Zelensky prêt à renoncer à l'OTAN ?, avec François Hollande - C à Vous - 09/03/2022
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 3:43OuverteRéponse directe
Est-ce que Zelensky a raison de tempérer son langage sur l'OTAN ?
- 3:54OuverteRéponse directe
N'avez-vous jamais été favorable à l'entrée de l'Ukraine dans l'OTAN ?
- 4:05RelanceRéponse directe
Un prétexte pour Poutine ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:15Invité politiqueFait
« Regarding NATO, I have cooled down regarding this question a long time ago, after we understood that NATO is not prepared to accept Ukraine, the alliance is afraid of controversial things and confrontation with Russia. »
- 3:54PrésentateurFait
« Mais je n'ai jamais été favorable à ce que l'Ukraine entre dans l'OTAN. »
- 4:06PrésentateurFait
« Oui, un prétexte. Il savait parfaitement que nous n'allions pas attaquer la Russie. »
- 4:26PrésentateurFait
« Pour lui, c'était dans les années, fin des années 90, ça avait été pour lui un complot américain que de faire entourer la Russie de pays qui étaient membres de l'OTAN. »
- 5:14PrésentateurFait
« non, cette demande n'est pas recevable, en tout cas pour la France, et comme on a un droit de veto, vous ne serez pas dans l'OTAN. »
Temps de parole
- Présentateur68 %
- Invité25 %
- Invité politique7 %
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Vous avez rappelé la reculade d'Obama qui a montré à Poutine que les Occidentaux étaient faibles et qu'il, lui, pouvait avoir le champ libre. C'était le 31 août 2013, samedi 31 août. Obama vous appelle pour vous dire que l'opération éclair que vous aviez montée pour punir Damas et pour faire reculer Bachar el-Assad n'aurait pas lieu, enfin plutôt qu'il consulterait le Congrès, ce qui revenait au même. Et la tournure de la guerre en eût été changée. Vous avez souvent exprimé vos regrets sur cette reculade si lourde de conséquences. Mais il y a quelques jours dans le point, celui qui était alors patron de la DGSE, Bernard Bajolet, a regretté à son tour de ne pas avoir été entendu.
A mes yeux, dit-il, la France aurait pu agir seule. Est-ce qu'il n'y a pas eu là une terrible occasion manquée de fixer une limite à Poutine ?
Je me suis posé cette question. Et Bernard Bajolet faisait partie du Conseil de défense, celui qui était constitué pour les questions de sécurité. Donc Bernard Bajolet évoquait cette hypothèse. Il y avait deux raisons pour lesquelles nous ne pouvions pas agir seuls. Il y avait des raisons logistiques, matérielles, pour que nous puissions infliger une sanction physique qui soit sérieuse à l'égard de la Syrie. Il y avait une deuxième raison, qui était que nous n'avions aucun mandat des Nations Unies. Alors nous pourrions nous en passer.
Mais nous aurions eu aussi l'hostilité des Américains, puisque Barack Obama voulait négocier et prétendait qu'on pourrait agir une fois qu'il y aurait l'autorisation du Congrès. Donc je ne voulais pas mettre la France isolée par rapport à cette situation, ce qui aurait d'ailleurs été pour Vladimir Poutine un avantage tactique. Ensuite, je suis allé quelques jours plus tard à Saint-Pétersbourg. C'était la réunion du G20. Là, il y avait donc tous les 20 pays les plus importants. Et j'ai compris que Vladimir Poutine avait acté le fait qu'il avait gagné cette partie-là. Et il a négocié avec Barack Obama le retrait des armes chimiques.
En fait, pas tout le retrait, puisqu'il y a eu encore l'utilisation des armes chimiques. Et il a été moqueur à l'égard de la France, en disant « Alors, vous voyez, vous vouliez frapper, mais moi, j'ai réussi à convaincre Barack Obama de ne pas le faire ». Alors la grande question, c'est de dire à quel moment on utilise nous aussi les moyens de la force, que ce soit une force militaire ou que ce soit une force économique. Pour monter le rapport de force à l'égard de la France. Pour éviter d'autres conflits. Parce que, bien sûr, nous sommes tous pour la paix. J'ai fait en sorte de faire prévaloir ce principe. Mieux vaut renoncer à l'utilisation des armes.
Mais quand à un moment, pour avoir la paix, vous vous mettez en situation d'avoir le lendemain la guerre, parce qu'en l'occurrence, c'est de ça dont il s'agit, alors vous commettez une faute à l'égard même de la sécurité de vos concitoyens.
L'une des obsessions de Vladimir Poutine, du moins dans son discours, dans son langage, parce qu'on peut se demander si c'est réellement une question importante pour lui, c'est celle de l'adhésion de l'OTAN, de la présence de l'OTAN en Europe de l'Est et l'adhésion de l'Ukraine à l'OTAN. Hier soir, dans une interview à la télévision américaine sur la chaîne ABC, le président Zelensky, le président ukrainien, a affirmé ne plus vouloir insister pour obtenir cette adhésion. On l'écoute.
« Regarding NATO, I have cooled down regarding this question a long time ago, after we understood that NATO is not prepared to accept Ukraine, the alliance is afraid of controversial things and confrontation with Russia. I never wanted to be a country which is begging something on its knees. And we are not going to be that country and I don't want to be that president. »
Est-ce qu'il a raison de tempérer son langage de cette façon ? Ou est-ce que, si on refait l'histoire à l'envers, une nouvelle fois, on peut se dire que l'histoire n'aurait pas été la même si on avait laissé l'Ukraine entrer dans l'OTAN ?
Mais je n'ai jamais été favorable à ce que l'Ukraine entre dans l'OTAN. Parce que je savais que c'était un prétexte pour Vladimir Poutine pour envahir éventuellement l'Ukraine. Un prétexte, donc ? Oui, un prétexte. Il savait parfaitement que nous n'allions pas attaquer la Russie. Mais il était déjà dans l'obsession et dans la frustration que d'autres pays que l'Ukraine aient adhéré à l'OTAN. Notamment la Pologne, la République tchèque, enfin tous les pays de l'ex-Union soviétique. Pour lui, c'était dans les années, fin des années 90, ça avait été pour lui un complot américain que de faire entourer la Russie de pays qui étaient membres de l'OTAN.
Mais nous ne les avions pas forcés à venir dans l'OTAN. Ces pays étaient indépendants, sont indépendants et souverains. Ils avaient dit, nous nous voulons rentrer dans l'OTAN et nous avions le souvenir de l'Union soviétique. Ce n'était pas le meilleur quand même quand on se souvient de ce qu'avait été écrasé un certain nombre de volontés démocratiques. Donc ces pays avaient adhéré dans l'OTAN et pour Poutine, c'était une occasion pour faire sa propagande interne à la Russie, qui fonctionne d'ailleurs pour partir, de dire, vous voyez, c'est nous qui sommes agressés et nous ne sommes jamais les agresseurs.
Donc c'est pour ça que j'ai toujours dit au président ukrainien, le prédécesseur Poroshenko comme Zelensky, non, cette demande n'est pas recevable, en tout cas pour la France, et comme on a un droit de veto, vous ne serez pas dans l'OTAN. Pour priver précisément Poutine de ce prétexte. Ensuite Poutine, il veut aussi que d'autres pays qui sont prêts aujourd'hui à rentrer dans l'OTAN, la Suède, la Finlande, eh bien il est en train de faire des menaces pour qu'il n'y rentre pas. C'était des pays neutres.
Enfin, aujourd'hui, quand il voit ce qui se passe en Ukraine, il dit que c'est peut-être préférable de rentrer dans l'OTAN, parce que là il y a des systèmes de solidarité, des systèmes de défense collective. À cet égard, permettez-moi cette digression, mais la France, si elle veut une Europe de la défense, elle doit se faire dans l'OTAN. Et ceux qui prétendent qu'il faut sortir de l'OTAN, c'est ceux qui ne veulent pas que nous fassions ni l'Europe de la défense, ni notre propre système de sécurité.
C'est notamment Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen.
Non, pas Marine Le Pen, c'est le commandement intégré. C'est beau, et je veux être précis.
Jean-Luc Mélenchon.