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interviewQuotidien· 16 avril 2025 24 min

Anouk Grinberg : son combat contre les violences sexuelles

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

[Musique] Bonsoir, bienvenue, je vous en prie. Bonsoir à nos Grinber. Bienvenue sur le plateau de quotidien.

Voici une partie de l'équipe et le public. Merci d'être avec nous ce soir. Vous êtes une grande actrice de cinéma et de théâtre dans les années 90.

Vous avez tourné Merci la vie mon homme. 1 2 3 Soleil plus récemment la nuit du 12 l'innocent où les volets verts pendant le tournage duquel Gérard Pardieu est agressé sexuellement deux femmes. On vous a vu au procès de Gérard Pardieu la semaine dernière.

Vous soutenez une autre de ces accusatrices. On voit les images. Charlotte Arnou depuis le début et hier est sorti ce livre dont le titre est Respect.

Et l'image de vous est signé Saramoun. Pourquoi cette image ? Est-ce que vous pouvez nous dire ?

Elle me protège. Sarah. Sarah c'est une très grande amie.

On on s'est connu en faisant des photos il y a une trentaine d'années et puis et puis on s'aime beaucoup et j'avais envie que ce soit une photo digne. Euh et voilà. Respect.

Pourquoi ce titre ? Parce qu'il serait temps. Ambre.

Le texte d'Anou Grambert t'a marqué ? Ouais. Énormément.

Il y a il y a tellement de phrases qui m'ont fait lever la tête, que j'ai noté, qui m'ont fait réfléchir, que j'ai envie de répéter à tout le monde. Je pense qu'il faut vraiment dire ce qu'est ce livre, mais peut-être qu'il faut commencer par dire ce que ce livre n'est pas. Et c'est important de dire que c'est c'est pas un règlement de compte.

Vous nommez très peu de noms. Vous donnez par exemple celui de de Bertremblier, mais même là vous précisez la question n'est pas de désinguer un artiste. La question c'est de comprendre pourquoi j'ai participé à ma propre démolition.

Ce livre, il est vraiment là pour comprendre et pour nous faire comprendre. Mais en tout premier, j'aimerais dire à quel point il est magnifique. La langue est magnifique, ça saute aux yeux. les premières pages, vous créez des images, des métaphores qui sont tellement puissantes et qui arrivent à être à la fois poétique et hyper clair, très percutante.

En fait, avec vos formules, vous rendez évident des choses qui sont pourtant encore pas évidentes pour plein de monde. Les zones grises, les les choses qui vont contre la logique, quand on vous lit, on les comprend d'un coup. Il y a plein d'exemples.

Par exemple, pourquoi est-ce qu'une femme qui est victime d'abus une fois et surtout dans son enfance a beaucoup de chance d'être victime d'abus à nouveau ? Là-dessus, vous avez une image incroyable. Vous expliquz que depuis le violet à l'âge de 7 ans, dès qu'on vous touche, vous redevenez une enfant.

Que vous ayez 15 ans, 25 ans, 35 ans, aujourd'hui encore, c'est automatique. Vous dites que quand on est victime enfant, c'est comme prendre une peine à perpétuité. Ça c'est une image qui parle à tout le monde.

Autre exemple, autre sujet très dur à comprendre, celui de l'emprise. Ça c'est quelque chose que plein de gens ont du mal aussi à à digérer. On pose des questions, pourquoi les femmes restent ?

Pourquoi les femmes ne parlent pas ? Et cetera. Là aussi, votre livre l'explique.

J'ai noté ces phrases-là que je trouve dingue. Pour peu qu'on ait envie de bonheur, on met de la peinture sur la merde pour y voir des couleurs. On pleure dans les draps et les hommes croient que c'est de la joie.

J'étais sous emprise et je disais merci. Merci pour le toit. Merci de me regarder.

Moi qui me trouvais si difficile à aimer. Et là pareil, on comprend tout. Je vais en citer une dernière.

J'aimerais en citer plein. Mais celle-ci, elle fait particulièrement écho à l'actualité que tu mentionnais. Et quand on la lit, on se dit "Mais oui, mais bien sûr." Vous parlez des gens qui disent quand des femmes accusent des hommes célèbres, elles font ça pour la célébrité.

Vous dites, les gens disent la mythomane, l'actrice, la pauvre, elle sait plus quoi inventer pour être dans la lumière comme si ça c'était de la lumière. C'est évident une fois que c'est dit comme ça, il y a plein de phrases comme ça dans votre livre qui sont des des tours de clés dans des serrures et vraiment j'espère que c'est pas cavalier de vous dire qu'il est beau, qu'on le trouve vraiment très beau en le lisant. Et on parlait de la la couverture.

Moi, je trouve qu'il est exactement à l'image de cette couverture, de cette photo de votre ami Saramoun qu'elle a prise de vous parce que c'est une photo qui joue avec le noir mais aussi avec la lumière. En fait, c'est un noir très lumineux et le livre, il est pareil. Il est sombre évidemment, mais il y a vraiment une lumière dans la noirceur parce que le style est lumineux et parce que les explications sont lumineuses.

Vraiment merci. Alors, deux événements traumatiques surviennent dans votre enfance. Le viol par un homme que vous considérez comme votre deuxième père, vous avez 7 ans et l'inceste imposé par votre frère quand vous avez 12 ans.

Ces deux agressions vous les avez payé toute votre vie. C'est ce que vous dites. Ouais.

En fait, quand un homme s'amuse quelques minutes, la femme le vit pour la vie entière, elle le paye la vie entière. Cette phrase là qui est ici, c'est les conséquences, elles sont indélibiles et ces hommes qui s'amusent avec le corps ou des enfants ou des femmes ou des jeunes hommes, il dist une mort en nous qu'on doit porter. fièrement euh pour pas faire partie des des victimes pour donc on passe notre vie à frimer à faire semblant à faire croire qu'on est une femme libérée.

On fait croire comme on a été dévoré enfant tué parce que vraiment ces hommes sont des tueurs. Euh mais on est encore vivant. Ça se une mort qui se voit pas euh sauf l'amoureux, sauf un vrai amoureux.

Et le vrai amoureux, il il sait à quel point euh même des gestes d'amour, de vrai amour, c'est vécu comme C'est vrai, c'est ce que vous disiez Ambre, c'est même 50 ans plus tard avec mon amour, il faut il me faut vraiment du sang froid, de la concentration pour que ça s'arrête. ces visions d'enfer où je suis encore une toute petite fille avec des petits bras, des petites jambes, un petit sexe violé par des salots. Mon frère, c'était pas un salot, c'était juste un il était pas tellement plus âgé que moi, mais c'était mon frère que j'aimais, que j'adorais.

Il aurait jamais dû faire ça. Jamais. C'est absolument interdit.

Et et ce qu'il a fait après, c'est de m'imposer le silence. Et le silence, le silence dans une famille. Mais c'est ce que vous dites aussi.

On vous a jamais écouté. Jamais. Jamais.

Personne dans la famille. Jamais. Dans ma famille, j'étais lamenteuse.

J'étais On m'a pas traité de folle, mais on m'a on m'a traité en folle comme si j'étais une fouteuse de merde. Au début, j'ai rien dit. Pendant 20 ans, j'ai rien dit. qui s'était écrasé au fond de moi dans un caveau parce que si ça vivait en moi, je vivais plus quoi.

J'ai on est on est bousillé on est bousillé par par ces hommes qui rigolent derrière le mur de l'impunité. Alors, c'est pas vraiment le cas de mon frère. il a fait ça comment on s'amuse avec une petite et et puis après je suis devenue il m'a on m'a mis en exil la famille entière euh parce que la famille s'est organisée entre elles pour m'isoler, me discréditer.

Ils ont vraiment failli j'avais vraiment envie de mourir quoi pour que ça s'arrête. Mais heureusement je moi j'ai Qui vous a aidé ? Mon amoureux des psy quand on est passé par le feu comme ça, on est obligé de de voir plein de médecins.

On est que ça ça vous a aidé aussi. Le dessin c'est le dessin c'est une aidé ouais je brode je dessine. C'est des moments c'est des moments où personne me dit d'aller à droite ou à gauche.

C'est moi qui suis libre. Et puis euh et puis c'est un c'est un domaine où j'ai accès au sentiments et aucun sentiment n'est dangereux parce qu'ils se transposent, ils deviennent quelque chose sur la page. Mais c'est comme ça aussi le jeu c'est le jeu c'est d'abord c'est des occasions de pas être soi et puis c'est aussi on peut pleurer le jour, on peut avoir l'impression qu'on va aller à l'asile de fou mais le soir faut exceller faut briller et ça ça m'a sauvé parce que personne ne savait rien de ma vie.

Justement dans les dans les années 90, vous êtes l'actrice solaire et la la star naissante. Tout le monde parle de votre énergie, de votre de votre sourire, de votre talent. On voit des photos qui défilent mais en vérité vous haïssez et vous avez peur de tout le monde.

Pass 50 de votre livre, j'ai résumé quelques phrases. Vous dites quand je quand je vois ces images, ces images là par exemple, je suis une étrangère à moi-même. Je vois une femme qui lèche les barreaux de sa prison.

Je me suis raconté à l'époque que j'étais libre et heureuse et pourtant j'ai bien failli en mourir. Ça par exemple, c'est comment vous comment vous comment vous souriez là ? Je souris comme une femme qu'on applaudit de s'être fait humilier et personne n'a rien vu et ils ont tous applaudi.

Un bli ? c'était pour mon homme et c'était le le le prix d'interprétation et j'étais vraiment pas fière. J'étais pas fière ni de moi ni du monde qui considérait que d'humilier les femmes, c'était un divertissement pas mal quoi.

Et mais moi vous étiez sous emprise ? Pardon ? Vous étiez sous-prise.

Est-ce qu'on peut dire ça là dans cette situation là ? Mais là, j'étais dans l'obligation. On me disait d'aller à Berlin euh euh pour aller chercher un prix.

Bli m'a pas accompagné parce qu'il était vexé de pas avoir reçu un prix. Mais c'était pas grave, valait mieux que je sois seule. Et puis euh mais bien sûr que j'étais sous-prise jusqu'au jour où où j'ai enfin pu m'arracher à cette vie euh toxique euh blié.

Moi, je voulais jamais faire ce film. C'était l'histoire d'une [ __ ] J'ai une morale moi. Ça fait partie de de ma bonne humeur, de mon sourire même.

Et il m'a obligé à faire ce film. Il m'a menacé de retirer mon enfant. de me retirer mon enfant si je le faisais pas parce qu'il disait que j'avais du dans vous aviez eu avec lui.

J'espère que ce sera pas un péd. Il lui dit ça. Non, il dit il dit ça à sa naissance.

Il dit ça il est sorti de mon ventre et il dit ça. C'est la première chose. Ouais.

Vous parlez il aimait ni les péd ni les femmes. Il aimait je sais pas qui il aimait. Moi, j'ai cru, j'étais naïve.

J'ai cru je je suis pas allée dans sa vie à lui parce que c'était un homme célèbre. Vraiment, je m'en foutais d'être célèbre. Je faisais du théâtre, j'étais j'avais une jolie vie.

Mais j'ai été accueilli par cet homme comme j'avais jamais été accueilli. Il il comme comme actrice. Il m'aimait vraiment.

Enfin, il m'aimait, il il délirait sur moi comme actrice. J'étais l'objet de ces délires, de ces fantasmes et et moi, j'étais déjà tellement démolie et je faisais déjà tellement depuis longtemps semblant d'être la femme la plus libérée du monde et la plus libre qui soit comme toutes les femmes bousillées, toutes les femmes bousilles, toutes les femmes qui ont l'air libéré. Mais à cet âge-là, vous avez 20 ans.

Est-ce que est-ce que vous vous souvenez des essais de Mercy la vie ? Donc on est en 90. Est-ce que est-ce que vous nous autorisez en diffuser le film ou pas du tout ?

Si vous voulez, si vous voulez, absolument. C'est c'est un extrait qui est qui est sidérant. Si vous voulez, on le regarde ensemble.

Si vous voulez, allez-y, allez-y. C'est c'est de la réalité. Donc c'est c'est ce sont les essais.

On est en 90 et vous avez 20 ans. Quel âge tu as ? 20 ans même si ça vous étonne.

Tu as pas honte à 20 ans de suicier des producteurs ? Je suis pas des producteurs, j'ai sué un producteur. Un bon il m'a dit avec un physique comme le tien, tu as pas de souci à te faire.

Ce qu'il te faut c'est juste un petit coup de pouce et après tu seras sur orbite. Et si jamais tu es pas sur orbite, c'est que il y a plus rien à espérer du cinéma. Le cinéma c'est un champ de ruine.

Il avait les larmes aux yeux. Il pleurait comme mon père le jour où je lui ai appris que sa petite fille chéri ben ça y était. Elle avait fait connaissance avec la salle auprès des hommes.

Pourquoi des hommes ? Pourquoi pas de la vie ? Tout simplement de la vie.

Moi je les aime bien les hommes. Même si c'est des salotes, je les trouve doux les hommes, même quand il me donnent des coups. Qu'est-ce qu'on a vu là ?

Ben, on a vu on a vu une innocente qui avait déjà le cœur crevé. et qui entrait dans un monde tordu et qui a cru que c'était le paradis. le paradis parce que parce que cet homme-là me disait "J'ai jamais vu une actrice comme toi et et j'ai plongé dans je suis devenue sa mangeoire quoi." En vous lisant, on se dit en fait pour votre plus grand malheur, vous êtes une très bonne actrice.

Donc quand vous cachez, on vous croit, quand vous jouez ces films parce que vous les jouez bien, il y en a qui ont pensé que vous aimiez les jouer. Vous racontez qu'il y a un homme un jour qui vous agressé et quand vous êtes débattu, il vous a dit "Non mais j'ai vu tes films, je sais quel genre de femme tu es." Parce que vous le jouez trop bien.

Et et ça vous a attiré plein d'ennui supplémentaires. Et quand vous jouez le rôle le plus pénible de votre vie, vous vous gagnez un prix pour ce rôle si dur. Non, mais je crois aussi que les gens du cinéma aiment beaucoup les femmes actrices qui se mettent toutes nu.

Souvent, elles ont des prix. Euh mais c'est vrai qu'ils ont ils ont ils ont applaudi un couple mortifère. Et euh là, ça c'est pas le pire.

Mon homme, c'est c'est un film de torture. Ça a été une torture pour moi. Il m'a il m'a mis sous neuroleptique pour que je puisse accepter.

Il vous a mis sous médicament avec la complicité d'un psychiatre de star. Ça durait 6 ans. C'est lui qui allait voir le psy qui donnait les médicaments et vous les preniez.

C'est ça. C'est lui qui m'a emmené de force une fois. une fois euh qui lui a expliqué que j'étais un peu zinzin.

En fait, j'étais pas plus zinzin que personne. Je voulais juste vivre et être et pas être prise dans dans le dans dans dans sa folie à lui, dans ses délires à lui. Mais il a considéré que ma morale, ma liberté, ma santé mentale était une folie qu'il fallait dzinguer. et il s'est entendu avec le psychiatre.

Euh oui, pour me mettre sous neuroleptique. Et alors après, c'est une il se trouve que moi j'ai une mère malade mentale euh vraiment horrible qui et vous vous avez cru que vous étiez et j'ai eu j'ai eu toute ma vie tellement peur d'être une folle que quand il me menaçait d'être folle, j'ai je me suis agenouillée devant cette terreur là et la terreur aussi. de potentiellement abîmer mon fils puisqu'il me disait que que vu le pu que j'avais dans la tête euh bah fallait me le retirer quoi.

Et puis et puis de toute façon, fallait me retirer mes ma liberté de décision. Ce qui fait que j'ai fait ce film euh avec un dégoût, un dégoût de ce cinéma, un dégoût de moi, un dégoût de lui et pourtant je vivais encore avec lui et mais je suis partie pas très longtemps après. Je suis partie, il a il a il a commis un livre qui est pourtant un roman.

Donc, on pourrait croire qu'une fiction, ben mon dieu, une fiction c'est de l'imaginaire et l'imaginaire c'est pas la personne. Mais ça dit beaucoup et c'était un livre tellement abject, tellement haineux envers les femmes, mais tellement haineux que je me souviens le lendemain matin, je me suis levée, je suis allée acheter de particulier à particulier et j'ai pris un appartement et je me suis sauvée. Et après, il me l'a fait payer. qui me l'a fait payer cher.

C'est-à-dire qu' vous a grillé, c'est ça ? Oui, ça bien sûr. Il m'a grillé dans le métier, il m'a calomnié dans le métier.

Il a et puis il a il a touché au plus sacré, il a touché à l'enfant. Mais bon, vous dites que vous avez aussi voulu écrire ce livre pour les hommes. Est-ce que vous pouvez nous dire pourquoi ?

Parce que je je veux espérer, je veux croire que les hommes savent pas ce qu'ils font quand ils font ça. J'espère qu'il savent pas le mal qu'ils font. J'espère qu'ils savent pas à quel point ils détruisent à jamais une femme.

Je crois que quand ils foutent leur truc dans nous, quand il nous perd fort comme ça, je pense qu'il s'amuse et il pensent ou bien qu'on est consentante ou bien que c'est juste un mauvais moment à passer. S'ils savaient le mal qu'il fait qu'ils font, peut-être qu'ils arrêteraient. Et parce que si si s'il savait le mal qu'ils font et qu'il continuent à le faire, mais alors vraiment ils sont à bazouer quoi.

Il y a euh vous parlez depuis que vous êtes arrivé, vous avez parlé plusieurs fois de votre amoureux, il s'appelle Michel Brou, il est mathématicien, il vit avec vous. Euh on va laisser les gens découvrir ce que vous écrivez sur lui dans le livre et sur votre relation dans ce livre. Mais qu'est-ce que vous avez envie de dire sur lui ce soir ?

On l'a vu, on le vois làin. Ouais. Michel, c'est un homme euh qui euh on s'aime vraiment beaucoup.

Euh bien sûr que quand on vit des trucs comme ça, l'amour et même la sexualité, elle est touchée par ça. On est on est moi il faut que vraiment que je que j'ouvre les yeux plutôt que les fermer pour plus voir les flash que j'ai de viol pour plus avoir la sensation que je vais le tuer s'il me touche. Mais c'est évidemment pas lui.

C'est c'est ces vieux machins qui reviennent qui reviennent qui reviennent. Et c'est lui c'est vous avez il est mathématicien, il a un rapport à la vérité qui est pas tordu. Ce qui est vrai c'est vrai et ce qui est bidon c'est bidon.

Et moi je me suis raconté beaucoup de choses bidons sur ma vie et il m'a aidé à à nettoyer ça à à me à nettoyer à à me à révéler la vérité. Et une fois qu'elle est révélée bizarrement, c'est moins dur à vivre que quand on cache, quand on fait semblant. C'est pour ça que j'invite évidemment les hommes à réfléchir à ce qu'ils font sans penser ou pour rigoler ou en se ventant.

Mais j'invite aussi les femmes à parler parce qu'en fait c'est en fait on est beaucoup moins en danger après. On est moins on est on est redevenu vivante, on s'appartient. notre histoire nous nous appartient.

Vous dites deux choses très vraies et opposées. Je pense qu'avec ce livre, vous nous mettez aussi dans la dans la position que c'est de parler ceux qui n'ont ceux d'entre nous qui n'ont pas eu à le faire, on on sait pas ce que c'est et vous montrer à quel point parler c'est dur, on nous croit pas, on nous critique et en même temps même si c'est dur, vous encouragez à le faire. Vous vous avez cette phrase, vous dites quand on a été violé et qu'on ne parle pas, en fait on finit le sale boulot pour le violeur.

On continue son sale travail. On se laisse encore tuer. On se laisse encore tuer et puis on et puis on survit dans un espèce de silence euh qui protège de rien.

Bien sûr que que il faut parler, mais je le sais d'autant plus qu'on m'a fait terire pendant 30 ans ou plus euh la famille qui s'est avéré une atrocité avec moi. Euh c'est pas c'était pas des coups, c'était pas des injures, c'était pas ça se passe tout en miel, tout en tout en hypocrisie, mais c'est ça donne envie de mourir. On vous fait terre, on vous dit des choses mais le mot inceste n'est jamais prononcé et pourtant il est là tout le temps.

Mais dans une famille suaave, parfaitement suave. C'est pas festine, ça gueule pas ça, on dit pas la vérité et c'est de toute façon moins la coupable. Mais mais il y a un truc qui est hallucinant avec les viols euh c'est que la victime est coupable.

Qu'est-ce qu'il y a ? Quoi ? Mais qu'est-ce qu'il y a ? [ __ ] !

La victime est coupable et celui qui a porté une atteinte grave à vous grave, mais il est tranquille. le le le mec qui m'a violé quand j'avais 7 ans, il a vécu très tranquille et mon frère, il doit être un peu moins tranquille depuis hier mais sinon, ils ont bien rigolé. Ouais.

Est-ce que je peux relire le la phrase qui est qui est marquée au dos de votre livre ? Ça dure quelques minutes pour l'homme et une vie entière pour la femme et vous avez commencé par ça aussi quand on a commencé à vous parler. Merci beaucoup à N Grambert d'être venu sur le plateau de respect, chez chez Julia.