M. Barnier à Matignon... le secrets d'une nomination - C dans l'air du 05.09.2024
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 35 %Attaque 35 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:05OuverteRéponse directe
Pardon, pourquoi lui ? Comment s'est passée cette nomination ?
- 3:09OuverteRéponse directe
Sur les conditions de cette nomination, ce soir, pour les gens qui nous regardent, on va évidemment faire le portrait de Michel Barnier et savoir ce qu'il représente politiquement.
- 4:45FerméeRéponse directe
Est-ce que c'est le plus petit dénominateur commun ?
- 4:54OuverteRéponse partielle
Oui, c'est le plus petit dénominateur commun, mais aussi en général, quand on a le plus petit dénominateur commun, ça veut dire qu'on n'a pas forcément une grande pensée politique très...
- 11:59FerméeRéponse directe
Est-il normal qu'un Premier ministre soit issu du parti qui ne compte que 47 élus à l'Assemblée nationale ?
- 13:29RelanceRéponse directe
Ludovic Vigon, on peut rajouter cette réaction de Fabien Roussel qui dit c'est un bras d'honneur aux Français.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Près de 13 noms de potentiels premiers ministres ont été plus ou moins testés par l'Elysée. »
- 0:32PrésentateurFait
« Michel Barnier, 73 ans, ancien ministre de François Mitterrand, de Jacques Chirac, de Nicolas Sarkozy, deux fois commissaire européen et infatigable négociateur du Brexit. »
- 0:47PrésentateurFait
« Marine Le Pen, devenue arbitre de cette crise politique, elle affirme qu'elle jugera sur pièce mais que le RN ne participera pas à un gouvernement Barnier. »
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« Il y a même eu plus qu'un dîner, puisqu'hier, ils se sont vus deux fois. Ils se sont vus également dans l'après-midi. »
- 2:25InvitéFait
« Michel Barnier a toujours été en campagne depuis la dissolution et les résultats du second tour, mais il a été en campagne plus discrètement que les autres. »
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« L'émissaire avec lequel il traitait, c'était Alexis Collère, le secrétaire général de l'Élysée. »
- 2:49InvitéFait
« Xavier Bertrand, qui était vraiment le choix du chef de l'État mardi soir, c'était quasiment fait pour Xavier Bertrand. »
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« Et donc à ce moment-là, il a cherché une autre option. Et c'est là que Michel Barnier s'est imposé. »
- 3:28InvitéFait
« Les secrets, c'est qu'ils ont tous toujours su que Michel Barnier était candidat, mais il était candidat à la tête de liste européenne, il était candidat à la primaire à droite. »
- 3:34InvitéFait
« Aujourd'hui, j'entends beaucoup de gens dire qu'il ne fera pas d'ombre à Emmanuel Macron, il ne sera pas candidat à la présidentielle. »
- 3:41InvitéFait
« Il était candidat à la présidentielle de 2022. »
- 3:54InvitéFait
« Ces prises de position, et Saint-Marion, Vandre Terguet, vous le disiez tout à l'heure, vis-à-vis de l'Europe et au moment de la primaire, ont été suffisamment proches du RN pour qu'Emmanuel Macron, et il le spécifie dans le communiqué qu'il a fait, il ne soit pas censuré tout de suite par le Rassemblement National. »
- 4:04InvitéFait
« Il ne soit pas censuré tout de suite par le Rassemblement National. »
- 4:12PrésentateurFait
« C'est le plus imbécile de la 5e. »
- 4:23InvitéFait
« Et le mot d'ordre a été de dire on ne tape pas sur Michel Barnier. »
- 40:09InvitéFait
« Napoléon disait la guerre est un art d'exécution il faut de la vitesse »
- 41:02InvitéFait
« il est à droite et de droite et de droite d'une certaine manière »
- 42:26InvitéChiffre
« c'est 99 députés »
- 43:47PrésentateurFait
« le budget dont on parle généralement c'est celui voté pour l'année prochaine 2025 »
- 44:27PrésentateurFait
« le déficit français plonge encore plus que ce qui est prévu »
- 45:06InvitéFait
« il y a Le Bonne-Pivet qui incarne plutôt le centre-gauche et Marine Le Pen aussi »
- 45:22InvitéFait
« Elisabeth Borne ne sera pas plus tendre avec Michel Barnier loin de là »
- 47:10InvitéPromesse
« c'est d'abord d'augmenter le SMIC et puis la deuxième mesure très importante c'est d'indexer tous les salaires sur l'inflation »
- 47:36InvitéFait
« on a eu une mobilisation sans précédent depuis 30 ou 40 ans »
- 48:26InvitéFait
« Emmanuel Macron par ses calculs politiciens il remet le Rassemblement National au centre du jeu en leur donnant un rôle d'arbitre »
- 48:54InvitéFait
« c'était quand même la pomme de discorde de tout le débat social de ces deux dernières années »
- 50:12InvitéPromesse
« il y aura sans doute très vite une conférence avec les syndicats »
- 51:04InvitéPromesse
« il n'ira jamais jusqu'à suspension je pense il n'ira sur carrière longue ou un certain nombre d'améliorations d'un sujet mais ceux qui s'attendent et ils sont très très nombreux à l'Assemblée qui ne veulent même pas la suspension qui avait été proposée qui veulent aller jusqu'à l'abrogation de circonférien on pourra toujours dire qu'il y a 850 000 personnes et puis 600 000 qui ont bénéficié de l'augmentation notamment du minimum »
- 54:32InvitéChiffre
« il a une majorité qui a à peu près de 225 230 députés qui est quand même très loin des 289 nécessaires pour avoir la majorité absolue »
Temps de parole
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Plus sûr, c'est dans l'air. Il aura donc fallu 51 jours. Près de 13 noms de potentiels premiers ministres ont été plus ou moins testés par l'Elysée. Et aujourd'hui, à 13h29, le choix d'Emmanuel Macron s'est donc porté sur Michel Barnier, 73 ans, ancien ministre de François Mitterrand, de Jacques Chirac, de Nicolas Sarkozy, deux fois commissaire européen et infatigable négociateur du Brexit. Depuis quelques heures, la droite et le centre saluent le choix d'un homme de dialogue et la gauche dénonce avec force, vous les entendrez, une élection tout simplement volée.
Quand Marine Le Pen, devenue arbitre de cette crise politique, elle affirme qu'elle jugera sur pièce mais que le RN ne participera pas à un gouvernement Barnier. Michel Barnier à Matignon, les secrets d'une nomination, c'est le titre de cette émission. Avec nous, pour en parler ce soir, Ludovic Vigogne, vous êtes journaliste politique chargée du suivi de l'Elysée à la tribune dimanche. Votre dernier article, Emmanuel Macron et l'enfer de Matignon, est à retrouver sur le site du journal. Avec nous, Nathalie Saint-Cricq, vous êtes éditorialiste politique à France Télévisions. Caroline Michel-Aguerre, vous êtes grand reporter au service politique du Nouvelle Obs à la une du dernier numéro.
Emmanuel Macron, le mauvais perdant. Et puis, votre dernier article, 10 choses à savoir sur Michel Barnier, nouveau Premier ministre, que l'on peut retrouver d'ores et déjà sur le site. Et on va en parler longuement ce soir. Éric Fautorino, enfin, vous êtes écrivain, journaliste, cofondateur du journal Le 1, qui titre cette semaine « Compromis, mode d'emploi », c'est d'actualité, en effet. Et puis, vous publiez une interview de Laurent Berger intitulée « Un sport de combat ». Bonsoir à tous les quatre. Bonsoir. Merci de participer à ce « C'est dans l'air ».
En direct, merci à Nathalie Saint-Cricq qui, dès hier, évoquait sur ce plateau le nom de Michel Barnier dès le début de l'émission, puisque c'est vrai que c'était le nom du jour, c'est arrivé très tardivement dans cette séquence où on a vu passer tous ces candidats potentiels à Matignon. Je me tourne vers vous, Ludovic Vigogne. Pardon, pourquoi lui ? Comment s'est passée cette nomination ? On a appris qu'il y a eu un dîner hier soir entre Emmanuel Macron et Michel Barnier. Tous ces jouets-là ?
Il y a même eu plus qu'un dîner, puisqu'hier, ils se sont vus deux fois. Ils se sont vus également dans l'après-midi. Mais c'est sûr que Michel Barnier est l'un des derniers à avoir été reçus par Emmanuel Macron lors de cette recherche très compliquée de Premier ministre. Il a toujours été sur la liste, mais il était en bas de la liste. Michel Barnier a toujours été en campagne depuis la dissolution et les résultats du second tour, mais il a été en campagne plus discrètement que les autres. L'émissaire avec lequel il traitait, c'était Alexis Collère, le secrétaire général de l'Élysée. Il est resté en contact avec lui.
Et puis à la fin, quand toutes les solutions ont bloqué, notamment celle de Xavier Bertrand, qui était vraiment le choix du chef de l'État mardi soir, c'était quasiment fait pour Xavier Bertrand. Et puis mercredi matin, le président a vu qu'en fait, Xavier Bertrand serait sans doute censuré, que son gouvernement n'aurait aucune durabilité. Et donc à ce moment-là, il a cherché une autre option. Et c'est là que Michel Barnier s'est imposé.
Nathalie Saint-Cricq, sur les conditions de cette nomination, ce soir, pour les gens qui nous regardent, on va évidemment faire le portrait de Michel Barnier et savoir ce qu'il représente politiquement. Ce n'est pas le tout d'avoir un nom, mais c'est l'idée de savoir ce qu'il peut y avoir politiquement comme projet politique si on sera dans une collaboration ou une cohabitation. Donc sur les conditions, les secrets de cette nomination.
Les secrets, c'est qu'ils ont tous toujours su que Michel Barnier était candidat, mais il était candidat à la tête de liste européenne, il était candidat à la primaire à droite. Aujourd'hui, j'entends beaucoup de gens dire qu'il ne fera pas d'ombre à Emmanuel Macron, il ne sera pas candidat à la présidentielle. Enfin, il était candidat à la présidentielle de 2022. Donc ce n'est pas non plus quelqu'un qui est totalement dénué d'ambition. Donc c'est quelqu'un qui a envie de refaire peut-être une dernière fois ou une avant-dernière fois quelque chose. Donc il est considéré comme pas le plus difficile à obtenir et à avoir.
Par ailleurs, ces prises de position, et Saint-Marion, Vandre Terguet, vous le disiez tout à l'heure, vis-à-vis de l'Europe et au moment de la primaire, ont été suffisamment proches du RN pour qu'Emmanuel Macron, et il le spécifie dans le communiqué qu'il a fait, il ne soit pas censuré tout de suite par le Rassemblement National. Et d'ailleurs, je peux vous dire que quand Jean-Philippe Tanguy ce matin a dit des horreurs sur France Inter...
C'est le plus imbécile de la 5e.
Oui, des hommes politiques, de tous les hommes politiques, de la 5e, de l'après-Jurassic Park, il s'est fait remonter sérieusement les bretelles par Marine Le Pen. Et le mot d'ordre a été de dire on ne tape pas sur Michel Barnier.
On va revenir encore une fois sur ce qu'il propose, sur ce qu'il est, ce qu'il incarne politiquement, et puis les points de passage qu'il pourrait y avoir avec les autres forces politiques, ou pas d'ailleurs, parce que la gauche est très en colère. Mais sur ces quelques heures, on a fait se dérouler de ces 13 noms, ces consultations. Est-ce que c'est le choix d'Emmanuel Macron face aux obstacles qu'on a évoqués à l'instant ? On avait évoqué David Lissner, on avait évoqué un Premier ministre techno, comme on dit, un technocrate.
Est-ce que c'est le plus petit dénominateur commun ? Oui, c'est le plus petit dénominateur commun, mais aussi en général, quand on a le plus petit dénominateur commun, ça veut dire qu'on n'a pas forcément une grande pensée politique très... Je ne fais pas de pensée d'intention, on va attendre le discours politique général. Mais en gros, certes, il ne sera pas forcément censuré tout de suite par le Rassemblement National, mais on ne sait pas exactement ce qu'il veut faire. On nous l'a présenté un petit peu à l'Élysée hier comme un centriste. Mais il n'est pas centriste, il a commencé à l'UDR, Emmanuel Macron n'était même pas né quand il a été député.
Il a continué au RPR et puis il a enchaîné avec l'UMP. Donc il est centriste de rien.
Eh bien, on va faire justement les présentations avec Michel Barnier. Michel Barnier, 73 ans, le plus vieux Premier ministre de la 5e, va donc succéder au plus jeune. Gabriel Attal, après des semaines de blocage, de consultation, c'est donc le profil de l'homme d'expérience, de l'homme de droite, qui a donc eu les faveurs du président. Portrait signé Mathieu Lignot et Christophe Roquet.
François Mitterrand, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et maintenant Emmanuel Macron. Michel Barnier a été ministre sous plusieurs présidents de la 5e République, mais jamais le premier jusqu'à aujourd'hui. Il doit maintenant former un gouvernement de rassemblement. Michel Barnier est connu du grand public comme le négociateur en chef du Brexit. Pendant 4 ans, il défend les intérêts de l'Union Européenne. Ce n'est pas vraiment des félicitations dont j'ai besoin. C'est une attention, des conseils, quelquefois, y compris venant de Londres. J'écouterai tout le monde. Moi, je n'ai pas d'a priori. Écoute et fermeté.
C'est pour cela que Jean-Claude Juncker, l'ex-président de la Commission Européenne, nous confiait l'avoir nommé en 2016. Je l'ai choisi parce que c'est un homme qui a des idées qui vont loin. Michel Barnier, 73 ans, a l'expérience politique de l'ancien monde. Le plus vieux Premier ministre de la 5e République était en 1978 le plus jeune député. Je n'espère rien d'autre que de travailler. Vous savez, la politique, c'est un peu comme dans mon pays, en montagne, l'escalade. Il faut une prise après l'autre. Il faut assurer une prise avant d'en vouloir en saisir une nouvelle. C'est ce que je vais faire aujourd'hui en travaillant sérieusement à l'Assemblée nationale et dans ma région.
Ce grand Savoyard slalom et gravit les échelons au RPR et dans les ministères. Il devient ministre de l'Environnement, des Affaires Européennes, avant les affaires étrangères sous Jacques Chirac, une autre époque. C'est peu de dire que les relations entre la Russie et la France sont fondées sur un climat de confiance et d'entendre tout à fait exceptionnel. Après le Brexit, en 2021, ce père de trois enfants se voyait bien candidat des Républicains à la présidentielle. Il se présente aux primaires de son camp. Michel Barnier veut montrer qu'il est aussi à l'aise sur le terrain que dans les bureaux. Mais n'est pas Chirac qui veut.
Et là, il va aller sur le riz avec la vache. Non, non, je ne vais pas aller. Je vous la laisse. Il dit vouloir rassembler.
L'offre que je veux proposer, qui est une offre peut-être un peu différente, avec une expérience différente, c'est celle de quelqu'un qui se sent capable, c'est ce que je vous dis, de mettre tout le monde autour de la table, que tout le monde se sente utile, que personne ne soit humilié. Michel Barnier termine troisième de cette primaire, mais ses idées dures sur l'immigration sont remarquées. Et l'extrême droite l'accuse même de plagiat. A l'époque, il n'hésite pas à critiquer vertement le président. Emmanuel Macron a gouverné notre pays à l'intérieur et à l'extérieur de manière solitaire et arrogante.
Alors Barnier-Macron, opposition, cohabitation et dossier pour le montagnard Barnier, s'attaquer aux déficits qui atteignent des sommets.
Et nous en reparlerons sur les grands chantiers qui attendent ce nouveau Premier ministre Michel Barnier. Dix choses à savoir sur Michel Barnier, c'est le titre de votre dernier article, Caroline Michel-Laguerre. Quelques éléments de portrait que vous souhaitez rajouter sur le nouveau Premier ministre. Oui, j'avais un de ses proches, juste avant de venir au téléphone, qui avait participé à sa campagne des primaires, qui me disait, en fait, Michel Barnier a toujours été sous-estimé, y compris dans son propre camp. C'est un des hommes politiques français les plus complets. Élu local pendant très longtemps, député, sénateur, président du Conseil général de Savoie, commissaire européen.
Il a une expérience certaine, et en même temps, un savoir-faire de négociation, et en même temps, une difficulté aussi à passer la rampe médiatiquement. Tous ceux qui ont pu le voir, ceux d'entre nous qui ont pu le voir à l'époque, c'est pas un grand orateur. Il en faisait même une marque de fabrique à l'époque. Il nous disait, oui, je suis prudent dans mes paroles, mais je ne peux pas passer. C'est pas un homme de com'. C'est vraiment un changement de ton certain. Sur ses rapports avec Emmanuel Macron, il faut d'avoir, parce qu'en même temps, sa longévité fait que, voilà, c'est pas un frontal, et en même temps, sa longévité va quand même en imposer. Éric Fautorino.
Oui, alors, c'est vrai que moi, je me suis dit, alors, est-ce que c'est parce qu'il a tellement bien réussi les Jeux Olympiques d'Alberville en 92 que dans l'aspiré du moment, on tire quelqu'un qui a été du haut de ses montagnes réussi ? Non, mais plus sérieusement, c'est vrai que pourquoi lui ? Alors que d'autres, alors, effectivement, on voit bien les obstacles que pouvait avoir Xavier Bertrand, que pouvait avoir Cazeneuve, et d'autres qui ont été cités, Lucie Casté, etc. Mais pourquoi lui ? C'est-à-dire qu'effectivement, on se dit, il est issu... C'est une coalition de perdons.
On a l'impression que c'est une coalition de perdons, et que lui, il est issu de cette coalition de perdons, parce qu'il est issu d'un groupe de 47 députés, donc il y a beaucoup maigri, et c'est une bonne question de savoir s'il y aura cohabitation, coalition, coalitation, comme on dit maintenant. C'est-à-dire, est-ce que, finalement, dans le contexte d'avant, moi, j'essaie de me mettre dans la tête de Macron, ce qui est difficile. Mais Macron, j'avais le sentiment que, quand il tendait, s'il tendait la main, il perdait la main.
Et donc, quels que soient les noms qu'on avait vus poindre, on comprenait qu'il serait obligé de se retirer, pas complètement, mais en tout cas qu'il serait un président avec moins de prérogatives. Est-ce qu'en choisissant Michel Barnier, il s'assure pour lui une existence encore, et laquelle ? Voilà, c'est cette question que je me pose, sachant qu'il y a encore quelques jours, la question que je me posais, c'était, on ne va pas changer de Premier ministre, peut-être qu'on va changer de président, donc on n'en est pas là, mais ce choix-là, je ne sais pas ce qu'il veut dire dans le non-choix des autres.
Vous évoquiez le nombre de députés des LR, il y a cette question, et on l'a beaucoup cette question, ce soir. Question de Michel dans les Côtes d'Armor. Est-il normal qu'un Premier ministre soit issu du parti qui ne compte que 47 élus à l'Assemblée nationale ? C'est ça la démocratie.
Bonne question, mais est-ce que la démocratie, s'il y avait eu une majorité, si la gauche avait été vraiment majoritaire, effectivement la question était complètement légitime. Dès lors que c'est un miroir brisé, et qu'il n'y avait pas moyen pour le président de trouver vraiment une force qui était suffisamment à même de gouverner, voilà, c'est possible.
Cette réaction également d'Olivier Faure, on entendra dans un instant Jean-Luc Mélenchon, Olivier Faure, qui dit nous entrons dans une crise de régime. On a une partie de la gauche qui dit clairement la nomination de cet homme de droite avec le parcours qui est le sien est au fond une insulte aux électeurs qui se sont prononcés lors de la dernière législative.
On peut considérer que c'est le cas, mais il faut quand même rappeler à Olivier Faure et à un certain nombre de personnes du NFP qu'ils ont imposé Lucie Casté, enfin imposé, choisi Lucie Casté, sans qu'il y ait de possibles négociations, que le soir de l'élection, Jean-Luc Mélenchon a dit le programme, tout le programme, rien que le programme, et que lors du bureau national du parti socialiste qui s'est tenu lundi, où il a été question d'une motion de soutien, non pas aveugle à Bernard Casdov, mais de faire un geste en disant on pourrait parler avec lui, ça a été non, c'est Lucie Casté ou rien.
Donc maintenant vous dire s'étonner en disant quelqu'un de droite, il l'avait vu venir, ils l'ont même choisi d'ailleurs.
Ludovic Vigon, on peut rajouter cette réaction de Fabien Roussel qui dit c'est un bras d'honneur aux Français.
Oui c'est sûr que ça peut paraître un peu intriguant le choix de Michel Barnier sur le plan arithmétique. Qu'est-ce qu'a voulu faire Emmanuel Macron ? Emmanuel Macron au tout départ, il a voulu bâtir une coalition avec le bloc central, le bloc présidentiel, les LR et les socialistes. Il a réussi à décrocher que les LR, les socialistes n'ont pas voulu se défaire du nouveau front populaire. Et donc aujourd'hui, c'est une alliance qui recoupe uniquement le bloc central et les LR. C'est quelque chose de très important malgré tout ce qui se passe. Parce que ça ancre définitivement le macronisme à droite, premièrement. Et deuxièmement, c'est une fusion du bloc macroniste avec les LR.
Et désormais, c'est une aspiration, on verra si c'est une aspiration par la macronie des LR ou bien si les LR réussissent encore à survivre, à avoir une endettie peu propre. Mais en tout cas, il sort de leur indépendance qu'ils affichaient depuis 2022. Mais est-ce que c'est le choix d'un seul homme ou est-ce qu'il embarque avec lui tous les LR ? Alors, il embarque avec lui les LR, puisque Laurent Wauquiez a salué sa nomination, puisque le gouvernement que conduira Michel Barnier comportera des ministres LR, des ministres également du bloc central. Mais ce sera un gouvernement qui incarnera cette alliance-là, cette coalition-là.
Et donc, c'est quelqu'un qui est également soutenu par les sénateurs LR. Donc c'est quelqu'un qui engage son droit. C'est une vraie différence par rapport à Edouard Philippe. Edouard Philippe, en 2017, qui est un élu LR, le maire du Havre à l'époque, quand il s'engage, il est exclu des Républicains. Le parti, son parti ne le soutient pas. Cette fois-ci, c'est un LR qui est nommé à Matillon, Michel Barnier, et le parti LR le soutient. On peut dire que c'est la stratégie Sarkozy qui l'a emportée ? Bien sûr, c'est une victoire pour Nicolas Sarkozy. Depuis 2022, il plaide pour ça auprès d'Emmanuel Macron, auprès des Républicains. Et cette fois-ci, il y a vraiment alliance.
Est-ce qu'il pourrait y avoir des états d'âme, on va le dire comme ça, du côté de ce en même temps macroniste ? C'est-à-dire une partie de ces élus qui venaient de la gauche, du Parti Socialiste, le Premier ministre qui va quitter Matignon, Gabriel Attal, de cette partie-là de la macroniste qui pourrait se sentir pas représentée par Michel Barnier. Caroline Michel-Laguerre.
Oui, certainement, parce que pour poursuivre ce que disait Ludovic, ce qu'il y a de plus contre-intuitif dans ce choix, c'est que c'est quelqu'un qui a été choisi parce qu'il n'y avait pas d'opposition de Marine Le Pen à ce choix, contrairement à Xavier Bertrand, si bien que dans ce vote des élections législatives où une majorité d'électeurs s'était déplacée pour faire front républicain, finalement le cheminement, et on pourra certainement discuter longtemps de qui, en est responsable, fait qu'au bout du compte, c'est Marine Le Pen qui a eu un peu le dernier geste entre Xavier Bertrand et Michel Barnier. Et c'est Michel Barnier parce que Marine Le Pen ne voulait pas de Xavier Bertrand.
Vous avez rappelé dans votre reportage ces positions très très fermes sur les questions migratoires en 2022. Et si vous voulez, le point de bascule aujourd'hui de l'Assemblée, comme les socialistes n'ont pas voulu se détacher, ça va être la position du Rassemblement national. C'est ce que dit précisément François Hollande. Il dit que l'URN a donné une forme de quittus après un front républicain douloureux pour certains, pour écarter l'extrême droite. Voilà donc l'URN en position d'arbitre sur le choix du Premier ministre. Ce n'était pas ce qu'on avait imaginé dès le départ, au lendemain des élections.
Non, bien sûr, puisque évidemment, au lendemain du premier tour, on avait imaginé même bien pire. Mais ce qui est intéressant, et je reprends aussi ce que disait Ludovic Wiggeun, c'est qu'en fait cette idée que LR et le bloc central, les bianchronistes se rapprochent, c'est quelque chose qui était une évidence pour certains au lendemain de la présidentielle. Quand Valérie Pécresse fait un score sous 10%, 5% même, 5% même, 5% même, 5%. Eh bien évidemment, une partie se dit, mais la logique c'est de s'approcher.
Et même certains voulaient pour les élections européennes qu'il y ait déjà des coalitions et il y avait des, pas des mots d'ordre, mais des indications pour dire arrêtez de taper sur Macron, c'est avec eux qu'il faut consagir. Ils ne l'ont pas fait avant les européennes. Et maintenant, ce qui est intéressant dans le jeu de la politique, c'est que finalement, ils le font, je ne dis pas contraints et forcés, mais après que ce soit un champ d'oïne, ils arrivent finalement à une solution qu'ils auraient peut-être.
Mais qui absorbe qui, Eric Pottorino ? Est-ce que c'est la Macronie qui absorbe les LR ou l'inverse ? Eh bien on verra le gouvernement.
Oui, d'accord. Oui, c'est pour dire ça. Le manifestement du côté du groupe central, ça n'a pas été des salves d'applaudissements et un feu d'artifice quand ils ont appris Michel Barnier. Vous voulez, c'est quand même, il faut quand même me dire les choses, parce que même s'il y a Elbrun Pivet à saluer en républicaine, elle était totalement favorable à Bernard Cazeneuve. Il y en a beaucoup qui s'en donnaient parfaitement à Humberton et Cazeneuve. Donc pour l'instant, on peut, alors après, il va falloir voir le programme, ce qu'il y a, ce qui relève d'Emmanuel Macron, ce qui relève de LR.
Accessoirement, le fait qu'il n'ait pas appelé au Front républicain, que les LR n'aient pas été faveur au Front républicain, et la marraine du Premier ministre qui est Marine Le Pen, c'est quelque chose qui ne peut pas plaire, non pas simplement à la gauche de la marche,
pas simplement à la gauche, un peu plus large. On va revenir sur son logiciel politique, le logiciel politique d'Emmanuel, non ? D'Emmanuel Barnier. Mais je voudrais qu'on écoute deux réactions, celle de Jean-Luc Mélenchon et celle de Marine Le Pen.
que le Président vient de décider de nier officiellement le résultat des élections législatives qu'il avait lui-même convoquées. L'élection a donc été volée au peuple français. Le message a été nié.
Le Premier ministre semble répondre au moins au premier critère que nous avions réclamé, c'est-à-dire un homme qui soit respectueux des différentes forces politiques et capable de pouvoir s'adresser au Rassemblement national, qui est le premier groupe de l'Assemblée nationale.
Donc, c'est très clair ce que dit Marine Le Pen, qui fait quoi ce que vous disiez tout à l'heure sur ses positions sur l'immigration ? À quoi ressemble le logiciel politique de Michel Barnier ? Est-ce que c'est un conservateur ? Est-ce que c'est un libéral ? Oui. Alors, sur ces deux points, oui, c'est certain. C'est aussi quelqu'un qui a été précurseur sur l'environnement. Il avait demandé à être nommé ministre de l'environnement à une époque où les questions étaient loin d'être centrales.
Et c'est quelqu'un qu'on définit plutôt du gaullisme social, qui a été très longtemps proche de Philippe Seguin, jusqu'à ce que le vote de Maastricht ne les sépare, comme ça a séparé beaucoup de gens à droite et à gauche.
Et sur la dernière ligne droite, donc pro-européen, voilà, très europhile quand il était à la Commission européenne, et sur la dernière ligne droite, qui prend cette position très forte sur les questions migratoires, c'est-à-dire qui demande un moratoire de 3 à 5 ans sur les questions migratoires, et qui sous-entend aussi qu'il faudra réviser la manière dont la jurisprudence européenne s'impose à la loi européenne, qui avait pris à contre-pied tous les europhiles et ravis les eurosceptiques. Donc c'est quelqu'un dont on a malgré tout un peu de mal à définir de manière très très ferme, par exemple, bon, sur les retraites, on sait qu'il était pour la retraite à 64 ans.
65 ans, voilà, donc ça définit quand même quelqu'un d'assez à droite, pas vraiment un centriste. Il a cette image, c'est vrai qu'on a lu dans les papiers le centriste Michel Barnier. Pourquoi est-ce qu'il a cette image-là ?
Il a notamment été très longtemps proche de Jean-Pierre Affarin, par exemple, dont il est un ami intime de très longue date. En 1980, c'est le seul député gaulliste à ne pas soutenir Jacques Chirac, mais à soutenir Valéry Giscard d'Estaing, donc ça vient de loin. Et puis parce qu'aussi ça a été un Européen de toujours. Et donc les Européens, les centristes, tout ça se confond. Après, on rappelle les positions de Michel Barnier sur l'immigration. Il faut se souvenir aussi que c'était dans le cadre d'un débat interne, d'une élection interne.
C'était dans le cadre de la primaire qu'avaient organisées les Républicains pour désigner leur champion à l'élection présidentielle de 2022, que Michel Barnier devait s'adresser en priorité aux adhérents LR, qui sont beaucoup plus à droite que les électeurs de droite classiques. Et donc, à ce moment-là, effectivement, il a dû droitisser son discours. Ça ne lui avait pas porté chance. Ça ne lui a pas porté chance, puisqu'il est arrivé troisième à cette élection.
Il y a un vote qui est ressorti, un vote de 1982. Il avait voté contre la dépénalisation de l'homosexualité.
Alors, comme toute la droite, on ne peut pas lui faire dire qu'il s'est isolé. Et de fait, ça a été adopté grâce à l'Assemblée de Gauche. C'est une loi badinter qui mettait fin à cette chose absolument ridicule qui était de criminaliser, de pédaliser l'homosexualité. Ce n'est pas quelqu'un... Il est conservateur, comme le disait Caroline. Ce n'est pas quelqu'un qui est un... Je n'ai pas des révolutions, c'est une évidence, mais si on a autant de mal à définir son corpus, c'est qu'il y a un peu de tout. Il y a l'image centriste, effectivement, du lien à l'Europe. C'est quelqu'un qui décrit l'assistanat comme le summum de l'épouvante.
On le dit gaulliste social, mais on ne sait pas extrêmement ce qu'il y a de social dans le gaullisme. Dans son gaullisme, à la limite, Philippe Seguet, il y avait des engagements beaucoup plus précis. Et de fait, si à 71 ans, on court après Eric Ciotti dans une primaire, on peut considérer que politiquement, c'est malin, c'est habile, c'est-à-dire de faire une campagne à droite pour avoir des gens, mais on peut considérer aussi que proposer le bouclier constitutionnel quand on est un Européen convaincu depuis toujours, c'est quand même... Et d'ailleurs, ça l'avait mis en position difficile avec beaucoup d'autres pays européens.
Donc c'est pour ça qu'on a l'impression que ça fluctue un petit peu et qu'en gros, il est compatible avec pas mal de choses en même temps.
Et avec le macronisme. Et avec Emmanuel Macron.
C'est vous qui l'avez dit. Il va devoir l'être d'un point de vue arithmétique, puisqu'on le rappelle, la coalition qu'il va conduire, il y a 166 députés du bloc central, du bloc macroniste, et il y a 47 députés l'air. Donc la plateforme de gouvernement qu'il va devoir élaborer, elle va devoir être le fruit de cette alliance.
Juste sur sa relation avec Emmanuel Macron, vu qu'on a vu tout à l'heure qu'il avait eu des mots assez durs contre le président de la République, mais il a toujours gardé le lien depuis l'arrivée aux responsabilités d'Emmanuel Macron. Ça a toujours été fluide entre eux ?
Il a toujours eu des contacts avec l'Elysée. On en parlait notamment avec Alexis Collère. Au printemps dernier, quand l'Elysée commençait déjà à phosphorer, de la manière dont la seconde partie du quinquennat pourrait être élaborée, Alexis Collère l'avait reçue et lui avait demandé quelles étaient les 4-5 grandes idées sur lesquelles une alliance, une coalition entre la Macronie et les Républicains pourrait se bâtir. Et à la suite de ça, Michel Barnier avait cheminé. Il n'y a jamais eu vraiment d'atomes crochus entre les deux hommes, entre Emmanuel Macron et Michel Barnier, mais il n'y a pas non plus eu de différent qui fait qu'ils ne se sont plus parlé.
Les relations sont beaucoup plus simples qu'avec Xavier Bertrand. Le seul point d'accroche vraiment qu'il y a eu, c'était en 2019, lors des Européennes, où Michel Barnier avait soutenu la liste de François-Xavier Bellamy, alors qu'à l'Elysée, en Macronie, on imaginait qu'il aurait un geste à l'égard de la liste que conduisait à l'époque Nathalie Loiseau.
Éric Cotorino.
Oui, il y a deux ou trois choses que je voudrais dire sur cette nomination et à ce niveau-là, sur qu'est-ce qu'il peut faire, qu'est-ce qu'il va faire. On l'a dit « gaulliste social » avec les guillemets sur « social ». Il est à la fois ça et il est en même temps européen, autrement dit quelqu'un qui, sur les règles budgétaires notamment, était très vigoureux. Et donc, qu'est-ce qu'il va entendre du vote du 7 juillet, qui est une demande sociale très forte, et aussi les paroles du président de la République pour dire « oui, nous allons changer de politique ».
Et tout d'un coup, on se dit « mais est-ce qu'il n'y a pas une erreur de casting » avec quelqu'un dont on voit en effet que son côté social est quand même largement contrebalancé par son adhésion aux règles européennes, en particulier budgétaires. Par ailleurs, effectivement, les positions qu'il avait prises sur l'immigration, c'était, comme vous l'avez rappelé, la course à l'échalote avec Ciotti. Donc, il parlait au public de droite. Et en effet, mais malgré tout, ça montre quelque chose. Et c'est ça qui peut-être lui donne la possibilité, contrairement à Bertrand, d'être là où il est.
Mais je pense qu'il y aura quand même assez vite une difficulté pas tellement peut-être au sein de, entre le gouvernement et le Parlement, tout de suite, mais entre ces Français qui ont voté à gauche, qui ont voté RN par ailleurs, même si RN pour le moment, on voit ce que dit Marine Le Pen, et de voir que finalement, c'est quelqu'un qui est peut-être très fallaud, même s'il a des convictions, il a un long parcours, comme vous l'avez rappelé. Mais ce n'est pas quelqu'un qui va faire de l'ombre à Macron, a priori.
C'est pour ça qu'il a choisi à votre intérêt ?
Je ne sais pas, parce qu'en même temps, normalement, Macron doit passer la main en partie. Une fois qu'il a choisi ce Premier ministre, il doit faire une politique qui est conforme à ce qui s'est passé le 7 juillet. Donc c'est là que c'est la pratique qui va nous montrer si en effet c'est une doublure, ou si c'est quelqu'un, il va s'affirmer. Dans le communiqué qui a été fait ce matin par Emmanuel Macron, il dit qu'il s'est assuré de savoir qu'il y aurait un soutien. Donc ce n'est pas Michel Barnier qui a téléphoné à Marine Le Pen en disant « Qu'est-ce que vous avez à faire ? Voilà ce que je veux faire. Qu'est-ce que vous en pensez ? » C'est Emmanuel Macron, c'est le patron qui a tout réglé.
Donc c'est déjà une position d'infériorité par rapport à Emmanuel Macron, et ce n'est pas une grande gueule, comme on peut dire. Donc on peut imaginer, et il en avait tellement envie du poste, que ça fragilise sur deux points, si vous voulez.
En même temps, quand on refait la litanie des premiers ministres d'Emmanuel Macron, Édouard Philippe, Jean Castex, Elisabeth Borne, Gabriel Attal, c'est quand même celui, même s'il a un caractère, qu'on va dire, arrangeant ou respectueux, ou consensuel, ou compromis, ou est-ce qu'on veut, il a quand même une épaisseur. Enfin, il ne va pas s'en laisser raconter sur comment ça vache l'Europe, il connaît tous les dirigeants de tous les pays européens. C'est quand même le premier qui va s'asseoir au siège de premier ministre en sept ans, qui a une vraie expérience, une vraie légitimité, une vraie image de lui-même.
C'est quelqu'un qui aime bien raconter ses hauts faits d'armes, qui reconnaissait lui-même être parfois un peu trop tourné vers le passé. Donc, je ne sais pas si Emmanuel Macron va pouvoir totalement se positionner en professeur plus intelligent que la moyenne, comme il l'a fait depuis le début de son premier quinquennat.
C'est quelqu'un qui a connu une cohabitation déjà. Il a été ministre du gouvernement Baladur entre 93 et 95. Donc, il a vu comment ça se passait. Alors certes, celle-ci va être très différente, on l'a dit, puisque le bloc présidentiel sera une des composantes de cette nouvelle majorité. Mais donc, il a vu comment ça se passait. Donc, il a quand même une petite idée en tête. Ensuite, Emmanuel Macron, devant ses interlocuteurs, ces dernières heures, l'a défini comme un premier ministre de rupture. Le premier président dit, ce ne sera pas une cohabitation, mais ce sera un premier ministre de rupture. Donc, il va vouloir aussi que ça se montre, que ça s'incarne.
Par exemple, qui sera le directeur de cabinet de Michel Bardi ? Ce sera un point très important. Là, on pourra juger déjà de son degré d'indépendance. Et puis ensuite, par exemple, dans le fonctionnement quotidien entre l'Elysée et Matignon depuis 2017, il y avait des conseillers partagés sur certains domaines. Est-ce qu'il y en aura encore ? S'il y en a plus, ça montrera là aussi une certaine autonomie, une certaine indépendance de Matignon.
En tout cas, tout à l'heure, vous parliez de son ambition. Certains doivent considérer qu'à 73 ans, il n'en a plus. C'est sans doute le cas d'Edouard Philippe, qui a annoncé sa candidature à la présidentielle, et qui dit, sa tâche s'annonce rude, mais la difficulté ne lui a jamais fait peur, et nous serons nombreux à l'aider. C'est-à-dire qu'on sent beaucoup de bienveillance en plus intéressée de la part de ceux qui pourraient être des rivaux potentiels de ce Premier ministre de droite. On parlait tout à l'heure également de Laurent Wauquiez, Edouard Philippe, les ténors de la droite, ne sont pas mécontents de voir arriver un homme de 73 ans.
Ça a facilité à coup sûr sa nomination, et notamment pour Laurent Wauquiez, voir Xavier Bertrand arriver à Matignon, c'était quand même quelque chose de difficile à avaler, même s'il s'était un peu rallié à cette idée.
Puisque ce soir, nous allons sur les coulisses de cette nomination, je ne sais pas si vous pouvez répondre à cette question. Je vous la pose quand même. Yannick, en Gironde, quelles sont les lignes rouges fixées par le Président de la République, et surtout, celles posées par Michel Barnier ? Sur le Président de la République, on l'a assez dit, on sait que la remise en cause de la réforme des retraites, on l'a dit, Michel Barnier lui-même était dans la primaire pour la retraite à 65 ans, et le détricotage de sa politique de l'offre, c'est-à-dire ne pas envisager d'augmentation des impôts, c'est très certainement les lignes rouges posées par Emmanuel Macron.
Dans l'autre sens, pour le coup, moi je sais, je ne sais pas ce que Michel Barnier a pu négocier, si ce n'est peut-être ça, j'irais dans le sens, une certaine indépendance. C'est-à-dire que je n'imagine pas qu'à 73 ans, on accepte d'être Premier ministre et qu'on se fasse imposer son directeur de cabinet. Mais là, je ne fais que supposer.
Edouard Philippe avait refusé. Tout à fait.
Une citation, une dernière. Éric Zemmour, Macron vient de remplacer un Macron avec 10 ans de moins par un Macron avec 30 ans de plus.
Pardon.
Bon, voilà, au-delà du bon mot, au-delà du bon mot, est-ce que vous considérez que non ? Vous considérez que non ? Enfin, franchement, le profil de Gabriel Attal, enfin, je veux dire, est-ce que c'est une vraie cohabitation pure et dure ? On ne peut pas le dire aujourd'hui. Mais mettre sur le même plan Gabriel Attal et Michel Barnier, ça me paraît un peu flacier.
Ça ne pourra pas être une cohabitation pure et dure puisque dans le gouvernement,
il y aura des membres de ministres proches. Justement, on va en parler du gouvernement puisque parmi tous les dossiers qu'il a sur sa table et toutes les urgences, il y a l'idée de faire tourner cette boutique. Il est chargé de former donc un gouvernement de rassemblement et ce ne sera pas une mince affaire pour Michel Barnier. En tout cas, vous allez le voir, il pourrait compter, s'il le souhaitait, sur ses ministres qui sont déjà en poste et qui sont prêts à défaire leur carton pour poursuivre dans leurs fonctions. Juliette Perrault et Nicolas Baudry-Dasson. Un tweet qui sonne comme un au revoir cet après-midi.
En déplacement pour les Jeux paralympiques, Amélie Oudea Castera prend le temps de remercier son ancien Premier ministre. Quelques mots et une question qui se pose désormais. Devra-t-elle, elle aussi, quitter son ministère et rendre les clés ? Certains de ses collègues se verraient en tout cas bien jouer les prolongations et ne s'en sont pas cachés. Je considère que si on peut être utile à la France, je ne vais quand même pas dire non.
Mais c'est la décision du président de la République. Je vous dis les choses comme je les pense. Je crois que l'éducation nationale a besoin de stabilité,
a besoin de temps long et a besoin d'une implication forte. Parmi ceux qui aimeraient bien aussi rempiler, Stéphane séjourné aux affaires étrangères, Sébastien Lecornu aux armées, Thomas Cazeneuve aux comptes publics ou encore Roland Lescure à l'énergie. Même Gérald Darmanin, qui avait acté son départ fin juin, semble avoir quelques regrets. Dans une interview donnée au Figaro le 12 août, il indique finalement être à la disposition du président. Partir ou rester ? Et pourquoi pas juste déménager ? Certains veulent voir un signe dans cette photo postée par le ministre de l'Intérieur démissionnaire sur ses lectures de l'été. Un livre d'ambassadeur et si Gérald Darmanin visait le quai d'Orsay.
Dans l'équipe sortant de certains s'agacent et appellent à laisser la place. Les Français nous disent, à nous, vous avez perdu, nous voulons un changement de politique. Changement de politique, changement de casting, il faut une nouvelle équipe,
ça aussi c'est naturel. De la même façon que le Premier ministre ne devrait pas être issu de notre bloc présidentiel, nous ne devrions pas non plus solliciter de poste ministériel.
Un pas vers la sortie que fait volontiers Bruno Le Maire après 7 ans à Bercy. L'une de ses dernières apparitions en tant que ministre aura été à la rentrée du MEDEF il y a une semaine. Un au revoir et des remerciements appuyés.
« Tu as été un artisan déterminé et déterminant de ces politiques pro-business. Merci. »
Cet après-midi, au tour de Gabriel Attal de dire merci.
« Être Premier ministre est l'honneur de ma vie. Urgence après urgence, combat après combat. Je souhaitais agir en priorité pour ces Français qui doutent. » Une vidéo qui a des airs de campagne. « Je poursuivrai tous ces combats avec ma méthode. »
« Dire la vérité de son table. » Une méthode que l'ancien Premier ministre,
élu président du groupe Renaissance mi-juillet, compte bien désormais poursuivre à l'Assemblée. Après 51 jours de gestion des affaires courantes, les ministres démissionnaires, eux, vont enfin pouvoir faire leur carton. Ou alors attendre encore un peu dans l'espoir d'une reconduction. « Alors avant de voir qui pourrait entrer ou sortir, en termes de calendrier, est-ce que ça peut encore prendre du temps à ce... »
« Oui, ça va prendre du temps. » Je crois qu'on ne peut pas en douter. En plus, que va faire Michel Barnier ? Ce n'est pas simple de voir comme ça matérialiser l'alliance entre le Bloc central et les Républicains. Donc ça va nécessiter beaucoup de discussions. Et puis on peut imaginer aussi qu'il essaye de décrocher des personnalités de la société, voire même éventuellement de la gauche. Mais est-ce que c'est possible ?
Est-ce qu'il a un entourage des troupes, des fidèles dont on se dit de toute façon cela rentreront au gouvernement ?
Alors il y a quelques députés LR dont il est proche. Il y avait par exemple l'ancien président du groupe LR, Olivier Marlex. Il y a quelques députés aussi comme Antoine Vermorel qui est député de la Loire. Voilà. Dans le fonctionnement de l'État, il a des connaissances, des gens qui ont beaucoup travaillé avec lui puisqu'avec la longue carrière qu'il a eue, il a eu plusieurs cabinets. Après, on ne lui connaît pas non plus une garde rapprochée très étoffée. C'était quelqu'un de plutôt solitaire. Et puis le fait d'avoir fait la globalité de sa carrière au niveau européen fait que sur le plan national, il a eu moins de troupes que les autres.
Caroline Michel-Laguerre, en regardant ce reportage, vous regardiez Bruno Le Maire en disant « Ah, lui, c'est un proche de Barnier ». Oui, oui, on l'a oublié mais Michel Barnier avait soutenu Bruno Le Maire lors de la primaire pour la candidature à droite en 2016. Donc, bon, même s'il n'est pas... En fait, ça n'a jamais été un homme d'écurie. C'est-à-dire qu'il n'a pas eu son écurie et il n'a pas été dans des écuries, ce qui lui a permis de traverser tous les déchirements de se fâcher trop les uns avec les autres puisqu'il est en effet en même temps proche de Laurent Wauquiez, très proche d'Olivier Marlex.
Voilà, il a eu des gens autour de lui, de sa campagne à l'époque, en 2021, qui étaient des fillonnistes. Donc, il a quand même beaucoup de réseaux à droite et à gauche et dans l'appareil d'État. C'est quand même quelqu'un qui, enfin, 50 ans de carrière, c'était le plus jeune conseiller. Oui, mais on peut se faire beaucoup d'ennemis en 50 ans de carrière. Mais, comme on le dirait, il n'a jamais pris, il n'a pas quelqu'un de frontal, il n'a jamais pris de position très tranchée.
Voilà, c'est pour ça que je commençais tout à l'heure en vous disant qu'il a été sous-estimé parce que finalement, voilà, il ne s'est jamais posé vraiment en quelqu'un affirmant une ambition très forte, ce qui fait que personne n'a jamais essayé de le flinguer, pour le dire comme on le dit en politique et que ça a toujours un peu passé. Et en même temps, quand on regarde les postes qu'il a eus, il a fait sa pelote et sûrement un carnet d'adresses plus étendu On précise que ça vient de l'Elysée, source Elysée, Michel Barnier aura toute liberté et toute indépendance pour former son gouvernement, vous dites déjà bien sûr,
il ne va pas dire on a tout fait et puis lui il n'aura qu'à venir, si vous voulez globalement c'est quand même c'est logique. Ce qui est intéressant c'est qu'il se sente obligé de le préciser, ce qui est pas évident. Sur la composition du gouvernement, je pense qu'il aura peut-être un peu de mal quand même. D'abord parce qu'il y a un soupçon de brièveté. C'est-à-dire que certes le Rassemblement National ne va pas le censurer tout de suite mais finalement on ne sait pas si à un moment donné il n'y aura pas quelque chose. Le budget sera l'épreuve de vérité. Le budget sera l'épreuve de vérité mais il va falloir que les gens qui rentrent dans ce gouvernement le décident au préalable.
La gauche je pense qui réussira à débaucher rigoureusement personne. Personne ? Je pense. Je parle de la gauche orthodoxe, de Jean-Olivier Fort et de la gauche hétérodoxe. Je ne sais même pas de qui on peut parler. Bon bref, c'est pas de ce côté-là. Sur les macronistes... Il y a cette question
de Christian dans le Morbihan pourrait-on voir des ministres PS Macron compatibles dans le gouvernement ?
Écoutez, je ne vois pas... Alors les macrons compatibles, je ne sais pas exactement qui ils sont maintenant. Je sais que dans le vote favorable à Bernard Cazeneuve il y avait 33 contre 38. Donc 33 qui étaient Cazeneuve compatibles mais ce n'est pas pour autant qu'ils vont faire le pas supplémentaire pour aller travailler avec Michel Barnier. Bon, il y a ceux qui vont... Alors il y a ceux qui comme d'habitude veulent rester quoi qu'il arrive. Là on l'a vu dans le reportage sauf Bruno Le Maire qui a dit et ceux qui ont la décence si j'ose dire de dire écoutez, il y a un vote, on le respecte, on ne va pas rester là.
Alors je voulais juste vous citer une phrase d'un centriste éminent par rapport au gouvernement qui me disait il va avoir du mal à composer son gouvernement s'il veut donner l'impression de changement. Vous savez le phénomène Nicolas Hulot au début avec Édouard Philippe il y a toujours quelque chose ou d'autre en disant sauf des jeunes trop pressés ou des vieux qui veulent faire un dernier tour de manège. Je ne sais pas
donc si vous mettez Xavier Bertrand dans une de ces catégories il ne rentrera pas.
Non, non, non. Ce n'est pas défini. Ah bon ? Non, non, non. Ce serait l'humiliation suprême.
Sur la composition de ce gouvernement qui sera la première indication des nouveaux attelages que l'on va retrouver à l'Assemblée nationale s'il réussit son coup c'est qu'il arrive à ouvrir un peu le champ au-delà de la Macronie et les LR.
Alors il y a la composition et puis aussi il y a la politique qui proposera. Mais quand même moi je pense qu'il faut qu'on s'arrête un petit peu sur ce que dit Mélenchon ce que disent aussi je pense les électeurs du RN c'est-à-dire oui, Roussel on a entendu l'élection volée le déni démocratique on entendait ça depuis longtemps mais là il y a quelqu'un qui n'incarne pas du tout celui qui l'attendait celle qu'ils attendaient alors on peut à leur détriment leur reprocher de ne pas avoir été assez réactif c'est-à-dire comme vous savez Napoléon disait la guerre est un art d'exécution il faut de la vitesse si la gauche avait au bout de trois jours dit voilà c'est un tel ou une telle
c'est ce qu'ils ont fait c'est ce qu'ils ont fait en disant c'est elle c'est Lucie Cassette mais ça a pris du temps oui mais ils sont arrivés avec une candidate
ah oui mais ça a pris deux semaines ça n'a pas pris trois jours il y en a eu d'autres avant oui enfin c'était vraiment il durait quelques heures il durait bon donc je pense qu'il y a eu une faute une erreur de la gauche unie de ne pas présenter mais qu'à l'arrivée est-ce que vous pensez que le 7 juillet au soir du 7 juillet on aurait imaginé une seconde que ce serait Barnier qui sortirait du chapeau c'est incroyable honnêtement c'est incroyable et donc moi j'essaie de me mettre à la place de ceux qui ne sont pas à Paris qui ne sont pas dans tous ces calculs politiques et tout on a voté certes la gauche n'a pas la majorité absolue mais elle a été coalisée et c'est elle qui arrive en tête bien sûr elle n'a pas les trois sans siège mais qu'on arrive finalement à un Macron comme vous l'avez dit tout à l'heure il est à droite et de droite et de droite d'une certaine manière là je pense qu'il y a quand même quelque chose qui ne va pas passer dans l'opinion donc après et qui se traduira par une mobilisation
et une colère c'est ça que vous voulez dire
c'est à dire que la moindre étincelle parce qu'effectivement est-ce que ce sera sur les retraites est-ce que ce sera sur les impôts je ne sais pas mais en tout cas le personnel politique s'arrange Macron s'arrange mais est-ce que les français là vont y retrouver leur compte j'en doute sincèrement
on rappelle qu'il y a un appel à la mobilisation
oui il y a l'appel à la déception
de la part
de la France insoumise de la France insoumise
de la France insoumise ce week-end et puis ensuite avec et bon on parle
de Xavier Bertrand quand on disait gaulliste social tout à l'heure en parlant de Michel Barnier Xavier Bertrand lui ne serait-ce que par son parcours qui était d'avoir claqué la porte du LR au moment de l'arrivée de Laurent Wauquiez et son positionnement sur un certain nombre de sujets qui se soient breaux ou qui se soient faux dans les Hauts-de-France avait une image d'une espèce de centre droit donc centre gauche Cazeneuve centre droit Bertrand il y avait une petite logique
deux choses à aborder avant d'aller au troisième reportage Gabriel Attal on a vu ce petit clip qu'il a posté sur les réseaux sociaux qui est un clip de campagne alors qu'il est en train de passer le relais à Michel Barnier
oui c'est quelqu'un désormais qui est à son compte qui est devenu un poids lourd de son camp et qui compte bien jouer sa carte en vue de 2027 il est déjà président du groupe Ensemble pour la République qui sera le groupe le plus important à l'Assemblée au sein de la coalition c'est 99 députés donc quelque part il aura un droit de vie ou de mort sur son successeur sur Michel Barnier et puis la direction du parti présidentiel Renaissance sera remise en jeu à l'automne il peut tout à fait avoir envie de s'en emparer mais ça veut dire que cette nomination c'est forcément faite avec son accord Gabriel Attal dans un premier temps défendait l'idée plutôt que ce soit un premier ministre de centre gauche il a été consulté dans les dernières heures il a été reçu encore à l'Elysée lundi mais ça ne s'est pas fait avec son accord non enfin il a acté ça ne correspond pas à son point d'équilibre politique mais en même temps Michel Barnier devra prendre en compte les désiratas du groupe d'Attal
Yael Brun-Pivet demande au président de convoquer une session extraordinaire pourquoi une session extraordinaire qu'est-ce qui va se passer dans ce temps cette séquence qui s'ouvre aujourd'hui pour la politique pour la déclaration politique générale pour ne pas attendre puisque les députés sont censés se retrouver le 1er octobre avec on s'en souvient l'urgence du budget des rendez-vous qui arrive très très vite avec l'Union Européenne pour que le gouvernement présente son plan de redressement des comptes sur une échelle de 5 à 7 ans donc il y a l'idée que très vite Michel Barnier puisse faire sa déclaration de politique générale présenter ce qu'il veut faire et peut-être parce que là c'est un petit peu passé au second plan mais souvenez-vous qu'il y a deux jours on a eu quand même une alarme très très forte sur le dérapage du budget 2024 puisque le budget dont on parle généralement c'est celui voté pour l'année prochaine 2025 or il y a des décisions à prendre urgemment si on ne veut pas que le déficit français plonge encore plus que ce qui est prévu donc de plusieurs députés avant même tout cela c'est qu'il fallait une session extraordinaire pour voter les décisions un projet de loi de finances rectificatives avant le 1er octobre avant qu'on commence l'examen
du projet de loi 2025 ce qui semble assez logique c'est quand même des législatives qui ont été perdues par la majorité sortante et la vacance une vacance qui est habituelle et qui est normale parce que ça se passe toujours comme ça dans les circonstances actuelles y compris pour Michel Barnier c'est peut-être pas souhaitable mais ça va être très intéressant de voir si on accède ou non à cette demande qui est quand même demande plutôt par la gauche et il y a Le Bonne-Pivet qui incarne plutôt le centre-gauche et Marine Le Pen aussi Marine Le Pen aussi mais qui a totalement tout son intérêt j'ajoute sur l'histoire de la fragilité éventuelle que pour l'instant il y a Elisabeth Borne qui est candidate aussi à la reprise du parti avec Gabriel Attal et qu'Elisabeth Borne ne sera pas plus tendre avec Michel Barnier loin de là donc dans tous les cas les relations et la cohabitation pour le coup avec le groupe et avec le parti peuvent être assez comment dire accidenté
alors on parlait de l'économie le Medef il voit un choix de bonne augure vous parliez de ceux qui sont déçus la CGT il voit un mépris du vote des électeurs justement face à un Premier ministre de droite il y en a qui vont de toute façon faire entendre leur voix la CGT appelle déjà à manifester au mois d'octobre pour défendre les salaires et l'abrogation de la réforme des retraites et surtout pour empêcher toute tentation de Michel Barnier d'inclure dans son budget des mesures d'austérité Laura Radeau et Ilana Zincon
ce matin Sophie Pinet ne savait pas encore qui serait son prochain interlocuteur à Matignon mais face à l'état des finances publiques de la France la CGT prévient d'ores et déjà
c'est très important de se mobiliser pour empêcher une politique d'austérité qui serait catastrophique on voit bien que nos services publics sont à l'os nos écoles nos hôpitaux nos EHPAD publics ne peuvent déjà plus fonctionner si on baisse encore les dotations on veut quoi la France va craquer et puis par ailleurs une politique d'austérité on l'a vu après la crise de 2008 c'est ça qui fait plonger l'économie c'est que derrière les ménages auront encore moins d'argent pour pouvoir consommer et donc ça va tirer vers le bas toute l'économie française il ne faut surtout pas faire ça c'est pas possible de juste renvoyer la balle au patronat il faut constater ce qui se passe c'est à dire le patronat ne joue pas le jeu et que le politique prenne ses responsabilités en imposant des mesures ces mesures pour nous c'est d'abord d'augmenter le SMIC et puis la deuxième mesure très importante c'est d'indexer tous les salaires sur l'inflation pour qu'on arrête d'avoir ce grand déclassement lié à l'augmentation des prix et pour garantir notre pouvoir d'achat il ne faut surtout pas désespérer on a déjà réussi à déplacer des montagnes par notre vote on a fait mentir tous les pronostics personne n'avait prévu que le nouveau Front populaire finisse en tête par exemple le 7 juillet au soir et par notre vote il y a déjà des conséquences très concrètes puisque la réforme de l'assurance chômage a été abandonnée la réforme de la fonction publique qui mettait fin au statut des fonctionnaires qui permettait de licencier les fonctionnaires elle a été abandonnée la réforme du logement qui cassait tout le logement social et les HLM elle a été abandonnée la réforme de l'audiovisuel public elle a été abandonnée ça c'est des avancées qui ont été permises grâce à notre mobilisation on a eu une mobilisation sans précédent depuis 30 ou 40 ans et le sens de cette mobilisation c'était de battre le Rassemblement National d'empêcher Jordan Bardella de rentrer à Matignon Emmanuel Macron par ses calculs politiciens il remet le Rassemblement National au centre du jeu en leur donnant un rôle d'arbitre c'est ce qui est très grave c'est extrêmement dangereux pour notre démocratie que le futur gouvernement soit sous le coup près de l'extrême droite
mais ça veut dire en écoutant Sophie Binet on peut se poser cette question qu'on va repartir sur une rentrée sociale autour de l'abrogation de la réforme des retraites c'est un sujet qui va revenir
forcément forcément et très vite c'était quand même la pomme de discorde de tout le débat social de ces deux dernières années donc évidemment en plus on voit les leaders syndicals que ce soit CFDT CGT pour eux c'est quand même majeur de revenir sur ces questions
c'est ce que vous dit aussi Laurent Berger que vous avez interrogé
alors Laurent Berger comme vous savez il a été sollicité pas mal pour aller à Matignon et il a à chaque fois refusé et il laisse évidemment Maryse Léon prendre la parole sur ces questions là il ne veut pas mais en effet il comprend bien que là il y a quand même un coin à enfoncer et là on verra la solidité de ce qu'aura construit Michel Barnier sur cette question et comme on l'a rappelé tout à l'heure lui il était plutôt pour la retraite même à 65 ans donc on voit bien
la difficulté sur quoi peut-il aller répondre à cet électorat quand on voit son parcours vous avez bien expliqué les uns et les autres il va falloir à un moment donné une mesure qui parle à cet électorat d'où peut-elle venir de la fiscalité
en tout cas il est conscient qu'il va falloir faire un geste qu'il y aura sans doute très vite une conférence avec les syndicats il faut quand même surveiller s'il n'y a pas un petit bouger sur les retraites peut-être que ils ne toucheront pas à la cathédrale c'est sûr mais il y a quand même beaucoup de gens y compris dans la majorité François Bayrou et d'autres qui plaident quand même pour remettre sur l'établi certains points de la réforme donc il ne faut pas sous-estimer ça c'est quelque chose qui peut venir et ensuite Michel Barnier il ne faut pas l'oublier c'est quelqu'un qui a géré les conséquences du Brexit il a géré les conséquences d'une colère populaire donc il est assez conscient de ça c'est aussi pour ça qu'il avait pris les positions qu'il avait prises lors de la primaire interne au LR pour désigner candidat à l'élection présidentielle en 22 c'était aussi parce qu'il était riche de ça et donc il est aussi conscient de l'air du temps il ne faut pas non plus le croire complètement déconnecté en matière de salaire et puis d'un autre côté puisqu'il a un problème de déficit également il est probable que symboliquement du côté des entreprises et d'un certain nombre de niches ou de la fin ou de la mise sur pause de la politique de l'oeuvre c'est-à-dire aider les entreprises pour qu'elles embauchent il y aura quelque chose de fait sûrement mais c'est quand même pour lui l'orthodoxie budgétaire et ça passe par les retraites il n'ira jamais jusqu'à suspension je pense il n'ira sur carrière longue ou un certain nombre d'améliorations d'un sujet mais ceux qui s'attendent et ils sont très très nombreux à l'Assemblée qui ne veulent même pas la suspension qui avait été proposée qui veulent aller jusqu'à l'abrogation de circonférien on pourra toujours dire qu'il y a 850 000 personnes et puis 600 000 qui ont bénéficié de l'augmentation notamment du minimum ils l'attendent au tournant
je voudrais redire ce qu'a déjà très bien dit Eric je crois qu'on ne mesure pas à quel point il va marcher sur des braises et à quel point la crise sociale peut couver parce qu'en effet nous on a suivi ça heure par heure etc mais imaginez la personne qui est partie en congé début juillet qui a coupé parce que pour raison XY qui revient avec le sentiment peut-être soit d'avoir fait barrage au Rassemblement National soit d'avoir fait gagner alors on a beaucoup discuté mais en tout cas d'avoir fait gagner le nouveau front populaire on sait que les échéances elles vont être très importantes là en termes budgétaires la moindre mesure qui va aller à l'encontre des promesses très fortes qui avaient été faites et puis des attentes très fortes qui ont été exprimées parce qu'elles ont été exprimées par les électeurs de gauche mais on sait aussi qu'une partie des électeurs du Rassemblement National demande des mesures très fortes sur les services publics sur le pouvoir d'achat et la moindre décision antisociale qui serait perçue comme antisociale pourrait mettre le feu très très vite sans qu'on l'ait dû venir là tout le monde les sondeurs nous disent on ne voit rien bouger la manifestation on n'a pas l'impression que tout le monde va se mobiliser mais on sait que parfois ça peut s'embraser
sur un truc qu'on n'a pas vu il ne faut pas oublier qu'il y a encore quelques jours on était sur la destitution et que le débat sur peut-il rester doit-il partir était sur la table que ça continue à être un des objectifs de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen que ça ne dure pas trop longtemps donc les députés qui sont à l'Assemblée et un certain nombre de syndicatistes ne vont pas oublier ce qu'était leur objectif premier donc il n'y a aucune raison que qui que ce soit ne fasse de catho à qui que ce soit même si la France a besoin d'être dressée et un certain nombre de choses vis-à-vis des Européens pourquoi voulez-vous que tout le monde tout d'un coup se dise bon on va donner sa chance à Michel Barnier
non mais en tout cas on peut dire que par rapport à ce qui s'est passé tous les scénarios qu'on a évoqués sur le plateau depuis maintenant 51 jours lui n'est pas immédiatement assuré de la censure au moins sur son discours de politique ça dépend ce qu'il va dire non mais c'est pour le droit mais ça ne serait pas immédiat car on se retrouve quand même dans une situation sans doute assez inédite où on a le choix d'un premier ministre et une forme de saut dans l'inconnu sur le contenu de ce qu'il souhaite faire
oui oui oui mais à l'arrivée si on dit que les deux grandes leçons du 7 juillet c'était un une majorité de français ne voulait pas du RN deux ils voulaient une politique sociale le RN on l'a dit au début d'émission il est une sorte d'arbitre quand même qui a pas du droit et deuxièmement si on prend Michel Barnier comme incarnant une politique sociale de demain on a quand même du mal à le croire donc à partir de là c'est vrai que si ces deux leçons là du 7 juillet ne sont lues et apprises ni d'un côté ni de l'autre je pense qu'on ira à un moment donné à un gouvernement qui ne pourra pas durer
peut-on déjà souhaiter bon courage à Michel Barnier ?
ah oui oui il arrive dans des conditions extrêmement compliquées déjà il a une majorité qui a à peu près de 225 230 députés qui est quand même très loin des 289 nécessaires pour avoir la majorité absolue ensuite il arrive sur un fond on le dit de colère de frustration de mécontentement à gauche qui est extrêmement fort et puis enfin son sort dépend dans un premier temps de Marine Le Pen là elle a décidé de ne pas voter une censure immédiate comme elle l'aurait fait pour Xavier Bertrand mais elle peut très bien changer d'avis au moment du budget dans deux ou trois mois quand elle estimera sa nécessité
donc c'est d'abord en écoutant Marine Le Pen qu'il va devoir écrire son discours de politique générale on va pas le dire que ça c'est simple mais il devra en tenir compte et quand on y réfléchit le seul des chefs parlementaires aujourd'hui qui veut que ce gouvernement là dure le plus longtemps possible c'est Laurent Wauquiez et ils sont 47 ou 44 donc ça fait vraiment un tout petit socle pour commencer tous les autres ont des calculs vraiment beaucoup plus rapides à Tal on en a parlé à gauche c'est évident Marine Le Pen aussi donc c'est dansé sur les braises donc bon courage allez on revient à vos questions Jean-Claude en Côte d'Armor dans les Côtes d'Armor sait-on pourquoi Michel Barnier a accepté le poste ?
c'est vrai merci pour cette question vous me disiez pendant le reportage non mais il a toujours été à la manœuvre ça faisait longtemps depuis la sortie de son dernier livre qu'on ne l'avait pas entendu publiquement c'était plutôt l'impression qu'il s'était mis un peu à distance de la vie politique c'était une erreur
oui en tout cas il montrait quand même qu'il gardait une certaine gourmandise un certain appétit et qu'il continuait à avoir à avoir des contacts avec l'Elysée à avoir des élus à droite et puis c'est quelqu'un qui a toujours estimé n'avoir pas été reconnu à sa juste valeur c'est pour ça qu'il accepte le poste ?
bien sûr il estime sans doute qu'il aurait dû être Premier ministre il y a très longtemps c'est quelqu'un qui est quand même très orgueillé il faut se souvenir par exemple en 2004 il est ministre des affaires étrangères de Jacques Chirac et puis au bout d'un an il est congédié il doit laisser sa place je peux vous dire que le discours de passation de pouvoir il n'était pas piqué des hannetons il avait été très dur à l'encontre de Jacques Chirac donc c'est quelqu'un qui a un certain orgueil qui a une certaine estime de soi et donc là il estime sans doute qu'il est tout à fait à la hauteur du moment
Emmanuel Macron veut-il donner l'impression qu'il a réussi une OPA sur les LR ? Xavier en Suisse nous pose cette question
en tout cas il a réussi à trouver un nom pour lequel il n'y aura pas a priori de censure tout de suite on pensait que c'était complètement inextricable il y a encore quelques jours qu'à chaque fois il y avait une sorte de veto comme ça il y a une semaine Laurent Wauquiez disait pas de participation on est prêt à soutenir des réformes qui correspondent à ce qu'on défend c'était le fameux pacte législatif et il disait pas de participation et bien aujourd'hui qu'est-ce qu'on constate c'est un premier ministre LR il y aura des ministres LR et donc la participation est là et donc effectivement il y a quelque part une fusion une absorption des républicains et on verra même moi je pose la question peut-être que Laurent Wauquiez il sera au gouvernement aujourd'hui il est président de groupe d'un groupe de 47 députés le premier ministre est issu de son camp il y aura des ministres LR au sein du gouvernement quel espace il va avoir qu'est-ce qui va lui rester et Laurent Wauquiez il va être candidat en 2027 il voulait pas être avoir l'étiquette de sortant il l'a désormais autant qu'il l'ait jusqu'au bout et qu'il soit ministre comme Nicolas Sarkozy lui conseille depuis des mois
Xavier Bertrand c'est ce que vous nous disiez tout à l'heure vous êtes d'avis de dire
qu'il pourrait y aller il est possible qu'il soit au gouvernement
et Bruno Retailleau et peut-être aux autres à quelle nuance de droite Michel Barnier appartient-il Laurent Haute-Garonne vous avez dit tout à l'heure gaulliste social
attendez c'est des choses que quelques fois les journalistes d'autres oui on sait pas tellement à quoi ça correspond pour Philippe Seguin on pouvait effectivement voir la part sociale pour il y a eu des gens qui ont été en rupture avec leur famille d'origine comme le Xavier Bertrand après d'abord ça fait un moment donné qu'en étant en Europe on ne le teste pas forcément sur des mesures de politique intérieure moi je ne sais pas ce qu'il pense de l'augmentation du SMIC je ne sais pas ce qu'il pense sur la fin de vie on ne sait pas sur la fin de vie je ne sais pas ce qu'il pense voilà sur la laïcité sur la laïcité c'est quelqu'un qui doit être oui il n'y a pas de question non je ne pense pas qu'il y ait un véritable sujet c'est sa conception de la laïcité je ne pense pas qu'il y ait un véritable sujet mais c'est quelqu'un qui est un homme de droite ouvert pro-européen mais je ne vois pas comment on peut aller plus loin pour l'instant
pour l'instant Michel Barnier a la réputation d'être très conciliant il ne risque pas de contrarier Emmanuel Macron n'est-ce pas ce qu'affectionne le président
oui ça évidemment c'est quand même dans le sous-texte il y a ça je pense quand même qu'Emmanuel Macron est heureux d'avoir face à lui d'abord un grand aîné donc en effet il redevient jeune le jeune président comme on a pu dire
il n'est pas si vieux non plus
non bien sûr et par ailleurs effectivement si Michel Barnier a tant voulu ce poste ça veut dire aussi qu'il est prêt lui-même à faire des compromis par rapport à un président qui face à un autre un premier ministre qui aurait affirmé qu'il était très différent Laurent Berger par exemple s'il était allé il n'y aurait pas eu le même dialogue là on peut imaginer parce qu'on ne peut qu'imaginer qu'il y aura plus de souplesse et quand Édouard Philippe raconte que quand on lui a proposé d'être nommé quand il a été nommé il n'avait pas mangé il avait perdu 10 kilos tellement il était angoissé je ne pense pas que ce soit le profil de Michel Barnier d'être absolument dévoré d'angoisse c'est quelqu'un qui a une certaine forme de force tranquille d'assurance c'est que c'est d'expérience ou d'expérience on peut appeler ça comme l'on veut mais ce n'est pas un angoissé profond comme Édouard Philippe a pu se ronger les sang au début
mais je fais quoi ce que disait tout à l'heure Caroline Michel Allaguer qui disait attention on l'a toujours sous-estimé attention cette fois-ci le président de la République a face à lui pas un techno pas juste un élu de terrain quelqu'un qui a de l'expérience qui a parlé à des chefs d'Etat et qui a une bonne idée de ce qu'il est capable de faire oui et qui est orgueilleux et qui je ne le vois pas même si on dit quand même finalement qu'on ne le connait pas plus que ça mais je ne le vois pas appeler Emmanuel Macron toutes les 5 minutes ou son secrétaire général Alexis Colère même s'il sera très respectueux des usages mais pour savoir qui il peut nommer ce qu'il doit faire en tout cas c'est encore trop tôt pour savoir si on entre dans une plate de cohabitation
oui c'est sûrement trop tôt mais n'oublions pas quand même que ce poste de Matignon ça a été dit il y a eu des livres et des films là-dessus on m'a parlé de l'enfer de Matignon je me souviens de cette phrase alors peut-être était l'apocryphe mais en tout cas elle dit bien ce que voulait Mitterrand vis-à-vis de Rocard il avait dit à ses amis je vais nommer Rocard vous verrez dans 3 mois on verra à travers je pense qu'il y a quand même cette idée que nommer quelqu'un à Matignon c'est pas aussi nécessairement lui faire un cadeau là peut-être que Barnier va être le paratonnerre qui prend tous les coups de foudre et que Macron va justement lui reprendre une position qu'il avait plutôt perdue avec l'hyper-présidentialisation et donc retrouver même de la popularité on ne sait pas
ça veut dire se mettre en retrait et laisser l'autre agir
Michel Barnier
n'est-ce pas une caution pour l'Europe en ce qui concerne les déficits français en tout cas il sait comment s'y prendre et ça ça va être très important ça va être très important pour deux choses à la fois pour la manière de s'adresser à la commission européenne et à la fois aussi pour les marchés financiers parce que si la commission européenne commence à sortir le carton jaune en disant ça ne va pas du tout et on sait qu'en l'état ça ne va pas du tout que le plan qui a été présenté par Bruno Le Maire personne n'y croit donc ça va être vraiment important et de convaincre la commission européenne et derrière d'avoir un petit peu de marche de manœuvre vis-à-vis des marchés financiers
d'ailleurs ce qui est important c'est de savoir qui sera le ministre de l'économie
très important pour moi le ministre de l'intérieur et le ministre de l'économie ce sera vraiment les deux postes clés pour savoir dans quelle direction on va est-ce qu'on peut imaginer que Gérald Ederman reste à ce poste-là
c'est aujourd'hui politiquement il est compatible oui il veut changer il veut le cadencer il va remercer la cravate il veut changer mais on peut aussi imaginer qu'il reste là
Louis en Vendée le RN tient-il Michel Barnier par la barbichette c'est un peu ce que vous nous avez expliqué tout à l'heure oui un peu
parce que là pour le moment il est conciliant mais on verra demain
en combien de jours on repart sur une autre un autre décompte en combien de jours un gouvernement peut-il être mis en place Francine dans la nièvre est-ce que là il arrive avec mandat à votre avis de l'Elysée sur il faut aller vite il faut vite être opérationnel parce qu'on sent on a senti monter dans l'opinion aussi cette forme d'exaspération sur cette lenteur on a une date 13 septembre au comité aux finances publiques il faudrait avoir passé un budget un projet de loi initial ça arrive vite
après on sait aujourd'hui que c'est long c'est plus long qu'avant de former un gouvernement pour des raisons pratiques parce qu'on doit passer au scanner les patrimoines des ministres pour pas nommer n'importe qui donc ça ça prend du temps et puis Michel Barnier il va entreprendre une série de consultations évidemment il va refaire bien sûr il va refaire ce qu'a fait Emmanuel Macron pendant plusieurs jours donc il va recevoir les chefs de parti les chefs de groupe sans doute des patrons de syndicats et discuter avec eux et discuter un peu ça s'est fait tellement rapidement la troisième hypothèse le troisième homme qu'on peut imaginer que même en dînant même en se voyant il n'y ait pas déjà eu une réflexion sur tout c'est à dire on disait on remettrait bien ici un terrain c'est à dire qu'on n'ait pas déjà les deux tiers du travail qui soit fait
dernière question Christian dans le nord Emmanuel Macron va-t-il s'adresser aux français ?
il va finir par le faire il faudrait qu'il le fasse pas tout de suite pas tout de suite tu crois il le fera en nommant Michel Barnier
premier ministre Emmanuel Macron a-t-il déjà joué sa dernière carte ?
il a joué un atout très important parce que si ça se passe mal pour Michel Barnier ça se passera mal pour lui il aura peut-être le choix de nommer un deuxième premier ministre mais on ne va pas recommencer comme ça éternellement et puis s'il est amené à nouveau à dissoudre et si c'est à nouveau un désaveu pour Emmanuel Macron là la fin de son quinquennat sera du suite voire impossible on va y voir la proportionnelle parce que Michel Barnier
il dit quoi ? il est contre ça c'est un point sur lequel on est sûr de ce qu'il pense merci à vous tous c'est la fin de cette émission elle sera rediffusée ce soir demain vous retrouvez Axelle de Tarly mais là il est l'heure de retrouver toute l'équipe de C'est à vous bonsoir Elisabeth bonsoir Elisabeth