Simon Abkarian est De Gaulle
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Elle ne savait pas que vous étiez l'A.Pacino français? - V.Lacoste: Elle m'a dit "I know who you are".
Mais je sais pas si c'était pour être sympa. Si on lui pose la question maintenant, je sais pas... - P.Lescure: C.Honoré aime travailler en bande, en troupe.
C'est aussi votre cas, Simon, qui jouez souvent au théâtre, acteur, metteur en scène...
On a retrouvé une archive de 2004. - Je t'avais vue ainsi, ne serait-ce qu'en peinture, je serais devenu fou. Si je t'avais vu.
Qu'en sera-t-il de moi à te voir comme cela... - P.Lescure: Vous avez débuté dans la troupe du Théâtre du Soleil.
C'est vachement formateur. - S.Abkarian: Oui, c'est formateur. - P.Lescure: Et ça donne le goût de la troupe et du travail collectif. - S.Abkarian: C'est ce qui me plaît, dans ma vie, c'est d'être avec des gens et de faire avancer le travail qu'on fait ensemble en buvant des coups et en allant sur le plateau. - A.-E.Lemoine: Est-ce qu'incarner un personnage de l'envergure du général de Gaulle était quelque chose que vous imaginiez dans votre parcours de comédien, d'acteur?
Il y a quand même eu un signe. On vous appelait de Gaulle à l'école? - S.Abkarian: Parce que, quand mon père a décidé de me ramener au Liban, je suis arrivé à l'école, et les gamins ont décidé de m'appeler de Gaulle, parce que c'est la figure emblématique de la France, tout simplement.
J'avais pas un grand nez, à l'époque. - A.-E.Lemoine: C'est un personnage sacré, la statue du commandeur.
Mais c'est aussi un homme dont l'histoire fait écho à la vôtre. Lorsque, sur le plateau, vous prononciez le mot "France", ça raisonnait? - S.Abkarian: Oui, parce que je sais ce que c'est que le perdu, l'exil.
Je le sais dans ma chair et dans mon histoire, celle de ma famille. C'est pas forcément...
Ce qui résonne en moi, c'est le fait que la France, grâce aux gens qui se sont sacrifiés, est devenu un pays prospère. C'est ce qui m'émeut. - A.-E.Lemoine: Vous avez accepté ce rôle sans hésitation, même si vous avez été surpris qu'on vous le propose.
Le réalisateur explique pourquoi il a pensé à vous. - L.Ekland: S.Abkarian dans le rôle-titre.
Qu'est-ce qui vous a donné envie de travailler avec lui? - A.Baudry: Son talent, son intelligence, sa folie.
Il avait tout ce qu'il fallait pour incarner ce personnage un peu fou du général de Gaulle en 40. - A.-E.Lemoine: Il est un peu fou, le général de Gaulle, en 40?
C'est vrai qu'il arrive à Londres, il n'a rien. Il est inconnu au bataillon, sans armée, juste l'amour de la patrie. - S.Abkarian: C'est déjà pas mal. - A.-E.Lemoine: C'est vrai. - S.Abkarian: Il est pas un peu fou mais très fou.
Il arrive devant Churchill, qui lui dit "la France a capitulé". Il répond "la France n'a pas capitulé" en se désignant lui-même. "La France, c'est moi." On sait tous que la France, à cette époque, avait capitulé. - A.-E.Lemoine: Avec le maréchal Pétain.
Et on le voit batailler à Londres. A l'ambassade de France, il n'y avait que des soutiens du maréchal Pétain. Il est seul, le général de Gaulle.
C'est un homme seul et c'est ce qui fait dire au réalisateur que le premier volet représente l'épisode de l'humidité...
De l'humilité, pardon. C'est un 1er volet qui a le souffle des superproductions hollywoodiennes. Ca nous embarque sur le théâtre des opérations comme la bataille de Bir Hakeim. ... - Le gouvernement français vous a déchu de votre nationalité et la cour martiale vous a condamné à mort. - Autre chose? - Partout, des réseaux sont en train de se former.
Ils ont la rage au coeur. de l'année: 6 ans de travail, un casting XXL...
B.Magimel, M.Kassovitz, N.Schneider dans la peau du général Leclerc, qui va le devenir... 70 millions d'euros pour ce film.
Un budget qui fait que c'est un film français ambitieux. Ca fait du bien? - S.Abkarian: C'est 2 films. - A.-E.Lemoine: Oui, un diptyque.
Ca fait du bien, cette ambition, ce souffle pour le cinéma français? On n'a rien à envier au cinéma américain? - S.Abkarian: Je pense que, si on veut s'emparer de notre histoire et la raconter, il faut mettre les moyens pour le faire, et faire que l'image soit pleine de cette époque.
Ca demande des moyens. On les a eus, et le film est ce qu'il est aujourd'hui. Mais si on laisse les autres raconter l'histoire qui est la nôtre, personne ne le fera comme on sait le faire.
C'est bien que ce soit un film français qui raconte l'histoire de France. Quelle histoire! - A.-E.Lemoine: Quel personnage historique!
Quel héros! - P.Lescure: Au-delà des rendez-vous de l'histoire, il y a quelque chose qu'on adore dans ce film: il y a les dialogues, bien sûr, avec Churchill, qui sont monumentaux avec vous et l'acteur qui l'interprète...
Il y a la façon dont A.Baudry et vous-même avez montré un de Gaulle trop raide, trop excessif, presque à 2 doigts du ridicule. On sait jamais s'il est totalement au 1er ou au 2e degré.
Il y a un exemple dans le film qui pousse loin et qui est magnifique, quand il dit "les moustiques ne piquent pas le général de Gaulle"avant d'attraper le palu. - Si j'étais vous... - De Gaulle n'obéit qu'à la France. - Evitez au moins les moustiques. - Les moustiques ne piquent pas le général de Gaulle. - Mon général...
Avec le palu, vous devez rester au lit. - Hors de question. Honte à Spears.
Le perfide britannique est venu me menacer avec les moustiques... - Je suis navré d'apprendre que les moustiques ne vous obéissent pas, général de Gaulle. - P.Lescure: On n'oublie pas qu'A.Baudry est un as de la BD. - S.Abkarian: Si on veut élargir la palette de chaque personnage, notamment celui de De Gaulle...
De Gaulle pourrait peser sur les épaules de l'acteur qui essaie de l'incarner...
Il fallait donner une palette entière, humaine, l'humour, les doutes, les peurs, les colères... - P.Lescure: A quel moment vous vous êtes dit que vous teniez de Gaulle?
Dans la voix? - S.Abkarian: J'aime travailler le corps, le dessiner, lui donner...
Donner une démarche et une physicalité au personnage. Ce qui posait problème, c'était de s'approcher de sa voix sans la caricaturer, et en même temps, ne pas céder au fait de s'en approcher dans le rayon. Du rien ne sortira que le rien.
Ma voix est largement insuffisante pour ce personnage. Il fallait arriver à s'approcher de sa scansion... - A.-E.Lemoine: Qui est assez particulière. - S.Abkarian: Ou complètement particulière.
On comprend pas pourquoi. Il dit par exemple "avec le concours des armées de la France"...
Il dit "avec..." - A.-E.Lemoine: On y est tout de suite! - S.Abkarian: C'est par la voix.
Il fallait que je la trouve, la voix, même les sourires et tout ça. On a essayé d'être dans le précis. Le précis, pour moi, est une forme de poésie en soi.
Comme l'autre dingue qu'est A.Baudry, obsédé par le précis, on s'est beaucoup entendus là-dessus. - B.Chameroy: Beaucoup ont découvert une facette plus intime du général de Gaulle.
Il y a beaucoup de scènes très touchantes avec sa fille Anne, atteinte de trisomie 21, décédée à l'âge de 20 ans seulement. Il l'a couverte d'amour toute sa vie. Aurait-il été le même sans? - S.Abkarian: Je pense pas...
Quand on a des enfants, on n'est jamais le même. Ce sont les enfants qui nous éduquent. Souvent, On me demande comment j'ai éduqué mon fils.
C'est lui qui m'a éduqué. C'est lui qui m'a rendu noble. C'est elle qui lui a enseigné, de par sa naissance et sa nature...
Je le suppose, je le souhaite et je l'espère. - A.-E.Lemoine: "La Bataille de Gaulle: l'âge de fer", le premier volet, en salle le 3 juin.
C'est spectaculaire, ça a du souffle, du coeur, avec S.Abkarian dans la peau du général de Gaulle. "Mariage au goût d'orange", c'est en salle le 18 novembre prochain.
Vous restez avec nous? Il me semble que P.Cruz a quelques mots à nous dire.
Priorité au tapis. - L.Ekland: Bonsoir.
Comment allez-vous? - P.Cruz: Je me sens bien.
Je suis ravie d'être de retour ici. - L.Ekland: On est ravis de vous avoir ici.
On a beaucoup de cinéma espagnol. - P.Cruz: Je suis très fière de cet héritage.
Je suis fière de Pedro, de Javier, de Rodrigo. Leurs films sont spéciaux. C'est très émouvant. - L.Ekland: Vous avez un message pour vos fans français? - P.Cruz: Je dois travailler plus ici.
J'aime beaucoup les réalisateurs. Je suis très contente d'être ici avec vous.
Charles de Gaulle