BATAILLE POUR MATIGNON : MACRON NAGE EN PLEIN DÉNI, LUCIE CASTETS ET LE NFP METTENT LA PRESSION
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On n'a pas envie que la vie reprenne ses droits.
Comme on vous comprend, monsieur le Président de la République. Nous aussi, nous avons vécu la même chose. Quand nous étions au lycée et que le prof de maths tombait malade après une interro catastrophique pour nous. Comme vous, nous savions que notre déni allait forcément avoir une fin. Mais bon, comme vous, nous faisions semblant de croire que le temps pouvait suspendre son vol. Bref, fini les Jeux Olympiques, place à la vraie vie. Pour vous et pour nous. Pour vous en tout cas, les choses sont simples. Essayez de faire oublier aux Français que des législatives anticipées ont eu lieu il n'y a pas si longtemps.
Et jouer à Game of Thrones avec une seule obsession, empêcher la gauche d'arriver à Matignon. Et pour ça, vous avez plusieurs fers au feu. Comme Gabriel Attal, votre Premier ministre à peine nommé, que vous avez littéralement jeté sous le bus le 9 juin dernier. Le Premier ministre démissionnaire et, en même temps, chef de file des députés Ensemble pour la République, a décidé d'envoyer des lettres aux chefs des partis représentés à l'Assemblée nationale. Il a, en cela, eu la même idée que Stéphane Séjourné, secrétaire général du parti présidentiel Renaissance.
Alors, comme des ados qui choisissent qu'ils vont inviter à leur fête d'anniversaire, ils ont barré les noms de la France insoumise et du Rassemblement national. Et appelé les autres à former une coalition parlementaire, en tout cas, ce qu'ils appellent un pacte d'action. Mais au nom de quoi ? Alors qu'ils représentent la 3e coalition parlementaire du pays. Autant la volonté d'exclure le RN du futur exécutif peut être considérée comme un choix politique cohérent. Autant celui de traiter les insoumis de la même manière n'a pas de sens politique. En effet, on peut considérer qu'en faisant barrage au parti de Marine Le Pen, au second tour des législatives, les Français ont envoyé un message.
De la même manière, en plaçant en tête une coalition d'union de la gauche dont la France insoumise était l'une des composantes majeures avec le parti socialiste, ils ont envoyé un autre message. Une majorité relative a voté NFP en toute conscience. Pas PS, pas LFI, pas les écolos, le NFP. S'acharner à vouloir détruire cette coalition, c'est s'attaquer aux résultats des élections. C'est s'attaquer aux principes démocratiques. Ignorer Lucie Casté, désignée par la force politique disposant de la majorité relative, refuser qu'elle essaye de gouverner en proclamant qu'elle n'y arrivera pas, c'est faire comme si les résultats des urnes n'existaient pas.
Vu de l'Elysée, en tout cas, la formation d'un gouvernement n'est pas la priorité des priorités. Selon l'entourage d'Emmanuel Macron, la fumée blanche sortira au plus tôt la semaine du 19 août, après les commémorations du débarquement en Provence. C'est en tout cas ce que rapporte Libération. Et en attendant, le camp présidentiel peaufine sa stratégie pour empêcher la gauche de gouverner, quitte à flirter avec les limites de la Constitution. Dans leurs lettres, Gabriel Attal et Stéphane Séjourné insistent sur la nécessité de trouver une nouvelle voie à l'Assemblée nationale en dépassant les clivages habituels. Mais pourquoi ?
Les Français ont voté et les clivages qui sortent des urnes sont bien plus légitimes que la volonté de deux figures de la Macronie. Comme s'ils gardaient la moindre légitimité pour gouverner, Gabriel Attal propose six grands chantiers prioritaires. Rétablir les comptes publics, renforcer la souveraineté économique, défendre les valeurs républicaines et la laïcité, rénover les institutions, améliorer la qualité de vie des Français et renforcer les services publics, notamment l'éducation et la santé. Stéphane Séjourné ajoute une priorité, la souveraineté militaire. De son côté, Benjamin Lucas, député NFP Génération, accuse le président de « s'accaparer tous les pouvoirs ».
Mais ça va au-delà de l'attente, me concernant. Ça commence à devenir une colère extrêmement forte à l'égard du président de la République qui a organisé sciemment un blocage des institutions pour s'accaparer tous les pouvoirs. Parce que pendant sa fameuse trêve olympique, il a nommé un commissaire européen, il a organisé des dérogations aux droits du travail, il prépare actuellement un budget d'austérité. Et donc il faut sortir de cela. Je trouve qu'il y a une forme de Trumpisation du président Macron.
C'est peut-être un peu dur de le dire comme ça, mais vous remplacez Brégançon par Mar-a-Lago, vous remplacez le « stop the count » par le fameux « personne n'a gagné » d'Emmanuel Macron et vous avez le même déni de la réalité institutionnelle, les mêmes recettes. Et ça me paraît extrêmement grave. Ce qui se joue là, c'est aussi notre capacité à rester une grande démocratie et à redevenir une démocratie parlementaire. Ce n'est pas le président de la République qui doit choisir le Premier ministre. Il le nomme. La sémantique constitutionnelle a son importance. Il y a une réalité politique.
Aujourd'hui, il doit organiser, le président de la République, les conditions de l'alternance, charge à nous ensuite dans la difficulté qui est la nôtre, qui est celle de ne pas avoir de majorité absolue à l'Assemblée nationale. Mais enfin, c'était le cas aussi pour Emmanuel Macron pendant deux ans.
Plus que jamais en France, c'est la bataille des courriers. Dans un texte co-signé par les quatre présidents de groupe composant le nouveau Front populaire, Lucie Casté, la candidate du NFPA Matignon, promet une évolution des pratiques parlementaires et se montre plus ouverte à des compromis. Elle évoque une augmentation du SNIC, mais les 1 600 euros promis dans le programme du NFP sont désormais présentés comme un horizon. Tout comme le retour de l'impôt sur la fortune. La candidate du NFP a répondu aux Parisiens à ce sujet.
Cela reste des horizons. On a un objectif clair d'amélioration significative du pouvoir d'achat. Ce sera bon pour l'économie et les patrons le savent. Sur les modalités de mise en œuvre, il faudra en parler avec les partenaires sociaux à qui on veut redonner la main.
De très gros compromis, avant même une arrivée hypothétique au pouvoir, dès début juillet, aux médias, nous alertions sur les risques de voir le programme du NFP compromis. Et voici ce que nous répondait le socialiste Boris Vallaud.
Concrètement, est-ce que vous allez défendre appliquer le programme du NFP ? Mais très concrètement, je veux dire, comment peut-on prétendre que nous n'aurions pas dans cette élection entendu d'attendre les Françaises et les Français ? Moi, j'ai vu des gens qui ne remplissent pas leur frigo, d'accord ? J'ai vu des gens qui ne remplissent pas leur réserve d'essence. J'ai vu des gens qui ne peuvent pas prendre leur voiture pour aller bosser parce qu'ils n'ont pas les moyens de faire le premier plein. J'ai vu des gens qui me disent « Mais moi, les services publics, ils sont de plus en plus éloignés. Pour trouver un spécialiste, il me faut 3, 6 mois.
Mon enfant en situation de handicap, il n'est pas pris en charge correctement. Mes parents vieillissent. Mais où est l'argent ? Pour qu'il puisse être maintenu à domicile ou qu'ils restent à charge en établissant. » Si on n'est pas capable d'entendre ça, si on n'est pas capable de mettre en place ces mesures d'urgence, le SMIC, le gel des tarifs, l'abrogation des décrets sur la réforme des retraites, eh bien oui, on n'aura pas répondu à ces exigences.
Ces ouvertures de la gauche laissent le locataire de l'Elysée de marbre. Le message est clair. Une majorité stable doit être construite avant toute domination. Sinon, censure parlementaire. La gauche ne se fracturera pas, pronostique de son côté, Laurent Marc-Angeli, chef du parti Horizon dans Libération. Le MFP a gagné 193 sièges. Il a une candidate soutenue par tous ses partis et ses députés ont aussi peur de se retrouver de nouveau devant les électeurs, dont 11 mois. Pour le député de Corse du Sud, le chef de l'État commet la même erreur qu'après les Européennes.
Il a vu le succès de Raphaël Glucksmann comme la montée d'une force sociale-démocrate qui ne voulait plus entendre parler de LFI. Il s'est fourré le doigt dans l'œil jusqu'au coude, peut-on lire dans les colonnes du journal. Du coup, comment va se positionner le parti d'Edouard Philippe qui se pose en allié sauveur de la Macronie ? En réalité, pas de manière très originale. Laurent Marcangeli, chef du parti, a proposé une rencontre avec ses homologues à l'exception de Marine Le Pen, Eric Ciotti et Mathilde Panot avec l'espoir de trouver un terrain d'entente pour former une majorité parlementaire viable.
Ce mercredi, l'intersyndicale de la protection judiciaire de la jeunesse appelle ses agents à la grève pour dénoncer un plan social. En plein été, la direction a décidé de supprimer 500 postes de contractuels pour réaliser entre 1,6 et 1,8 millions d'euros d'économie demandés par Bercy. Une goutte d'eau sur le budget global, mais vous commencez à connaître les cibles de notre gouvernement démissionnaire. C'est ce que Libé nous apprenait hier soir avec la publication des témoignages de trois éducateurs. Lina, par exemple, dit avoir du mal à sortir de l'état de choc.
Je suis partie en congé et à mon retour, j'ai appris qu'il me restait 20 jours pour dire au revoir aux gamins que j'accompagne depuis des mois. Cela fait 18 ans que je suis éducatrice spécialisée et deux ans que je travaille pour la PJJ comme contractuelle. J'interviens auprès des jeunes quand un juge a décidé qu'il devait être suivi après une infraction. Je les rencontre à un moment charnière de leur vie où tout peut encore changer. La base de mon travail, c'est de créer un lien de confiance avec les gamins pour les accompagner dans un parcours de vie souvent chaotique qui les a fait tomber dans la délinquance.
On est tellement sous-effectifs que je ne peux même pas leur présenter de remplaçants.
Laila, une autre éducatrice, lance J'ai l'impression que l'on se fout de ces mineurs. Pourtant, le 24 mai dernier, Gabriel Attal annonçait un placement en foyer de 15 jours dès le premier fait de délinquance.
Alors je vous annonce une mesure nouvelle. Au premier fait, on va permettre pour certains jeunes le placement en foyer pendant une quinzaine de jours. Je pense que ça permet d'apporter une réponse immédiate et concrète à un acte de délinquance notamment pour évaluer la situation et pour une prise en charge adaptée.
Mais comment mettre en place ces accompagnements avec 500 contractuels de moins ? Un non-sens que dénoncent les syndicats dont Aurélie Posatsky, responsable d'unité à la CGT.
Dès qu'il y a un fait divers, etc., là on va parler de la jeunesse. Et en même temps, on ne nous donne pas les moyens. Et le non-sens de ces décisions, de cette coupe budgétaire, c'est qu'on est déjà dans une situation où on manque cruellement déjà de moyens et là on nous en enlève encore plus. Et les premiers qui ne vont pas tirer effectivement de ça, c'est les agents concernés effectivement qui se retrouvent sans job d'ici trois semaines avec des annonces très brutales, des notifications comme ça à l'emporte-pièce. Et surtout, notre cœur de métier, c'est les jeunes. Et du coup, ce sont les jeunes qui vont être impactés au final le plus.
Puisque à la rentrée, il y en a plein qui vont se retrouver sans éducateur, sans prise en charge. Et très brièvement, pour bien comprendre, quelle est la situation idéale que vous défendez ? Combien de postes faudrait-il créer ou maintenir ? Alors, je ne pourrais pas vous donner les chiffres, parce que franchement, je ne suis pas assez calée là-dessus. Mais en tout cas, nous, pour l'instant, ce qu'on demande au niveau de l'intersyndical, c'est que toutes les promesses qui ont été faites avant ces annonces de renouvellement de contrat soient honorées. C'est-à-dire qu'il y a les contractuels à qui on avait promis des renouvellements de contrat parce qu'il y a de réels besoins.
On souhaite tout simplement que l'administration tienne ses engagements.
L'intersyndical de la protection judiciaire de la jeunesse dit avoir été reçu par cette direction ce jour et avoir levé le mouvement de grève. Jugeant que la saison estivale n'est pas propice et que la direction reste campée sur ses positions, l'intersyndical annonce déjà la reprise d'un mouvement de grève à la rentrée. De son côté, la Commission nationale consultative des droits de l'homme a communiqué son inquiétude devant cette possible suppression de 500 postes au sein de la PJJ sur les réseaux sociaux. On a entendu en tout début de flash Emmanuel Macron nous vendre les JO en fait comme la vraie vie qui selon lui doit durer.
Voici l'exemple d'un dur retour à la réalité que bien des paillettes ne sauraient dissimuler. Alors que les attaques se poursuivent à Gaza et que le nombre de victimes civiles palestiniennes ne cesse d'augmenter, les Etats-Unis ont approuvé hier mardi 13 août la vente de 20 milliards de dollars soit 18,2 milliards d'euros d'armement à Israël. Les Etats-Unis sont attachés à la sécurité d'Israël et il est vital pour les intérêts nationaux américains d'aider Israël à développer et à garder une importante capacité d'autodéfense justifie le département d'État américain dans une note au Congrès. La vente inclut 50 avions de chasse F-15 construits par le géant américain de l'aéronautique Boeing.
Près de 33 000 munitions pour tanks et 50 000 obus de mortiers. Les livraisons prendront plusieurs années notamment pour les F-15 et équipements de communication sécurisés qui commenceront à être livrés en 2029. L'annonce de cette vente intervient au moment où le président américain Joe Biden tente de trouver un accord de cesser le feu à Gaza afin d'éviter une escalade des tensions entre Israël et l'Iran quelques semaines après l'assassinat du leader du Hamas Ismaël Anié tué à Téhéran le 31 juillet dernier.
Cette transaction est d'autant plus surprenante pour certains élus du Parti démocrate américain et organisations de défense des droits humains qui appelaient Joe Biden depuis plusieurs mois déjà à réduire voire arrêter totalement la vente d'armes à Israël. Hier, le secrétaire d'État américain Anthony Blinken a provoqué un tollé sur les réseaux sociaux après un tweet commémorant le 75e anniversaire de la Convention de Genève de 1949. « Est-ce que c'est une blague ? » a répondu l'élu démocrate au Congrès Rachida Tlaib alors que l'accord pour la vente d'armes à Israël venait d'être annoncé.
Tandis que plusieurs actes génocidaires commis par l'armée israélienne continuent d'être dévoilés au grand public le journal israélien Haaretz a révélé dans un rapport d'investigation publié hier que l'armée israélienne utilisait des civils palestiniens comme boucliers humains pour inspecter des tunnels piégés à Gaza avant l'intervention des soldats. Selon Haaretz, cette pratique est menée avec la pleine connaissance de hauts responsables militaires y compris le chef d'état-major de l'armée Erdzi Alevi.
Onze mois après l'intensification de l'offensive israélienne près de 40 000 palestiniens ont été tués à Gaza dont près de 15 000 enfants selon le ministère de la Santé palestinien chiffre corroboré par l'ONU. Selon leurs estimations un enfant est blessé ou tué toutes les 10 minutes. Merci d'avoir suivi ce flash info de l'été du Média. Vous le savez, malgré notre dossier sérieux et le soutien du public le Média n'a pas été sélectionné par l'Archon pour être diffusé sur la TNT. Nous avons donc engagé un recours. Vous êtes déjà près de 48 000 à avoir signé notre grande pétition pour une répartition plus équitable et plus démocratique des fréquences TNT.
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Emmanuel Macron