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InterviewSud Radio (sur YouTube)· 5 août 2026 23 minAutoproduitMixteInstitutions & élections

Pourquoi De Gaulle fascine-t-il encore autant les Français ?

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10h 13h, les débats de l'été, Noémi Aliwa et notre grand entretien de ce midi porte sur une figure qui continue de traverser les générations Charles de Gaulle. Plus de 50 ans après sa disparition, le général reste l'homme préféré des Français, l'homme politique préféré des Français. Un récent sondage ifob réalisé par la tribune dimanche montre que Charles de Gaul demeure de très loin la personnalité historique qui inspire le plus de confiance et le plus de respect aux Français.

Et ce n'est pas un hasard. En quelques semaines, les deux films consacrés à Charles de Gaulle ont franchi la barre des 4 millions d'entrées au cinéma. Un succès spectaculaire qui a relancé le débat sur son héritage et sur ce qu'il représente encore pour les Français d'aujourd'hui.

Alors, pourquoi fascine-t-il encore autant ? Est-il le chef de guerre, l'homme du 18 juin, le fondateur de la 5e République ou tout simplement l'image d'un dirigeant qui incarnait l'autorité, la souveraineté, une certaine idée de la France à une époque où beaucoup de Français disent ne plus retrouver leur repères. Pourquoi Charles de Gaulle parle-t-il autant aux jeunes qu'à ceux qui l'ont connu ?

Que dit cette fascination de la France d'aujourd'hui ? Pour répondre à toute cette question, à toutes ces questions, nous avons le plaisir et l'honneur d'accueillir l'historien Arnaud Tessier. historien, essayiste, auteur de Charles de Gaulle.

L'angoisse et la grandeur publiée aux éditions Tempus est sortie en poche au début du mois de juin. Bonjour monsieur Tessier. Bonjour.

Bonjour. Plus de 50 ans après sa disparition, Charles de Gaul reste la personnalité politique préférée des Français. Comment expliquez-vous cette fascination qui ne faiblit pas, y compris chez des générations qui ne l'ont pourtant jamais connu ?

Alors, je pense d'abord que s'il est vrai que c'est un personnage historique euh qui appartient donc au passé de la France et un passé assez largement glorieux, c'est quand même quelqu'un qui reste assez proche de nous dans le temps, même si pour les jeunes [raclement de gorge] évidemment plus de 50 ans c'est très loin, mais nous vivons quand même dans des institutions qui même si elles sont un peu abîmées sont quand même les institutions que de Gaulle nous a donné. Donc nous vivons dans un univers institutionnel qui a été voulu par de Gaulle, même s'il ne marche pas évidemment de la même manière. Et nous vivons dans un monde qui par certains côtés n'a pas finalement tellement changé, même s'il y a la mondialisation, nouvelles technologie qui n'a pas tellement changé par rapport au monde de Gaulle parce que c'est un monde dangereux avec des phénomènes de puissance, avec la menace de la guerre, tout cela.

Le monde de Gaulle n'est pas si éloigné d'une nôtre. Donc ça c'est le premier point. Et puis 2è point c'est que le goal pour le dans la conscience collective, c'est d'abord l'homme qui a su dire non, qui a pris des risques personnels et qui a pris la parole, qui a pris en charge la légitimité française.

Et puis c'est un homme qui s'avait décidé et qui n'avait pas peur de se mesurer au grand. Voilà. Donc je crois que il y a une nostalgie qui est assez compréhensible.

Et justement, est-ce que vous pensez que les Français admirent plus l'homme du 18 juin, l'homme qui a dit non, le fondateur de la 5e République ou il recherche simplement une figure d'autorité qui pourrait peut-être leur manquer aujourd'hui ? [souffle coupé] Alors, un peu les deux. Je pense que c'est quand même d'abord l'homme du 18 juin parce que et d'ailleurs le film très réussi qui est sorti sur les écran avec une très belle interprétation de Simon Abcarien montre bien l'homme du refus.

C'est l'homme qui se bat, l'homme qui refuse la défaite, l'homme qui n'a pas peur de défier le destin. Et ça, je crois que c'est vraiment l'homme du 18 juin qui compte d'abord. Mais il y a aussi quand même le l'homme de gouvernement.

Euh parce que malgré tout, même pour les plus jeunes, il y a des images, celles des documentaires, celle qu'on voit sur internet. C'estàd un homme qui était capable de parler au monde, de parler au monde sans que ça paraisse de la pure rhtorique. J'insiste beaucoup là-dessus.

Euh les hommes politiques aujourd'hui savent parler, même quelquefois un peu trop, euh mais il ils ils ne savent pas s'imposer aussi aisément que le faisait de Gaulle et qui par ailleurs avait un discours politique, je voudrais bien insister là-dessus, qui était simple et accessible. Il parlait de grandes choses, il parlait de choses très sérieuses, il méprisait pas euh son public, mais il était capable de dire des choses simples, avec vigueur et en peu de mots. Aujourd'hui, on a l'impression que les hommes politiques parlent beaucoup pour dire moins.

Il y a une formule que j'aime beaucoup qui a utilisé un grand journaliste au sujet de Gaulle. Il ne parle pas à la foule mais à un peuple. C'est quelqu'un qui ne s'adresse pas des des tranches sociologiques de la population, mais quel sentiment de parler à un peuple qui a une histoire, qui a un présent, qui a un avenir.

Il ne parle pas à la foule mais à un peuple. C'est une jolie phrase pour résumer justement la façon dont dont dont de Gaul s'adressait au peuple français. justement le peuple français, les jeunes, vous vous veniez d'en d'en parler à l'instant, il y a un sondage qui montre que de Gaulle séduit justement aussi les plus jeunes.

Comment expliquez-vous qu'un homme du 20e siècle parle encore à une génération qui a grandi avec les réseaux sociaux, la mondialisation et les crises successives ? Vous savez, lorsque De Gaul est un très bon professeur, il faut le savoir, il a enseigné et il a enseigné à l'école de guerre dans les années 20 quand il avait 35 40 ans. Et il y a une très belle conférence dont on a le texte qu'il avait donné aux élèves de Saint-Cir où il leur disait "Vous savez, en gros, il le disait mieux que je ne vais le faire de mémoire, il disait, il disait "Vous savez, on vous expliquera qu'il y a un sens de l'histoire, qu'il y a des choses contre les que l'on ne peut rien, qu'il faut quelquefois accepter le destin.

Détrompez-vous, gardez la tête haute. Il n'y a pas de sens de l'histoire. Il suffit quelquefois de quelques hommes et quelques femmes pour progresser le destin d'un pays et pour affronter les difficultés.

De Gaul, c'est l'homme qui ne se résigne pas et je trouve que c'est un message qui est très beau pour la jeunesse et je suis très très heureux que la jeunesse le comprenne. Et encore une fois, c'est quelquefois des valeurs simples et fortes qui permettent de parler à la jeunesse au lieu de la flatter. de n'est pas quelqu'un qui flattait la jeunesse, c'était quelqu'un qui savait lui parler, qui était un pédagogue.

Oui. Alors, cette façon justement de de s'exprimer facilement, droitement, euh si vous voulez, c'est peut-être quelque chose qui fait qu'aujourd'hui c'est un personnage qui manque. On on entend souvent dire il nous faudrait un nouveau de Gaulle.

Est-ce que l'on selon vous c'est une formule nostalgique ou est-ce que au fond euh il pourrait y avoir demain des circonstances qui peut-être pourrait faire émerger euh le le général qu'on attend aujourd'hui ou c'est tout simplement impossible à reproduire selon vous selon vous ? Alors, je crois qu'il ne faut pas vivre en attendant à nouveau de Gaulle. D'abord parce qu'on risque d'attendre longtemps et ensuite parce que ce n'est pas ce qui souhaitait.

Vous savez ce qui m'a toujours frappé ? On dit toujours une bêtise sur la 5e République. On dit toujours c'est des institutions qui ont été taillées sur mesure par un homme hors norme et donc c'est normal qu'on narrive pas à gouverner aussi bien que lui.

De Gaul avait fait des institutions qu'il voulait fortes avec un gouvernement fort, un exécutif fort, des outils puissants parce que justement il savait que ceux qui viendraient après lui n'auraiit pas forcément la même stature historique ou la même stature tout court. Donc je crois qu'il ne faut pas attendre à nouveau de Gaulle mais qu'il faut essayer de s'inspirer de de Gaulle. On n'est pas obligé d'être un personnage comme de Gaulle, mais on peut s'inspirer de ces leçons.

Et les leçons de de Gaulle, c'est de dire il faut jamais se résigner, il faut jamais baisser les bras, il faut savoir être ferme, constant dans ses projets, dans ses dessins. Et puis surtout, il faut savoir trancher. Le gouvernement, c'est l'art de trancher.

Quelque fois, c'est difficile, quelquefois ça oblige à écraser de nombreux petits intérêts privés ou quelquefois des intérêts privés très organisés. Le grand message de De Gaulle, c'est qu'il faut toujours faire prévaloir l'intérêt public sur les intérêts particuliers. C'est pas facile.

Il y avait un un un grand intellectuel sous la troisème qui disait "Régner doux, gouverner est difficile." C'est ça le message de de Gaulle. On n'est pas là pour régner mais pour gouverner.

Et ça même des hommes moyens peuvent peuvent s'en inspirer et puis il puis une ressource de volonté. Ah bah la ressource de volonté en tout cas de de se prendre pour de Gaul. Vous avez vu le nombre de personnalités politiques aujourd'hui qui s'inscrivent ou en tout cas qui annoncent s'inscrire dans l'affiliation du général de Gaulle.

C'est presque une mode. Est-ce qu'il y en a à votre sens ? Est-ce que il y a une personnalité politique qui vous paraît peut-être un peu plus incarnée ?

Cette ce ce refus du déclin du général de Gaulle, est-ce qu'il existe encore des deux Gaules d'aujourd'hui qui ne sont pas complètement de Gaulle mais qui peut-être portent certaines de ses valeurs ? la défense de la souveraineté française, le refus du déclin, du désespoir, une façon aussi de dire les choses avec une une forme d'honnêteté. Alors, il y a il y a des personnalités politiques plus ou moins crédibles.

Effectivement, tout le monde invoque un peu de Gaulle et il y a des personnalités politiques plus ou moins crédible. Je vais pas faire de de de de décerner de diplôme. Ça serait un peu compliqué pour moi.

Ce que je peux dire, c'est que il y a une tendance quand même qui est un peu un peu regrettable qui est de prendre de Gaulle à la découpe. C'est-à-dire chacun prend ce qui lui convient chez de Gaulle. Alors que chez de Gaulle, c'est un tout là la vision de la France et de la politique chez de Gaulle, c'est un tout.

Et en particulier, il y a un point quand même qui me paraît qui me permet à mon avis de dire que certains sont plus ou moins fondés alors se réclamer De Gaulle. Il y a quelque chose qui est très important chez De Gaulle, c'est d'abord le rôle de l'État. C'est que Tou euh était pour l'économie évidemment libérale.

C'est quelqu'un qui qui qui a adhéré aux valeurs de l'Occident, même si considérait que le système capitaliste avait une sorte, disait-il, d'infirmité morale qui qui se retournerait contre lui un jour. Donc c'est quelqu'un qui qui est pour l'économie libre, mais c'est quelqu'un qui attribuance à l'État. Donc je pense qu'on peut difficilement se réclamer de de Gaulle si on n' pas un discours un peu construit sur le rôle de l'État dans notre pays qui pour de Gaulle était essentiel.

Et puis c'était un homme pour qui le la politique sociale était importante. Bien sûr De Gaulle n'était certainement pas porté vers un état social obèse mais il y avait une dimension sociale dans l'État qui était nécessaire parce que pour lui la société française devait être une société qui n'était pas en guerre avec elle-même. C'est il devait y avoir un désir de cohésion sociale qui devait s'affirmer à travers le rôle pondérateur de l'État.

Donc voilà, ce sont des traits si si vous voulez qui à mon avis on ne peut pas les faire passer par-dessus bord et puis prendre le reste ce qui convient chez De Gaulle. De Gaulle c'est un tout, c'est l'idée d'une société qui doit être forte à l'intérieur si elle veut si le pays veut être fort à l'extérieur. Ça c'est l'idée clé, c'est qu'avant que d'avoir de grandes ambitions extérieures et de proclamer des grandes phrases, il faut d'abord faire en sorte que le pays intérieurement soit fort et en paix avec lui-même.

Je trouve que c'est une leçon politique pour aujourd'hui qui n'est pas négligeable. Alors Arnaud Tessier, vous êtes vous êtes essélis surtout écrivain spécialiste de Charles de Gaulle. Vous n'êtes pas madame Irma mais malgré tout dans quelques instants, je vous poserai la question de savoir peut-être si vous avez une idée du regard que porterait le général de Gaulle sur la vie politique d'aujourd'hui.

Vous répondrez à cette question difficile. N'hésitez pas d'ailleurs si vous avez des questions au standard, rappelez-nous 0826 300 0826 300. À tout de suite sur Sud Radio. 10h [musique] 13h, les débats de l'été, Noémi Aliwa et nous sommes de retour sur Sud Radio toujours en compagnie d'Arnaud Tessier, historien, essayé, auteur de Charles Dego, l'angoisse et la grandeur pluée publiée aux éditions Tempus.

Si on revenait avec vous, monsieur Tessier sur l'actualité de Charles de Gaulle ou en tout cas s'il était est-ce qu'il était possible au fond de de voir dans notre vie politique et bien un le regard de Charles de Gaulle. Quel regard Charles de Gaulle porterait sur la société d'aujourd'hui, sur notre vie politique, sur l'état de l'autorité de l'État, sur la sur la place de la France dans le monde ? Alors je vais pas faire parler les morts, mais je pense qu'il ne serait pas surpris parce que je je connais assez bien la vie de Charles de Gaulle et de Gaulle a traversé l'histoire de France au 20e siècle et donc traversé une histoire très difficile avec des crises, des moments de faiblesse collective énorme.

Il a connu les défaites militaires. Donc la première chose c'est qu'il ne serait pas surpris parce que Deg savait, il l'a souvent dit et c'est pour ça d'ailleurs qu'il a fait la 5e République que les institution d'une démocratie sont fragiles parce que elles sont manipulées, elles sont maniées par des êtres humains et que les êtres humains sont exposés à la faiblesse, à l'incertitude, au doute. Donc il savait que le pays traverserait à nouveau des difficultés, [grognement] mais il a essayé quand même de laisser au pays les institutions les plus adaptées à ce genre de situation.

Donc il serait pas surpris à mon avis et je pense que surtout il ne serait pas désespéré parce que il ne s'est jamais laissé aller au désespoir. Et il avait des moments de doute, d'angoisse, il avait de grandes angoisses, mais il n'était pas dépressif comme a pu l'être Churchill à certains moments de son existence. C'est-à-dire c'est quelqu'un qui ne lâchait jamais prise de Gaulle.

C'est quelqu'un qui l'a jamais lâcher jamais prise. Donc je dirais qu'aujourd'hui il serait peut-être un peu accablé par un certain nombre de choses, pas vraiment surpris à mon avis mais il ne lâcherait pas prise et je crois que il dirait ce message son message serait de ne pas lâcher prise et je crois que c'est ça qui est important. Il avait aussi une conviction une une conviction totalement inaltérable dans l'idée de la grandeur de la France.

Il était très attaché à l'idée que la France s'exprime dans le monde, qu'elle ait une voix singulière, qu'elle continue d'avoir cette place si particulière justement qui n'est pas rattachée, qui n'est pas vasale ni des États-Unis, ni de la Russie, ni de l'URSS, qu'elle continue d'avoir sa sa propre voie. Est-ce que vous pensez que cette cette opinion là, cette idée-là, ce récit là national pourrait encore perdurer aujourd'hui ? Alors euh la grandeur pour de Gaulle, je crois que il est important de le comprendre, ce n'est pas une exaltation un peu rétorique.

Pour lui, la grandeur c'est un peu le synonyme de l'ambition. C'estàd qu'il pense que c'est le rôle des politiques, c'est le rôle de ce des élites. Les élites qui dirigent ou qui oui qui dirigent un pays, c'est le cas le rôle des élites dirigeantes de de porter une ambition pour le pays tout entier.

Donc la grandeur c'est ça. Donc c'est quelque chose de fragile et qui n'est pas acquis. Mais il faut une ambition.

Et à partir du moment où on a cette ambition, il pensait que oui, les Français étaient capables de grandes choses. Simplement, il faut que cette ambition soit portée au plan politique, porté aussi au plan intellectuel. Euh c'est vrai qu'on a un regard un peu sévère sur la politique française, mais on a quand même quelques grandes figures intellectuelles ou morales qui n'ont qui n'ont pas disparu.

Donc c'était ça qui comptait pour lui. C'était qui a toujours cette ambition. Alors, il peut y avoir des périodes creuses, il peut y avoir des périodes difficiles qui peuvent durer plus ou moins longtemps, mais encore une fois, il ne faut pas lâcher prise.

Et la grandeur, c'est ça. La grandeur, encore une fois, ce n'est pas dire on est les meilleurs, on porte des valeurs universelles. C'est un peu la tendance quelquefois des dirigeants français de donner des leçons à la terre entière.

Ça c'est un petit peu un travers que nous avons. De Gaul ne donnait pas de leçon. Il disait simplement il faut être à la hauteur de notre propre histoire.

Il faut que le peuple français soit à la hauteur de lui-même et il faut que ceux qui le dirigent soient à la hauteur de leur fonction. Donc voilà, je crois que c'est une idée d'ambition. C'est l'idée d'avoir une grande ambition, pas au sens évidemment matériel du théâtre, mais une grande ambition politique et morale.

Et tout dépendra de cela de savoir si la France est portée, si elle est dirigée par des gens qui peuvent lui donner une grande ambition. la grande ambitionne, la grande ambitioniste. En tout cas, c'est un sujet qui passionne les Français encore euh des des années 50 ans après sa disparition, les Français sont encore fascinés euh par la figure du général de Gaulle.

Et pour vous dire, il y a très de très nombreux auditeurs qui nous appellent pour réagir à vos propos, pour réagir à ce sujet débat. Et parmi eux, César. Bonjour César.

Bonjour à toute l'équipe de Sud Radio. Bonjour César. Vous nous appelez de Bayon, vous vouliez réagir peut-être à ce que vient de nous dire Arnaud Tessier.

Peut-être vous avez une question pour lui. Euh oui. Alors, j'aimerais j'aimerais réagir et j'aimerais que Arnaud Tessier me dise ce qu'il en pense.

Alors, on vous écoute. On vous écoute. César, alors euh si j'ai appelé, c'est parce que j'ai j'ai une remarque que je fais murir depuis des mois.

J'observe que depuis des années dans de nombreux médias de masse en France euh on fait passer tous les gulistes de France, tous les gens qui se revendiquent du gaolisme pour des gens d'extrême droite et des fascistes. Et donc j'aimerais avoir son avis. Euh j'observe en fait que à travers des idées euh souvent d'un d'une forme, c'est c'est intéressant ce sujet, d'une forme d'antiracisme corrompu parce que l'antiracisme c'est magnifique mais beaucoup de gens utilisent des des phrases d'antiracisme corrompu pour mélanger les gens les uns contre les autres et au final on se retrouve avec des des propos antigolistes et je voudrais avoir son avis là-dessus sur Charles de Gaul, il s'est battu contre le fascisme.

Aujourd'hui, il y a des gens qui se revendiquent du gaulisme, ils sont tous traités d'extrême droite. Je fais en l'occurrence, je vais plus précis, je fais référence au à Marine Le Pen et au Rassemblement national. Je voudrais avoir son avis sur le sujet.

Ils font que ces gens-là font que se se revendiquer du gaulisme. Nigel Farage en Angleterre, c'est pareil. Il se fait traiter de fasciste alors que lui-même est un grand souverainiste.

Enfin, il sa c'est pas il y a pas que en France que c'est le même système en fait, mais tout est fait pour traiter les gaulistes dans chaque pays de fascistes. Trump pareil est traité de fascistes et cetera. Donc voilà, j'aimerais avoir son avis à la fois au niveau national, au niveau un peu plus loin, mais j'observe cette tendance générale de traiter les gaulistes ou les grands souverainistes de France de fasciste.

Alors, on a entendu votre question. Merci beaucoup César pour votre question qui, c'est vrai se se pose. Je pense que beaucoup d'auditeurs se se posent ce genre de question, c'est-à-dire est-ce qu'il n'y a pas une forme de disons-le de de fascisation de la pensée du général de Gaulle aujourd'hui ?

Qu'est-ce que vous en pensez, Arnaud Tessier ? Bah, c'est-à-dire que c'est une tendance un peu naturelle même de son vivant. Il faut pas oublier que Roosevelt le soupçonné d'être un dictateur en puissance.

Il faut pas oublier que dans les années 60, la gauche française jusque jusqu'au départ de De Gaulle du pouvoir en 69 où il était difficile puisqu'il est parti volontairement alors que personne ne l' obligeait parce qu'il avait perdu son référend que personne ne l'obligait à organiser là quand même ça devenait difficile de le présenter comme un dictateur. Mais il faut pas oublier que de Gaulle a été à la fois pendant la guerre et ensuite pendant toute la partie de la 5e République où il est gouverné a été considéré par une partie du milieu politique et puis par certains dirigeants étrangers. comme un dictateur en puissance, comme un esprit autoritaire, antilibéral et cetera.

Donc euh c'est pas tout à fait nouveau l'idée. En France, une partie des élites et du milieu dirigeant n'aime pas l'autorité. En fait, il considère que l'autorité est en contradiction avec la liberté et que les ceux qui gouvernent avec une certaine poigne sont des crypto-fascistes.

Non, de Gaulle a respecté, il l'a dit lui-même, il avait rétabli les libertés en France, il a respecté les libertés et surtout il avait le respect du peuple. C'est un homme quand même, je le répète, qui organise en 69 un référendum sur des sujets qui lui paraissaient importants, qui n'ont pas été très bien compris à l'époque. Il n'était pas obligé d'organiser ce référendum, il l'a fait et il n'était pas obligé de démissionner parce qu'il l'a perdu d'autant qu'il l'a perdu de de très peu en réalité.

Donc c'est quelqu'un qui respectait le peuple et qui encore une fois sa favait lui parler. S'il ne parlait pas des à des morceaux sociologiques de la société, c'était pas des partis de la société qui s'adressaient. Donc c'est pour ça que de Gaulle en fait il y a toujours je pense en France une méfiance vis-à-vis du suffrage universel qui date du 19e siècle qui date de l'époque où le suffrage était restreint et c'est le mépris aussi dans lequel est tombé le référendum qui pour de Gaulle était un moyen de gouvernement essentiel et qu'il a imposé dès la libération 45 la la création de la 4e République le fait de se doter de nouvelles institutions de go elle a fait en sorte que ce soit adopté par référendum donc je Je pense que ce que monsieur sent à mon avis de manière assez juste, c'est que derrière cette défiance vis-à-vis de l'autorité, du pouvoir qui tranche et qui gouverne, il y a en fait une défiance envers le suffrage universel.

Oui. Et puis il y a une sorte de paradoxe dans cette idée de même de fascisation de la pensée, de l'œuvre, de la personnalité du général de Gaulle parce que lui-même s'est battu contre le fascisme toute sa vie. Il s'est battu en tout cas contre la collaboration.

Il a il a il a complètement ça a été ça a été l'homme qui a dit non mais qui a dit non à tout ce qu'incarnait justement la collaboration de de Pétin. C'est c'est l'homme par définition qui a lutté contre contre cette contre ce fascisme là. Et puis en même temps, c'était un homme qui qui refusait d'être classé politiquement.

Euh je il il ne n'y ait pas qu'il y une droite et une gauche. Il savait qu'il y avait une droite et une gauche dans la politique qui s'exprimait au parlement, qui s'exprimait dans les médias, que c'était normal. Mais il cons le rôle du président de la République, c'était de dépasser ces cli qui euh n'était ni de droite ni de gauche et qui gouvernait pour tous les Français.

Euh et je crois que ça a perd de vue ça pour l'élection présidentielle aussi. Élection présidentielle ce n'est pas faire une campagne présidentielle, ce n'est pas faire une campagne législative avec un programme de gouvernement détaillé. C'est proposer une vision au pays et une vision qui soit susceptible d'entraîner le plus grand nombre de Français.

Euh donc c'est ça la logique du gaulisme qui est très rassembleuse, très c'est l'unité nationale qui compte pour de Gaulle. Euh alors évidemment, il avait un style de gouvernement. Euh on parle toujours du du on dit toujours que nos institutions sont trop verticales.

Oui, il gouvernait de manière assez verticale mais c'était une verticalité où le pouvoir et l'autorité venait. Encore une fois, je n'ai jamais vu de dictateur quitter volontairement le pouvoir alors que personne ne l' obligé. C'est l'homme qui démissionne quand il a le sentiment qu'il n'a plus la confiance absolue du peuple.

Voilà. Si c'est ça être fasciste aujourd'hui, ben écoutez alors c'est à désespérer. C'està-dire que c'est l'homme qui défendait l'autorité mais qui ne versait jamais non plus dans dans l'autoritarisme.

Écoutez, merci beaucoup Arnaud Tessier d'avoir été avec nous sur Sud Radio. C'était un plaisir et un honneur de vous avoir reçu sur notre antenne. Merci de nous avoir éclairé sur cette fascination intacte des Français pour Charles de Gaulle à moins d'un an de l'élection présidentielle.

Cette popularité n'est s'en doute pas à Noudine. Elle dit peut-être quelque chose des attentes des [musique] Français envers leurs dirigeants. Autorité, vision, indépendance, sens de l'État, autant de qualités qui reviendront forcément au cœur du débat dans les prochains mois.

Je vous souhaite une excellente fin de journée. Il est bientôt 13h sur Sud Radio et dans un instant, vous retrouvez Jacques P6. Jacques P6 bien sûr avec son invité Pierre Peré.

Passez un excellent après-midi et rendez-vous demain dès Sud Radio.

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