Le Talk : Delphine Batho - Le Figaro
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Bonjour, bienvenue au Talk Orange Le Figaro. Aujourd'hui, nous recevons Delphine Bateau, députée PS des Deux-Sèvres, proche de Ségolène Royal. Delphine Bateau, bonjour.
Bonjour. Merci d'être avec nous. Ségolène Royal a donc annoncé depuis en début de semaine qu'elle serait candidate à la candidature pour les primaires du Parti Socialiste pour la présidentielle de 2012.
Et tout le monde se pose la question, mais pourquoi fallait-il le faire maintenant ? Parce qu'on ne peut plus attendre, parce qu'une élection présidentielle, c'est une course de fond qui se prépare longtemps à l'avance, parce qu'il y a eu une mobilisation sociale très importante sur la réforme des retraites qui, malheureusement, n'a pas obtenu de victoire, et qu'il faut donner un espoir à tous ceux qui se sont mobilisés. Donc il faut que la gauche ouvre maintenant cette perspective de 2012, parce que Nicolas Sarkozy est déjà en campagne.
D'ailleurs, hier, il a annoncé ouvertement qu'il était candidat à sa réélection, et que la gauche ne doit surtout pas...
C'est un propos en recevant des députés à l'Élysée. Oui, mais la gauche ne doit surtout pas sous-estimer ce que c'est que d'affronter un président sortant, même si aujourd'hui il est au plus bas dans les sondages. Ce que c'est d'affronter un président sortant avec ce que ça signifie comme mobilisation du pouvoir, du gouvernement et de tous ces relais.
Et donc il faut partir à temps, et à temps c'est maintenant. En même temps, le calendrier qui a été fixé par la direction du Parti Socialiste, fait ses déclarations de candidature au mois de juin, et vote des militants, des électeurs de gauche, à la rentrée 2011. Ma conviction profonde, c'est que ce calendrier interminable est intenable.
Donc il faut l'avancer ? Il ne faut pas l'avancer. Je pense qu'il faut qu'il y ait un calendrier à l'heure.
À l'heure, ça veut dire quoi ? Je pense que c'est une des leçons d'ailleurs de ce qui s'est passé en 2006-2007. Souvenez-vous.
Ségolène Royal, à l'époque, voulait que le vote interne au socialiste ait lieu avant l'été, pour pouvoir ensuite, en septembre, démarrer une campagne et avoir l'été pour organiser les équipes, etc. Ce n'est pas ce qui s'est passé. À l'époque, la désignation a eu lieu au mois de novembre.
Et donc moi, je pense qu'il faut en retenir une leçon. En plus, on ne peut pas se permettre d'être dans une situation où, dès le printemps prochain, vous aurez un candidat écologiste, vous aurez un candidat communiste, ou du Front de Gauche, avec Jean-Luc Mélenchon. Donc on voit bien qu'il y a un paysage qui se met en place.
Et nous, on serait jusqu'à l'automne dans des débats entre socialistes. Franchement, ce n'est pas un cas de figure opérationnel. Donc ce qu'il faudrait, c'est qu'on puisse voter au tout début de l'été pour attaquer la rentrée de septembre de façon opérationnelle, en étant unis, rassemblés.
Je pense qu'il faut aussi qu'il y ait un code de bonne conduite. C'est-à-dire que le débat entre candidats socialistes soit très différent de ce qu'il a pu être en 2006-2007. Pour qu'il y ait un temps de réconciliation.
Oui, c'est ça. Ce que nous voulons, nous, aujourd'hui, c'est concilier ce qu'est la détermination de Ségolène Royal. Je crois que sa détermination est totale et en même temps un esprit d'unité et de responsabilité.
Pierre Moscovici était ce matin sur RTL. Je vous propose de l'écouter. J'ai été à la fois surpris et, pour tout dire, un peu gêné par le moment choisi, que je ne crois pas le bon.
Je ne crois pas bon parce que ça fait encore peu de mois que nous avons adopté un calendrier collectif et sage qui dit que c'est au mois de juin qu'on doit commencer à déclarer les candidatures. Et quand on a une décision collective, je crois qu'il faut la respecter. Parce que Ségolène dit, au fond, Sarkozy est déjà en campagne.
Nous, nous ne devons pas attendre. Nous ne devons pas non plus nous presser. Vous allez avoir du mal à convaincre vos camarades.
Oui, mais au-delà des uns et des autres, regardons ce qui se passe. Par exemple, ce qui s'est passé pendant le débat sur la réforme des retraites. Le Parti Socialiste avait fait des contre-propositions sérieuses.
Et malgré ça, on a eu beaucoup de mal à convaincre que si la gauche revenait aux responsabilités, elle aurait la capacité à faire une réforme des retraites différentes. Elle aurait la capacité à rétablir la retraite à 60 ans et à taux plein pour tous à 65 ans. C'est aussi parce qu'il y avait différents sons de cloche.
Il y avait d'un côté de ministre Strauss-Kahn qui disait, ce n'est pas un tabou. Et de l'autre, Benoît Hamon...
C'est aussi parce qu'il y a un problème de leadership, en effet, qui n'est toujours pas réglé. Et nous voulons le régler par cette grande consultation populaire que sont les primaires. Mais donc, on voit bien.
L'autre problème, c'est qu'un des dangers qui menacent la gauche, c'est celui de l'abstention des catégories populaires et moyennes. Donc moi, je ne crois pas au scénario d'une campagne courte. C'est déjà le scénario qu'on nous a vendu, excusez-moi l'expression, en 2007.
Et ça n'a pas marché. Donc je pense que, d'un certain point de vue, c'est ce que Ségolène Royal a fait en annonçant sa candidature aujourd'hui. C'est-à-dire de ne pas attendre et se mettre d'ores et déjà en mouvement.
Est-ce qu'elle a rompu un pacte qui aurait été passé, on ne peut pas dire signé, mais entre elle, Dominique Strauss-Kahn et Martine Ouvry ? Non, il n'y a pas de pacte. Ce qu'il y a, c'est qu'il y a une entente, par contre.
C'est elle qui avait dit qu'il y avait une entente entre les trois pour savoir lequel des trois irait aux primaires. Non, pas pour qu'il n'y ait pas de primaires. Vous voyez bien, s'il y a un candidat unique aux primaires, les primaires n'ont aucun sens.
Entre eux, en tout cas. Non, ce qui est convenu, je vous le disais, c'est de faire différemment de ce qui s'est passé en 2006-2007. C'est-à-dire d'avoir un rassemblement puissant des socialistes et de constituer un pacte.
Et de ce point de vue-là, oui, je pense qu'il y a une entente aujourd'hui cordiale, qu'il y a une camaraderie, une fraternité qui doit être celle de tous les socialistes entre eux pour qu'on soit unis et rassemblés lors de la campagne de 2012. Mais quand elle dit que Dominique Strauss-Kahn serait un bon chef du gouvernement, c'est encore de la camaraderie ou c'est quand même une pièce qui l'arrange chef d'État aujourd'hui au FMI ? Bien sûr, elle prend acte de ce qu'a dit Dominique, c'est-à-dire qu'il souhaitait rester au FMI jusqu'en 2012.
Donc pour l'instant, il n'a pas changé d'avis. Et elle a dit que si c'est ça sa décision, elle, elle considère, et c'est sa liberté de le dire, et c'est sa responsabilité aussi comme candidate à l'élection présidentielle, de dire voilà quel serait mon chef de gouvernement et de s'appuyer sur effectivement l'expérience et la crédibilité de DSK, notamment en matière économique. Quand vous dites qu'il faut avancer la date des primaires, donc on a bien compris, avant les vacances d'été, ça veut dire que vous demandez à Dominique Strauss-Kahn de déclarer ses intentions aussi plus rapidement ?
C'est ça le problème de ce débat sur le calendrier. C'est que dès que certains ont déjà parlé de ce problème de calendrier, s'est tout de suite interprété par rapport à la volonté de gêner telle ou telle, et notamment Dominique Strauss-Kahn. Ce n'est pas ça le sujet, franchement.
Faisons abstraction des candidatures des uns des autres, ou des éventuelles candidatures des uns ou des autres. DSK a dit que pour l'instant, il n'était pas candidat. Il faut lui laisser la liberté éventuellement de changer d'avis.
Mais je pense qu'il faut faire...
Mais il doit se prononcer rapidement. Parce qu'au fond, si vous souhaitez avancer le calendrier, il doit avancer la date de...
Oui, c'est sa liberté. Moi, je ne veux pas lui mettre la pression en disant qu'il faut qu'il dise maintenant. Il est libre.
Mais par contre, il faut que notre calendrier, il soit calé sur une seule chose, la nécessité de gagner l'élection présidentielle. En même temps, une fois que Ségolène Royal a annoncé sa candidature, beaucoup de voix se sont fait entendre à droite, plutôt ravies de cette candidature. On voit bien évidemment les sous-entendus sur le thème de nouveau la division à gauche.
Oui, moi, je crois que la droite rit jaune. D'abord, en général, elle n'est pas avare de coups contre Ségolène Royal. Ce qui montre que la droite sait à quoi s'en tenir par rapport aux qualités, au courage de Ségolène Royal, qui n'a pas peur de prendre des coups, d'ailleurs, en entrant en campagne dès maintenant.
Et puis, j'ai observé que d'autres gens à l'UMP, d'ailleurs, avaient dit hier, dans les débats internes à l'UMP, méfiez-vous, les socialistes seront unis en 2012. Et je crois que c'est très juste. Hier, c'était la séance des questions d'actualité.
Je vous propose d'en écouter un extrait. Monsieur le député Durand, vous avez raison. Voilà, bien.
Alors, il y a deux volets dans votre question. Je vous en prie. Il y a une question d'égalité que vous soulevez.
Et puis, il y a la situation des autres autres. La réponse du ministre est attendue par beaucoup de nos compatriotes. Il y a effectivement, je vous en prie, 921 millions de chiffres d'affaires en 2009.
Pourquoi les députés socialistes, dont vous faites partie, j'imagine que vous étiez là hier, vous empêchez Frédéric Lefebvre, secrétaire d'État, de répondre à une question en le hulant ? D'abord, moi, je n'ai pas participé à ce chahut. Vous le regrettez, ce chahut ?
Globalement, le chahut à l'Assemblée nationale, je pense, ne donne pas une très bonne image de la fonction des députés. Après, ce qu'on peut dire peut-être sur Frédéric Lefebvre, c'est qu'il a lui-même été tellement excessif dans ses propos tellement caricaturales qu'effectivement, les députés socialistes sont irrités et lui rendent la monnaie de sa pièce. D'accord, parce que c'est la deuxième fois, déjà la semaine dernière, lors des séances de questions, il avait eu le droit au même traitement, donc à chaque fois, il aura le droit à ce traitement.
Non, ça, je ne le crois pas. François Rebsamen, sénateur, maire de Dijon, était à votre place hier, il vous a posé une question. Delphine, j'ai vu que tu avais demandé à ce que les 22 propositions que nous faisons sur la sécurité soient affinées, améliorées.
Ce qui m'intéresserait, c'est que tu y prennes ta part en me disant sur quel point elle mérite d'être améliorée. Merci. Alors très rapidement, puisque le temps nous presse, sur quel point il faudrait améliorer les propositions sur la sécurité du Parti socialiste ?
En partie sur nos propositions en matière de sanctions et de justice. Dans quelle mesure ? Dans la mesure où, là, le texte à l'heure actuelle reprend trop ce qu'était la politique qui a été menée entre 97 et 2002 et qui n'a pas marché.
Et moi, je crois qu'il faut des solutions nouvelles en termes de fermeté de la sanction au premier délit, dès qu'il y a un passage à l'acte, pour qu'on ne se retrouve pas dans la situation dans laquelle on est aujourd'hui, où il n'y a rien entre l'impunité et la prison. Donc ça pose notamment la question de toutes les formes d'éloignement, d'encadrement, notamment militaire. Mais surtout, ça pose le problème, je pense, d'avoir une vraie justice de réparation en France et des vraies peines de réparation.
Les internautes vous ont posé beaucoup de questions, notamment sur la sécurité. L'une d'elles, je la résume, sur la vidéosurveillance. Est-ce que vous êtes favorable au développement de la vidéosurveillance ?
Oui, quand c'est nécessaire. Notamment, c'est très efficace, par exemple, dans les transports en commun. Maintenant, la vidéosurveillance n'est pas une recette magique, une baguette magique face à l'insécurité.
Et surtout, elle ne peut pas se substituer à la nécessité d'une présence humaine, en particulier policière, et en particulier dans les quartiers où aujourd'hui l'insécurité est la plus endurcie. Delphine Bateau, merci beaucoup d'avoir répondu à nos questions. A demain pour un nouveau talk.
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Delphine Batho