Missiles en Pologne, conflit en Ukraine... Le discours d'Emmanuel Macron à l'issue du G20 à Bali
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bien, mesdames et messieurs, bonsoir. Je souhaite remercier d'abord le président indonésien, Djoko Widodo, d'avoir organisé ce sommet du G20 et de nous avoir tous réunis ici à Bali. J'en profite pour remercier également l'ensemble de la population. Je sais les contraintes que posent de telles réunions. Je salue à cet égard le rôle majeur que joue l'Indonésie cette année pour la paix et le multilatéralisme et pour la tenue de ce G20. Nous savions tous qu'il s'agissait d'un G20 difficile et nous savions que les discussions seraient impactées évidemment par le contexte politique de la guerre en Ukraine.
Et l'actualité des dernières heures nous a à nouveau montré la sensibilité extrême de la situation. A cet égard, j'ai pu parler ces dernières heures et encore il y a quelques minutes aux autorités polonaises. Je leur ai présenté nos condoléances pour les victimes des tirs de missiles qui ont atteint le territoire polonais hier. Je leur ai dit ma solidarité et nous avons exprimé l'engagement aux côtés de la Pologne pour nous mettre en situation de faire pleine clarté sur ces tirs. Des analyses sont en cours. Nous coopérons avec la Pologne pour savoir exactement ce qui s'est passé et nous le faisons avec l'ensemble des alliés avec lesquels nous nous sommes réunis ce matin.
J'ai également appelé le président Zelensky qui à deux reprises s'est exprimé lors de ce G20 et je lui ai dit la solidarité de la France face aux tirs de missiles massifs subis en particulier durant la journée d'hier qui a été particulièrement difficile. Entre 80 et 100 missiles russes en effet ont été tirés vers des civils, des structures civiles ce qui montre la violence en ce moment même de la guerre et au moment où nous nous réunissions le message très clairement envoyé à dessein par la Russie. Mais comme je le disais, le choix que nous avions fait fort des convictions qui sont les nôtres depuis plusieurs mois était d'éviter toute division du monde dans ce contexte.
Ce n'est pas un sommet du G20 qui décide de la paix ou qui permet d'arrêter une guerre. Mais au moins avions-nous à l'occasion de ce sommet une responsabilité, d'envoyer un message très clair pour éviter toute escalade, d'envoyer un message très clair pour défendre la paix et d'éviter une division, une partition du monde. Et je crois qu'à cet égard, malgré les différences de sensibilité, c'est le message clair qui a été envoyé à la communauté internationale et qui a été envoyé en particulier à la Russie. C'est pourquoi la première conclusion importante de ce sommet est que le G20 n'a pas détourné le regard de la guerre en Ukraine, bien au contraire.
Nos débats sur la base d'ailleurs de propositions que nous avions faites montrent qu'il existe un espace de convergence, y compris avec les grands émergents comme la Chine et l'Inde, pour pousser la Russie à la désescalade. Et ceci dans la droite ligne de ce que la France avait pu défendre à l'occasion de l'Assemblée générale des Nations unies il y a quelques semaines, en septembre. En effet, même si le président Poutine n'était pas venu, le message que lui envoient les plus grandes puissances économiques du monde réunis à Bali est très clair. La grande majorité des membres du G20 condamnent explicitement la guerre en Ukraine. C'est un fait.
Nous l'avons constaté à l'ONU lors du vote de la dernière résolution et le G20 en prend acte. Mais au-delà de la résolution de l'ONU, le communiqué acte aussi au sein du G20, incluant la Chine et l'Inde, que face à la multiplication des crises et des défis globaux, le G20 ne veut pas de la guerre, que le G20 ne veut pas du chantage nucléaire, qu'il juge inadmissible, et que si le G20 est avant tout une instance de coopération économique, tous ses membres affirment qu'il repose aussi sur le respect du droit international. Et comme j'ai eu l'occasion de le rappeler à plusieurs égards, c'est bien le respect et l'effectivité de ce droit international qui est en jeu dans la guerre en Ukraine.
Par ailleurs, en marge du sommet et très clairement au lendemain de la libération de Kherson, nous avons aussi pu voir que les lignes ont bougé. L'occasion nous a été offerte de pouvoir échanger avec le président chinois a très clairement manifesté une volonté là aussi de s'exprimer clairement contre toute escalade nucléaire, mais nous a permis de rentrer plus en détail sur la situation. La Chine peut jouer à nos côtés, j'en suis convaincu, un rôle de médiation plus important dans les prochains mois pour éviter en particulier une reprise des offensives encore plus fortes sur le plan terrestre à partir de début février.
Et j'ai pu échanger avec le président Xi Jinping sur ce sujet, comme sur le principe d'une visite à Pékin début 2023, avec pour objectif d'intensifier notre dialogue sur ce point précis. J'ai pu tout à l'heure également échanger avec le Premier ministre Modi, suivant une ligne très claire, plus de coopération face à tous les défis globaux, une volonté là aussi de réengager une capacité de médiation avec la Russie.
Enfin, je crois que nous avons intérêt à intensifier le dialogue avec les autres partenaires du G20, et c'est l'objectif de la réunion que nous avons tenue lundi soir, donc à la veille du début officiel de ce G20, où nous avons réuni le Sénégal, le président Macky Sal, en tant qu'également président de l'Union africaine, le Rwanda, l'Afrique du Sud, l'Argentine et le Mexique, pour véritablement là aussi créer des convergences et avoir de l'ensemble de nos pays un message clair vis-à-vis de la Russie, d'appel sans équivoque à la fin de cette guerre et au respect du droit international. Vous l'avez compris, sur ce volet, ce G20 a été utile.
Il a permis de marquer des convergences fortes et d'élargir cette coalition pour la paix et un travail diplomatique que nous poursuivrons dans les prochaines semaines et les prochains mois. Deuxième objectif de ce G20, à mes yeux, était le sujet alimentaire, car, vous le savez, et j'avais eu l'occasion d'ailleurs de le dire dès le mois de mars dernier, en marge d'un sommet de l'OTAN, le principal risque de court et de moyen terme de cette guerre est évidemment la déstabilisation de nos chaînes alimentaires. Compte tenu de ce que la Russie et l'Ukraine représentent sur le plan de marché des céréales comme des engrais, cette guerre déstabilise le monde entier.
Sur les céréales, alors que les marchés anticipaient une crise majeure en raison du blocage de la mer Noire, nous avons agi ces derniers mois, apporté des réponses, et ce G20 a permis de les pérenniser. En effet, je veux ici rappeler que l'Union européenne, d'abord, a permis, avec ce qu'on appelle les corridors de solidarité, d'exporter depuis le mois d'avril près de 15 millions de tonnes de céréales hors d'Ukraine. Ces corridors représentent 60% des volumes de céréales qui ont été sortis de la région. Il y a eu ensuite l'accord négocié cet été sous l'égide des Nations unies, et qui a permis à date de sortir près de 10 millions de tonnes depuis le mois d'août.
Le résultat, c'est que depuis le mois d'avril dernier, les prix alimentaires ont pu ainsi rebaisser. Et nous sommes en train de retrouver les voies et moyens de garantir des flux réguliers de sortie des céréales. Et alors que la Russie menaçait de mettre ce mécanisme en péril, conduisant à une nouvelle remontée des prix céréaliers, le G20 a envoyé un message très clair au président Poutine. Et il y a eu un travail important de discussion technique sous l'égide des Nations unies et du secrétaire général, que je remercie pour cela. L'accord sur l'exportation de céréales en mer noire doit impérativement être reconduit à la fin de cette semaine. Plusieurs modalités techniques ont été précisées.
Il sera reconduit tacitement. On a donné une perspective, justement, pour poursuivre ce travail. Ce qui veut dire que nos dispositifs, tels qu'actés depuis le mois d'août dernier, vont pouvoir se poursuivre. Et les différentes routes que nous avons ouvertes permettent de sortir des céréales comme nous le faisons aujourd'hui depuis l'Ukraine. Sur la question des engrais, nous avons aussi avancé depuis la réunion stratégique que nous avions convoquée à New York en septembre dernier, en actant lors du forum de Paris sur la paix la semaine dernière à Paris, avec le partenariat alimentaire mondial, un nouveau corridor pour acheminer des engrais russes de l'Europe vers l'Afrique.
Les premières cargazons seront livrées dès la semaine prochaine. Et la France contribuera financièrement. Nous venons de mobiliser 7,5 millions d'euros. Et cela fait partie des facilités très concrètes et du plan d'urgence que nous avions acté en septembre dernier. Et alors que la Russie a annoncé ces derniers jours sur sa volonté de mettre en place des nouvelles taxes sur les exportations d'engrais, le G20 a là aussi passé un message très clair. Il serait irresponsable d'imposer des obstacles au commerce agricole.
Et nous avons pris une option là aussi très claire pour accroître la transparence des marchés, notamment à travers le mécanisme du G20 Amis, qui avait été lancé sous présidence française du G20 en 2011, et qui doit permettre des échanges d'informations sur les stocks et les flux agricoles, y compris les engrais. Et je veux également saluer le travail de l'Organisation mondiale du commerce qui a rendu ses conclusions conformément aux commandes que nous avions passées il y a quelques mois et qui là aussi permet de suivre tous les mécanismes et de lever les mécanismes qui font obstacle à la libre circulation, soit des produits agricoles, soit en particulier des engrais.
Nous avons pu tenir également hier soir une réunion technique avec le FMI, la Banque mondiale, les Européens et l'Union africaine, pour continuer d'avancer sur les mécanismes de transfert, de circulation dans la durée, mais surtout de développement de capacités africaines de production d'engrais, et en particulier d'engrais durables. C'est conforme à la stratégie et à l'esprit de la stratégie FARM que nous avions lancée dès le mois de mars dernier.
Voilà donc pour le deuxième volet principal de ce G20, celui qui concerne donc la sécurité alimentaire internationale, avec là aussi des messages clairs, des conclusions claires et la pérennisation en particulier de certains mécanismes qui pourra en découler, je le crois, très concrètement. Le troisième grand message de ce G20 est un message de solidarité à l'égard du Sud. En effet, ce G20 se devait d'être un G20 de solidarité et la présidence indonésienne puis la présidence indienne ont à coeur évidemment que le G20 tienne ses promesses. Nous l'avons dit là aussi très clairement, les pays les plus pauvres ne doivent pas payer le prix fort pour une guerre qu'ils n'ont pas voulue.
Depuis le sommet de Rome l'année dernière, nous avons fait des progrès considérables qui montrent là aussi que le G20 permet d'avoir des résultats concrets. Vous vous en souvenez sans doute, tout au moins je l'espère, au mois de mai 2021, la France avait lancé une initiative en sortie de Covid pour aider au financement en particulier des économies africaines.
C'est après que nous ayons lancé avec le FMI en novembre de l'année qui précédait l'initiative de lancer une émission de droit de tirage spéciaux du FMI, c'est à ce moment-là que nous avons pris la décision de lancer une initiative visant à réallouer les droits de tirage spéciaux des pays les plus riches pour aller vers les pays qui en avaient les plus besoin avec cet objectif d'un équivalent de 100 milliards de dollars vers les pays les plus vulnérables et ceux qui en avaient le plus besoin, en particulier le continent africain, mais plus largement. Cet objectif affirmé en mai 2021 à Paris a été endossé lors du G20 de Rome à l'automne et nous avons pu en faire le point.
Nous sommes aujourd'hui à 81,6 milliards de dollars de droits de tirage spéciaux qui ont été réalloués. C'est un résultat d'ores et déjà tangible qui est le fruit de nos initiatives, de notre capacité à mobiliser la communauté internationale, qui a permis de manière très concrète à des pays comme le Rwanda, les Barbades ou d'autres d'accéder à des programmes du FMI à des conditions très préférentielles en termes à la fois de taux, de durée, 20 ans, mais aussi de délai de tolérance de 10 ans avant le début des remboursements, mais aussi d'alimenter les programmes permettant d'assister les pays qui sont les plus fragiles sur le plan financier.
Et donc, nous avons rappelé simplement chacun à ses devoirs. Pour passer des 81,6 au 100, il faut que celles et ceux qui se sont engagés à faire les 20 % de réallocation le fassent et que les quelques retardataires du club puissent les rejoindre. Nous souhaitons aussi continuer d'améliorer techniquement les choses avec un travail qui se poursuit avec le Fonds monétaire international, mais dont je veux ici saluer la mobilisation et l'inventivité financière.
J'ai souhaité par ailleurs, face à la situation que nous vivons, qui s'est dégradée pour ces pays en développement comme ces pays à revenus intermédiaires, que nous allions plus loin, et la France a pris l'engagement avec quelques autres de pouvoir réallouer 30 % de nos droits de tirage spéciaux ou de faire un effort financier équivalent.
De la même manière, ce G20 a permis d'avancer sur le plan de la restructuration des dettes des pays les plus fragiles, ce qui est un élément clé de la solidarité, là aussi sur la base de ce que, sur le plan justement de ce chantier finance du G20, nous avions mis en place avec un cadre commun, une approche commune de la dette, d'arriver à des restructurations.
Nous venons d'obtenir en G20 un premier accord historique entre le club de Paris et les émergents, et en particulier la Chine, sur la restructuration de la dette tchadienne, ce qui a permis en particulier de restructurer cette dette et la dette privée de ce pays, ce qui est important, et de mettre donc en application le cadre que nous avions décidé. Nous allons continuer sur cette voie et nous souhaitons pouvoir aller plus loin.
Toutefois, je l'ai dit à Charmaine Cher, la multiplication des crises, la pandémie, la guerre en Ukraine et ses conséquences, l'accélération aussi du changement climatique nous oblige à aller plus loin et à créer les conditions d'un véritable choc de financement vers le sud. Pour une raison simple, c'est que nous ne pouvons pas demander à ces pays de soutenir le multilatéralisme si celui-ci n'est pas en capacité de répondre à leurs urgences vitales.
A cet égard, fort des résultats que je viens d'évoquer et des discussions que nous avons pu avoir lors de ce G20, j'ai annoncé la tenue en juin prochain à Paris d'une conférence internationale sur le nouveau pacte financier avec le Sud qui aura pour vocation de pouvoir faire un point d'étape sur les droits de tirage spéciaux, l'objectif de 30% que j'évoquais, mais toutes les voies et moyens d'accroître la solidarité financière vers le Sud, d'avancer sur le programme de réforme des institutions financières internationales. Il y aura un rendez-vous important lors des journées de printemps.
Et donc à l'issue des journées de printemps, du G7 qui se tiendra au Japon, nous pourrons ainsi lors de cette conférence pour le nouveau pacte financier tirer toutes les conclusions. Mais très clairement, nous devons sortir d'un statu quo pour les pays les plus pauvres et mobiliser massivement le secteur privé, en tout cas le mobiliser bien davantage pour la révolution énergétique, agricole et industrielle et desserrer une partie des contraintes dans l'accès au financement qui sont aujourd'hui posés.
Et nous devons, dans le cadre de ce nouveau pacte financier également, intégrer la question de la vulnérabilité climatique, ce qui est la manière dont nous voulons traiter de la question des pertes des préjudices qui, comme vous le savez, est au cœur de Charmelscher. Nous entrons dans l'ère de l'urgence climatique et nous ne pouvons pas ignorer ce qui se passe, ce qui s'est passé au Pakistan ces derniers mois que nous avons tous vus, ce que plusieurs pays à revenus intermédiaires peuvent subir, qui sont des chocs massifs liés au dérèglement climatique. Aujourd'hui, rien dans nos règles financières internationales ne prend en compte ces critères.
Et donc notre volonté est de pouvoir intégrer la vulnérabilité climatique comme un élément qui permettrait justement d'activer des mécanismes financiers spécifiques et de permettre à ces pays, dans des conditions qui seront définies dans les prochains mois, et nous avons mandaté à cet égard un groupe des Sages en marche de Charmelscher avec la Première ministre des Barbades, pour pouvoir avancer techniquement, et bien de pouvoir définir des conditions qui nous permettront d'activer de tels mécanismes.
Sur ces trois points au moins, nous travaillerons avec nos partenaires, l'Union africaine, mais aussi la Barbade qui porte le sujet des pertes et dommages, l'Inde qui aura la présidence du G20 l'année prochaine, les Etats-Unis qui auront sur tous ces sujets un rôle majeur à jouer pour faire bouger les lignes, et évidemment en étroite coordination avec le Japon qui aura la présidence du G7. Enfin, malgré la guerre, et c'est le quatrième point que je souhaitais faire parce que c'est un axe important de ce G20, nous avons continué d'avancer en matière de climat et de biodiversité.
C'est en effet crucial, je l'ai redit à la COP27, nous devons, nous ne pouvons sacrifier nos engagements sous la menace énergétique de la Russie et parce qu'il y a la guerre. Et donc, ce G20 a été un G20, si je puis dire, de confirmation et même de clarification en matière climatique. Confirmation parce que nous n'avons pas cédé de terrain depuis Rome et Glasgow, le G20 reste engagé sur les accords de Paris et en particulier sur la cible des 1,5 degrés Celsius qui suppose de mettre à jour nos trajectoires nationales, nos stratégies nationales. Mais nous avons progressé également au moins à deux égards.
D'abord, par un engagement clair sur la sortie progressive du charbon qui doit être notre première priorité. Et c'est la première fois que le G20 a, de manière aussi claire, pris une position sur la sortie du charbon. Ce qui correspond exactement à la stratégie que je rappelais il y a quelques jours en Égypte et qui est en effet notre priorité à l'international si nous voulons tenir nos objectifs.
Et le deuxième élément de clarification, c'est qu'après le partenariat sur la transition énergétique pour l'Afrique du Sud que nous avons là aussi finalisé à Charmelscher, c'est l'Indonésie qui a donc signé un tel partenariat en marge du G20 auquel la France sera partie prenante avec des financements que nous mettons à contribution. Et là aussi, c'est un esprit de cohérence. C'est en marge de Glasgow que nous avions lancé ces partenariats pour justement aider les grands émergents à sortir du charbon. Nous avons avancé très vite avec l'Afrique du Sud et nous l'avons finalisé en Égypte.
Nous le lançons avec l'Indonésie et nous en avons finalisé le premier tour de table en marge de ce G20 et nous allons poursuivre ainsi le travail. Je pourrais être plus long encore, je pourrais mentionner que la santé a été un sujet aussi au coeur de ce G20 et je pense que là aussi c'est un esprit de cohérence. Alors que nous sortons de la pandémie, nous n'abandonnons pas l'effort et nous avons réinsisté sur les mécanismes en particulier de prévention et de préparation aux crises avec la consécration de ce fonds dit FIF sur lequel nous apporterons une contribution de 50 millions de dollars.
La confirmation aussi des initiatives de transfert de technologies vers les pays les plus fragiles ou les pays émergents. La France a été à l'initiative au printemps 2021 de transfert de technologies pour les vaccins RN messagers vers l'Afrique avec en particulier le hub sud-africain. J'étais aux côtés du président Ramaphosa pour ce faire.
Le G20 a très clairement réaffirmé cette stratégie et réaffirmé des financements internationaux pour ce faire et donc la stratégie santé de solidarité d'une stratégie prévention et d'une stratégie One Health a été confortée et nous avons aussi en particulier dans les formats finance réaffirmé notre volonté de parachever la taxation internationale et la reprise en particulier sur le premier pilier qui est un aspect très important comme vous le savez là aussi d'initiative que la France depuis plusieurs années a poursuivie.
Au total vous l'avez compris ce G20 à Bali nous montre que malgré les tensions et les risques de division le multilatéralisme et la défense de la paix continuent de prévaloir car c'est l'intérêt de tous. La Russie n'a pas souhaité s'isoler face à une majorité de fait au G20 sur ce point et au-delà des négociations pendant ces deux jours de sommet et dans les jours qui ont précédé au niveau de nos chers pas la Russie doit désormais entendre le message qui lui a été très clairement envoyé par la communauté internationale ici réunie et revenir à la table des négociations. Ce G20 nous montre aussi que nous sommes dans un monde en recomposition.
A bien des égards cette guerre interroge les règles de la gouvernance nos propres institutions internationales et c'est aussi pour cela que nous avons souhaité prendre l'initiative d'une réforme de nos institutions financières pour l'année prochaine mais nous devons aller plus loin c'est aussi pour ça que la France soutient l'intégration pleine et entière de l'Union africaine au G20 ce qui est un élément clé de cette recomposition si nous voulons pleinement prendre en compte une solidarité à l'égard du Sud nous devons accepter que l'Union africaine comme l'Union européenne l'est soit autour de la table.
Voilà les quelques mots que je souhaitais avoir en conclusion de ce G20 en félicitant la présidence indonésienne et le président Djokowi pour tout le travail fait son accueil et pour avoir réussi à porter pas simplement ce message d'unité mais des avancées très concrètes qui vont dans le sens de l'unité et la rendre plus effective à l'issue de ce sommet qu'avant. Je vais maintenant répondre à vos questions.
Merci.
Une première question de Bénédicte Tassar pour RTL.
Monsieur le Président bonjour. Bonjour. A propos du missile qui est tombé sur le territoire polonais on a bien compris qu'il fallait être prudent sur l'origine de ce missile on entend bien aussi les soupçons américains sur un incident ukrainien on entend la Russie qui démont être à l'origine de ce missile mais d'un autre côté on entend monsieur Zelensky dire que ce missile est un message de la Russie au G20 alors a-t-il des arguments qu'il vous a fait connaître des informations et est-ce que vous pouvez nous en donner un peu plus ? Merci.
Merci beaucoup.
D'abord je n'ai pas d'informations qui m'aient été transmises par le Président Zelensky j'ai échangé avec lui mais je sais à peu près ce que vous venez de dire mais ceci signifie deux choses il y a eu hier une journée terrible pour l'Ukraine et le peuple ukrainien il y a eu plus de 85 missiles qui sont tombés sur le sol ukrainien sur des cibles je le rappelle ici civiles c'est-à-dire des personnes des infrastructures civiles et donc oui c'est un message très clair et comme souvent à chaque fois qu'il y a un recul militaire sur le terrain il y a eu une offensive aérienne redoublée de la part de la Russie et donc la journée d'hier fut une journée terrible pour l'Ukraine et le peuple ukrainien dans ce contexte il y a eu ces deux missiles tombés sur le sol polonais avec deux victimes et je redis ici notre solidarité nos condoléances au peuple polonais aujourd'hui les circonstances ne permettent pas d'attribuer ces tirs et donc je resterai extrêmement prudent je sépare ce qu'a subi l'Ukraine il y a eu ensuite deux tirs qui sont tombés sur le sol polonais aujourd'hui nous ne pouvons pas les attribuer il y a en effet des premiers travaux qui ont été partagés par les Etats-Unis d'Amérique mais il nous faut rester très prudents et donc nos services travaillent en lien en particulier avec les services américains et britanniques et en coopération très étroite avec les polonais pour expliciter toutes ces circonstances et lorsqu'elles seront clarifiées il nous appartiendra collectivement de communiquer en bon ordre et dans le bon cadre mais voilà il y a en tout cas eu ça c'est un fait plus de 85 tirs de la Russie sans aucun doute sur l'Ukraine le sol ukrainien contre les populations ukrainiennes il y a eu deux missiles qui sont tombés sur le sol polonais maintenant il faut qu'on fasse la clarté et aujourd'hui c'est surtout un moment de solidarité d'amitié de condoléances à l'égard de la Pologne et de son peuple et ça montre des très grands risques de déstabilisation qu'emporte aussi cette guerre oui une question de Valérie Leroux pour l'AFP on va venir vous inquiétez pas
oui monsieur le président vous avez évoqué ces tirs massifs de la Russie hier sur le territoire ukrainien est-ce que tout ça se l'est passé au premier jour du sommet du G20 est-ce que vous l'avez vécu comme une provocation de la part de la Russie envers les dirigeants principaux dirigeants du monde réunis ici et dans ces conditions est-ce que vous comptez toujours appeler le président Poutine dans ces circonstances et pour aborder quel sujet
vous savez je ne vais pas je regarde les faits je ne suis pas sûr qu'il s'agisse d'une provocation à l'égard des membres du G20 quand bien même ce serait cela ça n'en change pas la nature ce sont les victimes et les dommages qui sont terribles en soi et comme je l'évoquais ça fait maintenant plusieurs semaines qu'il y a une intensification des tirs qui sont faits par la Russie sur l'Ukraine en particulier depuis que la contre-offensive ukrainienne dans le Donbass porte ses fruits et donc évidemment d'abord nous le condamnons avec la plus grande fermeté nous condamnons ce changement de nature je l'évoquais il y a plusieurs semaines puisque là très clairement les cibles sont des cibles civiles et des infrastructures civiles et elles vont bien au-delà des territoires contestés mais le fait que cela se passe pendant le G20 ne change en rien la gravité de ce qui est fait par la Russie mais ne doit en rien non plus changer dans notre volonté comme je le disais de bâtir la paix et de ramener tout le monde autour de la table donc je vous le confirme la France à chaque fois que cela sera utile continuera de discuter évidemment avec l'Ukraine comme je l'ai fait tout à l'heure avec le président ukrainien nous le faisons sans cesse mais également avec la Russie parce que je le redis et je constate d'ailleurs que de plus en plus de monde vient à cette position nous devons tout faire pour aider l'Ukraine à résister c'est aussi pour cela que nous tiendrons le 13 décembre prochain à Paris deux conférences une conférence pour la résilience civile ukrainienne et aider à la reconstruction des infrastructures civiles et à passer l'hiver et une conférence économique pour mobiliser les entreprises mais aussi vrai que nous devons tout faire pour aider l'Ukraine à résister à se défendre militairement à supporter cette guerre d'un point de vue humanitaire nous avons toujours défendu le fait que cette guerre trouverait une issue négociée et donc ça suppose que la France continue de parler aussi avec la Russie ce que nous continuerons de faire
If you may state your name in media please My name is Patrick Winter from The Guardian Russia and the Chinese presidents have both said The Chinese and Russian presidents have both said they have a partnership without limits In your discussions with the Chinese president did you urge him to set some limits in relation to Ukraine that go beyond and him indicating he's not in favor of a nuclear escalation and did you have any success success in that endeavor and related to that do you think if China did say something more it would have an effect on Russia
Je pense qu'il y a deux éléments clés pour la Chine qui marquent en soi une limite le premier il est connu depuis les déclarations que nous avons faites en format dit P5 en janvier dernier c'est à dire les cinq membres permanents du conseil de sécurité des Nations Unies dont la Chine c'est une condemnation très ferme de l'utilisation du nucléaire sous quelque forme que ce soit et donc la Chine a toujours mis cette limite et donc cette limite a toujours prévalu dès avant le début de la guerre la deuxième c'est que la Chine a constamment rappelé nous l'avons largement évoqué hier le président Xi Jinping a toujours été très clair sur ce point elle appelle à la paix elle a cessé les conflits enfin je constate que dans toutes les déclarations qui sont faites par le président chinois et dans les discussions que nous avons il y a un attachement profond et que je sais sincère de la Chine et de son président à la charte des Nations Unies et il se trouve que dans les principes de cette charte il y a le respect de l'intégrité territoriale et de la souveraineté des états et donc pour ces raisons je n'ai aucun doute que ce sont des limites au partenariat parce qu'aujourd'hui c'est la Russie qui parfois agite avec une certaine ambiguïté le sujet nucléaire c'est la Russie qui a lancé la guerre et c'est la Russie qui a violé l'intégrité territoriale de l'Ukraine ce sont des limites assez robustes à ce partenariat je n'ai pas le micro Mounia Daoudi pour RFI vous êtes où ?
oui vous aurez le micro aussi pardon Mounia Daoudi pour RFI
Monsieur le Président vous avez évoqué la solidarité avec les pays du Sud la sécurité alimentaire et notamment la reconduction de cet accord céréalier est-ce que vous pouvez préciser cette nouvelle initiative concernant les engrais et est-ce qu'il a été question d'énergie puisque c'est un fardeau important pour les pays du Sud et puis petite question vous avez rencontré également Paul Kagame à plusieurs reprises au cours de ces deux jours la situation s'est considérablement dégradée dans l'est du Congo que peut faire la France pour une désescalade ?
alors sur le premier point nous avons sur les engrais à peu près la même approche que sur les céréales la première réponse d'urgence c'est de sortir les gaz disponibles ou les composantes pour les engrais pour que le marché puisse refonctionner normalement c'est ce que nous je l'évoquais nous avons réalisé ces derniers jours avec le programme alimentaire mondial ce que nous allons poursuivre des corridors exactement comme nous faisons pour les céréales pourquoi ?
parce que la plupart des engrais qui ne sont pas dits durables et dont l'Afrique a besoin pour son modèle agricole et je le dis ici sans jugement de valeur parce qu'elle en consomme moins à l'hectare que nous n'en consommons nous en Europe nous avons une stratégie de sortie mais on ne peut pas demander aux Africains par exemple de sortir plus rapidement que nous et de renoncer à leur productivité il y a un besoin de développement donc il y a un besoin de gaz pour pouvoir les produire et donc de sortie soit de composantes soit de ces engrais arrangés soit potasse d'ammoniaque etc et donc réponse première ce que nous faisons avec le programme alimentaire mondial on l'a fait depuis plusieurs pays depuis les Pays-Bas et depuis l'Estonie on va poursuivre le travail depuis d'autres Pays-Baltes sortir des engrais pour qu'ils puissent retrouver le continent africain les volumes qu'on a sortis il y a quelques jours vont vers les Malawi par exemple pour n'en citer qu'un la deuxième chose c'est de pouvoir accroître les capacités de production substitutives il y a des acteurs qui existent l'office chérifien des phosphates des acteurs européens ou d'autres c'est de permettre avec mobilisation des financements et capacité à produire plus de produire davantage sur le court terme pour faire face à cette crise et réduire la dépendance à la Russie et puis le troisième levier c'est dans la durée de produire davantage d'engrais sur le continent africain et évidemment de produire au maximum des engrais durables c'est-à-dire qui ne dépendent pas uniquement de gaz naturel il y a plusieurs modèles et donc à cet égard c'est très cohérent avec là aussi ce qu'on a fait sur les vaccins ça va être de développer des centres de production des hubs comme on dira en bon français pour aider à consolider une production africaine il y a des capacités de production au Maroc il y en a au Sénégal il y en a au Nigeria et donc ce qui a été décidé hier c'est un travail en lien avec l'Union africaine le FMI et la Banque mondiale de cartographier les besoins de court terme pour les premiers et deuxièmes volets et de cartographier nos capacités de moyen terme pour développer dans les prochains mois ces capacités de production et donc nous le financer nous Européens avec le FMI et la Banque mondiale sur la question de l'énergie elle est liée même si la question des engrais comme vous l'avez vu est au fond plus large la plupart des pays africains aujourd'hui sont frappés de plein fouet par le coût de l'énergie et ils le sont sur leur modèle productif pour une partie dans les conséquences agricoles d'autres productifs mais ça frappe de plein fouet leur budget puisqu'ils sont obligés d'accompagner leur population pour les protéger de ces effets là et c'est aussi pour ça qu'on a besoin de ce choc de financement vers le sud parce qu'aujourd'hui on a beaucoup de ces pays qui sont une pression budgétaire parce qu'ils utilisent le budget de l'Etat pour faire face à ce choc je dirais un peu sur le modèle de ce que nous faisons avec une fragilité financière bien plus grande et donc nous avons besoin nous de continuer à les aider ça contribue si je puis dire de l'initiative que c'est aux prémices de l'initiative que je présentais tout à l'heure ensuite sur la situation à l'est de la République démocratique du Congo et les tensions avec le Rwanda comme vous le savez en septembre dernier j'avais réuni les présidents Kagame Tshikedi en marche de l'Assemblée Générale sur ce sujet j'ai reparlé à l'un à l'autre ces derniers jours et j'ai également parlé au Président Routot et je remercie ce dernier pour sa mobilisation et son engagement il y a je crois un chemin possible engageant la région sur la base du processus de Nairobi que nous soutenons et donc ce que nous sommes en train de faire c'est en lien étroit avec les Nations Unies et sous l'égide de ces derniers de permettre le déploiement de forces régionales à grande composante à court terme kenyan mais plusieurs puissances de la région ont aussi marqué leur disponibilité pour pouvoir stabiliser plusieurs villes en particulier Bounagana et quelques autres et permettre ainsi un retrait des forces en présence du M23 et surtout pouvoir réengager un processus politique qui doit être la priorité dans le traitement de ces tensions je sais pouvoir compter sur l'engagement et du Président Kagame et du Président Tshisekedi dans cette période et je veux ici très solennellement remercier le Président Routot pour sa mobilisation politique mais l'engagement aussi de ses forces et la France continuera à être aux côtés de ses initiatives une dernière question alors il y a une question alors je ne vais pas pouvoir tout faire une question Catherine de Canco de TF1 alors prenez une question là et l'Iran j'ai promis
Monsieur le Président Catherine Gentile de Canco de TF1 LCI vous l'avez rappelé en fait la France depuis le début était pour une solution négociée concernant le conflit en Ukraine ce qui avait valu d'ailleurs des critiques à la France parce que certains pays considéraient qu'il ne fallait pas parler à Vladimir Poutine aujourd'hui notamment après toutes ces rencontres dans le sein du G20 est-ce que vous avez l'impression que c'est une position qui a marqué des points et que maintenant on en arrive d'une manière plus globale à cette idée d'une solution négociée
j'ai la conviction que la seule position qui peut rassembler la communauté internationale est celle-ci c'est la seule et je me félicite qu'en effet plusieurs pays aient envoyé des messages très clairs en ce sens et quoi qu'aidant en particulier l'Ukraine envoyer un message clair sur le fait qu'à un moment donné il faudra rouvrir des canaux de discussion je pense que c'est à la fois l'esprit de responsabilité et le réalisme mais le chemin de la négociation n'est pas incompatible avec celui de la résistance et donc il faut c'est ces temps-là qu'il faut pouvoir réarticuler il y a à court terme une indispensable résistance ukrainienne sinon l'Ukraine sans la bravoure de ce peuple la résistance de son armée et l'aide internationale en particulier des européens des américains aurait sans doute été défaite et donc il faut saluer la bravoure de ce peuple qui défend aussi le droit international et son propre droit la priorité à court terme est de poursuivre cette résistance et de les y aider mais c'est aussi de construire le chemin à un moment d'une négociation je pense que l'articulation de ces temps a progressé et qu'il y a aujourd'hui sans doute un consensus plus large qui s'est forgé autour de cette position que nous avons toujours défendue et de ce qui n'est pas une équidistance entendons-nous bien mais qui est la volonté de parler à tout le monde d'avoir un choix clair mais de savoir qu'au moment même où la guerre se fait sans être partie prenante au conflit nous avons une responsabilité qui est de préparer la paix c'est exactement aujourd'hui la position qui me paraît être tenue par les Etats-Unis d'Amérique ou le Royaume-Uni ou l'Allemagne mais c'est également le cœur des discussions que j'ai pu avoir avec le président Erdogan avec le président Xi Jinping ou avec le Premier ministre Modi les trois auront l'important et je souligne ici aussi la longue discussion que nous avons eu avec le président Erdogan qui joue un rôle très utile aussi à cet égard allez une toute dernière sur l'Iran je reviendrai sur le Brésil je vous promets on en fera une fois
président Macron thank you so much for your time it's Alreza Mohibi from Iran International TV recently you met a delegation of prominent exiled Iranian women and human rights activists and praised women's revolution in Iran which was really warm welcome by the Iranian people can we say that we are watching a change in the policy of the French government in relation to the current situation in Iran and the Islamic Republic thank you
je vois un changement certain dans la situation sur le terrain et je vois d'abord une agressivité croissante de l'Iran une agressivité à notre égard par des prises d'otages inadmissibles une agressivité régionale par les actes très agressifs qui ont été fait et les bombardements ces derniers jours sur le sol irakien ça c'est un état fait et j'appelle véritablement l'Iran à revenir au calme et à l'esprit de coopération la France a toujours respecté les dirigeants le peuple aussi iranien nous avons toujours été dans une approche de discussion de respect je pense que les choix qui ont été faits ces derniers mois ne vont pas dans ce sens du côté de l'Iran et donc j'appelle au retour au calme au respect de la stabilité régionale au respect aussi des ressortissants français ensuite l'autre chose qui a changé c'est cette révolution des femmes et de la jeunesse iranienne qui défend nos valeurs un principe universel je dis non je ne parle pas de la France ils sont universels ils sont aussi ceux de notre charte des Nations Unies l'égalité entre les femmes et les hommes la dignité de chaque être humain je pense qu'il était tout à fait légitime là aussi respectant pleinement la souveraineté de l'Iran de saluer le courage et la légitimité de ce combat voilà ce que je pouvais vous dire aujourd'hui maintenant je crois que nous allons devoir y aller puisque nous devons rejoindre Bangkok pour le sommet de la PEC et je reviendrai sur le reste merci beaucoup merci à vous
merci à vous merci à vous merci à vous
Emmanuel Macron