Révolte des lycéens : Gabriel Attal dénonce le procès fait à la jeunesse
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:05OuverteRéponse directe
Savoir si la jeunesse française est en colère ou si elle est en peine d'espoir.
- 0:51OuverteRéponse directe
Est-ce que vous pensez que la jeunesse a perdu le goût de l'effort ?
- 3:46OuverteRéponse directe
Ça vous inquiète, les gens en règle générale, mais surtout les jeunes qui utilisent l'IA comme psy ?
- 4:36OuverteRéponse directe
Est-ce que l'IA est une bonne solution pour que les gens aillent mieux ?
- 6:36OuverteRéponse directe
Pourquoi aujourd'hui on ressent cette solitude ? Pourquoi les jeunes la ressentent beaucoup ?
- 8:29OuverteRéponse directe
Est-ce que vous pensez qu'il faudrait peut-être passer par un truc coercitif, comme interdiction des réseaux sociaux avant X âge ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:45PrésentateurFait
« je souhaiterais pouvoir organiser ma semaine de travail sur 4 jours au lieu de 5. »
- 3:14PrésentateurFait
« Vous aviez des gens, par exemple, en Ile-de-France qui ont 1h, 1h30 de RER ou de train tous les matins bondés. »
- 8:33PrésentateurPromesse
« Moi je suis clairement pour l'interdiction des réseaux sociaux avant 15 ans. »
- 9:00PrésentateurFait
« il y a un âge aujourd'hui, officiellement c'est 13 ans, sauf qu'il est respecté par personne. »
- 9:06PrésentateurPromesse
« Moi je pense qu'il faut rehausser l'âge à 15 ans, et avoir une vraie vérification de l'âge. »
- 10:58PrésentateurFait
« moi je vois beaucoup de chefs d'entreprise, de patrons qui me disent que là où des jeunes diplômés auparavant avaient comme principale boussole le salaire, aujourd'hui, c'est plutôt le sens de leur travail. »
Temps de parole
- Présentateur72 %
- Présentateur 212 %
- Invité10 %
- ?5 %
≈ 31,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Ça nous amène à la question du jour, qu'on a déjà un petit peu évoqué en début d'émission. Savoir si la jeunesse française est en colère ou si elle est en peine d'espoir. La jeunesse française, c'est quoi
?
Moi, je pense qu'on peut considérer que la jeunesse, c'est le moment où on n
'a
pas encore sa pleine autonomie. Et après, comment je sens la jeunesse aujourd'hui ? Je la sens très pleine de doutes, ce qui pour moi, d'ailleurs, n'est pas... Je ne pense pas... Il y
a
beaucoup de gens qui donnent le sentiment qu'on aurait une génération foutue, qui n
'a
plus envie de bosser, qui ne croit plus en rien. On entend ça beaucoup, de manière hyper négative.
C
'est beaucoup des personnes de la génération... C'est un peu des vues
qui disent
ça, on ne
va
pas se mentir. Des jeunes entre eux ne diraient jamais ça.
C'est le
point aussi, pardon,
on ne
va
pas parler de l'effort,
mais
qui a perdu le goût de l'effort. Cette notion de goût de l'effort, c
'est une
passion. Et on dit qu'aujourd'hui, la jeunesse a complètement perdu le goût de l
'effort. Est-ce que vous
pensez
ça ? Non, moi, je ne crois pas à ça.
Je
pense qu'elle a une aspiration
différente
des générations précédentes, notamment
sur
la question de la conciliation entre la vie personnelle et la vie professionnelle.
Un
peu
sur les sphères qu'on évoque. Complètement, qu'il y a deux sens.
Mais je ne crois pas du tout que ce soit le fait de ne plus bosser, ou de ne plus travailler, comme je
l'entends parfois.
D'ailleurs, je pense qu'il y
a
des jeunes qui sont prêts à travailler plus, mais juste en ayant plus de liberté dans l'organisation de leur travail. Moi, j'ai déjà vu des jeunes me dire, il y
a
des moments où je veux pouvoir bosser non-stop, sans m'arrêter, etc. pour avoir des moments où je relâche davantage, je passe plus de temps pour moi, pour mes proches, etc. Donc, je pense que ce qu'ils cherchent,
c
'est plus de flexibilité dans l'organisation de leur vie professionnelle pour que ça se concilie mieux avec leur vie personnelle. Ce n
'est
pas une aspiration qu'il faut balayer d'un revers de main. Je pense que c'est quelque chose d'important.
Oui, et les plus anciens doivent complètement se rééduquer. Parce que je pense que pour l'instant, la réalité, c'est
que c
'est un langage qu'ils ne parlent pas. Et donc, comment on fait
? D
'abord, je pense que ça bouge quand même. Il faut se souvenir au début, moi, je me souviens au début du télétravail,
quand il y a
eu l'explosion du télétravail au moment du Covid. On entendait beaucoup de gens dire, mais le télétravail, c'est,
je
ne
sais
plus qui avait dit ça, beaucoup de télé, très peu de travail. En gros, ce n
'est
pas vrai, les gens ne vont pas bosser,
ils
seront chez eux, etc. Ça a quand même pas mal bougé là-dessus. Et ensuite, je pense que c'est le rôle des managers, en fait. Moi, quand je suis arrivé à Bercy, c
'est
la première fois où je dirigeais une administration, 150 000 agents.
Je
me suis dit, je n
'ai
jamais dirigé une administration, un collectif. Donc, je vais apprendre aussi ce que c'est que de faire du dialogue social, essayer de voir. On avait lancé une grande consultation avec tous les agents sur ces questions-là d'organisation du travail. J'ai réuni les syndicats, j'ai travaillé avec eux. Il y a des choses hyper intéressantes qui sont ressorties. Exemple, vous aviez des agents qui me disaient, je souhaiterais pouvoir organiser ma semaine de travail sur 4 jours au lieu de 5. C'est-à
-dire,
en gros, non pas réduire mon temps de travail, mais la quantité de travail que je fais sur 5 jours aujourd
'hui, sur 4.
Et je me suis dit, mais pourquoi est
-ce
qu'on les empêcherait de le faire
?
Ça n'existait pas. Ça n'existait pas dans les administrations de l'État. Et j'ai dit, on va le lancer. Et on va le lancer en expérimentant dans différents endroits. Et c'était hyper intéressant. Parce que derrière ça, vous aviez quoi ? Vous aviez des gens, par exemple, en Ile-de-France qui ont 1h, 1h30 de RER ou de train tous les matins bondés. Le fait d'économiser une journée de boulot, ça permettait d'économiser aussi 2h, voire 3h de transport. Et donc, c'était un gain énorme.
Tout
en faisant la même quantité de travail sur la semaine. J'ai vu des familles monoparentales ou des familles recomposées qui me disaient,
j
'ai mes enfants une semaine sur deux. Je voudrais pouvoir travailler moins à fond la
semaine où je ne les ai pas. Bien sûr.
Ça aussi,
il
faut être ouvert à ça. Il y
a
une grosse réadaptation à faire. Ça vous inquiète, les gens en règle générale, mais surtout les jeunes qui utilisent l'IA comme psy et qui posent des questions à l'IA sur des sujets psy, comment céder ? Et par exemple,
l'IA, tu as tout à fait raison, ou les réseaux sociaux, ou TikTok, ou les pseudo-influenceurs. C
'est deux sujets parce qu'il y a en effet sur les réseaux sociaux, comme dans n'importe où dans le monde, des trucs très utiles, des trucs complètement pourris. Mais l'IA dans sa globalité récupère plein de choses sur Internet et en restructure une forme d'intelligence. Mais aujourd'hui,
il
y a plein de gamins qui utilisent l'IA, qui vont poser des questions. « Je ressens ça, est-ce que c'est normal ?
»
C'est un truc qui vous inquiète. Vous vous dites « Ça peut être une utilisation utile de l'IA ? Oui, mais ? Non, pas du tout ?
»
Ou je ne
sais
pas
?
D'abord, je pense que quand un jeune ne va pas bien, le plus important,
c
'est d'en parler à quelqu'un. Moi, je l'ai beaucoup dit quand je m'engageais en tant que ministre, au Premier ministre, sur la lutte contre le harcèlement. Le premier sujet, c'est d'en parler. Vous avez parfois des gens qui n'arrivent pas à en parler à quelqu'un parce qu'ils ont un blocage, parce qu'ils n
'ont
pas une personne de confiance à qui en parler. Est-ce que l'IA est une bonne solution pour que les gens aillent mieux ? Je ne
suis
pas certain. Est-ce que dans un moment où vous n'avez personne à qui parler et où vous avez peut-être besoin d'avoir quelque chose en face de vous qui vous fait réfléchir, vous fait prendre du recul et d'ailleurs peut-être vous invite à en parler à quelqu'un ? Ils le font. Ça peut marcher ? Pourquoi pas ? Moi, je n
'ai
jamais essayé.
Je
peux connaître des gens qui ont essayé. Par ailleurs, je connais des gens
qui
parlent à l'IA à peu près toute la journée. Ils en ont fait un vrai ami, conseiller. Ils leur posent plein de questions. Est
-ce
que tu penses que je devrais faire ? Est-ce que je devrais faire ci ? Est-ce que je devrais faire ça ?
Si
eux-mêmes, ils trouvent un équilibre avec ça et que finalement, c'est quelque chose qui leur fait se poser des questions utiles, pourquoi pas
? Il
ne
faut
pas s'enfermer là-dedans, je pense. C'est vrai que ce qui me frappe beaucoup et ce qui m'a beaucoup inquiété, c'est aussi des vidéos qu'on peut voir sur les réseaux sociaux, sur certains réseaux où quand vous avez un jeune qui ne
va
pas bien,
il
va commencer à regarder du contenu et des vidéos tristes ou dark. Et en fait, il
y
a une espèce
de bulle algorithmique qui fait qu'il va voir des vidéos de plus
en plus dark, voire même finir par des vidéos qui quasiment appellent au suicide. Si l'algorithme de l'IA permet de faire autre chose que ça, tant mieux, ça sera toujours mieux que ça.
Sujet par extension d'ailleurs avec la santé mentale, sujet très intéressant et qui est
un
gros marqueur de notre société aujourd'hui, c'est la solitude. La solitude des jeunes, mais la solitude de manière générale,
c
'est quelque chose que vous voulez
prendre
à bras le corps dans votre façon aussi, de repenser la France. Pourquoi aujourd'hui on ressent cette solitude ? Pourquoi les jeunes la ressentent beaucoup ? Et qu'est-ce qu'on peut faire pour lutter contre cette solitude ?
On
est à la fois de plus en plus connectés avec les nouveaux outils et en même temps de plus en plus seuls. Et tes sphères collectives sont de moins en moins importantes. Par exemple, il y a beaucoup de gens qui maintenant regardent un film sur Netflix chez eux plutôt qu'à aller au cinéma, qui commandent un truc à livrer chez eux plutôt qu'à aller au resto. Et donc, c'est vrai que ces lieux et ces sphères de rencontres sont moins importants qu'avant. Et pourtant, je pense que plus la technologie avance, plus on a besoin du contact humain et de l'altérité. Et moi, je crois beaucoup à l'importance des lieux.
C'est-à-dire que c'est quelque chose qui, d'ailleurs, dépend pas seulement de l'État, mais aussi beaucoup des mairies, etc. C'est comment est-ce qu'on arrive à recréer des lieux où les gens peuvent se retrouver et passer du temps ensemble.
Je
vous donne un exemple pour moi des choses positives qui ont été faites ces dernières années. C'est un programme qu'on avait lancé qui s'appelle 1000 Cafés,
où
l'objectif,
c
'est de rouvrir des cafés un peu partout en France, là où il n'y a plus de café dans des villages, pour que les gens puissent s'y retrouver. Et là où ça a marché, là où
il
y
a
des cafés qui ont rouvert, mais c
'est
la vie qui revient et c'est des gens qui se sentent
moins
seuls. Et pourquoi c'est important ? Indépendamment du fait que ça permet aux gens d'aller mieux,
parce
que c'est aussi la société qui va mieux ensuite, parce que ce qui est quand même documenté dans toutes les études qui ont été faites,
et
beaucoup de scientifiques s'y sont penchés, c'est que
plus
les gens sont seuls,
plus
ils ont tendance à développer une forme de rejet de l'autre, de distance par rapport à l'autre, et de doute par rapport aux autres. Et donc ça alimente aussi des idées extrêmes, et ensuite de la radicalité dans le pays. Et juste par rapport aux jeunes, est-ce que vous pensez qu'il faudrait peut-être passer par un truc coercitif, comme interdiction des réseaux sociaux avant X âge, interdiction des téléphones absolument au collège, au lycée, public, privé, tout confondu, pour finalement leur bien ? Moi je suis clairement pour l'interdiction des réseaux sociaux avant 15 ans.
Il
faut choisir un âge,
je pense que
15 ans c'est le bon âge,
mais
ça ne marche que si de
l
'autre côté, il faut avoir en face une offre hyper forte en matière d'accès au sport, d'accès à
la culture. Parce
que si vous interdissez les réseaux sociaux, mais sans qu'il y
ait
vraiment d'activités ou d
'alternatives que vous proposez
aux jeunes, ça n'a aucun sens. Donc moi je crois à ça. C'est-à-dire que je pense qu'il faut fixer un âge. D'ailleurs il y
a
un âge aujourd'hui, officiellement c'est 13 ans, sauf qu'il est respecté par personne, puisque les plateformes ne vérifient pas l'âge des personnes qui s'inscrivent. Moi je pense qu'il faut rehausser l'âge à 15 ans, et avoir une vraie vérification de l'âge, pour être sûr que les personnes qui s'inscrivent ont bien plus de 15 ans. Et avant ça,
il
faut développer à fond nos politiques en matière d'accès au sport, d'accès à la culture, pour que les jeunes puissent s'épanouir dans autre chose que les réseaux.
La France de demain qui retrouvera sa puissance, sa beauté, sa force, son côté inspirationnel, à la fois pour les Français, mais aussi à l'échelle mondiale, à l'échelle internationale, Gabriel Attal, c'est surtout une France donnée aux jeunes. Est-ce que c'est surtout une France où les jeunes brilleront, où les jeunes se sentiront libres, et auront envie de bosser ? C'est quoi cette France-là pour vous
?
Pour moi, vous l'avez dit, dans un des mots que vous avez prononcé, c'est la liberté. Moi je pense que la France n'a jamais été aussi forte que quand les Français se sentaient libres d'entreprendre, libres de fonder une famille, libres de se projeter vers l'avenir. Et pourquoi est
-ce
qu'aujourd'hui, on est dans un moment de doute et un moment de fragilité ? Parce que beaucoup de Français
doutent,
doutent de leur capacité à s'épanouir, et à
vivre
bien de leur travail, à fonder une famille, à devenir propriétaire de leur logement. Et ce doute-là, il fait que, quelque part, on commence à douter de nous-mêmes, en tant que pays, alors qu'on a tous les atouts pour réussir. On a encore des talents, des jeunes qui s'engagent à fond, qui ont des superbes idées. D'ailleurs, certaines puissances viennent nous les voler, tellement on est capable d'en produire. Et globalement, on a quand même,
moi
je crois, des Français qui sont attachés à leur pays, à la République, qui considèrent que la France, elle a encore quelque chose à dire au monde, que ce n
'est
pas vrai qu'on est
condamné
à devenir une puissance moyenne, dans des pays moyens. Au contraire, le destin de la France, ça a quand même toujours été d'être pionnier et d'éclairer le monde. Et oui, je pense que la jeune génération aura un rôle majeur là-dedans. Et d'ailleurs, déjà aujourd'hui, elle contribue à bouger les choses. Moi, je le dis, quand je croise des jeunes,
vous
ne
vous
rendez pas compte du rôle déjà que vous avez. Par exemple, moi je vois beaucoup de chefs d'entreprise, de patrons qui me disent que là où des jeunes diplômés auparavant avaient comme principale boussole le salaire, aujourd'hui, c'est plutôt le sens de leur travail, l'engagement de l'entreprise, etc. Et que donc, ils se retrouvent quelque part un peu forcés à faire pivoter leur entreprise vers un engagement environnemental, sociétal, etc. Parce que c'est le seul moyen qu'ils ont pour attirer des
jeunes et attirer des talents.
Ça, il y
a
beaucoup de jeunes qui ne le savent pas.
Et
qu'en fait, je leur dis, sans même le conscientiser, sans même le savoir, en fait, par vos ambitions, vos aspirations, vos choix, vous contribuez à changer les choses. Donc non, la France n'est pas condamnée. Non,
la
France n'est pas condamnée, certainement pas.