Nicolas Poincaré : Que s'est-il réellement passé à Dijon ? - 17/06
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« un garçon de 16 ans a été agressé par des dealers du quartier populaire des Grésil. »
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« Le garçon a été passé à tabac, on lui a mis un pistolet dans la bouche et on lui a donné des coups de crosse sur la tête. »
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« des Tchétchènes de toute la France se sont donnés rendez-vous à Dijon pour donner une leçon. »
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« Ils sont une centaine, ils sont masqués, armés de barres de fer, de battes de baseball et ils se retrouvent effectivement dans le centre de Dijon. »
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« Ils investissent un bar à chicha qui s'appelle le Black Pearl et qui est considéré par eux comme le quartier général des dealers. »
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« Ils saccagent le bar et blessent trois personnes. »
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« Les policiers, eux, sont à peine deux dizaines. »
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« on a presque fini, on est venu régler une petite affaire, ne vous en mêlez pas, on n'a rien contre vous. »
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« Ils étaient au moins 200. Et vers minuit, une voiture est passée devant ce fameux bar, supposé être celui des dealers. »
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« Et les occupants de cette voiture ont ouvert le feu. Le gérant a été blessé par balle. »
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« Ils ont, à ce moment-là, brûlé des voitures et détruit du mobilier urbain. »
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« Hier soir, à Dijon, il y avait des CRS, des gendarmes mobiles, des brigades anticriminalités de la police, et même des hommes des forces d'élite du RAID. »
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« Emmanuel Macron a demandé au ministre de l'Intérieur d'envisager l'expulsion de ceux qui seront arrêtés, s'ils sont en France avec le statut de réfugiés. »
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« Le 17 avril, dans la résidence des Chênes, deux Tchétchènes ont été blessés à l'arme automatique. »
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« Le 11 juin, c'était l'inverse, deux Tchétchènes qui ont été arrêtés pour avoir blessé un homme au couteau. »
- 4:39PrésentateurFait
« Dimanche soir, il y a eu des coups de feu dans la cité des Liserons. »
- 4:57PrésentateurFait
« À Rouen, en mai, des dizaines de Tchétchènes ont voulu se faire justice après déjà une histoire d'agression d'un de leurs enfants. »
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« On a aussi eu à Troyes une bagarre qui a opposé 50 Tchétchènes à des Africains. »
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Vous écoutez RMC, expliquez-nous. Bien, le calme est revenu à Dijon, on a vu le déferlement d'hommes politiques de tous bords qui sont arrivés à Dijon pour nous faire de grandes déclarations sans connaître la situation. C'est un grand classique, on commence maintenant à y voir un peu plus clair. Et Nicolas Poincaré, ce matin, vous nous expliquez précisément ce qui s'est passé. Que s'est-il passé réellement à Dijon depuis mercredi dernier ? Alors, on sait que tout a commencé donc mercredi dernier, le 10 juin. Ce jour-là, un garçon de 16 ans a été agressé par des dealers du quartier populaire des Grésil.
Agressé parce que Tchétchène, parce qu'apparemment cette petite communauté à Dijon s'opposait à ces dealers. Le garçon a été passé à tabac, on lui a mis un pistolet dans la bouche et on lui a donné des coups de crosse sur la tête. On a entendu ce matin le témoignage de son père sur l'antenne d'RMC. Le lendemain, le jeudi 11, l'affaire a fait beaucoup de bruit sur les réseaux sociaux et des Tchétchènes de toute la France se sont donnés rendez-vous à Dijon pour donner une leçon. Oui, de France, de Belgique, d'Allemagne aussi. Oui, alors dans un premier temps sur toute France, vous allez voir, il va y avoir un deuxième appel. Alors, le lendemain ?
Le lendemain, on est donc le vendredi soir et c'est ce premier groupe, en tout cas, arrive. Ils sont une centaine, ils sont masqués, armés de barres de fer, de battes de baseball et ils se retrouvent effectivement dans le centre de Dijon. Ils investissent un bar à chicha qui s'appelle le Black Pearl et qui est considéré par eux comme le quartier général des dealers. Ils saccagent le bar et blessent trois personnes. Oui, la police est présente mais la police n'intervient pas. Et non, et pour cause, parce qu'on l'a dit, les Tchétchènes sont un groupe d'une centaine de personnes. Les policiers, eux, sont à peine deux dizaines. C'est le rapport de force qui ne leur permet pas d'intervenir.
En plus, les Tchétchènes ne veulent pas d'embrouilles. Ils vont voir, ils envoient un représentant négocier avec les policiers. En substance, ils leur disent, on a presque fini, on est venu régler une petite affaire, ne vous en mêlez pas, on n'a rien contre vous. La police va lancer tout de même des gaz lacrymogènes mais elle n'a pas les moyens de procéder à des interpellations. Bon, personne n'est interpellé. Le lendemain, samedi dernier, donc, le calme aurait pu revenir. Il aurait pu, parce que les Tchétchènes étaient satisfaits de leur expédition punitive. Ils s'apprêtaient à quitter Dijon après avoir dormi, tout simplement, dans leur voiture.
Sauf que, sur les réseaux sociaux, à ce moment-là, des dealers et d'autres habitants des Grésilles, majoritairement d'origine nord-africaine, ont commencé à lancer des appels à la vengeance. Ils ont commencé à patrouiller dans la ville, à proférer des menaces contre les Tchétchènes de Dijon. Alors, ceux-ci ont mobilisé plus largement. C'est là qu'ils ont appelé leurs amis à venir, donc, de toute la France et même de l'étranger, vous l'avez dit, d'Allemagne ou de Belgique. Et samedi soir, à 23h, de nouveau, ils se sont retrouvés dans le centre de Dijon. Ils étaient au moins 200. Et vers minuit, une voiture est passée devant ce fameux bar, supposé être celui des dealers.
Et les occupants de cette voiture ont ouvert le feu. Le gérant a été blessé par balle. Encore une fois, la police n'a pas eu les moyens humains suffisants pour intervenir. Les incidents se sont poursuivis dimanche et lundi soir. Oui, mais alors, cette fois-là, les Tchétchènes, qui, pour le coup, avaient quitté la ville dans un grand convoi assez spectaculaire, au moins une cinquantaine de voitures qui se suivaient comme ça. Et dimanche soir, ce sont les jeunes de la cité des Grésil, qui, à leur tour, ont investi les rues, émus par les violences qu'ils venaient de subir, et puis furieux que la police ne les ait pas plus défendues.
Ils ont, à ce moment-là, brûlé des voitures et détruit du mobilier urbain. Cette fois, les forces de l'ordre sont intervenues, parce qu'entre-temps, elles avaient eu le temps de se renforcer. Hier soir, à Dijon, il y avait des CRS, des gendarmes mobiles, des brigades anticriminalités de la police, et même des hommes des forces d'élite du RAID. Une grosse démonstration de force, alors que les Tchétchènes n'étaient plus là depuis dimanche matin. Oui, ces hommes, violents et armés, sont tous repartis sans avoir été inquiétés.
Non, il n'y a pas eu d'interpellation dans leur rang, parce que, on l'a dit, les policiers n'en ont pas eu les moyens vendredi et samedi soir, mais l'enquête judiciaire est en cours. Il y a des images, beaucoup d'images, certaines très inquiétantes, où on voit des hommes avec des armes qui tirent en l'air, et il ne fait aucun doute que certains seront identifiés et arrêtés. Hier, Emmanuel Macron a demandé au ministre de l'Intérieur d'envisager l'expulsion de ceux qui seront arrêtés, s'ils sont en France avec le statut de réfugiés. Bien, il y a eu d'autres graves incidents impliquant des Tchétchènes à Nice.
Oui, notamment à Nice, donc ça dure depuis des semaines à Nice, même si on n'en avait pas parlé. Le 17 avril, dans la résidence des Chênes, deux Tchétchènes ont été blessés à l'arme automatique. Le 11 juin, c'était l'inverse, deux Tchétchènes qui ont été arrêtés pour avoir blessé un homme au couteau. Dimanche soir, il y a eu des coups de feu dans la cité des Liserons. Et puis, il y a eu d'autres scènes de grande violence. Ce sont des dealers qui attaquent des Tchétchènes en représailles aux événements de Dijon. Voilà, apparemment, Nice, c'était des représailles à ce qui s'est passé à Dijon.
Et puis, le Figaro a relevé d'autres incidents ailleurs en France, ces dernières semaines ou ces derniers mois. À Rouen, en mai, des dizaines de Tchétchènes ont voulu se faire justice après déjà une histoire d'agression d'un de leurs enfants. On a aussi eu à Troyes une bagarre qui a opposé 50 Tchétchènes à des Africains. Dans le Figaro, le porte-parole de l'Assemblée des Tchétchènes d'Europe, qui s'appelle Shamil Albakov, explique qu'il s'agit le plus souvent d'histoires entre sa communauté et des dealers.
Et il justifie les expéditions punitives en expliquant que les Tchétchènes ont tenu tête à l'armée russe chez eux, dans le Caucase, et qu'ils n'ont pas l'intention de se laisser faire par des racailles chez nous. Sauf que, bon, chez nous, normalement, c'est pas le Far West et c'est pas les vendettats, normalement. Bon, eh bien, merci Nicolas Poincaré. J'ajoute qu'on a vu un défilé de responsables politiques, de majorité opposition, sans connaître le moindre du monde la situation des Tchétchènes et des réfugiés tchétchènes. J'ai vu Laurent Nunez qui promet une extrême fermeté, ils sont arrivés après. Marine Le Pen qui parle de chaos, Eric Ciotti de théâtre de guerre.
Chaque politique est venue commenter la situation, comme c'est toujours le cas, sans apporter aucune réponse, mais strictement aucune réponse.