Bourdin Direct du 3 juin - 7h/8h
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:12OuverteRéponse partielle
20 000 personnes rassemblées hier soir à Paris pour dénoncer les violences policières. Des incidents ont éclaté en marge de cette manifestation qui avait été interdite quelques heures plus tôt par la préfecture.
- 0:41OuverteRéponse partielle
Ce sont les proches d'Adama Traoré, jeune homme mort il y a 4 ans après une interpellation, qui ont organisé et maintenu l'événement qui avait démarré dans le calme et qui s'est terminé dans la panique.
- 4:47OuverteRéponse partielle
Comment accueillir plus d'enfants dans les écoles ? Faciliter la vie des parents ?
- 5:55OuverteRéponse partielle
Faire un don de congé aux soignants, des congés transformés en chèques vacances, voilà la mesure adoptée hier soir en première lecture à l'Assemblée nationale.
- 6:51OuverteRéponse partielle
Jusqu'ici, il était question d'interdire les vols jusqu'au 23 juin, sauf motif impérieux. Édouard Philippe a clarifié la situation.
- 10:26OuverteRéponse partielle
Les parents s'impatientent. Les parents ont envie d'envoyer leur enfant à l'école. Pour le bien de l'enfant et pour le bien des parents.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:08InvitéFait
« Expertise Gladys Laffitte, qui conclut que le plaquage par les forces de l'ordre a bien provoqué l'asphyxie du jeune homme de 24 ans. »
- 2:20PrésentateurFait
« Suite à un syndrome asphyxique par plaquage ventral, aucune autre cause du décès n'est identifiée, dit-il. »
- 3:13InvitéFait
« Des expertises judiciaires demandées par les magistrats ont exonéré les gendarmes de toute responsabilité dans la mort d'Adama Traoré. »
- 4:51PrésentateurPromesse
« Edouard Philippe demande aux élus de faciliter la reprise de l'école. »
- 4:55PrésentateurPromesse
« Donner des congés sous forme de chèques vacances aux soignants. »
- 6:17InvitéChiffre
« Si les 25 millions de salariés du privé ou du public donnent chacun un jour, ce serait plus de 2 milliards d'euros qui pourraient être récoltés et donc prendre la forme de ces chèques vacances. »
- 33:33InvitéFait
« Sur les plus modestes, évidemment, quand vous avez beaucoup d'argent sur votre compte, n'êtes pas victime des frais bancaires. »
- 34:36InvitéFait
« Bien souvent, quand ils sont contrôlés par la police, il y a un tutoiement, voire plus. »
- 35:51InvitéFait
« la manière dont Adama Traoré a perdu la vie est inacceptable »
- 41:09Alexis CorbièreFait
« Adama Traoré a perdu la vie aussi en raison parce qu'on l'a plaqué vigoureusement au sol. »
Temps de parole
- Présentateur85 %
- Invité4 %
- Invité 23 %
- Présentateur 23 %
- Invité 32 %
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Vous écoutez RMC. Mercredi 3 juin, l'info sur RMC. Céline Kalman est là pour les infos. Il est 7h01. Céline, bonjour. Bonjour Jean-Jacques, bonjour à tous. 20 000 personnes rassemblées hier soir à Paris pour dénoncer les violences policières. Des incidents ont éclaté en marge de cette manifestation qui avait été interdite quelques heures plus tôt par la préfecture. Les semaines ressemblent à des casse-têtes pour les parents. Edouard Philippe demande aux élus de faciliter la reprise de l'école. Et puis donner des congés sous forme de chèques vacances aux soignants. Feu vert de l'Assemblée nationale hier soir qui a voté cette proposition de loi très critiquée par l'opposition.
Bienvenue à tous sur RMC. Au moins 20 000 personnes rassemblées hier soir aux abords du tribunal de Paris. Des incidents ont éclaté en marge de cette manifestation interdite quelques heures plus tôt. Ce sont les proches d'Adama Traoré, jeune homme mort il y a 4 ans après une interpellation,
qui ont organisé et maintenu l'événement qui avait démarré dans le calme et qui s'est terminé dans la panique. Caroline Philippe. Dans un nuage de gaz lacrymogène, des centaines de jeunes manifestants envahissent le boulevard périphérique parisien. Un feu tricolore s'embrase, s'en suivent des jets de projectiles entre manifestants et forces de l'ordre. Une violence en guise de réplique à celle des policiers, selon Fatoumata et Kevin, venus demander justice pour Adama. Je ne dis pas qu'ils ont raison, loin de là. Mais malheureusement, peut-être que pour se faire entendre, il faut aussi essayer de la manière forte. Comme eux, tout simplement, œil pour œil, dent pour dent.
Ce qui se passe aujourd'hui, c'est historique. Il y en a marre. Tout le monde dit stop. Et tout le monde commence à comprendre ce qui se passe dans le monde. La France et les Etats-Unis, c'est la même chose. Ces tensions, qui ont duré quelques heures, étaient prévisibles, selon Yves Lefebvre, secrétaire général du syndicat Unité SGP-Policefo.
Ce qu'on traînait est arrivé. On sait malheureusement que ce genre de manifestation, qui plus est, quand elle est interdite et légitimement interdite, aboutira obligatoirement à des violences urbaines. Je pense que c'est le détonateur par rapport à ce que nous allons vivre dans les prochains jours et dans les prochaines semaines.
Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a condamné ces débordements. Selon ces mots, la violence n'a pas sa place en démocratie. RMC vous le révélait dès hier soir les résultats d'une nouvelle expertise médicale demandée par la famille d'Adama Traoré. Expertise Gladys Laffitte, qui conclut que le plaquage par les forces de l'ordre a bien provoqué l'asphyxie du jeune homme de 24 ans. Oui, selon le professeur de médecine qui a réalisé ce rapport médical, Adama Traoré est mort.
Suite à un syndrome asphyxique par plaquage ventral, aucune autre cause du décès n'est identifiée, dit-il. Le jeune homme souffrait de plusieurs pathologies, mais ses antécédents médicaux ne constituent pas une maladie évolutive. Il n'est pas démontré que ces pathologies ont contribué à causer son décès, écrit le médecin. Une expertise privée demandée par la famille et non par les juges d'instruction qui ne convainc pas maître Rodolphe Bosslu, l'avocat des gendarmes, placé sous le statut de témoin assisté.
C'est juste un avis médical demandé par la famille dans des conditions absolument opaques, sans transparence. Je ne sais pas comment ce médecin a été choisi, quels sont les documents qu'on lui a donnés. Il y a une justice en France, il faut la respecter. Et ce n'est pas en prenant des positions médiatiques outrées sur des approximations ou des mensonges qu'on va ramener le calme. Voilà, c'est une vraie bataille d'expertise médicale qui se joue dans ce dossier depuis le début pour connaître les causes de la mort du jeune homme. Des expertises judiciaires demandées par les magistrats ont exonéré les gendarmes de toute responsabilité dans la mort d'Adama Traoré.
Les conclusions de la dernière ont été connues vendredi dernier, et c'est suite à cela que la famille Traoré et leur avocat ont fait faire une nouvelle contre-expertise vendredi.
Pour eux, c'est bien le plaquage ventral qui a causé la mort d'Adama, et ils veulent que les gendarmes répondent de leurs actes devant un tribunal. Merci Gladys.
Aux Etats-Unis, tensions toujours palpables, où des couvre-feux ont été instaurées dans de nombreuses villes. Foul immense à Houston, 60 000 personnes au Texas pour rendre hommage à George Floyd, tué par un policier lors d'un plaquage au sol. La mère de sa fille de 6 ans a pris la parole en larmes lors d'une conférence de presse à Minneapolis.
Gianna n'a plus de père. Il ne la verra pas grandir, obtenir ses diplômes. Il ne la mènera pas jusqu'à l'hôtel. Je suis ici pour Gianna, et je suis ici pour George, parce que je veux qu'on lui rende justice.
Je veux qu'on lui rende justice, parce que c'était un homme bon. Peu importe ce que les gens pensent, c'était quelqu'un de bien.
Autre image très forte à Washington, une foule rassemblée devant le Lincoln Memorial. C'est là où Martin Luther King a prononcé son discours « I have a dream » en 1963 face à cette foule, la garde nationale sur les marches du bâtiment.
RMC, 7h05, si vous êtes parent, vous jonglez depuis le 11 mai entre reprises du travail, école un jour, pôle suivant. Bref, un faux rythme infernal pour tout le monde et une semi-reprise. Alors comment accueillir plus d'enfants dans les écoles ? Faciliter la vie des parents ? Hier, Edouard Philippe a appelé les mères à agir pour ouvrir plus largement les établissements.
Romain Cluzel.
Beaucoup d'écoles ouvertes, mais peu d'élèves accueillis et des rythmes de classe très irréguliers. Pour Edouard Philippe, les conditions d'accueil à l'école ne sont pour l'instant pas satisfaisantes. Proposer des demi-journées d'accueil à l'école ou même des journées alternées, c'est d'une certaine façon placer les parents et leurs employeurs dans des situations qui sont parfois quasi impossibles à gérer. On peut prendre en compte cette nécessité qui est une nécessité d'intérêt général pour essayer de faire en sorte que l'accueil des enfants réponde aussi à cette logique.
Le Premier ministre craint une bombe à retardement pédagogique avec des élèves en difficulté, éloignés de l'école depuis plus de deux mois. Il en appelle prudemment aux mères et aux directeurs d'établissement. Il faudra ensuite qu'avec l'évolution de la crise, nous puissions desserrer les taux des conditions sanitaires d'accueil dans les écoles, le faire sans risque bien entendu, mais le faire progressivement de façon à pouvoir permettre le retour d'un plus grand nombre d'enfants dans les écoles. Il y a encore beaucoup de travail, insiste le Premier ministre, avec un objectif en tête, la rentrée de septembre. Faire un don de congé aux soignants, des congés transformés en chèques vacances,
voilà la mesure adoptée hier soir en première lecture à l'Assemblée nationale, Paul Barcelone. Oui, aujourd'hui, donner un jour de congé est possible uniquement envers un collègue ayant en charge un enfant gravement malade ou handicapé. Désormais, en prévenant leur employeur, les salariés qu'ils souhaitent pourront faire don d'un ou plusieurs jours de repos aux soignants des congés transformés via un fonds spécial en chèques vacances.
Concrètement, si les 25 millions de salariés du privé ou du public donnent chacun un jour, ce serait plus de 2 milliards d'euros qui pourraient être récoltés et donc prendre la forme de ces chèques vacances aux yeux du gouvernement, c'est évidemment une aubaine pour relancer le tourisme très touché par la crise. Pour l'opposition de gauche, c'est une mesure obscène compte tenu des difficultés de l'emploi de l'hôpital actuellement. La proposition de loi doit désormais être votée au Sénat.
Merci Paul. Plus besoin de la station pour parcourir plus de 100 kilomètres, vous le savez. Et ça vaut aussi finalement pour la Corse. Jusqu'ici, il était question d'interdire les vols jusqu'au 23 juin, sauf motif impérieux. Édouard Philippe a clarifié la situation. Il a promis de corriger cette incohérence. Un décret doit être pris dans la journée. Mais la nouvelle arrive trop tard.
Le mal est déjà fait pour le président de l'Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamouni.
Une partie du mal est déjà fait puisque un certain nombre de professionnels nous font savoir qu'ils ont reçu de nombreuses annulations. On sait très bien que cette saison va être perturbée. Nous travaillons avec eux pour chercher à concilier les nécessités sanitaires qui sont évidemment impérieuses et les nécessités économiques. Cela donne un petit peu l'image d'une grande improvisation. Cette incompréhension a été manifestée par les professionnels et par les élus de la Corse. Je crois à toutes tendances confondues. Et notez que si vous voulez vous rendre en Italie, à partir d'aujourd'hui, c'est possible. Le pays a rouvert ses frontières.
C'est fait, les listes pour les élections municipales sont figées. Depuis hier soir, il y a eu des accords de dernière minute à Clermont-Ferrand, fusion entre la droite et la République en marche. Même chose à Bordeaux. Agnès Buzyn, candidate à Paris le 10 matin dans la presse. J'y vais pour gagner. Mais mathématiquement, ces chances sont infimes pour Philippe Moreau-Chevrolet.
Communicant, la République en marche ne peut gagner en mettant en avant l'ancienne ministre de la Santé. Le mieux, à mon avis, et d'ailleurs c'est probablement ce que vont faire les militants ou les soutiens, c'est de ne pas parler d'Agnès Buzyn et de faire campagne sur le fait que la République en marche, Emmanuel Macron, c'est bien pour le pays, qu'ils ont bien géré la crise, qu'Agnès Buzyn fera bien le travail pour eux. Et voilà, dissocier la campagne d'Agnès Buzyn
et plutôt faire campagne sur Macron, la République en marche, et essayer de récupérer ce qui peut être récupérable. C'est injouable pour elle, c'est injouable. Ça va être un chemin de croix abominable. On ne comprend pas pourquoi on a imposé ça à Agnès Buzyn. C'est un échec annoncé. Bien, et pourquoi a-t-elle voulu continuer ? Agnès Buzyn sera avec nous tout à l'heure, 8h35, 9h. Ne ratez pas cette idée à vous, parce que je reviendrai évidemment sur la crise sanitaire et sur ces déclarations diverses et variées. Faites-vous partie de ces Français qui ont profité de l'ouverture des bars et restaurants hier ?
Les terrasses ont fait le plein. On pouvait voir la joie sur les visages. Après deux mois et demi de fermeture, impression orgoglie. Hier soir, dans la capitale.
Heureux. Je crois que c'est simple. Le retour, c'est ce qu'on attendait depuis deux mois. Et du soleil, c'est parfait.
C'est déjà bien de se retrouver à l'extérieur, en terrasse, de voir des amis et de manger de la bonne nourriture.
Je suis ravie qu'on retrouve à Paris une vie qui nous a beaucoup manqué pendant deux mois et demi.
Faire manger restaurant avec une amie et en terrasse, ça me fait plaisir. Avec le beau temps et tout qui revient, c'est cool. Ça fait plaisir. On est enfin dehors. On est content d'être là, en tout cas de nos amis, de nos collègues. C'est super. C'était deux mois sans vie et là on ré vit, tout simplement. Parce que là, je l'attendais avec impatience.
Des terrasses ensoleillées, ce serait un peu moins le cas aujourd'hui. Oui, avec les orages qui arrivent, oui, ce sera un peu moins le cas. C'est ce que nous disait Géraldine Demory. Bien, vous étiez en terrasse hier, racontez-nous. Vous êtes allé boire un café, je ne sais pas. Moi, déjeuner, dîner. Sur une terrasse, ça vous est arrivé, Mathieu ? Ah bah, dès hier, après la matinale. Un café au soleil. Ah mais non, mais attendez, ça fait plaisir de retrouver son bar préféré quand même. Évidemment que ça fait plaisir. Il est 7h10. Allez, vous témoignez. Tiens, Sophie voulait nous parler des pollens. Je vais prendre Sophie tout à l'heure.
Parce que c'est vrai que l'année est difficile, cette année, pour les pollens. Bien, si nous parlions de nos enfants. De nos enfants qui, pour beaucoup, ne peuvent pas aller à l'école. Ce qui commence à exaspérer les parents. Notamment, Cécile Frattaroli est porte-parole de la Fédération des parents d'élèves de l'enseignement public. La PEP, Cécile Frattaroli. Bonjour. Bonjour. Bonjour. Oui, les parents s'impatientent. Les parents ont envie d'envoyer leur enfant à l'école. Pour le bien de l'enfant et pour le bien des parents. Exactement. La place de l'enfant est à l'école, on le répète, depuis assez longtemps.
Et c'est vrai qu'aujourd'hui, on a l'impression que la morse a du mal à se confirmer. Et les parents s'impatientent parce qu'il y a beaucoup de disparités sur le territoire. Et c'est vrai qu'il y a encore des écoles fermées. Et c'est incompréhensible, quand on est dans une municipalité, de voir que l'école n'ouvre pas, alors qu'on va ouvrir les bars et bientôt les piscines. Voilà. Et je rappelle que les écoles, jusqu'au collège, c'est l'affaire des municipalités. C'est à elles d'organiser le parcours sanitaire, les précautions. C'est à elles d'ouvrir les classes. C'est à elles de trouver le personnel qui va encadrer les élèves.
Et c'est à l'éducation nationale de trouver le personnel enseignant. C'est cela. Alors effectivement, les raisons de fermeture, de non-ouverture d'écoles sont multiples. Parfois, c'est les locaux. Et là, il est urgent de faire le nécessaire pour que, si l'épidémie devait se poursuivre en septembre, on soit prêt pour accueillir tous les enfants. Et donc, ça ne peut pas être une excuse qui sera audible à la rentrée. Et puis, parfois, c'est par manque de personnel municipal. Et c'est aussi parfois par manque de personnel de l'éducation nationale. Mais ce qui est vraiment frustrant et ce qui rend les parents impatients, c'est cette disparité, encore une fois, entre les établissements.
Et quand on voit que dans l'école du voisin, ça se passe bien mieux que dans la nôtre, on se dit que, parfois, on peut faire un peu mieux et partager les bonnes pratiques. Oui. Alors hier, j'avais Jean-Michel Blanquet avec moi. Je lui ai posé la question. Il m'a parlé du maintien du protocole sanitaire strict qu'il fallait. Est-ce que vous demandez ce matin un assouplissement des règles sanitaires ? Très honnêtement, et on le répète là aussi, on n'a aucune compétence pour demander ou non un maintien du protocole sanitaire. Et ce protocole sanitaire, il est identique dans les entreprises privées et au sein même de votre établissement. Donc, il existe et il faut vivre avec.
Mais on peut faire mieux au sein de ce protocole sanitaire. Et je ne vois pas pourquoi, dans une école, quand il y a 10 salles de classe ouvertes, il n'y a que 4 salles de classe dans lesquelles on met des élèves. Il y a une disparité sur le territoire. Il y a des écoles qui ouvrent avec 12, 15 élèves par classe. Et il y en a d'autres qui ne dépassent pas 7, 8 élèves. Oui. Alors, ça dépend aussi des locaux. Exactement. De la taille des locaux, des classes, des salles. Je pense qu'au début, il y a eu beaucoup d'inquiétudes. Et d'ailleurs, on a reproché cette ouverture et beaucoup appelé à une ouverture en septembre.
On voit qu'aujourd'hui, l'épidémie se comporte favorablement, entre guillemets, c'est-à-dire que les indices sont positifs. On a ouvert beaucoup d'écoles et on n'a eu aucun cas de coronavirus sur les enfants constatés. Il y a eu 70 suspicions, mais aucun cas confirmé pour les enfants. Et donc, ça se passe bien. Et c'est vrai qu'il faut aller plus loin. Ça n'est pas possible de dire aux familles, nous, c'est 4 ou c'est 5 élèves, parce que c'est comme ça, il faut qu'on comprenne. Et on ne peut pas comprendre quand ailleurs ça se passe autrement. Ça, c'est évident. Il faut aller plus loin.
Je l'ai dit hier à Jean-Michel Blanquer, mais pour l'instant, l'éducation nationale, elle est très prudente. Le ministère est très prudent. Le ministère nous dit que peut-être, peut-être, on assouplirait un petit peu les règles d'ici la fin de l'année scolaire. Mais enfin, la fin de l'année scolaire, c'est le 4 juillet. C'est demain, donc il va falloir aller vite. Mais même au sein de ces règles, ce contrôle, au sein de ce protocole très contraignant, on peut faire mieux. On fait mieux ailleurs, donc on peut faire mieux. Pourquoi est-ce qu'on ne fait pas mieux ? Parce qu'il y a, c'est la volonté de certaines mairies, c'est vrai qu'il y a des maires qui ne veulent pas ouvrir.
Qui ne veulent pas ouvrir parce qu'ils ne veulent pas prendre la responsabilité d'ouvrir.
Oui, alors, on peut le comprendre le 11 mai, quand tout le monde avait peur, et c'est complètement incompréhensible aujourd'hui. Si on ouvre les bars, on ne voit pas pourquoi on ne peut pas ouvrir une école.
Ça n'a aucun sens. Donc, il faut revenir sur cette décision. On a eu le droit d'avoir peur, on a eu le droit de se tromper, on a eu le droit de prendre des précautions. Mais pour les familles aujourd'hui, c'est complètement incompréhensible. Et on demande aux parents d'aller retravailler. Et de toute façon, on n'est pas obligé d'avoir un travail pour avoir besoin de mettre son enfant à l'école. C'est une urgence sociale. La place de l'élève, encore une fois, est à l'école. Ils ont besoin d'y aller. Donc, si on peut le faire, faisons-le et faisons-le bien.
Et que dites-vous aux syndicats d'enseignants qui, eux, sont très réticents et même, et même pour certains, sont opposés à toute reprise des cours ? Pour moi, le rôle de l'enseignant, c'est aussi d'être à l'école et d'enseigner à ses élèves. Là encore, c'est inaudible.
Pour moi, c'est un peu baisser les bras. On a fait de la continuité pédagogique.
On félicite tous les enseignants qui s'en sont emparés. Mais ils l'ont fait en collaboration avec les familles qui, aujourd'hui, sont à bout et ne peuvent pas à la fois être enseignants et à la fois travailler ailleurs. Mais à part vous faire entendre dans les médias, que pouvez-vous faire ? Pas grand-chose. Se faire entendre dans les médias, ça fait un peu bouger les lignes. Ça fait un peu bouger les lignes parce qu'il y a des écoles où ça se passe bien. Et on le voit là, à Paris, typiquement, dans l'ouverture des collèges, il y a les bons et les mauvais élèves, entre guillemets. Mais on voit bien que... Paris qui avait pris du retard sur les écoles, entre parenthèses.
A pris du retard sur les écoles. Bon, alors, les locaux, il y en a énormément. Le personnel a manqué un peu partout. Il a fallu remobiliser tout le monde.
Et c'est vrai qu'on n'est pas les meilleurs élèves du territoire. Ça, c'est évident. Mais encore une fois, on peut faire mieux. Et les parents sont présents.
Et il ne faut pas considérer que les parents font des caprices quand ils ont envie de mettre leurs enfants à l'école. C'est important que l'enfant aille à l'école, vraiment. Bon, alors, réagissez. Est-ce que vous voulez absolument que votre enfant aille à l'école ? Ou pas ? Est-ce que vous êtes toujours sur la ligne l'école en septembre et pas avant ? Vous nous dites 32-16, c'est notre lien. Vous appelez. Et évidemment, la rentrée, il va falloir préparer aussi la rentrée. Il faut que la rentrée se passe normalement. Normalement, on verra quelles seront les contraintes sanitaires, là encore.
Et effectivement, il faudra tirer les leçons de ce qui s'est passé à la fois pendant le confinement et cette période de déconfinement pour que la rentrée se passe au mieux pour tous. Bien, merci. Merci à vous. Cécile Prattaroli, porte-parole de la PEP, la Fédération des parents d'élèves de l'enseignement public. Sophie est dans le Morbihan. Bonjour, Sophie. Bonjour, Jean-Jacques. Sophie, vous êtes chargée de développement. Vous regardez la télé ou vous écoutez la radio le matin, Sophie ? J'écoute la radio. Vous écoutez la radio. Je suis dans la voiture, en allant sur l'Orient. Les pollens, vous souffrez ? Les pollens, très handicapants. Je le sens, je l'entends, me semble-t-il.
Oui, oui, oui. En fait, moi, je suis allergique aux poussières et aux pollens. Et puis, quelques temps, les pollens, c'est de plus en plus handicapant. Oui. Ce que je racontais, c'est que la journée de travail se termine obligatoirement
par une douche, cheveux, shampoing, lavage de nez, les yeux qui grattent, donc du collier.
Autrement, c'est impossible de dormir. Voilà. Il faut avoir une vie normale. Il faut absolument passer par cette étape-là. Évidemment, Sophie. Évidemment. Bien. Merci, dans tous les cas, d'être avec nous. Donc, voilà. Bon courage à tous ceux qui sont allergiques. Enfin bon, c'est très dur. Merci, Sophie. Merci beaucoup. Voilà, au revoir. Au revoir, Sophie. Vous êtes sur RMC, 7h19. Mathieu. C'est l'heure de Marie Dupin, l'enquête conso, ruée sur les campings. Cet été, les Français partiront en France, près de chez eux. Mais pas seulement. On ira peut-être aussi au-delà de nos frontières. On va tous avoir du pain quotidien dans un instant sur RMC. RMC. RMC. Du pain quotidien.
Marie, bonjour Marie. Quels sont les projets des Français pour cet été ? Où va-t-on pouvoir partir ? Ça y est, tout le monde, tout le monde pense à ça. Pense aux vacances. Tous ceux qui pourront partir. Parce que tout à l'heure, reportage auprès des artisans, de nombreux artisans qui vont bosser. Il y a pas mal de gens qui ne vont pas partir. Parce qu'il va falloir rattraper tout ce qui a été perdu. Les dernières annonces du gouvernement ont rassuré. Les réservations repartent à la hausse. Mais alors, ça y va. Oui, on est encore loin du taux de réservation habituel. Mais ça repart effectivement de façon assez marquée. Surtout dans les campings et dans les villages vacances.
Tout ce qui est hôtellerie de plein air. Alors, est-ce que justement, c'est parce que le plein air, ça rassure ? Est-ce que c'est parce qu'on s'inquiète un peu pour le budget ? On va avoir un budget plus serré. En tout cas, c'est vraiment le secteur touristique qui redémarre le plus vite. Il y a aussi pas mal de réservations dans des locations ou chez la famille. Par contre, pour les hôtels, c'est toujours très compliqué. Il y a encore de l'inquiétude. Selon une étude du VVF, plus d'une personne interrogée sur de craint d'être contaminée sur son lieu de vacances. Inquiétude aussi pour le pouvoir d'achat.
Mais les Français sont rassurés, notamment par les garanties de remboursement du gouvernement en cas de confinement. Alors, la destination privilégiée, c'est la France. Mais plus seulement. Évidemment, plus de 90% des réservations se font en France. Mais sur l'étranger, sur l'Europe en fait, selon les entreprises du voyage, il y a quand même 20% à peu près de réservations en ligne par rapport à la même période l'année dernière. Donc 20%, vous me direz, c'est pas grand chose. Mais ça paraissait inimaginable il y a encore quelques jours, finalement. Oui, aujourd'hui, l'Italie rouvre ses frontières. C'est un moment important aux touristes. C'est tout un symbole. L'Italie, c'est tout un symbole.
Vous pouvez partir en Italie sans problème. On peut partir en vacances en Italie. Bon, Orly est encore fermée, donc c'est un peu compliqué de s'y rendre. L'Espagne, c'est le 1er juillet. L'Espagne, à partir du 1er juillet. Peut-être même dans la deuxième quinzaine de juin. Dans le cadre d'un test de redémarrage de l'activité touristique, dans certaines régions, les Baléars et les Canaries. La Grèce va aussi rouvrir ses frontières aux Français à partir du 15 juin. Sous certaines conditions, ça dépendra de votre aéroport de départ. Par exemple, si vous partez d'un aéroport parisien et que le virus circule encore, c'est pas sûr que vous pourrez aller en Grèce. Et puis, l'outre-mer.
En outre-mer, les mesures de quarantaine sont encore trop strictes pour que le tourisme reparte. Mais le gouvernement travaille sur un dispositif. Il faudrait faire un test 48 heures avant de partir. Et puis, 7 jours après être arrivé. Donc, ça redémarrera peut-être aussi pour l'outre-mer. Bonne vacance. On a hâte quand même. Merci, Marie. Vous nous dites, là encore, vous témoignez. Qu'allez-vous faire cet été ? Il est 7h25. L'actu des réseaux sociaux. RMC. RMC. Hashtag manien. Des dizaines de millions, je dis bien de millions d'internautes ont participé hier à l'opération Blackout Tuesday. Un hashtag en forme de soutien aux manifestations en cours aux Etats-Unis charlemaniens.
Près de 30 millions de publications sur Instagram en 24 heures. Toutes identiques. Un simple carré noir accompagné du hashtag Blackout Tuesday. Idem sur Twitter ou Facebook. Ce mouvement a été lancé par deux femmes noires qui travaillent dans l'industrie musicale américaine au sein du label Atlantic Records. Leur message ? Faire une pause pendant 24 heures. Se taire pour écouter la colère. Elles ont invité toutes les stars de la musique à ne rien publier sur leurs réseaux sociaux pendant une journée. Pas de nouvelles chansons, pas de selfies, pas de stories. Rien si ce n'est un écran noir en soutien au combat contre le racisme et les violences policières.
Très vite, plusieurs stars qui comptent des millions d'abonnés ont participé. Rihanna, Kendall Jenner, LeBron James, Marion Cotillard. Tous publient ce fameux écran noir sur Instagram. Le mouvement devient mondial, sportif, artiste, politique. Chacun y va de son écran noir, y compris les grandes marques que certains accusent un peu de récupération du mouvement. D'ailleurs, le mouvement va dépasser les réseaux sociaux aux Etats-Unis. Les chaînes de télé musicale MTV et BET ont noirci leur écran pendant 8 minutes et 46 secondes, soit la durée pendant laquelle le policier a plaqué son genou sur le cou de George Floyd.
Autre actualité très commentée hier sur les réseaux sociaux, la réouverture des cafés et restaurants. Avec une avalanche de photos de café en terrasse. Visiblement, dit un internaute, si t'as pas posté avant 17h la photo de ton verre en terrasse, c'est que t'as raté ta vie, déconfiné. Même les politiques se sont prêtés au jeu. Des ministres comme Gérald Darmanin ou Bruno Le Maire ou bien des députés, Olivia Grégoire, Guillaume Pelletier, tous se sont empressés de publier leur selfie en terrasse. A tel point qu'un internaute se demande si on a le droit de prendre un café sans le prendre aux photos aujourd'hui.
Et puis on a retrouvé le plaisir du verre en terrasse, mais aussi celui de manger au restaurant avec des bonnes vieilles habitudes rappelées hier soir par les internautes avec le hashtag quand t'es au resto. Par exemple, quand t'es au resto et que tu ne sais pas quoi commander, tu demandes aux autres ce qu'ils vont prendre pour avoir une idée, dit un internaute. Quand t'es au resto et que tu manges une pizza, il y a toujours sur la table une bouteille d'huile piquante sûrement plus âgée que toi, raconte un internaute. Et puis quand t'es au resto, raconte un serveur. Il y a toujours ce client qui pense être le premier de la journée à te faire la blague.
Bien cuit, mon steak tartare, s'il vous plaît. Alors que t'as déjà entendu la blague 17 fois dans la journée, évidemment. Expliquez-nous tout à l'heure avec Nicolas Boincaré. Bonjour Nicolas. Bonjour Jean-Jacques. L'Amérique reste secouée par les manifestations antiracistes après la mort de George Floyd à Minneapolis. Un épisode qui prouve une fois de plus que les Etats-Unis souffrent du racisme. C'est une maladie chronique. En termes de racisme, l'Amérique est un pays qui vient de très loin. La ségrégation, c'était l'époque de nos parents ou de nos grands-parents. C'est de l'histoire récente.
Lorsque les Noirs n'avaient pas le droit de s'asseoir dans les bus, lorsque les Noirs n'avaient pas le droit de vote, lorsque les Noirs et les Blancs n'avaient pas le droit de se marier ensemble jusqu'en 1967. Et donc se pencher sur cette histoire récente, c'est de mieux comprendre les inégalités et la crise d'aujourd'hui. Bien, tout à l'heure, à 8h moins 10, les explications avec Nicolas Boincaré. Je prendrai Fatima tout à l'heure, qui nous dit que dans son collège, tout se passe bien. Fatima qui est dans le Lot-et-Garonne. Vous savez que nous jouons. Je vous offre 500 euros tous les mois pendant un an. C'est une année de course, une valeur de 6 000 euros. Pour cela, ce n'est pas compliqué.
Je pose une question, vous répondez la bonne réponse et vous serez sélectionné pour le tirage au sort. Le gagnant ou la gagnante avec moi le 12 juin, qui a été applaudi tous les soirs pendant la crise du Covid-19. Ça fait rire, Charles. Un, les soignants. Deux, le gouvernement. Deux, je suis persuadé que Charles Magnin va donner la réponse. Deux, ils avaient la bonne réponse. Alors envoyez un, par SMS, pour les soignants. Deux, pour le gouvernement. Le 7-3216 SMS. Il est 7h29. À suivre, dans le fond d'indirect. Plafonner les frais d'incidents bancaires pour tous. Pas plus de 200 euros par an.
C'est la proposition de loi défendue par la France insoumise, qui sera présentée demain à l'Assemblée. Alexis Corbière, député insoumis de Seine-Saint-Denis, avec nous juste après le journal de 7h30 sur RMC. Et 7h30, Anne-Sophie Balbir est là. Les infos, Anne-Sophie, bonjour. Bonjour Jean-Jacques. Bonjour à tous. Plus 112% en Seine-et-Marne. Plus 74% dans les Yvelines. Les recherches de biens immobiliers en dehors des grandes villes explosent. La raison, le confinement. Résultat d'une étude que nous vous dévoilons ce matin. La peur de la salle sans client. Les Français ont retrouvé le sourire avec la réouverture des bars et des restaurants.
Les professionnels, eux, se demandent s'ils vont pouvoir tenir. Et puis, rien ne justifie les débordements. Réaction de Christophe Castaner après la manifestation contre les violences policières hier à Paris. Des incidents ont éclaté dans la soirée RMC 7h31. On le sent tous ou presque aujourd'hui. Le confinement nous a fait de l'effet. Et il a parfois bouleversé nos habitudes, parfois même nos certitudes. Comment vivre ? Où vivre ? Eh bien, ailleurs, loin des villes. Résultat d'une étude du site particulier à particulier que nous vous dévoilons ce matin. Les recherches de biens immobiliers ont augmenté de 112% en Seine-et-Marne, plus 74% dans les Yvelines. Nicolas Ropère.
Ils ont passé tout le confinement à Troyes dans leur appartement parisien. Alors, c'est un petit appartement, seulement 46 mètres carrés. Ma compagne travaillait sur la table du salon. Moi, je m'étais fait un petit bureau dans la chambre par terre. Mathieu s'accompagnait leur fils, ne veulent plus revivre une telle période. Ils ont décidé de quitter Paris pour s'installer en banlieue. Retrouver de l'espace, retrouver surtout de la verdure.
Et je pense qu'un point important, c'est pouvoir simplement laisser votre fils faire du vélo sans galérer dans le métro, dans les transports, etc., pour qu'il puisse faire du vélo sans craindre les voitures. Les recherches de logements achetées dans les grandes villes sont en baisse. Moins 12% à Paris depuis la fin du confinement, par exemple. Et ce sont les villes les plus petites qui en profitent. C'est ce qui ressort de l'étude du site d'annonce immobilière PAP. Corinne Jolie, sa directrice. Grâce au télétravail, on a un peu libéré des contraintes de temps de transport. Beaucoup de citadins se projettent dans l'avenir et pensent que le télétravail va durer.
Et du coup, ils se disent, si je peux télétravailler 2-3 jours par semaine, pourquoi pas être à une heure de mon travail ? Dans les départements limitrophes des grandes métropoles, le taux de recherche a été multiplié par deux.
Des brasseries bondées, des terrasses, prises d'assaut, réouverture des bars, cafés et restaurants partout en France. Les clients étaient en joie hier, mais les professionnels, pas toujours. C'est en fait la peur de la salle vide qui prend le dessus désormais, Victor Joannin. Les terrasses ont fait le plein dans les grandes villes, mais tous les restaurants ne tournent pas encore à plein régime. Et certains gérants, déçus, espéraient même plus de clients. Ceux qui n'ont pas eu le temps de s'organiser après les annonces du Premier ministre, jeudi, gardent leur rideau baissé encore quelques jours. D'autres envisagent carrément de rester fermés longtemps pour ne pas avoir à travailler à perte.
Car les consignes sanitaires empêchent tout retour à la normale. La distanciation sociale, ça veut dire moins de clients en salle. Et il y a le surcoût lié aux protections, gels et masques qu'un restaurateur chiffre à 200 euros mensuels par salarié. L'absence de touristes asiatiques et américains préoccupe surtout les gérants parisiens. Les autres espèrent compenser avec les Européens et les Français. Sauf que la peur du virus est toujours là. Selon un sondage paru la semaine dernière, plus d'un Français sur quatre estime qu'il se rendra au bar et au restaurant moins souvent qu'avant. Selon le dernier bilan de l'épidémie, le coronavirus a fait près de 29 000 morts en France.
84 nouveaux décès de plus en 24 heures dans les hôpitaux. 23 dans les EHPAD. Le nombre de patients en réanimation continue de diminuer. Et puis, l'Italie reste le deuxième pays le plus endeuillé d'Europe derrière le Royaume-Uni. Près de 33 000 morts. L'Italie qui rouvre ses frontières aux touristes. Les vols internationaux ne devraient reprendre aujourd'hui que dans trois grandes villes. Milan, Rome et Naples. Justice pour Adama. Voilà ce que sont venues réclamer 20 000 personnes hier à Paris. Rassemblement en hommage à ce jeune homme tué en 2016 après son arrestation. Rassemblement contre les violences policières. En écho à ce qui se passe aux Etats-Unis en ce moment.
Mais la manifestation interdite a dégénéré dans la soirée, Gladys Laffitte. Oui, les tensions ont commencé vers 21h avec des jets de projectiles, des tirs de gaz lacrymogènes. Puis des incendies, notamment sous le boulevard périphérique.
Il a même été envahi. La circulation a été coupée le temps que la police et les pompiers interviennent. 18 personnes ont d'ailleurs été interpellées, dont 17 ont été placées en garde à vue.
La manifestation était interdite, on le rappelle, en raison notamment de la crise sanitaire. Les forces de l'ordre étaient pourtant bien présentes depuis le début, mais en retrait. Mais pour ces manifestants comme Didier, il fallait être présent.
Malgré l'interdiction, on essaie de faire attention. Mais malgré ça, effectivement, il fallait être là aujourd'hui pour avoir la justice autour de l'histoire d'Adama Traoré. Clairement, ce qui se passe aux Etats-Unis, pour moi, fait complètement écho à ce qui se passe ici. Maintenant, ce qu'on ne souhaite pas, c'est que ce qui se passe aux Etats-Unis arrive ici. On ne souhaite pas les meutes, on ne souhaite pas retourner le pays. Ce qu'on veut simplement, c'est demander justice par rapport à ce qui s'est passé.
Voilà, la manifestation avait pourtant démarré dans le calme pendant plusieurs heures. Énormément de monde était sur place dès 18h. Silence égale asphyxie, pouvait-on lire sur des pancartes. On pouvait aussi entendre ces milliers de personnes scander. Pas de justice, pas de paix. Mais pour Christophe Castaner, le ministre de l'Intérieur, rien ne justifie les débordements. La violence n'a pas sa place en démocratie, a-t-il écrit sur Twitter. Gladys Laffitte, merci. Le contexte est particulier puisqu'une nouvelle expertise privée sur le décès d'Adama Traoré a été dévoilée. Elle met en cause les gendarmes, maître Yacine Boudreau et l'avocat de la famille.
C'est la deuxième expertise extrêmement claire réalisée par des médecins qui maîtrisent parfaitement les différents domaines de médecine importants dans cette affaire et qui disent la seule cause de la mort, nous le savons aujourd'hui, c'est le plaquage ventral. Et de voir des juges d'instruction refuser d'accepter cette réalité qui est malheureusement flagrante aujourd'hui, c'est choquant. Et c'est pour ça que des gens sont conduits, ont l'obligation d'aller crier dans la rue et de supplier qu'une justice soit rendue. Donc il y a en effet un déni de justice et je pense que ces rassemblements sont légitimes.
Vendredi, une autre expertise ordonnée cette fois-ci par les magistrats écartait la responsabilité des forces de l'ordre dans la mort du jeune homme. D'autres manifestations ont eu lieu ailleurs en France, contre les violences policières, hier à Lille, à Marseille ou encore à Lyon. Aux Etats-Unis, les rassemblements se poursuivent pacifiquement. A Washington ou à Houston, la ville où sera enterrée George Floyd la semaine prochaine. La phase 2 du déconfinement fait quelques déçus en pleine chaleur. Beaucoup de piscines municipales fermées qui n'ouvriront pas avant la mi-juin minimum.
Seulement 10 établissements étaient accessibles hier en France, notamment la piscine Stéhélin de Bordeaux, Nicolas Paolorsi. Et beaucoup de monde présent dès 10h du matin. Pour nager, vous devez impérativement réserver un créneau sur internet d'une heure et demie. Ensuite, c'est Mathieu, employé municipal, qui vous accueille.
Les personnes rentrent, on leur montre où se changer. Nous, on les compte, à peu près maximum entre 10 et 13 personnes. Au bout de 13 personnes, on bloque, on fait rentrer plus de personnes. Et nous, on désinfecte à ce moment-là.
50 personnes par créneau maximum peuvent venir en profiter. Ensuite, direction le bassin ou là encore dans l'eau, les consignes sanitaires sont présentes. Obligation de respecter un sens bien précis pour nager, afin d'éviter de trop se croiser. Mais peu importe les restrictions, la joie de ressortir les maillots a pris le pas sur le reste.
Après deux mois, ça fait du bien. C'est un petit peu dur quand même. Musculairement, c'est compliqué, mais c'est vrai, c'est un plaisir. Après quasiment trois mois, ça fait du bien, ouais. Je vais essayer de ne pas couler. C'est vraiment un bonheur de pouvoir retrouver un peu de bonnes sensations.
Et c'est vrai qu'on se rend compte qu'à quel point c'est le manqué. Cette ouverture est un succès et un véritable test pour les autres piscines de Bordeaux, qui devraient rouvrir le 15 juin prochain. Les courses, Mathieu, c'est à Laval. Le pronostic de la Dream Team des courses RMC, favori numéro 10, Drôle de Jet, Outsider, As, Divine Melios, le 10 et le LAS, le 1. Le 1 ? Oui, voilà, le 1. Le cours, le 1er ? Oui, exactement, le 1er, LAS, comme vous voulez. Comme vous voulez. Le 10, LAS. Alexis Corbière est avec nous, député La France Insoumise de Saint-Denis, pour parler d'un sujet qui me tient à cœur. Les frais bancaires.
Le plafonnement des frais bancaires, voilà une bonne initiative, parce que les frais bancaires, c'est tout simplement scandaleux. Parce que les banques prennent beaucoup d'argent sur notre dos, notamment sur le dos des personnes les plus modestes. Qui est victime ? Qui est victime des frais bancaires ? Sur les plus modestes, évidemment, quand vous avez beaucoup d'argent sur votre compte, n'êtes pas victime des frais bancaires. Ça, c'est sûr.
On va parler des frais bancaires avec Alexis Corbière dans un instant, mais je voudrais simplement que vous nous donniez les chiffres de cette enquête, ce sondage, ce sondage YouGov, pour le Fint Post, qui révèle que face à la police, un Français sur trois dit ne pas se sentir en sécurité. C'est ça, un Français sur trois, 33%, exactement, selon cette étude. Qui ne se sent pas en sécurité face à un policier ? C'est la question qui a été posée. Les électeurs de la France Insoumise sont ceux qui répondent le plus non à cette question.
Vous sentez-vous en sécurité lorsque vous croisez les forces de l'ordre, bien plus que chez les sympathisants de La République En Marche, ou les Républicains, où là, on tourne autour des 15%. Est-ce que vous avez peur de la police, Alexis Corbière ? Moi, je suis un homme de 50 ans, évidemment reconnu par la police, parce que vous m'invitez, et la police se comporte en général bien avec moi. Ce n'est pas le sujet. Par contre, dans ma circonscription, je peux vous dire le nombre de gens, des témoignages de femmes, d'hommes, qui m'expliquent que bien souvent, quand ils sont contrôlés par la police, il y a un tutoiement, voire plus.
Encore dernièrement, un cas d'un ami, c'était dans le Val-de-Marne, où son gamin a été arrêté, il a 15 ans, il a passé la nuit en garde à vue par la police, les parents ont demandé quelle était l'explication, on leur a dit il y a un vol, etc. Et le lendemain, libérés, il n'y avait plus rien, ça ne se fait pas. Et évidemment, ces amis étaient des Français d'origine maghrébine, pour dire les choses simplement. Moi, je constate des choses, et je veux, pour le bien de la police, je veux dire qu'il faut qu'il y ait un rapport de confiance qui se rétablisse avec la population. Mais comment l'établir ? Comment le rétablir ?
Par exemple, quand nous, on a proposé, c'était aussi une proposition de loi, qu'il y ait un récipicé, chaque fois qu'un policier juge qu'il faut contrôler quelqu'un, ça peut arriver, mais ça peut arriver, c'est logique. C'est même logique, non mais d'accord. Il donne à la personne un papier, parce qu'il y a beaucoup de gens qui disent mais moi, je suis énormément contrôlé. On pourrait, si ce document a été donné, après travailler plus, les gens pourraient dire, regardez, moi j'ai 8 récipicés dans la journée, 12 récipicés dans la journée, est-ce que c'est normal ?
Et on pourrait discuter à partir de là, avec le ministère de l'Intérieur, sur la réalité, parce que bien souvent, tout ça, c'est très difficile à établir. Et deuxièmement, et après, il y a aussi des situations, je trouve, et je soutiens le combat de la famille Traoré. Je pense que sur ce dossier emblématique, il y a eu des choses, la manière dont Adama Traoré a perdu la vie est inacceptable, et depuis le début, on voit bien qu'il y a une espèce de la part de beaucoup d'acteurs, de taire cette affaire, et en plus, il y a un harcèlement autour de la personne, de la sœur, de la part de la justice, qui me semble peu digne.
Alexis Corbière, je vais revenir sur Adama Traoré, mais sur la police, c'est vrai, récipicé. Bon, très bien, mais enfin, quand la police va intervenir, parce qu'il y a, je ne sais pas, un trafic de drogue dans une cité, dans votre circonscription, par exemple, elle ne va pas demander à récipicé avant d'intervenir. On est bien d'accord. Je parle de contrôle, tout simplement. De contrôle, tout simplement. Mais je vais prendre un exemple. J'ai dit que moi, je n'avais pas de problème. Je vous dis parce que c'est très difficile. Un jour, dans une manif de gilet jaune, ça m'est arrivé. Le travail de la police est très difficile aussi. Bien sûr. Très difficile. Mais moi, je les défends.
Vous savez quoi ? Dans ma circonscription, je demande un commissaire de plein exercice. Dans ma ville, je demande des moyens pour les policiers. Je discute avec eux. Ils ont des voitures qui ne fonctionnent même pas pour certains. Donc, ceux qui ont dégradé la police, ce n'est pas moi. Les conditions dégueulasses. Le commissaire Delilah, ils sont dans des préfas, les policiers. C'est ignoble. Il y a de l'humidité partout. Donc, qu'on ne me fasse pas le numéro de... Moi, je suis pour une police républicaine. Mais c'est un service public. On a le droit de critiquer les profs. On a le droit de critiquer notre service de santé.
Pourquoi on ne pourrait pas débattre du service public de la police ? Et pourtant, je veux une police. Mais je veux pouvoir dire, pour que la police, on l'aime. Et il faut une police. Je ne conçois pas une société où ce soit la loi du plus fort. Donc, il faut une police. Il faut aussi que... Et c'est parfois des conditions de travail dégradées qui amènent à ce que certains policiers, au bout d'un moment, prennent des habitudes de comportement un peu de cow-boy, etc. Tout ça, il faut l'aplanir. Mais c'est un sujet majeur. Donc, vous voyez, on a fait des propositions. Après, je vais terminer sur une chose. J'ai dit que moi, je n'ai pas peur de la police.
Mais dans une manifestation de gilets jaunes un jour, alors que je voulais franchir un barrage, moi, avec ma carte de député, je peux circuler. Il y a un police qui m'a dit, va te faire foutre. Et qui a lancé un coup de gazeuse contre moi. Il y a des photos. Bon, moi, est-ce que le préfet m'a appelé ? La presse en avait un peu parlé, rien n'affiche. D'accord ? Et mon collègue Loïc Prudhomme, député à Bordeaux, s'est fait matraquer par la police. Alors qu'il avait son écharpe d'élu. Donc, si même des gens comme nous, des députés, non pas qu'on soit au-dessus des lois, mais c'est-à-dire qu'un policier se doute bien que quand il va molester un parlementaire, ça peut faire du bruit.
Ils n'en ont rien à fiche. Je me dis que franchement, par rapport au Clydam, qui n'a pas comme moi la chance de pouvoir éventuellement venir à votre micro pour raconter ça, je me dis qu'au moment, tous ces témoignages que j'entends, ce n'est pas que du mytho. Il y a du vrai. Donc, il y a un problème. Et si Castaner faisait autre chose que d'être uniquement le relais, je veux dire, à ce micro de syndicats de police de plus en plus agressifs, qui sont uniquement dans un rapport corpo pour préparer les prochaines élections et qui partent du principe que chaque collègue a toujours raison, ça ne fait pas avancer le débat. Je le dis à M.
Lefebvre, par exemple, qui est de Force Ouvrière, qui parfois, moi j'ai discuté avec lui, peut être un homme raisonnable, mais chaque fois qu'il a le micro, c'est tout ce que font les collègues, c'est bien. Point final. Eh bien, j'ai le malheur, le regret de lui dire que même si on aime la police, il y a parfois des collègues qui ne se comportent pas bien. Si le débat est aussi bloqué... Voyez, on est tombé sur le dos de Mme Jordana, cette pauvre fille, c'est une comédienne, qui courageusement dit des choses. Le ministre a trouvé ça scandaleux. Mais après, on a vu des images d'un gamin dans un commissariat qui s'est fait frapper, il avait 15 ans. Le même ministre n'a pas réagi.
Alors tout le monde s'est dit, comment vous êtes très réactif quand Mme Jordana a des propos qui dit qu'elle, elle a peur, parfois face à la police, et vous êtes silencieux quand un gamin de 15 ans Vous comprenez, ça choque des gens tout ça. Mais on est venu pour parler des... On va en parler, Alexis Corbière. On va faire un peu de pub parce qu'il faut en passer. Et puis dans deux minutes, on est là. Je vous poserai un mot quand même sur Adama Traoré. Et puis nous parlerons effectivement des frais bancaires. A tout de suite. RMC, au moins direct. Le sujet qui vous fait réagir ce matin, l'école, rouvrir toutes les écoles dès maintenant ou attendre septembre.
Sébastien nous dit, c'est très clair, non, moi, mes enfants ne retourneront pas à l'école avant la rentrée de septembre. Pour Damien, ça ne sert à rien. Deux jours par semaine sur cinq jours, juste pour le mois de juin, ça ne vaut pas le coup. Au pire, ça fait trois semaines, deux jours, ça fait six jours d'école d'ici la fin. À ce niveau-là, autant laisser les enfants faire les cours par Internet. Philippe ajoute, en plus, les mères pourraient en profiter de ces trois mois de fermeture pour faire des travaux, rénover les écoles avant la reprise de septembre, rénover contre le coronavirus. Aldo, pas du tout d'accord.
Dans un petit village près d'Aix-en-Provence, l'école est fermée jusqu'à septembre. Le maire en a pris la décision. Ce n'est pas normal, ma fille est en CP. Quel niveau elle va avoir ensuite en CE1 ? Ma femme lui fait les devoirs à la maison, mais on n'a pas toute la subtilité que peut lui apporter la maîtresse. Stéphane, lui aussi, situation compliquée. Sa compagne à Lyon, lui, gérant d'un restaurant à Aix-en-Provence, on n'a pas le choix que d'aller travailler. C'est très compliqué pour la maman de ma compagne qui garde la petite. Toutes vos réactions au 3216 est sur rmc.fr ce matin. RMC, 6h-9h, Vaudin Direct. Alexis Corbière, député La France Insoumise de Seine-Saint-Denis.
Donc, notre invité, sur Adama Traoré, il va falloir qu'on tranche un moment donné ou un autre. Expertise contre expertise. Sera-t-on un jour la vérité ? Franchement, je le souhaite. Mais moi, ce que je dénonce surtout, c'est cette technique type du plaquage ventral utilisée à prise. On apprend ça aux policiers où on plaque l'individu en se mettant sur son dos. Je pense à M. Cédric Chouvia, si je ne défend pas son nom, qui était un livreur qui, peut-être, de manière sanguine, avait eu des mots, mais s'est fait plaquer par la police au sol, a perdu la vie. Et c'est le même cas. Et on avait d'ailleurs proposé une proposition de loi. C'était ma collègue Daniel Obono et d'autres.
Et j'en étais signataire pour qu'on arrête d'enseigner ça aux policiers. C'est une technique dangereuse. Et il est indiscutable qu'Adama Traoré a perdu la vie aussi en raison parce qu'on l'a plaqué vigoureusement au sol, que trois policiers lui sont tombés dessus et que c'est extrêmement dangereux. Alexis Corbière, parlons du plafonnement des frais bancaires. L'Assemblée nationale va examiner, jeudi, votre proposition de loi. La vôtre est celle de votre groupe, la France Insoumise. Aujourd'hui, je rappelle, les frais sont plafonnés à 25 euros par mois et 300 euros par an pour les personnes fragiles financièrement dès le mois suivant l'apparition des difficultés. Que demandez-vous ?
Moi, ce que je demande, c'est une loi pour que tout le monde, tout le monde, pas seulement ce que les banques ont identifié comme étant les clients fragiles, mais par ailleurs, les banques ont compris que ces gens vont terminer, si je puis dire, en commission d'endettement et que la banque ne touchera plus rien. Mais tout le monde, moi j'ai des cas. Je vais dire, Xavier, 50 ans, il est gérant d'une TPE, métallurgie, c'est des cas concrets que je connais. C'est un travailleur indépendant. Chaque mois, il prend 230 euros de frais bancaires à la fin de l'année, 2400 euros. Isabelle, 35 ans, elle est auxiliaire puricultrice.
Elle, c'est 150 euros par mois à la fin de l'année, 1680 euros de frais bancaires, c'est un mois de salaire qui s'en va là-dedans. Ce n'est pas des gens pauvres, complètement, c'est des gens, comment dirais-je, qui ont du travail, mais qui sont en plus parce que des petites difficultés. C'est quoi le fond du problème ? De quoi parle-t-on ? Lorsqu'on vous émettez un chèque, vous êtes à découvert, la banque vous rejette votre chèque. Très bien. Mais ce refus, en plus, elle vous le facture 15 euros, par exemple.
La simple lettre qu'il vous envoyait, qui est faite aujourd'hui, c'est un ordinateur, ce n'est même plus un agent de la banque, l'agent de la banque, il a juste cliqué, facturé 15 euros. C'est scandaleux. Vous comprenez ? Je comprends très bien qu'un client n'a pas à imposer une banque que la banque lui avance de l'argent. Mais le simple non coûte 15 euros. Si Jean-Jacques Bourdin, je vous dis, Jean-Jacques Bourdin, prêtez-moi 50 euros, vous me dites non, vous ne dites pas. Non seulement c'est non, mais en plus, mon nom, je vous le facture 15 euros. Vous comprenez la surdité du truc ? Que proposez-vous ? Je termine. C'est 7 milliards d'euros qui sont estimés. C'est énorme.
On parle souvent du pouvoir d'achat. Moi, je propose de plafonner par la loi. Pas seulement une incitation dans un accord avec les banques parce qu'en 2018, il y a eu la même chose et ça a touché finalement peu de personnes. On estime à peu près à 8 millions de gens qui payent des frais bancaires et le dispositif gouvernemental, c'était à peu près 1 million. Moi, je dis pour tous, pas plus de 2 euros le prix de l'opération, pas plus de 20 euros par mois, pas plus de 200 euros par an. Ça, c'est ce que je propose moi. Un plafond. Un plafond. Voilà, plafonner. Je ne dis pas zéro.
Je peux entendre que le petit cliquement du matin de l'agent, ça coûte quelques centimes et que, bon, mais pas ce matraquage, pas cette logique folle qui se met en place qui fait que des gens sont en situation de grandes difficultés et je vous dis perdent quasiment un mois de salaire à la fin de l'année en raison de tout ça. Alors, le débat avec le gouvernement, c'est que lui, il ne veut pas légiférer. Il me dit d'abord, ils se sont moqués de moi quand j'avais déjà posé le problème il y a quelques mois en disant « Ah, vous êtes à côté de la plaque. On a réglé, m'ont-ils dit, le problème en 2018.
» Sauf que maintenant, même Bruno Le Maire, et je l'en remercie à l'occasion de l'émission dimanche dernier, reconnaît qu'il y a un problème qui n'est toujours pas réglé. Il dit qu'il va me répondre demain à l'Assemblée. Je suis partant. On va avoir un beau débat. Moi, je dis, bien sûr, il faut inciter les banques mais aussi la loi pour cadrer ça et que ça concerne tout le monde. Les particuliers et aussi, n'oubliez pas, les travailleurs indépendants parce qu'aujourd'hui, tous ces petits commerçants avec lesquels vous discutez souvent, ils en prennent aussi plein la figure et les banques ne les aident pas. Donc, vous voyez, c'est une question importante. 7 milliards d'euros.
Dernier argument, les banques, quand je les ai eus, m'ont dit, mais ce chiffre, c'est votre chiffre et je leur ai demandé, mais quel est le vôtre ? Ils m'ont dit, nous, on ne peut pas l'estimer. Moi, je demande aussi dans la loi que les banques rendent publiques combien elles perçoivent de tout ça. Pierre Moscovici, en 2013 déjà, je ne parle pas d'un insoumis. Tout le monde sait qui est. Pierre Moscovici, il va d'ailleurs même être président de la Cour des Comptes, avait dit à ce sujet, je le cite, personne n'ignore que ces frais représentent une part importante des revenus des banques.
Il n'est pas acceptable que le modèle économique de la banque repose sur la vulnérabilité de nos concitoyens. Moscovici disait ça en 2013. Il parlait de vulnérabilité de nos concitoyens et d'un modèle économique où aujourd'hui les banques font du profit là-dessus sur la galère des gens. Je ne suis pas d'accord. Bien, Alexis Corbière, ce matin, notre invité, nous suivrons le débat demain à l'Assemblée nationale. Je me tourne vers vous, Nicolas Poincaré. Expliquez-nous, Nicolas. RMC, expliquez-nous. Bien, les manifestations aux Etats-Unis antiracistes, un épisode qui prouve une fois de plus que les Etats-Unis souffrent du racisme. C'est une maladie chronique.
Un racisme chronique et des inégalités abyssales. Un noir américain vit trois ans et demi de moins qu'un blanc. Un noir américain a deux fois de plus de risques en ce moment de mourir du coronavirus. Deux fois plus. Un noir américain a aussi deux fois plus de chances d'être au chômage. Il gagne en moyenne 2000 euros de moins qu'un blanc. Le salaire médian des Noirs est de 3300 euros contre 5300 euros pour les blancs. Pour un crime égal, un noir américain sera condamné à une peine plus longue de 20% qu'un blanc. Les Noirs ont six fois plus de chances d'être incarcérés. Un enfant noir à la naissance a une chance sur trois de passer un jour dans sa vie par la case prison.
Et d'ailleurs, 11% de ces enfants noirs à leur naissance ont un de leurs parents en prison. C'est un risque, ce n'est pas une chance. C'est un risque. Sans parler des violences policières, on en parlait hier, les victimes de bavures, on a donné les chiffres à population égale. Deux fois plus de Noirs que de Blancs sont abattus par la police. C'est le pays des inégalités raciales. Les Blancs et les Noirs vivent à côté mais pas ensemble. Ils ne vont pas dans les mêmes églises. Le dimanche matin, il n'y a pas un Noir dans les églises blanches et pas un Blanc dans les églises noires. Et c'est comme ça depuis toujours. Le racisme et la ségrégation qui font partie de l'histoire américaine.
Rappelons-la. Oui, et ce n'est pas de l'histoire ancienne. Tous les Américains d'aujourd'hui ont un parent ou un grand-parent qui a pu leur raconter ce qu'était la ségrégation. C'est-à-dire que lorsqu'ils étaient jeunes, dans les autobus, un Noir devait se lever pour laisser sa place à un Blanc. Jusqu'en 65, à l'entrée des parcs et jardins dans les états du Sud, on pouvait lire interdit aux chiens et aux nègres. Les Noirs n'avaient pas le droit de boire dans les fontaines publiques ni d'entrer dans la majorité des restaurants. Un Blanc et un Noir ne pouvaient pas partager un taxi. Il y avait des cimetières pour les Blancs, des cimetières pour les Noirs.
Jusqu'en 64, les Noirs n'avaient pas le droit de vote. Lorsque les Noirs ont enfin obtenu le droit de s'inscrire à l'université dans les années 60, l'armée a dû intervenir à Little Rock pour disperser les étudiants blancs qui bloquaient l'accès. Et James Mitterit, le premier Noir qui a été admis à l'université du Mississippi, a dû être protégé par la police pendant toute la durée de ses études. En 67, un certain monsieur Loving, qui était blanc et qui vivait en Virginie, a voulu se marier avec son amoureuse qui était Noire, mais comme les mariages mixtes étaient encore interdits, ils se sont rendus à New York. A son retour, le couple a été dénoncé à la police par des voisins.
Dès le premier soir, monsieur et madame Loving ont été arrêtés, jugés et condamnés à un an de prison mais dispensés de peine s'ils acceptaient de quitter l'État. Ce qu'ils ont fait, ils ont ensuite porté plainte et ils ont gagné. C'est le fameux arrêt de la Cour suprême, l'arrêt Loving contre l'État de Virginie qui a enfin autorisé les mariages mixtes. C'était en 1967 Obama avait 6 ans et Donald Trump avait 21 ans. L'actuel président américain a donc bien connu cette époque où les Blancs ne se mariaient pas avec les Noirs. Certains affirment que Donald Trump est raciste. Est-ce qu'on peut le dire ? Évidemment. Sans aucun doute.
Encore ces jours-ci, il a déclaré quand les pillages commencent, il faut commencer à tirer, ce qui n'est pas du tout une phrase neutre. c'est la citation exacte d'un chef de la police de Floride extrêmement raciste dans les années 60. Il a aussi dit en parlant de 4 femmes députées opposantes célèbres au début de son mandat qu'elles repartent d'où elles viennent alors que les 4 étaient naturellement américaines puisqu'elles étaient parlementaires. A propos des émigrants mexicains, il a dit pendant la campagne que ce sont des violeurs même s'il peut y avoir des gens bien parmi eux. Il avait confié à un biographe qu'il détestait l'idée d'avoir un comptable noir.
Je hais l'idée qu'un noir puisse s'occuper de mon argent parce qu'ils sont tous paresseux. Et puis il y a cette histoire en 1989, je ne sais pas si vous vous souvenez de ces 5 très jeunes adolescents noirs qui avaient été arrêtés après le viol d'une joggeuse, le viol et le meurtre d'une joggeuse dans Central Park à New York. Donald Trump avait alors dépensé 90 000 dollars pour réclamer contre eux le rétablissement de la peine de mort. Finalement, les 5 garçons ont été innocentés et libérés après l'arrestation et les aveux du vrai coupable. Donald Trump ne s'est jamais excusé. Et aujourd'hui encore, il dit que dans cette affaire, il y avait un doute alors qu'il n'y en a aucun.
Et puis en 73, quand il a commencé sa carrière de promoteur aux côtés de son père, ensemble, ils ont été condamnés pour discrimination raciale parce qu'ils n'acceptaient pas les noirs dans les immeubles qu'ils construisaient. Son père était un ancien membre du Ku Klux Klan arrêté et condamné pour des violences dans les années 20. Le Ku Klux Klan, vous le savez, c'est la très très violente organisation raciste et suprémaciste blanche. Voilà ce qu'on pouvait rappeler à propos de ce grand pays qui a un lourd passé raciste et un président pas clair du tout. Merci Nicolas Poincaré. Il est 7h59. Vous êtes sur RMC. Qu'allons-nous faire ?
Aux Etats-Unis, la police met un genou à terre en soutien à George Floyd. Pourrait-on imaginer cela en France ? David Lebar, secrétaire général du syndicat des commissaires de la police nationale, est avec nous juste après le journal de 8h sur RMC.