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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 24 juin 2024 22 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalImmigration & asileSolidarités & famille

Atmosphère de fin de règne : révélations sur la "guerre des conseillers" à l'Élysée

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 90 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 25 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:28OuverteÉludée

    Est-ce qu'on peut penser qu'Emmanuel Macron a bel et bien tenu ses propos sur son conseiller mémoire ?

  • 13:24OuverteRéponse partielle

    Pourquoi Franck Louvrier s'est-il mis dans une telle colère face au rédacteur en chef de Politis ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:46InvitéFait
    « Je prépare ça depuis des semaines et je suis ravi. Je leur ai balancé ma grenade dégoupillée dans les jambes. »
  • 4:32InvitéFait
    « Macron a dû se tenir en retrait. Et il a aussi démenti les propos du président de la République sur un possible arrêt de l'assurance chômage. »
  • 8:15InvitéChiffre
    « c'est du gros rouge qui tâche, il en faut toujours un peu, ça a choqué 10 000 personnes à Paris, grand max »
  • 16:43InvitéFait
    « Si c'était le cas, je vous assure, je rejoindrai le premier parti de France, qui est celui de l'abstention. Parce que bien évidemment, il n'est pas question que je donne une voix aux extrêmes, ni à l'extrême gauche ni à l'extrême droite. »

Temps de parole

  • Invité66 %
  • Présentateur19 %
  • Invité 210 %
  • Invité 33 %
  • Invité 42 %

0,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Le Média à la place de CNews ou BFM ? Oui ou non ?

0:04
Invité

Rendez-vous sur tnt.lemédiatv.fr

0:06
Présentateur

Salut à toutes et à tous, regardez les Indiscrets de Nils Wilke, programme que nous testons au Média et qui sera sur la grille de la saison prochaine et peut-être sur la TNT si vous, notre public, vous nous en donnez les moyens. Nous avons déjà récolté plus de 100 000 euros. Donnez-nous les moyens de créer ensemble la télé du futur, la télé de celles et ceux qui ne la regardent plus.

Allez nous soutenir sur tnt.lemédiatv.fr L'idée de ce programme, c'est de regarder derrière le rideau de fumée de la communication politique et de vous donner à voir le croisement entre ambitions personnelles, tactiques et stratégies, idées de fonds et impostures idéologiques, de voir de près le théâtre d'ombre qu'est la politique quand elle change la vie ou quand elle tente de maintenir les privilèges acquis. Et le taulier de ce programme, c'est Nils Wilke, journaliste indépendant, journaliste politique. Jusqu'au bout des doigts, il recueille les confidences des politiques de tous bords.

Et aujourd'hui, nous allons parler de l'atmosphère de fin de règne au sein de la Macronie, de la campagne désastreuse de la ministre Agnès Pannier-Runacher dans le Pas-de-Calais où elle a été hasardement parachutée, et de la colère étudiée de Franck Louvrier face au rédacteur en chef de Politis sur France Info. Salut Nils ! Salut ! Salut à toutes et à tous ! Alors, les fuites sur l'état d'esprit d'Emmanuel Macron et les plans de guerre plus ou moins insensés qu'il ourdirait se multiplient, ce qui le rend nerveux et accrédite la thèse d'une atmosphère de fin de règne dans sa cour. Par exemple, ces propos assez ravageurs, supposément prononcés par Emmanuel Macron, ont fuité.

1:46
Invité

Je prépare ça depuis des semaines et je suis ravi. Je leur ai balancé ma grenade dégoupillée dans les jambes. Maintenant, on va voir comment ils s'en sortent.

1:55
Présentateur

Nils, est-ce qu'on peut penser qu'Emmanuel Macron a bel et bien tenu ses propos, qui sont quand même d'un cynisme assez terrible, et pourquoi laisse-t-il entendre au fond que son conseiller mémoire, Bruno ou Roger Petit, serait un peu mythomane ?

2:10
Invité

Oui, de toute façon, tu sais, ils ne sont pas seulement terribles, ces propos. Ils sont aussi d'une grande vulgarité, finalement. Mais je te confirme que ces propos, c'est du pur Macron. Et puis, c'est les mots aussi d'un pompier pyromane, parce qu'il a lui-même fait sauter la banque avec la dissolution. Dans son propre camp, c'est la panique. À droite, c'est un champ de ruines désormais. Et puis, les seuls qui se froissent les mains, quand même, c'est l'extrême droite pour le moment, même si, évidemment, le nouveau fond populaire s'est rapidement levé. D'ailleurs, à la grande déconvenue du président, qui comptait sur l'éparpillement de la gauche.

Mais, tu sais, tout est scénarisé à l'Élysée, y compris ces fameux scolaires contre ses conseillers, dont le monde, ici, se fait l'écho. Et derrière, c'est Bruno Roger Petit qui est à la manœuvre, comme le montre l'article du Monde, puisque Macron, effectivement, s'est emporté contre son conseiller. Il l'a, notamment, privé de sortir en hélicoptère. C'est bien triste. Et la vraie question, aujourd'hui, qui se pose en Macronie, c'est quand même le positionnement de Bruno Roger Petit, qu'on appelle aussi BRP, puisqu'il est là depuis le début, quand même, à l'Élysée, depuis 2017.

C'est l'un des rares rescapés du premier quinquennat, puisque toute la bande de mormons, comme on les appelait, se sont enfuis et se sont reconvertis dans le privé. Lui est resté, et c'est lui, notamment, qui a scénarisé, mis en scène, le plan de com' de Gabriel Attal lors de son arrivée à Matignon. Bon, je n'ai pas besoin de rappeler aux médias et à tous ceux qui nous regardent et qui nous suivent, les articles et reportages quand même très élogieux sur Gabi, comme on le surnomme. Et ce qui est intéressant, c'est que le bureau de Bruno Roger Petit est situé dans l'aile Madame, juste à côté de celui de Brigitte Macron à l'Élysée.

Donc, c'est Brigitte Macron, évidemment, qui protège ce conseiller, qui aujourd'hui est devenu un peu, disons, explosif pour Emmanuel Macron. Et on peut se demander, finalement, quel est le véritable employeur de BRP ? Et c'est ce que m'explique une source, quand même, qui est très régulière, très fiable, voilà, dans la Macronie. Et on peut noter aussi un deuxième mouvement stratégique qui, à mon avis, a son importance, c'est que Gabriel Attal a pris ses distances avec Emmanuel Macron récemment. Il a obtenu, après un entretien avec le président lundi dernier, juste après l'annonce fracassante de la dissolution de menée campagne pour les législatives. Donc, Macron a dû se tenir en retrait.

Et il a aussi démenti les propos du président de la République sur un possible arrêt de l'assurance chômage, comme on en avait parlé dans notre première émission. On va voir une séquence qui est absolument formidable lors d'un déplacement en marge des commémorations de l'appel du 18 juin qu'il présidait mardi au Mont Valérien, où il surnomme Gabriel Attal son petit frère, regardez. Voilà, et donc on pense forcément, je ne sais pas, pour les plus anciens, ça fait résonner des souvenirs, notamment la chanson d'Aiam, Petit Frère. Petit frère n'a qu'un souhait devenir grand. Petit frère, regrandir trop vite.

Et d'ailleurs, vous pouvez observer l'inquiétude de Gabriel Attal quelques minutes après, qui demande donc au gamin qu'il lui a parlé de ce que le PR, le président de la République lui a dit, et qui veut avoir évidemment plus d'informations. Regardez. Donc on peut dire qu'il y a quand même une lutte d'influence entre Emmanuel Macron et son clone, Gabriel Attal, comme il se surnomme. Mais il y a pire, outre ces propos qui sont quand même très méprisants sur la dissolution, il y a Macron qui emprunte désormais le vocabulaire de l'extrême droite. Regardez ce qu'il a dit en déplacement sur l'île de Saint. Et puis de l'autre côté, à l'extrême gauche, c'est quatre fois pire en termes de coups.

Et puis il n'y a plus de laïcité. Ils reviennent sur les lois d'immigration qu'on a faites, qui permettent quand même de réguler, et qu'on doit maintenant mettre en œuvre. Et puis il y a des choses complètement ubuesques, comme par exemple l'échanger de sexe en mairie. Alors ces propos ont suscité un tolé à gauche ? Ah bah oui, oui. Et puis il y a un tolé à gauche, et mérité d'ailleurs, puisque c'est quand même des propos qui sont très violents pour les personnes trans, mais aussi au sein de la Macronie, ça c'est plus original, parce que, bon, on dit souvent que les macronistes sont des playmobiles, voilà, c'est un peu le running gag, si tu veux, sur les réseaux sociaux, mais c'est pas vrai.

Et puis les macronistes, pour certains, viennent de la gauche, d'autres de la droite. Voilà, il y a plein de transfuges, et donc il y a une myriade, en fait, de chapelles. C'est ça qui constitue la Macronie. Et tu sais, sur les boucles télégrammes des macronistes, les élus et les militants se demandent ce qui arrive à leur président, qui a assuré en 2022, quand même, lors de la présidentielle, qu'il fallait respecter les personnes trans, et surtout que leur vie ne devait pas être rendue plus complexe par des procédures administratives, si elles sont inutiles, déclarait-il alors dans un entretien têtu.

Je peux te dire que, sur ces boucles, c'est vraiment la stupéfaction et puis la désapprobation qui dominent, d'autant que Macron est entouré de personnes LGBTQIA au quotidien. C'est vraiment pas un secret, de Matignon à l'Élysée, on parle du gay pouvoir, donc c'est d'autant plus étonnant. Et donc, dans ces boucles de militants et d'élus, il y a marqué « il faut dédire », donc s'inscrire en faux contre le président de la République publiquement, comme l'écrit un cadre dans une boucle. Un autre écrit « c'est désarmant ». Il y a aussi une personne trans qui est très en colère, qui fait partie pourtant de Renaissance et qui dit que c'est tout à fait inacceptable.

Mais Macron l'assume, comme me l'a assuré ma source à l'Élysée, j'en parlais sur Twitter X hier, voici. Et pire, loin de présenter des excuses, l'Élysée assure désormais que le président a bien préparé son intervention pour taper sur la gauche, et donc sur les personnes trans, comme l'ont révélé nos confrères du Parisien dans cet article. Et alors, il cite une source, « c'est du gros rouge qui tâche, il en faut toujours un peu, ça a choqué 10 000 personnes à Paris, grand max », explique l'un de ses fidèles auprès du journal.

Et alors, on peut se dire quand même, quel mépris pour les personnes trans, qui sont réduites finalement à des anormalités à Paris, alors qu'elles sont présentes dans toute la France, comme en témoigne le dynamisme associatif, le succès des marches contre la transphobie chaque année. Et tu sais, c'est d'autant plus pervers que sa propre femme, Brigitte, est traînée dans la boue par des rumeurs qui font d'elle une femme trans, donc on la surnomme Brigitte Tronieu sur les réseaux sociaux.

Et Macron fait ses déclarations pile au moment du procès en diffamation intenté par sa femme contre une pseudo-médium et une fausse journaliste qui ont propagé ces fausses rumeurs, qui sont à l'origine de ces fausses rumeurs. Le procès se tenait mercredi après-midi à Paris. Et donc, on peut dire que pour beaucoup de ses soutiens, Macron a franchi aujourd'hui toute la ligne rouge.

9:08
Présentateur

Ça veut dire qu'en fait, c'est vraiment l'homme sans conviction, d'une certaine manière.

9:12
Invité

Oui, c'est-à-dire qu'il retourne sa veste en fonction des événements. Là, il a senti, en tout cas, il n'a pas de réservoir de voix à gauche puisqu'il a méprisé, piétiné les électeurs de gauche et les partis de gauche pendant ces deux quinquennats, ou en tout cas le premier et le début du second. Et donc, il sent bien qu'il a le vent en face, comme disent les stratèges politiques. Et donc, effectivement, que ce soit sur ses propos, sur les personnes trans, mais aussi sur le programme remigrationniste du Nouveau Front Populaire, on peut voir qu'il emprunte désormais, sans vergogne, sans complexe, fidèle à lui-même, tout le vocabulaire de l'extrême droite.

9:52
Présentateur

Et on peut se dire qu'à ce petit jeu-là, on préférera toujours l'original à la copie. Eh bien, en tout cas, c'est ce que montrent les sondages. Agnès Pannier-Runacher, c'est la ministre déléguée auprès du ministre de l'Agriculture, anciennement ministre déléguée à l'Industrie et dont l'histoire retiendra ce discours totalement habité.

10:13
Invité

J'aime l'industrie parce que c'est un des rares endroits au XXVIIIe siècle où on trouve encore de la magie. La magie de l'atelier où on ne distingue pas le cadre de l'ouvrier, où on ne distingue pas l'apprenti de celui qui a 30 ans d'expérience, où on ne distingue pas celui qui est né en France il y a 40 ans et celui qui est arrivé par l'accident d'une vie il y a quelques jours.

10:41
Présentateur

Agnès Pannier-Runacher, qui, on le rappelle, est la fille du fondateur d'une entreprise liée à Perenco, numéro 2 français du secteur pétrolier, et qui a été engluée dans une affaire sordide de comptes dans des paradis fiscaux en 2022, une autre forme de magie. Magie, Nils, mais en fait, ne nous égarons pas. Tu voudrais nous parler d'autre chose à propos de cette ministre ?

11:04
Invité

Oui, on peut dire que la campagne d'Agnès Pannier-Runacher, à l'image de celle de la Macronie, prend l'eau, Théo. Ce n'est pas moi qui le dis, en fait. C'est une grande partie de la Macronie qui s'en amuse, d'ailleurs, en cette ambiance de fin de règne. La ministre, elle ne s'est pas rachutée dans la deuxième circonscription du Pas-de-Calais. Alors, on se demande si c'est du courage, comme le disent ses soutiens, ou une absence de jugement, comme l'expliquent les autres. Et dans sa circo, c'est aussi le fief de Marine Le Pen qui a été élu triomphalement député. Alors, Bardella, en plus, aux Européennes, a fait 47,46 % des voix le 9 juin. Donc, voilà.

Et près de 36 %, donc, dans la seconde circonscription qu'elle vise, contre 16 % pour la liste de Valérie Ayé aux Européennes. Ça te donne un peu le climat. Tu peux voir cette très, très belle photo, ce selfie pris devant la préfecture du Pas-de-Calais où elle dépose sa candidature avec l'une de ses collaboratrices et un éminent macroniste qui me confie méchamment « Espérons que les électeurs ne votent pas pour le chien et ne se trompent pas par rapport à Agnès Pannier-Runacher ». Donc, ça donne une idée, quand même, de l'ambiance en Macronie. Au niveau local, de toute façon, c'est un parachutage qui passe très, très mal. Le référent des jeunes avec Macron du 62 a claqué la porte.

Il soutient un candidat sans étiquette. Donc, ça te donne un peu l'ambiance. Ça chauffe. Et le maire d'Ara, qui est quand même le premier magistrat et de manière générale, qui est, je dirais, un peu la figure politique du point, parle carrément d'une immense connerie. Le dit non seulement à la presse régionale, mais aussi sur Twitter, sur les réseaux sociaux, comme tu peux le voir à l'écran. Il balance. Il balance salement, même, on pourrait dire. Et c'est d'autant plus ironique que la ministre, en plus, l'a reçu à plusieurs reprises et la surtraiter, comme on dit dans le vocabulaire de l'exécutif.

Alors, pour les téléspectateurs qui nous regardent et qui se demanderaient ce que ça veut dire, surtraiter, en fait, on dit traiter quelqu'un au niveau administratif, c'est-à-dire qu'on reçoit quelqu'un et surtraiter quelqu'un, c'est vraiment le recevoir avec les honneurs. En plus, Agnès Panier-Runacher a fait l'effort de surtraiter le maire d'Ara, c'est-à-dire qu'elle l'a reçu à plusieurs reprises avec les honneurs au ministère de l'Énergie. Et tu vois un peu le résultat. Ça ne l'a pas empêché de critiquer vivement sa candidature.

Alors, la ministre, en plus, qui fête ses 50 ans cette semaine, bon anniversaire, elle n'a pas eu de cadeau et sa magie ne touche manifestement pas les électeurs du Pas-de-Calais.

13:24
Présentateur

– Dernier sujet, tu vas nous parler d'une figure de la droite bien connue au niveau national, Franck Louvrier, le maire LR de La Baule, que l'on voit sur tous les écrans pour réagir aux annonces d'Emmanuel Macron, dont il est proche, mais aussi pour décrypter la communication des politiques. La semaine dernière, on l'a vu sur France Info pour critiquer le programme du nouveau Front populaire.

13:47
Invité

– À partir du moment où vous n'avez plus d'état-major, vous devriez tout seul. – Vous devriez appeler vous, vous devriez appeler vous à ça. – Vous savez, localement, ce que l'on a fait, c'est qu'on a fait un pacte républicain de non-agression vis-à-vis des candidats républicains. Ça a été très simple. Voilà ce qui s'est passé sur mon département, ce qui se passe sur d'autres départements, comme vous le disiez à juste titre, sur les Hauts-de-Seine. Parce qu'à un moment donné, il faut se débrouiller tout seul, parce qu'à partir du moment où votre formation politique explose en morceaux, et que vous n'avez plus de ligne directrice, chacun prend ses responsabilités.

Et j'espère que la gauche prendra ses responsabilités, comme la droite la prend très clairement au niveau républicain. Monsieur soit le représentant du Front populaire, je peux l'admettre. Mais franchement, quand on a un pays qui a plus de 3 000 milliards de dettes, vous croyez qu'on peut avoir un programme pareil ? Non, mais à un moment donné, la différence… – Qui a délégué les caisses de l'État ? – Monsieur, monsieur, monsieur, moi, je suis élu par vous. Donc moi, j'essaye d'être crédible dans mes interventions et dans mes discours. Vous, vous pouvez raconter n'importe quoi, il n'y a pas de problème. – Mais ne soyez pas des objets non plus. – Non, vous l'êtes, je suis désolé.

Donc quand vous en racontez n'importe quoi, vous l'êtes. Vous l'êtes à l'endroit de tous ceux qui nous écoutent. Vous ne pouvez pas dire des choses pareilles. Quand on est aussi endetté, on ne peut pas avoir un programme aussi délirant. Voilà, c'est la réalité. – Mais augmenter le SWIC, ce n'est pas une bonne idée ? – Augmenter le SWIC, ce n'est pas une bonne idée ? – C'est une bonne idée quand on en a les moyens. Voilà, c'est très simple. Vous savez, quand la réalité, elle s'impose, c'est ça aussi le sujet. Donc je pense qu'à un moment donné, on peut être commentateur et puis on peut être acteur. C'est peut-être la différence entre nous deux, monsieur.

15:16
Présentateur

– Alors Nils, pourquoi Franck Louvrier se mettit dans une telle colère face au rédacteur en chef de Politis, Pierre Jacquemin ?

15:24
Invité

– Théo, c'est la question que tout le monde s'est posée et sur le plateau de France Info et par la suite en interne au journal. Mais en fait, il y a une raison que je vais vous dévoiler. Il y a deux Franck Louvrier, il y a le conseiller informel, enfin de moins en moins informel d'ailleurs de Macron, son mauvais génie, diront certains, qui a été l'ancien conseiller en communication de Nicolas Sarkozy. Et puis il y a le maire de La Baule, puisqu'il a un mandat local très effectif. Et donc depuis longtemps, au niveau national, Franck Louvrier se pose en rempart contre l'extrême droite. Il profite de son influence et de son carnet d'adresses long comme le bras pour avancer ses pions.

Au point qu'Emmanuel Macron, conscient de son importance et de son poids réputé médiatique, lui a proposé le Graal, c'est-à-dire de devenir son conseiller en communication lors du début du second quinquennat en 2022. Franck Louvrier a refusé, bien conscient que c'était beaucoup mieux pour lui d'être indépendant et de conserver ses responsabilités au niveau local. Mais il répète, en tout cas dans les médias, qu'une alliance de la droite avec le parti de Marine Le Pen et la ligne rouge à ne pas franchir, donc contrairement à ce que vient de faire Éric Ciotti, il l'a déclaré à plusieurs reprises en 2022 sur France Info ou dans le JDT comme on peut le voir.

Et il y a six jours, il jurait encore que jamais, au grand jamais, il ne voterait pour les extrêmes, c'est-à-dire le Rassemblement National. Regardez. Je n'ai pas de problème de clarification. Si c'était le cas, je vous assure, je rejoindrai le premier parti de France, qui est celui de l'abstention. Parce que bien évidemment, il n'est pas question que je donne une voix aux extrêmes, ni à l'extrême gauche ni à l'extrême droite. Mais ça a toujours été ma vie politique. Ça n'a pas changé. Mais je ne veux pas me mettre dans cette situation, étant donné qu'il y a un premier tour, et que le premier tour, il faut mettre toutes nos forces dans la bataille. C'est ça l'objectif.

Mais moi, je suis désolé, je ne m'amie pas avec des gens qui manifestaient pour soutenir d'une certaine façon le Hamas lors des événements du 7 octobre. Et je ne me m'amie pas non plus à une formation politique qui a toujours été les ennemis du gaullisme. Voilà, c'est très clair. Moi, c'est limpide. Moi, la digue, elle n'a jamais explosé. Je ne vous le dis même pas pour des intérêts personnels. Voilà, sauf que Franck Louvrier, au niveau local, à la boule, ça n'a rien à voir avec le Franck Louvrier au niveau national, comme l'a révélé Politis dans deux enquêtes, dont je suis l'auteur, par ailleurs, modestement.

En janvier dernier, j'ai révélé que son entourage, dont l'un de ses cadres de l'Amérique qu'il a engagé, dont il écrit certains discours, est l'auteur de propos racistes, antisémites et complotistes. Tandis que Franck Louvrier se dit prêt à travailler avec Emmanuel Macron en 2022, Philippe Rouget, son collaborateur problématique, publie à la même période un photomontage du président de la République en tenue de SS avec un brassard franc-maçon, un thème qui revient évidemment en boucle sur son compte en bon complotiste, avec une médaille BFM TV, faisant le salut nazi avec écrit « La dictature en marche ».

En 2020, au plus fort de l'épidémie de Covid, Philippe Rouget publie une avalanche de postes à caractère complotiste et raciste. Il qualifie Macron de « Kim Jong-sung élyséen ». Et il compare les parisiens réfugiés à la boule, donc la ville de Franck Louvrier, à des insectes nuisibles. Ça te donne un peu la teneur du personnage.

Et ce monsieur auprès de Politis a reconnu les faits très tranquillement en expliquant qu'il n'avait pas fait de quenelle à Franck Louvrier, je le cite, et que depuis, il continue de travailler pour Franck Louvrier à la mairie, malgré une deuxième salve de révélations de Politis, de ma part, qui montrent qu'il n'est pas un cas isolé et qu'au moins l'un des autres conseillers municipaux est aussi issu de l'extrême droite et un nostalgique du franquissement. Alors, note que l'enquête a été très peu reprise au niveau national, malgré sa solidité, puisque les deux auteurs des faits ont reconnu leurs écrits et leurs propos.

Et ça peut s'expliquer par une raison, c'est que Franck Louvrier est un grand pourvoyeur d'informations et d'indiscrétions chez les journalistes, notamment au Canard Enchaîné, mais dans d'autres médias politiques. Et donc, on peut dire que, voilà, la corporation n'a pas partagé notre enquête comme il leur est fallu.

19:16
Présentateur

Alors, c'est une sorte de manière de se protéger pour les politiques, de donner quelques biscuits aux journalistes ?

19:22
Invité

Oui, c'est souvent le cas. Alors, bon, je ne suis pas là pour faire le procès de nos confrères.

19:27
Présentateur

Bien entendu, en plus, c'est le rôle des journalistes de recueillir des informations.

19:32
Invité

Il faut faire la balance, si tu veux, entre ce qui peut nous servir dans le cadre de notre travail et des informations qu'on peut recueillir sur un personnage et qui ne nous semblent pas essentielles à l'information du grand public. Là, en l'occurrence, de savoir que quelqu'un qui conseille directement Emmanuel Macron, il est quand même là aux remises de Légion d'honneur, aux décorations. Il est invité dans des dîners très exclusifs à l'Élysée. Il est à la table du président avec Pierre Charon, notamment, ou Bruno Roger Petit, dont on a parlé auparavant. Donc, c'est un personnage qui compte, évidemment, à l'Élysée, en Macronie.

Et ce serait absurde, en fait, c'est absurde de ne pas en parler davantage de cet entourage absolument problématique qui règne avec lui sur la boule. D'autant plus qu'il y a une autre bombe qui se prépare contre Franck Louvrier. Oui, oui. Alors, Franck Louvrier, il a d'autres raisons. Il n'a pas fini de se mettre en colère, puisqu'il y a un ouvrage intitulé, je cite, « Boboland et la ville des vacances », qui va paraître sur sa gestion de la boule et qui est écrit par nul autre que son ancienne DRH à la mairie et qui s'annonce explosif. Je te lis un extrait du résumé.

Dans une cité balnéaire imaginaire, un petit élu local, avide d'argent, mais surtout de gloire et de pouvoir, se prend pour un dieu tout-puissant. Son rêve, devenir ministre voire président, sa principale arme, la communication, ses moyens, la tyrannie, les médias qu'il manipule, tiens donc, une équipe de bras cassés, tiens donc, prétentieux, méchants et alcooliques. Sa stratégie, instaurer une dictature, voilà, qui ne va pas arranger les affaires de Franck Louvrier. Alors, selon mes informations, le maire qui est en congé fait actuellement plancher le service communication de la mairie sur ce bouquin.

21:09
Présentateur

Et on va voir ce qu'on va voir. Alors, merci Nils et merci à vous d'avoir regardé cette émission qui est dans sa phase de test. Dites-nous ce que vous en avez pensé en commentaire si vous nous regardez par YouTube et via e-mail si vous nous regardez à la télévision. Le Média, vous le savez, est engagé dans une course de fonds qu'il emmènera au mois de juillet devant l'ARCOM où nous serons auditionnés pour obtenir un canal sur la TNT. Le défi est immense pour nous aider à le relever. Rendez-vous sur tnt.alemédiatv.fr Restez connectés au Média.