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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 31 octobre 2023 27 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesJusticeNumérique

Sarkozy-Macron : Révélations sur un incroyable "pacte" | Laurent Valdiguié

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 5 %Attaque 70 %Défensif 25 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:08OuverteRéponse directe

    Le titre du livre est 'Le parrain', un surnom qui fait penser à la mafia. Pourquoi ce choix ?

  • 1:41OuverteRéponse directe

    Nicolas Sarkozy est-il vraiment le 'parrain du gouvernement' comme le suggère Carla Bruni ?

  • 4:03OuverteRéponse directe

    Quelle est la nature des liens entre Macron et Sarkozy ?

  • 4:32OuverteRéponse directe

    Au départ, il n'y avait aucun lien entre Sarkozy et Macron. Comment expliquez-vous leur rapprochement ?

  • 6:40RelanceRéponse partielle

    Peut-on parler d'une protection judiciaire de Sarkozy par Macron ?

  • 8:10OuverteRéponse directe

    Pourquoi pas une grâce présidentielle pour Sarkozy ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:20InvitéFait
    « Nicolas Sarkozy demeure le parrain. »
  • 0:23InvitéFait
    « Le parrain de la droite, le coach en développement politique d'Emmanuel Macron. »
  • 0:28InvitéFait
    « Le conseiller richement rémunéré des patrons du CAC 40. »
  • 4:36PrésentateurFait
    « Au départ, il n'y a aucun lien entre Sarkozy et Macron. Ils ne se connaissent pas. »
  • 5:20PrésentateurFait
    « Nicolas Sarkozy n'a plus rien. Il a perdu à la primaire. Il doit reprendre sa vie civile. »
  • 8:43PrésentateurFait
    « Il y a quelque part tapis ce folle espoir qu'il pourrait avoir sa peine frappée d'une grâce. »
  • 23:44PrésentateurFait
    « Dans l'océan d'incertitude qu'est notre société, il serait grotesque de prendre un engagement définitif. »

Temps de parole

  • Présentateur82 %
  • Invité18 %

1,1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Invité

C'est une histoire très française, sans doute impossible à retrouver dans d'autres vieilles démocraties. Le prédécesseur du prédécesseur d'Emmanuel Macron, actuel chef de l'État français, est tout autant familier des palais de justice que des palais et des alcôves de la République. En dépit des condamnations, des procès à venir, du discrédit qui devrait normalement en découler, Nicolas Sarkozy demeure le parrain. Le parrain de la droite, le coach en développement politique d'Emmanuel Macron. Le conseiller richement rémunéré des patrons du CAC 40. Comment fait-on pour continuer d'influencer à ce point tout un pays sans la moindre attribution et avec des casseroles aussi retentissantes ?

Qu'est-ce que nous dit l'extraordinaire résilience de Nicolas Sarkozy ? Veut-il reprendre le pouvoir en 2027 lui-même directement ou via un de ses obligés présents autant au gouvernement que dans l'opposition de droite ? Pour répondre à ces questions et pour évoquer son dernier livre paru aux éditions Le Seuil et co-écrit avec Laurent Valdiguier, j'ai invité Étienne Girard, journaliste, rédacteur en chef à L'Express. Merci Théo, salut, bonsoir à tous. Salut Étienne.

Alors le titre du dernier livre que tu co-signes assez fort, Le parrain, d'ailleurs il a fait rigoler une humoriste qui était sur le plateau, donc peut-être que vous avez Laurent Valdiguier, toi, le sens de la punchline humoristique. Le parrain, ça fait penser au parrain de la mafia et c'est d'autant plus piquant que tu nous l'expliques dans ce livre, vous nous l'expliquez dans ce livre, que ce surnom, eh bien c'est son épouse Carla Bruni, Carlita selon le canard enchaîné, qui le lui a trouvé, parrain de qui Nicolas Sarkozy ?

1:36
Présentateur

Dans l'expression de Carla Bruni, en l'occurrence, c'est le parrain du gouvernement de la France et donc d'Emmanuel Macron. Effectivement, ce qui nous a amusés dans le mot parrain, c'est qu'il a plusieurs sens. Nicolas Sarkozy, c'est avant tout le mentor, le patriarche, tu l'as dit, de la droite. Aujourd'hui également d'Emmanuel Macron. Aujourd'hui également de Vincent Bolloré. Aujourd'hui également d'Arnaud Lagardère. Il est influent auprès de tout ce petit monde-là. Il les conseille. Quand il ne suit pas ses recommandations, il met en place des sanctions par le biais de offres qui sont distillées dans la presse.

Il fait en sorte que ses proches soient bien traités, que ses ennemis soient maltraités. Bref, il a vraiment un côté homme de pouvoir qui subsiste. Nous, on pense même aujourd'hui dans l'ombre. Il a connu la lumière. Aujourd'hui, il se complaît dans cette ombre dans laquelle il peut naviguer finalement beaucoup plus librement. Et notre constat, c'est qu'outre Emmanuel Macron, il demeure sans doute aujourd'hui l'homme le plus puissant de France parce qu'il est le seul à faire la jointure entre le monde politique, ceux qui font la loi, et le monde des grandes fortunes, ceux qui ont l'argent et qui font les emplois.

3:04
Invité

Le président du Conseil d'administration de la France, quoi.

3:06
Présentateur

Alors, le président du Conseil d'administration, dans cette image-là, ce serait sans doute Emmanuel Macron, mais Nicolas Sarkozy demeure quelque part entre le président d'honneur et le conseiller spécial. On essaye de le dégager de la photo depuis qu'il est parti, depuis 2012, et lui ne se laisse pas dégager de la photo. Il garde une influence assez impressionnante. Et puis effectivement, dans cette expression parrain, on a souhaité donner un petit clin d'œil à l'autre Sarkozy, le Sarkozy occulte, le Sarkozy que la justice a reconnu coupable de trafic d'influence dans l'affaire Bismuth, coupable de financement illégal de campagnes politiques dans l'affaire Big Malion.

Il demeure présumé innocent pour ces deux affaires, ainsi qu'au sujet de l'affaire libyenne, pour laquelle il est mis en examen pour association de malfaiteurs notamment. Mais les taux de la justice se resserrent peu à peu autour de lui.

4:03
Invité

Alors le sujet qui intéresse, c'est plus précisément quelle est la nature des liens entre Emmanuel Macron et Nicolas Sarkozy. Et jusqu'où le premier, le second, est-il prêt à aller, jusqu'où Macron est-il prêt à aller pour aider Sarko, et pour quelle contrepartie ? Vous racontez dans votre livre que lors de la campagne de 2022, Sarkozy a torpillé Xavier Bertrand d'abord et Valérie Pécresse après. Donc c'est quoi les liens et qu'est-ce qu'au final Macron va payer à Sarko ?

4:32
Présentateur

Au départ, il n'y a aucun lien entre Sarkozy et Macron. Ils ne se connaissent pas. Avant l'élection de 2017, ils ne se sont presque jamais parlé. Une fois Emmanuel Macron a interpellé Nicolas Sarkozy, c'était aux Invalides, lors de l'enterrement de Michel Rocard, parce qu'il avait entendu que Nicolas Sarkozy distillait des rumeurs, ou laissait distiller des rumeurs sur sa vie privée, sur son homosexualité. Pour être clair, évidemment, il y a eu un échange assez houleux entre les deux. Ils en étaient restés là. Mais en 2017, Nicolas Sarkozy n'a plus rien. Il a perdu à la primaire. Il doit reprendre sa vie civile. Il était président des Républicains. Il ne l'est plus.

Et il trouve à la fois un intérêt à se rapprocher d'Emmanuel Macron, qui est le nouveau boss. Et il a aussi, il faut le dire, une petite admiration pour le personnage qui a réussi une entreprise politique surprenante. Il se trouve que dans les premiers jours de son mandat, après qu'il ait entendu dire que Nicolas Sarkozy disait du bien de lui, Emmanuel Macron, nouveau président de la France, invite Nicolas Sarkozy à l'Élysée. C'est une rencontre de début juillet 2017, un dîner avec les épouses. Et là, va se nouer.

C'est un coup de foudre professionnel, mais c'est aussi une alliance professionnelle favorisée par le fait que dès les premières minutes du dîner, Brigitte Macron va avoir ses mots. Elle va aller voir Nicolas Sarkozy et lui dire, vous savez, j'ai toujours voté pour vous. Et d'ailleurs, j'ai dit à Emmanuel de faire pareil. Et ça, Nicolas Sarkozy, qui est sensible, très sensible à la flatterie, eh bien, il adore. Il va se répandre de cette parole. D'ailleurs, on l'a entendu partout dans la presse, tout simplement, parce que dès qu'il rencontre quelqu'un, il lui raconte cette anecdote. Et très vite, ils vont trouver l'un l'autre comment s'entraider.

6:38
Invité

Alors, Nicolas... Du coup, ça va aller. Parce qu'on pense forcément à une protection judiciaire au bénéfice de Sarkozy. Ça ne marche pas des masses, pour l'instant, vu que les procès sont piles. Mais dans la Ve République, le Président a beaucoup de pouvoir. Surtout pour les délinquants, il peut faire beaucoup pour les protéger. Évidemment.

6:52
Présentateur

On est rentré à... On a mis les deux pieds dans le plat sur ce sujet. Évidemment, la question, puisqu'il y a un article... Vous avez rencontré Nicolas Sarkozy deux fois. Oui, on l'a rencontré deux fois. On a parlé longuement de ces sujets judiciaires. Il y a un sujet sensible, évidemment, autour de son statut judiciaire et qui est lié à Emmanuel Macron. C'est que le Président de la République, on le sait, a potentiellement un droit de grâce judiciaire. Alors, le sujet n'a pas été abordé directement entre les deux hommes. Ce sera absolument déplacé.

En revanche, il est arrivé plusieurs fois que Carla Bruni aborde, lors de dîner à quatre avec Brigitte Macron, le sujet des ennuis judiciaires de son mari et se désole devant Emmanuel Macron de ce que les magistrats ont une vindicte contre son mari et elle souhaitait même que son mari puisse... Je ne sais pas quels ont été les mots exacts utilisés, mais que son mari puisse, en tout cas, avoir une innocence ou quelque chose en sa faveur reconnu par la justice. Évidemment, une grâce, ça semble quelque chose d'impensable. Ce serait scandaleux.

8:10
Invité

Pourquoi pas à la fin d'un grand mandat, au fond ?

8:13
Présentateur

Oui, mais quel serait l'intérêt ? Évidemment, on peut tout imaginer, mais quel serait l'intérêt d'Emmanuel Macron de faire ça ?

8:20
Invité

Sans Nicolas Sarkozy, Emmanuel Macron aurait peut-être un peu plus de mal à être réélu en 2022.

8:26
Présentateur

Probablement. Si on réfléchit rationnellement et politiquement, il n'y a aucun chemin, il n'y a aucune voie pour qu'une grâce soit possible. En revanche, ça, c'est plutôt du côté d'Emmanuel Macron. On a sollicité l'entourage, on n'a vu aucune porte s'ouvrir là-dessus. En revanche, du côté Sarkozy, oui, il y a quelque part tapis ce folle espoir qu'il pourrait avoir sa peine frappée d'une grâce, évidemment pas sans doute une grâce totale dans l'esprit de Nicolas Sarkozy, mais ça existe, les grâces partielles. Une grâce partielle permettant, par exemple, d'éviter un mandat de dépôt en prison ou, par exemple, permettant d'éviter un bracelet électronique qui l'empêcherait d'aller à l'étranger.

9:12
Invité

Alors, peut-être qu'il est fou d'imaginer une protection judiciaire, mais Gérald Darmanin, président en 2027, est-ce que ce n'est pas le rêve commun de Sarkozy et de Macron ? Et est-ce que ce n'est pas une sorte de protection politique après la protection politique ?

9:29
Présentateur

Concernant Emmanuel Macron, je pense que lui, dans son cheminement personnel, n'en est pas là. Il n'a pas encore son candidat pour 2027. En revanche, côté Nicolas Sarkozy, c'est très, très clair. Lui, son candidat, son poulain, son filleule, pour reprendre la figure du parrain, c'est Gérald Darmanin. Il a reconnu en lui un héritier avec les mêmes qualités, cette énergie, cette ironie mordante dans les débats et peut-être aussi avec les mêmes défauts que peuvent être une brutalité particulière dans la façon de faire de la politique. Mais c'est vrai, ça a été son fidèle, ça a été son porte-parole, ça a été son directeur de campagne. Il adore Gérald Darmanin, Nicolas Sarkozy.

Quand il a été nommé ministre de l'Intérieur, il lui a écrit un texto. Je suis fier de toi, Gérald. Il l'a toujours soutenu. C'est réciproque. Après que Nicolas Sarkozy ait été condamné, je crois que c'était dans l'affaire Big Malion, immédiatement après, il a été invité à l'Elysée, il a été à Beauvau, pardon, avec Gérald Darmanin, manière de montrer qu'il conservait toute l'amitié et l'estime de l'actuel ministre de l'Intérieur.

10:45
Invité

Alors, c'est un peu anecdotique, mais c'est assez significatif de la manière dont fonctionne la machine médiatique-politique. Nicolas Sarkozy se rend intéressant, et tu l'as dit, pour de nombreux journalistes politiques, en les abreuvant de bons mots et de citations mesquines contre celles et ceux qui lui déplaisent. Ça permet d'exister.

11:00
Présentateur

Tout à fait. Et je pense aussi que ça permet une forme d'indulgence de la part des journalistes qui bénéficient de ces phrases qui sont savoureuses. Il a ses victimes préférées, Nicolas Sarkozy. Longtemps, ça a été Valérie Pécresse. Sa phrase préférée sur Valérie Pécresse, on la cite dans les livres, c'est « Rappelez-lui qu'elle gère les horaires de bus », puisqu'elle est présidente de la région Île-de-France. Manière de montrer qu'elle n'a aucun pouvoir et qu'elle devrait se montrer plus modeste. Aujourd'hui, sa victime préférée, c'est Elisabeth Borne, qu'il déteste. Avant tout, parce qu'elle a travaillé pour Ségolène Royal. Ils se sont vus en déjeuner, il lui a dit d'ailleurs.

Mais il s'est rendu compte qu'Elisabeth Borne détestait également Ségolène Royal. Il est un tout petit peu plus indulgent depuis, mais il la trouve quand même impolie et surtout mauvaise. D'ailleurs, quand elle a été nommée, il a dit à Emmanuel Macron « Bravo, vous venez de perdre les élections législatives ». D'ailleurs, sur ce sujet, il avait raison.

12:07
Invité

Sarkozy est toujours très actif en coulisses dans le monde des affaires. Tu en as parlé au début. Il parle à l'oreille d'ultra-riche qui contrôle les médias, comme des médias en tout cas, comme Arnaud Lagardère et Vincent Bolloré.

12:18
Présentateur

Sa maison, c'est le groupe Lagardère. Et sa maison, dans le monde des médias, c'est Paris Match et le journal du dimanche. Il adore ces deux journaux. Depuis toujours, il les a toujours lus. Et il a trouvé un moyen de joindre l'utile à l'agréable via Arnaud Lagardère, qu'il a nommé administrateur de son groupe. Il a, de ce fait, un droit de regard sur ce que peuvent faire le journal du dimanche et Paris Match. Et ce droit de regard, il est avant tout industriel. Mais il est aussi, on aborde le sujet, éditorial. Il est toujours très bien traité par le JDD et Paris Match. D'ailleurs, on en a parlé à Arnaud Lagardère, qui nous a reçus dans ses bureaux.

Et lui, ne cache pas une très forte proximité entre lui et Nicolas Sarkozy, qu'il appelle son mentor. Il dit qu'il lui doit tout. Il dit que, rappelez-vous, c'était il y a une quinzaine d'années, c'était Paris Match, qui avait sorti l'affaire de l'aventure amoureuse de Cécilia Sarkozy avec Richard Attias. Il dit, évidemment, Nicolas Sarkozy, lui dit, Nicolas me l'a reproché. Si j'avais pu, je l'aurais sans doute évité. Bref, il ne cache pas que Nicolas Sarkozy a une vraie influence dans la vie de ces médias. Ça, c'est le patron sortant, mais il y a le nouveau boss. Et le nouveau boss, il est aussi proche de Nicolas Sarkozy, Vincent Bolloré.

Et d'ailleurs, c'est grâce à Sarkozy, on le raconte dans le livre, si et comme, c'est parce que Sarkozy l'a voulu et a poussé pour que Vincent Bolloré a pu racheter le groupe Lagardère et est devenu, deviendra dans les jours prochains quand la vente sera exécutive, le boss de Paris Match et du journal du dimanche. Une chose est sûre, même s'il y a un changement de patron, Nicolas Sarkozy restera très bien traité dans ses médias.

14:27
Invité

Un grand groupe qui assure quand même Nicolas Sarkozy une forme de pouvoir médiatique après le pouvoir politique. Sarkozy continue d'entretenir son réseau africain et de se faire de l'argent de cette manière avec l'Ivoirien Alassane Ouattara qu'il a littéralement installé au pouvoir au terme de la guerre civile de 2011 et le Rwandais Paul Kagame. Ce sont des amiciés rentables ?

14:49
Présentateur

Absolument, alors pas rentables parce qu'ils lui versent de l'argent, il n'y a pas de transaction connue entre le pouvoir Ivoirien, le pouvoir Rwandais et Nicolas Sarkozy. En revanche, et de toute façon, Nicolas Sarkozy fonctionne comme ça, il fonctionne en réseau autour d'un petit noyau de proches qui font partie de pouvoirs soit politique, soit économique et il fait fructifier auprès des uns et des autres son influence.

Donc, il y a une anecdote qui est assez frappante, c'est que l'année dernière, Nicolas Sarkozy qui est très proche de Paul Kagame, le président du Rwanda, se rend en République démocratique du Congo, il rencontre le président de la République démocratique du Congo pour parler le sujet officiel, le sujet numéro 1, c'est pour parler des liens entre le Rwanda et la RDC, il se fait un peu l'ambassadeur officieux, il fait un peu de diplomatie parallèle au service de son ami Paul Kagame et en même temps, pour joindre encore une fois l'utile à l'agréable professionnellement parlant, il négocie que le groupe Be In, dont il est indirectement administrateur, parce qu'il est administrateur lui du groupe Love qui appartient à Stéphane Courby, Be In c'est les paris en ligne, il négocie pour que le groupe Be In puisse ouvrir une succursale en République démocratique du Congo et que enfin les Congolais puissent jouer sur Be In.

Voilà, il a ce chic pour faire plusieurs choses en même temps et à la fois de la politique et de l'économie. En Côte d'Ivoire, c'est la même chose. D'ailleurs, le groupe Be In est autorisé en Côte d'Ivoire et ça a été favorisé grandement par les liens entre les liens d'amitié entre Nicolas Sarkozy et le président Ouattara. Il suit comme ça un certain nombre d'entreprises. Il y a le groupe Sugden de Serge Varsano, Nicolas Sarkozy et leur conseiller et en juillet dernier, il a emmené le PDG Serge Varsano qui fait partie des 500 premières fortunes de France pour aller faire une tournée en Côte d'Ivoire.

Il lui a présenté absolument tout le monde et en Côte d'Ivoire, on ne peut rien refuser à Nicolas Sarkozy. Donc, quand on est un entrepreneur et qu'on veut faire des affaires en Côte d'Ivoire, évidemment, passer par Nicolas Sarkozy et payer Nicolas Sarkozy,

17:25
Invité

c'est utile.

17:26
Présentateur

Oui, alors le groupe Accor, c'est un peu différent. Nicolas Sarkozy, il en est l'administrateur. Il est même président du groupe au sein d'Accor qui s'occupe des investissements internationaux. Mais bien sûr, le groupe Accor considère que Nicolas Sarkozy est l'homme qu'il lui faut aujourd'hui. Il fabrique des hôtels, il les gère et Nicolas Sarkozy aide à ouvrir des portes. Il l'a fait en Côte d'Ivoire où il y a un certain nombre d'hôtels, notamment d'hôtels de grand luxe du groupe Accor qui ont ouvert ces dernières années, notamment par l'entrejean de Nicolas Sarkozy. Il s'occupe aussi des liens avec le Qatar où il a beaucoup aidé le groupe Accor à ouvrir des établissements au Qatar.

18:13
Invité

Bref, au final, l'ex continue de se faire beaucoup d'argent.

18:18
Présentateur

Oui, c'est sûr, on peut même donner le montant puisque nous, on le donne dans le livre, 250 000 euros par mois. Vous avez bien entendu, ce n'est pas par an, c'est par mois à découper entre l'argent qu'il gagne dans ses conférences. Ça, c'est des discours d'une heure. D'ailleurs, souvent, il recycle de vieux discours d'une heure devant des banquiers, des hommes d'affaires qui sont prêts à payer très cher pour ça.

Et puis, l'autre mamelle de sa fortune nouvelle, si je puis dire, ce sont ces fameux conseils à des entrepreneurs qui veulent avoir accès à des hommes politiques importants, donc le président de la Côte d'Ivoire, le président du Rwanda, les dirigeants du Qatar et d'autres hommes politiques, y compris en Russie.

19:09
Invité

Une question d'actualité, Mediapart révélait récemment que dans son désir de se sortir de la muise judiciaire, Sarkozy, il n'hésite pas à sacrifier ses amis, notamment la papesse des médias people, Mimi Marchand, dont vous parlez dans votre livre.

19:22
Présentateur

Absolument. Alors, lui, il dit qu'il connaît très peu Mimi Marchand. D'ailleurs, je n'avais pas son numéro de téléphone, dit-il, quand on interroge sur Mimi Marchand. Je ne sais pas pour le numéro de téléphone. Il y a une chose qui est attestée, en revanche, c'est que Mimi Marchand est proche de très longue date de son épouse, Carla Bruni. Il est attesté de la même façon que Nicolas Sarkozy, lors de cette affaire dite sauver Sarko, a rencontré Mimi Marchand à son domicile, alors qu'elle était allée voir officiellement Carla Bruni. On peut peut-être raconter de quoi il s'agit. On est en novembre 2020 et Nicolas Sarkozy crie victoire. La vérité éclate enfin, dit-il. Il tweet sur X.

Il y a un article de Paris Match dans lequel le journaliste de Paris Match raconte sa rencontre avec l'intermédiaire Zad Takieddin au Liban et Zad Takieddin semble revenir sur son témoignage dans l'affaire libyenne. Il avait dit qu'il avait financé la campagne de Nicolas Sarkozy. Il avait même dit qu'il était allé remettre des sacs d'argent à Nicolas Sarkozy au ministère de l'Intérieur. Dans cet article, il semble faire machine arrière. Nicolas Sarkozy donne des interviews très rapidement. Il parle à BFM, il explique que la vérité éclate, que c'est une machination depuis le début.

Le parquet national financier chargé de l'affaire libyenne se rend au Liban après un second article de Paris Match. Je vous passe les détails. Mais patatras, Zad Takieddin revient sur sa rétractation. Je ne sais pas si vous avez suivi. Il dit si, la campagne libyenne a bien été financée par des fonds libyens. La campagne de Sarkozy. Oui, la campagne de Sarkozy de 2007 a bien été financée par des fonds libyens.

Et les enquêteurs, en retraçant un peu les transactions de Zad Takieddin, se rendent compte que son témoignage initial a été acheté et qu'un demi-monde d'entremetteurs, d'intermédiaires, de personnages d'ailleurs parfois assez louches se sont activés en coulisses pour obtenir cette rétractation initiale. En tout, c'est 600 000 euros qui ont transité dans cette affaire sauver Sarko. La grande prêtresse, le personnage central de cette affaire, c'est évidemment Mimi Marchand qui s'est rendue une fois au Liban et qui est soupçonnée d'avoir organisé tout ça avec l'aval et la demande de Nicolas Sarkozy. donc ce serait Sarkozy qui aurait commandité cette rétractation sur fonds d'argent.

Donc c'est une subornation de témoins, ce serait une subornation de témoins. Nicolas Sarkozy a récemment été mis en examen dans cette affaire comme dans toutes les affaires dans lesquelles il est cité il clame son innocence. Voilà, exactement. Lui dit effectivement des pièces que vous me présentez il y a eu cette opération financière moi je n'ai jamais été au courant de ça je n'ai jamais été au courant qu'il y avait de l'argent autour de cette affaire donc je suis complètement innocent c'est ce demi-monde qui a comploté sans m'en parler mais ce qui est sûr c'est que à mon service quand même le demi-monde c'est totalement à son service

22:56
Invité

à la suite de son plein gré

22:57
Présentateur

exactement ce qui est attesté c'est que tout s'est fait à son service mais évidemment sur lui l'intentionnalité il y a un doute c'est-à-dire qu'il n'y a pas de preuves directes à ce stade des magistrats mais il a tout de même été mis en examen dans cette affaire

23:13
Invité

les mêmes marchands qui est ou a été aussi proche du couple Macron et qui apparaît en filigrane dans l'affaire Benalla dernière question Étienne est-ce que Nicolas Sarkozy pense toujours à revenir au pouvoir en se rasevant le matin ?

23:26
Présentateur

Je vais te raconter une scène quand on est allé le voir moi je lui ai posé cette question à ses caches je lui ai dit est-ce que vous pouvez nous certifier à 100% que vous ne reviendrez pas ou que vous ne reviendrez jamais et il a eu cette réponse qui m'a quand même marqué il a dit dans l'océan d'incertitude qu'est notre société il serait grotesque de prendre un engagement définitif ce que j'ai compris c'est que le matin en se rasant il y pense toujours finalement et d'ailleurs tous ses proches disent la politique c'est ça qui l'amuse vraiment et si un jour il y a une dent un cheveu une mini une mini un mini trou de souris alors oui il essayera de revenir d'ailleurs les gens des républicains qui continuent à venir le voir sont parfois époustouflés par les plans sur la comète qu'il fait il imagine toujours prendre que quelqu'un de droite sans doute Gérald Darmanin pourrait prendre en marche et soit se présenter à la présidentielle soit aider un monsieur X et on imagine bien quel pourrait être ce monsieur X

24:42
Invité

c'est pour ça peut-être que vous utilisez beaucoup les images de la folie des grandeurs le film la folie des grandeurs avec Louis de Funès avec quelqu'un qui justement ne s'avoue jamais vaincu et complote tout le temps finalement

24:55
Présentateur

mais ça c'est Olivier Marlex le président du groupe les républicains à l'Assemblée nationale qui a trouvé cette comparaison quand il me racontait la scène lui il me racontait qu'il était allé voir Nicolas Sarkozy à la fin de la campagne présidentielle 2022 et il voyait un Nicolas Sarkozy absolument enthousiaste qui imaginait qu'avec la deuxième victoire d'Emmanuel Macron ce seraient les Sarkozy qui prendraient le pouvoir et il imaginait déjà comment les Sarkozy prendraient le pouvoir en marche et Olivier Marlex me disait oui oui ça me rappelait Louis de Funès dans la folie des grandeurs précisément vous savez dans la scène de fin de la folie des grandeurs Louis de Funès est redevenu un esclave mais il rêve toujours de prendre le pouvoir et auprès de son ami il échafaude comme ça un énième complot il dit le perroquet divorce du roi je me marie au roi et je deviens reine et voilà et c'était comme ça que le voyait Olivier Marlex c'est à dire comme quelqu'un un peu du passé qui finalement délirait en imaginant un énième retour politique en héros effectivement on n'en est pas là et Nicolas Sarkozy devra peut-être se contenter de ces juteux émoluments dans l'asperse privée

26:16
Invité

Merci Etienne je rappelle que tu es co-auteur avec Laurent Valdiguier de ce livre Le parrain Sarko après Sarko l'enquête un livre riche passionnant plein d'anecdotes significatives parues aux éditions Le Seuil Sarkozy

26:29
Locuteur

Sarkozy Sarkozy