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interviewGroupe RN - Assemblée· 4 mai 2026

Discours de Laurent Jacobelli (04/05/2026)

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Tout d'abord, permettez-moi de rendre hommage à l'adjudant Florian Montorio et au sergent Anisset Girardin, morts pour la France au sud-Liban, dans le cadre de la Finule. Nos pensées vont à leurs familles, à leurs proches, à leurs frères d'armes, ainsi qu'à tous les militaires blessés ou tués en mission. À travers leur bravoure, c'est l'ensemble de nos armées que je veux saluer.

Des femmes et des hommes admirables, qui chaque jour honorent la plus belle des missions, celle de servir le drapeau bleu-blanc-rouge, symbole de liberté. Mais cette liberté a un prix. Dans un monde où des puissances voraces renouent avec leurs ambitions expansionnistes, où le Moyen-Orient s'embrase et où la menace islamiste prospère, la France doit redevenir ce qu'elle n'aurait jamais dû cesser d'être, une grande puissance diplomatique et militaire.

Mais, faute d'une actualisation ambitieuse et visionnaire, nous nous retrouvons avec un texte constable et administratif. Un mea culpa financier qui n'engage aucune évolution des formats et qui montre un décalage flagrant entre votre manque de volonté politique et l'excellence de nos armées. Notre marine continuera de manquer une frégate, notre armée de l'air de rafales, notre armée de terre des moyens adaptés à l'hypothèse d'un conflit de haute intensité.

Les Outre-mer, pourtant si stratégiques, sont négligés, tandis que ceux qui ont tout donné pour la France, les anciens combattants sont pratiquement absents de vos calculs d'apothicaires. Dès lors, à quoi serviront les 36 milliards d'euros supplémentaires annoncés à grand bruit ? Bien sûr, à combler partiellement notre retard sur les stocks de munitions, c'est déjà ça.

Mais il s'agira surtout d'assurer le plan média d'Emmanuel Macron, dont l'obsession n'est pas la remontée en puissance de nos armées, mais de faire adopter un texte, bricolé, d'ici le 14 juillet, dans la précipitation, pour faire oublier qu'il n'est plus qu'un fantôme sur la scène internationale et pour avoir tout de même quelque chose à vendre aux Français. Cette actualisation servira aussi à corriger l'insincérité de la copie initiale de la loi, sous-budgétée par négligence, incompétence ou, pire encore, par dissimulation. Les 36 milliards d'euros supplémentaires par rapport à 2023 que vous annoncez sont presque d'ores et déjà absorbés pour financer des dépenses nouvelles, comme le service national, combler des retards de paiement ou compenser un budget grevé par la flambée des prix de l'énergie.

Une actualisation sparadra qui ne prépare pas l'avenir, mais se contente de réparer les erreurs du passé. Et comble de votre manque de courage, l'essentiel de l'effort financier est reporté après 2027. Après vous le déluge, en quelque sorte.

Charge au prochain président de la République, ou peut-être la prochaine présidente de la République, d'assumer. Mais comment faire pour assurer à nos armées leur poids de forme de 100 milliards, comme le disait le Premier ministre, quand Emmanuel Macron a plongé la France dans l'abîme budgétaire d'une dette de 3600 milliards d'euros, dont le paiement des intérêts est désormais supérieur au budget de nos armées. Avec Marine Le Pen et Jordan Bardella, nous aurons, nous, le courage d'aller chercher l'argent là où il est.

Oui, nous couperons dans la ruineuse immigration de guichet social. Oui, nous stopperons la hausse de notre contribution à l'Union européenne. Oui, nous entamerons enfin la cure d'amaigrissement de cet État devenu obèse.

Mais, en faillite et en fin de course, vous, vous optez pour la solution de facilité, le refuse dans la servitude volontaire à Bruxelles et sa chimérique défense européenne. Avec le même aveuglement européiste qui a mis sur la pagne nos agriculteurs, saboté notre nucléaire, détruit notre industrie automobile, fait de nos frontières des passoires. D'ailleurs, aurais-je peut-être dû m'adresser directement au soi-disant commissaire européen à la Défense, dont l'intitulé du poste est une insulte à nos traités, qui prévoit la souveraineté militaire des États.

Mais je le dis avec force, à chaque fois que vous voudrez nous imposer vos dictates fédéralistes, nous vous rappellerons que dans les institutions voulues par la Générale de Gaulle, qui nous sont si chères, il n'y a qu'un seul chef des armées. Son prénom n'est pas Ursula, non, c'est le président de la République française. À chaque fois que vous emprisonnerez nos industriels dans des coopérations contre nature, comme le SCAF ou le MGCS, le Rassemblement National vous rappellera que les coopérations ne peuvent fonctionner qu'à condition d'être dictées, et non pas par l'idéologie, mais par l'intérêt commun des nations libres et des industries.

À chaque fois que vous braderez la souveraineté nationale au don de l'Europe de la Défense, nous vous rappellerons que la stratégie militaire de la France ne se décide ni à Bruxelles, ni à Berlin, mais ici, à Paris. C'est pour toutes ces raisons que le Rassemblement National ne votera ce texte qu'à une seule et unique condition, que vous reconnaissiez enfin l'évidence. Oui, pour que la France soit libre, elle doit être respectée.

Mais pour elle être respectée, encore faudrait-il qu'elle demeure souveraine. Tout au long de l'examen de ce texte, nous y veillerons. Comptez sur nous.

Vive nos armées, vive la République et vive la France.