue, professeur émérite des universités.
Votre livre a signalé le goût de la politique un observateur passionné de la 5e République chez Audil Jacob par l'année dernière. Selon vous, cela fait déjà un certain temps que le RN est aux portes du pouvoir. Il pourrait progresser sans atteindre la majorité absolue aux prochaines élections.
Son principal problème, ça c'est selon vous, c'est qu'il a peu d'alliés, c'est une puissance solitaire. Et à côté de vous, Pauline de Saint-Rémy, directrice adjoin de la rédaction de politique au France. Votre dernier essai, la surprise du chef sur les coulisses de la dissolution aux éditions de Noël.
Selon vous, le RN a tiré le bilan de ses candidats brebig galeuses lors des dernières législatives. Ils travaillent depuis à renforcer leur recrutement et leur programme. Mais si une dissolution survenait très rapidement, vous pensez qu'il y aurait encore de nombreux quaques.
Et on démarre avec la stat du jour. Oui, le sondage du jour. Une écrasante majorité de Français, 82 % juge que la récente actualité politique est un spectacle navrant, je cite, donné par une classe politique, pas à la hauteur de la situation.
C'est un sondage élable et lorsqu'on leur demande les mots qui décrivent le mieux leur état d'esprit face à cette situation et bien il parle d'inquiétude, d'exaspération et de colère. Pascal Perinot, est-ce que cette défiance peut servir de carburant pour un parti comm le RN qui est vierge de toute expérience politique avec cet argument massu ? On va les essayer bien sûr et d'ailleurs ça sert.
La logique de montée régulière du RN depuis 15 ans. Ça la sert puisque au fond on est passé d'une défiance qui était déjà là il y a une quinzaine d'années mais qui n'avait pas pris l'aspect d'une véritable haine de la politique. Maintenant on le voit derrière ces chiffres 82 % et cetera, ça n'est plus de l'indifférence, c'est de l'hostilité, de la haine de la politique.
Il n'y a pas 36 parties aujourd'hui qui sont susceptibles, si vous voulez, de faire de ce rejet de la politique une force politique. Il y a le RN parce que le RN, en effet, il ne gouverne à peu près rien. Il n'a jamais rien gouverné.
Il y a une ville ou deux, il y a aucun département, aucune région. Donc il n'a pas l'expérience du pouvoir. Donc d'une certaine manière, il a une certaine virginité.
Ouais, ça fait sa force mais on le verra peut-être tout à l'heure. Ça peut faire ça fait Vincent, vous y voyez sur le terrain, vous êtes allé sur le terrain pendant très longtemps, un point de bascule certains qui n'auraient jamais voté RN et qui se disent maintenant pourquoi pas. Allons-y.
On a assisté à un point de bascule déjà depuis 2 3 ans. Enfin, je veux dire entre 2022 et 2024 si on se réfère aux dernières élections législative, on voit déjà une progression en voie et en pourcentage extrêmement conséquente. Une forme de de d'élargissement de l'électorat du Rassemblement national d'une de un élargissement de sa base sociologique.
C'estàd qu'on avait un électorat qui était principalement cantonné aux anciens bassins industriels du nord-est de la France et et sur la côte sur la côte d'Azur avec une sociologie différente. On voit qu'il y a une pénétration de cet électorat dans l'ensemble des régions françaises et notamment et ça c'est je pense très important, on pointe pas suffisamment du côté des classes moyennes supérieures. Euh et c'est c'est un comportement politique mais qui correspond aussi euh à des modifications de de comportement individuel. dans le rapport à la société, une forme de montée de l'individualisme, des valeurs où finalement d'une certaine manière on a des classes moyennes supérieures qui sont dans un phénomène d'imitation des élites qui sont dans une forme de séparatisme avec l'ensemble de la population française.
Pauline de ce qui se passe en Europe peut aussi aider le RN bien sûr l'effet mélonie. Vous travaillez sur l'Europe, vous avez cette vision un peu en surplomb. Est-ce que en effet ça peut aussi ben déculpabiliser certains de voter en disant voilà ce qui se passe ailleurs et bien on va on le fait avec moins scrupule aujourd'hui.
Alors je je ne suis pas sûr. Je pense que Mélanie on en parle beaucoup dans la classe politique française et ça a certainement beaucoup de conséquences. Mais alors je suis surtout auprès des des politiques françaises.
J'en entends plus parler chez les Républicains de Mélonis. Je le vois plutôt de dans ce sens-là. il parlent d'une postpuliste, post-fasciste et quelque part c'est plutôt chez eux, je pense la tentation du rapprochement avec cette ligne là, elle est plutôt chez les républicains en France.
Moi je je pense le contexte mondial qui commence à dater un peu he de fortes poussées des populismes évidemment favorise libère la parole favorise le vote RN mais je parlerai même tout simplement de Donald Trump quelque chose que j'entends très souvent autour de moi, c'est que même chez des Français qui sont un peu horrifiés par certaines choses chez chez Donald Trump ils apprécient et notamment des personnes de droite apprécient chez Trump le côté je fais ce que je dis et ça c'est quelque chose c'est un ressort sur lequel à mon avis le RN notamment du fait qu'ils n'ont pas pas encore exercé le pouvoir pourra jouer. Oui. Et Pascal Perin en même temps, il y a ce RN qui a été affecté par les affaires, la condamnation de Marine Le Pen des assistants pendant l'affaire des assistants parlementaires européens.
Est-ce que ça ça joint un rôle quand même dans la perception des Français ou pas ? Ils ont perdu tout de même deux députés dans des élections législatives antisipées. Bien sûr, ça ça a peut érodé leur image, mais quand vous regardez toutes les affaires, ça n'est pas nouveau les affaires et le Rassemblement national.
Vous apercevez à chaque fois il y a un affaiblissement conjoncturel et puis la dynamique reprend. Pourquoi la conjoncture au fond même lorsqu'elle prend l'aspect parfois de scandale et cetera ne les atteint pas profondément ? C'est parce que les racines euh de la dynamique du Rassemblement national sont extrêmement profondes et qu'elles n'appartiennent pas tellement à la sphère politique.
C'est un malaise davantage culturel extrêmement profond. ce que jadice un de mes amis et collègues Laurent Bouvet appelé l'insécurité culturelle. Des gens qui se sentent en situation en effet euh extrêmement insécure qui sont traversés par des peurs, des inquiétudes, des angoisses et tout ça en effet trouve un déboucher quasi naturel avec de multiples guillemets dans le vote en faveur du Rassemblement national.
Saint-Jarousseau, il y a pas que ça. Il y a pas que ça. Je pense que on ne peut pas comprendre la la nature du vote RA national et globalement de la montée de l'extrême droite dans l'ensemble des pays occidentaux sans observer les mutations et les bouleversements socio-économiques qu'on a traversé depuis 50 ans.
Alors si on part sur une période plus récente, c'est aussi une société qui s'est extrêmement hiérarchisée, notamment autour du travail. On en parle pas suffisamment, mais euh une des causes profondes euh de de du vote euh Front National, mais au-delà de ça, du la crise et la crise démocratique que nous vivons, euh c'est aussi d'abord une crise du travail qui euh traverse très profondément notre pays. On a des millions de concitoyens qui se sentent quelque partonniers de de leur travail, qui n'ont peu d'autonomie, qui n'ont peu de possibilités d'évolution.
Et euh vous parliez de de sentiment d'insécurité culturelle, il y a surtout auprès des électeurs du Remember national, du moins ceux que j'ai pu rencontrer au cours de ces 10 dernières années et c'est un sentiment qui s'est plutôt accentué, une forme de sentiment d'appartenance euh du camp de ceux qui ne font pas partie du camp des sachants. Alors et et la question du diplôme, elle est importante et elle demeure une permanence encore aujourd'hui et ce malgré l'élargissement de la base électorale du Rassembl national. Pour en revenir à la à la dynamique politique, on voit que euh François Baus vouloir donner des gages au Rassemblement national, l'exécutif par exemple euh envisage peut-être de restreindre l'accès à l'AME.
Est-ce qu'est-ce que ça signifie pour vous Pauline de Saint-Rémi ? Cette décision par exemple cette cette hypothèse c'est François Baou qui tente le tout pour le tout. Je voulais juste justement puisqu'on parle vraiment de de politique revenir une seconde sur le chiffre dont parlait Benjamin Spartou de 82 % de Français qui jugent le spectacle politique affligeant. quel était le terme navrà, on est dans les synonymes.
Je je ce que je trouve intéressant pour le coup, c'est que ça pose une question en fait quand même pour le Rassemblement national parce qu' aujourd'hui ils ont 120 députés, ils font partie du spectacle politique. Il y a quand même une question qui là il réclame une dissolution, c'est quelque chose auquel ils ont réfléchi. C'était pas une évidence absolue parce qu'on dit aussi beaucoup et c'est là-dessus que jouent les Républicains par exemple le renvoqué notamment ce matin les Français attendent de la stabilité donc y compris chez certains députés RN il y avait une hésitation est-ce que c'est une bonne chose ou pas d'appeler une dissolution ?
Moi il y a un autre chiffre qui est moins spectaculaire alors je vous prie de m'excuser parce que je me souviens plus de quel institut ça provenait. moins spectaculaire mais à mon avis presque tout aussi frappant et je sais qu'il a été remarqué au gouvernement, c'est je crois 54 % des Français, corrigez-moi si je me trompe, qui souhaitent de nouvelles élections et ça même personnellement ça me surprend. Ils ont été votés il y a un an, deux fois et ils ont déjà envie de retourner aux urnes comme si ils avaient le sentiment qu'on ne les écoutait jamais.
Ça c'est peut-être la chose la plus inquiétante, je pense. Et c'est pour ça que Marine Le Pen appelle à une des solutions ultra rapide. Alors il y a il y a plusieurs raisons.
Pour l'instant, c'est la seule, je dirais, à le faire aussi ouvertement. un petit peu Jean-Luc Mélenchon avec la France insoumise mais lui appelle plutôt à une démission de de d'Emmanuel Macron qui est un peu ce qui est un peu ce qui est un peu différent. Moi, de ce que je vois pour l'instant, c'est que il y a un équilibre qui serait pas forcément bouleversé avec une nouvelle élection et je pense que l'ensemble de la classe politique au-delà du rassemblement national le sait. le point d'achoppement actuel parce que euh quand même revenir à la séquence du débat budgétaire et des annonces de François Bairou euh c'est cet été, c'est que les les thématiques qui sont quand même remontées sont quand même des thématiques euh où on demande en gros aux Français de faire des efforts notamment aux salariés qui correspondent au cœur de l'électorat du Rassemblement national et avec un paradoxe, c'est que jusqu'à l'ordre de ce que j'ai pu entendre du Rassemblement national, il y a pas de remise en cause profonde de la fiscalité telle qu'elle s'organise. depuis politique de l'ofre il y a pas une remise en cause de cela.
Vous parliez des 82% tout à l'heure mais il y a d'autres sondages qui sont sortis. On a par exemple 80 % des Français qui sont pour la suppression des niches fiscales. On a 76 % des Français qui sont pour le rétablissement de l'ISF.
On a 84 % des Français qui sont pour taxer les super profits. Je je n'entends pas le rassemblement nationale sur ces sujets. H Alors, à propos des calculs politique de Marine Le Pen, vous nous décryptez et déconstruisez tout ça.
Julien, on va parler de cette hypothèse que les élections législatives seraient un moyen peut-être pour Marine Le Pen de tenter de faire sauter l'inéligibilité car en cas de nouvell législative, la députée du Pas de Calcés. C'est en tout cas ce qu'elle a affirmé au mois de juillet. Sauf que Marine Le Pen, souvenez-vous, est inéligible depuis sa condamnation en mars en première instance dans l'affaire donc des assistants parlementaires européens.
Mais vous allez voir que le RN a peaufiné son scénario. Marine Le Pen déposera sa candidature en préfecture mais ce sera retoqué. Elle pourrait donc saisir le tribunal administratif et le Conseil d'État mais il y a de fortes chances que ces voieslà échouent et donc elle ne pourra pas se présenter aux élections législatives.
Ce que Marine Le Pen a dans son viseur, c'est surtout le Conseil constitutionnel. Ce qu'elle espère, c'est que le Conseil constitutionnel juge la peine d'inéligibilité, disproportionnée et que donc elle puisse se présenter surtout à la présidentielle. C'est pour ça qu'elle compte déposer une QPC, une question prioritaire de constitutionnalité.
La jurisprudence récente du Conseil constitutionnel allant dans notre sens, je ne serais pas étonné qu'il casse l'inéligibilité. C'est ce qu'espère en tout cas le secrétaire général du groupe Eren à l'Assemblée nationale. En tout cas, en attendant la décision des sages, je vous poser la question pour une en attendant la décision des sages, Marine Le Pen reste de facto la candidate naturelle et relègue au second plan Jordane Bardella.
Est-ce que pour vous Pauline de Saint-Rami, ça peut marcher ou pas cette stratégie là de se saisir du Conseil constitutionnel ? Euh je ne crois pas. Je crois en fait ce qui met en cause précisément c'est l'application immédiate de l'inéibilité. on est dans le détail et moi-même je suis pas juriste, je me suis penché un peu sur le sujet.
Si j'ai bien compris, les les chances que le Conseil constitutionnel lui permettent d'être candidate aux élections législatives en tout cas sont inexistantes. D'ailleurs, c'est assez mystérieux pour moi. Je ne comprends pas pourquoi au Rassemblement national et effectivement je vous confirme que les proches de Marine Le Pen ont mis au point toute une stratégie.
Ils ont ils ont retrouvé un truc de une jurisprudence de 2017 comme quoi le Conseil constitutionnel pourrait se prononcer en une semaine, c'est totalement faux. Il faudrait au moins 6 mois pour que le Conseil constitutionnel se prononce. Donc ça n'arrivera pas.
Du coup, je trouve que ça ressemble un petit peu à une tentative de désespérée de Marine Le Pen qui s'inquiète de ne pas pouvoir surtout à terme être candidate à l'élection présidentielle. En revanche, il va y avoir son procès en appel. Il est tout à fait possible à ce moment-là qu'elle retrouve le droit de se présenter en 2027, notamment si elle change de si elle change de défense.
On va on va pas refaire son procès. Mais là, je pense que là, elle a une chance de d'être candidate à la présidentielle. Pascal Perino, si dissolution il y a pour avancer.
Est-ce que en effet le Rassemblement national peut espérer euh jouer contre le Front républicain cette fois-ci ? Qu'il n'y ait plus de Front républicain, qu'en fait les électeurs et ben se disent "On a déjà fait le coup, on a déjà fait le coup il y a quelques mois, et bien cette fois-ci ce sera pas le cas." Et de ce fait, obtenir une majorité plus forte voire absolue.
Bah il commence à y avoir des enquêtes sur les intentions de vote au législative. Il y a deux choses intéressantes. Le Front National reste de très loin.
Le premier parti, il est à 32 33 %, c'est de manière claire, la première force politique en France. Et il creuse creuse son avantage par rapport au second. Le second arrive avec 15 %.
C'est-à-dire on passe du simple au doux. Donc il a presque une position de parti dominant. Second, c'est qui le second parti ? le second se on se bat entre la gauche et ce qui reste de la majorité présidentielle et on sait pas si la gauche sera unie ou disunie.
Bon voilà. 2è deè remarque, les élections législatives, elles ont interventé pour ça en France, ce sont des élections à deux tours et donc le tour décisif c'est le deuxème tour. La dernière fois à la surprise générale ou le front républicain a joué assez massivement.
Cette fois-ci les Français disent qu'on les a pris une fois, qu'on les reprendra pas une deuxième fois. 53 % d'entre eux rejettent la stratégie du fond républicain. Voilà.
Mais attention, que feront-ils dans les urnes lorsqu'il y aura le ou la candidate du Rassemblement national et le ou la candidate du camp du camp différent. Donc on peut avoir oui une éion, une disparition totale de ce que l'on appelle le Front républicain. C'est-à-dire c'est quoi ?
C'est un doute par rapport aux capacités à gouverner d'un parti dont on peut se sentir proche dans certains thèmes. On peut se dire bon au fond, ils ont peut-être pas tort mais on doute qu'ils puissent gouverner et ça si vous voulez toutes les enquêtes montent que ce doute perdure il s'est affaibli bien sûr au cours des 10 dernières années mais ce doute perdure alors il y a une autre question outre le Front républicain c'est les digues vont-elles tomber cette fois-ci entre la droite classique et le RN ? Écouter le président du groupe droite républicaine à l'Assemblée Laurent Voquier son attitude en cas de gouvernement RN.
On a pris un engagement nous on ne censure pas. C'est-à-dire qu'on ne censura pas un gouvernement socialiste. On ne censurerait pas un gouvernement du Ren.
Pourquoi ? J'essaie d'être cohérent avec ce que je vous dis. Je vous dis que je suis pour la stabilité politique.
Nous ne faisons pas partie de ceux qui font tomber des gouvernements dans ce pays. Nicolas Sarkozi estime que le RN est aujourd'hui dans l'arc républicain. Est-ce que vous êtes d'accord avec lui ?
Bah oui, bien sûr. Enfin, c'est évidence. Bah évidemment, enfin un parti qui se présente à des élections, qui a des élus euh et qui n'est pas interdit et qui est légal, bien sûr qu'il est dans l'arc républicain.
Vincent sur le terrain, est-ce que les électeurs de droite de des républicains qui montent he dans les sondages sont prêts à cette alliance cette fois-ci ? Non, mais il y a une réalité euh depuis euh on va dire quelques années hein, maintenant depuis 2022 qui qui progresse et que le vote utile à droite, c'est le vote pour le Rassemblement national, les transferts d'électeurs de la droite républicaine, y compris aussi euh de Renaissance, hein, on a vu des transferts importants de voie notamment de dans le sud de la France de Renaissance vers le rassemblement national est une réalité. C'est une réalité parce que il y a aussi de la part aussi bien de Renaissance que de la droite révène, il y a une compatibilité sur certaines questions notamment sur le thème de migration qui qui revient quand même assez on voit une porosité quand même extrêmement forte.
Euh donc assez naturellement euh les électeurs donc on a des dirigeants à droite aujourd'hui qui quelque part valident cela. Maintenant de là à aller vers des accords programmatiques de participation je ne pense pas. On on en est pas là parce que il y a il y a l'idée d'exister en tant que en tant que parti.
Il y a une hypothèse qu'on n pas évoqué, soyons fous. Euh, est-ce qu'Emmanuel Macron, à votre avis, Pauline de Saint-Rémi, serait prêt à nommer un Premier ministre Ern en se disant "Les Français constateront peut-être l'incurrie de la gouvernance et comme ça, il se passera rien où je serai débarrassé où on sera débarrassé pour 2027." C'est un calcul qui pourrait être diabolique, mais ça pourrait être envisag.
C'est déjà il y a un an, on s'est déjà demandé quand il a décidé de dissoudre la surprise générale si c'était le calcul qu'il faisait, personne n'aura jamais, je veux dire, la vraie réponse. La seule chose qu'on sait de façon certaine, alors justement le le livre que j'ai dirigé sur les secrets, les coulisses de la dissolution, on le racontait dans le détail, le soir où il annonce à ses troupes pourquoi il a décidé de dissoudre. Alors, il y a il y a toute il y a des éléments de langage, on va dire sur le thème on va renverser la table et cetera et tout, mais il finit par dire mieux vaut Bardella en somme à Matignon aujourd'hui que Le Pen à l'Élyé en 2027.
Ça, je pense que ça résume assez bien sa pensé. Ça voulait dire à minimait prêt à courir ce risque. La seule chose, c'est que là, on est un an plus tard, on est quand même beaucoup plus proche de la prochaine élection présidentielle.
Et ce que ça change à mon sens, c'est que si le RN arrivait aujourd'hui à Matignon, ils auraient beaucoup moins de temps pour exercer le pouvoir, ce qui est plutôt une bonne chose pour eux. C'est moins de temps pour exercer le pouvoir. Moins de chance d'être jugé sur un bilan qui serait euh un petit peu faible.
Et donc, je pense que aujourd'hui en tout cas, il est pas prêt à prendre ce risque. En tout cas, il en a pas du tout envie. Ouais.
Attendez, pour poursuivre et pour alimenter le débat, je propose une archive pour voir comment le RN fait le bilan de ses candidats plus que discutable législative juillet 2024. Regardez. Une candidate obligée de se retirer après la découverte d'une photo la montrant portant une casquette de sous-officier nazi.
Depuis plusieurs jours, certains profils investis par le RN embarrassent comme celui de Paul Vert de Sorace en Mayenne. Interrogé par un média local, elle se défendent alors d'accusation de racisme. J'ai comme oftelmo un juif et j'ai comme dentiste un musulman.
De quoi provoquer un certain malaise au sein du parti. D'autres propos font aussi polémiques dans Lyon, ceux de Daniel Grenon. Lors d'un débat pour un journal régional, le candidat est interrogé sur l'interdiction de certains postes aux binationaux.
Proposition de son parti. Des Maghrébains sont arrivés au pouvoir en 2016. Ces gens-là n'ont pas leur place dans les haut lieux.
Pascal Perino, on nous avait dit que le RN s'était professionnalisé. On a vu que c'était pas le cas en 2024, mais est-ce qu'il a depuis changé, progressé ? Est-ce qu'il y a un plan Matignon 2 ?
Il y en avait un qui a échoué. Le deuxième pourrait-il fonctionner parce qu'ils ont changé ? Si vous regardez ça sur la longue période, ça n'est plus le parti complètement de militants forconés de l'ultradroite qu'ils étaient bien sûr lorsqu'ils sont apparus sur la scène politique française.
Il y a eu des apports extérieurs, il y a eu un renouvellement de génération. Bardella euh en est tout à fait symptomatique. D'autres partis n'ont pas réussi à opérer ce renouvellement de génération.
Et puis sur le débat qu'on avait tout à l'heure, tout de même journée, vous savez, on est dans des démocraties européennes. Qu'est-ce qu'on fait dans une démocratie parlementaire en Europe ? Normalement, on demande à l'homme ou la femme qui dirige le parti qui est en tête d'essayer de former un gouvernement.
Donc si le président de la République se retournait vers monsieur Bardella ou vers Madame Le Pen pour former un gouvernement, il n'y aurait rien de choquant et on les mettrait devant cette responsabilité peuvent-ils ou non arriver à former un gouvernement. Je vous sens très rapidement quand même. On voit qu'il y a une opération de communication depuis quelques jours pour dire voilà on a compris, on fait le nécessaire et on sélectionne le candidat.
Il y a un travail qui est fait depuis plusieurs mois. Il y a quand même une réalité. Moi, je je m'inscris pas dans ce que vous dites sur euh sur ce parti qui se serait professionnalisé.
Oui, on a rénové d'une certaine manière la façade, mais enfin, on a quand même toute une série de groupes violents euh de l'ultradroite aujourd'hui en France qui où il y a là pour le coup une véritable porosité euh avec le Rassemblement national. C'est quand même une réalité aujourd'hui qui prend en plus de l'ampleur. Donc le mouvement est pas forcément Le débat se refera d'ici quelques semaines ici même à ce propos.
Merci en attendant à tous les trois d'être venus. nous aider à y voir un peu plus clair.
François Bayrou