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InterviewRMC — Face à Face (sur Podcast)· 9 juin 2020 6 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéJusticeInstitutions & élections

Nicolas Poincaré : Une impunité dans la police ? - 09/06

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 70 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 81 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:04OuverteRéponse directe

    Expliquez-nous.

  • 0:06OuverteRéponse directe

    Expliquez-nous Nicolas.

  • 0:10OuverteRéponse directe

    Nous allons revenir sur les propos de Christophe Castaner qui a annoncé hier une série de mesures.

  • 0:50OuverteRéponse directe

    Christophe Castaner promet une tolérance zéro pour les actes ou les paroles racistes.

  • 1:20RelanceRéponse partielle

    Une suspension envisagée pour chaque soupçon avéré.

  • 2:38OuverteRéponse directe

    Est-ce que ça veut dire qu'il y avait jusqu'à présent une forme de tolérance, une impunité pour les violences policières ou le racisme dans la police ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:54InvitéFait
    « Christophe Castaner promet une tolérance zéro pour les actes ou les paroles racistes. »
  • 1:55InvitéFait
    « Sont-ils suspendus, ces policiers ? Pas à l'heure où on parle. »
  • 2:47InvitéFait
    « On ne peut pas parler d'impunité, parce qu'il y a régulièrement des condamnations, des suspensions, des révocations. »
  • 3:09InvitéChiffre
    « L'an dernier, il y a eu 1600 procédures qui ont été conduites contre des policiers, plus de la moitié pour violence, une trentaine seulement pour racisme, et 39 agents ont été exclus à vie de la police. »
  • 3:56InvitéChiffre
    « Il a traité de près de 4000 réclamations contre des policiers. Et dans 36 cas, il a jugé que les faits étaient graves et méritaient des sanctions. »
  • 4:07InvitéFait
    « Aucun de ces 36 policiers concernés par ces cas n'a été sanctionné. »

Temps de parole

  • Invité73 %
  • Présentateur22 %
  • Invité 25 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC. Expliquez-nous. Voilà, expliquez-nous Nicolas. Nous allons revenir sur les propos de Christophe Castaner qui a annoncé hier une série de mesures. Je vais lui demander des précisions tout à l'heure. Le ministre de l'Intérieur espère rétablir la confiance dans la police. Ce n'est pas comme ça du jour au lendemain avec une conférence de presse ni une intervention ici qu'il va rétablir la confiance dans la police. Il y a vraiment une forme de défiance. Il y a une défiance aujourd'hui, Linda Kebab. Entre la police et la population.

0:31
Invité

Oui, il y en a une, mais je pense qu'elle n'est pas si grande que ça. Mais en revanche, elle est très mise en avant par les pros des réseaux sociaux, par les politisés, par ceux qui ont toujours fait de la police l'alpha et l'oméga du mal français. Les origines des frigos vides et de la pauvreté, la ghettoïsation des minorités, la crise du logement et de l'emploi, c'est la police.

0:50
Présentateur

Bien. Alors, Christophe Castaner promet une tolérance zéro

0:54
Invité

pour les actes ou les paroles racistes. Oui, c'est la promesse. Le racisme n'a pas sa place dans la police. Il faut le combattre et s'en donner les moyens. Je cite, donc le ministre de l'Intérieur annonce ce qu'il appelle des décisions fortes. Désormais, chaque soupçon avéré, alors soupçon avéré, c'est un peu particulier comme expression, mais on comprend ce qu'il a voulu dire. Chaque soupçon avéré de racisme de la part de policiers donnera lieu à une suspension et il y aura des sanctions disciplinaires en plus des possibles poursuites pénales.

1:20
Présentateur

C'est même plus compliqué. Une suspension envisagée pour chaque soupçon avéré. Oui, c'est ça. C'est compliqué, ça. Un soupçon avéré. On va voir. On comprend l'idée. Oui, on comprend l'idée.

1:31
Invité

En tout cas, Christophe Castaner a donné hier trois exemples. L'affaire des policiers de Rouen qui tenaient des propos odieux sur un groupe WhatsApp. On a entendu ces propos la semaine dernière sur l'antenne d'RMC. Ce n'était pas seulement des paroles racistes, mais bien des appels à la guerre raciale, même des propositions de s'échanger des armes et des grenades dont des faits extrêmement graves. Eh bien, ces policiers vont passer en conseil de discipline. C'est ce qu'a annoncé hier Christophe Castaner. Sont-ils suspendus, ces policiers ? Pas à l'heure où on parle. Mais on nous annonce qu'ils seront bientôt jugés en conseil de discipline.

Deuxième exemple donné par le ministre, les deux policiers filmaient à l'île Saint-Denis, en région parisienne, après avoir repêché dans la Seine un migrant. Ils plaisantaient entre eux en disant « Un bico, ça ne s'est pas nagé ». Eh bien, ces deux policiers-là sont déjà suspendus. Enfin, troisième exemple cité par le ministre, ce groupe Facebook dont on a beaucoup parlé, qui réunit 8000 personnes, dont de nombreux policiers, et dont les propos racistes étaient partagés. Eh bien, une plainte a été déposée, une enquête judiciaire est en cours. Voilà les trois exemples donnés par le ministre pour parler de ce qu'il appelle cette nouvelle tolérance zéro.

2:36
Présentateur

Et depuis, on a découvert un nouveau groupe sur Facebook. Bien. Est-ce que ça veut dire qu'il y avait jusqu'à présent une forme de tolérance, une impunité pour les violences policières ou le racisme dans la police ?

2:45
Invité

Alors, je crois qu'on ne peut pas parler d'impunité, parce qu'il y a régulièrement des condamnations, des suspensions, des révocations. Là encore, le ministre a cité un exemple. Il a parlé de ces policiers marseillais qui avaient pris un migrant et qui étaient allés le déposer en pleine nuit, très loin de Marseille, et qui ensuite avaient menti pour se couvrir. Eh bien, ces policiers ont été, très récemment, condamnés à des peines lourdes, à plus de trois ans de prison ferme et incarcérés. L'an dernier, il y a eu 1600 procédures qui ont été conduites contre des policiers, plus de la moitié pour violence, une trentaine seulement pour racisme, et 39 agents ont été exclus à vie de la police.

Oui, mais pas pour racisme.

3:22
Présentateur

Non, non, non. On ne sait pas, on n'a pas les chiffres d'ailleurs. Combien de policiers ont été révoqués pour propos ou actes racistes ? Je n'ai jamais eu ce chiffre-là. Je demanderai à Christophe Castaner. Je ne veux pas tout révéler maintenant, parce qu'il écoute. Il va préparer ses fiches. Mais combien ? On ne sait pas. Personne ne sait dans ce pays. C'est vrai. Le défenseur des droits, Jacques Toubon, explique tout de même qu'il n'a jamais pu obtenir des sanctions contre les policiers.

3:47
Invité

Oui, Jacques Toubon, qui va bientôt quitter ses fonctions et qui a raconté hier qu'en six ans de mandat, il a traité de près de 4000 réclamations contre des policiers. Et dans 36 cas, il a jugé que les faits étaient graves et méritaient des sanctions. 36 cas sur 4000, c'est très peu. Seulement, le problème, c'est qu'aucun de ces 36 policiers concernés par ces cas n'a été sanctionné. En l'occurrence, il parle donc d'impunité. Et puis, il y a d'autres exemples d'impunités récents et très emblématiques. Oui, mais lesquels ?

Alors, par exemple, les policiers impliqués dans l'affaire Théo, ce garçon sans casier judiciaire qui a été gravement blessé par un coup de matraque à l'anus à Aulnay-sous-Bois en 2017. Eh bien, ces quatre fonctionnaires sont mis en examen pour violences volontaires en réunion et même pour viol en ce qui concerne l'un d'entre eux. Eh bien, à l'heure où on parle, ces policiers sont toujours dans la police. Ils ont été suspendus à un moment puis réintégrés. Deuxième exemple, un commissaire de Toulon qui a été filmé en train de boxer au visage, un homme qui était tenu par un autre policier pendant une manifestation des Gilets jaunes.

Une enquête judiciaire est en cours depuis un an et demi maintenant, mais aucune sanction disciplinaire n'a été prise contre ce commissaire. Puis, il y a le cas d'un autre commissaire dont on parle beaucoup et qui a souvent fait parler de lui. Il dirigeait les opérations la nuit de l'affaire de l'île Saint-Denis lorsque les deux hommes ont parlé de ses bicots qui ne savaient pas nager. C'était lui qui dirigeait les opérations. Il était auparavant en poste à Aulnay-sous-Bois le jour où Théo a reçu un coup de matraque très violent et très mal placé dont on parlait.

Et puis, en 2004, il a participé à l'arrestation d'un suspect à Paris, un homme qui a été sorti de sa voiture, tabassé et abandonné, le pantalon et le slip baissés avec un enjoliveur de roues de voiture plantés entre les fesses. Ce commissaire, à l'époque, a été jugé et condamné à un an de prison avec sursis pour avoir assisté à ses faits sans intervenir. Une condamnation pénale qui ne l'a pas empêché de poursuivre sa carrière. Aujourd'hui, avec la nouvelle Tolérance Zéro annoncée hier, le ministère de l'Intérieur indique qu'il envisage maintenant de suspendre ce commissaire pour les propos racistes de l'affaire Saint-Denis.

5:52
Présentateur

Bien, merci beaucoup. Merci à vous, Nicolas.