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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 1 janvier 2021 9 minComplaisantFond programmatiqueEnvironnement & énergieÉconomie & entreprisesNumérique

Bertrand Piccard

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 95 %Attaque 3 %Défensif 2 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:16OuverteRéponse directe

    Faut-il rappeler que vous êtes à l'origine de la fondation Solar Impulse que vous présidez ?

  • 0:20OuverteRéponse directe

    Faut-il redire votre tour du monde à bord de l'avion solaire du même nom en 2015 ou encore en 99 ?

  • 0:35OuverteRéponse directe

    Ouvrir des voies, ça se traduit comment pour vous aujourd'hui ?

  • 1:10OuverteRéponse directe

    Comment convaincre les investisseurs que l'écologie peut être rentable ?

  • 1:52OuverteRéponse directe

    Vous y ajoutez une consommation équitable. C'est encore plus loin que ça.

  • 2:35OuverteRéponse directe

    20 ans après, est-ce que vous vous sentez toujours aussi seul dans ce domaine ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:39InvitéFait
    « la protection de l'environnement est financièrement rentable. »
  • 0:45InvitéFait
    « c'est une opportunité pour les entreprises de se diversifier. »
  • 1:23InvitéChiffre
    « nous avons pratiquement mille preuves aujourd'hui que c'est possible »
  • 2:03InvitéFait
    « aujourd'hui, on parle de croissance de consommation et de production. Je pense qu'on devrait parler de croissance de l'efficience »
  • 2:45InvitéFait
    « Heureusement, beaucoup moins, beaucoup moins. »
  • 3:19InvitéFait
    « les écologistes pensent qu'il faut une décroissance. »
  • 3:23InvitéFait
    « si c'est une décroissance économique, ça va nous amener dans le chaos social »
  • 4:38InvitéFait
    « j'ai la chance de vivre dans une époque où les technologies propres et les énergies renouvelables sont devenues beaucoup plus rentables que les énergies fossiles »
  • 5:04InvitéFait
    « Je crois que tous les précurseurs de l'écologie ont été assez mal considérés au début parce que c'était des empêcheurs de tourner en rond. »
  • 6:03InvitéFait
    « il faut absolument arriver à faire plus de gagnants que de perdants, à créer plus d'emplois dans les nouvelles professions que ceux qu'on perd dans les anciennes »
  • 6:30InvitéFait
    « Il est complètement illusoire de vouloir mettre de l'argent pour reconstruire ce que la crise du Covid a détruit. »
  • 7:10InvitéFait
    « on peut atteindre ses buts et ce qu'il faut, c'est du courage et il faut vraiment éduquer les gens »
  • 7:33InvitéFait
    « il faut être courageux, mais on voit très bien Emmanuel Macron a été terriblement refroidi par la crise des Gilets jaunes au moment où il a lancé la taxe carbone sur le diesel »
  • 7:59InvitéFait
    « les factures énergétiques à la fin du mois, elles vont baisser pour tout le monde. »

Temps de parole

  • Invité70 %
  • Présentateur30 %

1,2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Voici à présent le dernier portrait des personnalités que nous avons choisi de vous présenter depuis 15 jours. Des personnalités qui, chacune dans son domaine, font progresser les mentalités, avancer la recherche. Et donc, dernier volet ce matin, c'est avec vous. Bonjour Bertrand Piccard. Bonjour. Faut-il rappeler que vous êtes à l'origine de la fondation Solar Impulse que vous présidez ? Faut-il redire votre tour du monde à bord de l'avion solaire du même nom en 2015 ou encore en 99 ? Le premier tour du monde en ballon. Plus que l'esprit d'aventure, c'est peut-être l'esprit pionnier qui vous guide. Ouvrir des voies, ça se traduit comment pour vous aujourd'hui ?

0:39
Invité

Aujourd'hui, ça se traduit par le fait de prouver que la protection de l'environnement est financièrement rentable. Que c'est une opportunité pour les entreprises de se diversifier. Même pour les entreprises pétrolières, paradoxalement, de se diversifier dans l'efficience énergétique, dans les énergies renouvelables, dans d'autres débouchés économiques. Et ça, c'est quelque chose qui est encore un peu considéré comme impossible par certaines personnes. On voit d'un côté les activistes environnementaux, de l'autre les économistes et les financiers. Mais en fait, il faut les réunir, il faut être inclusif et pas exclusif.

1:10
Présentateur

Mais alors, prenez une écologie économiquement rentable, comment convaincre les investisseurs que l'écologie peut être rentable ?

1:18
Invité

Eh bien, nous avons pratiquement mille preuves aujourd'hui que c'est possible, puisque la Fondation Solar Impulse sélectionne et labellise des technologies, des systèmes, des produits, des matériaux, des appareils, qui permettent de créer de l'emploi et de faire du profit industriel, tout en protégeant l'environnement. Et ça, c'est la croissance qualitative. On crée de l'emploi, on fait du profit, en remplaçant ce qui pollue, par ce qui est aujourd'hui moderne et efficient pour protéger l'environnement. Et ça, heureusement, c'est un langage que le monde économique et industriel comprend beaucoup mieux que celui de protéger le miracle de la vie sur notre planète.

1:52
Présentateur

Ça veut dire que lorsque l'on prend les paramètres de la croissance qui sont fondés aujourd'hui sur la consommation, vous y ajoutez une consommation équitable. C'est encore plus loin que ça.

2:03
Invité

Aujourd'hui, on parle de croissance de consommation et de production. Je pense qu'on devrait parler de croissance de l'efficience, c'est-à-dire la croissance économique qui est basée sur le fait qu'on utilise moins de ressources. Donc, ce sont des services qui sont offerts, ce sont des services qui permettent de faire du profit, mais en produisant moins, en consommant moins, mais en ayant des produits qui, justement, permettent de s'auto-financer grâce aux économies qu'on fait dans leur utilisation.

2:35
Présentateur

Alors, vous n'étiez pas nombreux, Bertrand Piccard, au début des années 2000, à défendre cette écologie économiquement rentable. 20 ans après, est-ce que vous vous sentez toujours aussi seul dans ce domaine ?

2:45
Invité

Heureusement, beaucoup moins, beaucoup moins. Mais ce qui est paradoxal, c'est qu'aujourd'hui, il faut convaincre les mouvements écologiques que c'est rentable de protéger l'environnement et que, finalement, l'activisme doit utiliser le langage des gens qu'on veut convaincre, c'est-à-dire le langage de l'emploi, le langage du profit. Et c'est comme ça qu'on sera écouté. Alors, je dois dire que j'ai beaucoup plus d'écoute au niveau des grandes entreprises qui voient une opportunité extraordinaire pour elles.

3:16
Présentateur

Moins du côté des écologistes.

3:18
Invité

Mais presque moins, parce que les écologistes pensent qu'il faut une décroissance. Mais si c'est une décroissance économique, ça va nous amener dans le chaos social qu'on voit déjà maintenant, après quelques mois, dans la crise du Covid. Des milliers d'entreprises qui font faillite, des millions de gens qui perdent leur emploi, qui sont dans la précarité, dans la souffrance, dans des inégalités. On ne peut pas se permettre ça. Donc, ce qu'il faut faire décroître, ce n'est pas le fonctionnement économique. Ce qu'il faut faire décroître, c'est le gaspillage, l'inefficience, les inégalités.

En fait, il faut faire décroître l'aberration dans laquelle on a fonctionné ces dernières années et qui aboutisse au désastre écologique dans lequel nous sommes.

3:58
Présentateur

Vous appartenez, Bertrand Piccard, à une famille de s'aventuriers. C'est un mot qu'on aime bien, France Inter, les s'aventuriers. Votre grand-père était le physicien explorateur et aérostier Auguste Piccard. Votre père était l'océanographe Jacques Piccard. Eux aussi, à leur manière, avaient alerté des dangers de la pollution. Que vous ont-ils appris ?

4:17
Invité

Ils m'ont appris que l'exploration scientifique doit être au profit de la qualité de vie. On doit être au service de l'humanité quand on explore des nouvelles voies. Et mon père et mon grand-père ont beaucoup développé ce côté de protection de l'environnement. Mais c'est vrai qu'à l'époque, ce n'était pas encore rentable de protéger l'environnement. Donc, ils n'ont pas été vraiment écoutés. Moi, aujourd'hui, j'ai la chance de vivre dans une époque où les technologies propres et les énergies renouvelables sont devenues beaucoup plus rentables que les énergies fossiles et tout le gaspillage qu'on voit partout.

Donc, j'ai un argument de plus, mais j'ai l'impression vraiment de continuer ce qu'ils m'ont enseigné.

4:54
Présentateur

Est-ce que vous diriez même qu'il y a eu du mépris politique après-guerre à l'égard de ces précurseurs de l'écologie qui étaient votre grand-père, votre père et autres ?

5:04
Invité

Je crois que tous les précurseurs de l'écologie ont été assez mal considérés au début parce que c'était des empêcheurs de tourner en rond. Ils étaient contre cette expansion de l'humanité qui consommaient de plus en plus, gaspillaient de plus en plus. Et c'est vrai que ce qui était possible avec 2 milliards d'individus sur Terre, c'est impossible maintenant avec 7 milliards et demi ou 8 milliards. Donc, maintenant, on commence à être écoutés beaucoup mieux, mais on est écoutés si on est mesurés, si on n'est pas agressifs. C'est ça qu'il faut voir. Il faut s'attaquer aux vrais problèmes en amenant de vraies solutions.

5:41
Présentateur

L'écologie, ça va dépendre aussi de la pression populaire. En France, il y a une convention citoyenne pour le climat. 150 citoyens qui ont été tirés au sort. Ils ont rendu leurs propositions, mais ce ne sera certainement pas la Bible, a déjà prévenu Emmanuel Macron. Là encore, comme vous le disiez en début d'entretien, si chacun ne parle pas le même langage, ce sera voué à l'échec. Oui,

6:04
Invité

et il faut absolument arriver à faire plus de gagnants que de perdants, à créer plus d'emplois dans les nouvelles professions que ceux qu'on perd dans les anciennes professions qui vont disparaître. Ce qui fait que, quand on parle aujourd'hui de relance économique verte, c'est clair qu'il faut mettre l'argent sur le développement de la modernisation des infrastructures, sur les énergies renouvelables, sur l'efficience, sur les rénovations des bâtiments, sur la mobilité électrique et propre. Il est complètement illusoire de vouloir mettre de l'argent pour reconstruire ce que la crise du Covid a détruit. Ces effets d'annonce, Bertrand Piccard.

Des voitures polluantes, c'est clair que ça, c'est de l'argent gaspillé si on le fait. Donc, dans la Convention citoyenne, il faut vraiment axer sur cette recherche d'efficience dans tous les domaines où c'est possible.

6:51
Présentateur

Cela dit, en finir, comme vous l'avez dit, avec les logements, passoires, thermiques, moins bétonner les sols, en finir avec les véhicules thermiques, tout ça, ce sont des effets d'annonce qui font partie des projets gouvernementaux, mais au-delà de ces effets d'annonce, qu'est-ce qu'il manque, selon vous, pour véritablement, aujourd'hui, changer de paradigme ? Aujourd'hui,

7:10
Invité

on peut faire les choses, on peut atteindre ses buts et ce qu'il faut, c'est du courage et il faut vraiment éduquer les gens, il faut leur expliquer. si on passe des mesures comme l'interdiction de la publicité sur les voitures polluantes, comme ce qui est demandé par la Convention citoyenne, il faut l'expliquer partout, il faut assumer, il faut être courageux.

En fait, il faut être courageux, mais on voit très bien Emmanuel Macron a été terriblement refroidi par la crise des Gilets jaunes au moment où il a lancé la taxe carbone sur le diesel et on dirait que maintenant il est un peu plus prudent, il veut éviter tout dérapage, mais on évitera les dérapages si on explique que la qualité de vie va s'améliorer et que les gens les plus défavorisés vont y gagner parce que si on est plus efficient dans l'énergie qu'on utilise, les factures énergétiques à la fin du mois, elles vont baisser pour tout le monde.

Donc c'est tout ce travail d'éducation de la population qu'il faut, il faut emmener la population avec un enthousiasme vers un but clairement identifié en expliquant comment on va y aller. La Convention citoyenne, c'est un bon début et j'espère que ça donnera vraiment l'élan nécessaire.

8:19
Présentateur

Et en parler ensemble et parler de la même chose et en parler avec le même objectif, c'est ce qu'on a fait un peu ce matin, j'espère, avec vous Bertrand Piccard. Merci d'être venu ce matin sur France Inter et bonne journée. Merci et bonne année. Bonne année à tous et à toutes.